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MARIE DUHAMEL PRÉFACE DE P. FEDERICO LOMBARDI, SJ

Le 13 mars 2013, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, évêque de Buenos Aires est élu pape. C’est le pape des premières fois : premier pape non-européen ; premier pape à prendre le nom de François en référence à François d’Assise le poverello, le saint des pauvres ; premier pape jésuite. Par son charisme évident, son autorité souriante comme ses discours contre l’argent-roi, ses voyages inattendus, sa volonté de réformes dans l’Église, le pape François marque de son empreinte le monde catholique, le monde tout entier. Dans cette époque troublée qui est la nôtre, le pape François est un repère bienveillant, nécessaire. Et ce n’est que le début de son pontificat… Un texte rigoureux de Marie Duhamel, journaliste à Radio Vatican ; environ 250 photos célèbres ou inédites ; plus de 50 facsimilés – son certificat de baptême, son carnet de notes au séminaire, sa profession de foi d’archevêque de Buenos Aires mais aussi… sa carte de supporter du club de football de San Lorenzo.

DES DOCUMENTS EN FAC-SIMILÉS LIRE, VOIR, MANIPULER… LE LIVRE-OBJET DE RÉFÉRENCE SUR LE PAPE FRANÇOIS

O U V R AG E R É A L I S É E N PA R T E N A R I AT AV E C

ISBN : 978-2-7289-2102-7 39,90 €

Servizio Fotografico L’Osservatore Romano

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Pour la présente édition :

© MAME, Paris, 2015

www.mameeditions.com Édition, conception et réalisation : © YSCÉO, 2015

6, rue Laplace – 75005 Paris www.ysceo.com

Éditeur : Jacques Binsztok

Ouvrage réalisé sous la direction de Marie-Françoise Audouard

Directeur artistique et mise en page : Matthieu Rondeau et Nicolas Scamps Traitement iconographique : Maria Zaytseva

Production exécutive, recherche iconographique : Guillaume Roux de Bézieux Imprimé en RPC par AldeManuce Belgique Dépôt légal : septembre 2015 ISBN : 978-2-7289-2102-7 MDS : 531488

Tous droits réservés pour tous pays.

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MARIE DUHAMEL

O U V R AG E R É A L I S É E N PA R T E N A R I AT AV E C

Servizio Fotografico L’Osservatore Romano

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SOMMAIRE

Préface de P. Federico Lombardi, S.J.

C H A P I T R E I

C H A P I T R E I I

Un pape de l’autre bout du monde

Un provincial déterminé, malgré la dictature 45

C H A P I T R E V

11

« Je crois en mon histoire traversée par le regard d’amour de Dieu » 27

CHAPITRE III

C H A P I T R E I V

7

Le berger au milieu de son troupeau 67 François, le pape de la révolution ? 95

CHAPITRE VI

É P I LO G U E P R OV I S O I R E

La fraternité construira la paix 121 133

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PRÉFACE

Ce ne sont pas les livres sur le « nouveau » pape qui manquent…

À vrai dire, depuis cette soirée du 13 mars, il y a deux ans, la curiosité envers le premier pape non européen – sa manière surprenante d’apparaître à la

loggia centrale de Saint-Pierre, mais aussi ses paroles et ses gestes toujours

étonnants ou déroutants – explique aisément la multiplication des publications qui lui sont consacrées…

Recueil de discours et d’homélies, de citations, albums d’images fortes, riches de sourires et

d’accolades, mais aussi de mines graves. Des biographies aussi, plus ou moins fouillées, et

selon des angles très divers. Il existe même des hebdomadaires dédiés à “Mon Pape”. Les

journalistes sont nombreux à avoir pris l’avion jusqu’en Argentine afin de voir et de mieux

comprendre « cet autre bout du monde » d’où vient ce religieux jésuite qui, à peine élu, a eu le courage de s’appeler François.

Il fallait donc aussi du courage pour raconter une nouvelle fois la vie de Jorge Maria Bergoglio. Notre Marie Duhamel – journaliste à Radio Vatican, elle a vécu en direct, jour après jour, la nouveauté extraordinaire de ce pontificat – a eu cette audace. Et elle a eu raison, parce qu’aujourd’hui nous avons entre les mains un livre passionnant et original.

La richesse de la documentation et des illustrations de ce livre est tout à fait remarquable ; son texte fluide a le double mérite de s’appuyer sur une information sérieuse et d’être très agréable à lire. En feuilletant ce livre, nous entrons de plain-pied et pour la première fois dans une histoire personnelle unique – les sentiments et les idées d’un homme – mais

aussi dans un univers concret rassemblant les lieux précis, les personnes familières et les événements de sa vie, tels qu’il les a vécus.

Encore une fois, nous savourons la merveilleuse aventure d’une histoire personnelle imprévisible d’abord, puis « providentielle ». La parcourir à nouveau depuis le début, avec

un regard et une compréhension à la fois humaine et spirituelle, permet d’apprécier et de mieux comprendre les caractéristiques originales d’un pontificat qui touche par son huma-

nité et sa proximité, non seulement la communauté des croyants, mais aussi de nombreuses personnes sans appartenance religieuse.

Ceux qui veulent connaître et comprendre le pape François apprendront sûrement beaucoup en lisant et en feuilletant à loisir ce magnifique ouvrage.

P. FEDERICO LOMBARDI S.J.

Directeur de la salle de presse du Saint-Siège Directeur général de Radio Vatican

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CHAPITRE I

Un pape de l’autre bout du monde Lundi 11 février 2013. Une pluie fine

tombe sur Rome. En ce jour férié pour le

Saint-Siège, le Vatican semble désert. Seul mouvement visible, le ballet des voitures

qui se succèdent à la porte Sainte-Anne, une des entrées du Vatican… « Buongiorno Eminenza » : à chacun, dans

la vaste cour du Belvédère, un garde suisse souhaite la bienvenue aux arrivants.

Les cardinaux de la Curie romaine sont convoqués à

un « consistoire ordinaire ». Une audience solennelle

pendant laquelle Benoît XVI va annoncer publiquement la canonisation de trois futurs saints. On bavarde, on

se salue dans l’ascenseur en bois qui conduit à la salle

le décret de canonisation ? Benoît XVI procède et fixe

longue et étroite du Consistoire, au deuxième étage du

au 12 mai la prochaine célébration.

Benoît XVI fait son entrée, les cardinaux se lèvent.

tains se lèvent déjà. On leur fait signe de se rasseoir. Le

palais apostolique.

Visiblement affaibli, le visage creusé, voûté, le pape semble à bout de force. Accompagné de deux cérémo-

Tout devrait s’achever là. Pensant le conclave fini, cermaître des cérémonies liturgiques, Mgr Guido Marini tend alors deux feuilles au pape.

niaires, il gravit lentement les trois marches conduisant

Concentré, sans émotion apparente, la voix faible mais

pontificaux, la mozette de velours rouge et l’étole trop

de ses mains. Le contraste entre son filet de voix et le

Fragile et éprouvé certes, mais toujours l’esprit alerte

avoir examiné ma conscience devant Dieu, je suis par-

au trône. Il semble plus frêle que jamais, dans ses habits grande pour lui.

et vigilant, il préside l’audience solennelle. Le rituel se déroule, immuable… Le préfet de la Congrégation pour

les causes des saints prend la parole en latin. Face à la cinquantaine de prélats attentifs, le cardinal Angelo Amato

évoque la figure des trois saints. Le pape accepte-t-il

claire, Benoît XVI se met à lire la « declaratio » écrite contenu du message est pourtant saisissant ! « Après

venu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne me permettent plus d’exercer

Après près de huit ans de pontificat, le 11 février 2013, Benoît XVI annonce d’une voix égale et en latin sa décision de renoncer à son ministère pour se retirer en prière. Le 265e successeur de Pierre démissionne pour raison de santé. Or, depuis le xve siècle, c’est toujours la mort qui a marqué la fin du règne des papes. Le 13 avril 2013, un mois plus tard presque jour pour jour, le cardinal argentin Jorge Bergoglio est élu pape, après moins de deux jours de conclave. DOCUMENT

L’Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège, au lendemain de l’élection de François, le 14 mars 2013.

de façon adéquate, le ministère pétrinien. »

Dans l’assemblée, certains cardinaux se figent soudain. Au Vatican, personne, jamais n’envisage un retrait

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volontaire : malade ou en fin de vie, « un pape ne descend pas de la Croix » (selon l’expression de l’ancien

secrétaire de Jean Paul II). Un prélat se penche vers le pape, l’air inquiet. Les autres, immobiles, s’interrogent

du regard. Un moment de flottement. Les visages se

tendent pour comprendre le pape qui continue en latin, sans s’interrompre.

« Pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer

l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi

d’une manière telle que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. »

Un des rares à avoir été mis dans le secret, le cardinal Angelo Sodano, le doyen des cardinaux très ému, remercie le pape allemand pour son pontificat. Il évoque un « coup de tonnerre dans un ciel serein » pour exprimer sa surprise, et celle de ses pairs. Dans la salle du consistoire, les cardinaux restent figés, tandis que Benoît XVI glisse hors de la salle.

« Incapacitate », « administrandum », « Conclave » : les mots sonnent comme des déflagrations aux oreilles

des cardinaux, même des non-latinistes : Benoît XVI renonce librement à son ministère. Le siège de Pierre

sera vacant dès la fin du mois, le 28 février prochain. Un conclave sera organisé.

Dans la salle du consistoire, les cardinaux stupéfaits restent sidérés sur leurs chaises. Nul ne bouge… Soudain

le cardinal Sodano se lève : le doyen du sacré collège (un des rares à avoir été dans le secret) évoque un « coup de

tonnerre », puis rend hommage au pontificat « lumineux » de Benoît XVI. Pris de court, les cardinaux ne songent même pas à applaudir.

Après sept ans, dix mois et neuf jours de pontificat, pendant lesquels il a affronté, sans jamais reculer, de si nombreuses tempêtes, en ce 11 février 2013, Benoît XVI

s’éclipse discrètement de la salle du consistoire… « Il a

glissé hors de la salle. Et nous, plongés dans un abîme de réflexion, nous n’avons plus pensé à bouger. » Comme les autres, le cardinal Poupard est abasourdi. Les cardinaux

de la Curie romaine – et les catholiques du monde

entier - se retrouvent orphelins ! Tristes, désorientés, parfois même scandalisés. Pour l’Église, c’est une révolu-

tion. Et un séisme médiatique partout dans le monde…

Les derniers jours à Buenos Aires À des milliers de kilomètres de là, immédiatement alerté

par un de ses amis romains, l’archevêque de Buenos

Aires s’est sans doute empressé d’acheter les journaux

du jour. Lecteur attentif et assidu de la presse écrite, le cardinal Jorge Bergoglio n’aime pourtant pas répondre 12

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aux questions des journalistes. Timidité ou discrétion ? Il évite de se mettre en avant… et laisse les évêques argentins se livrer à des dizaines d’interviews.

Par amitié, il répond cependant à la correspondante de l’Ansa, l’agence de presse italienne, qui sera la seule à

obtenir son commentaire : « On parle d’un pape conservateur, mais son geste a été révolutionnaire. » Il salue

« une décision très réfléchie devant Dieu » et « très responsable de la part d’un homme qui ne veut pas se

tromper ou laisser les autres décider à sa place ». Et souligne la « grande beauté, la simplicité et la profon-

deur » du magistère de Benoît XVI. Enfin le cardinal Bergoglio rend hommage à l’homme lui-même : « Sa

recherche de la douceur est proverbiale. Il défend les principes, mais n’attaque jamais les personnes. »

Le jour même, il se rend en fin d’après-midi à la paroisse

de l’Inmaculada Concepción, dans le quartier de son enfance, à Flores. Il y célèbre la messe, comme chaque

Le mercredi 13 février 2013, l’archevêque de Buenos Aires célèbre la messe des Cendres dans la cathédrale métropolitaine, place de Mai. Depuis plus d’un an, il attend la nomination de son successeur, pour pouvoir prendre sa retraite.

faire tomber le « masque de cire » et à ouvrir son cœur

au Seigneur. L’homme a la parole libre. Il se moque de déplaire et défend ses convictions.

Le départ pour Rome

année pour la fête des apparitions de la Vierge à Lourdes,

Quinze jours plus tard, le cardinal Bergoglio s’envole

Le curé de la paroisse l’avertit : les fidèles sont inquiets,

à chaque déplacement, il y range méthodiquement

ce jour-là devant quelque mille cinq cents personnes. sous le choc de la nouvelle. Durant son prêche, Jorge

Bergoglio rend hommage à la simplicité, à la douceur

et à la charité de Benoît XVI. Après la messe, il salue

les familles. Dans l’agitation qui précède la procession, une voix de femme s’élève dans la foule : « Que Dieu

seul pour Rome, sa mallette noire à la main. Comme ses documents de travail, son bréviaire et son agenda

noir où il note lui-même ses rendez-vous et contacts. Il emporte peu de bagages. Son unique valise est en soute : son déplacement ne durera pas longtemps, et il

te fasse pape ! »

Deux jours plus tard, dans la cathédrale métropolitaine, au centre de Buenos Aires, l’atmosphère est recueillie pour la messe des Cendres ; le visage empreint de gravité, le cardinal Bergoglio préside la cérémonie d’entrée

en Carême ; à l’aube de ce temps de pénitence et de jeûne qui précède Pâques, il exhorte les fidèles à « une

conversion des cœurs » : fini les prières artificielles et les faux repentirs !

Le même jour dans un message public adressé aux

habitants de sa ville, chaque mot est comme une pierre. Contre l’insidieuse habitude à entendre et à voir, à travers des médias, « la chronique noire de la société contem-

poraine ». Contre « l’empire de l’argent et ses effets démoniaques » tels que la drogue, la corruption ou la traite des personnes. Contre le manque de valeur éthique

qui fait naître des « métastases » dans les familles, les

quartiers et les villes. Jorge Bergoglio invite chacun à 13

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Doué d’une mémoire prodigieuse, il se souvient de tout, à des années d’écart. Il se dit « rusé » mais intègre et généreux, il n’hésite pas à vider son portefeuille pour

une personne dans le besoin. Extrêmement pudique, il

ne parle pas de lui et ne se livre pour ainsi dire jamais : « La vie m’a appris à cacher mes émotions. »

Durant les treize heures que dure le vol d’Alitalia, Jorge

Bergoglio songe-t-il à la papauté ? Son horizon est tout autre ; déjà, en 2010, il avait confié qu’à soixante-dix

ans passés, il ne lui restait « plus beaucoup de fils dans

la bobine » et qu’il envisageait sereinement de prendre a l’habitude de laver lui-même son linge… Il part le 26 février, juste à temps pour pouvoir saluer Benoît XVI avant que celui-ci ne se retire en prière.

La silhouette massive, le visage allongé aux yeux cernés, habillé de noir comme un simple prêtre, le cardinal refuse tout privilège et voyage en classe économique. Sa seule

exigence est de pouvoir s’installer dans la rangée située

au niveau de l’issue de secours : il n’est pas grand, mais a besoin d’étendre les jambes pour limiter ses douleurs à la hanche…

Son visage grave – parfois sévère – s’illumine sou-

vent d’un sourire chaleureux ou malicieux ! Car Jorge Bergoglio a un sens de l’humour prononcé et n’hésite

jamais à taquiner son entourage. Il a toujours une blague à disposition, et noue très facilement des liens sincères avec ses interlocuteurs. Il sait écouter ; concentré et

attentif, son regard se pose… et il n’oublie personne.

sa retraite… Avant de se retirer, à Castel Gandolfo, Benoît XVI a pris le temps de remercier les cardinaux et l’assemblée des fidèles. Le 27 février 2013, il fait ses adieux place Saint-Pierre lors de la dernière audience générale : « Je me suis senti comme saint Pierre avec les Apôtres dans la barque sur le lac de Galilée : le Seigneur nous a donné beaucoup de jours de soleil et de brise légère, jours où la pêche a été abondante ; il y a eu aussi des moments où les eaux étaient agitées et le vent contraire (…). Mais j’ai toujours su que dans cette barque, il y a le Seigneur et j’ai toujours su que la barque de l’Église n’est pas la mienne, n’est pas la nôtre, mais bien la sienne. Et le Seigneur ne la laisse pas couler ».

