Pléiades #16

Page 1

1001 Nuits #16

samedi 14 juillet Carnets de l’Huveaune Boulevard Voltaire 13821 La Penne-sur-Huveaune

17h Balade de voisinage avec Nicolas Memain, Rives & Cultures et les habitants de la Penne sur Huveaune

19h30 Impromptus chantés avec les Bottines

21h30 Coucher du soleil

21h17

Pléiades

Carnet de l’Est, concert dessiné de Clément Baloup accompagné par les chanteuses du groupe vocal Les Bottines.


1001 nuits Qu’est ce que le projet 1001 nuits ? 1001 NUITS c’est une collecte de récits et une série de rendez-vous artistiques pour passer ensemble du jour à la nuit. Le principe est d’inviter habitants de proximité et voisins métropolitains à découvrir ensemble un endroit du territoire de manière originale, au travers de rencontres et d’histoires qui entrent en résonnance avec les paysages.

Quand ? Du 17 février au 2 septembre 2018.

Où ? Dans des lieux insolites autour du sentier GR2013.

Qui ? 1001 NUITS est un projet proposé par le Bureau des guides du GR2013, coproduit par MP2018 avec le soutien de la Banque Populaire Méditerranée, en partenariat avec Bouches-duRhône Tourisme et le Comité Départemental de Randonnée Pédestre des Bouches-du-Rhône. 1001 NUITS #16 a été réalisée avec Rives & Cultures, La Réserve à Bulles, la Médiathèque de la Penne sur Huveaune et Yes We Camp, en partenariat avec La Marelle et avec le soutien de la Ville de la Penne sur Huveaune.

Illustrations © Benoît Guillaume Graphisme © Lindsay & Bourgeix


P L É i A D E S . Groupe de sept étoiles qui constitue un petit amas très groupé dans la constellation du Taureau et bien visible les nuits d’hiver. Par glissement, groupe de sept poètes français du 16ème siècles. Dérivé : une pléïade, une grande quantité.


Scheherazade en étoit là, lorsqu’elle aperçut le jour. « Sire, dit-elle à Schahriar, si j’avois le temps de continuer, je raconterois à votre majesté des choses encore plus surprenantes que celles que je viens de raconter. » Le sultan, qui s’étoit proposé d’entendre toute cette histoire, se leva sans dire ce qu’il pensoit. Quarante-huitième nuit, les Mille et une nuits

4


5


Les villes continues Tu me reproches qu’à chacun de mes récits je te transporte au beau milieu d’une ville sans rien te dire de l’espace qui s’étend entre une ville et l’autre. Si ce sont des mers qui l’occupent, des champs de seigle, des forêts de mélèzes, des marais. C’est par un récit que je te répondrai. Dans les rues de Cécilia je rencontrai une fois un chevrier qui poussait devant lui un troupeau carillonnant. - Homme béni des dieux - il s’était arrêté pour me poser une question - peux-tu me dire le nom de la ville où nous sommes ? - Que le ciel soit avec toi ! m’exclamai-je. Comment peux-tu ne pas reconnaitre la très illustre ville de Cécilia ? - Pardonne-moi répondit-il, je suis un pasteur en transhumance. Il nous arrive parfois, avec mes chèvres et à moi, de traverser des villes ; mais nous ne savons pas les distinguer. Demande-moi le nom des pâturages : je les connais tous. Pour moi les villes n’ont pas de nom. […] Tout au contraire de toi, affirmai-je, je ne reconnais que les villes et ne distingue rien de ce qui est au dehors. Dans les endroits non habités, chaque pierre, chaque herbe, se confond à mes yeux avec une autre pierre, une autre herbe. Depuis lors beaucoup d’années ont passé ; j’ai connu de nombreuses villes et parcouru des continents. Un jour, je marchais entre des maisons toutes pareilles : je m’étais perdu. Je demandais à un passant : que les immortels te protègent, peux-tu me dire où nous sommes ? A Cécilia bien sûr ! répondit-il. Il y a si longtemps que nous cheminons dans les rues, mes chèvres et moi, que nous n’arrivons pas à en sortir… Je le reconnus, malgré sa grande barbe blanche : c’était le pasteur de l’autre fois. Ce n’est pas possible ! m’écriais-je. Moi non plus je ne sais pas depuis combien de temps je suis entré dans une ville : depuis lors je n’ai pas cessé de m’enfoncer dans ses rues. Mais comment ai-je pu faire pour arriver là où tu dis puisque je me trouvais dans une autre ville, tout à fait loin de Cécilia, et que je n’en suis toujours pas sorti ? Les lieux se sont mélangés, constata le chevrier, et Cécila est partout ; ici même, autrefois, ça devait être le Pré de Sauge Basse. Mes chèvres reconnaissent les herbes du terre-plein entre les deux voies du périphérique.

