ILLUSTRATION DE LA PAGE DE GARDE
Œuvre de l’artiste Gijs VAN VAERENBERGH intitulée « Reading between the lines » dans le Limbourg en Belgique. Cette œuvre est basée sur une réflexion concernant les églises vacantes dans nos régions. « Reading between the Lines can be read as a reflection on architectural themes such as scale, the ground plan etc., but the project also emphatically transcends the strictly architectural. After all, the church does not have a welldefined function and focuses on visual experience in itself (one could even consider it to be a line drawing in space). At the same time, the construction demonstrates that this experience is in effect a consequence of the design, since it explicitly refers to the various stages in its conception: the design drawing, the model… Apart from that, because the church does not fulfil its classical function, it can be read as a heritage related reflection on the present vacancy of churches in the area (and their potential artistic reuse). » (GIJS VAN VAERENBERGH)
METHODOLOGIE POUR LA REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | ET SON APPLICATION A DES EGLISES LIEGEOISES Travail de fin d’étude réalisé en vue de l’obtention du grade de master en Ingénieur civil architecte par Florence Daube. Année académique :
2011-2012
Promoteur :
Pierre Paquet
Membre du jury :
Claudine Houbart Pierre Leclercq Jacques Teller
REMERCIEMENTS Au terme de ce travail, je voudrais remercier les personnes qui de près ou de loin, ont contribué à l’élaboration de celui-ci qui, bien qu’individuel, n’aurait pas pu voir le jour sans ces aides précieuses. Je remercie mon promoteur Monsieur Paquet pour ses conseils et pour la confiance qu’il m’a accordée tout au long du travail. Madame Houbart et Monsieur Teller qui m’ont orienté dans mes recherches. Mes remerciements vont également, aux membres des fabriques d’églises, aux sacristains et aux prêtres qui m’ont ouvert les portes de leurs églises et m’ont fait partager les histoires de celles-ci. Je finirai par adresser mes remerciements à ma famille et à mes proches pour leurs encouragements, leur écoute, leur aide et leurs précieux conseils durant ce travail mais aussi tout au long de mon cursus.
TABLE DES MATIERES INTRODUCTION GENERALE
1!
1! PROBLEMATIQUE 2! OBJECTIFS ET CONTENU DU TRAVAIL
1! 3!
ETAT DE L’ART |LES EDIFICES DE CULTE ET LEUR REAFFECTATION
5!
1! LA PLACE DE L’EDIFICE DE CULTE DANS LA SOCIETE 1.1! EVOLUTION DU RAPPORT ENTRE LA VILLE ET L’EGLISE 1.2! PRATIQUE RELIGIEUSE ET CATHOLICISME 1.3! ROLES DE L’EGLISE COMME EDIFICE A L’EPOQUE CONTEMPORAINE 1.4! AVENIR POUR LES EDIFICES DE CULTE AUJOURD’HUI 2! LA REAFFECTATION DES EGLISES 2.1! REAFFECTATION DU PATRIMOINE 2.2! REAFFECTATION DES EDIFICES DE CULTE 2.3! ETAPES DE LA REAFFECTATION 3! LE SYSTEME BELGE ET SA LEGISLATION 3.1! GESTION DES LIEUX DE CULTE 3.2! GESTION DU PATRIMOINE 4! CONCLUSION
METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION DES EGLISES 1! INTRODUCTION DE LA METHODOLOGIE 2! VARIABLES DE DEPART 2.1! VARIABLE DE LOCALISATION 2.2! VARIABLE HISTORIQUE 2.3! VARIABLE PHYSIQUE 2.4! VARIABLE ECONOMIQUE 2.5! VARIABLE SYMBOLIQUE ET SOCIALE 2.6! SYNTHESE 3! CHANGEMENT D’AFFECTATION 3.1! CHOIX FONCTIONNEL 3.2! REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE 4! CRITERES DE REAFFECTATION 4.1! REVERSIBILITE 4.2! LISIBILITE 4.3! AUTHENTICITE 4.4! SYNTHESE 5! CONSERVATION DE L’INTEGRITE DE L’EDIFICE 5.1! INTEGRITE ARCHITECTURALE 5.2! INTEGRITE FONCTIONNELLE 5.3! INTEGRITE CONSTRUCTIVE 6! CONCLUSION
CAS PRATIQUES |QUEL AVENIR POUR NOS EGLISES LIEGEOISES ? 1! TOUR D’HORIZON DE LA VILLE DE LIEGE 1.1! ETAT DU PATRIMOINE RELIGIEUX A LIEGE 1.2! CHOIX DES EGLISES 2! BASILIQUE SAINT-MARTIN |SAINT MARTIN
6! 6! 8! 11! 13! 17! 17! 20! 21! 23! 24! 26! 28!
29! 30! 33! 33! 35! 36! 37! 38! 39! 41! 41! 43! 45! 45! 46! 47! 47! 49! 49! 57! 59! 65!
67! 68! 68! 71! 73!
2.1! 2.2! 2.3! 2.4!
VARIABLES DE DEPART CHANGEMENT D’AFFECTATION CONSERVATION DE L’INTEGRITE DE L’EDIFICE SYNTHESE 3! EGLISE DU SACRE-CŒUR ET NOTRE-DAME DE LOURDES| COINTE 3.1! VARIABLES DE DEPART 3.2! CHANGEMENT D’AFFECTATION 3.3! CONSERVATION DE L’INTEGRITE DE L’EDIFICE 3.4! SYNTHESE 4! EGLISE ST REMACLE | AMERCOEUR 4.1! VARIABLES DE DEPART 4.2! CHANGEMENT D’AFFECTATION 4.3! CONSERVATION DE L’INTEGRITE DE L’EDIFICE 4.4! SYNTHESE 5! CONCLUSION
73! 76! 77! 79!
82! 82! 85! 86! 89! 91! 91! 93! 95! 97! 99!
CONCLUSIONS GENERALES ET PERSPECTIVES
102!
BIBLIOGRAPHIE
104!
TABLE DES FIGURES
109!
ANNEXES
112!
INTRODUCTION GENERALE
Figure 1 : gros titres dans les journaux concernant la situation des églises
INTRODUCTION GENERALE 1
PROBLEMATIQUE
« La gestion des églises, calvaires des communes | Pourquoi désacraliser les églises ? | Une deuxième vie sous la nef | Un avenir pour nos églises classées ? | Eglises à vendre | Liège que faut-il faire de nos églises vides ? |Désacralisation, église à tout faire | Quel avenir pour les édifices religieux désertés ou laissés à l’abandon ? » (Figure 1) Voici quelques titres interpellant souvent terminés par des points d’interrogation dénichés dans la presse ces derniers mois. Depuis plusieurs années déjà, le Belgique s’inquiète de voir ses églises désertées et se pose la question de l’avenir de son patrimoine religieux qui perd peu à peu sa valeur d’usage. La région wallonne reste cependant à la traîne concernant l’étude de l’avenir de ses lieux de culte par rapport à la Flandre et à d’autres pays notamment les Pays-Bas. En effet, ce sujet plein de tabous est souvent difficile à aborder. Ces édifices, au cœur de notre société aussi bien au niveau géographique que symbolique ont été autrefois, le noyau social de nos villes et villages. Cependant, à la place de rassembler les hommes, l’église est aujourd’hui le lieu de nombreux conflits, incontestablement celui de l’usage, mais aussi ceux liés à la propriété et à l’entretien. Même si la société cultive un certain attachement à ses édifices de culte et désire lutter pour le maintien des églises dans nos villes, elle n’est pas d’accord d’en assurer le financement, souvent jugé trop important. (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012) « L’église reste toujours au milieu du village mais celui-ci a changé. » (ERNENS C. et
VELLANDE D., 2012)
La question générale se pose donc : que faire de nos églises ?
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
1
INTRODUCTION GENERALE A l’heure actuelle, avec le concept de développement durable des villes, on ne peut laisser des bâtiments de cette importance à l’abandon. Le manque de moyens pour les entretenir entraîne leur dégradation au fur et à mesure. Il semble donc évident qu’une des solutions pour réintégrer les églises dans la société serait de les recycler et d’y implanter une nouvelle fonction. La problématique de la réaffectation des édifices de culte est particulièrement intéressante et complexe, car elle fait intervenir beaucoup de paramètres de nature différente. La réaffectation d’une église doit être réfléchie de manière globale et donc toutes les échelles géographiques doivent être étudiées ; de la ville au quartier en terminant par l’édifice à proprement parler. De plus, la reconversion de ce type d’édifice doit intégrer toutes les dimensions de l’Architecture à s’avoir la dimension symbolique, architecturale et la technique du bâtiment. Ainsi, le nœud du problème se situe sûrement lors du choix de la fonction. Faut-il favoriser la viabilité financière ou la conservation de l’intégrité de l’édifice ? Nous pouvons déjà observer une cinquantaine de cas de réaffectations en région wallonne. (ABSIL L., 2011) Cependant dans ces reconversions, on constate que très peu d’interventions architecturales ont suivi le changement fonctionnel. Ce manque d’audace par rapport à la conception architecturale du projet serait-elle due à l’insuffisance de fonds et d’investisseurs privés, à la modestie et au malaise par rapport à l’édifice existant, à la complexité d’un projet doté d‘une charge hautement symbolique, ou tout simplement à la peur de choquer? Personnellement, je suis convaincue qu’une intervention architecturale respectueuse peut redynamiser l’édifice en lui donnant un nouveau souffle. La reconversion d’une église est donc un travail d’ensemble, la création d’un projet collectif permettant de sauver l’édifice. Cette intervention aura un impact sur une zone bien plus étendue que le bâtiment en lui-même. Si le projet est bien pensé, ce type d’intervention pourra être considéré comme une nouvelle pièce au puzzle de la ville, une nouvelle pierre à l’édifice.
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INTRODUCTION GENERALE
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OBJECTIFS ET CONTENU DU TRAVAIL
Le questionnement général développé dans ce travail est le suivant (Figure 2). •
Quel serait le type de réaffectation le plus judicieux pour une église afin de conserver les valeurs existantes ?
•
Lors de l’établissement du projet de reconversion, comment imaginer une intervention architecturale capable de préserver l’intégrité architecturale, technique et symbolique de l’édifice originel pour une nouvelle destination?
Quel type de nouvelle affectation au vu des valeurs de départ?
Quel type d'intervention architecturale afin de conserver l'intégrité de l'édifice?
?
?
Figure 2 : schéma générale reprenant les deux questions posées
Le but de ce travail n’est pas de trouver la fonction la plus appropriée comme solution unique applicable à toutes les églises, mais plutôt de mettre en relief tous les éléments qui permettraient d’ouvrir la discussion concernant une réaffectation. De cette manière, il sera possible de déterminer un avenir viable pour l’édifice en ayant toutes les données en main. Dans l’optique d’une réaffectation ce qui me paraît important est d’établir un lien entre la nouvelle intervention et l’architecture existante de l’édifice disposant déjà d’un caractère fort. C’est dans cette optique que je souhaite donner des clés de composition architecturale pour une conservation intégrée de l’église sur base d’études de réaffectations existantes. L’idée n’est pas de donner une vérité absolue pour réaliser une intervention architecturale respectueuse de l’édifice mais plutôt d’introduire différentes typologies et de les critiquer selon les différents cas rencontrés. Ma réflexion sur ces questions se développe dans ce travail en trois parties distinctes. Une première partie aura pour objectif de démontrer l’importance de l’église dans notre société au point de vue social, symbolique et urbanistique. Il s’agira de présenter rapidement l’évolution de l’édifice de culte et du catholicisme et d’introduire le contexte réglementaire concernant le patrimoine et la gestion des édifices de culte.1 Ainsi, on aura fait un rapide tour de l’état actuel du sujet, le tournant historique dans lequel se trouvent les églises et les différents avenirs possibles pour celles-ci. Enfin, je terminerai cette partie sur le mode de sauvegarde possible de l’édifice qui est la réaffectation de celui-ci. Une seconde partie sera consacrée à établir une méthodologie du choix du type de réaffectation de l’église historique. La méthodologie comprendra:
1
•
l’étude du contexte de l’édifice avec le dégagement des valeurs à conserver ;
•
le choix du type de réaffectation et de la fonction nouvelle à implanter ;
La structure générale de cette partie a été influencée par (MORISSET L.-K et al., 2011) et (ABSIL L., 2011)
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INTRODUCTION GENERALE
•
des pistes de réflexions pour réaliser l’esquisse du projet de réaffectation, les critères à respecter et des clés afin de conserver l’intégrité architecturale, fonctionnelle et technique de l’édifice.
C’est dans cette partie, cœur de ce travail, que sera développée une série de réponses à mon questionnement de départ. Une troisième partie sera, consacrée à la mise en pratique de la méthodologie établie dans la seconde partie. Il a été choisi de travailler dans le contexte réel de la ville de Liège. Trois églises liégeoises situées dans des situations totalement dissemblables ont été analysées. L’application de la méthodologie à ces différents cas permettra de dégager un avenir pour l’édifice étudié et de se positionner par rapport à une intervention architecturale. Enfin, en guise de conclusion, une position sera prise par rapport au sujet et aux questions posées et des perspectives pour l’avenir seront proposées sur base des difficultés rencontrées lors de la mise en pratique de la méthodologie.
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PARTIE 1 E ’ |L TAT
DE
L ART
ES
EDIFICES
DE
CULTE
ET
LEUR
REAFFECTATION
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE
1 1.1
LA PLACE DE L’EDIFICE DE CULTE DANS LA SOCIETE EVOLUTION DU RAPPORT ENTRE LA VILLE ET L’EGLISE
« Comme la plupart des pays d’Europe, la Belgique possède un patrimoine religieux considérable. Les témoins monumentaux couvrent plus de mille ans et présentent une variété de types d’édifices et une diversité de styles architecturaux. Cet énorme patrimoine religieux révèle les racines profondes et la vitalité de la religion chrétienne qui a su, au cours des siècles, s’adapter aux soubresauts de l’histoire et l’évolution de la société. » (MORISSET L.-K et al., 2011) En Belgique, toutes les villes sont marquées par la présence d’édifices religieux témoins de plus 1000 ans d’histoire. Le lien entre les bâtiments religieux et la géographie urbaine n’a jamais cessé d’évoluer essayant de garder le contact avec une société qui se modifie sans arrêt. Pour étudier cette influence sur le territoire urbain parmi tant d’autres, il faut sans doute se tourner vers le passé. En effet le rapport entre l’organisation ecclésiastique et la ville, remonte à l’antiquité chrétienne. Les paragraphes qui suivent sont consacrés à décrire dans les grandes lignes ces rapports aux différentes périodes de l’histoire. Durant l’antiquité, la progression du christianisme dans l’empire romain se fait essentiellement de manière urbaine. La foi chrétienne se diffuse le long des grandes voies de circulations terrestres et maritimes à partir du berceau du christianisme, de l’Eglise-mère de Jérusalem. En Occident, dans un premier temps, le christianisme se développe majoritairement dans les villes. On remarque une christianisation relativement élevée dans les endroits où il y a de nombreuses cités. La ville est dès lors considérée comme une entité religieuse indivisible. Mis à part le cas des très grandes villes, la division en paroisses n’existe pas. Ensuite, on assiste petit à petit à la naissance de paroisses rurales jusqu’au XIIe siècle. L’Eglise avait, à ce moment là, un rôle social très important et permettait de faire vivre une partie de la population urbaine grâce à des actions organisées par celle-ci. (CHELINI J., 1958) Au Moyen-Age, entre le Xe et XVe siècle, certains facteurs vont modifier lentement la géographie religieuse. Parmi ces facteurs, certains sont purement religieux, comme la création de pèlerinages ou le développement d’universités, et d’autres économiques dus au renouveau commercial et à la poussée urbaine. Cette évolution va se traduire notamment par la création de paroisses urbaines, de quartiers entiers dédiés à des fonctions uniquement religieuses ou même par la naissance de nouvelles agglomérations sur les circuits de pèlerinage. Ainsi, les pèlerinages ont joué un rôle économique très important permettant le développement d’activités importantes autour des lieux de culte. (PATIN V., 1997) De cette manière, les édifices de culte et les congrégations religieuses ont donc été la base du développement morphologique des cités, créant des zones ecclésiastiques qui ont été les foyers des villes. Beaucoup de ces édifices ont été agrandis, embellis, reconstruits au fil des siècles et représentent aujourd’hui encore l’histoire de nos villes et nos régions. (MORISSET L.-K et al., 2011) A cette époque, L’Eglise ajoute à son rôle religieux et social, un rôle éducatif en créant des universités, des couvents et des abbayes. La renaissance économique, aux XIe et XIIe siècle, a pour conséquence un brusque essor des villes. Les édifices situés en milieu urbain ne sont dès lors plus suffisants pour accueillir les fidèles. Ainsi, il a fallu construire de nouvelles églises plus vastes et multiplier le nombre de paroisses. Au final, la géographie religieuse s’est adaptée au changement de physionomie des villes européennes. « Ainsi le Moyen-Age a su résoudre d’une manière originale cette crise de croissance urbaine. » (CHELINI J., 1958)
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE Durant la période relative au temps moderne, le développement urbain est très hétérogène en fonction des lieux et du temps. Cela a donc eu des conséquences assez variées sur la géographie religieuse en fonction des différents types de villes. Un cas assez intéressant à étudier est celui des agglomérations polyfonctionnelles, qui sont des villes qui rassemblent tout type d’activités comme Paris, Londres ou même Liège. Ces grandes villes offrent un découpage paroissial assez difficile surtout s’il existe dans cette ville une géographie religieuse historique. Au 19e siècle, la Belgique connaît un renouveau du catholicisme ainsi qu’un développement économique et démographique. Malgré une modification des diocèses en 1802, on assistera à la naissance d’un décalage croissant entre le quartier urbain et la paroisse dans les grandes villes. Ceci est la conséquence du fait que la délimitation des paroisses s’est souvent faite de manière trop arbitraire en fonction du cadre économique et administratif de sorte que celles-ci ne correspondent pas aux préoccupations sociologiques et aux réalités géographiques. Ainsi, on retrouve souvent des paroisses tronçonnées par des éléments physiques tels que des voies de circulation importantes ou même des configurations topographiques empêchant un accès commode aux lieux de culte. L’évolution croissante de ce décalage entre paroisse et quartier est arrivée aujourd’hui à son terme. En effet, les paroisses ne sont plus maintenant qu’un cadre administratif arbitraire en comparaison avec ce qu’elles étaient autrefois, des organes vivants au sein de nos villes. Malgré plusieurs mesures prises, l’autorité diocésaine, n’a pas réussi à s’adapter et à comprendre l’originalité du phénomène urbain et donc à réorganiser l’aménagement géographique paroissial en tenant compte du caractère sociologique du lieu. (CHELINI J., 1958) « There is a great discord between the localization of the churches and the population » (MORISSET L.-K et al., 2011) Max ingar MØRK, Président de l’association KA-church, Norvège Les conséquences sont lourdes. On peut observer qu’une séparation nette et définitive entre paroisses et quartiers urbains ainsi que la multiplication excessive des paroisses entraînent une « déparoissialisation » de la vie religieuse. A cause de cela, les gens n’ont plus ce sentiment d’appartenance à une paroisse et l’église ne joue donc plus son rôle communautaire et social au sein des habitants d’un même quartier. « Many churches are now in a wrong place » (MORISSET L.-K et al., 2011) Martin CHERRY, professeur au département d’architecture et d’ingénieur civil, Bath,
Angleterre
Malgré, la perte de sa place dans le quartier, l’église a sans aucun doute contribué à la structure de celui-ci. Il est donc intéressant de ne pas étudier uniquement le monument historique en lui même mais bien tout l’environnement dans lequel il est inscrit. Si l’église est en mutation, alors l’espace autour le sera également. Il est évident, que durant l’antiquité et le Moyen-Age, l’organisation ecclésiastique a su anticiper les besoins de la ville et suivre l’évolution de la société. La construction des édifices de culte était à l’origine même des quartiers et donnait la possibilité aux habitants de fonder une communauté autour de ceux-ci. Depuis les temps modernes, la structure religieuse subit l’évolution géographique sans réagir, perdant peu à peu sa place centrale et son intérêt. Trop souvent les églises sont décontextualisées suite à l’évolution autour de cellesci. Ne faudrait il pas anticiper les besoins prochains de la société afin d’entamer une réflexion sur l’avenir des édifices de culte ? Un nouvel usage de ces édifices ne permettrait-il pas de retrouver un noyau de quartier autour de celles-ci ?