C’est ainsi qu’en novembre 2011, il a renoncé à la pré-

sidence de la Conférence épiscopale argentine, après deux mandats de trois ans. Puis, au lendemain de son

soixante-quinzième anniversaire, le 17 décembre 2011, il a remis sa démission à Benoît XVI, « pour raison d’âge », conformément au droit canon.

Après avoir été archevêque de Buenos Aires pendant

quatorze ans, le cardinal envisage l’avenir là où pour lui tout a commencé. Il s’est réservé une chambre dans

une résidence pour prêtres âgés du quartier de Flores. Dans le barrio ombragé de sycomores où il a passé son enfance… C’est là aussi qu’adolescent, il a connu à dixsept ans les premiers signes de sa vocation.

Pour Jorge Bergoglio, vieillesse rime avec sagesse, mais

certainement pas avec paresse. Infatigable travailleur, son souhait est de pouvoir mettre toute l’énergie qui lui reste au service de sa mission de curé, dans sa ville chérie

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Pour toutes ses raisons, ses proches, ses amis, ses colla-

de Buenos Aires, et apporter son aide aux paroisses qui en ont besoin.

borateurs, jusqu’à son marchand de journaux, l’ont titillé

son successeur, aussi a-t-il déjà commencé un grand

certains. Bergoglio esquive : il répète qu’il est trop vieux ;

Il ne souhaite pas laisser de travail ni de désordre à

avant son départ : « Si tu es élu, accepte ! », plaident

ménage dans son modeste bureau, au deuxième étage de

il a de l’arthrose et une réelle gêne respiratoire (on lui

l’archevêché ; il s’est débarrassé de nombreux documents

a enlevé un morceau de poumon). Et lorsqu’un jeune

car il préfère « quitter ce monde en laissant le moins

séminariste le taquine en lui disant que Rome – le voyant

de choses possibles ».

aussi en forme – ne le laissera pas repartir, le cardinal rétorque : « J’ai déjà pensé à tout. Je vais me présenter au

Le cardinal argentin a bien réfléchi à sa retraite et l’a même organisée… mais celle-ci n’arrive pas ! Lorsqu’il

conclave avec ma canne, pour que les autres cardinaux

embarque pour Rome, cela fait quatorze mois qu’il a

se disent : on ne va jamais élire ce petit vieux. »

remis sa démission. Or, non seulement Benoît XVI ne

D’ailleurs, Jorge Bergoglio a déjà programmé son retour. Il rentrera le 23 mars à Buenos Aires pour pouvoir

l’a pas acceptée, mais il vient même de le nommer, au

sein de la Curie, conseiller auprès de la Commission

présider la messe des Rameaux, puis les célébrations

pontificale pour l’Amérique latine !

pascales.

Benoît XVI envisageait-il déjà de renoncer au ministère

15 jours de spéculations

de Pierre ? Songeait-il alors au prélat argentin pour

reprendre la charge papale ? Il faut dire que, lors du conclave de 2005, le cardinal Bergoglio avait été le

concurrent le plus sérieux du cardinal Ratzinger. Deux

ans plus tard, il avait fait forte impression à Aparecida, lors d’une réunion des évêques d’Amérique latine… Et surtout, il est aimé de tous ceux qui le connaissent.

Ce dimanche 17 février 2013, le pape accueille dans Le 1  mars 2013, la vacance du Siège apostolique commence et un conclave s’annonce. Ce n’est pas le premier auquel assiste l’archevêque argentin. En 2005, Jorge Bergoglio était déjà cardinal électeur. Il était même l’un des favoris. er

son sanctuaire privé les membres de la Curie romaine. Évêques et cardinaux sont assis les uns à côté des autres, réunis pour les secondes vêpres de Carême. Benoît XVI

se tient à l’écart, dans une niche située à droite de l’autel. Il est 18 heures, la célébration commence.

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Au-dehors, le monde est en ébullition dans l’attente du conclave. Les rumeurs et spéculations vont bon

train… Chaque jour apporte dans la presse un nouveau nom sur la liste des papabili. Charismatique, éloquent

et chaleureux, le jeune cardinal Gianfranco Ravasi lui-même ferait un très bon papabile… au moins à l’écran ! Or selon les rumeurs, le secrétaire d’État du

Saint-Siège, bras droit de Benoît XVI, le pousserait à

se déclarer. À moins que le cardinal Tarcisio Bertone n’accorde plutôt son soutien à un ami venu d’Amérique

latine, le cardinal brésilien Odilo Pedro Scherer… Mais Cette petite chapelle, connue pour ses splendides

mosaïques mais inaccessible au monde, sera leur refuge

pendant toute la semaine. Toutes leurs activités publiques sont suspendues le temps des exercices de Carême. Il

s’agit d’un moment de recueillement ponctué par des

méditations quotidiennes. Le cardinal Gianfranco Ravasi en a la charge.

Assis au premier rang, le président du Conseil pon-

tifical de la Culture se lève et prêche face à la Curie : Benoît XVI sera à l’avenir une présence contemplative

le favori reste l’archevêque de Milan, le cardinal Angelo Quatre jours avant de quitter le Vatican pour Castel Gandolfo, aux dernières heures de son pontificat, Benoît XVI prend part, avec les cardinaux de la Curie, aux exercices de Carême dans la chapelle Redemptoris Mater, rénovée en 1999 pour les 50 ans de sacerdoce de saint Jean-Paul II.

Scola, qui a le double avantage d’être italien et de vivre

loin de la Curie et de ses pressions. La liste fluctue, puis se stabilise. Mais jamais le nom du cardinal Jorge Bergoglio n’y apparaît. Une poignée de cinq journalistes

à peine lui consacrent un portrait et lui accordent un statut de « faiseur de roi ». C’est qu’ils se souviennent

du conclave de 2005…

« Le conclave de 2005 l’a mis sur orbite »

dans l’Église… Une figure d’intercession. En préambule

C’était il y a huit ans…

tous de libérer leurs âmes « des commérages qui irritent

incessante du rosaire rythmait la procession qui ser-

de sa première méditation, le prélat italien demande à

continuellement nos oreilles, surtout ces derniers jours ».

Récitée par des dizaines de milliers de voix, la prière

pentait lentement place Saint-Pierre. Sous le soleil

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déjà chaud d’avril, ils avaient fait dix heures de queue pour pouvoir se recueillir une dernière fois devant la

dépouille de Jean-Paul II avant qu’il ne soit enterré

dans la crypte de la basilique. Ils étaient près de deux millions à être venus à Rome pour remercier – dans la

ferveur et le calme – le pape polonais conquérant et rieur qui les avait rendus fiers d’être chrétiens, qui les avait exhortés à ne pas avoir peur.

Pour la première fois, les cent quinze cardinaux électeurs étaient logés à la résidence Sainte-Marthe, de l’autre

côté de la basilique, dans des studios agréables, mais hermétiquement claquemurés !

Mais la surprise de ce conclave avait été le « score »

Le 2 avril 2005, des dizaines de milliers de catholiques accourent pour se recueillir sur la dépouille de JeanPaul II dans la basilique Saint-Pierre. Les cardinaux vêtus de pourpre, portent eux aussi le deuil. Pour 113 des 115 cardinaux électeurs (nommés par le Pape polonais), il s’agit de leur premier conclave. Parmi les deux autres (qui ont pris part à l’élection de Karol Wojtyla en 1978), se trouve l’Allemand Joseph Ratzinger. C’est lui qui sera élu Pape, le 19 avril 2005.

quelque soixante-dix votes. Son « challenger » argentin en obtenait quarante, suffisamment pour bloquer le scrutin… ce qu’il n’avait pas fait.