Italo Calvino Les villes invisibles

6


Karina Puente, Les villes invisibles

7


L’Huveaune draine en aval d’Aubagne, sur un parcours de 17km, une vallée orientée Ouest-Est, d’une largeur moyenne de 1 à 2km sauf à Saint-Marcel où elle est enserrée entre le Mont Saint-Cyr et les plateaux de tuf de la Tourette. Cette vallée constitue pour la Cité

phocéenne qu’entourent partout ailleurs des collines, la seule ouverture naturelle vers l’intérieur.

Réseau de transports (situation en 1948)

Le véritable démarrage industriel de la vallée date du début du siècle et il est lié essentiellement au rail. La mise en service le 16 janvier 1905 de la ligne de tramway Marseille - Saint-Marcel prolongée six mois plus tard jusqu’à La Barasse entraîne un afflux de main-d’œuvre étrangère (Italiens, Espagnols) en quête d’embauche vers les industries lourdes qui s’implantent le long de la voie ferrée Marseille-Vintimille où elles disposent d’un embranchement particulier. En 1906, la « Société d’Electro-Chimie et d’Electro-Métallurgie d’Ugine » installe une usine à la Barasse ; en 1919, Joseph Coder fonde « les Établissements de matériel roulant et de construction ferroviaire » à Saint-Marcel. En 1969, 20 usines sont desservies directement par la voie ferrée mais la plupart des embranchements ont été mis en place au début du siècle. Certains d’entre eux n’ont été utilisés que beaucoup plus tard. Ainsi la Société Aquitaine-Organico installe en 1952 une usine de rilsan sur un embranchement créé en 1920 à la Millière, et la Société Freitag construit en 1949 une usine de « Peintures et revêtements » à La Penne-sur-Huveaune sur un embranchement datant de 1929 qu’elle partage avec l’Entreprise Borie spécialisée dans les matériaux de construction. Les derniers d’entre eux sont contemporains de l’implantation de nouvelles usines dans les années 1949-1965 : Etablissements Reboul à La Barasse, Usine S.O.P.A.D. et Etablissements Bonna à Saint-Menet, Usine de « La Carbonique » à la Penne sur Huveaune, etc. Nicole Vaudour, (Centre d’Etudes Méditerranéennes), 1970

8


L’autoroute A50 est une autoroute française reliant Marseille à Toulon. Son premier tronçon a été ouvert à la circulation en 1962 entre Marseille et Aubagne. Sa longueur est de 65 km. C’est sur cette section qu’a été mis en service pour la première fois le principe du Télépéage en 1992. L’A50 a pour premier rôle de relier Marseille et Toulon, son second rôle est de permettre les liaisons entre ces 2 grands pôles et leur super banlieue que sont Aubagne, La Ciotat, La Seyne : c’est donc une autoroute essentiellement interurbaine. A noter qu’avant l’A50 les liaisons entre Marseille, Aubagne et Toulon étaient assurées par l’arrière-pays via la RN8 alors que les liaisons entre Marseille, La Ciotat et les autres villes côtières et Toulon étaient assurées par la RN559 : l’A50 joue donc ce rôle mixte d’où un tracé Ouest-Est jusqu’à Aubagne pour desservir celleci et éviter les montagnes de la Gineste puis une descente plein sud pour rejoindre le littoral mais dont l’A50 s’écarte entre Saint-Cyr-les-Lecques et Bandol, préférant les trouées du Castellet avant de s’ancrer juste en retrait de la côte jusqu’à Toulon. Remarquons que la voie ferroviaire suit quasiment ce tracé en descendant plus près de la mer à Cassis, entre Saint-Cyr et Bandol: l’A50 longe ainsi la voie entre La Penne-sur-Huveaune et Aubagne, en contournant La Ciotat et en contournant La Seyne.