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE
1.2
PRATIQUE RELIGIEUSE ET CATHOLICISME 1.2.1
PRATIQUE RELIGIEUSE DURANT LE 20EME SIECLE
Le degré de pratique religieuse nous intéresse tout particulièrement puisque celui-ci est intimement lié aux pratiques du culte et donc à la fréquentation des lieux de cultes. Partout en Occident, au 20e siècle, on observe un déclin de la pratique religieuse. Cette importante diminution se marque principalement en Belgique, au Pays-Bas, en Angleterre et en France. La baisse est par contre moins marquée dans les pays du bassin méditerranéen et en Scandinavie. La pratique religieuse atteint son sommet dans les années 1920-1930 pour diminuer significativement à partir des années 1960 probablement à cause de l’évolution structurelle de la société. La structure sociale du catholicisme qui a toujours été très hiérarchisée se voit renversée par des changements sociétaires majeurs. En effet, le travail de la femme, qui de ce fait, a moins de temps pour s’occuper de l’éducation religieuse des enfants, l’accélération du rythme de vie, l’éclatement de la famille, sont des facteurs influençant la perte de la vie paroissiale et la diminution de la pratique religieuse. La vie s’organise à présent selon un rythme basé davantage sur les loisirs et le travail où la pratique religieuse a perdu sa place. On dénonce souvent la modernisation comme cause de le déchristianisation mais n’y a t’il pas aussi une part des torts inhérents au modèle catholique qui n’a pas réussi à s’adapter? (ABSIL L., 2011) Ainsi, finalement, la messe est devenue un devoir ou une tradition plus qu’un réel besoin dans la foi. L’Eglise a perdu peu à peu contact avec la population, surtout avec les jeunes qui sont l’avenir de la société. Cela provient sûrement du fait que les réponses fournies par l’Eglise aux problèmes familiaux ou moraux ne conviennent plus à l’homme moderne qui de ce fait, rejette les valeurs de celle-ci. (VOYE L. et al., 1985) Au final, la sphère ecclésiale se referme et se décale de plus en plus des besoins de la société alors que le patrimoine, par définition est un héritage légué par les générations qui nous précèdent et qui doit être transmis aux générations futures. On peut montrer une certaine incertitude quant à la transmission de la pratique religieuse et des valeurs chrétiennes qui vont ainsi compromettre l’utilisation de l’édifice religieux et la transmission du patrimoine par la même occasion. Cependant, le fait de ne plus pratiquer ne veut pas dire forcement que la population se détache totalement de l’Eglise catholique. Ainsi, on peut remarquer qu’une importante partie de la population belge se considère encore catholique. En mars 1982, 72% de la population belge se déclare encore catholique. (VOYE L. et al., 1985) « En outre, que signifie vraiment le fait de ne plus pratiquer ? Simple indifférence, encouragée par le milieu ambiant, ou éloignement par rapport à une Eglise trop exigeante en matière de morale sexuelle, ce qui n’empêche pas qu’on continue à réagir en chrétien, par exemple, en matière scolaire ou à l’occasion d’une mission ou de quelques autres évènements religieux ? Ou bien mise en doute des grands dogmes chrétiens, voire perte de tout sentiment religieux et même d’hostilité militante contre « l’opium du peuple » ou l’étouffoir de la pensée libre ? Toutes ces distinctions sont importantes, mais un fait s’impose malgré tout : la déchristianisation, pour être moins avancée que dans certains pays voisins, n’a cessé de progresser depuis un siècle. » (AUBERT R., nd)
Il est évident que le taux de pratique dominicale donne une approximation quant au taux d’utilisation des édifices de culte. En outre, ce n’est pas la seule variable à prendre en compte lors de l’évaluation de l’utilité d’une église. En effet, lorsqu’on considère le pourcentage de la population qui agit et se revendique encore comme chrétien, on imagine que l’église est encore un symbole pour beaucoup d’entre nous. Ainsi, étudier le déclin du christianisme et l’inutilité des églises sur base des fréquentations dominicales est très controversé. REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE « Je trouve dommage qu’on établisse un corollaire entre l’église comme bâtiment et la pratique du culte. Dire que les églises sont des lieux de culte n’est pas correct. Vous dites culte, vous pensez messe. Ce n’est pas juste. Ce sont des lieux de prière, des maisons dans lesquels les chrétiens peuvent se rassembler. » (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012)
Monseigneur JOUSTEN, évêque de Liège Si, la fréquentation dominicale est une donnée à prendre en ligne de compte, d’autres interviennent afin de catégoriser et de décider le l’avenir d’une église. Aujourd’hui, certains substituts spirituels sont apparus afin de satisfaire le besoin d’irrationnel de la société. On peut de cette manière penser aux fêtes laïques, à certaines formes de médecine parallèle, aux sectes,…(HUMBLET J.-E., 1985)
1.2.2
PRATIQUE RELIGEUSE DANS LES 3 REGIONS DE LA BELGIQUE
Autrefois, la Belgique était un des pays les plus catholique du monde. Aujourd’hui, on observe un déclin des pratiques religieuses dans les 3 régions du pays. On peut remarquer une diminution proportionnellement plus importante en Flandre qu’en Wallonie et dans la région de Bruxelles. Ainsi, l’écart entre le taux de pratique religieuse en Flandre et dans les autres régions du pays se marque de moins en moins. Les statistiques représentées dans le graphique (Figure 3) ci-dessous montrent les taux de pratique à la messe dominicale en pourcentage de la population2 pour les différentes régions au cours du temps. Les personnes pratiquantes sont dès lors décrites comme participant « régulièrement et fidèlement à la vie de l’Eglise par une célébration eucharistique hebdomadaire ». (VOYE L. et al., 1985) Des données actuelles démontrent qu’en 2000, le taux de pratique varie entre 12 à 3,5% et il semblerait qu’aujourd’hui le taux serait descendu jusqu’à 4% en moyenne sur l’entièreté Belgique. (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012)
Figure 3 : taux de pratique à la messe dominicale en pourcentage de la population3 pour les différentes régions au cours du temps
On a pu remarquer que le degré de pratique religieuse n’était pas homogène sur la totalité du territoire de la Belgique. Celle-ci varie selon les différentes régions, mais aussi, au sein même de ces régions en fonction des facteurs socio-économiques, culturels et historiques des zones étudiées. La diversité du degré de pratique des différentes zones du diocèse de Liège est significative de l’hétérogénéité du phénomène. (HUMBLET J. E., 1985) Ainsi, 2 3
La population prise en compte est l’ensemble des habitats âgés de 5 à 69 ans La population prise en compte est l’ensemble des habitats âgés de 5 à 69 ans
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE un endroit n’est pas l’autre et donc une étude détaillée de la zone est inévitable avant de tirer des conclusions. La participation aux rites de passage reste quant à elle encore assez importante. La société a toujours besoin de marquer les grands évènements d’une vie, comme la naissance, la mort ou le mariage. Ces rites chrétiens permettent de rehausser le caractère solennel de l’événement et de marquer celui-ci de manière formelle. Ces rites restent encore fort ancrés dans la mémoire collective, ainsi si on décide de ne pas se marier ou de ne pas baptiser son enfant ou même de ne pas désirer de rite pour ses funérailles, on ne devra pas affronter l’Eglise mais plutôt la famille, les amis qui considèrent ces rites collectifs comme éléments importants de la vie. (VOYE L. et al., 1985) Les statistiques représentées par le graphique ci-dessous illustrent bien le phénomène. Ce graphique montre le pourcentage de baptêmes, mariages catholiques, funérailles catholiques et pratiques aux messes hebdomadaires en fonction du temps (Figure 4). La chute se fait surtout sentir sur la célébration du mariage catholique, un peu moins pour le baptême. Le taux d’enterrements religieux reste lui relativement constant. Les derniers chiffres rapporteraient que actuellement 70% de la population pratiquerait encore les funérailles selon les rites chrétiens. (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012)
Figure 4 : pourcentage de baptêmes, mariages catholiques, funérailles catholiques et pratiques aux messes hebdomadaire en fonction du temps
Ces évènements restent cependant des moments isolés qui ne peuvent permettre de continuer à faire vivre de manière durable les églises. De ces chiffres, on peut conclure que l’avenir de l’Eglise catholique reste incertain. En effet, la pratique religieuse est en chute croissante et visiblement durable qui est encore accélérée par la détérioration et la fermeture des portes des églises.
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE
1.3
ROLES DE L’EGLISE COMME EDIFICE A L’EPOQUE CONTEMPORAINE
« Chaque église est chargée d’un sens qui dépasse le religieux. C’est un repère dans le temps et dans l’espace, un point remarquable pour la cartographie, un repère historique unique en son genre. Et, après la fermeture de la dernière boulangerie ou poste, c’est l’un des derniers lieux de cohésion sociale d’un village. » (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012)
MOENS F.4, professeur à l’IHECS et à l’UCL-Mons, Bruxelles L’église représente tout d’abord une communauté de croyants. Cette communauté chrétienne constitue une part de notre identité à laquelle la société croyante ou non est attachée. En effet, l’identité de chacun est une combinaison d’appartenances dont celle à une religion en fait partie. Les gens ont besoin de se référer à des repères, et sont à la recherche d’une identité propre particulièrement en Belgique, qui est un pays assez hétérogène qui a du mal à se trouver une véritable cohésion nationale. (DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005) De cette manière, la société se rattache au patrimoine architectural comme référence rassurante qui englobe l’histoire et les valeurs de la société. Les églises font ainsi partie de l’identité nationale, sociétaire et humaine de chacun. Hormis sa fonction cultuelle, l’église est aussi un acteur social de la société. Elle est un lieu de rassemblement. Autrefois, le croyant ne s’y rendait non pas seulement pour y trouver Dieu mais aussi pour rencontrer ceux qui pensent comme lui. De cette manière, il peut y retrouver des hommes et des femmes qui habitent dans la même zone géographique et qui partagent la même foi. (UNESCO, 1966) Ainsi, les églises constituaient le ciment entre les habitants du même quartier. Aujourd’hui, plus que jamais, dans cette société individualiste où les moyens de communication sont de plus en plus développés, l’homme a besoin de se retrouver en groupe intime dans des espaces familiers. Ce rôle communautaire joué jadis par l’église s’atténue de plus en plus et se retrouve aujourd’hui dans d’autres lieux de substitution. Malgré cela, le caractère social et communautaire de l’église reste bien gravé symboliquement dans les mentalités. L’homme, qu’il soit croyant ou non, cherche dans l’église un caractère sacré, un lieu de silence et de repos. L’autorité ecclésiastique reconnaît que les églises ne sont pas là uniquement pour le culte mais aussi comme un lieu de respect et de recueillement, une petite enclave dans cette société de l’urgence. Nombreux sont ceux qui se retrouvent dans une église ouverte pour réfléchir et même pour trouver un endroit frais lors de périodes de grande chaleur. (COLLINET R., 2012) Le GReSAS5 a analysé les comportements socio-religieux depuis une dizaine d’année à Charleroi. Les conclusions de cette enquête sont assez surprenantes notamment ce fait concernant l’attachement aux églises. « L’attachement aux églises est inversement proportionnel à la proximité avec l’Eglise. Paradoxalement, les personnes les plus attachées aux églises sont aussi les plus éloignées des communautés chrétiennes. Pour ces personnes, l’église physique a une valeur inestimable et inaltérable parce qu’elle condense la totalité de l’institution. Elle ne vaut donc pas par sa fonction, dont les catholiques affirment qu’elle pourrait être remplie en d’autres lieux, mieux adaptés fonctionnellement, mais par son essence. » (CHARLIER J.-E. et al., 1998)
De par sa silhouette élancée typique et facilement reconnaissable, son clocher et dans certains cas son positionnement stratégique sur un promontoire, l’église a été conçue pour être visible de loin et appeler l’œil du visiteur. Par cette position, nous prenons très 4 Fédéric Moens avec le groupe GReSAS (groupe de recherche sociologique action sens) a réalisé en 1998 une étude sociologique sur l’attachement aux édifices de culte à Charleroi 5 Groupe de recherche sociologique action sens
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE souvent l’église comme point de repère visuel dans le paysage et dans nos villes, permettant de s’orienter. Les églises de cette manière collaborent à l’identité d’un lieu de par sa place et son importance dans le paysage. En plus d’être un repère physique, l’église est aussi un repère historique dans notre environnement. Ces édifices ont souvent traversé le temps, ainsi il est possible de lire les différentes époques sur les pierres grâce aux styles architecturaux et aux techniques de construction employées. Au fil du temps, l’édifice se transforme en palimpseste qui raconte l’histoire de l’architecture de nos régions. L’édifice a su de tout temps s’adapter à son époque en s’agrandissant, se reconstruisant, s’embellissant ; portant ainsi des signes extérieurs de sa vie. Pourquoi devrions-nous dès lors figer ces édifices dans leur état actuel ? Ne voulons-nous pas dans le futur pouvoir lire la marque de notre époque sur ce témoin du passé ? Au final, on peut en déduire que c’est bien dans la symbolique et dans son caractère identitaire que l’église doit rester église et plus spécialement dans sa fonctionnalité qui a aujourd’hui, perdu en partie son intérêt.
