NIHONRYOKO - Rapport de césure (voyage au Japon)

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Sapporo

Sendai Toyama Kyoto

Tokyo Yokohama

Hiroshima Nagoya Osaka Kochi

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Découverte

Sommaire

Arrivée 4 Tokyo 6 La ville fonc onnelle 10 Sendai 12 L’occupa on du territoire 14

I nérance avec Tom

Yokohama 18 Enoshima 22 De la venelle à la maison 24 Toyama 26 Le bain 29 Road trip 30 La campagne japonaise 39 Notre voiture cubique et les autres transports au Japon 39

Woofing dans le centre de permaculture de Kamimomi Centre de permaculture de Kamimomi 42 Permaculture 46 Les logements au Japon 56

Construc on de tree houses sur Shikoku Shikoku 58 Tremblements de terre 64 Le surf et les clubs au Japon 66 Le camping au Japon 67

Stage chez Dot Architects Osaka 68 Dot Architects 71 Le stage 72 Descrip on du projet 74

Fin du voyage Le mont Fuji 76 Remerciements 77

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Arrivée Le 22 Janvier 2019, après une arrivée plus que périlleuse à l’aéroport de Narita sans mes bagages, restés à la liaison à Moscou, je pouvais découvrir les premiers tableaux de vie qui deviendraient les images de mon quo dien pour plusieurs mois. Pas de chahut à la sor e des bagages, lors du passage de la douane et même une file d’a ente sur le quai du métro. Des policiers armés de longs bâtons perme ant à mon esprit de jeune occidental fraîchement débarqué dans l’archipel d’imaginer des scènes d’arresta ons dignent des grands films de samouraïs. Cinq minutes de trains plus tard, les premiers rayons du soleil venaient frapper les vitres du train ainsi que la campagne Tokyoïte. Dépaysement garan , je pouvais commencer mes analyses d’étudiant en architecture et comprendre à quel point toute la concep on de l’espace était différente ici. Naturellement le paysage était formé d’une plaine extrêmement plane, ponctuée de collines semblant être apparues soudainement. Alors que sur la plaine les enchevêtrements d’infrastructures traduisaient une ac vité humaine très intense, les collines apparaissaient comme des îlots de nature restés intacts ou abritant des sanctuaires historiques. En observant la plaine qui défilait sous mes yeux, je pouvais déjà constater un phénomène qui se confirmerait tout au long de mon séjour au Japon : Les réseaux ne semblent pas faire l’objet de tenta ves d’enfouissement. Au contraire des paysages Européens où nous cherchons à minimiser l’impact visuel des réseaux électriques, rou ers ou ferroviaires, ici ils font pleinement par s du paysage et semblent être totalement assumés pour ce qu’ils sont. Ainsi la plaine de rizière est entrecoupée par des réseaux électrique passant au dessus des toitures des pavillons. Les autoroutes et les voies du shinkansen (TGV japonais) sont toujours surélevées et avancent sans détour dans les rizières. Des canaux d’évacua on des eaux de pluie en béton sont creusés ça et là. Ajoutez à cela des zones commerciales, des hangars industriels, des antennes téléphoniques, des pavillons et vous obtenez la campagne japonaise. Une campagne saturée bien loin de ce qu’on a l’habitude de voir en France. Puis le train s’enfonçait à grande vitesse dans des espaces de plus en plus urbains, c’est à dire 4


des bâ ments de plus en plus resserrés et hauts, de plus en plus de réseaux, des antennes également plus hautes. Le terme de jungle urbaine de Tokyo prenait alors tout son sens. Après une trentaine de minutes je suis arrivé à la sta on Honjo-Azumabashi et je me suis dirigé vers l’auberge où je resterai pour les deux semaines à venir.

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6 TOKYO

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Tokyo Pendant mon séjour à Tokyo j’ai été frappé par de nombreuses découvertes et sensa ons nouvelles. J’avais prévu de rester quelques temps dans la capitale japonaise pour m’acclimater, régler tout ce qui était d’ordre administra f et visiter environ 0.05% de la ville. Je pourrai décrire pendant des heures tout ce que j’ai pu voir et découvrir tellement ça a été riche et différent de ce que je connaissais de la ville. Moi qui pensais que Paris ou Londre étaient des grandes villes j’étais ce e fois au coeur d’une urbanité qui me donnait le ver ge, tant on ne peut imaginer l’échelle et dont on ne peut apercevoir les limites. Si je devais expliquer la vision que j’ai eu de ce e ville, je la comparerais à une fourmilière ou à une énorme machine. Tout est à sa place, tout est extrêmement fonc onnel, chacun est affairé et surtout tout semble suivre une logique harmonieuse.

La ville fonc onnelle Je dirai que la ville japonaise est synonyme de diversité quand la ville européenne traduit elle un passé bien présent. Ce que je connais de la ville européenne c’est qu’elle s’ar cule généralement autour d’un centre historique précieux aux yeux des habitants à tel point qu’il est resté intact ou presque depuis les siècles précédents et que la vie moderne s’adapte aux contraintes des formes et usages du passé. Puis autour de ce centre ancien, la ville moderne est distribuée en grandes zones d’ac vités distantes les unes des autres avec l’idée selon laquelle le confort des habitants est du à la distance qui les sépare de toutes pollu ons liées aux ac vités économiques. Enfin la progression de la ville est planifiée de façon défini ve avec le Plan local d’urbanisme comme si tout ce qui serait construit le serait pour l’éternité ce qui contribue à former des espaces sans aucune souplesse. C’est tout à fait différent au Japon. Ce que j’ai constaté de la ville japonaise pendant mon séjour à Tokyo puis plus tard à Osaka, Nagoya ou Sendai c’est que la ville japonaise est avant tout fonc onnelle. Elle suit une logique de quadrillage orthogonal à différentes échelles. La circula on y est facilitée par de grands axes rou ers traversants la ville tous les deux kilomètres environ du Sud au Nord et d’Est en Ouest. Des lignes de trains souterraines et aériennes suivent également 10


ces gros axes de circula on. Puis un réseau secondaire divise ces gros îlots urbains. C’est le long de ces axes que l’on trouve les grands commerces, les chaînes de restaura on et les Konbinis, sorte de sta ons services urbaines. Le long de ces axes on trouve surtout des bâ ments de grandes tailles abritant des commerces, des bureaux et des appartements. Puis un réseau ter aire divise encore ces îlots. Ce e fois ce sont des ruelles voir des venelles bordées de pe ts habitats en bois plus tradi onnels généralement en R+1. On trouve également dans ces ruelles des pe ts commerces. Les seules traces du passé sont les sanctuaires disséminés ça et là et quelques habita ons à l’intérieur des îlots d’habita on. Les espaces publics extérieurs si importants dans les villes européennes sont quasiment inexistants dans les villes japonaises. Ainsi en dehors des îlots construits on ne trouve que des espaces dédiés à la circula on, il n’y a pas vraiment de places publiques et les tro oires ne sont pas équipés de bancs, de poubelles ou de terrasses des café et restaurants. La ville Japonaise serait donc plutôt une mul tude d’îlots urbains séparés par un réseau de circula on. Si Tokyo était construite comme Paris il faudrait parcourir des distances énorme pour trouver une zone commerciale ou une bou que plus modeste, un restaurant familial ou un potager. La ville japonaise est construite de telle manière à perme re une diversité à l’échelle du piéton. Ainsi dans chaque grand îlot urbain délimité par les axes de circula on primaires, on trouve une centralité urbaine, tous les types de commerces, des ateliers industriels, des lieux de vie nocturne, des appartements, des maisons familiales, des jardins. Ce e diversité m’a parue vertueuse parce qu’elle permet dans chaque quar er de trouver tout ce qui est nécessaire à chacun. Ainsi tous les quar ers de la ville ont leur indépendance complète et leur propre a rac vité.