9


« Je vais introduire un mot savant dans le lexique du paysage, « hodologie ». Il provient du grec hedos ; qui signifie route ou voyage. L’hodologie est donc la science ou l’étude des routes. » John Brinckerhoff Jackson

Chemin, Erik Johansson

« Les routes ne conduisent pas seulement à des lieux, elles sont des lieux.»

10


Le chemin de la Penne fut très fréquenté, lorsque les Grecs asiatiques, ensuite les romains eurent occupé la Provence et qu’ils se rendaient à Cézérista (Ceyreste) et à Carcicis-Portus (Cassis), car il n’y avait pas d’autres ponts pour aller ces vers points du littoral. « Le vieux Château Romain ou Marseillais, était à peu près à l’endroit où l’on voit aujourd’hui le château de la famille Abeille, situé à la Candolle au-dessus de la Penelle. C’était bien la clef de la vallée de l’Huveaune, et en y établissant un péage, les Marseillais étaient certains qu’on ne pourrait pas se soustraire au paiement du droit. » Dictionnaire des villages, Bouches du Rhône.

11


autoroute fleuve L’Huveaune et ses affluents font depuis longtemps partie de la vie quotidienne des habitants du bassin versant. Cela s’est traduit au travers de nombreux usages domestiques, artisanaux et industriels. Tout au long de sa vallée, l’Huveaune a permis depuis toujours une activité agricole, puis maraîchère pour Marseille. Par ailleurs, ses crues ont de tout temps été redoutées sans que cela freine l’urbanisation, ce qui a conduit à son artificialisation. Aujourd’hui, l’Huveaune est malheureusement parfois associée à un chenal d’évacuation des crues et à un vecteur de pollution menaçant les plages de Marseille. Elle reste souvent très contrainte en subissant une pression d’aménagement le long de ses berges. Cette déconsidération a contribué à limiter les pratiques de loisirs sur ses rives. Perceptions de la partie du tronçon de la Penne sur Huveaune à l’embouchure C’est la partie la plus urbanisée du fleuve. C’est aussi notamment de St Menet à Pont de Vivaux que les industries lourdes installées dès le milieu du 19ème siècle, utilisant le fleuve et la nappe phréatique pour leurs besoins industriels, ont rejeté dans le fleuve et sans précautions les effluents d’eaux usées et chargées des résidus de leurs exploitations. La perception, ne serait-ce que de l’existence du fleuve, est très faible sur ce parcours. L’Huveaune y est cachée et très peu accessible, les aménagements y sont rares. L’image y est également souvent négative, associée à un déversement de déchets, constituant parfois de véritables décharges sauvages. Pour ceux qui ont la connaissance de l’existence du fleuve, les souvenirs les plus exprimés sont ceux des inondations. Leur perception de la qualité du fleuve reste très empreinte du souvenir de l’égout à ciel ouvert. La perception du risque par les riverains est intégrée mais à un niveau faible, bien en deçà des dégâts causés par la crue de 1978. Peu de riverains connaissent les précautions à prendre et les attitudes à observer en cas de danger (code sonore des sirènes, radios à écouter, etc.).

Diagnostic préalable au dossier d’avant-projet, contrat de rivière du bassin versant de l’Huveaune décembre 2013

