Architecture d’un paysage en lutte
Architectures d’un paysage en lutte J ordan Drouin, Gaspard Basnier, Alex Roux, J an. 2021
PROTOTYPESénsa-Versailles
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Architectures d’un paysage en lutte J ordan Drouin, Gaspard Basnier, Alex Roux, J an. 2021
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La proposition met en place des dispositifs architecturaux et paysagers de surveillance et de prévention des incendies. Une architecture d’anticipation donnant naissance à un paysage à l’avant-garde dans un paysage à préserver. Un nouveau modèle de lutte contre les aléas du réchauffement climatiques visant à le préparer face à un risque grandissant.
Les interventions s’implantent dans les abattages forestiers sur les flancs des croupes et des cirques du plateau du Larzac. Les dispositifs naissent de la rencontre entre les stratégies de lutte contre la propagation des incendies et du paysage dans lequel ils s’insèrent.
Le plateau du Larzac (+800m Ngf), territoire contenu, est séparé de sa vallée périphérique (+550m Ngf) par une enceinte composée de falaises abruptes et d’une ceinture forestière continue. Les cirques (A à M) et les croupes en sont des brèches ponctuelles, ouvrant les interactions entre ces deux territoires antithétiques et complémentaires. Au sein des cirques et sur les croupes, les voies d’accès s’accrochent aux versants adoucis, les cours d’eau exsurgent, alimentent les aires végétales agricoles et naturelles et rejoignent leurs confluents. Ces coexistences récurrentes dépeignent les alliances d’événements paysagers ayant engendré leur propre morphologie et conditionnent l’implantation des activités humaines.
Si nous avons abordé les coexistences du Système Cirque-Croupe par les alliances altimétriques du paysage, notre proposition s’est construite à partir de sites dont l’existence en est la négation même. Ces sites sont les abattages forestiers nécessaires au passage des
lignes électriques (1-16). Ces situations existantes sont significatives et témoignent d’interventions radicales du grand territoire énergétique, sacrifiant les paysages qu’elles traversent. Elles nient toute formes de relation, de récurrence altimétrique, d’implantation locale. In fine, elle nient le paysage.
Face à la crise climatique, le Causse du Larzac doit faire face à un risque connu : les feux de forêts. Le croisement des données scientifiques (cartographies, relevés, études paysagères) révèle la présence de zones forestières à risque à la périphérie du plateau. Le Larzac devient alors un paysage à préserver et définitivement en lutte. À travers quatre échelles d’interventions et quatre typologies de coupures forestières (combustible, sylvopastoralisme, activité touristique et agricole),un dialogue s’opère entre le paysage infrastructurel (énergétique) existant des abattages forestiers et les nouveaux dispositifs architecturaux.
À travers ces quatre propositions nous questionnons la manière d’intervenir dans le Causse du Larzac. Plus généralement, c’est la relation qu’entretien l’Architecture du territoire avec le paysage qui nous préoccupe. Comment sortir d’un schéma historique d’assouvissement du paysage à des fins d’aménagement ? La réévaluation de ce rapport de force semble cruciale. Nous proposons ici une forme d’architecture du territoire qui trouve son essence dans la préservation de son paysage.
Architectures d’un paysage en lutte
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Sur la croupe de Montclarat, dominant la plaine et en avancée de l’espace forestier domanial de Guiral, une forme nouvelle d’aqueduc contemporain, prend une position de vigie sur la vallée. L’échelle du territoire s’impose à l’infrastructure positionnée sur une géographie dominante appartenant au domaine de Roquesquatres. Les abattages forestiers rectilignes permettent le passage des lignes à hautes tension de la région : la ligne Gange - Sainte-Victor, Lauras - Tournemire et Lauras - Millau.
