Rumeur du loup octobre 2014

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Culture w Societe w Environnement w Opinion w Quoi faire No70 octobre 2014 KRTB ISSN 1920-4183 GRATUIT www.rumeurduloup.com

la facheuse rencontre de v

M. Marguerite

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La Rumeur du Loup, édition 70 - OCTOBRE 2014


Sommaire La fâcheuse rencontre de M.Marguerite Leçon de théâtre pour les nuls! La planète Marilienne Le métal à l’honneur Le regard du lion L’historique du frigidaire littéraire Top 10, un groupe/un album Tout le monde flottait 10 oeuvres d’artistes Salon pour Elles Espace Innocent 2 jours d’action pour l’élimination de la violence Madame B Je veux tout... Tout est de la poésie Jervis dans 10 m2 *La comprendre dysphasie La démocratie s’invite Quand la bipolarité s’en mêle! La morale du texto Les Albatros Comment ennuyer les enfants Bombes sur rail dans le KRB? Agenda Culturel Quoi Faire?!@#$%

4-5-6 7 8-9 10-11 12-13 14 16-17-18 19 20-21 22-23 25 26 28 29 30 31 32-33 34-35 36 37 38-39 40-41 42-43 44 45-46-47

LA RUMEUR DU LOUP, C'EST COLLECTIF !

Citation du mois « Vaincre la colère, c’est triompher de son plus grand ennemi. » -  Publilius Syrus poète latin né en Syrie vers 85 av. J.-C.

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Le journal vous invite à écrire des textes informatifs, des histoires surprenantes, un poème hypoallergénique ou autres, car après tout, c’est votre journal ! Envoyez vos écrits à : journal@rumeurduloup.com. L’ÉDITEUR LAISSE AUX AUTEURS L’ENTIÈRE RESPONSABILITÉ DE LEURS TEXTES. La reproduction des textes publiés dans ce journal est fortement encouragée sous condition d'avoir la permission du journal La Rumeur du Loup. PRENDRE NOTE QUE LA DATE DE TOMBÉE DES ARTICLES EST LE 25 DE CHAQUE MOIS. Faites parvenir vos documents à journal@rumeurduloup.com

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La Rumeur du Loup c’est... 48 pages dynamiques 2200 exemplaires mensuellement 450 salles d’attente 50 points de distribution La meilleure visibilité du KRTB

Encouragez la propagation de la culture et faites monter vos publicités équipe de rédaction par une équipe Rédacteur en chef Louis-Philippe Gélineau-Busque Journaliste Marie-Christine Drisdell Graphiste Louis-Philippe Gélineau-Busque Collaborateurs-Graphistes Collaborateurs-Photos Benoit Ouellet, de jeunes professionnels. Émile-Olivier Desgens, Busque, Sophie Lamontagne, Clara Lagacé, Ghislain Mailloux, Louis-David Thériault, Mar Y ContacteZ Sol Illustrateur Roxane Rose Quoi-faire ?!@#$% Marie-Christine Drisdell Vente Louis-Philippe GélineauBusque Correctrice Maude Gamache-Bastille Collaborateurs Guillaume Leblanc, Frank Malanfant, Louis-Philippe Gélineau Busque Vicky Vincent, Marc-Olivier Dugas Pelletier, Michel Lagacé, Sylvie Michaud, Nadia Desbiens, Marie-Amélie Dubé, au 418 894-4625 Catherine Soucy, Benoît Gingras, Karel Bélanger, Améli Beaulieu, iSabelle Moffet, Nadine Pelland, Catherine Bourgie, Stéphanie Lavoie, Frank Malenfant, Daniel Plante, Charles Eisentein, Louis-Philippe Thouin journal@rumeurduloup.com Couverture photo Benoit Ouellet et Émile-Olivier Desgens 3


Entrevue

la facheuse rencontre de v

M. Marguerite Par Busque et Molo, photos par Émile-Olivier Desgens et Benoit Ouellet

Pour la nouvelle pièce du Théâtre du loup de Cambronne, j’ai voulu rencontrer le personnage principal  : Monsieur Marguerite. En exclusivité, voici l’intégrale de cette grande entrevue en compagnie d’un individu peu commun.

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usque : Monsieur Marguerite, merci d’avoir accepté notre invitation! Vous êtes un professeur remplaçant, dans une classe 3e secondaire du futur (l’an 2214). D’où vient cet intérêt pour l’enseignement? M. Marguerite  : D’aussi loin que je puisse remonter dans mon existence, j’ai toujours eu un penchant pour l’ordre, l’encadrement strict et la discipline. Bambin, il m’arrivait régulièrement de faire la classe aux chats errants du quartier, lesquels comprenaient rapidement qu’ils avaient tout intérêt à m’obéir. À l’école, j’étais un modèle de concentration, de persévérance et, j’ose l’avouer, de perfection! Je fais d’ailleurs partie des rares individus à avoir, sur une base volontaire, recommencé mes études supérieures, dont j’avais déjà la mention d’excellence, pour le simple plaisir de pouvoir continuer à apprendre par cœur nombre d’ouvrages complexes de Descartes, Sade et Proust, lesquels dépassent largement la capacité d’analyse du commun des mortels... B  : Vous enseignez la matière et même un peu plus. Est-ce bien dans le plan de cours? M : Un peu plus?!!? Un peu plus?!!? Quelle grossièreté! Monsieur Marguerite est un enseignant chevronné et ne se contente jamais d’apprendre « un peu plus » à ses

élèves! Non! Monsieur Marguerite enseigne la vie dans sa totalité et la vie ne peut s’enseigner qu’à travers ce que Monsieur Marguerite a vu, c’est-à-dire tout! Et n’ayez crainte, il verra encore longtemps, alors je prends toujours le temps qu’il faut pour enseigner la vie dans sa totalité, y compris lorsqu’un élève est déterminé à avoir une bouteille vide à la place du cerveau. Ceux qui ne veulent pas apprendre, ou m’obéir, vont regretter d’être né… et vont recevoir mon poing dans la gueule. B : Saviez-vous qu’en 2014, il y a 200 ans, vous auriez été poursuivi pour vos propos, tenus dans une école, à des étudiants. Qu’en pensezvous? M  : Poursuivi par une bande d’admirateurs, pour des autographes, oui! Il faut du courage pour s’attaquer à un sujet aussi prenant que la vérité, et, heureusement pour tous mes élèves, Monsieur Marguerite ne cesse d’aborder la matière à travers la vérité. Il ne faut pas avoir peur de choquer ou de déplaire, surtout lorsqu’il est question d’enseigner à une bande de souschiure, dont les racines familiales font sûrement honte à la bande d’homo sapiens

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B : Pour vous, un jeune c’est... M : …bien peu de choses. Un cocon vide, à la limite une larve qui ne passe son temps qu’à se vider de ses fluides corporels, un bourdon qui ne cherche qu’à butiner le derrière de son voisin, dans un cycle infini de perte de temps. Heureusement que Monsieur Marguerite a croisé le chemin de ces jeunes gens, car Monsieur Marguerite est convaincu qu’il est encore possible d’en réchapper un certain nombre. Les autres subiront la loi de la jungle. B : Pour vous, une école c’est... M : ...un salaire, car autrement il serait difficile pour moi de me reposer ou de me nourrir convenablement. J’avoue que j’aime aussi acheter, à l’occasion, quelques petites gâteries pour le chat qui partage ma demeure. Il mérite bien une attention particulière, après avoir passé sa journée à m’attendre. B  : Plus personnellement, trouvez-vous que la société s’en va dans la bonne direction? M : C’est une excellente question. Je crois que la société a été, et sera toujours, un troupeau sans berger, sans enclos, sans éducation, sans valeurs, sans perceptions, sans respect et sans espoir. Heureusement, il y aura toujours un Monsieur Marguerite pour protéger, défendre et enseigner la vie à tous ces chérubins. Ne me remerciez pas, je ne fais que mon travail. B : Racontez-nous votre parcours. M : Mon parcours? Je crois sincèrement

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entrer dans la catégorie des gens qui ont plus d’une vie en même temps. Mon agenda est bien rempli, et ce, depuis ma naissance. Il y a toujours quelque chose à accomplir pour Monsieur Marguerite, et chaque matin, je me réveille avec le profond sentiment de faire un pas de plus sur le chemin de l’excellence. Je pratique, nuit et jour, une foule de disciplines où je constate, à mon grand étonnement, une évolution continuelle. Je ne cesse de me surprendre. De mes études au couvent, jusqu’à mes conférences dans les universités les plus prestigieuses de cette planète, je vis une existence digne des plus grands de ce monde. J’irais même jusqu’à croire que j’ai eu une influence notable sur plusieurs sommités. C’est ce qui arrive quand on dévoue son passage sur terre à la connaissance! v

qui a engendré leurs ancêtres…Mais que voulez-vous; Monsieur Marguerite aime ses élèves comme ils sont, car sinon qui les aimera? Qui?

B : Vous dites que vous possédez la vérité. N’est-ce pas dangereux, ce genre de discours? M : Non, je ne possède pas la vérité, je ne suis quand même pas Dieu, mais je suis flatté par votre question. Il est parfois dangereux de placer la vérité dans les mains d’un con, mais il est essentiel d’apprendre à comprendre la complexité de la vérité. Les leçons sont nombreuses et ma technique n’est pas la plus douce. Toutefois, rares sont les élèves qui n’ont pas survécu

« Monsieur Marguerite aime ses élèves comme ils sont, car sinon qui les aimera?  »

à ce rite de passage. La vérité, quoique essentielle, fait toujours très mal. Très très mal… B  : C’est quoi Marguerite?

la

vérité,

DMonsieur

M : Je ne comprends pas votre question… Vous n’avez pas entendu ce que je viens de vous dire? Quel dommage de ne pas vous avoir rencontré plus tôt. Peut-être qu’à travers le savoir de Monsieur Marguerite, il aurait été possible de vous rescaper et de faire de vous autre chose qu’une défection sur patte. Vous commencez à me fatiguer avec toutes vos questions insipides. De toute façon, il est l’heure pour Monsieur Marguerite de manger un morceau, autrement, je serai de très mauvaise humeur et vous ne voulez pas me voir de mauvaise humeur. Je vous préviens!! B : Avez-vous déjà pensé consulter pour vos élans de colère? M : Taisez-vous! Quel manque de respect. C’est la dernière fois que Monsieur Marguerite accorde une entrevue à la Rumeur du Loup. Quel nom ridicule. La rumeur du loup… du con, oui!!! C’est ça, la rumeur du con!!! Ah, et foutez-moi la paix!!! (Il quitte, furieux.)


Leçon de théatre pour les nuls! v

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Par Marie-Amélie Dubé, metteuse en scène de la pièce, photo par Benoit Ouellet et Émile-Olivier Desgens

Quel est le rôle de l’art et de l’artiste dans la société? Qu’est-ce que la mise en scène? Le metteur en scène doit-il seulement représenter le texte en scène ou peut-il aussi porter un commentaire sur le texte par sa proposition scénique?

C

es questions sont des pistes de réflexion qui m’habitent et qui tracent les jalons de l’expérience que je souhaite vivre en participant à l’implantation d’une troupe de théâtre professionnelle à Rivière-duLoup. Pour moi, le théâtre n’est pas purement dédié au divertissement. Bien sûr, il est agréable de rire et d’avoir du plaisir au théâtre. Ceux qui me connaissent bien savent la facilité que j’éprouve à rire. Je suis le genre de tannante qui dérange au cinéma, au théâtre et dans les spectacles, celle qui rit trop fort… vous savez, cellelà! Ma vision de ce qu’est le théâtre est plus riche; plus approfondie. Le théâtre m’apparaît comme un objet politique qui porte en lui le visage d’une société, ses valeurs, sa morale et pose un commentaire, un jugement sur cette société. Il porte en lui la possibilité de porter un regard différent sur son monde. Il est également un objet d’art, un carrefour où se côtoient la musique, la chorégraphie, la poésie et l’art visuel, en des images qui ensemble forment un autre texte, une écriture scénique qui, elle aussi, porte à voir et à comprendre.

contexte actuel. En créant une distance avec notre quotidien, l’œuvre devient, à mon avis, plus accessible, supporte les caractères loufoque et absurde inhérents à la pièce de Terrence Tarpin, permet un monde de possibles et est très inspirante du point de vue artistique et esthétique.

« Monsieur Marguerite met en image un enseignant violent, aux stratégies d’enseignement douteuses, prétentieux, raciste et imbu de lui-même. »

Cette conception du théâtre transparaît évidemment dans la mise en scène de Monsieur Marguerite, production du Théâtre du loup de Cambronne qui aura lieu les 13, 14 et 15 novembre prochains, à la Maison de la culture. Monsieur Marguerite met en image un enseignant violent, aux

stratégies d’enseignement douteuses, prétentieux, raciste et imbu de lui-même. Il est clair qu’un personnage si archétypal, stéréotypé, plus grand que nature et absurde est le passeport direct pour ériger une critique flamboyante des institutions scolaires et du rôle de l’enseignant dans une société corrompue par la productivité, l’argent, le sexe et l’individualisme. Cela dit, lorsqu’on ne s’arrête qu’au premier niveau de lecture de cette œuvre, elle peut paraître scandaleuse, voire troublante. C’est donc afin d’éviter d’ouvrir la porte à l’incompréhension que j’ai décidé de situer la pièce en 2214 pour sortir la classe de son

Monsieur Marguerite est une œuvre non réaliste qui porte en elle un regard critique sur l’institution du savoir actuel, sur la pratique enseignante, sur le rapport entre les enfants et leurs parents, en touchant aux tabous, aux sujets qui dérangent, qui ne sont pratiquement jamais touchés ou qui sont trop délicats pour être abordés, jugés comme inadmissibles dans une classe.

