JEAN-MARIE DUTHILLEUL
AMÉNAGER LES ÉGLISES
Iconographie de couverture : © Stefan Reiß / Getty Images Direction : Guillaume Arnaud Direction éditoriale : Sarah Malherbe, David Gabillet Édition : Pauline Trémolet, assistée de Claire Stacino Direction artistique : Élisabeth Hebert Mise en page : Magali Meunier Direction de fabrication : Thierry Dubus Fabrication : Florence Bellot Photogravure : Turquoise © Mame-Desclée, Paris, 2015. www.mameeditions.com ISBN : 978-2-7189-1019-2 MDS : 532 056 Tous droits réservés pour tous pays. Achevé d’imprimer en septembre 2015, par DZS, Slovénie. N° d’édition : 15281 Dépôt légal : novembre 2015.
JEAN-MARIE DUTHILLEUL
AMÉNAGER LES ÉGLISES
INTRODUCTION
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ESPACE ET LITURGIE EN VÉRITÉ PREMIÈRE PARTIE
l’espace, instrument de la relation la maison d’église
composer l’église pour les gens de l’époque l’architecture
l’église en esprit et en vérité
inventer l’avenir en chaque église
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ESPACES LITURGIQUES EN ACTE DEUXIÈME PARTIE
CONTINUER L’HISTOIRE POUR AUJOURD’HUI PREMIER PRINCIPE
: Notre-Dame de Paris : Notre-Dame de Strasbourg une église pour notre temps : Saint-François de Molitor, à Paris réaccorder l’instrument
une nouvelle page d’histoire
36 42 50
ACCORDER LE LIEU À L’ACTION LITURGIQUE DEUXIÈME PRINCIPE
: Journées mondiales de la jeunesse de paris en 1997 : Chapelle des sœurs de Saint-Maurice, à Bex (Suisse)
une église de pierres vivantes entourer la communauté révéler la cathédrale
: Sainte-Geneviève de Nanterre
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DONNER UN SENS À TOUT ESPACE TROISIÈME PRINCIPE
: Saint-Germain-des-Prés, à Paris : Chapelle de la communauté jésuite Saint-Ignace, à Paris
de l’abbatiale à l’église paroissiale accueillir celui qui passe
82 90
UNIFIER LE LIEU
QUATRIÈME PRINCIPE : Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes : Église abbatiale de Saint-Maurice-d’Agaune
l’unité de la cathédrale autour du christ
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HABITER L’ESPACE EN VÉRITÉ
CINQUIÈME PRINCIPE de l’intimité à la gloire : Notre-Dame de Grenoble une accumulation raisonnée : Saint-Jean de Besançon retrouver l’architecture : Église abbatiale Saint-Guénolé de Landévennec
CONCLUSION CRÉDITS ICONOGRAPHIQUES
114 120 126
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L’ESPACE, INSTRUMENT DE LA RELATION Nous vivons souvent comme si l’espace qui nous entoure était neutre, n’avait pas de signification particulière. Certains en font une marchandise, on le vend et on l’achète ; d’autres lui donnent une valeur simplement fonctionnelle, il s’agit alors de disposer dans cet espace les ustensiles nécessaires à la vie quotidienne ; d’autres encore l’accaparent pour leur jouissance esthétique personnelle. Or, lorsque nous professons : « Je crois en un seul Dieu, […] créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible », nous affirmons que l’espace est créé par Dieu, comme le temps, et que Dieu nous donne un corps de chair pour passer quelque temps dans cet espace qu’il crée. L’espace comme le temps a donc une grande valeur dans notre relation à Dieu puisque c’est dans l’espace et dans le temps qu’il nous place lui-même aujourd’hui. Mais Dieu ne crée pas seulement l’espace et le temps, il est venu les habiter. Dieu lui-même a habité l’espace et le temps dans un corps de chair. Après la mort de ce corps de chair, il est revenu dans cet espace discuter et manger avec ses amis. Et il leur a dit : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Dieu est avec nous dans l’espace où nous vivons tous les jours qu’il fait. L’espace est donc bien le lieu où Dieu nous attend. Et nous n’en finissons pas de nous installer dans cet espace. Jésus lui-même aidait les gens à s’installer dans l’espace pour bien y vivre, auprès de son père
