Nathalie Somers
Au collège de Castelroc, la fin de l’année de sixième s’annonce riche en émotions !
L'incendie
Entre l’absence mystérieuse de l’horrible Madame Tribarnek, l’annonce de la participation d’un danseur étoile au spectacle de fin d’année et le sauvetage d’un bébé renardeau, Nina, Lucille et Clément vont vivre à 100 à l’heure...
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Nathalie Somers
Quelle drôle de fratrie que celle de la famille Mouche ! Les triplés entrent en 6e au pensionnat de Castelroc, où ils vont découvrir que la vie au collège n’est pas toujours facile ! Entre les éclats de rire et les gros chagrins, les bêtises, les espoirs et les doutes, Nina l’espiègle, Lucille la timide et Clément le mystérieux sauront-ils rester soudés face à cette grande aventure ?
11,90 € TTC France
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Illustration de couverture : Nathalie Tousnakhoff
Découvrez les nouveaux héros de Nathalie Somers, l’auteur de la série Le Roman des filles !
Nathalie Somers
Le Malicieux Journal des sœurs Mouche au collège de Castelroc
12,90 € TTC France
Illustration de couverture : Nathalie Tousnakhoff
Une série pétillante, à mettre entre toutes les mains !
Dans la même collection :
Le Malicieux Journal des sœurs Mouche au collège de Castelroc
Toujours plus d’aventures pour les triplés Mouche !
Nathalie Somers
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Direction : Guillaume Arnaud Direction éditoriale : Sarah Malherbe Édition : Camille Icole Direction artistique : Élisabeth Hebert Conception graphique : Bleuenn Auffret Direction de fabrication : Thierry Dubus Fabrication : Sabine Marioni © Fleurus, 2016 Site : www.fleuruseditions.com ISBN : 978-2-2151-3091-8 MDS : 652 410 Tous droits réservés pour tous pays. « Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. »
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La vie parisienne
Journal de Lucille Vacances de Pâques
L e jour où papa et maman nous ont annoncé qu’on
allait déménager pour vivre sur une île au milieu de l’océan Atlantique (enfin, pas tout à fait au milieu, mais dans l’océan Atlantique quand même), je n’imaginais pas que Paris me manquerait. La mer, le soleil, les plages et une maison, c’était quand même bien mieux que notre appartement riquiqui sous le ciel gris. Et c’est vrai. N’empêche, chaque fois que papi et mamie nous invitent pour 7
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les vacances, je suis aux anges. J’aime ces grands immeubles aux façades sculptées de guirlandes de fleurs et de fruits, j’aime leurs balcons de fer forgé tournicoté et les toits en zinc qui reflètent la couleur du ciel. Et puis, il y a… l’Opéra Garnier ! Je l’ai admiré tant de fois de l’extérieur, avec ses colonnes et ses statues d’or, mais je n’étais entrée qu’une fois à l’intérieur, quand j’avais quatre ans et que papa et maman nous avaient emmenés voir CasseNoisette. Alors, quand nos grands-parents nous ont dit : « Les enfants, pour vous récompenser de votre bon travail scolaire, nous vous avons préparé une sortie surprise à chacun », j’ai prié très fort pour que la mienne soit à l’Opéra Garnier. – Pour toi, Clément, a dit papi avec un clin d’œil complice, j’ai acheté des billets pour le match FranceÉcosse au Stade de France. Clément a fait une drôle de tête. Il avait l’air content et en même temps déçu. J’ai compris pourquoi lorsqu’il a lancé :