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1.4
AVENIR POUR LES EDIFICES DE CULTE AUJOURD’HUI
L’avenir de nos lieux de culte n’est pas rose. C’est généralement toujours le même scénario qui se déroule. Souvent tombées dans l’oubli, abandonnées et victimes de l’indifférence générale, ces églises deviennent finalement des anti-symboles. De plus, personne ne se sent responsable de ces bâtiments aux portes closes. L’abandon, et le nonusage entraînent peu à peu la détérioration des lieux jusqu’au point critique où une solution doit être envisagée de toute urgence. Les édifices religieux ne font pas actuellement l’objet d’un plan global mais plutôt, de solutions ciblées prises dans l’urgence pour des édifices dans des situations critiques. Dès lors, le premier choix à opérer est celui entre la conservation de l’édifice tel quel ou la destruction de celui-ci. Lorsqu’on décide de conserver un édifice, il est essentiel aujourd’hui d’y intégrer un projet de remise en valeur qui pourrait mener à une désaffectation de l’église. Il serait intéressant de mettre en place un plan d’avenir général réfléchi afin de ne pas agir dans la précipitation, attendant que la situation d’une église devienne critique pour agir.
1.4.1
DESTRUCTION
La destruction d’une église est souvent envisagée suite à un problème financier ne permettant pas au propriétaire des lieux de prendre en charge l’entretien de celle-ci qui est dans un état de détérioration trop avancé. De plus, la valeur foncière de ce type d’édifice est généralement importante car généralement les églises se situent au centre de lieux de peuplement important. Les emplacements sont ainsi assez convoités afin d’y implanter un nouveau bâtiment qui serait plus rentable. En suivant cette réflexion, on peut remarquer que se sont le plus souvent des édifices privés et non protégés par un classement qui sont le plus sujets à la destruction. (ABSIL L., 2011) Les destructions d’églises paroissiales restent dès lors des cas assez exceptionnels en Belgique. Dans les rares cas où les communes ont dû envisager la destruction, les édifices mettaient en péril la sécurité publique suite à des problèmes de stabilité de l’édifice. Lors de ce type d’intervention, l’évêque ordonne la définition d’un nouvel espace pour la paroisse. (MORISSET L.-K. et al., 2011)
L’histoire nous a démontré que la destruction volontaire ou pas d’édifice de culte est souvent traumatisante pour la société. Thomas Coomans disait lors d’une conférence sur l’avenir du patrimoine religieux en Belgique que la perte d’un tel édifice générateur est souvent apparenté à un « trou de mémoire » au sein des villes. C’est un événement irrémédiable pour les citoyens. Ceux-ci doivent faire la démarche d’un «deuil » patrimonial surtout dans le cas où l’église était localisée au cœur des activités du quartier. C’est le cas dans le passé, par exemple de la cathédrale Saint-Lambert (Figure 5) de Liège détruite lors de la révolution liégeoise de 1789. (ARCHEOFORUM) L’espace occupé jadis par la construction reste inhabité si ce n’est certains éléments ayant un rôle commémoratif rappelant la fonction initiale du lieu. Plusieurs autres exemples peuvent être cités laissant de grandes parcelles libres en plein cœur des villes. (COOMANS T., 2011)
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Figure 5 : aménagement de la place Saint-Lambert rappelant l’emprise de l’ancienne cathédrale
Finalement, le choix de destruction d’une église serait-il pris par manque d’imagination, de volonté de trouver une autre alternative permettant d’éviter de faire table rase du passé ? Dans tous les cas, il faudrait que cette solution ne soit envisagée qu’en dernier recours notamment lorsque l’état de délabrement est trop avancé. De plus, il va encore falloir plusieurs générations avant que ne s’opère un changement de mentalité capable d’accepter une telle solution. (DUPONT T., 2011)
1.4.2
SAUVEGARDE
La sauvegarde est définie dans les recommandations de Varsovie comme telle. « Opération qui consiste en l’identification, la protection, la conservation, la réhabilitation, l’entretien et la revitalisation des ensembles historiques ou traditionnels et de leurs environnements. » (NORMAN A., 2000) Alors que certains pays ont déjà plusieurs années d’avance par rapport au nôtre, une nouvelle politique de sauvegarde du patrimoine religieux commence tout doucement à se mettre en place en Belgique. Le changement de mentalité, petit à petit, peut permettre l’élaboration d’outils capables de catégoriser les églises et de faire un tour d’horizon de la situation actuelle dans le but de pouvoir réaliser des plans d’avenir pour celles-ci. La Région Wallonne a récemment publié un inventaire par province des églises paroissiales construite entre 1930-1940. Cet inventaire a pour but d’être un outil de gestion. Chaque église est décrite selon ses qualités architecturales et est catégorisée quant à son intérêt architectural. Cependant, cet inventaire comporte encore une série de lacunes car il ne base son étude que sur les églises construites entre 1930 et 1940. Il ne se soucie que du côté architectural des édifices en ne publiant les églises d’une valeur patrimoniale notable et certaine. Pour avoir une vision globale, l’inventaire devrait balayer l’entièreté des églises donnant les mêmes informations pour chacune d’entre elles. De plus, le critère de classification est uniquement basé sur la valeur architecturale de l’édifice ce qui est vivement critiqué par l’autorité ecclésiastique. « Ce n’est pas parce qu’une église ne répond pas à des critères architecturaux qu’elle a peu de valeur et ne répond pas à des besoins essentiels. » (DUPONT T., 2011) COLLINET R., vicaire épiscopal de Liège Une proposition de décret6 a été déposée en 2011 visant à réaliser un cadastre des monuments classés affectés à l'exercice d'un culte en région wallonne. Il s'agirait d'un bilan préalable à des réaffectations de certaines églises et chapelles, en fonction de leur état de conservation et de leur taux de fréquentation. (SIMONIS I., 2011) Le but de cet inventaire serait de réaliser dans le futur des reconversions d’églises en logements sociaux, en locaux pour des 6
déposée par Isabelle Simonis et Daniel Senesael (PS)
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE associations ou même en des lieux culturels. (Ecolo Liège, 2011) Encore une fois, le cadastre serait réalisé uniquement sur une partie des édifices et dans ce cas-ci des édifices classés. Ces inventaires ou projets de cadastre sont donc un premier pas, mais il est loin d’être complet et de contenir toutes les données afin d’avoir toutes les cartes en main pour d’établir un plan d’avenir de nos églises. En matière d’inventaire, les Pays-Bas peuvent être pris comme exemple. La mise en place de moyens de protection des édifices de culte y est instituée depuis déjà plusieurs années. Notamment la création d’un site internet (RELIWIKI) qui contient un inventaire de toutes les églises. (ABSIL L., 2011) Ce site fonctionne de la même façon que le site de partage de connaissances Wikipédia. Chacun peut rajouter des informations et des commentaires. De cette manière, les propriétaires, gestionnaires et architectes peuvent partager leurs expériences. On peut donc retrouver sur ce site différents types d’informations comme les caractéristiques architecturales, géographiques et historiques et des photos de l’édifice. En Wallonie, L’IPW7 joue un rôle de conseiller auprès des propriétaires des biens classés qui ne parviennent pas à dégager un avenir pour leur édifice. En dehors des pouvoirs publics, beaucoup d’organisme régionaux et associations locales de bénévoles se mettent en place afin de protéger et de discuter d’un édifice en particulier ou d’avoir une réflexion plus large sur le sujet. (MORISSET L.-K. et al., 2011) Différentes aides et outils commencent donc à se mettre en place afin de pouvoir avoir une vue générale sur le sujet et de cette manière évaluer le meilleur moyen de conserver les édifices de cultes. L’étape suivante serait de décider un moyen de remettre en valeur ces édifices à conserver qui ne peuvent survivre dans leurs états actuels. Car, sauvegarder ce n’est pas ne rien toucher, c’est redonner vie. La mise en valeur de l’édifice permettrait de donner une plus-value à celui-ci. La mise en valeur est définie par Françoise Choay de cette manière : « Cette locution clé, qu’on voudrait rassurante, est en réalité inquiétante par son ambiguïté. Elle renvoie aux valeurs du patrimoine, qu’il s’agit de faire reconnaître. Elle contient aussi la notion de plus-value. Plus-value d’intérêt, d’agrément, de beauté certes. Mais aussi plus-value d’attractivité, dont il est inutile de souligner les connotations économiques. » (CHOAY F., 1992) On peut donc bien distinguer les deux ensembles de valeurs que l’expression « mise en valeur » implique c’est à dire, le respect du patrimoine et la rentabilité économique. Lorsqu’on décide de conserver l’édifice deux grandes orientations peuvent être choisies : •
le maintien de la fonction initiale. La plus value pourrait être apportée par des restaurations de l’édifice et des ajouts contemporains. Et de cette manière augmenter l’attractivité, l’intérêt pour l‘édifice. Cependant, il reste dépendant au point de vue économique.
•
la désaffectation de l’édifice en vue de le réaffecter. Cette solution pourrait permettre de réintégrer l’édifice dans la société contemporaine et trouver une issue économique qui assurerait la viabilité de l’édifice.
1.4.3
DE LA DESAFFECTATION A LA REAFFECTATION
Aujourd’hui, il n’existe que très peu d’églises paroissiales désaffectées. Les cas de désaffectation sont en outre beaucoup plus répandus dans le cercle des églises nonparoissiales. (MORISSET L.-K. et al., 2011)
7
Institut du Patrimoine Wallon
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE Lorsque le choix d’une désaffectation a été approuvé, l’église est retirée de la fonction de culte public selon l’initiative de l’évêque. Quand une église est désaffectée, l’édifice retourne à son juste propriétaire. Deux cas de figures se présentent alors. Si l’église appartient à la commune, l’évêque négocie la réaffectation. En revanche, si l’église est la propriété de la fabrique d’église, l’avenir de l’église est plus incertain. En effet, la fabrique n’ayant généralement pas les moyens de subvenir financièrement à l’entretien de l’église, celle-ci se voit dans l’obligation de vendre l’église soit à la ville, soit à des services publics, soit à un investisseur privé. A partir du moment où l’église passe dans les mains de privé, l’évêque n’a plus aucun droit sur son avenir. (MUSELLE M., 2000)
La désaffectation d’un édifice se suivra généralement d’une désacralisation en vue d’y intégrer un projet de réaffectation (Figure 6). C’est cette piste d’avenir que je vais traiter dans la suite de mon travail.
Sauvegarde
Destruction
Conservation de l'affectation
Désaffectation
Désacralisation
Réaffectation
Figure 6 : choix de l’avenir des églises
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2
LA REAFFECTATION DES EGLISES
2.1
REAFFECTATION DU PATRIMOINE
La réaffectation est une des rares constantes dans l’histoire de l’architecture (DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005) En effet, c’est exceptionnel que des bâtiments anciens aient gardé la fonction pour laquelle ils avaient été construits. (GAIARDO L. et al., 1999) La
réaffectation est une opportunité qui permet ainsi de prolonger l’existence du patrimoine afin de le transmettre aux générations futures.
2.1.1
APPROCHE THEORIQUE DE LA REAFFECTATION
Viollet-le-Duc, dans son dictionnaire raisonné de l’architecture du XIe au XVIe siècle, en 1845, rédige une thèse à propos de la restauration. Dans celle-ci, il insiste sur le rôle utile que l’édifice doit pouvoir jouer dans la société. De plus, il précise que l’adaptation à un usage qui permettrait d’être intégré dans la civilisation moderne est à préférer même si cela implique la modification détériorant quelque peu l’édifice de base. Nous devons ainsi jouer notre rôle d’architecte et pas seulement de restaurateur. (DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005) Plus proche de nous, on peut se référer aux différentes chartes élaborées par des spécialistes. (DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005) •
Charte d’Athènes, 1931 : La conférence recommande de maintenir l’occupation des monuments qui assure la continuité de leur vie en les consacrant toutefois à des affectations qui respectent leur caractère historique ou artistique.
•
Charte de Venise, 1964 : Elle revoit le concept introduit dans la Charte d’Athènes nourrie par les enseignements de la seconde guerre mondiale. Celle-ci s’attarde à élargir la notion de patrimoine. « La conservation des monuments est toujours favorisée par l'affectation de ceux-ci à une fonction utile à la société; une telle affectation est donc souhaitable mais elle ne peut altérer l'ordonnance ou le décor des édifices. C'est dans ces limites qu'il faut concevoir et que l'on peut autoriser les aménagements exigés par l'évolution des usages et des coutumes. » Art.5 (Charte de Venise, 1964)
•
Déclaration d’Amsterdam, 1975 : Cette déclaration est une prolongation de la Charte de Venise. Elle recommande le choix d’une fonction garantissant la survie de l’édifice. Et elle amène l’idée du recyclage et la revitalisation plutôt que le gaspillage. « la réhabilitation d’un ensemble faisant partie du patrimoine architectural n’est pas une opération nécessairement plus onéreuse qu’une construction neuve sur une infrastructure existante voire que la construction d’un ensemble sur un site urbain non urbanisé. Il convient, donc, lorsqu’on compare les coûts comparatifs de ces trois procédés, dont les conséquences sociales sont différentes de ne pas omettre le coût social. Y sont intéressés non seulement les propriétaires et les locataires, mais aussi les artisans, les commerçants et les entrepreneurs logés sur place qui assurent la vie et l’entretien du quartier. » (Déclaration d’Amsterdam, 1975)
Les chartes ne sont en aucun cas une obligation juridique pour les signataires, mis à part que chaque pays a la responsabilité de les appliquer de manière adaptée par rapport à sa culture et ses traditions. (PAQUET P., 2011) La Convention de Grenade de 1985 est la base juridique inspirées des chartes. L’article concernant la réaffectation est le suivant :
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE « Chaque partie s’engage à favoriser, tout en respectant le caractère architectural et historique du patrimoine : •
l’utilisation des biens protégés compte tenu des besoins de la vie contemporaine.
•
L’adaptation, lorsque cela s’avère approprié de bâtiments anciens à usages nouveaux. » Art.11 (Convention de grenade, 1985)
En Belgique, la réglementation concernant l’importance de l’affectation se trouve dans le livre III du CWATUP8. Ainsi, le chapitre 1 relatif à l’intégration du patrimoine dans le cadre de vie de la société contemporaine définit la conservation intégrée comme telle : « Par conservation intégrée, il faut entendre l’ensemble des mesures qui ont pour finalité d’assurer la pérennité de ce patrimoine, de veiller à son maintien dans le cadre d’un environnement approprié, bâti ou naturel, ainsi qu’à son affectation et son adaptation aux besoins de la société. » Art.185 (CWATUP, 2009)
2.1.2
INTEGRATION DANS LA VIE CONTEMPORAINE
« Consistant à réintroduire un monument désaffecté dans le circuit des usages vivants, à l’arracher à un destin muséal, le réemploi est sans doute la forme la plus paradoxale, audacieuse et difficile de la mise en valeur patrimoniale. Comme le montèrent et le répétèrent Riegl et Giovannoni, le monument est ainsi soustrait aux risques de la désaffectation pour être exposé à l’usure et aux usurpations de l’usage : lui attribuer une destination nouvelle est une opération difficile et complexe, qui ne doit pas se fonder seulement sur une homologie avec la destination originelle. Elle doit, avant tout, tenir compte de l’état matériel de l’édifice qui, aujourd’hui, demande à être apprécié au regard du flux de ses utilisateurs potentiels. » (CHOAY F., 1992) Malgré le fait que la reconversion est un procédé de mise en valeur assez difficile à réaliser, celui-ci amène une plus-value au bâtiment. Au final, cette intervention peut être qualifiée de positive pour l’édifice et l’environnement. Le principe de réaffectation est un concept qui rentre totalement dans le cadre du développement des «villes durables» qui est au centre des préoccupations actuelles. En effet, le recyclage d’anciens édifices concilie les trois objectifs du développement durable c’est à dire ; l’objectif économique, écologique et social. L’économique car l’édifice peut grâce à un changement de fonction se réintégrer dans le circuit des vivants et ainsi, auto subvenir à ses besoins. Au point de vue écologique cela permet d’éviter de construire un nouvel édifice, d’empêcher la détérioration de celui-ci et de valoriser une construction déjà existante, le principe même du recyclage en somme. Le côté social peut être amélioré par la création d’espaces dynamiques, agents importants d’attractivité. (GAIARDO L., et al., 1999) De plus, le recyclage occupe une place très importante dans l’architecture contemporaine. Un projet de réaffectation peut être tout à fait intéressant car il s’agit de composer avec un édifice existant, de jouer avec de nouvelles contraintes qui s’ajoutent à celles du programme et des règlements. Ainsi, le respect de l’édifice existant auquel s’ajoute les différentes contraintes de la nouvelle fonction amène un projet qui n’aurait pu voir le jour ex-nihilo. (ROBERT P., 1991) La transformation de bâtiment est un enjeu à toutes les échelles, l’échelle du bâtiment en lui même mais aussi de l’environnement qui l’entoure. La réaffectation d’un édifice qui dès lors était inutilisé et avait un impact négatif sur les environs peut permettre de redynamiser un quartier. Un projet de reconversion peut aussi être pensé de manière plus globale dans le cadre d’une revitalisation urbaine. Ainsi, le choix de la réaffectation doit 8
Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE prendre en considération l’environnement alentour et pas uniquement l’édifice en lui-même. Le recyclage d’espaces générant des endroits insolites peut créer une véritable « magie » dans nos villes ce qui ne se serait probablement pas le cas si les édifices patrimoniaux avaient été momifiés comme des monuments historiques. Finalement, la réaffectation permet aussi de trouver un nouvel intérêt pour le bien patrimonial en lui-même. De cette manière, la nouvelle fonction peut amener un autre type de public, qui n’a pas l’habitude d’appréhender ce type d’édifice, à la découverte ou à la redécouverte de celui-ci. Cela peut permettre de susciter l’éveil de la curiosité de l’utilisateur à observer l’édifice de manière plus profonde.