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12 SENDAI

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Sendai Dans les premiers jours du mois de Février, je qui ais Tokyo pour m’en aller rejoindre Tom un ami qui se trouvait en année d’étude en faculté d’architecture à Sendai. Le climat ici était différent de Tokyo, plus froid et plus humide avec des chutes de neiges quasi con nues mais dont les flocons ne pouvaient par je ne sais quel phénomène toucher le sol. Comme Tokyo, la ville s’étendait à perte de vue dans la plaine li orale et suivait un plan en damier.

L’occupa on du territoire J’ai pu lire dans La fascina on du Japon de Philippe Pelle er, que le Japon possédait une surface égale à environ seulement ⅔ de celle du territoire français en terres émergées. De plus ces terres émergées étaient composées à 80% de montagnes le reste étant des plaines li orales. Enfin 120 millions de japonais occupaient ce territoire contre 65 millions de Français. Ceci explique en par e la taille des aires urbaines japonaises le long du li oral. Mais il y a d’autres faits notables dans l’occupa on du territoire et dans le lien que les japonais entre ennent avec leur environnement. J’ai remarqué qu’il y avait une dis nc on très marquée entre la plaine li orale et les massifs montagneux dans l’occupa on du territoire. Ainsi la plaine est le terrain des humains et les massifs sont le terrain de la nature. La plaine li orale est occupée à 100% par les ac vités humaines: il y a les mégapoles urbaines, les rizières et les axes de circula on. Les massifs sont eux quasiments inoccupés par les humains, ils sont généralement couverts de forêts épaisses et peuplés d’animaux sauvages (ours, ratons laveurs, biches, daims, macaques). Un exemple de ce e différencia on est visible à Kyoto. Alors que l’on se trouve dans une des aires urbaines les plus grandes et densément peuplées du monde avec en con nuité au Sud et à l’Est les villes de Nara, Osaka, Kobe et la plaine li orale, au Nord de la ville l’interface entre la pleine ville et la pleine nature est très brusque et marquée. Derrière le dernier boulevard urbain et les derniers immeubles, il n’y a qu’une pe te route sur laquelle les rares voitures ont du mal à se croiser. Directement nous entrons dans une forêt épaisse étendue sur le flanc d’une montagne, 14


un panneau nous met en garde contre la présence d’ours. Et jusqu’à rejoindre la plaine li orale de l’autre côté de l’île, les paysages restent sauvages avec une occupa on humaine seulement présente en fond de vallée avec quelques villages en désuétude et quelques scieries. Le rapport qu’entre ennent le commun des japonais à la nature et à leur territoire est de manière générale très différents du nôtre. Ils ne s’aventurent pas ou peu en dehors des zones aménagées. Par exemple les seules plages occupées par les touristes japonais sont vers Enoshima à une heure au Sud de Tokyo et dans quelques lieux réputés d’Okinawa ou de d’autres îles Nippones. Mais la plupart des plages du li oral est restée sauvage et seuls quelques pêcheurs viennent récupérer des algues comes bles pour accompagner les poissons fraîchement pêchés. Il en est de même pour les massifs montagneux. Rares sont les chemins balisés et surtout rares sont les chemins empruntés. Le commun des japonais ne connaît pas bien ce que le territoire peut offrir en variété de paysages et en poten el touris que, seuls trois lieux sont vraiment reconnus pour leurs paysages et symbolisent pour les japonais la beauté de l’archipel, Miyajima, Amano Hashidate et Matsushima. Chaque fois que j’ai posé la ques on à des japonais de ce qu’ils connaissaient comme lieux à visiter et si eux même étaient allés dans différents endroits du pays à des fins touris ques, ils me répondaient ne connaître qu’un ou deux lieux et n’être jamais allé dans d’autres villes simplement pour visiter celles ci. L’idée même que je m’intéresse aux campagnes reculées ou aux autres villes que Tokyo, Nara, kyoto, ou Osaka leur paraissait saugrenue. Une explica on que j’ai trouvé à ce e a tude est culturelle, les travailleurs japonais n’ont que quelques jours de congés dans l’année qu’ils consacrent à la famille ainsi ils n’ont pas le temps de sor r des sen ers ba us et sont même mals à l’aise avec l’idée d’aller vers l’inconnu. Tous les lieux touris ques sont donc aménagés de façon à être rapidement visités, rapidement compris. Et finalement quand les japonais envisagent d’effectuer un voyage touris que plus long dans la durée, ils font généralement le choix de visiter un autre pays que le leur. Au Japon j’avais finalement le sen ment de me trouver dans le terrain des humains, propre, parfaitement aménagés et équipés ou dans les territoires de la nature, hos les et difficilement franchissables. 15


16 MATSUYAMA

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18 YOKOHAMA ITINERANCE AVEC TOM

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Yokohama Après avoir passé quelques jours autour de Sendai nous sommes par s, Tom et moi pour deux mois d’i nérances sur l’île de Honshu (la principale île du Japon sur laquelle on trouve la plupart des grandes villes). Pour Tom ce voyage était l’occasion de travailler sur une recherche qu’il effectuait autour de l’u lisa on de la bo e de paille dans l’architecture japonaise. Pour moi c’était l’occasion de découvrir le pays et la culture ainsi que, dans la démarche de ma césure autour des modes construc fs et des matériaux alterna fs, de découvrir des architectures différentes de ce que je connaissais jusqu’alors. La première étape de notre voyage nous emmenait dans la ville de Yokohama, à trente minutes au Sud de Tokyo. C’est la deuxième ville du Japon en nombre d’habitant après Tokyo, les deux villes formant en réalité une aire urbaine commune immense. Tom avait pour sa recherche organisé différentes visites de projets et avait programmé quelques interviews de personnes importantes de la filière construc on en bo e de paille au Japon. Ainsi nous avions plusieures visites à effectuer dans la ville. La première rencontre était organisée avec un professeur de la Nihon University, Monsieur Koji Itonaga. Spécialiste du lien entre architecture et environnement et de la permaculture, il avait travaillé sur la concep on de bâ ments en bo es de paille au Japon et pouvait apporter beaucoup d’éléments de réponse pour la recherche de Tom. Après l’interview il nous a présenté l’université dans laquelle il enseigne. Lors de mon stage en début de césure en Nouvelle-Aquitaine autour de la construc on en bo es de paille, j’avais eu l’occasion de visiter le lycée agricole de Venours près de Poi ers alors que l’on y organisait les rencontres régionales de la construc on paille. Ici à Yokohama l’organisa on de l’université et les enseignements étaient très différents. Alors qu’en France les études en lycée agricole sont généralisantes et visent à apporter aux futurs agriculteurs des connaissances globales sur le système agricole en place en France, l’université de Yokohama était beaucoup plus orientée vers une pra que de l’agriculture plus respectueuse de l’environnement et avec l’emploie de méthodes tradi onnelles et innovantes. Des ateliers étaient organisés autour de la 20