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– Et on ne pourrait pas plutôt aller voir l’exposition de peinture sur Manet ? Papi et mamie ont ouvert des yeux ronds. Nina et moi, on se retenait de pouffer. Voilà ce que c’est, quand on ne veut pas parler aux autres de son jardin secret ! – Ben… heu… c’est que j’ai déjà les billets, a balbutié notre pauvre papi. – OK, c’est très bien aussi, a assuré Clément, qui s’était rendu compte qu’on allait lui poser des questions auxquelles il n’avait pas envie de répondre. – Et moi ? Et moi ? C’est quoi ? a demandé Nina, tant pour sauver la mise à notre frère que pour assouvir sa légendaire curiosité. Mamie a retrouvé le sourire et a déclaré : – Un concert de Ludmila Bauer à la salle Pleyel ! Elle joue les nocturnes de Chopin. – Youhou ! a hurlé Nina en se mettant à gesticuler comme une sauvage dans le salon. – Doucement, a dit papi. Les voisins du dessous vont croire que le ciel leur tombe sur la tête ! 9
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J’ai attendu que Nina se calme. Je n’osais pas demander. Serais-je déçue, comme Clément ? Ou serais-je… – Et pour toi, Lucille, ce sera l’Opéra Garnier pour aller voir La Belle au bois dormant. Et c’est le célèbre Alexandre Genevois qui tient le rôle du prince charmant ! Je n’ai pas hurlé comme Nina, mais j’aurais vraiment pu. Depuis le temps que j’en rêvais ! J’ai sauté au cou de mes grands-parents et depuis, je compte chaque minute qui me sépare de la date du ballet ! Dimanche 26 avril Quel après-midi ! Je m’attendais à avoir des émotions, mais pas à ce point ni de cette sorte ! Il faut dire que j’ai eu une drôle de surprise. Mais bon, commençons plutôt par le commencement… Avec mamie, nous sommes entrées dans le hall gigantesque de l’Opéra. Là, un monsieur a vérifié nos billets et nous a indiqué les escaliers car nous étions au deuxième balcon. J’avais un peu peur de ne pas bien voir, mais heureusement, nous étions au premier rang 10
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et j’avais une vue imprenable sur la scène. Les escaliers, les murs, les plafonds, tout était beau. Même les toilettes. (Mamie a insisté pour que j’y aille juste avant le début du spectacle !) Les escaliers et les murs étaient rouge et doré, le plafond peint comme un tableau et les sièges, rouges encore, comme un coucher de soleil sur la mer. Et puis, la musique de Tchaïkovski a retenti et le rideau s’est levé. Alors, j’ai eu envie que mes yeux soient plus grands pour ne rien perdre du spectacle. Bien sûr, j’avais entendu parler d’Alexandre Genevois, mais franchement, je n’avais jamais imaginé qu’on puisse danser aussi bien. Ses sauts étaient juste incroyables ! Il s’envolait si haut ! Et quand il évoluait avec sa partenaire, il la soulevait avec autant de facilité que si elle avait été une plume ! Quand le rideau s’est refermé sur le château de la Belle au bois dormant entouré de ronces, j’ai eu du mal à revenir sur terre : j’étais tout entière dans le ballet. Puis, mamie m’a proposé d’aller boire un jus de fruit. Il nous a fallu un petit moment pour rejoindre le grand foyer, car tout le monde avait eu la même idée que nous. 11
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Aussi, en voyant la foule, mamie m’a dit de rester près d’une immense fenêtre depuis laquelle on peut voir jusqu’au Louvre et de l’attendre là. Ça m’allait très bien. Entre les miroirs, les lustres en cristal et les dorures, il y avait une infinité de choses à admirer. Sauf que si j’avais pu prédire l’avenir, j’aurais insisté pour l’accompagner. Mais bon, comme dit mamie, « avec des si, on mettrait Paris en bouteille »… J’étais donc le nez en l’air, en train d’admirer les personnages peints au plafond, quand soudain j’ai entendu quelqu’un qui disait : – Tu regardes voler des membres de ta famille ? J’ai sursauté : cette voix ne m’était que trop connue. Et très désagréable. Je me suis dit que ce n’était pas possible, que je devais avoir des hallucinations auditives, mais quand j’ai baissé les yeux, j’ai bien vu que je ne m’étais pas trompée. – Charlène ? ai-je articulé faiblement. Ses cheveux étaient relevés en un chignon compliqué et des boucles encadraient son visage. Ses yeux et ses lèvres étaient maquillés et elle portait une robe de soie noire, une 12