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2.2
REAFFECTATION DES EDIFICES DE CULTE 2.2.1
HISTORIQUE DE LA REAFFECTATION DES LIEUX DE CULTE
Vu le buzz que le sujet des reconversions d’église fait actuellement dans les médias, on pourrait croire que c’est une pratique nouvelle. Néanmoins, le recyclage des lieux de culte est loin d’être une nouveauté. (MORISSET L.-K. et al., 2011) La manière de recycler les lieux de culte a elle aussi varié au cours des époques en s’adaptant avec la société de son temps. Le principal mode de recyclage historique des lieux de culte, est apparu à l’Antiquité, lorsque le culte des vaincus était substitué par le culte des vainqueurs ce dernier prenait place dans les édifices existants. (MORISSET L.-K. et al., 2011) Ainsi, lors de la christianisation, beaucoup de temples antiques ont été transformés sans soucis patrimonial afin d’accueillir le culte chrétien. De cette façon, le Panthéon à Rome, à la base un temple dédié aux divinités antiques fut transformé en église chrétienne au VIIe siècle. De nombreux autres exemples pourraient être cités comme, Sainte-Sophie à Istanbul transformée en mosquée ou la Grande mosquée de Cordoue en cathédrale. (YOU KYONG AHN, 2007) Durant la révolution française, un nombre considérable d’églises ont été recyclées dans des fonctions plus utiles pour cette époque. Ainsi, il était fréquent de voir des églises reconverties en grenier à grains, en hôpitaux, en prison ou même en cave vinicole. Nous ne pouvons cependant pas prendre ces périodes d’extrêmes violences ou de perte de références culturelles comme exemple. (MORISSET L.-K. et al., 2011) Durant ces phases de l’histoire, on ne se souciait pas vraiment du patrimoine mais plutôt d’un besoin fonctionnel ou économique ou bien même d’un geste politique. De là, ont découlé des interventions qui ont altérés de manière significative le bâtiment d’origine. Ce n’est qu’au Quattrocento9 que la valeur historique fut prise en compte pour la première fois. (NORMAN A., 2000) Actuellement, nous avons tous les outils nécessaires afin de ne pas commettre les mêmes erreurs. Il s’agit donc de bien préparer l’intervention afin d’éviter de détériorer l’édifice et son contexte. De plus, la création d’une législation en matière de patrimoine est mise en place à partir du 19e siècle empêchant de faire ce que bon nous semble.
2.2.2
LEGISLATION
La position de l’Eglise par rapport à la réaffectation peut se trouver dans le droit canonique10. Ainsi, un usage profane est toléré à partir du moment où l’église ne peut plus servir au culte. De plus, le nouvel usage se doit de ne pas être inconvenant. (Droit CANON 1221, 1983) Un second article concerne les désacralisations. Les lieux sacrés perdent leur caractère sacré si la plus grande partie de l’église est détruite ou s’ils ont changé de fonction de manière permanente. (Droit CANON 1212, 1983). La résolution 916 du conseil de l’Europe concerne les édifices religieux désaffectés. L’assemblée, reconnaissant l’église comme point focal de la communauté, estime qu’il faudrait accorder suffisamment de temps et d’encouragements aux communautés afin de pouvoir décider d’un nouvel usage. Nouvel usage qui devra tant que possible se rapprocher de la fonction originelle. (Résolution 916 du Conseil de l’Europe, 1989) (ANNEXES | 1)
9 Le Quarttrocento correspond au XVème en Italie qui connait à ce moment une grande mutation artistique suite à la période historique du Moyen-Age. Cette période amorce le début de la Renaissance. 10 Le droit canonique ou le droit de canon est l’ensemble des lois et des règles adoptées pour le gouvernement de l’Eglise et ses fidèles
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE
2.2.3
SITUATION ACTUELLE
Dans son travail de fin d’étude, Laurence Absil a inventorié une cinquantaine d’églises ou de chapelles affectées à d’autres usages. Les édifices réaffectés sont souvent de petite de dimension, majoritairement des chapelles et des églises de petite taille. Aucun projet ne concerne donc les églises de plus grande envergure alors que celles-ci sont dans la même situation que les édifices de petite dimension. (ABSIL L., 2011) Lorsqu’on compare l’état des réaffectations des églises en Belgique, par rapport au Pays-Bas ou au Québec, on remarque qu’il y a peu de reconversion mise en place avec intervention architecturale marquée. Serait ce par manque de moyens, ou par manque d’audace ou tout simplement par peur de choquer ? Quoi qu’il en soit, il est, selon moi, important d’amener de nouveaux aménagements contemporains lors de la réaffectation de l’édifice. Généralement, les réaffectations avec un projet architectural sont réalisées lorsque l’église a été rachetée par un investisseur privé capable d’amener les fonds pour concevoir un projet architectural abouti. Cependant, la solution du rachat par une personne privée est à double tranchant. Une fois acheté, le propriétaire peut faire ce qu’il désire de l’édifice. Il est dès lors important de poser des conditions de vente afin au minimum de contrôler le choix de la nouvelle fonction et du type d’intervention. Il faudrait pouvoir donner les moyens aux églises de se transformer en y intégrant une architecture contemporaine. Ce type d’intervention apporte généralement une richesse dans les espaces créés et intègre la notion de l’espace temps dans l’édifice. La réaffectation réussie peut amener le visiteur à la redécouverte du patrimoine de manière détournée. Ainsi, l’architecture peut faire de ces églises un lieu insolite qui attirera les gens à passer à nouveau leur seuil.
2.3
ETAPES DE LA REAFFECTATION
Entre la désaffectation et la réaffectation, il reste plusieurs étapes à franchir (Figure 7). Tout d’abord, il y a l’étape de la désacralisation de l’édifice à réaliser par l’autorité religieuse. S’ensuivent les deux phases les plus importantes qui détermineront la réussite du projet : la définition du type d’intervention et l’établissement de l’esquisse. Il faudra finalement élaborer le projet d’exécution qui permettra la réalisation concrète du projet.
REAFFECTATION
DESAFFECTATION
DESACRALISATION
ESQUISSE
PROJET D'EXECUTION
EXECUTION
Figure 7 : étapes de la réaffectation
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE
2.3.1
DESACRALISATION
La désacralisation appelée aussi exécration est la perte du caractère sacré de l’édifice. Selon les règles du droit canonique, celle-ci est ordonnée par un décret épiscopal et la décision prise par l’évêque diocésain et les autorités civiles. Lorsqu’on désacralise une église, il y a l’obligation de transférer la paroisse vers un autre lieu de culte et la fabrique d’église vers une église mère. Depuis 2000, il y a une trentaine de désacralisations et/ou réaffectations qui ont eu lieu ou sont en cours en région wallonne. (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012)
La pratique de désacralisation d’une église est aussi fort controversée. Certains soutiennent que la désacralisation n’est pas forcément nécessaire et que, dans certains cas, la fonction de culte et les nouvelles fonctions peuvent être compatibles. Thomas Coomans est de cet avis et considère la désacralisation comme un traumatisme, donnant l’impression de chasser Dieu de l’église. (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012) D’autres sont moins optimistes et pensent que pour qu’une réaffectation soit viable il faut sans aucun doute désacraliser l’édifice. C’est le cas d’André Schroyen qui annonce l’urgence de certaines désacralisations. “On ne peut pas donner de nouvelles affectations aux églises sans les désacraliser. Mais ce n’est pas à la commune de décider si une église doit être désacralisée ou non. C’est à l’évêché de donner son feu vert, mais il n’est pas obtus ” (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012)
SCHROYEN A., Echevin agissant en matière de cultes à Liège
2.3.2
ETABLISSEMENT DE L’ESQUISSE
L’établissement de l’esquisse du projet est l’étape la plus déterminante dans le projet de réaffectation d’un édifice. C’est pour cela que j’ai décidé d’introduire dans la deuxième partie une méthodologie qui serait une aide à la conception de ce type d’esquisse.
2.3.3
ELABORATION DU PROJET D’EXECUTION
L’esquisse servant de base au projet, il restera à réaliser des études approfondies afin de mesurer de manière précise la faisabilité du projet à tous les niveaux. Tous les aspects devront être traités : •
L’aspect fonctionnel : la définition précise des communication entre eux, les accès, les circulations,…
•
L’aspect architectural : la forme, les matériaux, les liens avec l’édifice existant,…
•
L’aspect structurel : le dimensionnement de la structure, le lien ou pas avec la structure existante,…
•
L’aspect techniques : la définition et la mise en place des différentes techniques spéciales de l’édifice, l’isolation de l’enveloppe,…
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différents
espaces,
la
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE
3
LE SYSTEME BELGE ET SA LEGISLATION
Cette partie reprend les points importants dans la législation concernant la gestion des édifices de culte et du patrimoine religieux. Ces différents points permettront de dégager des les bases juridiques nécessaires avant tout projet de réaffectation. La plupart des informations dans cette partie proviennent de l’ouvrage « Quel avenir pour quelles églises ? ». Les grandes dates de l’histoire de ces deux législations se retrouvent sur la ligne du temps cidessous. (Figure 8) (MORISSET L.-K. et al., 2011)
GESTION DU CULTE
GESTION DU PATRIMOINE
Division en REGIONS et COMMUNAUTES
- Ordonnance du ministère de ka Région Bruxelles-Capitale portant modification du décret impérial de 1809 concernant les fabriques d'église. - Décret de la région flamande relatif à l'organisation matérielle et au fonctionnement des cultes reconnus. - Décret de la Région wallonne relatif à l'exercice, par la Communauté germanophone, de certaines compétences de la Région wallonne en matière de pouvoirs subordonnés, entre autres les fabriques d'église.
2001
2004 2001
1970
BELGIQUE état indépendant période HOLLANDAISE
Loi spéciale portant sur le transfert de diverses compétences aux régions et communautés. La tutuelle sur les fabriques d'églises et la gestion du temporel des cultes reconnus est transmise aux régions
1989 1980
1884
période FRANCAISE
Projet d'accord de coopération entre l'autorité fédérale, la Région flamande, la Région wallonne et la Région Bruxelles-Capitale en ce qui concerne la reconnaissance des cultes, le traitements et pensons des ministres des cultes, les fabriques d'église et les établissement chargés de la gestion temporel des cultes reconnus.
1870
1849
1830 1815
1831 1824 1809 1802 1801
Passage de la compétence conservation du patrimoine des communautés aux régions Passage de la compétence conservation du patrimoine des conseils culturels aux communautés
1970
Passage de la compétence conservation du patrimoine du nationale aux conseils culturels
1872
Premier système de hierarchisation des monuments en 3 classes
1835
Création de la Commission royal des monuments
Un gouvernement catholique émet une circulaire ministerielle reconnaissant la compétence des fabriques d'église pour la construction de nouvelles églises.
La Loi sur le temporel des cultes règle la gestion fiancière des fabriques d'église.
Arrêté royal sur la réorganisation et le renouvellement partiel des fabriques d'église concerne les modalités de désignation et des mandats des membres.
La Constitution belge garantit la liberté des cultes et celle de leur exercice public. Un arrêté royal stipule que les fabriques et les administrationsd'églises ne peuvent prendre des dispositions sur les objets dont le soin ne leur est pas expressément conféré par les lois, les règlements ou les ordonnances existants. Décret impérial concernant les fabriques d'église réglemente le fonctionnement des fabriques; revenus, charges et budget; régie des biens et des comptes; charges des communes relativement au culte; cathédrales, maison épiscopales et séminaires. Décret de 1802 relatif à l'organisation des cultes est la loi organique sur les cultes. Elle met, entre autre, les églises à disposition des cultes et établit des fabriques d'église. Concordat de 1801 entre Napoléon et le Saint-Siège rétablit les diocèses et les paroisses, assure le salaire au ministres du culte, autorise les catholique à faire des fondation en faveur de l'église.
Figure 8 : ligne de temps de l’histoire de la gestion du culte et du patrimoine immobilier en Belgique
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE
3.1
GESTION DES LIEUX DE CULTE 3.1.1
ETAT GENERAL EN BELGIQUE
Aujourd’hui et depuis 2001 avec la Loi spéciale portant sur le transfert de diverses compétences aux Régions et Communautés, l’organisation du temporel des cultes est une compétence régionale. Le fédéral reste tout de même compétent en matière de reconnaissance des cultes et du traitement des pensions des ministères du culte. (DURY J., 2004)
La Belgique est un pays où le culte catholique romain est majoritaire bien que récemment on assiste au développement du culte islamique. Ainsi, les édifices de culte catholique sont les plus représentés dans nos villes. On compte 3948 paroisses catholiques dont 1809 dans la région flamande 2051 en Wallonie et 88 à Bruxelles (Figure 9).
Figure 9 : nombre de paroisses catholiques dans les différentes régions et en Belgique
Un autre point important en Belgique est de faire la différence entre les bâtiments dédiés au culte public que sont les églises paroissiales et ceux qui relèvent du culte privé dépendant d’un établissement comme une école, un hôpital, un couvent. (MORISSET L.-K. et al., 2011)
3.1.2
PROPRIETE DES EDIFICES DE CULTE
Pour identifier les propriétaires des églises 11 , il faut tout d’abord se rappeler la différence entre les églises privées et celles reconnues pour le culte public. Dans les églises dédiées au culte public, il y a lieu de faire la distinction entre les églises construites avant 180212, appelées églises domaniales et celles qui ont été édifiées ensuite. Après des discussions sans fin, les communes ont été déclarées propriétaires des édifices construits avant 1802. Le raisonnement étant que ce sont des édifices publics qui doivent donc conserver leur appartenance publique. Par contre, les églises édifiées après 1802 sont devenues la propriété des fabriques d’églises peu importe la ou les sources de financement. (MORISSET L.-K. et al., 2011)
Le terme “église” englobe tout les biens immobiliers qui sont directement liés au culte. Date de référence issue du Concordat de 1801 entre Napoléon et le Saint-Siège. Décret de 1802 relatif à l’organisation des cultes avec l’établissement des fabriques d’église 11 12
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Eglises non-domaniales Propriété des églises construites après
1802 Propriété des églises construites avant
appartiennent aux fabriques d'églises sous la tutelle des communes
Loi organique sur les cultes, issue du concordat de 1801 Eglises domaniales
appartiennent au domaine public donc aux communes
Figure 10 : la propriété des églises
La situation est loin d’être claire, car si les propriétés sont officiellement définies, les fabriques d’églises sont tout de même sous la tutelle des communes.
3.1.3
ROLE DES FABRIQUES D’EGLISES
Les fabriques d’églises ont, depuis 1802, été au cœur du système paroissial. Chaque paroisse a sa fabrique que l’église soit domaniale ou pas. Elles sont constituées d’un groupe de personnes appartenant à la paroisse. Les missions générales des fabriques sont (LECLERCQ I., 2011) : •
la prise en charge des frais de culte et obligation d’adopter chaque année un budget et un compte des recettes et des dépenses, qui doivent être approuvées par l’évêque et par la députation permanente (province) ;
•
la décoration et embellissement intérieur de l’édifice ;
•
l’entretien et la réparation des églises et du mobilier.
La commune a certains devoirs envers les fabriques d’églises. L’un d’entre eux étant que si la recette de la fabrique d’église n’est pas suffisante afin d’entretenir l’édifice, la commune est dans l’obligation de verser des allocations destinées à couvrir les dépenses excédentaires. (MORISSET L.-K. et al., 2011)
3.1.1
LE FINANCEMENT PUBLIC DES EGLISES
Le système de financement des églises a été établi dans la constitution de 1831 et est resté inchangé depuis lors. Sans rentrer dans les détails, on sait que plus ou moins 300 millions sont déboursés par les pouvoirs publics chaque année pour les cultes et la laïcité. L’église catholique reçoit 86,4% de ce financement ce qui semble énorme pour une religion en déclin de pratique. L’état fédéral prend en charge le financement des salaires et les communes et provinces, le financement des fabriques d’église. Un tableau récapitulatif reprenant le financement public des cultes en Belgique peut être trouvé en annexe. (SAGERESSE C., 2009) (ANNEXE | 2) Un wallon paye chaque année 26,28 € pour le financement global des cultes. Suite à une enquête réalisée dans le journal l’avenir, ce montant paraît encore trop important pour la population et 52,2% des personnes interrogées soutiennent qu’il faut revoir le système de financement. (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012)
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE
3.2
GESTION DU PATRIMOINE
Depuis 1989, ce sont les régions qui sont compétentes en terme de patrimoine immobilier. (Figure 8) La préoccupation patrimoniale apparaît en 1835, Commission royale des monuments. Déjà à cette époque occupé une grande partie de l’attention. Petit à petit, le patrimoine s’est mis en place par l’instauration d’un système subsides pour ces édifices classés. (MORISSET L.-K. et al., 2011)
lors de la création de la les édifices religieux avaient système de conservation du de classement et d’octroi de
Dans la suite de l’exposé, je concentrerai principalement mon travail sur la région wallonne car c’est elle qui nous intéresse plus particulièrement.