Joseph le charpentier. L’installation dans l’espace est le moyen humain de maîtriser notre relation avec ce qui nous entoure. C’est en particulier le moyen d’être en relation complète avec les autres. Il y eut au commencement l’espace du jardin d’Éden, où l’homme était en relation directe avec Dieu. L’homme n’intervenait pas sur cet espace, il l’habitait tout simplement. Puis il y eut la cassure de la relation de confiance en Dieu. L’homme et la femme sont alors nécessairement sortis de l’espace de la relation directe avec Dieu, ils sont sortis du Jardin. Alors, nous dit la Bible, l’homme – en l’occurrence Caïn – devint bâtisseur de villes. Il s’ensuit, toujours dans la Bible, une longue énumération de villes, décrites comme des lieux de relation entre les hommes mais sans Dieu : Babel où les hommes finissent par ne plus s’entendre, Sodome qui explose, Ninive qui est sauvée par la venue d’un seul homme : Jonas. Dieu est alors venu visiter des villes en la personne de Jésus. Il a structuré l’espace par sa présence et le temps par sa Parole. Il a posé les fondations de la ville idéale que nous appelons encore Jérusalem, la Jérusalem « du ciel » où nous vivrons ensemble avec Dieu une relation éternelle qui comblera enfin notre recherche de ce que nous appelons le bonheur. C’est cette ville qu’Il nous a demandé de préparer en établissant entre nous une relation d’amour. Cette relation a lieu dans un espace qui peut être ou ne pas être structuré pour cela. SAINTE-GENEVIÈVE DE NANTERRE C’est dans l’espace concret où nous vivons ensemble que Dieu nous attend.
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ESPACE ET LITURGIE
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ÉGLISE ABBATIALE SAINT-GUÉNOLÉ DE LANDÉVENNEC Composer l’espace, c’est une prière silencieuse.
L’art de structurer l’espace dans le but de créer les conditions d’une relation heureuse entre ceux qui l’habitent s’appelle l’architecture. C’est le bien-être des gens ensemble dans l’espace qui est la cause finale de l’architecture et non, comme l’idée en est largement répandue, l’expression de la subjectivité d’un architecte. Cette subjectivité ne pèse pas lourd au regard de l’histoire des hommes à laquelle il doit simplement apporter le service de la mise en espace. Mais l’architecture est tout de même un art car elle parle autrement qu’avec les mots de la vie courante. Elle parle avec l’espace et ce qui le définit : la géométrie qui le structure, les formes qui lui donnent sens, l’échelle qui l’ordonne aux hommes, les rythmes qui le conjuguent avec le temps, les matières qui y installent la lumière. L’architecture parle en silence et influence la relation. Il y a la relation familiale et la relation d’amitié dans l’habitation, la relation dans la transmission de connaissances à l’université, la relation dans les soins apportés aux malades à l’hôpital, la relation à ceux que l’on ne connaît pas dans les lieux publics. Il y a aussi ce lieu unique qu’est la maison d’Église. La maison d’Église est le lieu où se rassemble une communauté d’hommes et de femmes pour une sorte de rendez-vous d’amour avec Dieu lui-même,
lieu de relation fraternelle aux autres et de relation d’amour total avec Dieu. Ce rendez-vous se déroule dans l’espace et dans le temps d’aujourd’hui selon des dispositions qu’on appelle la liturgie. Ces dispositions dans l’espace et dans le temps organisent, signifient, et en même temps permettent aux personnes présentes de vivre pleinement une relation et de constituer très concrètement le « corps unique » du Christ, notion bien abstraite tant qu’on ne l’a pas expérimentée physiquement dans l’espace réel. Depuis des siècles, les hommes ont perçu qu’aménager ou construire une église c’est répondre au Dieu créateur en assemblant des éléments que Luimême nous donne. Dans ce travail, nous sommes un peu comme le bien-aimé qui composerait un bouquet de fleurs cueillies dans le jardin cultivé par sa bien-aimée pour le lui offrir. Composer l’espace, c’est une prière silencieuse. C’est bien dans l’espace concret qu’Il nous offre à chaque instant que Dieu nous attend, dans cet espace où nous vivons ensemble. Il nous faut donc mettre en œuvre tout le talent humain qu’Il nous donne pour que cet espace concret soit le plus digne de cette ineffable rencontre. Alors cet espace manifestera l’Esprit et reflétera la Vérité. C’est sans doute cela que l’on appelle la Beauté.