permaculture et du réemploi dans l’architecture des déchets agricoles. Il y avait même un atelier autour de l’entre en des bonsaïs. Pendant notre séjour vers Yokohama nous avons également visité un temple construit en bo es de paille. Après le grand tremblement de terre de 2011 qui s’était suivit d’un tsunami et de l’accident nucléaire de Fukushima, une par e des bâ ments de Yokohama s’étaient effondrés. C’était le cas du temple de Zenryouji. Le Guji (prêtre) avait alors décidé de reconstruire un temple en harmonie avec l’environnement si important dans la religion Shintoïste. Ainsi il avait fait appel à l’architecte Goichi Oiwa, le plus grand spécialiste des construc ons en bo es de paille au Japon. Ce projet fut conçu et construit en chan er par cipa f avec l’aide de toute la communauté. En plus d’un salle de culte, le projet comprend un bureau et un logement pour le Guji , une maison de repos pour personnes âgées et dépendantes et un café proposant des produits alterna fs. Les principaux matériaux u lisés sont la paille, le bois et la pierre. Le Guji était fière de nous expliquer qu’en cas de nouvelle catastrophe menant à la destruc on de l’édifice religieux, 80% au moins des matériaux pourraient être recyclés ou simplement rendus à la nature.

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22 ENOSHIMA

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Enoshima Après Yokohama, nous sommes restés quelques jours vers Enoshima où nous avons visité les différents sanctuaires de Kamakura et où nous avons pu admirer depuis la plage le mont Fuji dans son manteau de neige. Alors; Enoshima est à peu près à Tokyo ce que Palavas est à Montpellier. Un grand aquarium, des immeubles en bord de plage et des centaines de japonais en combinaison pra quant le surf sur une mer plus plate que la méditerranée. Dans les rues on peut croiser de nombreux surfeurs à vélo, planche accrochée sur le côté, semblant ne pas vraiment savoir ce qu’ils vont faire une fois le vélo posé, mais qui sont heureux de croiser des étrangers. Ici pas de goélands mais des rapaces qui n’hésitent pas à piquer leur vol pour a raper par surprise le sandwich que vous vous apprêtez à manger. J’en ai fait les frais… Quand on s’éloigne de quelques rues des commerces et de la plage on trouve des quar ers de pe tes maisons serrées les unes contre les autres séparées par de étroites venelles fleuries.

De la venelle à la maison Ce que j’ai pu observer ici à Enoshima est peu différent de ce que j’ai pu observer dans certains lieux des coeurs de ville de Tokyo, Kyoto ou Osaka. Dès que l’on s’enfonce un peu dans les îlots urbains, on trouve des pe tes ruelles sans tro oirs et où il est difficile de se croiser en voiture. C’est d’ailleur dans ces espaces que les pe tes voitures cubiques typiques du Japon prennent tout leur poten el. Il règne dans ces lieux une atmosphère de village. L’appropria on de la rue par les habitants est très visible. La fonc on principale de la rue est bien entendu la desserte des pe tes habita ons mais elle est aussi une interface entre le dehors et le dedans. Au centre des ruelles une voie de circula on est iden fiée par deux lignes blanches con nues. Puis entre ces lignes et les façades des maisons un espace d’environ 80cm de large est envahi par les poteaux surchargés de lignes électriques, les vélos des habitants, des plantes disposées dans des pots et divers autres aménagements mé culeusement choisis par les habitants. Finalement les habitants ont trouvé dans ce e épaisseur un espace fonc onnel et un moyen d’habiller un peu plus la façade de leur logement pour ainsi le rendre plus in me. Ce qu’il faut savoir c’est que l’in mité est très présente dans la culture locale et le logement fait par des espaces les 24


plus in mes des japonais. Ainsi il est par exemple très rare d’être invité chez quelqu’un même s’il est votre ami. Les ouvertures de façades donnant dans la rue ont donc pour fonc on l’éclairage naturel de l’intérieur des logements et la ven la on. Des lames de bois perme ent d’entraver la vue de l’extérieur vers l’intérieur. A ce disposi f s’ajoutent des stores extérieur en paille de riz et parfois donc une épaisseur de plantes en pot. Côté intérieur l’ensemble est parfois complété par des parois en papier de riz : les shoji. Des maisons plus modernes sont également présentes dans ces îlots d’habita on mais conservent des versions plus contemporaines de ce disposi f de préserva on de l’in mité. Enfin dans certaines des habita ons bordants les ruelles, des pe ts espaces couverts par le niveau supérieur des maisons mais totalement ouverts vers la ruelle perme ent de loger une voiture cubique au cen mètre près, ou servent d’ateliers.

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26 TOYAMA

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Toyama Pour la suite de notre voyage nous nous sommes dirigés vers Toyama, sur la côte Ouest du Japon. Nous avons trouvé ici le moyen de loger dans une famille le temps d’une semaine. Vivre chez l’habitant à été une expérience enrichissante et amusante, l’hospitalité au Japon ne s’exprime pas du tout de la même manière que dans notre culture. Nous é ons accueilli par une famille de quatre personnes habitant dans une maison tradi onnelle, dans un quar er en sor e de ville. Au rez de chaussée vivait la grand mère qui ne pouvait plus monter les escaliers jusqu’au premier niveau. A l’étage vivaient les parents et leur fille Tomoyo, étudiante. Nous, nous é ons logés au rez de chaussée dans une pièce qui servait habituellement de salle de loisir avec une tv, une radio et un fauteuil massant. La cuisine se trouvait à l’étage et la salle de bain au rez de chaussée. Il nous était difficile d’interagir avec la famille parce qu’à part la fille, personne ne parlait anglais. La grand mère semblait vraiment heureuse de nous accueillir dans sa maison et nous offrait toutes les deux heures environ nourriture et boissons. Pour remercier la famille pour leur accueil nous avons décidé Tom et moi de leur préparer un repas français ce qui ne semblait pas être de leur goût finalement. En début de semaine Tomoyo nous avait demandé ce que nous souhai ons faire autour de Toyama. Nous avions donc établi un emploi du temps avec elle pour la semaine. Ce qui nous paraissait étrange mais finalement normal dans la culture japonaise c’est que Tomoyo ne semblait pas venir avec nous par sympathie, ami é, intérêt ou pour partager un moment avec nous mais par hospitalité. Ainsi elle restait à notre disposi on lors des visites et suivait nos choix sans trop donner son point de vue. Nous sommes allés entre autres au village de Shirakawa-Go, classé au patrimoine mondiale de l’UNESCO pour ses maisons typiques aux toitures de paille.