Le dispositif utilise la méthode de brumisation à travers l’utilisation des vents forts (est et ouest) qui balaient le plateau et du réseau hydrographique qui exsurge au fond des cirques. Ainsi, l’objet architectural se compose de deux éléments : une succession de piles composées de deux matériaux (pisé encastré dans le sol et métal pour éviter le flambement du pilier) et un chéneau-réservoir métallique permettant de canaliser l’eau et de la diffuser au dessus de la canopée forestière. L’écoulement de l’eau par capillarité se produit grâce au positionnement de fines baguettes métallique articulées de part et d’autre du chéneau. L’eau du dispositif provient du puisement dans un affluent du Soulzon, à Boutinenques, et est stockée dans une réserve d’eau en tête du brumisateur.
Au sol, les inserts en béton protègent les piliers en pisé de l’humidité et servent de local technique aux agriculteurs ou aux agents d’entretien des lignes électriques. Une interaction apparaît entre l’échelle territoriale et l’échelle domestique.
Les lignes à haute tension, transportant l’énergie électrique et le brumisateur, support du cheminement hydrographique génèrent un nouveau dialogue infra-structurel et paysager.
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La trace paysagère relie la Dourbie et le village de SaintSauveur et ses 800 habitants. Au fond des gorges et à leurs alentours (gr. 2) d’importantes activités y sont pratiqués: auqua-rando, canyoning, raflting, pêche de la truite sauvage, trail, randonnée pédestre, VTT... L’abattage rectiligne offrant un dénivelé de 240 mètres, franchit la route d’accès D159 rejoignant la D991 qui avec le cours d’eau, marque la limite du parc des Causses du Larzac.
Chaque intersection entre la coupure forestière et les voies bitumées ou carrossables deviennent des points de lutte ou un arrêt touristique en fonction de la situation. Une pause, dans l’ascension ou la descente dans une des portes d’entrée du Larzac, entre les berges de la rivière et le paysage bâti du plateau.
L’intervention se résume à un travail de surface. Entre décaissés et plateformes ce sont les négatifs des sites d’intervention. Ces surfaces techniques et récréatives accueillent impérativement le rayon de braquage d’un camion de pompier (R=9m) et une borne incendie pressurisée. Elle est raccordée au réseau d’eau domestique, parcourant la coupure d’activité sous terre et à une pompe de secours puisant dans la Dourbie.
Le temps d’un instant le voyage s’arrête, le paysage de lutte revêtit un nouveau visage, celui du potentiel et de la contemplation.
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1. Sentier d’accès et piste cyclable entre Saint-Sauveur et la Dourbie. Largeur 1m.
2. Pylône électrique posée sur une dalle en béton armée et abbatage rectiligne pour permettre le passage des câbles électriques. Hauteur 15m.
3. Escalier en pierre taillée et mur de soutènement pour permmettre l’accès au décaissement en bordure de voie routière. Dénivelé 6,5m.
4. Dégagement et rayon de braquage pour camions de pompiers. Diamètre = 9m.
5. Réseau hydrographique du village de Saint-Sauveur en sous-face.
6. Voie routière bétonnée à un seul sens. Passage piéton et ralentissement des véhicules. Largeur 6m.
7. Borne incendie et fontaine publique raccordées au réseau hydrographique citadin.
8. Plateforme pavée carrossable et assise en pierre taillée.
9. Escalier en pierre et mur de soutènement pour permettre l’accès au prochain croisement. Dénivelé 4m.
10. Local de maintenance du réseau hydrographique et vanne de section.
Récit technique - Coupe longitudinale - Mur - Quai Coupe électrique Saint-Sauveur (12), Aveyron, France Echelle : 1/100e
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Cas particulier à Cornus (12540) où la coupure forestière dessine une ligne courbe, parallèle à l’accès routier qui monte vers le plateau du Larzac.
Le vide linéaire marque la limite d’une zone de forêt placée en risque très élevée sur la carte Géorisque . La proposition est donc de souligner la coupure forestière pour prévenir du risque de feux de forêt important tout en développant les activités potentielles autour du site. L’ observation paysagère produit l’implantation d’un mur poids permettant de capter les eaux pluviales qui se déplacent le long de la pente et de la route.