Jusqu’où devrions-nous aller avec les jeunes dans une classe? De quoi devrions-nous traiter? Quelle est la mission des institutions d’enseignement? Qu’est-ce qui appartient aux parents dans l’éducation des enfants? Dans une société où les jeunes ont accès à tout au bout d’un clic, où la planète est le théâtre des pires atrocités, quel est l’espoir du système d’enseignement pour préparer les jeunes à un avenir incertain dans les conditions actuelles d’une société qui s’effrite? Venez voir ce que Monsieur Marguerite en pense. Je vous avertis, il n’est pas commode. Pas de demi-mesure, pas de compromis pour cet être caricatural. Rires garantis (et réflexion aussi!)!

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Photo par Sophie Lamontagne

Atterrissage sur la planète marilienne Par Vickie Vincent

Peut-être avez-vous remarqué ce beau visage tigré qui faisait la couverture de la Rumeur du Loup le mois de juillet passé? Eh bien, sachez que l’artiste derrière l’œuvre en est toute une et qu’elle a plus d’un tour dans son sac.

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arilie Bilodeau, c’est son nom et elle est tout un phénomène, je vous le dis. Elle est née à Trois-Pistoles sous le signe du Gémeaux. Ça, c’est elle qui le précise. À l’image des Gémeaux, Marilie hésite toujours entre son côté tendre et celui plus sucré. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler? Elle chante, elle danse, elle fait des maquillages de fantaisie pour les petits comme les grands, elle dessine, elle tricote, elle est joaillère à ses heures, elle jongle parfois, joue la comédie tout le temps, ou presque, elle milite et elle fait tout ça avec passion et doigté. Elle est de retour en région, dans son Trois-Pistoles natal, et elle n’est pas près d’en repartir. Je vous présente le portrait d’une jeune femme déterminée à la passion artistique épanouie et mon plus grand défi sera celui de ne pas sonner comme une mauvaise publicité, parce qu’elle est beaucoup plus incroyable que ça, promis.

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« Psst. Cerise sur le sundae, elle serait aussi la sœur d’un illustre

»

patineur artistique…

C’est vraiment tout récemment que Marilie quittait la métropole pour revenir s’établir à Trois-Pistoles avec cette conviction qu’il est possible de faire vivre et de vivre la culture en région. Lorsqu’elle aborde le sujet, elle est déterminée et émotive (pas dans le sens qu’elle pleure, mais plutôt que ça la prend par les tripes). Elle souhaite y prendre part, s’y investir et militer pour son rayonnement à la manière d’artistes locaux qui l’inspirent fortement pour cette résistance qu’ils mènent face à l’exode de la culture, tels

que Stéphanie Pelletier, Caroline Jacques, Julie Gauthier, Mathieu Barrette ainsi que Soraïda Caron qui a d’ailleurs invité Marilie à participer à ses deux dernières créations en danse contemporaine cette même année. Ambiance feutrée, rires racoleurs ainsi qu’un brin de malice, et voilà Marilie Bilodeau à son meilleur : sur une scène, à se faire vibrer les cordes vocales. Lorsqu’elle prend place sur scène, elle est en terrain connu. Ça se voit. Ça se sent. Depuis sa tendre enfance, elle ne cesse de récolter les honneurs tant sa voix transporte. Ce qu’elle préfère, c’est la chanson française, et il ne vous suffit que d’une soirée passée avec elle et un jukebox pour le réaliser. C’est d’ailleurs ce qui teinte la majorité de ses chansons. C’est avec une grande théâtralité, mais aussi beaucoup de finesse, qu’elle vous transporte


dans son monde bien à elle, l’univers marilien, où dérision, émotion et prise de position s’envoient des clins d’œil sournois. J’aime à croire que c’est dans une quête d’autonomie que la chanteuse entreprit de devenir musicienne. La même année, elle raflait la deuxième place de la finale nationale de Cégep en spectacle alors qu’elle ne pouvait, à cette époque, s’accompagner elle-même au piano sur seulement deux de ses chansons. Depuis, elle en a fait du chemin. Issue de l’École nationale de la chanson de Granby, Marilie a été la lauréate du festival Le Tremplin de Dégelis en 2014 dans la catégorie auteur-compositeur-interprète. Elle prévoit l’enregistrement en novembre d’un EP d’environ cinq ou six chansons. Évidemment, quand on parle d’enregistrements, on parle de lancements! Il y en aura deux. Un à Trois-Pistoles, l’autre à Montréal. Vous êtes curieux? Elle fera la première partie de Damien Robitaille à la Forge à Bérubé le 25 octobre.

Atelier de maquillage, photo par Clara Lagacé

Bon et puis tant qu’à être rendue au placement publicitaire, quand vous viendrez voir son spectacle, passez donc faire un tour au Café Grains de folie, vous pourrez y découvrir que Marilie ne donne pas que dans le spectacle et qu’elle est aussi une artiste accomplie dans la confection de bijoux. Elle y expose ses créations tout le mois d’octobre, mais il est aussi possible de visiter la page Facebook de Maline pour les voir. Parce qu’elle a des noms différents pour chaque affaire qu’elle fait, je vous donne les liens pour ses sites. Fine de même. Pour la chanson, appelez-la Marilie Bilodeau : www.facebook.com/mariliemusique Pour les maquillages et l’animation pour enfants, c’est Marie-Libellule : www.facebook.com/malineart Pour les bijoux, on surveille Maline : www.facebook.com/malinebijoux C’est drôle, mais un petit quelque chose me dit que vous n’aurez pas fini d’en entendre parler de sitôt. Et je vous le dis, vous ne serez pas déçus. Psst. Cerise sur le sundae, elle serait aussi la sœur d’un illustre patineur artistique…

Des bijoux faits par Marilie, photo par Marilie Bilodeau

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Le métal à L’honneur Par Catherine Soucy, photos de Busque

À la fin de cet été, je suis allée me promener dans le magnifique village de Kamouraska. Je désirais aller au Centre d’art de Kamouraska pour voir l’exposition Dialogues d’artistes et d’artisans du métal. Ce fut une belle expérience, j’ai pu découvrir des artistes incroyables de par leur travail phénoménal, c’est-àdire d’énormes et belles sculptures que l’on trouve à l’extérieur dans nos villes du Québec.

T

out d’abord, la raison de l’existence de ces magnifiques sculptures mérite une explication. Le Québec a en effet adopté en 1961 une mesure gouvernementale consistant à allouer environ 1  % du budget de construction d’un bâtiment, ou d’aménagement d’un site public, à la réalisation d’œuvres d’art. Pour cette raison, nous voyons des sculptures dans nos villes du Québec.

Déversement ». La sculpture est située près du Centre hospitalier du Grand-Portage. Pour en revenir à l’exposition que j’ai visitée récemment, elle me permit de comprendre

Ce qui, à mon avis est un bénéfice intéressant pour les habitants des villes, et permet de rendre visible l’art pour tous. Récemment, à Rivière-du-Loup, on peut penser à l’œuvre d’Armand Vaillancourt, le « Grand

Bannière de l’exposition. Sur la photo: Ludovic Boney.

Maquette de l’œuvre «  Soleil  », Pierre Bourgault et Ludovic Boney, aluminium. L’œuvre originale est installée devant le palais de justice de Montmagny

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Maquette de l’œuvre «  Je suis là  », Michel Saulnier et Bernard Paquet, laiton et aluminium. L’œuvre originale sera installée devant le nouvel hôpital pour enfants de Montréal

jusqu’à quel point les artistes qui travaillent à embellir notre environnement font un travail exceptionnel. L’exposition nous montre la démarche et les étapes de construction de ces


Gravure de Michel Saulnier, «Corvidae #1»

« Il était intéressant de voir comment un artiste peut fondre une quantité impressionnante de métal et en faire une sculpture gigantesque. » sculptures. On y fait une présentation des artistes. Il y a aussi des témoignages écrits et explicatifs, des photos de la production, des plans et des maquettes. Il était intéressant de voir comment un artiste peut fondre une quantité impressionnante de métal et en faire une sculpture gigantesque. Il va sans dire que c’est un travail d’équipe qui demande un lieu et des installations énormes qui conviennent à la création de ces œuvres. J’ai une admiration pour ces artistes et je pense évidemment que d’investir dans les œuvres d’art publiques est important.

Maquette de l’œuvre « Equilibrium », MarcAndré J. Fortier et Denis Gagnon, bronze. L’œuvre originale est installée au Quartier Crédit photo : Marc-André Fortier Dix30 à Brossard.

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Entrevue

Le regard du lion Par Sylvie Michaud, photo par Ghislain Mailloux

Lorsque vous allez à l’Estaminet, vous avez sûrement remarqué un monument à l’enseigne du Club Lions. Il est tellement fondu dans le paysage qu’on ne se demande plus ce que c’est, que c’est que ce fameux Club Lions. Est-ce un club fermé, où l’on s’échange des signes mystérieux? Est-ce une société vouée à la protection du lion?

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t bien, voilà, les Lions, tout le monde les connaît, mais peu de gens sont capables de dire quelle est leur mission. En bref, les Lions sont des bénévoles qui sont regroupés pour servir leur communauté, en aidant des personnes dans le besoin ou

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d’autres organismes sans but lucratif. À Rivière-du-Loup, l’organisme s’est concentré sur un domaine en particulier, celui de la vue. Le concert-bénéfice « Les yeux à l’écoute

de la musique » qui aura lieu le dimanche 2 novembre à 15 h au Centre culturel est un exemple concret de cette implication. Pour en savoir plus, j’ai demandé à l’un des deux pianistes invités, Dr Réjean Grenier, qui est aussi membre Lions, de nous parler du


concert, des Lions et de la musique… Sylvie Michaud : Le concert du 2 novembre est un concert-bénéfice organisé par le Club Lions et La Fondation de la santé de Rivière-du-Loup pour l’achat d’un appareil ophtalmologique. Quel est cet appareil et à quoi servira-t-il exactement? Réjean Grenier : L’appareil est une Pentacam, une caméra qui analyse les maladies externes de l’œil, surtout celles de la cornée. La disponibilité de cet appareil à l’hôpital de Rivière-du-Loup évitera aux citoyens de la région de devoir se déplacer à l’extérieur pour obtenir de tels examens. En effet, ce sera vraisemblablement la seule Pentacam située à l’est de Lévis. SM : Depuis quand faites-vous partie des Lions et qu’est-ce qui vous a motivé à en devenir membre? R. G. : En 1987, les Lions m’ont approché pour participer à l’organisation d’une collecte de fonds en vue d’acquérir un laser ophtalmique (pour soigner entre autres la rétinopathie diabétique). C’est à ce moment que j’ai été sensibilisé à la vocation du Club. Étant donné que je résidais à Rivière-duLoup depuis seulement 5 ans, j’y voyais aussi une façon de m’intégrer davantage à Rivièredu-Loup, puisque les Lions organisent aussi beaucoup d’activités sociales. S. M. : Musicien et médecin. Y a-t-il eu un moment dans votre vie où vous avez eu un choix déchirant à faire entre ces deux nobles tâches?

R. G. : En effet, il y a eu un choix à faire. J’ai commencé à jouer du piano à l’âge de 9 ans et c’est vite devenu une passion. Mais la médecine me passionnait également. C’est alors qu’un jour j’ai compris que, si un médecin peut exercer la médecine et continuer à jouer de la musique, en contrepartie un musicien ne peut pas exercer son métier et la médecine en même temps… Et si j’ai un message à donner aux jeunes qui veulent jouer de la musique, dans le but de faire carrière ou pas, c’est  : « Apprenez la musique dès maintenant, cela vous servira toujours plus tard! » S. M. : Parlez-nous un peu des pièces qui seront jouées au concert. R. G. : Il y a longtemps que je joue le premier mouvement du Concerto pour piano en ré mineur de Bach. Et je pensais me limiter à ce mouvement pour le concert. Finalement, j’ai décidé d’apprendre les deux autres mouvements. Quant au Concerto no 1 de Tchaïkovski qui sera interprété par l’autre soliste invitée, Madame Caroline Beaudoin, il s’agit également pour elle d’une œuvre qu’elle joue depuis longtemps. Caroline non plus n’est pas une musicienne à plein temps, étant ingénieure chargée de projets immobiliers au CSSS de Rivièredu-Loup.

R.  G. : J’aime beaucoup Beethoven, particulièrement ses sonates et concertos. J’apprécie le caractère fougueux de ses œuvres. Les pianistes seront accompagnés par l’Orchestre Symphonique de l’Estuaire qui, pour sa part, interprétera deux autres oeuvres soit l’Ouverture « Les Joyeuses Commères de Windsor » de Nicolaï et la Symphonie no 9, dite « du Nouveau Monde », de Dvorak. Il est rare que l’on ait l’occasion d’entendre de tels classiques à Rivière-duLoup. Les billets sont disponibles au coût de 50$. Ils sont disponibles à la Fondation de la santé de Rivière-du-Loup (au 418 868-1010, poste 2769), auprès des Lions en écrivant à : clublions.rdl@gmail.com et au Centre Culturel. Ce concert est présenté dans le cadre des activités soulignant le 50e anniversaire (en 2015) du Club Lions de Rivière-du-Loup. Dans les prochains mois, les Lions seront encore plus présents dans leur communauté, surveillez-les!

S. M. : Avez-vous un compositeur préféré?

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L’historique du Frigidaire Littéraire Par Benoît Gingras

Le Frigidaire Littéraire est apparu dans la cour avant du 155, rang Mississipi à St-Germain-de-Kamouraska en novembre 2012. Simple intérêt d’essayer ce que ça pourrait donner, un réfrigérateur dédié à être jeté a été repris pour en faire une librairie libre-service.