LA MAISON D’ÉGLISE La maison d’Église, lieu du rendez-vous d’amour avec Dieu
ÉGLISE ABBATIALE SAINT-GUÉNOLÉ DE LANDÉVENNEC L’église, maison pour habiter avec Jésus Lui-même.
Qu’est ce qu’une église au XXIe siècle ? C’est toujours le lieu du rendez-vous d’amour avec Dieu qui vient nous rencontrer en la personne de Jésus en ce lieu précisément, en ce temps précisément où nous y célébrons l’Eucharistie. Quelle histoire ! Comment ne pas être bouleversé à la pensée de devoir aménager un lieu pour y recevoir Dieu lui-même ? Dieu à qui nous devons tout : la lumière du soleil et le souffle du vent, l’eau qui rafraîchit, le bois et la pierre, le fer et le verre avec lesquels nous construisons nos abris. Nous appelons ce lieu « maison » car c’est bien une habitation,
un lieu à habiter : à habiter avec ceux de cette communauté que l’on appelle l’Église et à habiter avec Jésus lui-même. Chaque maison d’Église est dans la ville le lieu le plus extraordinaire qui soit puisqu’y vient Celui qui sauve le monde de la mort et entraîne les hommes avec Lui dans la vie éternelle. La maison d’Église, signe du fils de l’Homme dans la ville Lorsque, au puits de Jacob, la Samaritaine demande à Jésus s’il faut adorer sur la Montagne ou à Jérusalem, celui-ci répond : « l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4,23). Certains en ont déduit qu’il n’y avait plus de nécessité de Temple – ce qui est juste, au sens juif du mot « Temple » –, et en poussant le raisonnement encore plus loin, qu’il n’y avait plus besoin de maisons d’Église dans la ville. Les communautés chrétiennes pouvaient se réunir n’importe où, on pouvait adorer partout, à condition de le faire en esprit et en vérité. Plus besoin d’église pour cela. Cette dernière affirmation a été fort discutée depuis quelques décennies. En effet, chaque église fait signe dans la ville. Chaque église est dans la ville le signe visible du monde invisible, le signe qui matérialise la présence au milieu des hommes de la transcendance et de Jésus luimême. De même que Jonas fut un signe pour les Ninivites, les églises sont le signe du Fils de l’Homme pour les habitants des villes. Les maisons d’Église sont donc pour l’Église elle-même un instrument missionnaire.