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Le bain De manière tradi onnelle, dans la maison familiale japonaise l’hygiène suit certaines règles notamment au moment du lavage corporel. Tous les soirs avant le repas le bain de la maison est rempli d’eau chaude. Chacun leur tour les habitants de la maison vont se laver en commençant par les invités, hospitalité oblige. En entrant dans la salle de bain, il y a un ves aire sec pour poser les affaires, puis dans un espace clos se trouve la baignoire couverte d’un volet perme ant de conserver l’eau à bonne température. Au devant de la baignoire sont disposés un tabouret, un flexible de douche et tous les ustensiles et produits nécessaires à l’hygiène corporelle. Avant d’ouvrir le volet et d’entrer dans le bain, chacun est tenu de se laver, assis sur le tabouret. Puis le bain, qui doit rester propre pour les suivants est uniquement des né à se délasser. Une fois notre toile e terminée il nous reste à vérifier la propreté de l’eau du bain, fermer le volet et rincer et disposer les ustensiles de lavage pour la personne suivante. Dans certaines maisons l’eau du bain peut ainsi être conservée plusieurs jours durant en étant simplement réchauffée grâce à un circuit fermé.

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30 KYOTO

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32 LAC BIWA

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34 WAKASA

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36 KINOSAKI

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Road trip Après Toyama nous avons poursuivi notre voyage un peu plus au Sud dans la préfecture de Kyoto. Nous avons loué une voiture à la semaine pour visiter la région. Pendant ces quelques jours, la voiture a été notre moyen de transport mais également notre logement à des fins économiques et puisque nous dormions dans des zones parfois inhabitées. Nous avions un réchaud et de quoi cuisiner les produits achetés dans les Konbinis (supére e) en bord de route. Pour l’hygiène nous avions repéré les onsens (eaux thermales tradi onnelles japonaises) le long de notre route. Au départ de Kyoto nous nous sommes dirigés autour du lac Biwa, le plus grand du pays puis nous avons pris la direc on de la côte Nord de la préfecture, vers le village de Ine et Kinosakionsen avant fermer la boucle et de revenir à Kyoto. L’idée en effectuant ce e boucle était de sor r des mégapoles et de découvrir le Japon rural. Nous voulions notamment voir des architectures vernaculaires et tradi onnelles. Dans les villages nous avons été étonnés de découvrir un grand nombre d’habita ons vernaculaires d’une très grande qualité architecturale et témoignant de l’u lisa on de matériaux tels que la terre, le bois, le bambou et la paille de riz. Nous avons pu dis nguer plusieurs typologies architecturales redondantes correspondant aux habitats tradi onnels d’époques différentes. Nous avons été émerveillés par la qualité des enduits en terre appliqués sur les façades et par les méthodes de montage des ossatures en bois. Beaucoup de ces bâ ments sont aujourd’hui abîmés par le temps. Beaucoup sont inhabités et personne ne semble se soucier de leur conserva on. Nous nous sommes renseignés auprès de professionnels de la construc on et les constats sont les suivants: Avec les changements sociétaux des dix dernières décennies, d’une part la majeure par e de la popula on rurale s’est dirigée vers les villes du pays et d’autre part les savoirs faire ancestraux se sont perdus. Ainsi aujourd’hui très rares sont les inves sseurs dans le patrimoine rural japonais et il est difficile de trouver des professionnels de la construc on maîtrisant les méthodes de conserva on et de rénova on du bâ ancien. L’état à tout de même ini é un programme qui permet occuper gratuitement des maison en zone rural en l’échange d’inves ssement pour la conserva on de ces biens. 38


La campagne japonaise Ce que je connaissais du Japon contemporain avant mon départ se concentrait dans les grandes villes du pays. Quand on évoque le Japon c’est souvent pour parler lignes de trains bondées qui traversent sur plusieurs niveaux des villes ver cales. L’image la plus connue étant l’intersec on de Shibuya. Mais le Japon c’est également un pays rural et dès que l’on s’éloigne de la mégapole de la côte Est on découvre tout un territoire oublié des guides touris ques et des citadins. L’économie japonaise s’est concentrée dans les villes et semble avoir mis de côté le monde rural, ainsi le pays semble fonc onner à deux vitesses. La ville est synonyme de modernité et de technologie, elle est à l’image de la troisième puissance économique mondiale. La campagne de la côte Ouest semble elle être à l’arrêt depuis l’ancien siècle. Les villages semblent n’être habités que par une faible part de popula on âgée et retraitée. Des équipements industriels désaffectés ou vieillissants ponctuent des plaines et des vallées où seule la culture du riz semble persister. Des modestes ports de pêche semblent eux aussi fonc onner au ralen . La vie se concentre finalement autour des Konbinis présents de manière régulière sur ce territoire. Le patrimoine bâ est un point de vue architectural très intéressant. Il y a beaucoup d’exemples d’architectures vernaculaires, malheureusement la majorité de ces architectures est laissée à l’abandon. Il existe peu de programmes de conserva on du patrimoine rural et les poli ques se concentrent sur quelques rares villages très touris ques, sortes de musées taille réelle à l’exemple de Shirakawa-Go où nous é ons allé avec Tomoyo. Dans la région de Kyoto, de nombreux sanctuaires occupent les collines, les bords de lacs et la côte. Ils témoignent eux aussi d’une prospérité religieuse plus ancienne mais sont souvent désert, bien que entretenus.

Notre voiture cubique et les autres transports au Japon La voiture c’est quelque chose de quasi sacré ici. Même si les japonais sont souvent mauvais conducteurs et ne pra quent jamais le créneau (on ne se gare pas dans la rue, seulement sur des parkings). Il existe de nombreuses marques Nippone et un grand nombre de modèles que vous ne verrez nul part ailleurs. La catégorie de véhicule la plus embléma que de l’archipel ce 39


sont les voitures cubiques avec leur plaque d’immatricula on jaune. De très pe te taille (smart c’est de la rigolade) mais totalement adaptées aux besoins et envies des japonais, ces voitures sont ultra fonc onnelles. Elles peuvent en ville passer dans toutes les ruelles, se garer aisément dans les minuscules garages des habita ons ou sur les parkings à nacelles. De plus elles disposent d’un intérieur finalement rela vement spacieux avec une parfaite op misa on du cube. Les banque es totalement inclinables les rendent idéales pour faire une sieste, le sport na onal. Par contre vous ne pouvez pas passer la barre des 100km/h et surtout ne tentez en aucun cas de passer un col sur une route enneigée… Pour en avoir fait l’expérience, les pe tes roues, le vraiment bas de caisse et la boîte automa que ont raison de toutes les tenta ves de rouler sur 1cm de neige. Ces véhicules sont conçus pour effectuer de courtes distances en ville pour sur le réseau secondaire japonais où la limita on ne dépasse de toute manière pas les 60km/h. Pour emprunter les autoroutes et passer les cols il est plus conseillé de rouler avec un modèle de voiture supérieur, iden fiable aux plaques d’immatricula on blanches. Mais vu que l’autoroute est vraiment coûteuse et que la limita on n’est encore que de 80km/h le train reste la meilleur op on pour circuler rapidement dans le pays. Toujours à l’heure, régulier et rapide le train dispose d’un réseau vraiment complet dans tout le pays. Dans toutes les villes vous trouverez une sta on à moins de 500m de chez vous, dans la campagne elle sera à maximum 10km. La dis nc on entre le réseau urbain et le réseau na onal est assez flou parce que les lignes sont gérées par des compagnies privées qui proposent sur le même réseau des trains locaux et des trains plus rapides qui ne desservent que les grands Hubs. Enfin le Shinkansen, icône na onale, permet de relier les grandes villes de la côte Est extrêmement rapidement mais pour rentrer dans ce TGV il faut y me re le prix. Avec Tom on s’amusait souvent à comparer le Japon au monde des bisounours, un monde parfait, sécurisé où tout le monde est amical. Dans les transports cela pouvait s’illustrer par exemple par les comportements des usagers dans les trains. Une grande confiance règne dans la rame, alors que dans un silence uniquement perturbé par le rouli du train une par e des usagers consultent leurs écrans de téléphone, une autre par e est absorbée dans des lectures. Mais surtout une grande par e des voyageurs s’endorment dans les cinq minutes qui suivent leur entrée dans la 40