12


13


RIVIÈRE SOUS CONTRAT Les obstacles aux cheminements piétons le long des berges sont liés en majorité à des parcelles riveraines privées, mais également à des franchissements par les axes de transport, ne prenant pas en compte de passage piéton. Le manque de continuité, de sécurité, de valorisation par un aménagement « convivial », de gestion organisée entre les acteurs locaux et les déchets abandonnés (parfois en grande quantité) impliquent une faible fréquentation de certains cheminements pourtant existants. Globalement, les acteurs locaux affichent progressivement une volonté concrète de se réapproprier l’Huveaune et de la rouvrir aux populations. Cette volonté a été largement formulée au cours de l’ensemble des rencontres effectuées au cours de la réalisation du diagnostic (réunions de concertation, rencontres avec les techniques, les associations, les élus etc.) En 2013, et avec le soutien de MarseilleProvence 2013, un projet culturel porté par l’association Rives et Cultures a permis l’installation de 5 « fées de l’Huveaune ». Les artistes ont imaginé un parcours de cinq sculptures qui signalent la présence de l’Huveaune sur quatre communes : Saint–Zacharie, Auriol, Aubagne et Marseille. Ces œuvres abordent des problématiques sociales, environnementales et humanitaires. A ce jour, il n’y a pas de cheminement piéton qui permette de relier à pied les 5 sites. L’association, en collaboration avec d’autres acteurs travaillent sur la faisabilité d’un parcours, empruntant un maximum de tronçons le long des berges. Diagnostic préalable au dossier d’avant-projet, contrat de rivière du bassin versant de l’Huveaune, 2013.

14



16


65 moulins ont été identifiés de SaintZacharie à Saint-Marcel sur l’Huveaune par l’Association Chantepierre. La moitié aurait été détruite à Marseille et une quarantaine requalifiée en bâtiments à vocation diverse. L’ancienne usine de fabrication de pâtes alimentaires Rivoire et Carret à Marseille est un bâtiment emblématique dont la filière industrielle s’inscrit en droite ligne de l’activité des nombreux moulins installés depuis des siècles le long de l’Huveaune. Ce bâtiment est reconnu en 2013 « patrimoine industriel », et un projet de requalification de ce bâtiment en médiathèque est défendu notamment par l’Association « Rives & Cultures ». Au cours des entretiens réalisés avec les communes dans le cadre de la réalisation du présent document, nombreuses sont celles qui ont cité au moins un élément patrimonial situé en bordure de l’Huveaune, qu’il serait intéressant de valoriser. Diagnostic préalable au dossier d’avant-projet, contrat de rivière du bassin versant de l’Huveaune, décembre 2013

17


18


19


LE CHANT DE L’EAU L’entendez-vous, l’entendez-vous Le menu flot sur les cailloux ? Il passe et court et glisse Et doucement dédie aux branches, Qui sur son cours se penchent, Sa chanson lisse. Là-bas, Le petit bois de cornouillers Où l’on disait que Mélusine Jadis, sur un tapis de perles fines, Au clair de lune, en blancs souliers, Dansa ; Le petit bois de cornouillers Et tous ses hôtes familiers Et les putois et les fouines Et les souris et les mulots Ecoutent Loin des sentiers et loin des routes Le bruit de l’eau. Aubes voilées, Vous étendez en vain, Dans les vallées, Vos tissus blêmes, La rivière, Sous vos duvets épais, dès le prime matin, Coule de pierre en pierre Et murmure quand même. Si quelquefois, pendant l’été, Elle tarit sa volupté D’être sonore et frémissante et fraîche, C’est que le dur juillet La hait Et l’accable et l’assèche. Mais néanmoins, oui, même alors En ses anses, sous les broussailles Elle tressaille Et se ranime encore, Quand la belle gardeuse d’oies Lui livre ingénument la joie Brusque et rouge de tout son corps. Extrait le Chant de l’eau, Emile Verhaeren (1855-1916)


L’EAU ET L’ABEILLE Le canal desservit Aubagne le 5 juin 1870. Une grande fête fut célébrée ce jour là, le curé M. Blancard prononça sur le cours Beaumond un remarquable discours en présence du Maire et du Préfet, et devant une foule considérable qu’une pluie torentielle n’avait pas empêché de se livrer à une grande joie. Peu après les environs d’Aubagne bénéficièrent de l’eau du canal. Le Pont Aqueduc de la Candolle dit des Arcades, élevé au-dessus du chemin qui mène au Lantin se compose de seize arches et mesure 122 mètres de longueur et 12 mètres de hauteur. Il a été construit en 1870 sur les propriétés Abeille et Pourrière. C’est en 1873 que l’adduction de l’eau du canal se fit dans la commune de la Penne et coula sur l’aqueduc.