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Juste après sa conversation avec la Samaritaine, Jésus adresse aux disciples qui l’accompagnent ces paroles : « Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort, d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié » (Jn 4,38). Comment ne pas penser à notre situation actuelle et à la question que nous nous posons sur le chemin à prendre pour continuer l’Histoire de l’installation du lieu de la rencontre entre Dieu et les communautés d’Église rassemblées ? Dans la plupart des cas, nous célébrons les offices dans des églises construites par nos prédécesseurs. Au XXIe siècle en France, l’Église est sans doute pauvre en argent, parfois en fidèles, mais riche d’une récolte potentielle fabuleuse, celle des églises. Continuer l’Histoire, c’est donc moissonner les églises ! L’actualité des maisons d’Église Au fil des siècles, des millions d’hommes et de femmes ont construit ces églises, y passant parfois toute leur vie. Ils regardent maintenant ce que nous faisons du fruit de leur travail titanesque. Que nous disent-ils ? Que la communauté des prêtres et des fidèles qu’on appelle l’Église doit faire vivre ces maisons, en montrant que ces monuments de l’Histoire ont une vie actuelle, qu’ils sont aujourd’hui bien « habités ». L’Église vivra aussi à la mesure de la façon dont elle fera vivre ces maisons. Qu’elle les laisse devenir de vieilles baraques apparemment inhabitées, poussiéreuses et croulantes, et elle s’écroulera car elle ne remplira pas sa mission auprès des hommes. Qu’elle les habite et les actualise en leur donnant un
rôle actif dans la ville d’aujourd’hui et elle montrera Jésus aux hommes qu’Il aime. Aménager les églises est un acte d’évangélisation qui contribue à témoigner de la recherche du royaume de Dieu. On peut alors se laisser guider par la parole de Jésus à la Samaritaine. Il s’agit pour l’Église, légataire universelle des maisons d’Église de tous les siècles passés, de les faire vivre aujourd’hui « en esprit et en vérité » pour les hommes de notre époque. Ce qui exprime « en esprit et en vérité » la vie actuelle de la maison d’Église – c’est-à-dire sa modernité – c’est l’aménagement liturgique pour notre temps. C’est en effet à travers la liturgie que s’actualise en ces lieux la présence divine. Sur ce sujet le concile Vatican II a bien préparé la moisson avec la Constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium du 4 décembre 1963, mais nous sommes encore bien loin d’avoir moissonné ce qui a été semé. Il nous appartient d’organiser la rencontre en profondeur entre le patrimoine des maisons d’Église de toutes les époques qui peuplent nos villes et cette Constitution du concile Vatican II. C’est une action historique qui demande du temps. D’autant que ce travail de mise en place architecturale de l’espace de la liturgie terrestre doit viser la perfection. En effet, comme l’écrivent les Pères du Concile : « Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs » (Sacrosanctum Concilium, § 8). Il s’agit de préfigurer par notre action la Jérusalem céleste, ni plus ni moins.
COMPOSER L’ÉGLISE POUR LES GENS DE L’ÉPOQUE Une église pour vivre mieux S’il s’agit par l’architecture de préfigurer la Jérusalem céleste, il faut que chaque maison d’Église offre aux gens de l’époque dans laquelle nous vivons un espace où ils soient vraiment très bien. La Jérusalem céleste n’est-elle pas cette ville dont Dieu pourra dire à nouveau, comme devant sa création : « Cela est très bon » ? Le travail qui nous est confié est donc un travail de composition de l’espace de la maison d’Église pour les gens de notre époque, qui doit leur apporter de quoi vivre mieux. Or notre époque est celle du divertissement, du bruit, de la vitesse et de l’instantané, l’époque du matérialisme également. Le divertissement existe aujourd’hui dans le monde sans doute pour oublier la mort, la souffrance ou l’angoisse, or la maison d’Église montre le Christ mort et ressuscité. Elle offre donc l’espérance à celui qui regarde en face, parce qu’il le veut ou parce qu’il le doit, la souffrance et la mort. Aux hommes saturés de divertissements, l’église de notre époque doit montrer le signe du Christ mort et ressuscité, la croix du crucifié et la croix de gloire transfigurée par la victoire sur la mort de Celui qui y était pendu. Offrir à chacun ce signe d’espérance, cet espace appelé « de gloire » parce qu’il manifeste la présence du Christ ressuscité, c’est lui permettre de retrouver la plénitude de son existence, le libérer de la peur enfouie pour qu’il puisse de nouveau retrouver la capacité d’inventer sa vie heureuse en toutes circonstances. Ainsi, là où ne règne que le divertissement, la maison d’Église peut offrir l’espérance.