C

’est sous la première neige dans le grand vent que les deux amis Benoît Gingras et Maxime Pelletier-Labelle l’ont déplacé de la maison jaune à celle qu’on appelait : La maison brune. Une valse tournoyante avec un frigidaire, d’une maison à l’autre.

S’en est suivi une peinture très grossière d’un brun fort ordinaire dont la première couche de peinture a coloré ledit réfrigérateur. Deux jours plus tard, sous une température plus clémente, les deux gars ont pris le temps de nommer cet objet : Le Frigidaire Littéraire. Avec trois amis de plus, on y a écrit et coloré la mission sur la porte du bas : « Prenez un livre, donnez un livre. » C’est à ce moment même qu’un homme du village s’arrêta avec sa voiture pour nous proposer deux boîtes de livres et deux gilets de laine d’alpaga neufs. Tout le frigidaire s’est rempli par dons de villageois et visiteurs. De multiples romans, documentaires, livres d’art, livres jeunesse, classiques, livres de référence, théâtre, poésie, livres catholiques et ésotériques, bref du contenu assez varié pour que chacun et chacune y trouve au moins deux livres à son goût. En automne 2013, les habitants de la maison brune étant évincés, le Frigidaire Littéraire a déménagé juste en face, sur le terrain de la maison jaune. Son nouvel emplacement lui a permis de côtoyer de très près le Mini-Musée. En printemps 2014, sous l’initiative de Louis-Philippe Bourque, une rénovation complète de ces deux petits monuments a redonné couleurs, stabilité et futur assuré pour préserver et faire continuer la mission du Mini-Musée et du Frigidaire Littéraire.

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Quant au Mini-Musée... Le Mini-Musée a été construit par Maxime Pelletier-Labelle, le jour de son anniversaire en novembre 2012. Il a été bâti entièrement de matériaux réutilisés qui se trouvaient alors dans la grange de la maison brune. L’idée d’une telle initiative est d’offrir une vitrine artistique, accessible à tous, gratuite pour les visiteurs qui marchent dans un beau

village. Les expositions changent environ aux deux mois. Plusieurs artistes y ont exposé leurs oeuvres dont : Maya-Vive Laliberté, Maxime PelletierLabelle, Jules Pratte, Annie CarbonneauLeclerc, Louis-Philippe Bourque, Olivier Blot, Noémie Dumont-Lévesque. Il suffit d’un rien pour créer quelque chose de beau.


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TOP 10

UN GROUPE / UN ALBUM Par Guillaume Leblanc

Ces groupes qui auront une grande et longue carrière principalement grâce à un seul album réunissant la plupart des succès... 10. THE STROKES – IS THIS IT (2001)

A

vec son look désinvolte et son son New York Punk des années 1970, The Strokes arrivait à point nommé alors que les White Stripes, The Hives et bientôt The Vines étaient les chouchous de la critique. Is This It, était un véritable vent de fraîcheur sur l'industrie musicale alors que nous nous remettions à peine de Limp Bizkit et la bande à Fred Durst. Malheureusement, cette excitation n'était pas aussi importante avec les albums qui suivirent... Titres clés : The Modern Age, Someday, Last Nite, Hard To Explain. 9. LOUISE ATTAQUE – LOUISE ATTAQUE (1998) Fortement inspiré du groupe college folkrock américain Violent Femmes, Louise Attaque frappa fort en 1998 avec son premier

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album. Un album chargé à bloc, dynamique et férocement contagieux, les ondes radio n'avaient qu'à bien se tenir, car un déferlement de Louise Attaque était imminent. Disons simplement que cet enthousiasme fut largement inférieur avec la sortie des albums suivant Comme on a dit (2000) et À Plus tard crocodile (2005). Titres clés : Amours, J't'emmène au vent, Ton invitation, Les nuits parisiennes, Léa. 8. MALAJUBE – TROMPE L'OEIL (2006) Malgré la grande qualité de la discographie de Malajube, aucun des autres albums n'arrive à la cheville de Trompe l'oeil. C'était, en 2006, une petite révolution sonore qui s'opérait au Québec avec le succès radiophonique de Malajube, laissant son empreinte sur les albums de Mara Tremblay,

Fanny Bloom, La Patère rose ou encore On a créé un MONSTRE. Jamais ensuite Malajube ne connaîtra un tel engouement malgré l'immense succès critique de ses albums post Trompe l'oeil soit Labyrinthe (2009) et La Caverne (2011). Titres clés : Montréal -40°C, Pâte filo, La monogamie, Étienne d'août. 7. NO DOUBT – TRAGIC KINGDOM (1995) Le virage d'un son ska revival vers un son plus pop commercial fera de No Doubt l'un des groupes les plus populaires de la fin des années 90. En effet, son troisième album Tragic Kingdom propulsera le groupe au sommet des palmarès durant l'année 95 et 96. No Doubt connut ensuite le succès, le restant de son histoire faisant de Gwen Stefani une icône de la pop, mais qui ne marquera pas


6. VIOLENT FEMMES FEMMES (1983)

autant l'imaginaire ainsi que le paysage pop-rock que les puissants tubes de Tragic Kingdom. Titres clés : Spiderweb, Just A Girl, Sunday Morning, Don't Speak.

VIOLENT

Violent Femmes et sa musique simple, nerveuse, rageuse allait anoblir, avec son premier album, le genre naissant du college rock que l'on renommera plus tard alternative rock. Fort d'une longue carrière à sillonner les petites salles nord-américaines, Violent Femmes n'aura jamais eu autant d'impact sur la scène underground qu'avec son premier album, malgré quelques beaux essais dont Hallowed Ground (1984) et 3 (1989). Titres clés : Blister in the Sun, Kiss Off, Add It Up, Promise, Gone Daddy Gone.

Le premier essai du groupe anglais allait faire écarquiller les yeux de la planète avec son son downtempo fusionné au U.K. PostAcid House forgeant du coup le nouveau genre musical qu'était le trip-hop. En peu de temps, l'album Dummy devint le chouchou de la critique et se hissa dans le panthéon des albums cultes de sa génération. Malgré un succès critique et un engouement notoire autour des albums suivants, Portishead ne fera pas autant de vagues qu'avec Dummy. Titres clés : Mysterons, Sour Time, Stranger, Numb, Roads, Glory Box. 4. MOBY – PLAY (1999)

5. PORTISHEAD – DUMMY (1994)

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Il en était à son cinquième album lorsque Moby connut le succès planétaire. Un pastiche finement ficelé allait faire de Play l'un des albums les plus vendus de l'histoire de la musique électronique. Malgré certaines collaborations ici et là, Moby ne connaîtra plus la gloire même avec la parution de 18 (2002) et de Wait For Me (2009) tous deux acclamés par la critique, mais complètement absents des ondes radio. Titres clés : Honey, Porcelain, South Side, Natural Blues.

complètement muets des ondes radio. Titres clés : You Oughta Know, Hand In My Pocket, You Learn, Head Over Feet, Ironic. 2. WEEZER – THE BLUE ALBUM (1994) Sorti pratiquement un mois jour pour jour

3. ALANIS MORISSETTE – JAGGED LITTLE PILL (1995) C'est un véritable raz-de-marée qu'Alanis

Morissette créa avec son troisième album Jagged Little Pill inondant la radio de plusieurs mégas hits qui établiront la jeune Canadienne comme l'un des phénomènes musicaux les plus importants des années 90. On ne pourra pas en dire autant avec les albums qui suivront passant de timides à

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après le suicide de Kurt Cobain, l'album bleu de Weezer était un baume pour les fans de rock alternatif en pleurs de leur leader blondinet disparu. L'immense succès ne se représentera pas avec l'opus suivant Pinkerton (1996) et encore beaucoup moins avec les albums qui suivront. Quoiqu'il en soit, l'album bleu demeure un incontournable du rock alternatif et certainement l'un des meilleurs albums parus dans les années 90. Titres clés : My Name Is Jonas, Buddy Holly, Say It Ain't So, Undone (The Sweater Song). 1. FLEETWOOD MAC – RUMOURS (1977) Ce groupe connut un succès planétaire sans commune mesure lors de l'année 1977 avec l'arrivée de l'un des albums les plus influants

de l'histoire de la pop rock, Rumours. Le succès, Fleetwood Mac l'avait déjà rencontré à la fin des années 60 et plus tard avec l'album éponyme Fleetwood Mac (1975). C'est dans l'ombre de Rumours que tout le reste de la discographie du groupe se retrouve ensuite malgré plusieurs efforts notoires dont Tusk (1979) ou Tango in the Night (1987). À noter que Rumours est le quatrième album le plus vendu de l'histoire de la musique. Titres clés : Dreams, Don't Stop, Go Your Own Way, The Chain, You Make Loving Fun.


Tout le monde flottait, mais tout le monde s’en foutait Par Karel Bélanger

Tout le monde flottait, mais tout le monde s’en foutait. Les humains étaient là, dans les airs, leurs membres rendus absolument inutiles et étrangers par l’apesanteur. C’était un truc qui était arrivé il y a des centaines d’années, et peu se souviennent qu’avant, les humains avaient les deux pieds bien ancrés au sol. On raconte que c’était une erreur humaine, celle d’un scientifique qui voulait guérir le cancer, et depuis, les humains flottaient. un paysage, une sorte de dessin inatteignable. CerLtains, e soltoutétaitsimplement, ne croyaient plus au sol. Même s’ils le

voyaient tous les jours, l’incapacité physique de le ressentir l’avait rendu intangible au même titre que le ciel, et le vide était maintenant le meilleur ami de l’humain, son confortable quotidien. Ils vivaient doucement, au rythme des vents doux et des tempêtes terribles. Ils étaient éveillés ou ils dormaient, ils discutaient avec ceux qui flottaient près d’eux, ils allaient à gauche et à droite sans s’en soucier, de toute manière ils n’y pouvaient rien. Le destin, comme un aigle, les avait pris sous son aile. Évidemment, une telle chose ne pouvait pas perdurer, comme chaque chose qui fut, elle était invitée à changer. Aussi, ne serezvous pas surpris si je vous dis que l’un d’eux n’était pas comme les autres. Un classique. Il y a les règles et il y a les exceptions. Celui-là était l’exception. Il ne pouvait pas supporter de flotter. Flotter était bien trop redondant, bien trop… vide. C’était l’explication à laquelle il en était venu. Tout ne pouvait pas être que vide, la preuve, les humains eux-mêmes n’étaient pas vides, et il conclut que s’il cessait de flotter, quelque chose de plein allait forcément arriver. Comme la pendule qui va et qui revient, le vide devait forcément faire place au plein, éventuellement. C’est alors que celui-là fit une chose que les humains avaient depuis longtemps oubliée. Une action dont la définition n’avait plus de sens depuis longtemps. Il plongea. Et dans sa chute, il amena tout le reste de l’humanité. Tous, tous se mirent à tomber, vers le haut ou vers le bas, personne ne savait, personne ne comprenait. Tout le monde criait. Mais plus personne ne s’en foutait.

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10 oeuvres d’artistes dans le parc du Campus-et-de-la-Cité Par Michel Lagacé, photos de Busque

Un retour sur l’exposition Détournement organisée par le regroupement d’artistes Voir à l’Est - Art contemporain. Les œuvres de 10 créateurs s’affichent à l’extérieur depuis le 4 septembre jusqu’à la fin d’octobre sur les supports de présentation du parc du Campus-et-de-la-Cité à Rivière-du-Loup.

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Je te veux, œuvre de Youri Blanchet

our ceux qui sont allés ou qui iront dans le parc urbain, les œuvres de ces artistes de la région (dont je fais partie) sont de grandes surfaces attractives. Jouant avec nos repères et nos émotions par leurs symboles, leurs images et le choix des médiums ou des procédés numériques, ces productions artistiques stimulent nos sens. Soit qu’elles nous provoquent, ou nous séduisent, et c’est aussi le rôle de l’art de nous faire réfléchir sur le temps, la politique, l’environnement, l’espace et l’existence. Au moment du regard, le temps s’arrête. Dans chacune de ces œuvres « une énigme ou une fulgurance », celle de l’artiste : comment le créateur (par sa manière de faire) a-t-il intégré dans l’œuvre le « détournement »? C’est à la fois le titre de l’exposition et le thème de la proposition de la commissaire Rébecca Hamilton, ce texte que l’on peut encore lire sur le présentoir central dans l’espace d’exposition ou sur le site de Voir à l’Est. L’ART PREND L’AIR Durant le vernissage du jeudi 4 septembre, et même après, les gens, nombreux, ont pu apprécier cette créativité qui prend l’air du temps... et aussi, rencontrer les artistes. Dans cette exposition, chaque œuvre attire le regard ou propose une impression singulière ou déstabilisante. L’art contemporain est l’art des détours, des détournements et aussi un art où les concepts en disent souvent plus... que ce que l’on voit au premier regard. Le sens se prolonge dans l’abstraction, dans l’affect ou dans la reconnaissance des figures autant que dans les messages ou les mystères des échafaudages visuels. L’art remet en question nos choix, nos habitudes, nos types d’espace... surtout dans ce contexte où il s’affiche telle une publicité sur des supports extérieurs.

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V C C M, œuvre de Michel Lagacé


Nature morte, œuvre de Jocelyne Gaudreau

À partir des manipulations numériques qui s’offrent à l’art, je dirais que plusieurs de ces œuvres sont une réponse inventive, ironique et même parodique au réel autant qu’au thème de cette exposition qui réfère au contexte historique du détournement dans l’art de la fin du XXe siècle. Par le détournement d’images de référence, par l’image dans l’image, par la fiction autant que par les procédés numériques, la manipulation génétique des plantes, les propositions existentielles, écologiques et politiques sont quelques-unes des réflexions abordées dans ces œuvres.