rame, ils n’hésitent pas à s’appuyer contre leur voisin inconnu et laissent tomber leur valeurs autour d’eux. Et finalement ils se réveillent toujours au moment de leurs sta ons et s’empressent de récupérer leurs affaires et de qui er le wagon. Une fois descendu de la rame il faut se diriger vers les por llons de sor e qui sont toujours ouverts, c’est à ce moment là que le tarif du trajet est calculé et si le tre de transport n’est pas valide, le por llon se ferme et il suffit alors de régulariser le cket auprès d’une borne. Pas d’amende, des por llons ouverts et un règlement à la fin du trajet… Cela ne fonc onnerait surement pas à Paris.

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42 TSUYAMA

WOOFING DANS LE CENTRE DE PERMACULTURE DE KAMIMOMI

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Kamimomi Pour rencontrer Kyle Holzhueter, un américain installé au Japon depuis une dizaine d’année et spécialiste des construc ons écologiques nous nous sommes dirigés dans la campagne proche de Tsuyama, dans la préfecture d’Okayama. Ici Kyle a créé le centre de permaculture de Kamimomi où il produit du riz, des fruits et des légumes de manière autonome et en u lisant les complémentarités de l’écosystème qui environne sa ferme. Plus qu’un lieu de produc on, la ferme est un lieu de rencontre et de partage des savoirs. Kyle organise régulièrement des ateliers par cipa fs durant lesquels il enseigne la permaculture ou la construc on écologique. Il est le premier étranger à avoir obtenu au japon un diplôme de plas cien spécialiste des enduits terre. Il est également un des plus grands spécialistes de la construc on en bo es de paille au Japon. Il accompagne les architectes japonais lors des projets en paille où il applique ses savoirs techniques. Il a notamment rédigé un rapport sur les condi ons par culières d’u lisa on du matériau et sur les règles techniques à respecter dans l’archipel nippon.

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Nous sommes restés une semaine sur place sous forme de woofing. En l’échange de l’hébergement et de la prépara on de nos repas, nous travaillions à la ferme et sur un projet d’extension d’une maison. Ce e semaine a été une expérience très enrichissante parce que nous é ons totalement impliqués dans le processus de fonc onnement de la ferme. Durant notre séjour au centre de permaculture nous avons réalisé le 3D sketchup du projet d’extension de la maison, étudié les montages sans clou ni vis de l’ossature bois u lisée et travaillé à la menuiserie pour transformer les troncs d’arbres coupés sur place en planches et tasseaux pour la charpente de l’extension. Nous avons également travaillé à l’entre en extérieur de la ferme essen el avant l’arrivée du printemps. Enfin, le soir, nous avons aidé aux travaux domes ques notamment découper le bois pour chauffer le bain et les fourneaux. Tom a également pris le temps d’interviewer Kyle pour la recherche qu’il effectuait sur la construc on en bo es de paille au Japon.

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Permaculture Ce que nous a appris Kyle, c’est que la permaculture est un processus d’interconnexion qui mène à un équilibre écologique et économique vertueux. Pour que le processus fonc onne il faut considérer chaque événement comme étant la pièce d’un ensemble. Ainsi toute la vie à la ferme est rythmée par ce e interconnexion et chaque geste ou événement doit conduire à l’éléva on globale de ce système. Dès le réveil et jusqu’au moment de dormir nos comportements ont un impact sur l’équilibre de la ferme. C’est pourquoi avec Tom, à par r du moment où nous é ons rentrés dans la ferme nous faisions par de l’ensemble et nous devions respecter certaines règles. L’eau est par exemple une ressource essen elle qu’il faut préserver, dans ce sens toutes les u lisa ons que l’on en fait doivent être op misés. Ici, l’eau provient des récupéra ons de pluie et d’une source au faible débit. Le réseau d’irriga on suit des chemins déterminés pour ne pas perdre de la ressource et répondre aux besoin de l’ensemble. Une par e de l’eau est d’abord u lisée pour un usage domes que. U le pour l’hygiène corporelle et pour la cuisine, une grande par e de l’eau u lisée doit ensuite pouvoir être réu lisée ailleurs. Ainsi pour souiller un minimum d’eau les toile es sont sèches et l’hygiène corporelle suit les mêmes règles que dans la maison familiale de Toyama. Après la journée de travail à la ferme, il faut couper du bois et allumer le poêle qui permet grâce à un circuit fermé de réchauffer l’eau du bain. Chacun notre tour nous pouvons ensuite nous laver. A l’aide d’une pe te bassine nous prélevons de l’eau du bain pour nous laver assis sur un tabouret. Une fois propre nous pouvons nous délasser dans le bain. L’eau du bain qui peut ainsi être conservée propre plusieurs jours peut ensuite être par exemple u lisée pour irriguer les terres. L’eau n’est qu’un exemple mais il en est de même avec la valorisa on des déchets, la produc on d’énergie à par r du bois présent sur place,... En architecture l’applica on des règles de la permaculture se traduit par les formes du bioclima sme, le réemploi et les techniques de construc on écologiques avec des matériaux locaux et naturels. Tout dans la maison est interconnecté à l’environnement alentour. 46


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48 HIROSHIMA

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50 NAGOYA

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52 PENINSULE DE KII

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54 ILES SETOUCHI

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Les logements au Japon Début Avril j’ai eu la chance de pouvoir accueillir ma mère pour trois semaines de voyage au Japon. Ca a été l’occasion pour moi d’organiser des visites et des ac vités sur Tokyo, la région du Fuji, Kyoto, Nara, la Péninsule de Kii, Osaka, et les îles Setouchi. Ca a aussi été l’occasion de découvrir différents modes de loger et notamment le ryokan. Le Japon dispose de différents styles de logements pour accueillir les voyageurs. Junichirô Tanizaki dans “l’Éloge de l’Ombre” décrivait d’ailleur les différences entre les hôtels type occidental et les auberges Japonaises, les ryokans. Aujourd’hui il est possible de trouver des logements de tous les goûts et tous les prix. J’ai pu séjourner dans des hôtels capsules, des dortoirs hybrides, des chambres d’hôtel mais le plus excep onnel est resté pour moi le ryokan. Le service et l’hospitalité des hôtes du ryokan débutent sur le quai de la gare, le transport jusqu’à l’auberge est assuré par un employé. Arrivés à l’auberge, nos affaires sont placées dans la pièce qui nous est des née. Il nous reste à re rer nos chaussures dans le genkan, zone où l’on range ses chaussures pour s’avancer dans l’intérieur japonais en chausse es, conformément à la tradi on du pays. Les clients sont répar s dans des pièces où l’on peut dormir mais où sont également servi les repas. Dans ces pièces le sol est en tatami, les murs sont en bois et enduits et certaines parois disposent de shojis perme ant à la lumière naturelle de pénétrer. Au centre de la pièce sont disposés, pliés, les futons qui une fois dépliés par les clients peuvent être installés où bon leur semble dans la pièce. Egalement, on trouve le jinbei (habit correspondant au pyjama) que l’on porte tout au long du séjour dans le ryokan. Vers 18h le repas est servi dans la chambre sur une table basse autour de laquelle les clients s’installent directement sur les tatamis. Ensuite les clients peuvent se diriger vers le onsen où ils pourront se laver et se délasser. Il y a toujours un onsen réservé aux femmes et un réservé aux hommes. Comme dans la salle de bain japonaise tradi onnelle, on trouve à l’entrée du onsen un ves aire pour se déshabiller et déposer ses affaires. Une fois nus les clients peuvent se laver assis sur des tabourets puis profiter des bains thermaux. Les onsens sont très répandus au Japon et ne se trouvent pas seulement dans les ryokans. On 56


retrouve des onsens publiques dans toutes les villes et de nombreux sites touris ques. Il est courant de profiter des onsens en famille, entre amis ou avec des collègues.