3.2.1
LE CLASSEMENT
Le classement est une composante majeure dans le processus de réaffectation de églises. Le classement est un acte juridique officiel qui va apporter certains droits et devoirs au propriétaire du bien concerné. Ainsi, selon le CWATUP : « Le propriétaire d’un bien immobilier classé est tenu de le maintenir en bon état » Art. 211 (CWATUP, 2009) Le classement pour un édifice est très important et amène des conséquences considérables sur l’entretien et la survie de celui-ci. Outre le fait que le classement reconnaît une valeur patrimoniale certaine à l’édifice, celui-ci permet d’intervenir au niveau financier et d’établir une protection autour de l’architecture de l’édifice conservant ainsi son authenticité. (DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005) Il existe différents types de classements. L’édifice concerné peut être classé totalement, uniquement de manière partielle ou même faire partie d’un ensemble architectural. Le classement partiel est souvent donné à un édifice constitué d’éléments de différentes époques ne formant pas un ensemble homogène. (MORISSET L.-K. et al., 2011) Concernant le patrimoine architectural religieux en Belgique, on a pu constater l’importance de celui-ci car un bon tiers des édifices classés sont des monuments religieux. Rien qu’en région wallonne, sur 2795 monuments classés 836 sont des monuments religieux13. Parmi ceuxci, il y a plus ou moins 600 églises dont 25 classées au patrimoine exceptionnel.14 (DURY J., 2004)
Pour l’instant, le classement d’édifices de culte se décide dans l’urgence de déblocage des subsides afin d’empêcher la démolition ou la dégradation trop importante de l’édifice ou afin de stopper un projet de réaffectation ou de démolition qui pourrait nuire à l’authenticité de l’édifice. Le classement permet de surveiller la conservation de l’authenticité de l’édifice. Cependant, il ne doit pas être un frein pour une réaffectation mais permettre justement d’orienter le concepteur vers une solution respectueuse de l’édifice.
3.2.2
LES SUBSIDES
Comme dit précédemment le classement permet d’apporter des subsides lors des travaux de restauration ou de réaffectation de l’édifice. Les taux de subsides sont différents en fonction des types de classements et du type d’église. Le tableau ci-dessous reprend les
13 Il s’agit des églises, cathédrales, collégiales, basiliques, orgues, fonts baptismaux, chapelles, maisons canoniales, abbayes, couvents, prieurés 14 Données fournies pas l’iPW en 2004
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE pourcentages d’intervention financière et les sources de celles-ci selon les différents cas reconnus.
PRIVEE
PUBLIC
Monuments et sites : 60% à 80%
Région : 60% Province : 20% Commune : 20%
+ études préalables financées à 80% par les monuments et sites
Le reste par les fabriques d’église ou/et les communes
EGLISE CLASSEE Aucun
+ études préalables financées à 80% par les monuments et sites L’administration régionale des travaux d’infrastructure subventionnées : 30 à 35%15 Le reste par les fabriques d’église ou/et les communes
EGLISE NONCLASSEE
Certaines provinces : 10%
Lorsqu’on a affaire à un bâtiment classé au patrimoine exceptionnel les subsides peuvent aller jusqu’à 95%. De ce fait, on peut remarquer l’importance considérable du classement sur le financement de travaux. Lorsque les églises ne sont pas classées c’est à la commune ou à la fabrique d’église à intervenir ce qui amène généralement des situations catastrophiques. (MORISSET L.-K. et al., 2011)
Cependant, même si certains subsides sont octroyés par le pouvoir public, il n’est pas toujours facile de mettre la part restante du coût des travaux. En effet, à l’échelle d’un bâtiment les sommes deviennent souvent colossales même pour un petit pourcentage.
3.2.1
L’INSTITUT DU PATRIMOINE WALLON
L’Institut du Patrimoine Wallon ou IPW est un organisme d’intérêt public fondé en 1999. Il fait partie des acteurs principaux dans la réaffectation en région wallonne. Celui-ci joue notamment un rôle d’assistanat aux propriétaires des biens classés. Il agit généralement sur des bâtiments en péril et peut apporter plusieurs aides afin de sauvegarder l’édifice : • • • • • •
préservation immédiate ; accompagnement des propriétaires dans les démarches administratives ; définition de l’état sanitaire de l’édifice ; mise au point d’un programme de réaffectation ; composition du montage financier du projet. Dans les cas les plus critiques l’IPW peut même acquérir un bien afin de le revendre une fois sa situation réglée.
L’IPW joue un rôle phare en cas de biens classés en péril. Cependant, il est un peu regrettable qu’il ne puisse agir que sur les édifices classés. L’organisme travaille actuellement sur une centaine d’édifices dont une trentaine sont des édifices de cultes. (DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005)
15 En vertu de l’arrêté royal du 23 juillet 1981 portant dur les subsides aux travaux d’infrastructure. La matière relève désormais des régions: les régions flamande et wallonne continuent d’intervenir, tendis que la Région de Bruxelles-Capitale n’accorde pas de subside pour les travaux d’églises non classées.
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PARTIE 1 : ETAT DE L’ART| LA PLACE DE L’EGLISE DANS LA SOCIETE
4
CONCLUSION
Parmi les causes générales de la désertification actuelle des églises, on peut retenir que l’Eglise n’a pas réussi à s’adapter aux changements sociétaux, tant du point de vue géographique avec le détachement du quartier et de la paroisse que social. De plus, son discours est souvent en inadéquation avec la façon dont les gens vivent actuellement. Cependant, on remarque que l’église reste un symbole auquel la population croyante ou non croyante reste attachée. Ainsi, la création d’un plan d’avenir général pour la conservation de ces édifices serait souhaitable. Ce plan devra donc être construit sur base d’outils complets. Cela éviterait d’agir dans la précipitation en attendant le dernier moment. Parmi les solutions envisagées afin de sauvegarder les édifices, une a retenu notre attention, la réaffectation de l’édifice à un nouvel usage. Cette pratique de recyclage pourrait remettre le bâtiment dans le circuit des vivants tant économiquement que socialement. La réaffectation est un moyen avantageux de faire revivre le patrimoine mais celle-ci reste assez complexe à mettre en place. Pour cela, il est important d’avoir une bonne connaissance des règlements relatifs aux édifices de cultes en terme de propriété, de financement et d’aides afin de pouvoir dégager un avenir pérenne pour nos églises. Ce travail n’est qu’un point de départ pour le futur, un outil à utiliser afin de planifier des interventions. Ce sont des pistes pour remettre en selle ces églises tout en conservant leurs qualités de départ.
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PARTIE 2 M
ETHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION DES EGLISES
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
1
INTRODUCTION DE LA METHODOLOGIE
Le cœur de ce travail se situe dans l’élaboration d’une méthodologie utile aux propriétaires d’églises afin de permettre à celles-ci de survivre en conservant une place dans la société actuelle. La méthodologie a été imaginée comme un outil d’aide à la création d’une esquisse de projet de réaffectation (Figure 11). Le but recherché est de donner des pistes pour l’élaboration d’une esquisse qui tient la route et qui pourrait être développée de manière plus précise lors de l’étape ultérieure de réalisation du projet d’exécution.
REAFFECTATION
DESAFFECTATION
DESACRALISATION
ESQUISSE
PROJET D'EXECUTION
EXECUTION
Figure 11 : situation de l’esquisse dans un projet de réaffectation d’église
Généralement après avoir choisi la réaffectation comme option de sauvegarde de l’édifice, les propriétaires se trouvent démunis et ne savent pas par quel bout commencer. En effet, de multiples paramètres entrent en jeu et il est difficile de voir clair quant à un choix de fonction et encore moins quant à une idée de l’intervention architecturale à réaliser. Le but ici est d’amener une synthèse de cette situation complexe par un découpage des paramètres pouvant être analysés séparément. Cela permet donc une décomplexification du problème avec une réflexion méthodique permettant de démêler le nœud et d’arriver à dégager un avenir viable pour l’édifice. Il est évident que dans ce domaine chaque cas est un cas particulier. Cependant sur base de l’analyse de variables communes à toutes les églises il est possible de catégoriser une série de conclusions. La méthodologie est basée sur un diagramme directeur reprenant ces différents paramètres communs à analyser. (Figure 12) L’établissement de l’esquisse se divise en trois grandes étapes : •
l’analyse des variables de départ et le dégagement des valeurs correspondantes
•
le choix du type de réaffectation et de la ou les nouvelle(s) fonction(s) ;
•
le choix d’une typologie d’intervention conservant l’intégrité de l’édifice.
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30
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
Pour commencer, on étudiera l’état de départ de l’édifice ; sa localisation, son histoire, ses caractéristiques physiques, sa situation économique et le symbolisme qu’il représente. De cet état de départ il faudra trier et conserver les qualités et les valeurs de l’édifice, notamment en terme d’espace, de situation, d’accès, de symbole,…Après avoir étudié ces différentes variables, on choisira un projet pour l’édifice. Le point le plus délicat est sans aucun doute le choix de la nouvelle activité. En effet, le meilleur usage d’un édifice est celui qui a été prévu lors de sa construction. Cette réflexion est assez similaire à tout type de réaffectation. Cependant le cas des lieux de cultes intègre en plus une dimension symbolique et un caractère sacré qui leur est propre. Il n’existe cependant pas de fonction idéale satisfaisant à toutes les églises, tout dépend du contexte de départ. Ce contexte de départ analysé de manière méthodique au préalable permettra de choisir au mieux la nouvelle fonction. Lors de l’établissement du projet de réaffectation, il est essentiel de bien garder en mémoire les trois critères bien connus dans le milieu de la restauration ; la lisibilité, l’authenticité et surtout, dans ce cas-ci, la réversibilité des interventions. Ces critères ne doivent cependant pas limiter les interventions architecturales mais justement permettre de guider le concepteur afin de rajouter une nouvelle strate à l’édifice. Ensuite, lorsque le type de réaffectation et le choix de la fonction ont été fixés, intervient l’élaboration d’une solution architecturale répondant à la nouvelle demande. Il conviendra de maintenir l’intégrité architecturale de l’église en conservant les caractéristiques propres à celle-ci comme la volumétrie, la qualité lumineuse,… Certaines fonctions demandent des installations techniques importantes, une nouvelle structure, des réseaux de techniques spéciales, ainsi, il sera essentiel de les intégrer au fonctionnement de l’édifice. Il faudra aussi veiller à conserver ce fonctionnement, le sens et le symbole de l’église. Si le choix de la fonction est bien adapté et si on respecte l’intégrité du bâtiment, on peut arriver à un espace très riche avec une dimension « temps » qui n’était pas présente au départ. Les éléments originels de l’église comme sa géométrie, sa lumière, la texture de ses matériaux,… seront appréhendés d’une autre manière. La juxtaposition entre le neuf et l’ancien enrichira les lieux en introduisant un décalage subtil entre la forme typique de départ et la nouvelle intervention. (PAQUET P., 2011) Cette partie du travail permet donc d’apporter une réponse nuancée aux questions posées au départ à savoir : « Quel type de réaffectation serait la plus judicieuse pour une église afin de conserver ses valeurs existantes ? Lors de l’établissement du projet de reconversion, comment imaginer une intervention architecturale capable de préserver l’intégrité architecturale, technique et symbolique de l’édifice originel pour une nouvelle destination choisie? » La méthodologie qui va suivre a été suggérée par l’observation d’une série d’exemples de réaffectations rencontrés. Ces exemples ne sont pas tous localisés en région wallonne, certains sont en Flandre et même au delà de nos frontières. Le choix de ce large horizon d’exemples enrichit l’étude et permet de donner des nouvelles idées de ce qu’il est possible de réaliser. Cependant, il faut bien garder à l’esprit que les systèmes peuvent être totalement dissemblables entre les pays et même entre les deux régions de Belgique, notamment en matière de protection du patrimoine et de propriété des lieux de cultes.
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NOUVEL USAGE
REAFFECTATION PARTIELLE REAFFECTATION TOTALE - Privée - Semi-publique - Publique
?
INTEGRITE DE L’EDIFICE - Architecturale - Fonctionnelle - Constructive
EGLISE REAFFECTEE
QUEL TYPE D’INTERVENTION ARCHITECTURALE AFIN DE CONSERVER L’INTEGRITE DE L’EDIFICE?
Assurer la pérennité du patrimoine en adaptant la fonction aux besoins actuels de la société
QUEL TYPE DE NOUVELLE AFFECTATION AU VU DES VALEURS DE DEPART?
?
VARIABLES DE DEPART - Localisation - Historique - Physique - Economique - Symbolique
CLASSEE ou non
EGLISE HISTORIQUE
PERCEPTION DES GENS
CRITERES Réversibilité Lisibilité Authenticité
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
Figure 12 : diagramme de la méthodologie de l’esquisse de réaffectation d’église
32
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
2
VARIABLES DE DEPART
Il est évident que malgré la perte de sa valeur fonctionnelle, l’église conserve un bon nombre d’autres valeurs. Celles-ci doivent donc être valorisées, conservées ou modifiées afin de les optimiser. (MORISSET L.-K. et al., 2011) Pour cela, il faut d’abord s’attarder au bâtiment préexistant, comprendre celui-ci, identifier ses points forts et ses valeurs actuelles afin de pouvoir décider de son avenir et de le valoriser. Les différentes variables caractérisant l’édifice une fois énumérées et étudiées permettront de dégager leurs valeurs correspondantes. Grâce à cette analyse, il sera plus aisé de déterminer une nouvelle affectation adaptée à la situation dans laquelle se trouve l’édifice. Les grandes variables de base sont reprises dans cette partie. Ces dernières permettent d’identifier le contexte de départ d’une église. L’influence des variables sur le choix d’une nouvelle destination pour l’édifice sera expliquée à partir de l’état de chacune d’entre elles.
2.1
VARIABLE DE LOCALISATION
La valeur de position montre le rôle de structuration du territoire qui s’effectue à partir de l’église et les sentiments d’appropriation et d’identification sociale qui peuvent en résulter. (MORISSET L.-K. et al., 2011)
L’étude de cette variable qui reprend les différentes échelles de localisation de l’édifice sera basée sur les outils suivants: •
une carte générale de la ville ou du village où l’édifice est situé ;
•
une carte précise du quartier avec la localisation des différentes fonctions ;
•
un relevé de la population du quartier ;
•
des documents (plan et photos) permettant de se rendre compte de la situation de l’église sur sa parcelle ;
•
un relevé de la position géographique des églises environnantes.
2.1.1
MILIEU
Il est tout d’abord essentiel de distinguer si l’église est localisée dans un environnement rural ou dans un milieu urbain. Le problème est plus facilement solvable lorsque les églises se situent au milieu d’un petit bourg. Car, dans ces cas, les communes rurales ont encore assez de budget dédié aux églises. (ERNENS C. et VELLANDE D., 2012) On arrive donc moins vite à des situations alarmantes qui peuvent être observées dans les agglomérations urbaines. De plus, une intervention de réaffectation dans un village sera plus facilement remarquable et deviendra la source d’une nouvelle activité dans le village qui ne peut qu’être favorable pour le développement de celui-ci. « Une intervention spécifique dans le cœur d’un petit bourg constituera très vraisemblablement un électrochoc salutaire qui pourra entraîner une redynamisation et une nouvelle attractivité. Par contre, les opérations de rénovation urbaine ou de revitalisation urbaine ne pourront à elles seules changer le visage d’un vaste quartier ou d’un centre d’une grande agglomération. Dans les grandes villes, elles ne constitueront
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33
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
que quelques pièces d’un vaste puzzle qui devra être alimenté par bien d’autres sources de financement. » (CREAT, 2010) Le problème est évidemment plus aigu lorsque l’église se trouve au centre d’une agglomération urbaine. C’est pourquoi, ce travail s’oriente de manière plus précise sur ce type d’églises, intégrées depuis toujours dans un environnement habité par de multiples autres fonctions. Lorsque l’église est située dans une agglomération urbaine il est essentiel de situer le quartier auquel elle appartient par rapport au centre d’activités de la ville. De ce fait, les interventions situées dans des quartiers de l’hypercentre ou proche de ceux-ci seront à étudier de manière approfondie car étant dans des lieux à grande visibilité, l’efficacité et la redynamisation engendrées par une réaffectation peut y être significative.