Le 19 avril 2005, le cardinal Ratzinger était élu deux cent soixante-cinquième successeur de Pierre et prenait

le nom de Benoît XVI. Quant au cardinal Bergoglio, « très heureux de ce résultat final », ce conclave lui avait

donné une véritable stature. Pour le cardinal Poupard,

président émérite du Conseil pontifical de la Culture, le doute n’est pas permis : « Le conclave de 2005 l’a mis sur orbite ! »

Le retour inattendu

du très discret cardinal argentin Bergoglio ! Certes,

Le 28 février 2013 à 20 heures, les portes de bronze du

impressionné ses pairs en remplaçant au pied levé

de Rome, se referment sur le « pape émérite ». S’ouvre

en octobre 2001, le nouveau cardinal argentin avait l’archevêque de New York, retenu dans son diocèse

après les attentats du 11 septembre. Il avait alors rempli

avec bonheur le rôle difficile de rapporteur spécial d’un synode au Vatican dédié au « rôle de l’évêque ». Son intervention avait également marqué les esprits : il

avait alors défini ce rôle comme celui d’un « veilleur » dont la priorité n’est pas de surveiller la doctrine, mais d’être « attentif à ce qu’il y ait du soleil et de la lumière

dans les cœurs ». Les qualités requises ? Il suffit d’être éveillé, astucieux, rapide, d’avoir de la douceur, de la patience et la « constance de la charité vécue ».

« Qu’avez-vous ressenti en entendant plusieurs fois de suite votre nom dans la chapelle Sixtine ? » Un peu tendu, Jorge Bergoglio avait répondu : « De la pudeur, de la honte. Je pensais que les journalistes

étaient fous. » Ils ne l’étaient pas tant que ça : au troisième tour de suffrage, le cardinal Ratzinger emportait

palais apostolique de Castel Gandolfo, dans la périphérie

maintenant la période de Sede Vacante qui précède le conclave. L’Église n’a plus de pape en exercice.

D’Abuja ou Colombo, de Sydney ou Boston, des cardinaux du monde entier arrivent au Vatican. Ils y

rejoignent les cardinaux de la Curie. Deux cent sept

cardinaux, dont cent dix-sept électeurs, sont attendus. Ils seront en réalité moins nombreux à participer aux débats : certains sont malades ou trop âgés pour faire le déplacement.

Commence alors un cycle de rencontres quotidiennes

au Vatican : chacun est invité à s’exprimer sur sa vision de l’Église, sur les défis auxquels celle-ci doit faire face

ou sur les réformes à entreprendre pour y répondre. Ce « pré-conclave » permet également, au fil des interven-

tions et des rencontres, de faire émerger le profil idéal d’un futur pape. C’est enfin lors de ces congrégations générales qu’est donné le feu vert pour aménager la 17

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chapelle Sixtine et choisir une date d’entrée en conclave.

Le premier rendez-vous est fixé lundi 4 mars à 9 h 30,

dans la nouvelle salle du Synode au Vatican.

À la porte Petriano, deux gardes suisses saluent les cardinaux. Hallebardes en main, ils empêchent la horde

des journalistes de suivre les cardinaux de l’autre côté de la frontière. Les reporters lancés à l’assaut du rouge cardinalice ont bien du mal à obtenir le moindre com-

mentaire… Micro, perche et caméra sur l’épaule, ils filment l’arrivée à vélo du cardinal français Philippe Barbarin ou celle du cardinal philippin Luis Antonio

Tagle, à pied. On se rue sur les papabili mais aucun des favoris ne s’arrête

Dans la nouvelle salle du Synode, les cardinaux jettent

un premier coup d’œil sur l’Ordo rituum conclavis qui explique le déroulement du conclave, avant de prêter serment.

Lors des cent soixante-deux interventions, tout est passé au crible : les scandales de l’Église, la mauvaise gestion

de la Curie. Les cardinaux de l’extérieur exigent des explications sur « Vatileaks » ou les mauvaises affaires de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR).

Derrière ses grosses lunettes fumées, le secrétaire d’État du Saint-Siège présente son bilan. Pendant quinze lon-

gues minutes contre les cinq réglementaires, le cardinal Tarcisio Bertone tente de démontrer les progrès accom-

plis à la banque du Vatican. « Insuffisant ! » s’exclame

Aux premières heures des congrégations générales, le cardinal Bergoglio échappe aux micros et caméras. Que ce soient les bookmakers britanniques ou irlandais, les accros des paris en ligne, ou les journalistes (et même les vaticanistes), personne ne semble songer à lui. Seul le site de paris en ligne britannique Ladbrokes considère le cardinal argentin Jorge Bergoglio comme un possible papabile. Mais il arrive à la 17e position à 50/1 !

un ministre de la Curie. À sa suite, plusieurs prélats

contestent l’exposé du secrétaire d’État. Imprudemment, le papabile brésilien Odilo Scherer prendra pourtant sa défense. Cela, dit-on, lui sera fatal.

De ces congrégations générales émane un désir pro-

fond de réforme afin d’améliorer le fonctionnement du gouvernement central de l’Église : les prises de décision doivent être plus transparentes et plus collégiales. Les cardinaux souhaitent une plus grande synergie entre le

Saint-Siège et les évêques en poste à travers le monde. Cependant, la réforme de l’institution ne suffit pas. L’évangélisation reste la priorité face à un sécularisme marqué en Europe, une progression des évangélistes en

Amérique latine, en Afrique et en Asie. Il faut redonner au monde l’enthousiasme de la foi et de la rencontre

avec Jésus. Mais qui pourrait incarner cette fraîcheur, cette joie ? Qui a l’énergie et la poigne nécessaires ? Le profil du prochain pape se dessine.

Au quatrième jour de discussion, le cardinal Bergoglio

prend la parole. Il va droit au but. Évangéliser est « la raison de l’Église » et cela suppose de témoigner « dans

les périphéries géographiques, mais également existentielles ». Si l’Église ne va pas là où réside « le mystère du

péché, la douleur, l’injustice, l’ignorance », si elle ne va

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pas là où « le religieux et la pensée sont méprisés », là où sont « toutes les misères », l’Église tombera malade !

« L’assemblée des cardinaux n’est pas tumultueuse, mais il y a des qualités de silence différentes », raconte

le cardinal Poupard. Assis en bas de l’amphithéâtre,

Dans la nouvelle salle du Synode, 207 cardinaux, dont 117 électeurs, sont attendus. Ils seront en réalité, moins nombreux à participer aux débats. Certains sont malades ou trop âgés pour faire le déplacement.

est à ce point secoué qu’il demande à Bergoglio de

pouvoir rendre ses notes publiques. L’archevêque de La Havane le fera dès la fin du conclave.

Veille de conclave

le prélat français profite d’un large champ de vision :

« Si j’avais été romancier, j’aurais été passionné

« silence attentif s’approfondir sur les visages ».

on va voter pour moi. »

à mesure que le cardinal Bergoglio parle, il voit un

Si l’Église ne « sort pas d’elle-même », elle se replie sur

elle-même. « Autoréférentielle », elle devient mondaine et vit pour s’autoglorifier. Voilà d’où viennent pour

par la psychologie d’un cardinal qui se dit : Le cardinal Paul Poupard, président émérite

du Conseil pontifical de la Culture.

Bergoglio « les maux qui, au fil du temps, ont touché les

Dimanche 10 mars, deux jours avant l’entrée en conclave,

cardinal se contente de laisser le choix à ses auditeurs :

la sœur de Mgr Ubaldo Calabresi, ancien nonce en

institutions religieuses ». Sans émettre de jugement, le l’asphyxie du repli ou l’ouverture vers les périphéries.