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étole en fil doré et des chaussures à talon. J’avais du mal à la reconnaître. – Tu n’as pas répondu à ma question ! J’ai froncé les sourcils. – Heu… je crois que je n’ai pas très bien compris… – Comme d’habitude, a-t-elle dit d’un ton mi-ironique, mi-méprisant. Je te demandais si tu regardais voler des membres de ta famille. Devant mon air de totale incompréhension, elle s’est retournée pour s’adresser à une femme derrière elle : – Elle s’appelle Mouche, ridicule non ? Et malgré ça, elle n’est pas très fine mouche… Elle a eu un petit rire moqueur avant de conclure : – … parce que généralement, quand on a le nez en l’air, c’est qu’on regarde voler les mouches ! Pas de doute, c’était bien Charlène. J’ai senti mes joues chauffer et j’ai amèrement regretté de ne pas avoir suivi ma grand-mère. En plus, la séance de torture n’était pas finie. Charlène m’a regardée des pieds à la tête et de la tête aux pieds avant de déclarer : 13
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– C’est comme ça que tu viens à l’Opéra, toi ? On ne t’a pas dit qu’il fallait être habillée ? J’ai soudain eu honte de ma robe blanche et bleue et de mes sandales plates. Alors que, jusque-là, c’était ma tenue préférée. J’ai pensé à Lou et j’ai ouvert la bouche pour essayer de me défendre, mais Charlène ne m’en a pas laissé le temps. – Enfin, c’est vrai que, dans ton île de ploucs, on ne connaît rien à l’élégance parisienne ! Pour la première fois, la femme derrière elle l’a reprise. – Charlène, voyons, on ne parle pas des gens ainsi. Mais au ton de sa voix, on comprenait bien qu’elle pensait exactement la même chose que Charlène. Cette dernière ne s’y est pas trompée. Son sourire s’est élargi quand elle a dit : – Vous avez raison Constance. À force de fréquenter des gens comme elle, je perds mes bonnes manières. – C’est vrai qu’il est un peu désolant que le collège de Castelroc soit ouvert à tous les milieux. Pourtant, d’après
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vos parents, c’est le pensionnat qui a le meilleur niveau en danse-étude. Au lieu de me révolter contre leurs propos, je me suis simplement étonnée : – Vous n’êtes pas la mère de Charlène ? Elles ont éclaté de rire. D’un rire sans joie qui fait du mal au lieu de faire du bien aux gens qui l’entendent. – Constance est ma gouvernante, a expliqué Charlène. Mes parents sont des gens très importants. Ils sont actuellement en déplacement en Arabie Saoudite. En mission pour le gouvernement. J’étais dépassée. Ma famille à moi était tellement différente, entre papa qui fait des cupcakes et maman qui sert des glaces dans leur salon de thé « Le jardin des délices » ! Alors j’ai essayé d’être gentille et polie, comme on me l’avait appris. – C’est dommage pour eux qu’ils n’aient pas pu voir danser Alexandre Genevois… Charlène a eu une petite moue méprisante et a rétorqué :
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– Ils l’ont déjà vu plein de fois. Ils le connaissent même très bien, figure-toi. Tu peux garder ta sale pitié pour toi ! Je n’ai plus ouvert la bouche. Je n’avais pas pensé faire preuve de pitié en disant ça. Avec Charlène, on a l’impression que les mots qui sortent de votre bouche sont soudain tordus et ne veulent plus du tout dire ce qu’on voulait dire. Le mieux, dans ce cas, c’est de garder le silence. C’est donc ce que j’ai fait et elle a fini par partir, accompagnée de sa chère gouvernante. Heureusement, mamie est arrivée et puis il y a eu le deuxième acte du ballet et, grâce à la magie de La Belle au bois dormant, je n’ai plus du tout repensé à Charlène !
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Relooking !