Un mur de soutènement en béton armé préfabriqué lesté de roches, accompagne la voie routière dans son ascension. L’eau de pluie accumulée par ruissellement se loge dans la fondation du mur puis dans les citernes enterrées. Les roches servent de maintien structurelle mais aussi de filtre, d’outil drainant.
Les quatre bornes de pompage (reliées aux citernes) et les accès transversaux encastrés, sont des ponctualités usuelles qui interrompent la continuité du mur. L’eau stockée est utilisée en cas d’incendies ou bien redistribuée dans le réseau domestique du village de Cornus en contrebas.
Par ailleurs, le mur est longé d’un nouvel accès piéton pour permettre la continuité des chemins de randonnée. Il permet aussi la surveillance et l’entretien du mur et de l’espace paysager.
À ce niveau, l’usage d’une plantation basse et rase joue le rôle de coupure combustible pour ralentir et ainsi mieux contenir la propagation de l’incendie. L’infrastructure devient la ligne névralgique d’un paysage en lutte.
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1. Forêt fermée à mélange de feuillus et de conifères purs.
2. Abbatage rectiligne pour le passage des câbles électriques et végétation basse : coupure combustible.
3. Sentier piéton (GR71, variante C) perméable longeant le mur de soutènement.
4. Mur de soutènement enbéton armé et effet de poids grâce aux pierre de tailles variées.
5. Voie routière bétonnée à double sens. Largeur 8m
6. Percements du voile béton pour permettre la continuité de l’écoulement des eaux.
7. Rigole béton et fondations. Récupération des eaux pluviales.
8. Citerne métallique pour le stockage des eaux. Volume 60m3
9. Blocs de pierre taillée - Sol en argile.
Récit
-
électrique
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Enfin à Saint-Paul-des-Fonts, au sein du bois à risque de la Vialtte, une rigole percée humidifie abondamment le sol de la coupure. Le vide paysager relie deux espaces agricoles séparé par une pente plus douce au niveau du cirque.
La feuille métallique pliée en V, orientée à 45° se confronte à l’irrégularité du sol : rochers, remblais naturels, fossés, nivellements, structure rudimentaire en pierre sèche... La diversité des objets paysagers rencontrés est utilisée comme support structurel.
La tradition agricole du Larzac incarné par l’élevage sylvospastoraliste s’ajoute au système paysager. En effet, durant les saisons les animaux transitent entre les pâturages situés dans la vallée et sur le plateau. Les troupeaux de bovins, chèvres ou brebis, empruntent ces sentiers pentus pour accéder aux parcelles. La rigole déverse de l’eau pluviale récupérée par une station de captage, un toit citerne, situé en amont du dispositif (+773m NGF). De tout son long, elle crée ponctuellement des abreuvoirs pour les animaux empruntant les chemins de transhumance.
Un jeu s’opère entre la rigole, une infrastructure et la pente irrégulière, le paysage. Un niveau de référence matériel se dessine. Parfois à quelques centimètres du sol, ou à un mètre, qu’importe, la rigole s’élance, imperturbable.
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Récit technique
1. Rigole (tôle métallique pliée) permettant le transport des eaux pluviales et l’humidification de la pente. Le sol est à l’affleurement du dispositif. Inclinaison 45°.
2. Zone d’abreuvage des animaux.
3. Fixation de la rigole métallique sur un rocher. Assemblage en cheville métallique.
4. Ecoulement des eaux pluviales depuis les orifices connectés au système de trop plein.
5. Soutien de la rigole par un parapet en pierre taillée.
6. Erosion de la roche par écoulement de l’eau. Zone d’abreuvage des animaux.
7. Poteau métallique en cas de trop grande portée (>3m).
8. Pylône électrique et abbatage rectiligne pour permettre le passage des câbles électriques.
Récit technique - Coupe transversale - Mur - Abreuvoir Coupe électrique Saint-Paul-Des-Fonts (12), Aveyron, France Echelle : 1/50e
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