Une de ses phrases frappe tout particulièrement l’assem-

blée. Face aux églises de moins en moins fréquentées, Bergoglio inverse la vision habituelle : « Entendrons-nous

Jésus frapper de l’intérieur pour qu’on le laisse sortir ? »

L’archevêque de Buenos Aires ramasse ainsi sa pensée de façon foudroyante et obtient les félicitations de plusieurs

cardinaux qui viennent le saluer ou lui taper sur l’épaule. Son intervention est reconnue comme « magistrale, lumineuse, forte et résolue ». Le cardinal Jaime Ortega

le cardinal Bergoglio va déjeuner avec une vieille amie, Argentine qui concélébra son ordination épiscopale

vingt ans auparavant. Dans une des ruelles aux abords du Vatican, il croise le porte-parole anglophone du

conclave : il lui demande de prier pour lui, avant de

lui glisser cette confidence : « Je ne sais pas ce que me réservent mes frères cardinaux »… Le dimanche pré-

cédant le conclave, chaque cardinal est invité à présider

une messe dans sa paroisse romaine. Les journalistes s’y bousculent. Dans l’objectif de leurs caméras : les cardinaux Scola, Ouellet ou Scherer… mais pas le cardinal 19

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jusqu’à la basilique Saint-Pierre pour la messe Pro eligendo Romano Pontefice.

La basilique est comble mais dans la nef, seule l’antienne ouvrant la célébration résonne : « Le Seigneur est la

force de son peuple. » Coiffé de sa mitre ivoire, vêtu de pourpre et d’or, le cardinal Bergoglio avance au milieu

de la procession des cardinaux. Quand vient son tour, l’archevêque de Buenos Aires s’incline et embrasse l’autel. Comme les autres, il prie pour accueillir le don de l’Esprit saint.

Dehors des milliers de catholiques suivent la cérémonie sur des écrans géants. Eux aussi applaudissent longueJorge Bergoglio qui a renoncé à célébrer la messe à l’église San Roberto Bellarmino.

Quelque six mille journalistes, photographes et reporters

d’images, de radio et de télévision sont accrédités auprès de la salle de presse du Saint-Siège. Leurs exigences sont

multiples et leurs connaissances en matière religieuse, variables. Ainsi, pendant toute la semaine précédant le

conclave, dans une salle de presse comble, le « porte-

parole du pape », le père Federico Lombardi, est assailli de demandes, sérieuses ou farfelues.

Au matin du 12 mars, un cortège de minibus blancs se déploie doucement sous une pluie fine. De la mai-

son Sainte-Marthe où les cardinaux électeurs se sont installés à l’aube et où ils vivront en vase clos pendant

toute la durée du conclave, les prélats sont conduits

ment l’hommage rendu par le doyen du sacré collège à Le matin du 12 mars, les premiers fidèles se sont présentés à sept heures aux portes de Saint-Pierre afin de pouvoir assister à dix heures précises, dans une basilique vaticane illuminée, à la messe Pro Eligendo Romano Pontifice, présidée par le doyen du collège cardinalice et concélébrée par plus de cent cardinaux, électeurs et non électeurs. Dehors, malgré un temps changeant, les centaines de fidèles n’ayant pu se faire une place à l’intérieur, ont suivi la célébration sur six écrans géants.

Benoît XVI pour son pontificat « lumineux ». À l’issue

de la messe, plusieurs centaines de fidèles resteront place Saint-Pierre pour vivre l’entrée en conclave.

À 16 h 30, nouvelle procession en prière sur la litanie des

saints. En tenue de chœur, les cardinaux entrent deux par deux dans la chapelle Sixtine. Certains tiennent

fermement leur livret, d’autres ont les mains jointes en prière ; le cardinal Bergoglio a la main droite sur le

cœur. Les cérémoniaires aident les cardinaux à s’installer. L’Argentin est au deuxième rang. Assis sur sa chaise en bois de merisier, il voit sur sa gauche, au-dessus de

lui, la scène du Jugement dernier de Michel-Ange. Tous entonnent alors le Veni Creator. Sur ce chant

invoquant l’Esprit saint, chaque prélat prête serment. La main sur l’Évangile, ils jurent l’un après l’autre, « de

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s’engager, en cas d’élection sur volonté divine, à exercer

fidèlement le ministère pétrinien, et de ne cesser d’affirmer et de défendre avec courage les droits spirituels et temporels, ainsi que la liberté du Saint-Siège ». Ils s’engagent aussi à tenir au secret absolu tout ce qui se

passera « dans le lieu de l’élection ». Devant ses pairs, le

cardinal Bergoglio le promet, en fait le vœu et le jure. « Que Dieu m’y aide ainsi que ces saints Évangiles que je touche de ma main. »

Après la prestation de serment, le maître des cérémonies

prononce l’extra omnes et referme les portes, cum clave, de la chapelle Sixtine. Totalement coupés du monde, les cardinaux procèdent alors au premier vote.

Dans l’après-midi du 12 mars 2013, les cardinaux entrent en procession dans la chapelle Sixtine, théâtre silencieux pour la 25e fois, de l’élection d’un pape. Le cardinal Bergoglio est assis au pied de la fresque de Michel-Ange. Une quarantaine de personnes ont travaillé pendant une semaine entière pour préparer la chapelle, une table porte l’Évangile et trois urnes d’argent et de bronze. Un trône destiné au nouveau pape siège à côté de l’autel. François ne s’y assoira pas.

se réalise à 60 % des suffrages nécessite un consensus.

Quand un consensus commence à se cristalliser sur

une personne, on comprend que c’est cette personne qui est en train de devenir l’élu », raconte le cardinal André Vingt-Trois, l’archevêque de Paris. Au troisième

vote, cinquante cardinaux soutiennent l’archevêque de

Buenos Aires. Ils sont soixante-dix au scrutin suivant. Le cardinal Bergoglio aurait été élu dès le cinquième vote, si un cardinal n’avait, par erreur, glissé deux bulle-

tins au lieu d’un dans l’urne, faisant annuler le scrutin. Ce raté permettra le triomphe du sixième et dernier

vote : sous un tonnerre d’applaudissement, le cardinal

« On ressent une lourde responsabilité, mais pas un sentiment d’écrasement, plutôt de gravité », témoigne le cardinal Bernard Panafieu qui participa au conclave

de 2005. Il s’agit bien d’une célébration et non d’un

vote démocratique. « Nous sommes dans une chapelle, il y a un autel, un calice, une patène. On va déposer le bulletin dans ce calice. Et on va ainsi manifester le caractère spirituel, sacramentel, de la démarche que

nous faisons. Le tout dans un grand silence », explique l’ancien archevêque de Marseille.

L’élection est rapide. Au premier vote, chacun s’exprime selon son cœur. Juste derrière le cardinal Angelo

Scola, le cardinal Bergoglio obtient une vingtaine de voix. Pour chaque fumée noire, il emporte un nombre croissant de suffrages. « Une élection de ce genre qui

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Bergoglio obtient bien plus que les soixante-dix-sept voix nécessaires. D’ailleurs, le plébiscite est tel qu’il a le temps de réfléchir à son nom de pape…

« Quand nous sommes arrivés aux deux tiers des votes

et que tous se sont mis à applaudir comme c’est l’usage, le cardinal Hummes (l’archevêque émérite de São Paolo

est “un grand ami” de Bergoglio) m’a embrassé en me disant : “N’oublie pas les pauvres !” Cette parole est entrée

là (le pape indique sa tête du doigt) : les pauvres… les

pauvres… Et soudain, j’ai pensé à François d’Assise… puis aux guerres, alors que le scrutin se prolongeait jusqu’à ce que le décompte s’achève. »

Les bulletins dépouillés, le doyen des cardinaux

évêques s’approche du cardinal Bergoglio et, comme

le veut l’usage, lui demande s’il accepte sa charge. Jorge

Bergoglio acquiesce humblement : « Je suis pécheur, mais puisque vous me donnez cette charge, je l’accepte. »

Quand le cardinal Re lui demande « Quo nomine vis

vocari ? », le pape choisit le nom du poverello d’Assise… « François », comme le saint patron d’Italie.