« Comment le créateur (par sa manière de faire) a-t-il intégré dans l’oeuvre le “détournement”? » Dans d’autres, on passe du labyrinthe minimaliste des nouvelles technologies jusqu’à l’effet pictural, ou du panneau signalétique à l’affiche détournée, du paysage né de la succession de photos à des textures propres à la peinture. Le bas relief, à la manière non numérique : l’arbre, la communication imprimée, la consommation excessive, la guerre font aussi partie de ce champ de réflexions rempli de clins d’œil au Pop Art ou à d’autres courants artistiques, même aux herbiers, à l’esthétique japonaise et au cinéma. La plupart de ces signes renvoient à la manière et à la production des artistes, jusqu’à l’introduction clandestine de leur visage pour certains, des fragments d’une autre de leurs œuvres ou des matières et certaines images pour d’autres. C’est une première initiative... où des artistes investissent les structures d’exposition de ce parc urbain. Un rendez-vous avec l’art actuel, dans ces présentoirs extérieurs, qui sera, on l’espère, renouvelé... Un dépliant que l’on peut se procurer au Musée du Bas-Saint-Laurent ou ailleurs en ville donne de l’information sur Voir à l’Est et l’exposition. Un catalogue numérique, incluant des photos et le très beau texte de la commissaire, vous en dira beaucoup plus sur les œuvres et leurs auteurs. À consulter en ligne sur le site www.voiralest.ca. Voir à l’Est a aussi une page Facebook, à aimer, pour vous tenir informé de ses activités. Artistes : Denis Beauséjour – Youri Blanchet – Louis-Pier Dupuis-Kingsbury – Fernande Forest – François Gamache – Jocelyne Gaudreau – Michel Lagacé – Raymonde Lamothe – Mona Massé – Sylvie Pomerleau

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Salon

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Entrevue

du 24 au 26 octobre au BEST WESTERN PLUS Hôtel Levesque

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Salon Pour Elles entrevue avec Amalgam-e Par Busque, photos de Louis-David Thériault

En prévision du nouveau Salon pour Elles, qui aura lieu du 24 au 26 octobre, j’ai rencontré deux entrepreneures de notre région pour comprendre le pourquoi du comment de ce nouvel évènement.  usque : Pouvez-vous vous présenter Bet nous introduire l’entreprise qui est responsable du Salon pour Elles?

Mona Simard : C’est Amalgam-e, une compagnie en gestion d’événements et en communication qui présente le Salon pour Elles. C’est la première édition cette année. C’est un salon qui a été créé justement pour les régions, car nous ne pouvions pas organiser juste un salon de la mariée ou juste un salon de la mère comme on trouve dans les grands centres. Ce sera donc un salon qui va toucher  : la retraitée, la graduée, la mariée, l’actuelle et la future maman, et la sportive. Amélie Dionne : C’est un rêve qu’on chérit depuis trois ans. Depuis que nous nous sommes associées, Mona et moi, pour créer Amalgam-e, nous avions en tête qu’un jour nous allions créer un salon pour la femme, dédié à la femme dans l’est de Québec. M.S. : À Rivière-du-Loup, il y a beaucoup

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d’humour, beaucoup d’affaires de boys : motocross, boxe, lutte, mais, des choses pour les femmes, il n’y en a pas. On a choisi de faire ça dans le mois d’octobre, car plusieurs d’entre elles sont veuves de Les Zimparfaites chasse. On va désennuyer ces Marie-Philippe Jean pauvres femmes pendant que leurs hommes brûlent leur « air lousse » avec populaire agence de stylistes Les Effrontés qui a accepté de venir pour donner des l’ultime sortie de filles! conférences sur différents sujets tels que « Les 9 vies de la petite robe noire », « L’affaire B. : Qu’est-ce qui va se passer au salon? est dans le sac », « Trop jeune pour avoir l’air vieux » ou « Les silhouettes de A à X ». M.S. : Beaucoup de choses! A.D. : Tout d’abord, on a des professionnels, des exposants qui seront là pour vendre leurs produits et services et les faire essayer. Nous avons aussi une programmation très étoffée. Nous avons même les filles de NourrissonsLait qui viendront faire le défi d’allaitement. Elles ont décidé de s’associer avec nous afin de réaliser ce défi annuel. Nous avons la

M.S. : Aussi, ces conférences sont offertes gratuitement. D’habitude, chaque billet pour ces conférences vaut entre 35 $ et 45 $, mais nous, nous l’offrons en cadeaux aux participantes grâce à la collaboration du centre commercial. A.D. : Nous avons aussi Les [Z]imparfaites, qui


sont deux mamans complètement « zinzin », des mamans de l’heure, deux blogueuses sur le site les www.imparfaites.com qui viennent de sortir un livre qui s’appelle Assez, c’est assez!. Donc, la superwoman, on n’en veut plus. Alors, la maman parfaite, il n’y en a pas et elles vont venir présenter leur livre en plus de donner deux conférences sur le blogue qu’elles entretiennent. Et finalement, MariePhilippe Jean, une jeune femme originaire de Rivière-du-Loup, qui a lancé les Miss Chic Tonique sur VRAK.TV, une émission très populaire auprès des ados. Elle et son acolyte sont des blogueuses santé. Elles donnent plein de conseils santé et beauté. Marie-Philippe sera au Salon pour donner deux ateliers de 75 minutes de remise en forme, le samedi et le dimanche (activités sur inscription). M.S. : La particularité de ce salon-là, c’est que les filles ne feront pas que ramasser des dépliants. Elles vont pouvoir essayer des choses, vivre des choses, faire du sport, se faire blanchir les dents, elles peuvent même avoir des injections de botox sur place. C’est un concept européen, c’est le salon réinventé! Aussi, les hommes sont bienvenus, en passant! Il n’y a rien pour les hommes comme tels, mais assurément que si un homme veut venir aider sa conjointe à trouver le décor pour leur mariage ou s’il veut se faire blanchir les dents, il sera le bienvenu!

B. : Pour les enfants et les ados, est-ce qu’il y a des activités?

Il y a une rumeur confirmée : les filles sont en train d’acquérir le Salon de l’habitation et du plein-air qui sera, pour la 11e édition, un salon 2.0, soit une édition revampée aux couleurs d’Amalgam-e!

A.D. : Il y aura comme on disait les Miss Chic tonic et il y aura aussi une garderie sur place. La garderie est gratuite. L’entrée est 10 $, ou 20 $ pour la fin de semaine mais une fois à l’intérieur, tout est gratuit, les conférences, les activités, etc.

« Les finalistes ont été retenues par un jury et ensuite ce sera la population qui pourra voter pour la gagnante. » B. : Est-ce qu’il y a un concours? A.D. : Oui, le concours de la femme exceptionn’elle! On a lancé ce concours en parallèle pour rendre hommage à une femme d’exception, peu importe la raison, que ce soit pour avoir relevé un défi, une maladie.

Ce n’est pas elle-même qui posait sa candidature, mais bien quelqu’un de son entourage. Nous avons reçu des candidatures très variées. Ce fut très touchant de lire les mises en candidature. Nous avons retenu trois finalistes. M.S. : Les finalistes ont été retenues par un jury et ensuite ce sera la population qui pourra voter pour la gagnante. B. : Est-ce qu’Amalgam-e a d’autres projets? A.D. : Beaucoup de projets! Nous, ce que nous voulons vraiment pour le futur, c’est produire nos événements. Oui, on veut garder la clientèle que nous avons déjà, nous en sommes très fières, ça dépasse nos attentes! Cependant, le but serait de gérer quatre à six événements majeurs, d’envergure, par année. La façon de créer nos événements, maintenant, c’est de les rendre exportables. Par exemple, le concept du Salon pour Elles, on peut l’amener au Nouveau-Brunswick demain matin.

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Projet 1 de 2 Photo de Mar Y Sol Modèle : Richard Viel 25


2 jours d’action pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes Par Améli Beaulieu, Centre-Femmes du Grand-Portage

Chaque année, du 25 novembre au 6 décembre, le mouvement des femmes au Québec souligne les 12 jours d’action pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Pourquoi ces 12 jours spécifiquement ?

L

« Il est primordial de continuer la prévention et de parler de violence à l’égard des femmes, car les femmes sont toujours victimes de violence parce qu’elles sont des femmes. »

e 25 novembre représente la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. C’est le 17  décembre 1999, que l’ONU proclamait le 25  novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, rappelant que cette violence est un obstacle sur la voie de l’égalité, du développement et de la paix. Le 6 décembre (Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes) marque la commémoration du massacre de l’école Polytechnique survenu le 6 décembre 1989. Cette année, la campagne marquera le 25e anniversaire de cette tuerie.

Dans le cadre de ces 12 jours, de nombreuses actions sont organisées dans toutes les régions du Québec afin de sensibiliser la population au phénomène de la violence faite aux femmes. C’est également l’occasion de demander des engagements concrets de la part des gouvernements provincial et fédéral pour éliminer cette triste situation qui perdure malgré les avancées notables des droits des femmes au Québec et au Canada. Il est primordial de continuer la prévention et de parler de violence à l’égard des femmes, car les femmes sont toujours victimes de violence parce qu’elles sont des femmes! Il faut continuer de lutter pour l’égalité réelle et pour faire cesser la violence! Trois objectifs principaux sont mis de l’avant

par cette campagne : 1. célébrer les luttes quotidiennes des femmes au Québec et dans le monde; 2. déconstruire le mythe de l’égalité atteinte et affirmer la poursuite nécessaire des luttes pour une réelle égalité; 3. démontrer les répercussions du geste de Marc Lépine dans la société québécoise. Rappelons que la violence envers les femmes désigne l’ensemble des comportements violents, individuels ou collectifs, fondés sur le genre. D’ailleurs, les instances internationales reconnaissent l’existence de discriminations systémiques envers les femmes. La Déclaration de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes affirme que : «  la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force

i

Les elucubrations de William Smith Le ramone heur es s’est éteint après qu’il eut terminé son ra mone âge.

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historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes, et qu’elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes. »

La violence envers les femmes est une violation de droits humains. Conséquemment, les autorités n’ont d’autre choix que d’intervenir en tenant compte de la spécificité de cette problématique et des différentes formes de victimisation vécues par les femmes. Notre but collectif est de pouvoir garantir à toute femme l’exercice effectif de son droit à la sécurité et à vivre dans une société sans violence. Le 6 décembre prochain, toute la population est invitée à porter le ruban blanc afin de signifier que la violence envers les femmes doit cesser et souligner leur solidarité envers les femmes. Si vous désirez plus d’informations rendezvous sur le site Web de la campagne (12joursactioncontrelaviolence.ca) ou informez-vous auprès du Centre de Femmes le plus près de chez vous.


Appel aux artistes

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C’est partout, même à Rivière-du-Loup!

MadameB : chronique de bibliothèque Par iSabelle Moffet

La Semaine des bibliothèques publiques du Québec est célébrée chaque année depuis maintenant 16 ans durant la troisième semaine d’octobre. L’édition 2014 soulignera tout particulièrement le rôle social des bibliothèques publiques et aura pour thème : Plus qu’un lieu, un rendez-vous! Fortes de l’évolution qu’elles ont connue au cours des dernières années, les bibliothèques publiques font aujourd’hui figure de pierres angulaires dans leurs communautés. Grâce à une offre de services novateurs et diversifiés, elles rassemblent plus que jamais jeunes et moins jeunes tout près de chez eux! municipale FrançoiseÀBédard ladebibliothèque Rivière-du-Loup, on souligne cette

Nouvelle activité mise en place pour les jeunes à la bibliothèque. Une heure du conte spécialement conçue pour les 6 à 10 ans, sous le thème de l’Halloween. Les jeunes seront conviés à écouter une histoire, y participer, faire un bricolage et une activité spéciale en bibliothèque! Il faut inscrire vos « grands monstres de 6 à 10 ans »… les places sont limitées!

semaine spéciale chaque année par diverses activités, pour tous les goûts et toutes les clientèles. Vous trouverez sans doute de quoi stimuler vos neurones, ouvrir vos horizons littéraires ou simplement stimuler votre envie de lecture à l’intérieur de la programmation de cette semaine, du 18 au 25 octobre 2014. LIRE AVEC L’OREILLE! Mardi et mercredi 21 et 22 octobre, 10 h à 11 h 30 Moment parfait pour découvrir les livres audio et leurs attributs. Divers types de livres audio vous seront présentés, des explications sur l’utilisation et toutes les réponses à vos questions seront au menu de ces deux matinées où la bibliothèque vous offre café et muffins. Activité gratuite! VENTE ANNUELLE DE LIVRES À 1 $ LA LIVRE Vendredi 24 octobre, 16 h à 20 h et samedi

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25 octobre, 10 h à 16 h Comme chaque année, au deuxième étage de la Maison de la culture, la bibliothèque met à votre disposition, pour la modique somme de 1 $ la livre de livres, tous les documents élagués de la collection dans la dernière année. Revues, documentaires, romans, bandes dessinées, livres jeunesse, etc., tout cela à un prix dérisoire! Venez bouquiner! L’HEURE DU CONTE… pour les grands! Samedi 25 octobre, 13 h à 15 h (6 à 10 ans, 5 $ par enfant, sur inscription, places limitées)

Inscription : 418 862-4252 ou 418 867-6668 AMNISTIE DES FRAIS DE RETARD Du 18 au 25 octobre Vous avez des livres en retard? Ça vous gêne de venir payer vos frais? Ne vous en faites pas, pendant la Semaine des bibliothèques publiques du Québec, on fait plaisir à nos usagers à la bibliothèque FrançoiseBédard et on paie vos frais! Passez nous voir avec vos documents en retard ou parlez avec les préposées du comptoir du prêt pour régulariser votre situation…gratuitement! On espère vous voir en grand nombre à ces activités!