2.1.2
QUARTIER
Le quartier est sûrement une des importantes données à prendre en compte afin de définir un nouvel usage viable pour l’édifice. Une réaffectation judicieuse permettra de redynamiser complètement son entourage. Premièrement, il est essentiel d’analyser le type d’activités du quartier afin de déterminer la nouvelle fonction la plus judicieuse à implanter. Cette nouvelle fonction ne devra donc pas être redondante dans un même périmètre. Elle devra compléter l’organisation du quartier sans gêner les fonctions préexistantes. Le type de population présente au sein du quartier est aussi un paramètre important. La moyenne d’âge, les convictions religieuses et les différentes nationalités indiqueront si la population sera réceptive au nouveau projet de réaffectation. Il faut donc prendre le temps d’écouter leurs envies, leurs besoins afin de réaliser un projet collectif qui a un avenir dans le quartier. La position même de l’édifice dans le quartier est décisive. En effet, une église située au centre dynamique du quartier est plus apte à être reconvertie dans une fonction publique qu’une église qui est reculée. De cette manière, une fonction plus privative est donc acceptable pour la réaffectation des églises localisées loin du cœur des activités.
2.1.3
LOCALISATION SUR LA PARCELLE
Une première chose à analyser est la facilité d’accès de la parcelle au niveau piétonnier et automobile. Un accès direct à la parcelle pour des voies de circulation peut être bénéfique pour le bon développement de la nouvelle fonction. Le type de parcelle sur laquelle est implanté l’édifice donne aussi une idée de l’organisation possible de l’espace autour de l’église afin d’accueillir le visiteur et les aménagements nécessaires pour la fonction choisie. De cette manière, une parcelle aérée permet d’y intégrer des installations annexes tels qu’une zone de stationnement, un espace extérieur en relation avec sa nouvelle destination,… De même, si l’édifice est accessible de plusieurs côtés il est possible d’imaginer plusieurs entrées, ce qui pourrait satisfaire un besoin interne technique ou fonctionnel. De plus, il sera important d’identifier s’il existe des bâtiments secondaires accolés à l’église et en lien direct avec elle. Cela peut être utile pour des espaces plus techniques lors de l’aménagement de la nouvelle fonction.
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
2.1.4
PRESENCE D’AUTRES LIEUX DE CULTE
La présence d’autres lieux de culte dans la même zone géographique est une donnée à connaître. En effet, si on décide de rayer complétement la fonction de culte de l’édifice, il faudra retrouver un endroit de substitution pour accueillir les paroissiens. Dans ce cas, il faudra utiliser sur un autre lieu de culte assez proche géographiquement et facile d’accès pour tous. Trouver un lieu de culte de substitution assez proche de l’ancienne paroisse n’est pas toujours facile. Cela est souvent le cas pour les églises situées dans des quartiers contenant une seule église ou celles qui sont isolées à cause de barrières urbaines géographiques ou construites. Dans cette situation, il faudra penser à intégrer au projet de réaffectation une place pour un nouvel endroit dédié au culte. Ce dernier peut être conservé dans l’édifice même ou reconstruit dans les environs.
2.2
VARIABLE HISTORIQUE
La valeur historique qu’on peut aussi qualifier de valeur d’âge est la capacité d’un bâtiment à témoigner d’une époque. (MORISSET L. et al., 2011) Les éléments utiles pour une bonne analyse de l’histoire de l’édifice sont: •
des documents permettant de retracer l’histoire de l’édifice ;
•
des plans avec les différentes strates architecturales et leurs périodes de construction.
2.2.1
EPOQUE D’EDIFICATION
L’époque d’édification de l’église permet de la situer dans le temps et l’histoire. Ainsi, il est possible d’identifier le but de la construction de celle-ci et la fonction qu’elle a joué dans le développement du quartier. Certaines églises ont été construites pour les besoins de la population, d’autres pour des communautés religieuses ou même pour le prestige d’une ville. La perception de ces différents rôles peut influencer le choix de la réaffectation vers des fonctions plus sociales utiles pour la communauté, ou des fonctions touristiques lorsque le bâtiment a été édifié comme un monument plutôt qu’un lieu de rassemblement d’une communauté.
2.2.2
STRATIFICATION DE L’EDIFICE
Bien souvent, les édifices tels que les églises ont traversé le temps et se sont modifiés au fil des années. Ainsi, dans leur architecture, il est possible de lire les différentes époques. Il aura lieu de bien se renseigner au sujet de l’époque des différents composants. L’objectif est de pouvoir comprendre les strates successives de l’édifice avant d’en rajouter une supplémentaire. Lors de ces recherches il arrive de redécouvrir des parties enfouies ou même se rendre compte de l’absence de certains éléments présents à l’origine. Il est alors possible d’orienter la réaffectation de l’édifice vers une fonction commémorative ou un agencement particulier permettant de se rappeler les vestiges du passé
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
On peut citer comme exemple de réaffectations allant dans ce sens, l’église Saint Laurent à Grenoble. On a remis au jour d’anciennes cryptes qui avaient été peu à peu recouvertes par le temps. L’édifice devient de cette manière, un musée sur lui-même rendant toutes les strates de sa construction visibles. (Figure 13)(MORISSET L. et al., 2011)
Figure 13 : église Saint Laurent, Grenoble
De plus, l’église peut avoir connu au cours du temps d’autres usages que strictement celui de culte. Ainsi, elle peut avoir été l’objet de visites touristiques culturelles. Plus loin dans le temps, au Moyen-âge, les églises étaient utilisées comme théâtres. Ainsi, le retour à des fonctions culturelles serait tout à fait acceptable en regard de l’utilisation précédente de certains édifices.
2.3
VARIABLE PHYSIQUE
La valeur de matérialité de l’édifice est la qualité de créer un ensemble homogène en combinant dans l’architecture, les matériaux et l’agencement des éléments entre eux. Le classement est une reconnaissance de la valeur physique de l’édifice. Ainsi lorsque le bâtiment est classé, son état physique est protégé et donc on ne peut pas faire ce que bon nous semble avec celui-ci. Le style d’architecture, le type de matériaux, les décors,… sont des valeurs qu’il faut conserver et valoriser lors du projet de reconversion. Ainsi, l’espace s’organisera de façon à mettre en exergue les éléments remarquables et exceptionnels de l’édifice originel. Les éléments permettant d’analyser l’état physique de l’édifice sont : •
plans et coupes de l’édifice ;
•
photographies de l’église ;
•
l’équivalant d’une « fiche d’état sanitaire ».
2.3.1
STYLE D’ARCHITECTURE
La constitution générale du plan et la complexité du volume donne une bonne indication quant au choix du nouveau programme à implanter. Suivant le type d’église, gothique ou classique, il est plus ou moins facile d’y implanter une nouvelle fonction. Les églises gothiques, généralement composées d’une nef étroite et de deux allées sont plus difficilement réaffectables vu leur géométrie assez découpée. La fonction choisie devra s’adapter à cet édifice composé d’espaces relativement étroits. Les édifices de style roman ont souvent une large nef qui permet d’accueillir une fonction en son sein tout en conservant la géométrie globale de l’édifice. La présence d’une crypte permettra de placer des fonctions plus techniques qui doivent être moins voyantes. (CANTACUZINO S., 1989) Les mètres-carrés disponibles donnent aussi une approximation sur le programme ainsi que la fonction à mettre en place. Ainsi, une chapelle se convertira assez facilement en une habitation tandis qu’une église de plus grande dimension sera plus facilement occupée par une fonction publique. Il est très important de bien composer le programme afin que l’intervention permette de conserver l’intégrité architecturale de l’édifice. Il est indispensable REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
36
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
de travailler dans ce sens, c’est à dire du bâtiment au programme et pas le contraire de manière à ne pas surdimensionner une fonction qui détruirait une partie de l’église existante.
2.3.2
ETAT DE L’EDIFICE
Une étude sur l’état général de l’édifice doit être réalisée afin d’évaluer les travaux de restauration à entreprendre. En effet, beaucoup d’églises se dégradent jusqu’à en devenir dangereuses pour la sécurité des utilisateurs. Il faudra donc lister les différentes pathologies de l’édifice en vue de définir des interventions de restauration avant le travail de réaffectation proprement dit. La phase de restauration et celle de réaffectation ne doivent pas nécessairement être dissociées. Une partie qui doit être restaurée peut l’être à l’avantage de la nouvelle fonction. Parmi de nombreux exemples, on citera celui où un toit originel en mauvais état est retiré et retravaillé de manière contemporaine permettant le dégagement d’espace ou de lumière supplémentaire pour la nouvelle fonction.
Pour le projet de réaffectation de la Mariënkirche en Allemagne en salle de concert, le groupe Satijn+ a imaginé une toiture contemporaine permettant d’intégrer une partie des espaces. (Figure 14)
Figure 14 : Mariënkirche, Allemagne
2.4
VARIABLE ECONOMIQUE
La valeur foncière d’un tel édifice est généralement énorme. En effet, les églises sont habituellement situées sur des parcelles au plein cœur des quartiers. Cependant, les propriétaires des églises, qu’il s’agisse de la commune ou de la fabrique d’église, n’arrivent pas à assurer l’entretien de l’édifice. La réaffectation en soi est un processus qui peut rendre le bâtiment indépendant au niveau économique, à condition de disposer de fonds suffisants. Afin de déterminer la situation économique dans laquelle se trouve l’édifice, il serait bon de disposer d’une série d’informations dont : •
une expertise évaluant le coût des restaurations et de la valeur de l’église ;
•
le plan de financement de l’église ;
•
la possibilité de recevoir des aides financières.
2.4.1
PROPRIETAIRE DE L’EGLISE
Dans le cas des églises appartenant à la commune ou à la fabrique d’église. Ils opteront certainement dans le cas d’une réaffectation pour des fonctions de l’ordre public conservant ainsi le bien pour l’usage collectif. Cependant, dans les meilleures conditions, ils ont juste l’argent suffisant pour entretenir l’édifice. Il leur est extrêmement difficile de mobiliser des fonds pour concevoir un projet architectural de réaffectation sans l’aide de subsides.
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
Souvent, le meilleur moyen de sauver une église en danger financier est le rachat par une personne privée ou un promoteur immobilier. Lorsqu’on arrive à cette solution, ce sera le nouveau propriétaire qui pourra décider de sa nouvelle affectation. Dans ce cas, le nouveau propriétaire choisira une fonction privée qui aura comme objectif de rentabiliser le bien.
2.4.2
AIDES ET SUBSIDES
Comme expliqué dans la partie précédente un bâtiment peut recevoir différents subsides provenant de différentes sources lors de sa restauration ou sa réaffectation. Pour bénéficier d’importants subsides de la Région Wallonne pour une restauration ou une réaffectation, l’édifice doit être classé. De cette manière, la région wallonne conserve un droit de regard sur l’édifice et peut vérifier que la nouvelle fonction choisie conservera l’intégrité de l’édifice.
2.5
VARIABLE SYMBOLIQUE ET SOCIALE
Si on pose la question de la reconversion, c’est que la valeur fonctionnelle a disparu. Néanmoins, le symbole et l’esprit social et communautaire de l’église sont toujours intacts dans la mémoire collective. La valeur symbolique est donc extrêmement importante et encore clairement marquée actuellement. Pour pouvoir analyser cette variable, quelques informations sont nécessaires : •
l’inventaire des taux de fréquentation et de la fréquence des offices de l’église envisagée ;
•
des photographies et des cartes de topographies afin de réaliser une étude paysagère ;
•
des informations concernant les mobilisations citoyennes autour de l’édifice.
2.5.1
FREQUENTATION
Malgré le fait que l’utilisation de cette variable soit assez controversée par les autorités diocésaines, les chiffres n’en restent pas moins là. La pratique atteint les 3,5 % dans certaines régions, le nombre d’offices diminue et la moyenne d’âge des paroissiens est de plus en plus élevée. Cependant, ces fréquentations ne sont pas similaires dans toutes les paroisses et il est donc important d’en tenir compte. En effet, lorsque les offices dans une église sont encore célébrés et que le nombre de paroissiens est suffisant, il est un peu délicat de réaliser une réaffectation totale de l’édifice en chassant la fonction de culte toujours présente. Ainsi, plutôt qu’une réaffectation totale, il devrait être possible de réaliser une reconversion partielle de l’édifice partageant l’église entre la fonction de culte et une nouvelle destination.
2.5.2
SYMBOLE DANS LE PAYSAGE
L’église sert souvent de point de repère dans le paysage. Grâce à sa hauteur et sa position, elle devient un élément qui attire l’œil dans le paysage. Celle-ci participe donc à l’identité visuelle d’une ville ou d’un quartier.
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
Sa destruction peut provoquer un trou dans le paysage ainsi qu’une perte de repères. Une étude devra donc être réalisée quant à l’impact sur le paysage si elle disparaissait. Dans le cas contraire, la nouvelle destination que prendra l’édifice importe peu tant que l’église soit sauvée et conserve ainsi sa place dans le paysage. De plus, la réaffectation d’une église reconnue et identifiée de tous par sa grande visibilité peut avoir un effet d’entraînement bénéfique au succès de la reconversion.
2.5.3
ATTACHEMENT A L’EDIFICE
L’attachement de la population croyante ou non croyante aux églises reste toujours très marqué. On peut souvent remarquer la mobilisation des riverains lorsque leur église est en danger. Ceux-ci se regroupent alors formant des ASBL, faisant circuler des pétitions, afin d’assurer la survie de cet édifice. Il est important d’écouter leur avis et leurs idées afin de recréer un édifice accepté de tous qui aura sa propre place dans la société. Aller à l’encontre de leurs revendications conduit parfois à compromettre la viabilité du projet. La plupart du temps, ils veulent conserver leur édifice et n’acceptent pas n’importe quelle fonction à l’intérieur de leur église. Ils sont davantage réceptifs à une fonction publique qui pourrait prolonger l’usage d’origine du lieu. De plus, ils sont généralement attachés aux pierres et ne veulent pas qu’on défigure leur édifice. Un projet commun sera toujours préférable et viable. Il est donc important de concerter les différentes parties concernées.
2.6
SYNTHESE
Un cadastre reprenant toutes ces variables pour chaque église d’une même zone serait utile afin de les comparer entre elles et d’établir un plan d’intervention global sur la zone en question. Dans ce plan, seront listés l’importance, l’urgence et le type d’interventions à réaliser sur chacune des églises de la zone étudiée. Actuellement, les données nécessaires afin d’étudier ces variables ne sont pas centralisées. Ainsi, une période de recherche sera nécessaire avant d’obtenir tous les documents utiles à l’analyse des variables. Il serait donc avantageux de créer un inventaire comprenant les différents documents utiles à l’analyse des variables. Il est évident qu’on ne peut pas réduire l’église à son intérêt uniquement architectural, économique ou historique. Il faut pouvoir balayer toutes les variables afin de pouvoir prendre une décision quant à l’avenir de nos églises. Cet inventaire devrait être facilement accessible et mis à jour régulièrement. Pour arriver à mettre en place un tel inventaire, il faudrait que toutes les parties concernées puissent collaborer et amener chacune une part des informations nécessaires. De cette manière, chacun pourra intégrer sa vision et la valeur qu’il soutient à la situation. Au final, ce type de projet doit inclure toutes les parties concernées, c’est à dire la commune, les riverains, les autorités ecclésiastiques et le propriétaire. C’est la seule manière possible pour trouver un équilibre entre les usages et les valeurs énumérées. Suite à l’analyse des différentes variables et à la mise en évidence de leurs valeurs, il sera possible : • de choisir une des issues pour l’édifice, à savoir, la destruction ou la sauvegarde avec la réaffectation comme mise en valeur ; • de définir le type de réaffectation à réaliser, une reconversion partielle ou une réaffectation totale ;
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
• de choisir la nouvelle fonction ; • de définir les bases du programme fonctionnel. Lorsqu’un bien est classé, le propriétaire voulant réaffecter leur église peut faire appel à L’IPW pour un rôle de conseil sur la nouvelle fonction. Cette première partie de méthodologie tente de jouer le même rôle que celui-ci. Elle fonctionne comme un outil permettant de guider et conseiller le propriétaire de tout type d’église dans un choix de réaffectation.
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
3
CHANGEMENT D’AFFECTATION
3.1
CHOIX FONCTIONNEL
Le choix de la nouvelle fonction à implanter tant pour la réaffectation partielle que totale est extrêmement important et de celui-ci dépendra la réussite du projet. Malgré l’importance de ce choix, il reste très délicat car il faut traiter le bâtiment au cas par cas. Les différentes variables analysées permettront de dégager une fonction appropriée à l’édifice en prenant en compte tous les paramètres. Les avis pour les choix de la réaffectation divergent selon les différents acteurs ; les fabriques d’églises, les riverains,… Ainsi, Il faudra se mettre d’accord afin de trouver un compromis viable pour l’église et en faire un projet commun. (MORISSET L.-K et al., 2011) Plusieurs spécialistes se sont déjà attardés sur le choix de la fonction la plus favorable pour le recyclage d’une église. Certains d’entre eux ont établi une hiérarchisation. Cependant, ceux-ci dans leur classement ne tiennent compte que d’une ou deux variables tout au plus.