Dans la soirée du 13 mars, à 19 h 07, une épaisse fumée blanche s’échappe de la cheminée placée sur le toit de la chapelle Sixtine. Le cardinal Bergoglio, venant de « l’autre bout du monde », est élu pape et s’apprête à parler à la loggia centrale de la basilique. Comme tous ses proches prédécesseurs, le pape François, tout juste élu, a revêtu un des trois habits confectionnés par la maison romaine Gammarelli, située via S. Chiara, 34 dans le cœur de la capitale. Le tailleur officiel du SaintSiège depuis le xviiie siècle a ainsi préparé une soutane de laine blanche, une étole, une calotte. François refuse la mozette de velours rouge bordée de fourrure blanche et les chaussures rouges. Il conserve ses chaussures noires de Buenos Aires dans lesquelles il se sent bien.

Trois jours plus tard, dans la salle Paul VI, le pape

mimera avec drôlerie les instants qui ont précédé, devant les prélats de la Curie, hilares et les journalistes séduits par ce pape blagueur : « On m’a suggéré de prendre le

nom d’Adrien, le grand réformateur, parce qu’il faut réformer… » Un autre m’a dit : « Non, tu devrais t’ap-

peler Clément. Clément ? Eh bien oui ! Comme ça, tu te venges de Clément XIV qui a fait supprimer la

Compagnie de Jésus ! » La conquête est totale, et les applaudissements nombreux quand le pape explique son

choix. « François, c’est l’homme qui aime et protège la Création […] Il est l’homme qui nous donne cet esprit

de paix, l’homme pauvre. Ah ! comme je voudrais une Église pauvre, pour les pauvres ! »

Dans la chapelle Sixtine, le pape François se relève, ovationné par les cardinaux. Il part se changer dans la

Chambre des Larmes. En sortant, l’homme vêtu de blanc refuse la croix pectorale en or qu’on lui tend et préfère porter la sienne, celle de son ordination épiscopale. Il

refuse aussi de se détacher du groupe. De trôner seul

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en attendant que chaque électeur vienne lui faire son

compliment. Non seulement, il ne s’installe pas sur sa chaise d’honneur, mais il file de l’autre côté de la chapelle Sixtine saluer son ami le cardinal indien Ivan

Diaz que son handicap empêche de se lever. François

rejoint ensuite la masse des cardinaux décontenancés. Le

pape reste debout parmi eux, recevant leurs allégeances, leurs prières et félicitations.

« C’est un peu long quand même cent quinze cardinaux, debout… Alors je me suis dit, ça va, la santé doit être

bonne », se souvient le cardinal Philippe Barbarin, l’archevêque de Lyon. Si la question de l’âge se posa en

raison du manque de « vigueur » de Benoît XVI, elle

ne fut pas décisive, expliquent les électeurs français lors

d’une conférence de presse au lendemain du conclave. « Jean XXIII fut élu âgé et son pontificat fut décisif », rappelle le cardinal Jean-Pierre Ricard, l’archevêque

de Bordeaux. En outre, « l’énergie spirituelle n’est pas proportionnelle à l’énergie biologique », souligne le cardinal André Vingt-Trois.

En choisissant le cardinal Bergoglio, les cardinaux ont

choisi quelqu’un qui n’était pas du système curial, ni italien par sa mission et par son ministère, mais cependant

italo-compatible par sa culture et ses enracinements, car sa famille est d’origine piémontaise. « S’il y avait une

chance que quelqu’un puisse intervenir avec justesse dans la Curie, il était un de ceux-là », commente le cardinal Vingt-Trois.

Tandis que le nouveau pape embrasse longuement les cardinaux, les fidèles trépignent d’impatience place

saint-Pierre. À 19 h 07, la fumée, noire puis blanche, s’échappe du toit de la chapelle Sixtine. Les cloches

de la basilique sonnent à la volée et comme la marée, la foule compacte avance dans un même élan vers le devant de la place… Ils hurlent « Viva il Papa ! » ■

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BIBLIOGRAPHIE

Les principaux ouvrages Je crois en l’homme, livre d’entretiens avec le cardinal Jorge Bergoglio, Francesca Ambrogetti et Sergio Rubin, Flammarion. Sur la terre comme au ciel, livre d’entretiens entre le cardinal Jorge Bergoglio et le rabbin Abraham Skorka, Robert Laffont. François, un pape surprenant, Evangelina Himitan, Presses de la Renaissance. Francesco, vie et révolution, Elisabetta Piqué, Lindau.

De Benoît à François, une révolution tranquille, Jean-Louis de la Vaissière, Le Passeur. Le monde selon François, Bernadette Sauvaget, éditions du Cerf. De la edad feliz, Jorge Milia, Maktub.

El verdadero poder es el servicio, Missioneros Claretianos.

La Lista di Bergoglio, i salvati da Francesco durante la dittatura, Nello Scavo, Emi. Preti dalla fine del mondo, Silvina Premat, Emi.

Francesco, un papa dalla fine del mondo, Gianni Valente, Emi. Nonna Rosa, Orsola Appendino et Giancarlo Libert.

Les sites Internet les plus précieux Le site du Saint-Siège qui rassemblent tous les textes (discours, homélies, messages, conférence de presse, angélus, audience, exhortation apostolique, lettres apostoliques…) du pape François et de ses prédécesseurs. (vatican.va) Les sites de Radio Vatican (radiovaticana.va) et de l’Osservatore Romano (osservatoreromano.va) Le site de l’archidiocèse de Buenos Aires qui conserve tous les messages et toutes les homélies prononcées par le cardinal Jorge Bergoglio (http://www.arzbaires.org.ar/inicio/homilias.html)

Le site de l’Aica, l’agence d’informations catholique argentine (aica.org) Les sites des journaux : La Nacion, Clarin ou Vatican Insider. 135

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REMERCIEMENTS

Merci tout d’abord au père Federico Lombardi, S.J., directeur de la salle de presse du Saint-Siège, pour sa préface et sa confiance

inaltérable, dès la genèse de ce livre.

Merci à Don Sergio Pellini, S.D.B., directeur du service photographique de l’Osservatore Romano, qui a tout de suite accepté de

devenir notre partenaire dans ce projet.

Remerciements aux « Romains » Cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la Culture. n Mgr Konrad Krajewski, aumônier du pape. n Mgr Diego

Ravelli, cérémoniaire, en charge de la direction et de la coordination du personnel travaillant au sein de l’aumônerie, de la préparation des

manifestations dans le cadre de l’aumônerie et du rapport avec les institutions externes. n Don Giuseppe Costa, S.D.B., directeur de la LEV, Libreria Editrice Vaticana. n Padre Antonio Grande, ancien recteur du Collegio Sacerdotale Argentino à Rome. n Padre Guillermo Ortiz, S.J., responsable du programme hispanophone de Radio Vatican. n Padre Giovanni La Manna, S.J., responsable du centre Astalli à Rome. n

Don Yoannis Lahzi Gaid, secrétaire du pape. n Orsola Appendino, auteur de Nonna Rosa. n Juan Pablo Cafiero, ancien ambassadeur argentin

près le Saint-Siège. n Aldo Cagnoli, pilote d’Alitalia. n Benedetta Capelli, journaliste à Radio Vatican et Il mio Papa. n Enrico Casarini,

journaliste à Il mio Papa. n Valentina Carusi, responsable de la communication à l’Ambassade d’Argentine près le Saint-Siège. n Barbara

Castelli, journaliste au CTV, centre de télévision du Vatican. n Stefania Falasca, journaliste à l’Avvenire et à TV2000. n Vincent Gelot, photo-reporter et aventurier. n Aux équipes de Radio Vatican et en particulier la rédaction française : Romilda Ferrauto, rédactrice en chef,

Xavier Sartre, Manuella Affejee, Sœur Catherine Aubin, Nathalie Ausloos, Olivier Bonnel, Jean Baptiste Cocagne, Bernard Decottignies, Hélène Destombes, Sabine Droulez, Antonino Galofaro et Cyprien Viet. n Simone Risoluti, photographe. n Ivana Ruggiroli, recherches

iconographiques à Il mio Papa. n Monica Salvioni, du service photographique de l’Osservatore Romano. n Francesco Sforza, en charge du

service photographique de l’Osservatore Romano. n Marco Tassi, coordinateur au service photographique de l’Osservatore Romano. n Mario Tomassetti, photographe. n Andrea Tornielli, journaliste de Vatican Insider. n Gianni Valente, journaliste à l’agence Fides. n Francesco Maria Valiante, journaliste à l’Osservatore Romano.