Je veux tout... Par Nadine Pelland

Dans ma vie, il m’est arrivé souvent et il m’arrivera encore de me retrouver face à un carrefour. D’avoir à prendre une décision, à faire un choix. Et même si, de nature gourmande, j’ai envie de dire comme dans la chanson « je veux tout... », la réalité est souvent bien différente. La plupart du temps, choisir d’aller à gauche implique nécessairement de NE PAS aller à droite. Et je resterai toujours dans le doute de savoir ce qui serait arrivé à droite... finalement! Bref, ça peut être très angoissant de faire un choix!

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'entrée de jeu, je me dis que je n'ai aucune manière de savoir si le choix que je vais faire est LE BON. Y a-t-il un bon choix? Comment en être certain? Dans les faits, on ne le saura jamais, puisqu'on ne peut savoir ce qui nous serait arrivé si on avait choisi l'autre chemin! C'est là qu'intervient le « advienne que pourra! » qui nous aide à lâcher prise. Alors, laissons cette préoccupation du « bon choix » de côté, et appuyons plutôt notre décision sur d'autres barèmes. Le premier barème que j'utilise, c'est celui de la priorité de l'instant présent. C'est clair que si je meurs de faim, mes choix seront moins orientés sur l'actualisation de soi, et plus sur quelque chose qui peut me nourrir! Mais je conjugue ce barème avec celui que j'appelle « suivre ma voie », prendre des décisions qui m'aideront à m'approcher de mes objectifs de vie. Il importe donc, dès maintenant, d'apprendre à bien me connaître et d'assumer ce que je suis, et d'identifier mes priorités de vie. Et là, je devrai me poser la

« Même si je sais que mes proches et mes amis souhaitent me protéger, il arrive parfois qu’ils aient envie de décourager certains de mes choix, parce que ça leur fait peur, par amour pour moi. » question: est-ce que je peux me permettre présentement de suivre ma voie ou dois-je plutôt assumer l'instant présent? Parfois pas simple à déterminer! Même si je sais que mes proches et mes amis

souhaitent me protéger, il arrive parfois qu'ils aient envie de décourager certains de mes choix, parce que ça leur fait peur, par amour pour moi. Et moi-même, il arrive que je me sente plus en sécurité dans le confort de mon petit « connu » et que je n'ose pas aller de l'avant. Il importe de bien identifier ces éléments qui viennent influencer mes choix et d'en tenir compte, bien sûr, mais à la toute fin, quand l'ensemble de mon analyse est fait! Finalement, s'il peut parfois être stressant de faire des choix, je considère qu'il est encore plus exigeant émotivement de tergiverser, d'hésiter, et finalement de piétiner! Il ne sera jamais trop tard pour reprendre une autre direction! Je me fais un peu confiance, que diable, et j'arriverai bien à réagir et à réorienter mon action, et entretemps, j'aurai vécu une nouvelle expérience qui me fera différente. « Vint un temps où le risque de rester à l'étroit dans un bourgeon était plus douloureux que le risque d'éclore. » (Anaïs Nin).

Samedi matin, je me suis fait réveiller par le cadran; j’allais chercher des pommes à Cap-Saint-Ignace avec une amie. J’avais très envie de cette petite balade, et aussi d’avoir mes pommes, mais j’avoue que lorsque le cadran m’a sortie de ma torpeur, j’ai bien regretté de ne pas avoir un petit matin « grasse matinée ». Mais bon, je m’étais engagée, alors debout! J’ai constaté en arrivant en bas, qu’il pleuvait, qu’il ventait et qu’il faisait froid. Brrr… J’aurais préféré un autre climat pour la route, mais ce n’était pas si grave, compte tenu qu’on ne «cueille» pas nos pommes. En route pour aller retrouver mon amie, j’ai entendu une chanson qui m’a grandement marquée. La chanson, c’est Roberto, de Pat Groulx. Il s’agit d’un hommage à un immigrant qui, de par son travail ardu et sa joie de vivre, a beaucoup inspiré Patrick Groulx, lorsqu’il travaillait dans un restaurant de la rue St-Laurent. Si cette chanson m’a marquée, c’est entre autres quelques phrases, du genre : « je nous entends “chiâler” qu’on a un cheveu dans notre assiette, je pense à toi Roberto, qui se serait contenté des miettes ». Cette chançon m’a rappelé une chose très importante, que je crois que j’avais eu tendance à oublier dans les derniers mois : je suis CHANCEUSE. Oui. J’habite un pays qui n’est pas en guerre, nous vivons dans l’abondance, j’ai des amis, une famille, un travail que j’adore. Oui je me suis levée tôt samedi matin, mais c’est pour faire une belle activité, pour mon plaisir! Certains, ici ou ailleurs, se lèvent tôt pour des raisons bien moins agréables! Oui, il pleut, il vente, bientôt il neigera et on aura froid! Mais certains n’ont même pas de manteau ou de souliers pour assumer leur climat, d’autres encore ne peuvent sortir dehors, à cause de la maladie, de la guerre, ou d’autres raisons…

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Je vis dans 10 m 2 chronique voyage

Par Catherine Bourgie

Je vis dans 10 m². Ma salle de bain colle à mon lit et mon lavabo à vaisselle sale se retrouve ‘‘drette’’ dans ma face quand je dors. Ma chambre est également ma cuisine, mon bureau, mon sous-sol, ma commode et mon salon. Sans oublier mon lit qui est aussi ma table de cuisine. Heureusement, il y a tout de même une porte pour séparer les toilettes des autres « pièces ».

J

e vis dans 10 m² avec un autre humain. Parfois, la cohabitation s’avère difficile. Vivre dans un endroit restreint, ça amène des situations potentiellement plus ou moins divertissantes : des bobettes sales sans le linge propre, devoir chanter une comptine quand l’autre va aux toilettes, avoir des parties de l’anatomie dans le repas de l’autre ou des miettes et grenailles qui naviguent dans les draps. On finit toujours par trouver des compromis et de nouvelles techniques ingénieuses pour créer de l’espace là où il n’y en a pas. Mais bon, on n’a pas vraiment le choix, l’autre humain, c’est mon chum.

« Même notre tiroir à cossins déborde de cossins. » Je vis dans 10 m² et c’est toujours le bordel. Recyclage qui déborde parce que tel État ne recycle pas vraiment. Vêtements sur le sol un peu partout parce qu’on ne sait pas ce que ça veut dire « rangement ». Même notre tiroir à cossins déborde de cossins. Parce qu’on ne sait pas encore, après 7 mois, différencier l’utile de l’inutile. Je vis dans 10 m² et je me rends compte que j’ai beaucoup trop de choses inessentielles à mon existence. Des objets accumulés. Des souvenirs. Une lampe? Et d’autres choses simplement amenées inutilement, comme les 3 pots d’aspirines ou les 6 tasses à café. En voyage, on se rend compte qu’on n’a pas besoin de 6 tasses pour être heureux (sauf quand on brise sa tasse préférée). Je vis dans 10 m² depuis 7 mois. J’ai connu des grands froids et la chaleur aride du désert, les fuites du toit pendant les orages, les grands vents de mer qui font siffler les fenêtres. 20 000 km a été parcouru dans mon 10 m². Je sens que parfois mon Ford 84 est trop petit pour mes aventures, mes souvenirs et mes pensées. Il me faut de l’aération. Heureusement, il y a tout le reste, tout ce qu’il y a à l’extérieur. Le soleil dans les yeux, la nature inexplorée, des gens extraordinaires, des rencontres surprenantes, des paysages majestueux. Des expériences de vie surtout. Je vis dans 10 m² et ça en vaut la peine.

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Par Stéphanie Lavoie

« C’est des chemins pour les mots qui sont tout mélangés dans le cerveau! » Voilà la définition de la dysphasie faite par un jeune de 9 ans dont le jeune frère est atteint de dysphasie. Celle de l’Association québécoise de la dysphasie, regroupement provincial, est  : « Trouble primaire du langage, dans les sphères expressive ou expressive et réceptive, qui s’observe par des atteintes variables affectant le développement de plus d’une composante du langage :

S’exprimer devient très ardu puisque la personne n’a pas d’ordre dans son récit. Pour bien la comprendre, on doit utiliser des pictogrammes afin de lui poser des questions comme  : «  Où et quand est-ce arrivé?  », « Qu’est-ce qui s’est produit? », « Avec qui? » et « Quelle est la conclusion? Était-ce amusant ou désagréable?»

-phonologie [production des sons] -morphologie [formation des mots : préfixes, mots de même famille, accords]; -syntaxe [construction de phrases/ ordre des mots]; -sémantique [sens et vocabulaire] -pragmatique [pourquoi et comment on communique]. »

« S’il ne comprend pas, il doit réussir à faire comprendre ce qu’il ne comprend pas. C’est tout un casse-tête. »

Dans la vie de tous les jours, une personne atteinte de dysphasie a de la difficulté à bien comprendre une consigne ou une question aussi simple que : « est-ce que tu veux du jus ou du lait? ». Généralement, l’enfant va répéter le dernier mot entendu donc, il dira du lait ou quelque chose qui sonnera ainsi, même s’il souhaite avoir du jus. Ce qui, à la longue, va finir par le contrarier et le faire réagir, mais il ne saura pas comment l’exprimer.

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La dysphasie est généralement diagnostiquée avant l’entrée en milieu scolaire. Le parent va aller consulter parce que son enfant ne saura pas se faire comprendre par des gens à l’extérieur de la maison, aura son propre langage ou ne saura dire que quelques syllabes par mot ou encore que quelques mots sans phrase complète.

?

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*la Comprendre dysphasie

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Pour l’enfant dysphasique, c’est difficile tous les jours tant sur le plan scolaire que social. Sur le plan scolaire parce qu’il doit travailler plus fort qu’un autre élève pour essayer de comprendre ce qui est demandé par son enseignant. S’il ne comprend pas, il doit réussir à faire comprendre ce qu’il ne comprend pas. C’est tout un casse-tête. Sur le plan social, il ressemble physiquement à tous les autres jeunes de son âge. Par contre, dès qu’il essaie de s’exprimer, ça devient source de plaisanterie. Il se referme donc sur lui-même. Il perd toute confiance en lui et n’arrive plus à s’apprécier en tant que personne. À l’adolescence, le parcours n’est pas plus facile. Le jeune passe du primaire au secondaire. Il va devoir affronter de nouveaux défis de compréhension et d’expression. C’est un stress énorme pour lui ainsi que pour les parents. L’apprentissage est toujours aussi ardu. Le jeune peut avoir besoin d’adaptation et même de modifications sur le plan scolaire. S’il s’adapte bien à l’école, il pourra poursuivre ses études au cégep et à l’université. Par contre, s’il y a modification scolaire, les portes se referment sur lui. Il ne pourra pas suivre


une formation dans laquelle il pourrait exceller juste parce qu’il a besoin d’aide particulière. À l’âge adulte, c’est dans la recherche et la stabilité d’emploi où il y a tout un défi. Dans la recherche puisqu’il doit passer des entrevues et, comme la compréhension, l’expression et même le sens de certains mots sont difficile pour lui, ça peut poser de grands problèmes lors de sa présentation. Pour ce qui est de la stabilité, bien des portes se seront fermées au secondaire pour bien des gens atteints de dysphasie plus sévère et ils ne seront possiblementne jamais en mesure de trouver l’emploi où ils pourront être bien. Par contre, le jeune qui aura pu faire son cheminement à son rythme et qui saura terminer la formation qu’il souhaite vraiment faire sera un employé fidèle et très attentionné. Au Québec, le taux de personnes atteintes de dysphasie ou de trouble langagier est très important. Le degré vari de léger à sévère, ce qui fait que c’est plus flagrant pour certains que pour d’autres. Nous sommes chanceux, nous avons l’Association québécoise de la dysphasie qui peut venir en aide de diverses manières à ces personnes et à leur entourage. Dans notre région, cette association se nomme Association québécoise de la dysphasie, région Bas-St-Laurent et se situe au 299, rue Lafontaine, bur. 206, à Rivière-du-Loup. Vous pouvez consulter le site Web : associationquebecoisedysphasiebsl.org

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La démocratie s’invite à Sainte-Blandine/ Mont-Lebel Texte et photos par Frank Malenfant

Le 24 septembre dernier se tenait une deuxième consultation citoyenne pour le district de SainteBlandine/Mont-Lebel à Rimouski. Cette consultation citoyenne faisait suite à une première, qui avait attiré 80 personnes et qui s’était tenue le 30 avril 2014 à l’initiative de Dave Dumas, conseiller municipal pour le district. Cette deuxième consultation avait pour but de permettre la priorisation des actions suggérées lors de la rencontre précédente pour le district. C’est alors un peu plus de 40 citoyens de tous âges qui se sont réunis ce mercredi soir pour discuter et prendre position sur les dossiers prioritaires.