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58 SHIKOKU CONSTRUCTION DE TREE HOUSES

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Shikoku A par r de la mi-Avril je me dirigeais vers Shimanto dans la préfecture de Kochi, à l’extrême SudOuest de l’île de Shikoku. J’avais au préalable trouvé l’opportunité de travailler dans un camping de la côte pour les deux mois à venir. Après avoir passé la nuit dans un bus de grande ligne entre Tokyo et Kochi, je prenais un train au wagon unique qui pendant deux heures desservait des villages de plus en plus pe ts et isolés. La nature était verdoyante, c’était le printemps. Une fois arrivée dans la pe te ville de Shimanto je rejoignais le camping de Yamamizukii en autostop. A environ quinze minutes de Shimanto le camping se trouvait sur une colline presqu’île à l’embouchure d’un fleuve. C’était un pe t coin de paradis isolé dans une nature luxuriante et tropicale.

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Le ges onnaire du site était un brésilien installé depuis une vingtaine d’années au Japon, l’équipe de travail était composé de cinq japonais travaillant en temps par els ou complets confortés par une équipe interna onale dont je ferai par . L’équipe interna onale se renouvellait sans cesse puisqu’elle était composée de voyageurs comme moi qui pouvaient rester sur place entre trois semaines et six mois. Selon les périodes l’équipe pouvait compter jusqu’à huit membres. Mon travail ici allait débuter de manière intensive par de l’entre en et du service puisqu’en fin du mois débutait la golden week, la principale semaine de congés des travailleurs japonais. Une fois terminée la période de rush les journées de travail étaient consacrées aux travaux d’extension du camping et à l’accueil des rares touristes japonais. Marcello le ges onnaire du camping comptait sur moi et mes compétences d’étudiants en architecture pour concevoir et réaliser la construc on d’un modèle de tree house des né à l’accueil de familles de vacanciers de quatre personnes, deux adultes et deux enfants. Pour réaliser ce projet j’avais un coéquipier allemand qui avait travaillé depuis cinq ans dans une entreprise de construc on de tree houses en Allemagne et qui maîtrisait parfaitement la construc on en bois. Avec un faible budget nous devions concevoir un module capable de s’adapter aux formes des arbres et capable de résister aux typhons, réguliers dans la région. Nous avons choisi de réaliser le projet en deux étapes. D’abord nous avons construit une structure en tubes métalliques qui perme ait d’obtenir le même niveau sur une grande surface autour de l’arbre. Nous avions conçu ce e structure de facon à la rendre autoporteuse et modulable. Aucun clou ni vis ne fixait la structure à l’arbre, ainsi les mouvements due au vent ne pouvaient affecter l’ensemble. Sur ce e structure nous pouvions installer une plateforme en bois de 17m². Une fois la plateforme en place nous avons ensuite pu travailler sur la forme des volumes et des espaces. En fonc on des branches et des troncs qui passaient dans et au dessus de la plateforme nous avons déterminé la posi on et la forme de la cabane et de la terrasse. Sur une surface de 10m² la cabane comprenait un espace de tatamis pour la dégusta on du thé et le couchage des adultes, avec un espace de rangement des futons et un espace de couchage pour les enfants avec un lit superposé. Nous avions posi onné les ouvertures de façon à perme re des vues depuis chaque couchage sur la nature environnante. 61


Concevoir ce modèle de tree house a été une expérience enrichissante parce le mode de réflexion des espaces devait être adapté à un cadre en trois dimensions avec les troncs et les branches. Nous devions trouver un mode construc f reproduc ble, adaptable, léger et solide face au intempéris. De plus nous disposions de peu de budget, de peu d’ou ls et n’é ons que quatre sur le chan er. Tim, mon coéquipier allemand m’a également transmis beaucoup de ses connaissances sur les méthodes construc ves du matériau bois.

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Tremblement de terre Pendant mon séjour sur Shikoku j’ai ressen mon premier vrai tremblement de terre. Court mais de 5,5 sur l’échelle de Richter, il a suffit à nous faire paniquer moi et mon équipe de gaijin (étrangers). Quelques verres sont tombés mais aucun autre dégât n’était à déplorer. Et c’est normal car ici les tremblements de terres sont fréquents et intenses. Les habitants de l’île ont appris à vivre avec en a endant le “big one” qui comme celui qui avait frappé le Nord de Honshu en 2011, pourrait frapper la région. Tout est prêt pour l’événement, les bâ ments résisteront, les autorités sauront intervenir et la popula on comment agir. Même l’accueil du monstre Tsunami est organisé, dans tous les villages cô ers des tours métalliques ont été érigées pour me re à l’abri la popula on. Ce rapport à la catastrophe est visible dans tout le pays, les tremblements de terres, les typhons, les Tsunamis et les inonda ons ont contraint les japonais à adapter au fil des siècles leurs modes de vie, leurs modes de construire et leurs modes de penser. Ainsi dans la culture nippone il y a une culture de la catastrophe. Bien loin d’être pétrifiée par l’idée du cataclysme, la popula on s’y est préparée et aux tragiques événements a éliminé le chaos suivant. J’ai pu constater pendant mon voyage quelques unes des mesures qu’implique la culture de la catastrophe. L’inters ce de 50cm qui sépare tous les bâ ments, les réseaux ( électricité, eau ) visibles et faciles d’accès, l’u lisa on de matériaux souples, sont autant de signes facilement iden fiables. Mais je parle de culture parce qu’il ne s’agit pas seulement de quelques détails architecturaux contemporains. En plusieurs siècles la prépara on, l’an cipa on ont marqué la culture locale et l’on peut trouver des signes de ce rapport à la catastrophe dans tous les aspects de la société japonaise. Le rapport au patrimoine est un exemple très intéressant, les japonais sont peu a achés aux “vieilles pierres”, ils s’intéressent plus au mode construc f. Ainsi le patrimoine n’est plus matériel comme celui des centres anciens en Europe mais immatériel et culturel. A Nagoya, le sanctuaire Jingu est un bon exemple, le temple classé est perpétuellement reconstruit sur le même mode construc f, l’importance n’est plus l’âge des matériaux de l’ouvrage mais son lieu, son histoire, les savoirs qu’il transmet. C’est d’ailleur avec le cas de Nara que l’UNESCO a dû 64


