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NOS PEINES

- Nous ne souhaitons pas accabler notre lecteur sous les statistiques et les chiffres, mais il reste néanmoins quelques étapes à évoquer dans ce parcours du combattant cosmique. Par exemple l’étrange cas du béryllium, dont la nucléosynthèse avec l’hélium permet la constitution du carbone, élément indispensable de la chaîne du vivant. Or le béryllium est une particule particulièrement instable, dont la demi-vie est de 8,19 × 10−17 s, soit 0,000 000 000 000 0001 seconde. Le prix Nobel de physique 1979 Steven Weinberg commente cela en ces termes : - « Cela se produit uniquement à cause d’une correspondance d’énergie totalement inattendue, très fine et précise, entre les deux noyaux. Si cela ne se produisait pas, il n’y aurait aucun des éléments les plus lourds.

Pas de carbone, pas d’azote, pas de vie. Notre univers ne serait composé que d’hydrogène et d’hélium. » - On pourrait également évoquer la « constante de structure fine » qui règle la force électromagnétique, qui elle-même permet l’association entre les électrons et les noyaux. Une variation du treizième chiffre après la virgule de cette constante interdirait cette association, ce qui faisait dire à Max Born11 « Il est clair que l’explication de ce nombre doit être le problème central de la philosophie naturelle. » - Il en va de même de l’anisotropie, cette infime différence d’homogénéité du rayonnement de fond cosmologique, première lumière visible de la

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Création. Ces quelques dix-millièmes de degré d’irrégularité ont permis l’évolution ultérieure en étoiles et galaxies. Un écart infimement plus grand, et la matière se serait anéantie en un gigantesque trou noir ; un peu plus réduit, et aucun astre n’aurait vu le jour. George Smoot, qui fut le premier à photographier ce vestige des premiers âges, s’exclamait : - « C’est comme voir le visage de Dieu. J’ai vu l’Univers à son tout début, j’ai vu cette anisotropie qui a permis à l’Univers d’exister. » En fait, la conclusion qui s’impose et que le hasard12 n’a aucune place dans la construction et l’évolution de l’Univers, comme le confirme Lee Smolin, physicien pourtant matérialiste : « Comment se fait-il que les paramètres qui gouvernent les particules élémentaires et leurs interactions soient agencées avec un équilibre tel qu’apparaisse un cosmos aussi complexe et diversifié ? Si l’Univers était

11 Prix Nobel de physique 1954. 12 On peut ici rappeler la très profonde formule d’Einstein : « Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito. »

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