L

a seconde rencontre a été préparée en collaboration avec un comité citoyen, formé de M. Dumas et de quatre bénévoles : Chantale Dumont, Isabelle Bégin, Lucie Poirier et Olivier Côté. Après une brève rencontre d’introduction, les citoyens ont été invités à prendre place à

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l’une des cinq tables auxquelles était associé un thème chacune : participation citoyenne, aménagement du territoire, économie, qualité de vie communautaire et milieu de vie à partager (environnement). Les points à prioriser dans chaque catégorie étaient alors discutés par les citoyens de chaque table : pannes d’électricité récurrentes, résultats de la

fusion avec Rimouski, signalisation, avenir de l’église et de la pharmacie du village, création d’un conseil de quartier, développement résidentiel, départ prochain du seul médecin de famille, revitalisation de Val-Neigette, etc. Par la suite, les participants de chaque table ont été appelés à cocher leurs trois priorités et les priorités retenues par la majorité ont


Cette activité démocratique d’une grande rareté a visiblement atteint son objectif de mobilisation citoyenne. Je me sens très privilégié d’avoir pu y assister en tant que spectateur. J’ai alors profité de ma présence pour poser quelques questions aux organisateurs. Frank : Quel était, pour vous qui êtes un élu municipal du district, l’objectif de cet exercice? Dave Dumas : La première chose, c’est la participation citoyenne. Pour que les citoyens puissent s’impliquer dans leur milieu et pour favoriser le lien avec les autorités municipales. C’est aussi pour les informer, par le fait même. F. : Croyez-vous que c’est le rôle d’un élu municipal de faire participer ses citoyens autant que possible? D. D. : Oui. Aussi, ce que j’aime faire, c’est de travailler avec les gens. Mon but principal c’est, avec le Comité citoyen, de ne plus être tout seul, de plutôt travailler avec eux. C’est

ça que j’adore. C’est ce qu’il faut. F. : Combien de fois vous êtes-vous rencontrés pour préparer cette soirée? D. D. : Nous nous sommes rencontrés une dizaine de fois minimum. Olivier et Isabelle ont une petite fille alors nous nous sommes souvent rencontrés chez eux, dans le salon. Nous avons fait la rédaction des documents pour la soirée ainsi que toute la communication, les communiqués de presse. C’est avec eux que j’ai fait tout ça. F. : En tant qu’élu, ce qui a été discuté ce soir devient, d’une certaine manière, votre mandat de faire avancer ces points. Comment voyez-vous cela? D. D. : Je pense qu’un conseiller municipal ne peut pas faire avancer tous les dossiers tout seul. C’est avec les gens que ça se passe. Alors, pour moi, c’est surtout ça. Lorsque les gens me disent que c’est ce qu’ils veulent, alors on va dans ce sens. F. : Est-ce aussi un bon moyen de mobiliser les citoyens, de les impliquer? Comité citoyen  : Ça permet aussi de connaître la vraie demande. Tous les points présents sur le tableau viennent d’eux. Quand nous avons travaillé ensemble, nous avons fait très attention au vocabulaire, à la formulation et au sens des mots sur les cartons de manière à respecter leurs paroles. Il faut vraiment que ça vienne d’eux, pour ne pas qu’on dise que c’est le Comité qui a écrit ces points. Il fallait qu’ils puissent se dire : « oui, c’est moi qui avais dit ça le 30 ». Nous avons aussi fait attention à ce que toutes les propositions soient formulées de manière positive et non négative.

« Ça permet aussi de connaitre la vraie demande. Tous les points présents sur le tableau viennent d’eux. Quand nous avons travaillé ensemble, nous avons fait très attention au vocabulaire, à la formulation et au sens des mots sur les cartons de manière à respecter leurs paroles. » v

été exposées par un porte-parole devant toute l’assemblée. En plus de mandats et d’attentes claires passées par les citoyens à leur élu municipal, cette activité à surtout eu pour effet de mobiliser les citoyens pour agir dans le bien de leur communauté. Le comité citoyen a accueilli de nouveaux membres et d’autres comités se sont formés : développement résidentiel, optimisation des structures existantes, création d’un événement touristique annuel et d’un groupe de pression pour obtenir un successeur au médecin de famille qui partira à la retraite. Des idées très intéressantes pour revitaliser le milieu, l’économie et le tourisme ont été lancées, dont un camping près du terrain de golf et de Val-Neigette ainsi que des sentiers piétonniers et cyclables reliant ces lieux aux services de Sainte-Blandine.

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Quand la bipolarité s’en mêle!

Trouvez l’harmonie sexuelle au sein de votre couple Par Nadia Desbiens St-Pierre, sexologue, 418-292-7077 photo de Julien Martin

Vivre en couple est plus facile à dire qu’à faire. Les hauts et les bas font naturellement partie du quotidien des gens qui s’aiment et, quoi que l’on dise, personne n’en est exempté! Alors, imaginez ce que cela peut être lorsqu’on vit avec un trouble bipolaire ou que l’on partage son lit avec une personne qui le vit. Malgré les montagnes russes, il est possible de trouver une certaine stabilité lorsqu’on sait apprivoiser l’imprévisible. Dans cet article, il sera question d’aborder principalement l’aspect sexuel compte tenu de la complexité de cette problématique.

L

e trouble bipolaire touche environ 1 % de la population, autant les hommes que les femmes. Il se présente par des changements d’humeur exagérés passant par la phase maniaque, la phase dépressive et parfois les deux. La phase dite maniaque peut amener son lot d’inconvénients. Le plus souvent, la libido est accentuée et le plaisir sexuel est intensifié. En fait, l’attitude de la personne peut être modifiée durant cet épisode. Par exemple, une personne plus réservée naturellement sur le plan sexuel peut devenir hypersexualisée. Il arrive que la personne éprouve beaucoup de difficulté à planifier ou maîtriser ses comportements, ce qui peut l’amener à avoir, entre autres, des pensées sexuelles accrues, des pratiques sexuelles à risque, des relations intimes avec le premier venu, de nombreux partenaires, etc. Il peut en résulter la contraction d’une ITS, d’une grossesse non désirée, etc. En couple, il n’est pas évident pour l’autre de suivre la cadence et cela peut même devenir désagréable. Quant à la phase dépressive, le désir sexuel a tendance à s’estomper. Toutefois, certaines personnes vont voir leur libido augmenter inexplicablement bien qu’elles se sentent abattues. Cet épisode peut occasionner une perte d’estime de soi. Alors, la personne peut se dévaloriser, ne plus prendre soin d’elle, ne plus faire attention à son image, ainsi donc, ne plus faire d’effort pour être attirante aux yeux de son ou sa partenaire. Peut s’ajouter à cela des initiatives sexuelles limitées, un manque d’intérêt envers l’autre, une impuissance sexuelle probable, etc. Par conséquent, le ou la partenaire peut ressentir un sentiment d’abandon, de rejet et avoir aussi l’impression

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d’être inintéressant(e) ou indésirable. La médication peut avoir des répercussions non négligeables sur la vie intime, par exemple, diminution/absence de libido, trouble de l’orgasme, dysfonctions érectiles, difficulté à éjaculer, etc. Le trouble bipolaire peut affecter notamment la performance, la satisfaction sexuelle, l’érotisme, la fantasmatique sexuelle, l’expression adéquate de ses besoins, la communication, la perception de sa masculinité/féminité, la dynamique de couple, etc. Voici quelques suggestions qui vous permettront de vous ajuster afin d’être bien ensemble. En période maniaque : • Le désir sexuel de la personne bipolaire s’accroît, alors il peut être bon de planifier ensemble des moments intimes, par exemple, le mardi, le vendredi et le samedi. Ainsi, celle-ci saura qu’il y aura des rapprochements certains à ces moments. Conséquemment, elle sera plus patiente et ses demandes seront moins pressantes. • Le recours à la masturbation peut pallier un besoin sexuel plus grand. En période dépressive : • Ce sera peut-être à l’autre partenaire à faire davantage les premiers pas, en y allant graduellement et progressivement, tout en lui servant de guide dans ce que vous aimez. De cette façon, votre conjoint(e) se sentira accompagné(e) et ce qui lui semblait une montagne deviendra plus facile avec le temps.

Ainsi, la période d’adaptation se fera plus aisément. En fait, l’appétit vient en mangeant! • Misez sur les massages, caresses, baisers, accolades, etc. Le contact physique est très important pour maintenir le lien amoureux. Plus vous êtes touchés, plus vous aurez envie d’être touché. L’inverse est aussi vrai. • Pour les relations intimes, privilégiez un moment de la journée où votre partenaire se sent un peu moins fatigué. • Enlevez la pression d’avoir des relations sexuelles à tout prix. • La spontanéité est importante. Misez sur le moment présent. Si vous prévoyez des rapprochements ou relations sexuelles, il est possible que cela soit une pression supplémentaire pour votre conjoint(e) qui peut percevoir cela comme un gros objectif à atteindre et, par le fait même, faire disparaitre tout intérêt et motivation. En couple • Il est important que vous fassiez part de vos sentiments par rapport à l’état de votre partenaire bipolaire et qu’il ou elle fasse de même envers vous. Il se peut que votre conjoint(e) ne soit pas conscient(e) que la bipolarité qu’il ou elle vit vous affecte tout autant. En parler vous aidera à évacuer les frustrations, faire part de vos besoins mutuels et faire des concessions temporaires pour vous ajuster mutuellement un jour à la fois. Cela favorisera aussi la proximité au sein de votre couple. Que vous ou votre partenaire viviez avec un trouble bipolaire, je peux tous les deux vous aider à trouver des moyens adaptés à votre réalité pour enfin trouver l’harmonie!


La morale du Texto Chronique du dimanche matin Par Busque

ntact du o c le i s e « Comm ène son lot m a e c a f à face e à une c a f é it r é c de sin antielle. » t s b u s n io t ac

Je me suis chicané avec une bonne amie tout récemment sur un sujet sensible. Ce n’était pas la fin du monde. Par contre, j’ai reçu des excuses par texto, d’où mon questionnement sur cette façon de procéder pour régler un conflit humain.

O

n dirait que par texto, et même par téléphone, les excuses sont moins importantes, moins bien reçues, qu’elles sont envoyées un peu dans le vide virtuel et ne demandent pas de faire face à la situation. Comme si le contact du face à face amène son lot de sincérité face à une action substantielle. Peut-être que j’exagère, et que la façon de faire n’est pas importante tant que le message se rend. Par contre, cette réflexion me mène au questionnement suivant : est-ce qu’au bout du compte tous les modes de communication se valent pour discuter de choses délicates?

Certains messages ne devraient-ils pas être faits par texto ou téléphone, comme rompre un couple, annoncer à ses parents la venue d’un enfant ou bien apprendre le décès d’un ami, à moins, bien sûr, que la distance soit un vrai obstacle? Je n’ai pas la réponse exacte, car se sont des questions d’éthique. Dans cette ère de technologie, j’ai parfois l’impression qu’on s’éloigne du vrai, du tangible. Certes, la technologie a ses utilités, mais les traditions inhérentes à l’humain doivent prévaloir, surtout sur des

questions sociales qui demandent sensibilité, authenticité et qui font finalement partie de moments importants dans nos vies, même ceux qui sont malheureux. On peut faire le parallèle avec le livre et les tablettes ou bien avec une visite virtuelle d’un parc et aller se promener au parc. Au fond, je crois que chacun de nous doit se dresser une limite morale de l’importance qu’il accorde aux moyens de communication 2.0 et à la technologie. Sinon, nous deviendrons nous-mêmes des robots sans émotions et sans compassion. J’exagère là!

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Les Albatros

du Cégep de Rivière-du-Loup 1987-1991

|Archives|

Par Daniel Plante

Il y a quelques semaines à peine, le Club de hockey les Albatros du Collège Notre-Dame de Rivièredu-Loup disputait le dixième match d’ouverture de son histoire dans la Ligue de hockey Midget AAA du Québec. Lors de cette soirée, les Commandeurs de Lévis gâchèrent la soirée d’ouverture de l’équipe locale en remportant la partie par la marque de 4 à 2. Cependant, il faudrait rappeler que la dénomination « Albatros » possède des origines antérieures à 2005 puisque deux équipes portant ce nom à Rivière-duLoup ont évolué respectivement dans la Ligue Junior B du Bas-Saint-Laurent (1968-1985) et la Ligue de Hockey Collégial AA (1987-1991). Dans le présent article, nous vous présenterons l’histoire de la seconde; les Albatros du Cégep de Rivière-du-Loup.

S

uite à l’interruption des activités de la Ligue junior du Bas-Saint-Laurent en 1985, M. Gaétan Saint-Pierre sollicite l’autorisation des dirigeants du Cégep de Rivière-duLoup pour entreprendre les démarches qui

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permettraient à l’établissement d’intégrer le hockey AA à son programme intercollégial. L’année suivante, le processus est enclenché avec la structure du Hockey Junior B afin d’orienter les énergies du milieu vers le

Hockey Collégial AA. Ainsi, le Collège et la Corporation des Albatros, qui dirige les destinées de l’équipe depuis 18 saisons, concluent une entente afin de former une équipe de hockey de calibre collégial.


Trois représentants du Cégep se joignent alors aux Albatros : messieurs Jacques Labrecque, Claude Defoy et Gaston Saint-Pierre. À ce moment (1986), la Corporation du club de hockey est composée de madame Diane Saindon, de messieurs Jean-Claude Lepage, Maurice Roy, Marcel Lavoie, Henri Hodgson, Yves Thériault et Yves Roussel (président). Outre Rivière-du-Loup, le Collège NotreDame-de-Foy, le Séminaire Saint-Georges de Beauce, les cégeps de Rimouski et de La Pocatière sont pressentis pour former la nouvelle ligue de hockey. Au mois de mars 1987, les administrateurs dévoilent le gérant et les entraîneurs de l’organisation  : Yves Thériault (gérant), Jacques Labrecque et Guy April (entraîneurs). On présente également lors d’un point de presse le budget d’exploitation pour la saison 1987-1988. Ledit budget, alors de 40 000 $, sera principalement affecté à l’achat d’équipement, à l’encadrement général de l’équipe, au transport, à l’administration des opérations et à la promotion. L’équipe est gérée sur une base d’autofinancement. Au cours des saisons, les revenus proviennent notamment des recettes enregistrées lors de la présentation des rencontres, de la Loto Albatros 500, du tournoi de golf de l’équipe, sans oublier l’implication de commanditaires. Lors de la saison 1987-1988, les Albatros du Cégep de Rivière-du-Loup disputent 24 parties en saison régulière. Par conséquent, les hockeyeurs de Rivière-du-Loup affrontent chacune des autres formations de la ligue à

l’équipe, les administrateurs développent deux nouvelles sources de financement lors de la saison 1990-1991 : Opération Nez rouge et Tournoi provincial de hockey Midget. Malheureusement, l’effondrement de la Loto Albatros et la désaffection des commanditaires ont annihilé ces efforts. L’avenir de l’organisation s’annonce incertain malgré l’élaboration d’un plan de redressement budgétaire.