La famille Abeille est propriétaire du château et des terres de la Candolle depuis 1848 21


Deux rives Depuis le début de ce siècle, la banlieue a acquis une nouvelle fonction, la fonction résidentielle, qu’annonçaient seulement les traditions de villégiature proche de la bastide bourgeoise et du cabanon populaire. Leur transformation en résidence permanente est facile ; elle dépend de la rapidité des transports, de leur densité et de leur prix. Entre 1900 et 1914, des lignes de tramways électriques à dix centimes pour tout le trajet, entraînant par-là l’essor des unités périphériques comme La Barasse, relient le centre de la ville à Saint-Marcel et La Barasse par les faubourgs industriels Sud-Est, à La Valentine et aux Caillols. Hors de la commune de Marseille, Aubagne est desservie par une ligne passant par la rive gauche, et prolongeant celle de La Barasse. Ainsi, à partir de La Valentine, l’écart s’accroît entre les lignes de rive droite et de rive gauche et le grand trafic de voyageurs échappe à la vieille route d’Aubagne. L’établissement de ces lignes de tramways déclenche une forte hausse du prix des terrains, une fièvre de spéculation et de morcellement qui s’attaque aux exploitations maraîchères, aux prairies, aux campagnes de la bourgeoisie marseillaise. Mais ce mouvement ne fait qu’accroître le contraste entre les deux rives de l’Huveaune, car la pression du peuplement et la résistance des structures en place sont de part et d’autre différentes. Les campagnes de la rive gauche sont pour la plupart des propriétés bourgeoises. Situées sur la retombée de Carpiagne, elles n’offrent, outre la plaisance, qu’un intérêt relatif, leurs arbres fruitiers et leurs pinèdes ne pouvant apporter les mêmes rentes que les jardins ou les prairies. Ces campagnes sont d’autre part séparées du fond de vallée par le passage de la route nationale, qui devient, avec le tramway, un axe de circulation à forte densité, propre à fixer le peuplement. Cet axe de circulation est d’autant plus actif qu’il joint les quartiers industriels Sud-Est de Marseille à la localité déjà industrielle de Saint-Marcel et à Aubagne : c’est donc un peuplement prolétarien qui va se fixer sur le coteau ; il joue, à l’égard de la propriété bourgeoise, qu’il chasse progressivement, le rôle d’un centre de répulsion sociale. […] Sur la rive droite, au contraire, ces conditions ne sont pas réalisées ; la prairie résiste fortement, et, du même coup, les grandes bastides bourgeoises de Saint-Menet, les fermes laitières, les propriétés rurales des Camoins ne cèdent que leurs marges à un peuplement dont la pression est moins vive ; les lotissements importants, comme celui de Camoins-les-Bains, sont rares. […] Le caractère de plaisance que garde cette banlieue de rive droite se marque par la persistance des formes de villégiature proche et par l’importance, socialement significative dans la résidence permanente, des cadres et des professions libérales, par celle surtout des retraités. Aussi la population adulte non active — englobant cette dernière catégorie et enregistrant le rôle moins important du travail féminin dans les deux catégories précédentes — atteint-elle des proportions nettement plus élevées que sur la rive gauche.


L’origine géographique des populations de cette banlieue laisse une large place aux étrangers ; l’agriculture en emploie un grand nombre. Mais, si le renouvellement de cette population agricole est très rapide en aval, il est beaucoup plus lent à La Penne ou aux Camoins. Dans ces dernières localités se manifestent en outre des phénomènes de banlieue écrasés plus en aval par le brassage intense des hommes : on y voit des membres des vieilles familles locales continuer à résider sur place, même quand ils sont employés dans les quartiers urbains ; on y voit aussi des Marseillais, souvent de longue date, décidés à goûter l’agrément de la campagne tout en conservant leur travail en ville.

Marcel Roncoyolo Évolution de la banlieue marseillaise dans la Basse Vallée de l’Huveaune, 1952

23


24



1001 nuits Qu’est ce que le projet 1001 nuits ? 1001 Nuits c’est une collecte de récits et une série de rendez-vous artistiques pour passer ensemble du jour à la nuit. Le principe est d’inviter habitants de proximité et voisins métropolitains à découvrir ensemble un endroit du territoire de manière originale, au travers de rencontres et d’histoires qui entrent en résonnance avec les paysages.