Journal de Nina Lundi 4 mai
E t voilà, c’est reparti à fond les bidons ! Les vacances
de Pâques sont finies et bien finies : en cours de maths, je me suis pris une punition, parce que j’ai envoyé une boulette à Samy (c’est pas juste, je voulais juste vérifier qu’il ne s’était pas endormi !) (Nota Bene : se souvenir de me mêler de mes rognons ! ) En sciences de la vie et de la terre, Panetski nous a inondés de devoirs, et pour finir, cerise sur le râteau, je me suis 17
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rendu compte que j’avais travaillé les gammes mineures alors que Tribarnek voulait que je bosse mes arpèges ! Avec tout ça, j’ai eu un petit coup de mou en fin d’aprèsmidi. Mais j’ai tout de suite soupçonné que c’était ce diable bête de diabète. Alors, j’ai sorti ma jolie pochette, j’ai piqué le bout de mon doigt et déposé une goutte de sang dans mon appareil, et oui, c’était ça : il fallait que je me fasse ma piqûre d’insuline. Au début, j’avais horreur de ça. Quand on m’a dit que je pourrais bientôt les faire moimême, j’ai cru que c’était une blague ! Mais quand j’ai compris que ça m’éviterait de courir à l’infirmerie, j’ai dit : « Bon, d’accord, je vais essayer. » Finalement, ce n’est pas si terrible que ça. On s’habitue très bien. Surtout que je suis vachement plus en forme qu’avant. Et que je n’ai plus envie d’aller aux toilettes toutes les trente secondes. Et ça, c’est juste pharaoniquement génial ! S’il pouvait y avoir des piqûres pour régler tous les problèmes du monde, ce serait au poil. Tu imagines ? Une piqûre pour comprendre les maths, une piqûre pour connaître par-fai-te-ment-en-ryth-me-tou-tes-les-gam-mes18
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et-les-arpèges, une piqûre contre la faim dans le monde et surtout, surtout, une piqûre pour faire disparaître toutes les Charlène de la surface de la terre (enfin surtout UNE Charlène, je n’ai rien contre les autres en fait, mille excuses mesdemoiselles) ! Hélas, même les plus grands savants n’ont RIEN trouvé pour éjecter cette langue de vipère ! Aucun vaccin, aucune piqûre, rien de rien ! Charlène, elle est comme les dix plaies d’Égypte réunies. Y’a pas moyen de passer à travers, on est obligés de se la coltiner. Mais… Attends une minute, cher journal… Je sens que tu crois que j’exagère. Sississi ! Inutile de nier, je te connais bien. Tu te dis, cette Nina Mouche, toujours à en faire des tonnes. Depuis le temps qu’elle gribouille sur mes pages, je sais qu’elle en rajoute une couche quand il est question de Charlène. Tu crois, toi, qu’une fille de onze ans trois quarts ne peut PAS être comparée aux dix plaies d’Égypte. Eh bien SI ! C’est vrai de vrai ! La preuve : ce qui s’est passé quand elle a vu Yasmina et son nouveau look… Ah oui ! Yasmina a un nouveau look ! Je sais, je suis impardonnable,
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j’ai oublié de t’en parler. Mais je vais me rattraper tout de suite, là, maintenant, immédiatement, irrémédiablement ! On était dans le hall de la gare, on venait de descendre du train et on attendait la navette qui nous emmène jusqu’à Castelroc, quand j’ai vu une fille aux cheveux courts et bouclés, avec de jolies lunettes à monture rouge père Noël. – Tiens, ai-je dit, une nouvelle ! C’est alors que la nouvelle s’est mise à nous faire coucou de la main avec un sourire un peu embarrassé. – C’est pas une nouvelle, idiote, a gentiment lancé ma chère jumelle. C’est Yasmina ! – Yasmina ? Quelle Yasmina ? – Hé ! Mais notre Yasmina à nous ! Tu as le cerveau lent, Nina, s’est moquée ma jumelle toujours aussi gentiment. (C’est pas vrai, hein, je fais de l’IRONIE. En réalité, Lucille se fichait de ma poire comme pas possible.) J’ai fixé « notre Yasmina à nous » avec des yeux de merlan frit. Je t’assure, elle était TROP pas la même !