« Cependant, lors des saisons subséquentes, les Albatros accumulent un déficit risquant de les conduire vers des difficultés financières irréversibles. »

Le 12 septembre 1991, les Albatros mettent officiellement un terme à leurs activités de hockey dû à un manque d’effectif au niveau des joueurs. Ainsi, l’aventure collégiale n’aura duré que quatre saisons (1987-1988 à 19901991).

huit reprises : Rimouski, Saint-Georges de Beauce et La Pocatière. À ce nombre, viennent s’ajouter les rencontres hors-concours et les matches des séries éliminatoires. Le hockey collégial des Albatros prend alors son envol. Cependant, lors des saisons subséquentes, les Albatros accumulent un déficit risquant de les conduire vers des difficultés financières irréversibles. Il faut dire qu’au cours de cette période, l’équipe a enregistré de constantes baisses de revenus, notamment au niveau de la Loto Albatros 500. Pour pallier la situation financière précaire de

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Comment ennuyer les enfants

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Par Charles Eisenstein, traduction de Louis-Philippe Thouin, illustration par Roxane Rose

Voici comment développer l’ennui chez un enfant : tout premièrement, gardez-le à l’intérieur de sorte que la nature dans toute sa grandeur, ses variations sans fin et son désordre chaotique soient remplacés par un monde où règne ce qui est bien défini, ordonné et prévisible.

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euxièmement, en utilisant les jeux vidéo et la télévision, habituez l’enfant à d’intenses stimuli afin que tout le reste lui semble ennuyeux. Troisièmement, éliminez autant que possible tout temps non organisé en présence d’autres enfants, afin qu’il perde sa capacité à inventer des jeux créatifs et développe plutôt un besoin de divertissement. Quatrièmement, perturbez sa concentration avec de la programmation rapide, des livres débilitants et de fréquentes interruptions durant ses jeux. Cinquièmement, surveillezle constamment pour réduire sa capacité à bâtir sa confiance en lui et le rendre dépendant de la stimulation extérieure. Sixièmement, précipitez-le d’une activité à une autre pour créer en lui de l’anxiété reliée au temps et éliminer son sens d’intemporalité si naturel aux jeunes. Bien sûr, personne n’a pour but de dépouiller leurs enfants de leur autonomie la plus primitive - l’autonomie du jeu – mais c’est l’effet direct d’une culture obsédée par la sécurité, contrainte aux horaires et accro au divertissement. Dans l’ancien temps, les enfants, malgré l’absence de jouets compliqués, étaient rarement dans un état d’ennui. Demandez à vos grandsparents s’ils s’ennuyaient durant leur enfance, avec leurs vélos, raquettes, balles et poupées simples qui ne parlaient ni ne se

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déplaçaient par elles-mêmes, bref, à l’époque où la télévision n’existait pas. En fait, le mot « ennui » est un mot très récent qui n’est apparu à l’écrit qu’au milieu du 19e siècle. Ce n’est pas un état qui existe dans la nature ou près de celleci. L’Ennui est un symptôme de notre aliénation. L’Ennui, cependant, s’avère très bon pour l’économie. Il justifie une partie de notre consommation, notre faim insatiable pour nous divertir. Il souligne donc un besoin qui était jadis comblé sans argent, mais qui l’est maintenant uniquement avec de l’argent. Mais le phénomène de l’ennui et de notre lutte contre l’ennui servent à illustrer un principe économique beaucoup plus large.

« L’Ennui, cependant, s’avère très bon pour l’économie. Il justifie une partie de notre consommation, notre faim insatiable pour nous divertir. Il souligne donc un besoin qui était jadis comblé sans argent, mais qui l’est maintenant uniquement avec de l’argent. »

Pour permettre à une économie fondée sur l’argent de croître, une fonction jadis exercée sans échange d’argent doit être convertie en un bien ou un service. On peut considérer la croissance économique comme une excavation progressive de la nature et de la communauté, transformant celle-là en matières premières et celle-ci en services payants, réduisant du coup respectivement les biens communs naturels et ceux de la société. Polluer l’eau et vendre de l’eau en bouteille; réduire l’accès aux méthodes de guérison traditionnelle, contrôler la légalité de ces méthodes et nous faire payer


pour des soins médicaux; détruire toutes les traditions culturelles capables de forger une identité et vendre des chaussures sport de marque... les exemples sont innombrables. Le sentiment d’ennui est le symptôme d’une coupe à blanc de ce qui était autrefois une sorte de richesse innée en nous tous: la capacité de se sentir bien à ne rien faire, la possibilité de créer son propre plaisir, un sentiment général de souveraineté sur son propre temps. Il s’agit de diverses formes de ce que j’appelle le capital spirituel. Au moment où j’écris ces lignes, mon fils de six ans est assis à quelques mètres de moi, entièrement absorbé à enfiler un bout de corde colorée dans le trou d’un vieux rouleau de ruban. Sans écran devant ses yeux, son cerveau doit créer ses propres images - une capacité qui fait partie des formes de capital spirituel. Un

« Un peu plus tôt, il me suppliait de le laisser regarder une vidéo. Son pleurnichage et ses tentatives de m’amadouer me faisaient penser au toxicomane qui veut sa dose. » peu plus tôt, il me suppliait de le laisser regarder une vidéo. Son pleurnichage et ses tentatives de m’amadouer me faisaient penser au toxicomane qui veut sa dose. Je n’ai pas essayé d’isoler mon fils de la société. Même si nous n’avons pas la télévision, nous avons des vidéos, et il a accès à ce genre de chose ailleurs. De plus, il y a rarement d’autres enfants qui jouent dehors. Leurs parents ne leur permettent pas, du moins, pas dans mon quartier. Ils ont peur : peur de la nature, peur des autres, peur de ce qui pourrait arriver, se méfiant de tout jeu et ne voulant surtout pas laisser leurs enfants sans surveillance. Créons plutôt un monde de vraies richesses, un monde où notre capacité à jouer et à imaginer restent intacts et où les enfants sont au grand air.

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Entrevue

« La population est malheureusement très peu au courant et nous essayons d’informer le plus de gens possible et de trouver des actions pour empêcher ça! »

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Bombes sur rail dans le KRB? Par Busque, photos par Louis-David Thériault

Ils font une tournée à vélo entre Lévis et Belledune, N.-B., en suivant la voie ferrée où, d’ici 2015, 240 wagons de pétrole par jour circuleront, traversant nos municipalités, dont Rivière-du-Loup. Que pouvons-nous apprendre de ces trois aventuriers qui, municipalité après municipalité, nous amènent de l’information et de l’énergie?

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usque : Pouvez-vous vous présenter et me dire pourquoi vous vous promenez en vélo? Mélanie Tremblay : Bonjour! Je me promène en vélo pour parler du pétrole qui va arriver

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par train d’ici 2015 et qui va traverser le Canada jusqu’à Belledune, au NouveauBrunswick, afin d’être exporté. La population est malheureusement très peu au courant et nous essayons d’informer le plus de gens possible et de trouver des actions pour

empêcher ça! L’idée est venue d’un ami qui croyait qu’il y avait de la place au Québec pour faire cette tournée de vélo pour commencer à informer les gens. Émile Vigneault : Je suis là pour la même


raison! D’ici 2015, il y aura 240 wagons par jour, soit deux trains de 120 wagons qui vont passer dans plein de municipalités du Québec pour acheminer le pétrole des sables bitumineux jusqu’au port de Belledune, où il sera éventuellement exporté. C’est un projet super dangereux pour la sécurité humaine, comme on l’a vu à Lac-Mégantic, et aussi pour l’environnement. Non seulement ça, mais, en plus, il n’y a pas vraiment d’avantages économiques pour le Québec. En fait, en ce qui concerne les avantages, on parle d’une vingtaine d’emplois situés au NouveauBrunswick! Pour ce qui est du chemin de fer, aucune compensation n’est offerte aux municipalités et même les municipalités ont peu de choses à dire là-dessus, car le chemin de fer est géré au fédéral. Il y a de grands dangers, on sait qu’à Montmagny, il y a eu deux déraillements dans la dernière décennie, en 2004 et en 2007. B. : Vous êtes contre le train, mais est-ce que vous êtes pour l’oléoduc? M.T. : Absolument pas! On est contre le pétrole des sables bitumineux. On trouve que le projet de pipeline est déjà bien pris en charge par les différents organismes pour l’environnement. B. : Pourquoi êtes-vous contre le pétrole des sables bitumineux? M.T. : Pourquoi? Parce que ça détruit la planète, ça donne des cancers, de nouveaux cancers aux peuples qui sont près de l’exploitation, parce qu’il y a énormément de déchets en conséquence, parce que ça profite à une élite, parce que ce pétrole est très difficile à extraire, ce qui le rend très polluant et parce que, s’il ne peut pas voyager par les pipelines normalement, il faut rajouter d’autres produits chimiques pour le transport. B. : Mais nous avons besoin du pétrole… Vous ne voulez tout même pas que nous retournions en arrière? E.V. : Oui, on voudrait reculer, mais, en fait, il y a d’autres technologies qui existent et qui sont abordables. Les voitures électriques existent déjà depuis très longtemps. On sait que les grandes compagnies ne les sortent qu’au compte-gouttes. M.T. : Au Québec, nous avons l’électricité pour faire ça, nous avons les ressources pour utiliser ces nouvelles technologies. E.V. : Les gens pensent que le prix de l’essence

à la pompe va descendre, mais ce n’est pas le cas. C’est vraiment les compagnies qui s’enrichissent en faisant passer leurs produits sur notre territoire et nous n’avons pas notre mot à dire. Il faut faire prendre conscience aux gens du degré d’importance de leur territoire et de l’appartenance qu’il faut avoir envers celui-ci. M.T. : J’aime bien questionner les gens sur le fait que le pétrole est une ressource non renouvelable et bientôt, très bientôt, il n’y en aura plus. Comme nous le gaspillons à une vitesse fulgurante, quand nous arriverons au bout, que ferons-nous? On va sûrement faire plus de voitures électriques, on va semer plus local, on va trouver des solutions… Bien, trouvons-les maintenant! B. : Vous allez aller rencontrer les gens, mais on ne peut pas vraiment faire quelque chose puisque c’est de compétence fédérale… M. T. : C’est un peu bizarre que nous n’ayons pas notre mot à dire. Les municipalités devraient savoir ce qui transite sur leur voie ferrée, surtout si c’est des matières dangereuses, afin d’être prêtes à réagir. Justement, elles devraient avoir un mot à dire s’il y a des matières explosives qui traversent leur ville, ça n’a pas de sens que les municipalités n’aient rien à dire! Quand les choses n’ont pas de sens, il faut les changer! B. : Depuis la tragédie de Lac-Mégantic, est-ce qu’il y a eu des modifications sur les lois se rapportant au train? E.V. : Il y a eu de nouveaux wagons sur le marché pour remplacer les anciens wagons. Mais le truc, c’est qu’ils ne remplacent pas les nouveaux wagons, mais ils sont là en parallèle. Ces nouveaux wagons ne sont pas vraiment plus sécuritaires, un peu plus que les anciens, mais ils ont explosé quand même lors d’un accident et créé un grand déversement. On se heurte présentement aux limites d’une pseudo-démocratie qu’on nous impose d’en haut à travers des traités qu’a signés le Canada, des traités de libre-échange qui permettent aux grandes compagnies de poursuivre le gouvernement devant des tribunaux qui ne sont pas des tribunaux canadiens ni d’aucun pays, des tribunaux qui sont créés de toutes pièces par ces compagnies. Donc, finalement, c’est comme si le gouvernement, petit à petit, prend conscience qu’il est un intermédiaire entre les compagnies et la population. Il va falloir qu’il y ait une reprise en main du devenir des nations par les gens, qu’il y ait une réalisation du fait que, finalement,

cette oppression n’est pas inéluctable et on la subit uniquement parce que nous ne la connaissons pas. Dans le concret, ce sont les gens qui décident, dans le concret, il n’y a personne qui peut faire flancher la volonté collective si elle s’exprime, le truc c’est de la faire s’exprimer! Informations intéressantes à savoir : • Des luttes ont déjà commencé aux États-Unis pour empêcher le transport de pétrole par train; • Lac-Mégantic, ce n’est pas la seule explosion qui a eu lieu; • Le transport du pétrole sur les rails au Québec a augmenté de 2000 % dans la dernière année, et ce n’est pas fini puisque nous augmenterons de 240 wagons par jour. • Le nombre d’accidents augmente plus vite que la quantité de trains qu’il y a sur les rails. B. : À Rivière-du-Loup, on a enlevé le transport de personnes par train dernièrement, est-ce que ça a un lien avec le transport du pétrole? M. T. : Ça se peut très bien! Dans l’Ouest, on a arrêté le transport du grain pour faire plus de place pour le pétrole, car c’est plus payant. E. V. : Dans l’Ouest, les gens commencent à chialer parce qu’il y a beaucoup de gens qui dépendent de l’industrie céréalière et les chemins de fer sont trop encombrés par les trains de pétrole, donc les céréales sont stockées et vieillissent dans des entrepôts, ce qui n’est pas du tout rentable pour les fermiers. Il y a des chicanes entre les conglomérats! B. : Vous vous promenez partout de ville en ville pour annoncer la mauvaise nouvelle. Avez-vous une bonne nouvelle pour nous? E. V. : Oui, la mobilisation va bon train! Que ce soit pour les oléoducs, pour les ports pétroliers ou pour le train, les gens prennent conscience et se mobilisent de plus en plus. Busque: Merci à vous deux pour l’entrevue, et à vous trois pour votre implication citoyenne! . Pour vous suivre: www.bombesurrail. com