Quand ? Du 17 février au 2 septembre 2018.

Où ? Dans des lieux insolites autour du sentier GR2013.

Qui ? 1001 Nuits est un projet proposé par le Bureau des Guides du GR2013, coproduit par MP2018 avec le soutien de la Banque Populaire Méditerranée, en partenariat avec Bouches-duRhône Tourisme et le Comité Départemental de Randonnée Pédestre des Bouches-du-Rhône. 1001 NUITS #1 a été réalisée En coproduction avec la Friche la Belle de Mai.

www.gr2013.fr


PLÉiADES.

Groupe de sept étoiles qui constitue un petit amas très groupé dans la constellation du Taureau et bien visible les nuits d’hiver. Par glissement, groupe de sept poètes français du 16ème siècle. Dérivé : une pléiade, une grande quantité.

« Si vous voulez bien vous approcher un peu plus. La voix porte mal avec le vent. Mais cela fait longtemps qu’il parle aux hommes… nous ferons avec lui ce soir. » Chacun y va d’un petit pas. Nous voilà bien serrés les uns contre les autres, pléiade de curieux du ciel que le ciel attire. — Ballades sous les étoiles, François Barruel


Carnets de l’Huveaune Où Clément Baloup nous dessine quelques histoires de voisinage pendant que Nicolas Memain entreouvre les portes cachées de la Penne. Les histoires d’une vallée ne suivent pas toujours les frontières d’une commune… Des habitants des quartiers Est de Marseille décidèrent un jour de partir en voyage tout à côté. Ils avaient emporté quelques histoires dessinées dans leur sac pour voir si les récits collectés dans leurs cités et le long de leur fleuve résonnaient avec ceux des voisins de la Penne sur Huveaune. Un artiste les accompagnait. Ça tombait plutôt bien car des habitants de la Penne sur Huveaune avaient justement commencé à marcher pour se partager des histoires de village, de vie quotidienne, d’urbanisation entre eau et autoroute. Un artiste les accompagnait. Qu’ont-ils trouvés les uns et les autres ? Que se sont-ils racontés ? Ils nous invitent tous en ce jour de fête nationale à le découvrir… Auteur de bandes dessinées, Clément Baloup est né en 1978 et formé à l’école d’Angoulême. C’est en discutant avec son père vietnamien que lui vient l’idée d’écrire l’histoire de ses parents venus du Vietnam jusqu’en France, développant depuis un goût pour dessiner les histoires du réel. Il a été invité cette année en résidence dans les quartiers Est de Marseille par l’association d’habitants Rives et culture (qui soutient des projets culturels de la

vallée de l’Huveaune) afin de retracer certains aspects de l’histoire sociale de ces quartiers méconnus à travers un portrait de ses habitants. Cette projection concert est l’une des restitutions issue de sa résidence. Grâce à la BD et aux témoignages recueillis, Clément Baloup donne à voir l’histoire longue de ces quartiers, qui reflète en fait celle de Marseille et de la basse vallée de l’Huveaune dans son ensemble. Nicolas Memain, artiste marcheur et co-initiateur du GR2013 a commencé à marcher à la Penne sur Huveaune depuis quelques mois et accompagnera la commune en tant qu’artiste associé au cours des prochaines années.

Prochaines NUITS 1001 NUITS #17 Coucher du soleil à 21h05 L’oreille, le rail et la grenouille… Où Radio Grenouille installe son jardin d’écoute aux abords d’un château oublié [ Cinéma pour les oreilles ] — Le samedi 28 juillet, Château de Belval (Miramas)

1001 Nuits #18 Coucher du soleil à 20h25 Far Ouest Où la réalisatrice Anne Alix glisse le long d’une ligne de côte industrielle jusqu’à trouver le paradis [ Ciné plein air ] — Le samedi 25 août, Calanque de Ponteau (Martigues)

www.gr2013.fr


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Issuu converts static files into: digital portfolios, online yearbooks, online catalogs, digital photo albums and more. Sign up and create your flipbook.