2
3
3
3
3
symbolique
1
2
4
5
5
5
4
6
7
8
2
1
1
3
3
4
4
Industrielle
3
Résidentielle mixte
Culturelle
Centre de bienfaisances
communautaire
1
2
Residentielle
YOU KYONG AHN
1
Commerciale
JAMES DOUGLAS
architecturale et symbolique architecturale et symbolique économique
Récréative
DEREK LATHAM
Autres religions
Monument
Dans son ouvrage « Creative reuse of building », Derek Latham établit un classement des nouveaux usages des églises en fonction du côté architectural et fonctionnel de l’édifice. (LATHAM D., 2002) James Douglas met en place, dans son livre building adaptation, une première hiérarchisation sur base des mêmes variables que Derek Latham. De plus, il introduit un nouveau classement basé sur la variable économique. (DOUGLAS J., 2002) L’étude réalisée par You kyong Ahn, pour son mémoire intitulé « Adaptive reuse of abandoned historic churches : building type and public perception », amène un nouveau classement selon la perception du public et donc le côté symbolique de l’édifice. (YOU KYONG AHN, 2007) Voici, ci-dessous, un tableau récapitulatif des différents classements introduisant une position pour chaque fonction par rapport à son degré de satisfaction par rapport à la variable étudiée. La fonction obtenant le numéro 1 est celle qui est la plus adéquate et ainsi de suite jusqu’à la dernière. (Figure 15)
Figure 15 : tableau des différents classements des fonctions par rapport aux différents auteurs et aux variables étudiées
Il n’est évidemment pas possible de dégager une hierarchie générale applicable à tous les cas. En effet, on remarque des contradictions importantes entre les différents classements notamment lorsqu’on met en relation le classement selon la variable économique et celui concernant la conservation symbolique du lieu. (Figure 16) De plus, de REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
41
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
nombreuses variables ne sont pas prises en compte car elles dépendent de chaque église comme la localisation de celle-ci, son histoire,… Fonction PRIVEE
ECONOMIQUE
Fonction COMMERCIALE magasins, HORECA, hôtel
Fonction SEMI-PUBLIQUE
Salle d'évènement, salle de sport, salle de spectacles
Fonction PUBLIQUE CULTURELLE
bibliothèque, salle d'exposition, musée
ESPRIT DU LIEU
appartements, habitation
Fonction PUBLIQUE SOCIALE fonction sociales
Figure 16 : contradictions entre la variable économique et la variable symbolique
Une conclusion générale peut cependant être retirée de ces différentes classifications. Pour conserver l’intégrité architecturale et fonctionnelle de l’édifice, une fonction publique est la plus adéquate. En effet, de part sa fonction de base, l’architecture de l’église est très appropriée pour recevoir des grandes assemblées. (DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005) Encore une fois, il faut bien garder à l’esprit les autres variables, ainsi une fonction semi-privée ou privée peut-être totalement acceptable dans certains cas de figure, notament lorsque les édifices sont assez isolés du centre des activités. On peut classer les différentes nouvelles utilisations en trois catégories distinctes. Une liste de différents exemples de réaffectation pour chaque catégorie de fonction est reprise dans les annexes. (ANNEXE | 3) • Fonctions PRIVEE
appartements, habitation, bureaux, magasins, hôtel, HORECA,… • Semi-publique
salle d’événement, salle de sport, salle de spectacles, salle multimédia • Publique – culturel, social
salle d’exposition, musée, bibliothèque, fonctions sociales
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42
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
3.2
REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE
Suite à l’analyse des variables et lorsque la réaffectation a été choisie pour la survie de l’édifice trois possibilités peuvent être envisagées. La réaffectation partielle avec une différence entre la semi-reconversion et l’usage partagé et la réaffectation totale supprimant totalement la fonction initiale de l’édifice. (Figure 17) Le choix entre une réaffectation totale et partielle dépendra comme vu précédement de la variable symbolique et de celle de la localisation.
REAFFECTATION PARTIELLE
+?
Usage partagé
REAFFECTATION TOTALE
?
?
Semi-reconversion Figure 17 : type de réaffectation
La reconversion partielle est un état de transition qui permet de réinscrire l’édifice dans la société active. Elle conserve la fonction initiale au sein même de l’édifice et ajoute une nouvelle fonction à l’intérieur de celui-ci. Cette solution peut être envisagée de manière temporaire, comme une première phase pour une réaffectation totale dans le futur ou de manière plus permanente. Deux cas de figure apparaissent, le premier étant d’utiliser le même espace pour le double usage, c’est ce qui est appelé l’usage partagé. Le second cas de figure est celui de la semi-reconversion qui est la division de l’espace en deux zones distinctes fonctionnant indépendamment. Dans le cas de l’usage partagé, il faudrait trouver une fonction s’organisant de manière similaire à celle des offices afin de concevoir un seul espace pour les deux fonctions. Ainsi, ce n’est pas toujours évident de trouver une fonction qui est en accord avec le culte. Généralement ce type de réaffectation sera une destination publique d’accueil de grandes assemblées comme une salle de spectacle, de théâtre ou de concert. Une autre possibilité serait de partager l’édifice avec une ou plusieurs autres religions. De cette manière, la disposition des lieux pourrait être imaginée de manière identique pour les deux usages.
L’église Oude Lutherse kerk à Amsterdam, est une ancienne église protestante partagée avec une fonction d’auditoire pour l’université d’Amsterdam. Ainsi, les offices peuvent se célébrer le dimanche et la semaine, les locaux sont utilisés par l’université. (Figure 18)
Figure 18 : Oude Lutherse kerk à Amsterdam
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
La semi-reconversion est moins contraignante au niveau de la fonction à ajouter car l’espace dédié au culte et celui à la nouvelle destination peuvent être organisés de manière totalement différente car ils sont indépendants l’un de l’autre. Cependant, cette pratique demande une recherche fonctionnelle assez importante car il faut pour cela aménager la nouvelle fonction de manière à ne pas gêner le culte. Et donc il faudrait arriver à une subdivision réversible de l’espace. Ce type d’intervention demande une bonne gestion des flux et de la séparation des espaces tout en conservant la volumétrie unitaire de l’église. (DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005) En plus des considérations architecturales et fonctionnelles, il y a celui de partage de temps dédié à chaque partie et de l’entrée libre et gratuite normalement obligatoire dans les églises durant les offices. (Droit CANON, 1983)
Un des exemples de semi-reconversion en cours de travaux est la Chapelle place du Marché à Jodoigne. Cette réalisation rajoute à l’édifice une fonction culturelle pour la ville. Deux entrées sont aménagées afin de faciliter la gestion des flux. L’accès au chœur se fera grâce à l’ancienne porte de la sacristie qui servira aussi de sortie de secours. L’espace culturel sera accessible par la porte d’entrée principale et comportera des gradins rétractables et des panneaux mobiles. Cette disposition est très souple et permet d’accueillir de nombreux types de manifestation sans gêner la partie dédiée au culte. (Figure 19) (Site internet de la ville de Jodoigne)
Figure 19 : 3D et plan chapelle du Marché à Jodoigne
Chapelle
Espace culturel
Un autre exemple à Berlin, la Heiligen Kreuz-kirche, cette église qui conserve un lieu de culte luthérien dans le chœur a été réhabilitée et apte à recevoir des fonctions sociales et culturelles, comme des concerts, des réceptions,… (Figure 20) (COOMANS T, 2012)
Figure 20 : Heiligen Kreuz-kirche, Berlin
Les réaffectations partielles ou celles à usages partagés sont selon Thomas Coomans (COOMANS T.,2012) les plus porteuses d’avenir. Ces types de réaffectations demanderont
cependant un changement de mentalité et de méthode. Il faudrait arriver selon lui à une subdivision réversible de l’espace. La mixité des fonctions et le système de cogestion qu’elle implique sont une solution aux problèmes de conservation d’un grand nombre d’édifices permettant ainsi un usage plus fréquent de l’édifice empêchant sa dégradation, et permettant son entretien tout en conservant la fonction originelle. (IPW, 2003)
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
4
CRITERES DE REAFFECTATION
Une fois le type de réaffectation et le choix de fonction définis, il faudra les mettre en place dans l’édifice au moyen d’une intervention architecturale adaptée. Même si chaque église, chaque bâtiment est un cas particulier, il existe certains concepts directeurs qui guident les esquisses de projets de réaffectations. Ici, sont retenus trois critères qui permettent de conduire l’intervention de réaffectation ; la réversibilité, la lisibilité et l’authenticité. La partie suivante de ce travail qui introduit les trois critères se base sur la philosophie de Andrea Bruno16 qui est transcrite par Benjamin Moray dans son travail de fin d’étude : Andrea Bruno : entre hier et demain, en continuité. Andrea Bruno est un architecte italien qui est spécialisé dans la réaffectation d’édifices d’importance patrimoniale certaine. Celui-ci a notamment réaffecté la chapelle des brigittines à Bruxelles en centre d’Art contemporain. (MORAY B., 2008)
4.1
REVERSIBILITE
La réversibilité est un critère physique et philosophique qui doit être intégré directement dans l’esquisse du projet de réaffectation. Les interventions contemporaines ajoutées à l’édifice historique devront respecter cette vision. La réversibilité peut être de deux types ; la réversibilité matérielle et intellectuelle. La première concerne la manière de concevoir les adjonctions d’un point de vue technique : comment la nouvelle structure se raccroche-t-elle à l’édifice existant. La réversibilité matérielle est rendue réalisable grâce à certaines techniques constructives. Ainsi, un structure métallique permet une totale indépendance de la structure initiale de l’édifice et donne accès à un démontage facile si besoin se faisait sentir. La seconde est plus psychologique et est liée à la capacité du visiteur à faire abstraction de la partie ajoutée afin de retrouver l’édifice originel. Ainsi, lorsque le projet sera réalisé, il doit être possible d’enlever mentalement toutes les éléments contemporains ajoutés, dans un but de conservation mémorial de l’édifice historique. La réversibilité de l’intervention de réaffectation doit être vue comme un profond respect pour l’édifice et pas comme un manque d’assurance quant à la réussite du projet. (MORAY B., 2008)
Ce principe est très important dans notre société actuelle où tout bouge si vite. Il doit être possible de retrouver l’état originel de l’édifice à n’importe quel moment. On ne peut pas présager de quoi sera fait l’avenir. Cela implique donc une ligne de conduite pour les interventions architecturales de réaffectation qui doivent être les plus souples possibles. Toutefois, la réversibilité matérielle ne doit pas être poussée trop loin car elle risque de limiter les possibilités d’interventions architecturales. Deux exemples assez parlants dans le cas des réaffectations d’église sont la librairie de Maastricht et l’hôtel de Malines. L’un se concentre uniquement sur la réversibilité matérielle et le second tient compte des deux aspects.
16 Andrea Bruno est né à Turin, en 1931. Diplômé de la faculté polytechnique d’architecture de Turin, Professeur de restauration architecturale depuis 1991 à la Faculté polytechnique d’architecture de Milan. Professeur au Cours International pour le Conservation architecturale à l’ICCROM, à Rome. Directeur du Centre d’Etudes pour la Conservation du Patrimoine Architectural et Urbain de l’Université catholique de Louvain, succédant à Raymond Lemaire. Architecte-conseil de l’Unesco.
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
La structure en acier de l’hôtel de Malines permet une grande souplesse et une possibilité de démontage, ainsi la réversibilité matérielle de l’édifice est presque totalement respectée. Cependant le cloisonnement des espaces afin de créer les chambres empêche une réversibilité mentale. (Figure 21)(ARCELORMITTAL)
Figure 21 : hôtel Patershof, Malines
Le meilleur exemple afin d’illustrer le principe de réversibilité mentale et matérielle est sûrement la librairie à Maastricht réalisée dans l’ancienne église dominicaine. Le concept du projet est d’insérer une boîte indépendante dans le volume de l’église. Cette boîte réalisée grâce à une structure en acier est tout à fait démontable. Le volume intérieur reste identique à celui d’origine. Ainsi, il est très aisé de retirer mentalement la boîte afin de retrouver l’église originelle. (Figure 22)(JODIDIO P., 2009) Figure 22 : libraire Selexyz, Maastricht
4.2
Venise.
LISIBILITE
Une bonne idée de ce qu’est le principe de lisibilité se trouve dans la Charte de
« Les éléments destinés à remplacer les parties manquantes doivent s’intégrer harmonieusement à l’ensemble, tout en se distinguant des parties originales, afin que la restauration ne falsifie pas le document d’art et d’histoire. Les adjonctions ne peuvent être tolérées que pour autant qu’elles respectent toutes les parties intéressantes de l’édifice, son cadre traditionnel, l’équilibre de sa composition et ses relations avec le milieu environnant. » Art. 12 (Charte de Venise, 1964) Cela signifie donc que les ajouts contemporains servant à la nouvelle fonction doivent clairement se démarquer de l’édifice historique. Ainsi, le présent et le passé devront être lisibles dans l’architecture du bâtiment par le détachement de la nouvelle intervention au style historique de l’édifice. La contemporanéité de l’adjonction pourra être marquée dans la composition architecturale, les matériaux utilisés,… L’article de la Charte de Venise stipule aussi que l’intervention doit former un ensemble harmonieux avec l’édifice historique. Il faut de cette manière que les interventions contemporaines fassent réellement partie de l’édifice ne faisant que rajouter une strate supplémentaire, marque de notre époque. Au fur et à mesure des années la nouvelle strate se liera d’elle-même à l’édifice.
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46
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
« Il faut donner la possibilité au temps à venir d’avoir des liaisons continues. »
(MORAY B., 2008)
Andrea Bruno, architecte spécialisé dans la réaffectation La lisibilité est un concept subjectif variant selon les goûts et le sens de l’esthétique de chacun. Ainsi, chaque cas de réaffectation devra être traité de manière isolée. (MORAY B., 2008)
4.3
AUTHENTICITE
L’authenticité est la notion la plus complexe. Car elle est extrêment subjective en fonction des personnes en présence. Elle sera donc survolée de manière superficielle de manière à comprendre l’idée générale qu’elle renvoie. Le caractère authentique d’un bâtiment est ce qui le caratérise. En gros c’est ce qui fait que l’édifice ne ressemble à aucun autre. Cela se traduit donc par ses matériaux, sa composition architecturale, son vécu, la fonctionnalité, sa symbolique, son histoire. Autant de paramètres qui rendent l’édifice unique. (ICOMOS, 2005) Le critère d’authenticité serait en quelque sorte de poser un regard critique sur le bâtiment et ses différentes strates et de pouvoir dégager l’importance, la valeur et la qualité des différents éléments de la composition et la véracité de ceux-ci comme témoins du passé. A terme, le but serait de pouvoir déceler les éléments à mettre en valeur et ceux qui ne seraient pas indispensables de conserver et ainsi faire ressortir de l’intervention la réelle authenticité de l’édifice. L’architecte se doit de montrer qu’il a une bonne compréhension de l’édifice et de ses différents éléments. (MORAY B., 2008)
4.4
SYNTHESE
La réversibilité insiste sur le fait que le bâtiment réaffecté est l’addition de deux formes. Le critère de lisibilité permet d’identifier que la première forme est ancienne et que la seconde est contemporaine. Et l’authenticité est le critère qui amène l’intervention architecturale à mettre en valeur le caractère propre de l’édifice. (Figure 23)
REVERSIBILITE
=
LISIBILITE
AUTHENTICITE
ANCIEN
+
=
NOUVEAU Figure 23 : schémas expliquant les concepts de réversibilité, de lisibilité et d’authenticité
De par l’analyse rapide de ces différents critères on peut percevoir qu’il y a un lien important entre ceux-ci. L’idée générale étant de mettre en relief le caractère unique de l’édifice d’origine tout en gardant un détachement de l’édifice lui-même pour identifier sa nouvelle stratification. « La contemporanéité des interventions nouvelles et leur réversibilité permettront de mettre en évidence l’authenticité de l’édifice. C’est finalement la cohérence de l’ensemble du projet, à chacune de ses étapes, qui permet d’obtenir une intervention REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
positive. C’est-à-dire un projet contemporain en harmonie avec l’existant ; qui le respecte, le mette en évidence et l’entraîne vers le futur. » (MORAY B., 2008)
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
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CONSERVATION DE L’INTEGRITE DE L’EDIFICE
Les grands critères étant mis en place, il est possible à présent d’imaginer une intervention architecturale contemporaine permettant de conserver l’intégrité de l’édifice. Pour commencer, il est essentiel de différencier la notion d’intégrité de celle d’authenticité. En effet, l’intégrité et l’authenticité d’un bien sont souvent confondues. Cela est sûrement dû au fait que ces deux notions renvoient à la capacité qu’a un bien de transmettre sa signification propre et son importance patrimoniale. Pourtant, l’authenticité s’attache à la véracité du bien au niveau de l’état formel actuel. Alors que l’intégrité est le fait que le bien a su garder et maintenir dans le temps les qualités faisant de celui-ci un bien patrimonial important. Ainsi, l’authenticité est une notion statique évaluée à un moment donné tandis que l’intégrité, elle, tient compte de l’état antérieur de l’édifice. L’intégrité associe donc deux idées. Celle d’intégralité qui signifie que le bien possède toujours tous les éléments permettant d’exprimer sa valeur et qu’il reste une partie assez importante du bien permettant de témoigner de ses qualités. La deuxième notion est le caractère intact répondant donc à la question, a-t-il subi des dégradations de ses qualités au cours des différentes interventions ou suite à un non entretien ? (STOVEL H., 2007) Pour bien marquer la différence entre les deux notions, on prendra l’exemple d’un mur d’une ruine historique. Celui-ci est toujours authentique car les matériaux, la disposition sur le terrain,... sont restés les mêmes. Cependant, il est loin de représenter toute son intégrité et il ne permet donc pas une représentation complète des caractéristiques montrant l’importance du bien dont il est issu. (ICOMOS, 2005) De cette manière certaines restaurations/réaffectations essaient de ramener une certaine intégrité à l’édifice en reconstruisant des parties de manière contemporaine par souci de mémoire. Ces pratiques permettent de ramener une certaine intégrité à l’édifice mais pas le caractère authentique de celui-ci qui ne peut qu’être conservé. Cette section du travail, s’attardera donc à donner des idées d’interventions contemporaines utiles à la nouvelle destination de l’édifice en conservant l’intégrité globale de celui-ci. C’est à dire des pistes afin que l’église conserve une fois la réaffectation réalisée toutes les valeurs architecturales, constructives et fonctionnelles qui la qualifient. L’exposé commencera par traiter de l’intégrité générale architecturale de l’édifice pour continuer avec l’intégrité fonctionnelle interne et finir de manière plus précise avec des considérations sur l’intégrité technique de l’édifice.