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La Rumeur du Loup, édition 70 - OCTOBRE 2014


Quoi Faire ?!@#$%

L I S T E S É L E C T I V E D ' É V È N E M E N T S d a ns le K R T B

Témiscouata

Rivière-du-Loup

Les Basques

Kamouraska

Classés par ordre de la DATE............?!@#$% Prochaines activités à la Bibliothèque Françoise-Bédard Du 1er au 26 octobre : Concours annuel de BD. Planches vierges disponibles à la biblio. Jeudi 16 octobre, de 19 h à 21 h : Par ici les jeudis! Conférence-dégustation « Le Créole à toutes les sauces » avec Marie-Laure M. Rozas. Lectures, musiques, informations et dégustations à saveur Guadeloupéenne. Activité gratuite Mardi 21 et mercredi 22 octobre, de 10 h à 11 h 30 : Lire avec l’oreille. Moment parfait pour découvrir les livres audio et leurs attributs. Café et muffins vous seront offerts. Vendredi 24 octobre, de 16 h à 20 h et samedi 25 octobre, de 10 h à 16 h : Vente annuelle de livres à 1$ la livre, au deuxième étage de la Maison de la culture. Revues, documentaires, romans, bandes dessinées, livres jeunesse, etc., tout cela à un prix dérisoire. Venez bouquiner! Samedi 25 octobre, de 13 h à 15 h : L’heure du conte pour les 6 à 10 ans (5$ par enfant, sur inscription, places limitées). Nouvelle activité, une heure du conte spécialement conçue pour les 6 à 10 ans, sous le thème de

l’Halloween. Inscription : 418 862-4252 ou 418 867-6668. Dimanche 26 octobre, de 13 h à 16 h : Scrabble en biblio. Inscription obligatoire. 1er et 2 novembre : Événement BD. Remise des prix du concours de BD, initiation au dessin animalier par Clodin Roy (inscription obligatoire, 5$ par personne, places limitées). Film et popcorn en biblio, parties de génies en herbe en biblio. Jeudi 13 novembre, de 19 h à 21 h : Par ici les jeudis! Conférence « Les soins hivernaux par les herbes », par Chantale Dufour, herboriste. Trucs et astuces pour se soigner au naturel durant la période hivernale. Activité gratuite. Prochaines activités à la Source Ôthentik Du 8 octobre au 10 décembre : Début des cours de yoga avec Suzanne Bélanger. Mercredi 15 octobre : Conférence La vie est belle, voyez pour vous aussi, avec Carmen

Goudreau. Dimanche 19 octobre : Concert de Paul Armitage. Dimanche 26 octobre : Constellation Familiale.

Atelier

de

Mardi 28 octobre : Conférence : Éveillez votre 6ième sens. Du lundi 27 au jeudi 30 octobre : Rencontres individuelles de Lecture de l’Âme. Disciples du vinyle

La prochaine soirée des Disciples du vinyle aura lieu le jeudi 16 octobre, à 17 h, au Café L’Innocent. Une soirée tout en sons avec bonne bouffe et bonne compagnie vous attend, avec un spécial musique de films d’horreur. Prochains spectacles au Centre culturel de Rivière-du-Loup Vendredi 17 octobre, à 20 h : Quatuor Alcan.

Le Château Grandville Résidence chaleureuse pour personnes âgées autonomes

Qui sait, c’est peut-être pour vous la vie de château! 94, rue Lafontaine, Rivière-du-Loup - 418 860-4144

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Dimanche 19 octobre, à 16 h : P. A. Méthot. Mercredi 22 octobre, à 19 h 30 : Les grands explorateurs – Portugal. Vendredi 24 octobre, à 20 h 30 : Les soirées Juste pour rire. Samedi 25 octobre, à 20 h : Molière en une farce et deux comédiens. Vendredi 31 octobre, à 20 h : Clémence Desrochers. Vendredi 7 novembre, à 20 h : Vincent Vallières. Samedi 8 novembre, à 20 h : Boucar Diouf (Serge Yvan Bourque en 1ère partie) Vendredi 14 novembre, à 20 h : Cible de Dieu (danse) Le Foyer musical à la Forge à Bérubé Les Compagnons de la mise en valeur du patrimoine vivant de Trois-Pistoles invitent la population à assistez à différents spectacles musicaux à la Forge à Bérubé, lieu de parole de renommée internationale. La prochaine soirée aura lieu le samedi 25 octobre avec Damien Robitaille et Marilie Beaulieu. Le spectacle suivant est celui de Yann Perreau, qui se tiendra le samedi 15 novembre prochain. Ces deux spectacles sont au coût de 20$. Ouverture des portes à 20 h, début du spectacle à 21 h. Pour information : 418 857-3248. Matières et Mémoires au Centre d’art Kamouraska Jusqu’au 26 octobre, vous pouvez voir l’exposition Matières et Mémoires – Dialogues d’artistes et d’artisans du métal au Centre d’art de Kamouraska. Dialogues d’artistes et d’artisans du métal est une exposition qui met en scène trois duos d’artistes et d’artisans autour de réalisations récentes d’œuvres publiques monumentales : prototype ou maquette, photographies et objets, trame et installations sonores permettent de retracer le travail du métal et en explorent plusieurs techniques. L’exposition aborde l’étroite collaboration qui sous-tend la pulsion créatrice de l’artiste et la connaissance intime de la matière que possède l’artisan.

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La Rumeur du Loup, édition 70 - OCTOBRE 2014

L’un et l’autre sont liés par la matérialisation de l’œuvre. Martha Wainwright au Cabaret des mauvaises habitudes Le dimanche 26 octobre, à 20 h, le Cabaret des mauvaises habitudes vous propose le spectacle de Martha Wainwright. Avec une voix extrêmement expressive et un arsenal de chansons puissantes, Martha est une artiste séduisante et une nouvelle force dans le monde de la musique. Avec son propre sens du style, elle crée sa musique avec une voix extraordinairement polyvalente et convaincante. Les projections Cinédit et le Festival SPASM

Le Festival SPASM est né du désir d’encourager la variété et l’exploration des différents genres cinématographiques à l’intérieur du cinéma québécois. Le mandat du Festival SPASM est donc de promouvoir et d’encourager tout cinéma insolite via l’organisation d’un festival de films provenant principalement du Québec et de la francophonie internationale. La soirée aura lieu le mardi 28 octobre, à 19 h 30, à la Maison de la culture. Les Shows du garage

Le prochain Show du garage aura lieu le samedi 1er novembre 2014, à 20 h, avec Misteur Valaire. Misteur Valaire est un groupe aux influences électrojazz-hip-hop-rock-extraits-sonoresinsolites. Rigoureusement formés en jazz et déformés avec tout autant d’application par leur éclectisme et leur humour de gamin, ils distillent aujourd’hui un son original, complexe et soigné, accessible et hautement ludique. En première partie, découvrez le groupe Caravan. Le spectacle suivant est prévu pour le samedi 15 novembre, à 20 h, avec le Rap Queb Money Tour : Koriass, Loud Lary Ajust et Eman X Vlooper. Concert-bénéfice : Les yeux à l’écoute de la musique Le dimanche 2 novembre prochain, à 15 h, vous êtes invités au concert-bénéfice organisé par le Club Lions et la Fondation

de la santé de Rivière-duLoup et dirigé par le chef d’orchestre Luc Chaput. Au programme : Nicolaï, Tchaïkovski, Back et Dvorak. Caroline Beaudoin et Réjean Grenier, pianistes, seront les solistes invités. Le concert se tiendra à la salle Alphonse-Desjardins du Centre culturel de Rivière-du-Loup. Pour information : 418 867-6666. Monsieur Marguerite à la Maison de la culture Le Théâtre du loup de Cambronne est fier de présenter « Monsieur Marguerite », une comédie satirique de Terence Tarpin, dans une mise en scène de MarieAmélie Dubé, interprété en solo par Marc-Olivier (Molo) Dugas Pelletier : L’an 2214. Une classe turbulente de 3e secondaire d’une école publique banale dans l’attente d’un remplaçant. Apparaît un homme au comportement, aux valeurs, aux agissements et aux méthodes d’enseignement excentriques : Monsieur Marguerite! La crème de la crème… de l’horreur! Un homme colérique, fou et à l’humour grinçant! Une âme fragile qui nous en fait voir de toutes les couleurs, au détriment de son groupe… Pour découvrir la vie, dans sa beauté et ses travers, c’est avec M. Marguerite que vous devez passer votre soirée! Les représentations auront lieu dans la salle Bon-Pasteur de la Maison de la culture de Rivière-du-Loup, du 13 au 15 novembre prochain, dès 20 h. Le spectacle s’adresse à un public de 16 ans et plus. Les billets sont au coût de 20$ pour les adultes, 15$ our les étudiants ainsi qu’en prévente (jusqu’au 7 novembre, à la billetterie du Centre culturel de Rivière-du-Loup). Le trio Sylvain Poirier aux Fous brassant Le vendredi 14 novembre, à 21 h, à la microbrasserie Aux Fous Brassant de Rivière du Loup, le trio Sylvain Poirier vous présente un spectacle folk trash psychédélique avec une touche jazzée. Bien entouré de Guillaume Pigeon à la contrebasse et de Joseph Wadjiri aux percussions, Sylvain Poirier vous propose un spectacle riche avec les influences de l’Afrique et où danse et poésie seront à l’honneur! Les billets sont en vente au coût de 5$, à la microbrasserie Aux Fous brassant.


La grande chevauchée

Jusqu’au 10 novembre prochain, découvrez l’exposition La grande chevauchée de l’artiste peintre Danyèle Bélanger. L’exposition est présentée à la salle d’exposition du Centre culturel Gérard-Dallaire de La Pocatière. Pour information : 418 856-2589.

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Profitez de la fin de l’été indien

Nous payons LES TAXES pour vous sur ces unités

1970 TRIUMPH TR6

1990 MERCURY COUGAR XR7 SUPER CHARGED

Convertible, 6 cylindres, manuel, mags. • 12 675 M/M

STOCK 2011283H

9 980 $

2000 CHEVROLET MONTE CARLO SS

4 980 $

STOCK E594A

STOCK E499

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STOCK E545

2002 JEEP GRAND CHEROKEE OVERLAND 4 X 4

2006 DODGE RAM 1500 SLT TRX 4 X 4

5,7 l., automatique, vitres et serrures électriques, volant inclinable, rég. de vitesse, mags et plus. • 146 345 KM

3 980 $

Automatique, tout équipé. • 147 945 KM

3,8 l., équipé au complet. • 115 065 KM

STOCK E637C

5,7 l., automatique, état de neuf. • SEULEMENT 44 675 KM

3,8 l., automatique, équipé. • 168 464 KM

STOCK 2014211S

1992 CHEVROLET CORVETTE

2003 DODGE GRAND CARAVAN

V6, automatique. • 236 684 KM

STOCK 2014031B

STOCK 2013363B

9 987 $

2,4 l., air climatisé, vitres et serrures électriques, volant inclinable, rég. de vitesse, dém. à distance et plus. • 109 417 KM

STOCK 2012300A

2009 ACURA TSX

2,4 l., air climatisé, vitres, serrures et sièges électriques, volant inclinable, rég. de vitesse, mags, toit ouvrant. Bal. de garantie 8 ans/ 200 000 k • 109 515 KM

STOCK E481C

16 989 $

7 987 $

2004 FORD MUSTANG GT

4,6 l., 5 vitesses, vitres, serrures et sièges électriques, volant inclinable, rég. de vitesse, mags et plus. • 163 354 KM

STOCK 2014307C

9 984 $

1995 FORD RANGER XLT

4,6 l., automatique, tout équipé. • SEULEMENT 82 791 KM

STOCK 2013279C

2,3 l., automatique. • 218 593 KM

3 983 $

V6, automatique, équipé. • 99 637 KM

STOCK E507B

3 984 $

1 895 $

STOCK E619C

2004 CHRYSLER SEBRING TOURING

2007 JEEP COMPASS

2007 HYUNDAI SANTA FE

Air climatisé, vitres et serrures électriques, volant inclinable, rég. de vitesse, mags et plus. • 141 739 KM

1 983 $

1993 LINCOLN MARK VIII

2003 MERCEDES BENZ E500

V8, automatique, équipé au complet. • 167 494 KM

7 983 $

STOCK E336B

2008 JEEP PATRIOT NORTH

2,4 l., 5 vitesses, air climatisé, vitres et serrures électriques, volant inclinable, rég. de vitesse et plus. • 189 082 KM

STOCK E614A

4 988 $

2008 PONTIAC WAVE

5 portes, 4 cylindres, 5 vitesses, phares antibrouillard et plus. • 95 519 KM

2006 DODGE CARAVAN SE

V6, automatique, 7 places. • 102 973 KM

STOCK 2012160C

3 986 $

4 988 $

STOCK E556

1995 CHEVROLET CAMARO Z28

5,7 l., automatique, tout équipé. • 123 326 KM

STOCK 2013335C

6 985 $

2005 NISSAN SER SPEC V

2,5 l., air climatisé, vitres et serrures électriques, mags et plus. • 190 721 KM

STOCK 2014314C

4 985 $

2008 DODGE CALIBER SXT

5 portes, 1,8 l., 5 vitesses. • SEULEMENT 73 010 KM

STOCK 2013264A

6 988 $

2008 JEEP COMPASS

2,4 l., mags, volant inclinable, phares antibrouillard et plus. • 98 653 KM

STOCK 2012435B

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*Sur véhicule et approbation de crédit. **Les gagnants ne seront soumis à aucune épreuve pour obtenir leur prix.

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255, av. Patry. Saint-Pascal (autouroute 20, sortie 465)

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La Rumeur du Loup, édition 70 - OCTOBRE 2014

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