Remerciements aux « Argentins » Florent Torchut : journaliste et coordinateur précieux à Buenos Aires. n Bertrand Mahé, photographe. n Mgr José Bonnet Alcon, président du Tribunal ecclésiastique d’Argentine. n Mgr Eduardo Garcia, évêque de San Justo, ancien évêque auxiliaire de Buenos Aires. n Padre Andrés Aguerre S.J., vice-provincial d’Argentine et d’Uruguay en 2014. n Padre Gabriel Marronetti, prêtre de la paroisse San José de

Flores, Buenos Aires. n Padre Cesar Scicchitano, Vicaire de la paroisse du Sacratísimo Corazón de Jesús et rockeur. n Padre Carlos Galli, spécialiste de théologie pastorale urbaine, enseignant à la Faculté de théologie de l’UCA, l’université catholique de Buenos Aires, membre de la

Commission théologique internationale (2014-2019) du Saint-Siège. n Padre Francisco « Pancho » Martinez Bartolomei, prêtre de l’Eglise Nuestra Señora de Czestochowa, à Buenos Aires, aumônier en prison et en milieu hospitalier. n Père Jean de Montalembert, aumônier de

la communauté francophone de Buenos Aires. n Padre Carlos « Charly » Olivero, prêtre de la paroisse Nuestra Señora de Caacupé, de la 136

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REMERCIEMENTS

villa 21-24 de Barracas, Buenos Aires. n Padre Pepe di Paola, de la paroisse San Juan Bosco, près de la villa de La Cárcova, dans la localité

de José León Suárez, grand Buenos Aires. n Frère Mario Rafael Rausch, S.J., Colegio Máximo à San Miguel, dans le grand Buenos Aires. Padre Ernesto Ricardo Salvia, professeur de théologie à l’UCA, Université catholique d’Argentine, en charge des Archives au séminaire

métropolitain de Buenos Aires. n Padre Toto, prêtre de la paroisse Nuestra Señora de Caacupé, de la villa 21-24 de Barracas, Buenos Aires. Rabbin Abraham Skorka, recteur du Séminaire rabbinique latino-américain, en charge de la communauté juive Benei Tikva à Buenos Aires. Omar Abboud, un des fondateurs de l’Institut du Dialogue Interreligieux, ancien secrétaire à la culture du Centre islamique de la République d’Argentine à Buenos Aires. n Francesca Ambrogetti, correspondante de l’Ansa et co-auteur de El Jesuita (Je crois en l’homme), livre d’entretien

avec le cardinal Bergoglio. n Alberto d’Arezzo, ancien camarade de classe de Jorge Bergoglio. n Andrés Esteban Bayo, conseiller d’orentation au

Colegio de la Inmaculada Concepción à Santa Fe. n Virginia Bonnard, membre de l’équipe en charge de la communication pour la Conférence épiscopale argentine, pastorale sociale. n Ana María Careaga, psychanalyste, fille d’Esther Ballestrino Careaga. n German Castelli, juge de San Martin, dans le grand Buenos Aires, un des trois magistrats du procès de l’Esma en 2010. n Collège salésien de Wilfrid Barón de los

Santos Ángeles à Ramos Mejía, dans le grand Buenos Aires. n Oscar Crespo, ancien camarade de classe de Jorge Bergoglio. n Eduardo A.

De Winne, en charge d’une partie de l’administration au Colegio Máximo à San Miguel, dans le grand Buenos Aires. n Mercedes Fariña, artiste peintre à Flores, Buenos Aires. n Marcello Figueroa, laïc évangélique, journaliste. n Daniel Gassmann, coordinateur et vice-président de la Caritas à Buenos Aires. n Patricia Gonzalez, professeur à l’Escuela secundaria industrial E.N.E.T Nº 27. n Luca Manjon, membre actif et photographe de La Alameda, ONG argentine contre le travail clandestin et l’esclavage. n Fabian Masoni, recteur du collège Wilfrid

Baron de Ramos Mejia. n Jorge Miglia, journaliste et écrivain, ancien élève de Jorge Bergoglio au Colegio de la Inmaculada Concepción à

Santa Fe. n Liu Ming, moine taoïste, acupuncteur chinois. n Wilfrido Octavio Moran Arellano, chef du secrétariat du recteur de l’Universitad

del Salador. n Adrian Pallarols, orfèvre à Buenos Aires. n Virginia Priano, attaché de presse de Scholas Occurrentes Argentine, réseau

international d’écoles pour la promotion de l’éducation, de la connaissance réciproque et de la paix, créé selon la volonté du pape François. n

Maria Belén Pugliese, ancienne élève du collège Wilfrid Baron de Ramos Mejia. n Daniel del Regno, kiosquier sur la place de Mai, à

Buenos Aires. n Vicente Ricchetti, S.D.B., vicaire de la basilique Maria Auxiliadora y San Carlos. n Julio Rimoldi, directeur de Canal 21,

la chaine de télévision de l’archidiocèse de Buenos Aires. n Maria María del Carmen Roqueta, président du Tribunal oral fédéral n° 6, un des magistrats en charge du procès sur les bébés volés, 2011. n Ana Maria Salvia, archiviste au séminaire métropolitain de Buenos Aires. n

Juan Tobias, recteur de l’Universitad del Salador. n Federico Walls, journaliste, ancien porte-parole du cardinal Bergoglio. n Gustavo Vera, élu au parlement local de Buenos Aires pour le Movimiento para el Bien Común et fondateur de La Alameda.

Je voudrais également remercier mon mari Massimo ainsi que ma sœur, mes parents, ma belle-famille et mes amis pour leur patience et leur affection.

Enfin ce livre n’aurait pas été envisageable sans l’assentiment du pape François qui m’a toutefois humblement suggéré d’écrire sur les saints plutôt que sur lui-même… 137

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CRÉDITS PHOTOGRAPHIQUES

Les photographies de l’ouvrage proviennent du service photographique de l’Osservatore Romano à l’exception de : 13 • A FP PHOTO/JUAN MABROMATA 14 • E N DESSOUS : STEFANO COSTANTINO/DEMOTIX/CORBIS

69 • EN HAUT À GAUCHE ET À DROITE : COLLECTION PRIVÉE, EN BAS : AFP PHOTO/ PARROQUIA VIRGEN DE CAACUPE/HO

15 • A FP PHOTO/MARCO LONGARI

70 • À GAUCHE, EN DESSOUS : AFP PHOTO/MARIO TAMA, À DROITE : AFP PHOTO

18 • E N HAUT À DROITE : AFP PHOTO/VINCENZO PINTO

71 • E MILIANO LASALVIA/LATINCONTENT/GETTY IMAGES

28 • EN HAUT À GAUCHE : COLLECTION PRIVÉE, À DROITE : DR, MISE EN COULEUR

73 • E N BAS : GUSTAVO CHERRO, EN HAUT : AFP PHOTO/ALI BURAFI

ALIÉNOR RONDEAU, EN DESSOUS : RUE DES ARCHIVES/VARMA

74 • C OLLECTION PRIVÉE

29 • À DROITE : ANSA/CORBIS, À GAUCHE : API/GAMMA

75 • A FP PHOTO/DANIEL LUNA

30 • E N HAUT : BERTRAND MAHÉ/YSCÉO, EN BAS À GAUCHE : COLLECTION PRIVÉE,

76 • À GAUCHE ET EN DESSOUS : GAMMA/GUSTAVO CHERRO, À DROITE : AFP

À DROITE : CLAUDIO SANTISTEBAN/DEMOTIX/CORBIS 31 • À GAUCHE : AFP PHOTO/ALEJANDRO PAGNI, À DROITE : FILIPPO FIORINI/ DEMOTIX/CORBIS 32 • À GAUCHE ET À DROITE : COLLECTION PRIVÉE, EN DESSOUS : BERTRAND MAHÉ/YSCÉO 33 • À GAUCHE : COLLECTION PRIVÉE, À DROITE : BERTRAND MAHÉ/YSCÉO