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– Salut les triplés ! a lancé « notre Yasmina à nous qui était TROP pas la même ». Là, j’ai reconnu sa voix. Alors je me suis exclamée : – Yasmina ! Qu’est-ce qui t’est arrivé ? T’es TROP belle comme ça ! – C’est vrai, a renchéri Lucille. Et puis ces boucles… wahou ! Après ces compliments, il n’y avait pas que les lunettes de Yasmina qui étaient rouges ! Ses joues ressemblaient à deux tomates bien mûres ! – Merci, mais je n’y suis pour rien, vous savez, c’est grâce à ma cousine qui est coiffeuse. On est allés lui rendre visite pendant les vacances. Elle a dit : « Yasmina, il faut faire quelque chose avec tes cheveux ! On ne te voit plus sous cette tignasse ! » Alors elle les a coupés, et hop ! ils se sont mis à boucler ! Et après, comme je devais aller chez l’opticien, elle m’a dit que, là aussi, elle allait s’en occuper. Elle a dit que ces montures seraient parfaites mais… je ne suis pas sûre. Vous ne trouvez pas qu’elles sont trop voyantes ?
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Alors qu’elle prononçait ces derniers mots, je me suis rendu compte qu’elle ne nous regardait pas, Lucille et moi. Elle avait la tête baissée mais avait un œil discrètement fixé sur un point par-dessus mon épaule. Je me suis retournée (discrètement aussi) et j’ai vu Clément. Clément qui dévisageait Yasmina comme s’il ne l’avait jamais vue auparavant (pas discrètement du tout). Avec des yeux ronds comme des soucoupes volantes. Il devait être comme ça depuis un bon moment déjà, car ça faisait un bout de temps qu’il n’avait pas ouvert la bouche. Et ça, ce n’est pas le style de Clément. Il a une opinion sur tout et adore la ramener. Alors le voir muet de surprise, ça m’a donné envie de rire. Mais à cet instant, Lucille m’a donné un coup de coude dans les côtes (pas vraiment discrètement mais personne n’a eu l’air de s’en rendre compte à part moi) et au lieu de faire « aha ! » j’ai fait « outch ! ». – Pas du tout ! a assuré Lucille d’un ton péremptoire. Le rouge fait ressortir tes yeux noirs ! C’est exactement ce qu’il te fallait !
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Sur ce, Nolan est arrivé et Clément a retrouvé son air normal pour parler du dernier match de l’équipe de France. Yasmina a relevé la tête et a paru soulagée quand on lui a demandé des nouvelles de Shakira. Tout allait donc très bien et on était super contentes de se revoir. Seulement, quand on est entrées dans notre chambre, un serpent avait déjà fait son nid. À peine a-t-on franchi le seuil de la pièce que cette langue de vipère de Charlène, après avoir eu un petit sursaut de surprise, a craché son vélin : – Je croyais que les animaux étaient interdits dans les chambres ! Yasmina, Lucille et moi, on s’est regardées, stupéfaites. – Qu’est-ce que tu racontes, ai-je dit, on n’a pas d’animaux ! Charlène a eu ce petit sourire méchant que je commence à bien connaître et elle a persiflé : – Ah bon ? Je vois pourtant deux mouches qui tournent autour d’un mouton tout frisé !
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J’ai aussitôt senti Yasmina se ratatiner comme si elle venait de recevoir un coup de poing. Et franchement, si Lucille n’avait pas retenu mon bras, un coup de poing, un vrai, c’est exactement ce qui aurait atterri sur le pif de son altesse. Ce que j’aurais adoré lui écrabouiller son insupportable petit nez arrogant ! Parce que se moquer de notre nom, c’est bête et facile. On a l’habitude après tout ce temps. Mais se moquer de Yasmina comme ça, c’est juste méchant. Très très méchant. Mais elle ne perd rien pour attendre, cette vipère. Qui sème les vents récolte les temps pètent !
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Trop, c’est trop !
Mercredi 6 mai «
A ttention ! Ils vont essayer de passer à droite ! »
L’avertissement de Nolan s’adressait à tous, mais Clément le prit personnellement. Le joueur de l’équipe adverse, le ballon sous le bras, fonçait comme un bolide. Clément, qui se trouvait sur sa trajectoire, s’élança en se souvenant de chacun des gestes que Nolan lui avait enseignés quand il s’était donné pour mission d’en faire un joueur de rugby honorable. Un : regarder le corps de l’adversaire quand on plaque, car il pourrait détourner votre attention par 25
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Numéro d’édition : 16052 Mise en page : Text’Oh Achevé d’imprimer en janvier 2016 par Lego S.p.A, (Italie) Dépôt légal : janvier 2016
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