Le divertissement est souvent porté par le bruit, par une saturation visuelle et sonore de l’espace. C’est pour cette raison que la ville et ses grands lieux publics sont le règne du bruit. Pour permettre de découvrir ce qu’il y a au-delà du divertissement, l’église de notre époque doit offrir le luxe du silence, un beau silence comme on peut en composer quand on sait que l’architecture fabrique des perceptions sonores autant que visuelles. Le silence permet d’entendre enfin la voix du Seigneur ressuscité qui parle dans le souffle d’une brise légère. Ainsi, là où ne règne que le bruit, l’église peut offrir le luxe du silence. Si la ville est le lieu des gens pressés, bousculés par un rythme de vie qui n’est plus réglé par le cosmos mais par la société, qu’on appelle parfois « l’agitation », l’église de notre époque doit permettre de retrouver le temps réglé par la création, le temps cosmique qui rend compte des grands rythmes liés au mouvement des planètes à l’origine des nuits, des jours et des saisons. Dans l’église, l’architecture est composée pour constituer une caisse de résonance pour la lumière, on y retrouve ce temps réglé par le changement régulier de la lumière du ciel : non plus un temps qui passe, mais un temps qui dure, un prélude à l’éternité. Quelle paix lorsqu’on peut méditer en contemplant le mouvement d’un éclat de soleil descendant tout doucement sur le mur d’une nef en caressant la pierre blonde. Dans la liturgie eucharistique, lorsque Dieu se rend présent au milieu des fidèles rassemblés, nous sommes introduits dans son éternité : toute la maison d’Église ne peut qu’en rendre compte. Ainsi, là où ne règne que l’agitation, l’église peut offrir le temps qui dure.
Les projets présentés dans cet ouvrage sont l’œuvre de Jean-Marie Duthilleul en collaboration avec les architectes : MARCEL BAJARD pour : Notre-Dame de Grenoble. CORINNE CALLIES pour : Saint-François de Molitor. BENOÎT FERRÉ pour : Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Strasbourg, Sainte-Geneviève de Nanterre, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, L’église abbatiale Saint-Guénolé de Landévennec. BENOÎT FERRÉ et ÉTIENNE TRICAUD pour : La chapelle de la communauté jésuite Saint-Ignace. MICHEL MAILLARD pour : Les Journées mondiales de la jeunesse de Paris en 1997. JEAN-FRANÇOIS PICARDAT et JEAN-MARC HEUSLER (Agence Sironi) pour : L’église abbatiale de Saint-Maurice-d’Agaune.
AMÉNAGER LES ÉGLISES
Alors qu’on demandait à saint Jean XXIII pourquoi il réunissait le concile Vatican II, il alla vers la fenêtre et l’ouvrit toute grande… En matière liturgique, la constitution du Concile sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium a largement ouvert les fenêtres. Pourtant l’espace de nos églises ne rend compte qu’assez rarement de cette ouverture. Le retournement des autels a transformé nombre d’églises en salles de spectacle avec scène et salle plutôt qu’en maison d’une communauté, corps du Christ rassemblé. Or la participation au sacrifice eucharistique ne consiste pas à regarder ce qui se passe, elle consiste à être pleinement présent à l’instant, en communion totale avec ses frères et avec le Christ et à se laisser nourrir de la Parole et du Pain de Vie. L’Eucharistie n’est pas un spectacle, c’est un événement. Il s’agit de préfigurer par l’action liturgique la Jérusalem céleste, ni plus ni moins. Ici intervient l’architecture pour composer l’espace visible qui donne à voir l’invisible. À chaque communauté chargée d’une église de libérer son regard sur celle-ci et d’y ajuster l’espace à ce qui s’y déroule : la Divine Rencontre. Jean-Marie Duthilleul est architecte et ingénieur. Il a conçu notamment de nombreuses gares en France et à l’étranger et a été appelé à aménager des cathédrales ou des églises à la demande d’évêques, de curés, ou de communautés religieuses. Treize chantiers d’aménagement ou de construction, magnifiquement illustrés, nous sont présentés : Églises aménagées : Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Strasbourg, la chapelle des Sœurs de Saint-Maurice, à Bex (Suisse), Sainte-Geneviève de Nanterre, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Ignace, Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, Saint-Maurice d’Agaune, Notre-Dame de Grenoble, Saint-Jean de Besançon, Abbaye de Landévennec. Églises construites : Saint-François de Molitor, le podium des JMJ de Paris à Longchamp.
34, 90 € France TTC
www.mameeditions.com