PHOTO/STR 77 • EN HAUT À GAUCHE : AFP PHOTO/DANIEL GARCIA, À DROITE : DYN-GRECO/ GETTY IMAGES, EN BAS : AFP PHOTO/DANIEL GARCIA 78 • A FP PHOTO/STR 79 • À GAUCHE ET À DROITE : AFP PHOTO/ALI BURAFI, EN DESSOUS : AFP PHOTO/ MARCELO DEL ARCO

34 • COLLECTION PRIVÉE

80 • C OLLECTION PRIVÉE

35 • EN HAUT : AFP PHOTO/JUAN MABROMATA, EN BAS : BERTRAND MAHÉ/YSCÉO

81 • A FP PHOTO/JAVIER RAUL DRESCO

36 • À GAUCHE : COLLECTION PRIVÉE, À DROITE : BERTRAND MAHÉ/YSCÉO

82 • À GAUCHE : AFP PHOTO/STR, EN DESSOUS : AFP/JUAN MABROMATA, À

37 • COLLECTION PRIVÉE

DROITE : AFP PHOTO/STF

38 • DR

83 • A FP PHOTO/STF

39 • EN HAUT : ROLANDO MORALES C., AU DESSOUS : API/GAMMA

84 • À GAUCHE : AFP PHOTO/NA/MARIANO SANCHEZ, À DROITE : AFP PHOTO/

DOCUMENT : LETTRETIRÉE DE FRANÇOIS, UN PAPE SURPRENANT, D’EVANGELINA

PRESIDENCIA

HIMITIAN, TRADUIT DE L’ESPAGNOL (ARGENTINE) PAR LORRAINE DE PLUNKETT,

86 • A FP PHOTO/PATRICK HERTZOG

© PRESSES DE LA RENAISSANCE, 2013, POUR LA TRADUCTION FRANÇAISE.

87 • A FP PHOTO/NA/CLAUDIA CONTERIS

40 • COLLECTION PRIVÉE

88 ET 89 • LUCAS MANJON

41 • BERTRAND MAHÉ/YSCÉO

90 • À GAUCHE : COLLECTION PRIVÉE, À DROITE : MONICA PAZ/LATINCONTENT/

42 • EN HAUT : BERTRAND MAHÉ/YSCÉO

GETTY IMAGES

43 • SIPA/AP PHOTO/EL SALVADOR SCHOOL

91 • EMILIANO LASALVIA/LATINCONTENT/GETTY IMAGES

47 • BERTRAND MAHÉ/YSCÉO

92 • À GAUCHE : AFP PHOTO/NA - RICARDO CASTI-EIRA, AU DESSUS ET À DROITE :

48 • EN HAUT À GAUCHE ET EN DESSOUS : DR, À DROITE : SIPA/AP PHOTO/EL SALVADOR SCHOOL 49 • USINASKOLINA.COM.AR

LUCAS MANJON 93 • A FP PHOTO/DANIEL GARCIA 100 • EN HAUT : AFP PHOTO/VINCENZO PINTO

50 • EN HAUT : RUE DES ARCHIVES/AGIP, EN BAS : AFP PHOTO/OFF

116 • E N HAUT : ALESSANDRA BENEDETTI/ALESSANDRA BENEDETTI/CORBIS

51 • À GAUCHE : DR, À DROITE : COLLECTION PRIVÉE

125 • A FP PHOTO/MATT CARDY

52 • À GAUCHE : BERTRAND MAHÉ/YSCÉO, À DROITE : COLLECTION PRIVÉE

126 • H AUT : AFP PHOTO/MATT CARDY, BAS : AFP PHOTO/SAFIN HAMED

53 • DIEGO GOLDBERG/SYGMA/CORBIS

131 • RUE DES ARCHIVES/CPA

54 • À GAUCHE : CARLOS CARRION/SYGMA/CORBIS, À DROITE : AFP PHOTO/ JEAN-PIERRE BOUSQUET, EN DESSOUS : AFP PHOTO/DANIEL LUNA

LES FAC-SIMILÉS DES TEXTES ET DOCUMENTS DE L’OUVRAGE PROVIENNENT,

55 • GRUPO44/LATINCONTENT/GETTY IMAGES

SOIT DE COLLECTIONS PARTICULIÈRES, SOIT DU SERVICE PHOTOGRAPHIQUE DE

56 ET 57 : COLLECTION PRIVÉE

L’OSSERVATORE ROMANO À L’EXCEPTION DE LA PAGE 38. LEUR UTILISATION N’EST

58 • EN HAUT : EDUARDO LONGONI/CORBIS, EN BAS : COLLECTION PRIVÉE

VALABLE QUE POUR LA PRÉSENTE ÉDITION ET LEURS AUTEURS EN GARDENT

59 • BERTRAND MAHÉ/YSCÉO

L’ENTIÈRE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE ET MORALE.

60 • À GAUCHE ET EN DESSOUS : BERTRAND MAHÉ/YSCÉO, À DROITE : DR 61 • COLLECTION PRIVÉE

Certaines photographies ou illustrations contenues dans cet ouvrage ne sont pas

63 • À GAUCHE : BERTRAND MAHÉ/YSCÉO, À DROITE : PETER LANGER/ASSOCIATED

référencées. Il s’agit de documents dont les auteurs n’ont pas pu être identifiés

MEDIA/DESIGN PICS/CORBIS

malgré nos recherches, et nous remercions les personnes concernées de s’adresser

64 À 67 • COLLECTION PRIVÉE

directement à la société Yscéo – 6, rue Laplace 75005 Paris – pour faire valoir leurs

68 • EN HAUT : COLLECTION PRIVÉE

droits selon les usages de la profession.

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Pape INT.indd 138

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MARIE DUHAMEL PRÉFACE DE P. FEDERICO LOMBARDI, SJ

Le 13 mars 2013, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, évêque de Buenos Aires est élu pape. C’est le pape des premières fois : premier pape non-européen ; premier pape à prendre le nom de François en référence à François d’Assise le poverello, le saint des pauvres ; premier pape jésuite. Par son charisme évident, son autorité souriante comme ses discours contre l’argent-roi, ses voyages inattendus, sa volonté de réformes dans l’Église, le pape François marque de son empreinte le monde catholique, le monde tout entier. Dans cette époque troublée qui est la nôtre, le pape François est un repère bienveillant, nécessaire. Et ce n’est que le début de son pontificat… Un texte rigoureux de Marie Duhamel, journaliste à Radio Vatican ; environ 250 photos célèbres ou inédites ; plus de 50 facsimilés – son certificat de baptême, son carnet de notes au séminaire, sa profession de foi d’archevêque de Buenos Aires mais aussi… sa carte de supporter du club de football de San Lorenzo.

DES DOCUMENTS EN FAC-SIMILÉS LIRE, VOIR, MANIPULER… LE LIVRE-OBJET DE RÉFÉRENCE SUR LE PAPE FRANÇOIS

O U V R AG E R É A L I S É E N PA R T E N A R I AT AV E C

ISBN : 978-2-7289-2102-7 39,90 €

Servizio Fotografico L’Osservatore Romano

Slipcase Pope Francis.indd 1

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