se résoudre à inventer la no on de conserva on du patrimoine immatériel. Habitué à classer les lieux d’importances patrimonials selon la doctrine occidentale dictée par les travaux de la charte de Venise, l’UNESCO a dû réadapter sa défini on du patrimoine pour classer enfin dans les années 90 des lieux d’importance culturelle majeure comme celui de Nara. Dans la maison tradi onnelle japonaise très bien décrite dans “l’Eloge de l’Ombre” de Junichirô Tanizaki, on retrouve des choix de matériaux et de formes qui perme ent une modularité et qui facilite la répara on, la reconstruc on et le réemploi en cas de catastrophe. Depuis plusieurs siècles déjà, les construc ons sont normées et suivent une mesure iden que basée entre autre sur le tatami. Ainsi tous les éléments de charpente, de menuiseries et d’ameublement sont interchangeables. Enfin il ne faut pas oublier le daikokubashira, le poteau central de la maison japonaise. Il est une passerelle entre la terre et le logement et représente l’esprit qui habite les lieux dans la religion shintoïste. Mais au delà de son aspect religieux, le daikokubashira par ses dimensions supérieures aux autres poteaux structurant la maison, devient une sécurité supplémentaire en cas de catastrophe. Lors d’un tremblement de terre il sera le dernier à tomber, lors d’un typhon il restera ancré au sol, c’est donc aussi pour cela qu’il est proche des pièces de repos. Dans la forme des villes et l’occupa on générale du territoire on peut également trouver des signes de la culture de la catastrophe tout comme dans l’organisa on globale de la société japonaise.

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Le surf et les clubs au japon En dehors de mes heures de travail, ma principale ac vité sur Shikoku était le surf. En début et fin de journée et pendant nos jours de repos, nous é ons quelques uns à aller surfer dans les baies environnant le camping. Les sites étaient d’une excep onnelle qualité, très sauvage. Lla côte proposait différentes orienta ons et les vagues entraient de manière très régulière. Mais ce qui était encore plus excep onnel c’était la communauté locale de surfeurs. Au Japon, il m’a semblé que l’iden té sociale était déterminée essen ellement par deux facteurs : Le travail et les loisirs. Les japonais passent en général beaucoup de leur temps sur leur lieu de travail et avec leurs collègues. Les liens sociaux sont forts dans les entreprises et c’est avec les collègues de travail que les japonais sortent le soir boire un verre (ou bien plus). Mais les loisirs sont aussi déterminants. Ainsi quand les japonais s’inves ssent dans une ac vité, c’est généralement à 100%. Par ciper à une ac vité c’est ici rentrer dans un cercle de passionnés. Il ne s’agit pas de paraître pour un amateur, alors les inves ssements dans les équipements sont importants. Lors de mes excursions urbaines ou rurales j’ai pu par exemple observer des photographes passionnés en tenues complètes et avec des objec fs de trois kilomètres. Egalement j’ai croisé des passionnés de pêche, de baseball, de cerfs-volant, ..., et donc de surf. La communauté de surfeurs était rela vement restreinte, nous n’é ons jamais plus de dix personnes dans l’eau mais je croisais tous les jours les mêmes passionnés. Très amicaux et bienveillants ils étaient heureux de partager leur passion avec nous et de nous accueillir dans leur terrain de jeu. Ils nous conseillaient quels sites choisir selon la météo et sur la manière d’appréhender les vagues des différentes baies. Ils étaient suréquipés par rapport à mon référen el français. Trois à cinq combinaisons pour répondre aux différentes météorologies, quatre planches ou plus pour avoir la parfaite tenue sur les vagues et des vans pour transporter tout le matériel. Un équipement de pro-surfeurs en surf trip, sauf qu’après une session ma nale de deux heures ils enfilaient leur tenue de travail, déposaient leurs vans et repartaient en citadines vers leurs entreprises.

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Le camping au japon Les japonais n’ont pas le temps d’être en vacances, avec seulement une semaine de congés par an ils n’ont pas de temps à perdre. Pourtant beaucoup recherchent l’évasion, pendant quelques heures ou quelques jours de leurs quo diens urbains. Ainsi ils recherchent l’aventure pra que et c’est ce que propose Yamamizukii. Le séjour vendu c’est avant tout un imaginaire, une image du bivouac et de l’aventure. Après un long trajet en voiture, on se retrouve sur une presqu’île sauvage isolée. Les yourtes sont répar es dans la colline de façon à laisser croire que nous sommes seuls au monde, et c’est là le contrat. Le programme est simple, un feu de camp, un barbecue, un bain dans le onsen puis un sommeil heureux dans la nature. Pourtant bien loin de l’aventure se trouve tout ce confort, les yourtes sont équipées de la clim, d’un mini frigo et d’une literie d’hôtellerie. La soirée et la nuit doivent donner une illusion de lenteur, plonger les clients dans une bulle temporelle. Pourtant tout se passe en quelques heures. Les séjours en camping qui en France dureraient une dizaine de jours ne durent ici qu’une dizaine d’heures. Vers 18h les premiers clients arrivent, généralement ils viennent de Kobe et Osaka à 4h de route. Tout est déjà prêt sur place, les lits sont faits, la table est mise, le barbecue à été préparé et le feu de camp ne demande qu’à être allumé. A 18h30 l’apéro et le barbecue commencent, nous apportons aux clients les plateaux de nourriture et la boisson. Vers 20h30 alors que le repas est terminé et l’apéro bien avancé, nous allumons le feu de camp. Après quelques minutes de contempla on du feu et quelques photos, les clients se dirigent vers le onsen. Ils y resteront le temps de s’endormir deux fois puis retourneront à leur campement. Vers 23h les derniers clients qui ent le onsen et la nuit étouffe les derniers soupçons. Le lendemain à 7h30 les pe ts déjeuner sont servis et vers 9h les clients sont repar s heureux pour 4h de route vers l’urbanité. Ainsi sans avoir profité de la plage à deux minutes à pied du camping, sans avoir fait d’autres ac vités que celles décrites au dessus, les clients partent sa sfaits du séjour qu’ils ont vécu, Yamamizukii les a fait rêver.

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68 OSAKA STAGE CHEZ DOT ARCHITECTS

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Osaka J’avais en Mars, lors d’une visite de projet avec Tom, rencontré un des membres du collec f Dot Architects. Il nous avait montré l’agence et les projets qu’ils avaient réalisés. Nous avions alors discuté de la possibilité d’effectuer un stage pendant mon séjour au Japon. C’est ainsi que de miJuin à mi-Juillet j’ai pu séjourner dans la grande ville d’Osaka, plus précisément dans le quar er de Kitakagaya, à cinq minutes à pied de l’agence. J’habitais dans une pe te auberge du quar er qui donnait dans une des ruelles typiques des îlots urbains japonais. Le quar er dégageait une ambiance par culière. Il se trouvait entre les quar ers du centre et les zones portuaires. En transi on, il conservait de grands hangars industriels en ac vités ou reconver s. Il y avait également d’immenses barres d’habita ons, des centres commerciaux, des axes de circula on perme ant aux camions de relier les ports et des pe tes maisons plus tradi onnelles. Un collec f de quar er, avec l’aide de propriétaires et de l’agence Dot Architects avait réinves des espaces abandonnés. Le but du projet était de redonner une bouffée d’oxygène au quar er vieillissant et de donner aux espaces abandonnés une nouvelle fonc on alterna ve basée sur la rencontre, le partage et l’économie raisonnée. Par exemple l’agence d’architecture se trouvait dans un ancien hangar partagé avec des ar stes et des ar sans. Il y avait aussi un espace qui comprenait un potager partagé, un bar, un restaurant et des galeries ar s ques.

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Dot Architects Dot architects c’est avant tout un groupe d’amis passionnés par les arts et l’architecture. C’est un collec f de professionnels qui partagent une même vision de leur mé er. Leurs objec fs sont le respect de l’environnement des projets, le réemploi de matériaux et l’adapta on de méthodes anciennes dans une nouvelle architecture. Ils travaillent beaucoup en ma ère et disposent d’ateliers partagés. Leurs journées de travail sont rythmés par le partages d’informa ons et des moments de convivialité. Toshikatsu Ienari et Takeshi Shakushiro ont créé en 2004 Dot Architects. En plus de la concep on et de la planifica on architecturale, ils mènent des projets de recherche, des construc ons de sites et des projets ar s ques. Ils sont rejoints par d’autres membres et ob ennent en 2016 le prix spécial du jury à la 15e exposi on interna onale d’architecture de la Biennale de Venise avec le pavillon du Japon. Actuellement les membres de Dot Architects sont Wataru Doi, Hidefumi Terada, Ai Murai Ikeda, Keiko Miyachi et Tomohiro Ishida. Le collec f travaille régulièrement sur des projets dans le cadre du fes val ar s que des îles Setouchi, où se trouvent les musées réalisés par Tadao Ando et Ryue Nishizawa notamment. Proche des milieux ar s ques le collec f réalise beaucoup de projets éphémères dans le cadre de fes vals et d’exposi ons. Parmi les membres, Keiko Miyachi est d’ailleur diplômée du département de design spa al de la faculté d’art et de design de Kyoto et Toshikatsu Ienari est actuellement professeur associé à l’Université d’art et de design de Kyoto. D’autres projets, permanents sont réalisés par Dot Architects à travers tout le Japon. Pour la concep on de leurs projets, ils u lisent beaucoup de matériaux réemployés et s’appuient sur les construc ons existantes. Ils recherchent à faire une architecture qui dialogue avec l’environnement existant et qui s’inspire du patrimoine présent physiquement ou culturellement.

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Le stage Dès mon arrivée à l’agence, Toshikatsu Ienari m’a confié la concep on d’un projet sous la supervision de Tomohiro Ishida. Il s’agissait de réaliser une scénographie pour séparer des oeuvres dans le cadre d’une exposi on dans une galerie de Kyoto. Comme il s’agissait d’une rétrospec ve sur l’art avec comme fil conducteur la représenta on des nuages à travers les âges et les ar stes japonais, le souhait des clients était que la scénographie soit elle-même inspirée des nuages. Après m’avoir présenté le cahier des charges, les plans de la galerie et la disposi on des oeuvres, Ishida m’a expliqué les méthodes de travail et les choix du collec f pour la concep on des projets. Ainsi je pouvais commencer à imaginer un projet en cohérence avec les envies des clients et les exigences de l’agence. Dans le hangar partagé avec d’autres collec fs d’ar stes et d’ar sans, l’agence dispose d’un espace de travail et d’accueil des partenaires et des clients situé sur une mezzanine. Mais le collec f dispose également d’espaces partagés tels que des ateliers. Pour leurs travaux, les architectes ici réalisent beaucoup de maque es, notamment à l’échelle une. Après m’être approprié le sujet et avoir imaginé quelques formes en croquis le premier jour, Ishida m’a très rapidement demandé de réaliser des maque es tests à l’échelle une. Pendant plusieurs jours j’ai donc travaillé dans l’atelier pour réaliser plusieurs modèles de nuages. Après une présenta on de mes différentes idées, Ienari et Ishida ont été emballés par l’esthé que d’un modèle de ssus triangulaires tendus. La suite de mon travail a été d’ajuster les triangles pour pour trouver les formes les plus esthé ques. Puis pour adapter le modèle à la future réalisa on dans la galerie j’ai imaginé des méthodes construc ves efficaces et peu coûteuses, choisi les matériaux et es mé les coûts totaux du projet.

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Descrip on du projet Dans la galerie les triangles en ssus tendus créent un filtre plus ou moins opaque qui sépare les espaces d’exposi on. L’ensemble des triangles forme un volume qui sous la lumière prend l’apparence d’un nuage. Ainsi le spectateur en entrant dans la galerie entre dans une nébulosité qui le guidera tout le long de la visite. Le choix d’un ssu fin permet de donner une sensa on de légèreté et de transparence et c’est par un jeu de plans que l’obstruc on de la vue se révèle. Le choix d’une couleur or pâle donne à l’ensemble une dimension plus sombre qui tamise l’espace et rappelle l’esthé que de certaines oeuvres japonaises. Pour garder une esthé que synonyme de légèreté, les ssus sont tendus par des fils fins dorés. Au sol et au plafond, trois rangées de supports linéaires perme ent d’agrafer les fils et de soutenir les tringles de ssus. Avec trois rangées de support, les cloisons formées disposent d’une combinaison variant de zéro à trois couches de triangles de ssu. A la fin du stage j’ai rendu un dossier de présenta on du projet et j’ai fait une présenta on à l’équipe, aux clients et partenaires. Nous sommes également restés en contact pour que je puisse suivre l’avancée du projet et sa réalisa on en fin Août. En plus de ce projet, j’ai également travaillé sur la réalisa on de maque es pour la présenta ons de d’autres projets. Travailler avec l’équipe de Dot Architects a été une très bonne expérience. J’ai dû apprendre à communiquer différemment et à adapter mes choix en fonc on des possibilités locales différentes. J’ai été bien suivi pendant tout le stage ce qui m’a permis de suivre un rythme rela vement soutenu pendant quatre semaines et de finaliser la concep on des nuages avant mon départ.

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Le mont Fuji Avant de qui er le Japon il me restait un rêve à réaliser ( dans l’immédiat ). J’avais visité les sanctuaires dignes des films de Samouraïs de Akira Kurosawa , contemplé les paysages qui avaient inspirés Hayao Miyazaki, vécu des soirées urbaines extravagantes, chanté dans les Karaokés, je savais ce que Kawai voulait dire et j’avais séjourné dans des demeures facilement décrites par Junichirô Tanizaki. Il me restait à défier Hokusai et gravir sa Montagne. Ou plutôt le mont Fuji, ainsi le 21 Juillet je me suis dirigé vers le volcan pour admirer un lever de soleil depuis son sommet. 76


Remerciements I nérance

Tom Eberhard Tomoyo Hirai Koji Itonaga Naoko Baba Yuki-Kenchiku Sakichi Shoko Yoshimoto Rei Oiwa Goichi Oiwa Hideto Oshima

Kamimomi: Permaculture Kyle Holzhueter

Yamamizukii: Tree Houses Marcello Shiman Marianne Hargous Demangel Masatsohi Ninomiya Ai Hatakeyama Tim Gemsi Hidemi Yamada

Dot Architects: Stage Ai Murai Ikeda Keiko Miyachi Wataru Doi Tomohiro Ishida Toshikatsu Ienari Hidefumi Terada

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