5.1
INTEGRITE ARCHITECTURALE
Il y a une certaine difficulté à réaffecter une église, car la forme architecturale de celle-ci se prête moins « naturellement » à une autre fonction que celle d’y tenir une assemblée. En effet, l’échelle des espaces est énorme. De plus, les différents espaces dans l’église sont ouverts l’un sur l’autre, et ne sont munis d’aucune cloison. Ces caractéristiques ancrées dans l’inconscient collectif permettent de pouvoir identifier un édifice comme étant une église. Il est donc primordial de pouvoir conserver ces caractéristiques propres, intérieures et extérieures des églises tout en implémentant dans l’espace une nouvelle fonction.
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5.1.1
TYPOLOGIE GENERALE
Que faire de la célèbre phrase de Louis Sullivan « Form follows function », La fonction crée la forme, lorsque la fonction a disparu? (ROBERT P., 1991) La nouvelle fonction peut-elle venir se glisser tel un bernard-l’hermite dans une coquille abandonnée ? Cela est-il réalisable sans modifier le symbole de l’édifice? Tout cela est possible dans la mesure où la fonction s’adapte à l’édifice historique. Dans ce cas, il faudrait presque intervertir des mots de la phrase de Louis Sullivan pour qu’elle devienne function follows form. Il est tout d’abord important de décider quel type de rapport entre l’enveloppe historique et l’intervention contemporaine est la plus judicieuse. Il existe trois types combinaisons possibles : add on, inside on, change clothes. (KLANTEN R. & FEIREISS L., 2009) Ainsi, sont différenciées les interventions ajoutant des volumes à l’extérieur de l’édifice, celles uniquement cantonnées à l’intérieur de l’édifice et les interventions portant sur la modification de certaines parties de l’enveloppe. (Figure 24)
ADD ON
INSIDE ON
CHANGE CLOTHES
Figure 24 : typologie générale de la réaffectation
Malgré le fait que les trois formes de transformation peuvent apparaître dans le cas des églises, on rencontre généralement la seconde uniquement. C’est assez rare de rajouter une extension supplémentaire. Certaines réaffectations intègrent un élément contemporain sur l’enveloppe qui est perçu de l’extérieur pour marquer la reconversion de l’édifice. Cependant, de manière générale, on utilisera le plus souvent l’église comme une enveloppe, un écrin précieux contenant la nouvelle fonction. Ci-dessous, sont repris les trois types d’interventions avec leurs applications aux différentes situations, leurs qualités et des pistes pour une bonne réalisation de chacune d’entre elles.
ADD ON ADD ON
INSIDE ON
L’utilisation de ce type d’intervention est avantageuse dans deux situations. Lorsque le programme pour la fonction choisie est trop important par rapport à la surface disponible ou lorsque certains éléments du programme ne savent pas s’intégrer dans l’édifice existant. Malgré le fait que le programme doit pouvoir s’adapter à l’espace existant dans l’église, il est sans aucun doute préférable d’ajouter une extension à l’édifice que d’en détruire les éléments significatifs à l’intérieur par manque de place pour la nouvelle fonction. Il est important de bien réfléchir l’extension afin de ne pas compromettre l’intégrité architecturale de l’édifice. Ainsi, malgré le volume ajouté il faut pouvoir conserver le style REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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CHANGE CLO
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originel et la silhouette de l’extérieur de l’édifice d’origine. (DOUGLAS J., 2002) L’extension se doit d’être travaillée comme l’ajout d’un volume contemporain permettant de respecter les critères de lisibilité, de réversibilité et d’authenticité. Ainsi, un bon choix de matériaux et de volume est indispensable. Un autre point important à traiter est la jonction entre l’église historique et l’extension. La jonction doit permettre d’une part de relier les deux volumes et d’autre par de montrer leur séparation. De plus, il faudrait pouvoir de l’intérieur avoir une compréhension du passage entre l’extension et l’édifice.
s
Figure 25 : exemples d’intervention de type ADD ON. Mariënkirche, Allemagne | Brigittines, Bruxelles | Musée de la photographie, Charleroi
INSIDE ON ADD ON
INSIDE ON
CHANGE CLOTHES
Ce type d’intervention est le plus fréquent. De cette manière, La plupart du temps, l’église qui a perdu sa fonction de base sert d’enveloppe à une nouvelle fonction. Le fait que le nouvel aménagement ne se perçoive pas directement de l’extérieur peut apporter une certaine magie due à la découverte d’un nouvel agencement insolite de l’espace. L’aménagement de l’espace interne sera évidemment différent selon la fonction choisie. On peut cependant classer ces espaces en deux grandes catégories. •
Les espaces privés, pris dans le sens intime, qui demandent un cloisonnement important des espaces.
•
Les espaces publics, ouverts, permettant du conserver un volume de taille importante sans cloisonnement.
L’organisation de ces deux types d’espaces à l’intérieur du volume de l’église va permettre un bon fonctionnement de la réaffectation. Il est important dans ce cas d’intervention de bien adapter le programme afin que celui-ci puisse rentrer dans la surface disponible sans gêner l’intégrité architecturale du lieu. De la même manière, il serait judicieux de ne pas vouloir à tout prix optimiser les mètres carrés afin de pouvoir conserver la perception de volume de l’église.
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CHANGE CLOTHES ADD ON
INSIDE ON
CHANGE CLOTHES
On peut penser à utiliser la modification d’éléments de l’enveloppe dans de nombreux cas. Notamment, lorsque certains éléments de l’enveloppe sont déjà détériorés et qu’il sera donc nécessaire de les restaurer avant de travailler sur le réaffectation. Ainsi, puisqu’il est nécessaire de restaurer cette partie de l’enveloppe pourquoi ne pas le faire de manière contemporaine plutôt que d’essayer de restaurer à l’identique. En effet, il n’est pas possible de retrouver l’authenticité perdue d’un élément à cause du changement des techniques, des matériaux,… De manière plus générale, il serait intéressant d’utiliser ce type de réalisation pour signaler de l’extérieur une reconversion de l’édifice. En effet, il semble important de marquer avec un élément qui se voit de l’extérieur une forme de reconversion à l’intérieur. Ainsi, le promeneur peut percevoir qu’une nouvelle fonction a pris place à l’intérieur de l’enveloppe de l’église et ceci peut susciter l’envie d’y pénétrer. Cette intervention ne sert pas à proprement parler à l’aménagement de la nouvelle fonction mais plus comme un élément de signal visible de l’extérieur pouvant être le reflet de l’activité à l’intérieur. Ce type d’intervention peut être à toutes les échelles ; que ce soit simplement l’ajout d’une porte d’entrée contemporaine ou la reconstruction de la toiture. Le tout est de rester cohérent avec l’enveloppe de départ. Cela peut être une modification de la forme de certains éléments, des matériaux utilisés,… La seule règle serait qu’on puisse lire la partie contemporaine et que mentalement il soit possible revenir à l’édifice existant.
Figure 26 : exemples d’intervention de type CHANGE CLOTHES. Musée David, Angers | Libraire Selexyz, Maastricht | Centre d’archive, Pampelune
SYNTHESE DES TROIS TYPES D’INTERVENTIONS Il y a évidemment moyen de combiner entre elles les différentes typologies travaillant soit l’extérieur, soit l’intérieur de l’édifice, ou encore la frontière entre les deux. Dans les exemples rencontrés on a toujours « inside on » complété à certains moments par une des deux typologies qui sont visibles de l’extérieur. La combinaison de « inside on » ajouté à un « change clothes » ou « add on », lorsque plus d’espace est nécessaire, serait idéale. (Figure 27) De cette manière, il est possible de distinguer de l’extérieur un changement de fonction à l’intérieur et ainsi appeler le visiteur à entrer dans l’édifice pour y découvrir le nouvel aménagement intérieur. Cet appel de l’extérieur permet de montrer tout le dynamisme du projet.
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INSIDE ON + CHANGE CLOTHES
INSIDE ON + ADD ON
Figure 27 : combinaison des types d’intervention
5.1.2
CONSERVATIONS DES QUALITES ARCHITECTURALES
Après s’être attardé sur la typologie générale de la réaffectation, il est maintenant temps de se consacrer à l’intégrité architecturale intérieure de l’édifice. Nous savons tous que malgré les styles, les tailles et les endroits, les églises ont plus ou moins les mêmes caractéristiques architecturales. Généralement quand on parle d’église, on pense à sa spatialité particulière et sa volumétrie impressionnante, à des bâtiments assez élancés permettant, symboliquement jadis, d’être plus proche des cieux. L’apport de lumière est aussi très caractéristique avec ses baies étroites en hauteur et ses vitraux colorés. Une analyse réalisée par un étudiant en philosophie concernant la perception du public concernant les églises réaffectées pour les différentes nouvelles affectations a mis en évidence que les qualités principales que l’édifice doit conserver sont la spatialité et la qualité lumineuse qu’offrent les églises. (YOU KYONG AHN, 2007) Grâce à une étude des différents exemples rencontrés, il a pu être possible de dégager quarte typologies récurrentes d’aménagement intérieur d’espace. Chaque nouvelle fonction choisie peut trouver une ou des typologies répondant à ses besoins. (Figure 28)
PLATEAUX
MEZZANINES
BOITE
ESPACE PLEIN
Figure 28 : typologie d’aménagement intérieur avec les fonctions correspondantes
Ainsi pour chacune de ces typologies, les deux qualités principales des églises à savoir la spatialité et la qualité lumineuse des espaces ont été étudiées. Suite à cela, il sera REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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établi des pistes afin de conserver ces valeurs tout en intégrant le nouvel usage dans l’édifice. De manière générale, plus la forme du plan et la volumétrie de l’église seront compliqués plus il sera difficile de conserver l’intégrité spatiale de l’édifice. De plus, si les espaces doivent être séparés on risquera de perdre la spatialité globale de l’édifice.
PLATEAUX La typologie en plateaux, sera la plus difficile à mettre en place en conservant les qualités spatiales et lumineuses de l’église historique, étant celle qui cloisonne et divise le plus l’espace originel. Dans ce cas, il sera assez compliqué de mettre en œuvre une visibilité de la volumétrie totale de l’édifice. Ainsi, tous les éléments qui caractérisent l’espace comme les voutes, les murs, les colonnades,… seront découpés empêchant une bonne vision d’ensemble. Le découpage du volume en différents plateaux implique le fait que la plupart des ouvertures qui sont généralement hautes et étroites, seront divisés par les étages. De cette manière, les différents plateaux seront visibles par transparence de l’extérieur. La lumière pénètrera à l’intérieur de manière découpée contrairement à la l’apport lumineux unitaire de départ. De plus, les fonctions qui utilisent le plus la typologie en plateaux seront celles qui demandent le plus d’apport lumineux et les espaces seront placés de part et d’autre de la travée centrale laissant un espace au centre dépourvu de lumière naturelle. Malgré les gros problèmes d’intégrité architecturale que la typologie en plateaux impliquent, il est possible de conserver de manière ponctuelle une certaine intégrité dans l’église. Deux pistes sont ici suggérées. •
Il serait intéressant de conserver certains espaces sur une hauteur plus importante qu’un seul niveau. Ces espaces permettront de la sorte de visualiser une partie plus importante de l’ensemble. Ces zones sur plusieurs niveaux devront être choisies de manière stratégique afin de mettre en valeur certains éléments essentiels pour la compréhension de l’architecture du lieu : un vitrage, une voute ou bien le chœur de l’édifice. Ces espaces permettant de retrouver un morceau de l’architecture originelle pourront accueillir des fonctions utilisées de tous.
L’hôtel Patershof à Malines bien qu’étant organisé sous forme de plateaux, conserve malgré tout des espaces sur une hauteur plus important mettant en évidence des éléments singulier de l’architecture de l’édifice. (Figure 29) (ARCELORMITTAL) Figure 29 : hôtel Martin’s Patershof, Malines
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
•
Travailler sur des cloisons transparentes serait aussi un bon moyen de faire communiquer les espaces en gardant une communication visuelle en eux. De plus, la pénétration lumineuse dans les zones centrales pourra se faire de manière plus aisée.
La posthoornkerk à Amsterdam a été transformée en bureaux ceux-ci sont répartis sur des plateaux et les parois qui cloisonnent les espaces sont en verre. Cela permet ainsi de conserver l’apport de lumière et de continuer à percevoir le volume comme un tout. (Figure 30)
Figure 30 : Posthoornkerk, Amsterdam
MEZZANINES Le système des mezzanines permet comme celui des plateaux de cloisonner verticalement l’espace. Cependant, cette typologie étant beaucoup plus légère et moins contraignante que celle des plateaux, permet de garder une vue globale sur l’entièreté du volume. Ne contenant pas de cloison verticale, la lumière peut pénétrer entièrement dans l’espace. Un décalage de la mezzanine vers le centre de l’édifice peut éviter de couper une ouverture en plusieurs parties.
La réaffectation de la chapelle Notre Dame à Wavre en centre multimédia se décline selon des mezzanines se regardant l’une l’autre à différents niveaux. (Figure 31)(DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005) Figure 31 : chapelle du collège Notre Dame, Wavre
La boîte de nuit Spirito Martini à Bruxelles, malgré que la nouvelle fonction n’est pas très appropriée, intègre une architecture de mezzanines assez intéressantes. (Figure 32)
Figure 32 : Sipirto Martini, Bruxelles
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BOITE Un autre système utilisé est celui de la boîte lorsqu’il est nécessaire d’avoir une fonction déterminée sur une grande surface cloisonnée, l’espace de la fonction se trouve à l’intérieur de la boîte posée comme un objet dans l’édifice, les espaces résiduels autour de celle-ci servent généralement d’espace secondaire plus ouverts et lumineux d’où il est possible d’appréhender la hauteur de l’édifice. Certaines fonctions ne nécessitent pas d’apport naturel de lumière ainsi, les salles de spectacle, concert,… pourront sans problème être isolées grâce à ce système boîte indépendante au centre de l’édifice afin de conserver les parties plus lumineuses à d’autres usages. Ce type de fonction permettra donc de conserver les ouvertures dans leur entièreté et ainsi garder la qualité lumineuse initiale du bâtiment.
Le Kruisherenhotel à Maastricht utilise l’église comme salle de restaurant et réception. Ces fonctions sont organisées dans une boîte intégrée dans le volume. L’intérieur de la boîte est destinée à des fonctions demandant un cloisonnement important comme une salle de réunion, une cave à vin,… tandis que la toiture de la boîte accueille le restaurant avec un vue directe sur les voutes. (Figure 33) Figure 33 : hôtel Kruisherenhotel, Maastricht
Le projet pour la réaffectation de la Mariënkirche en Allemagne en salle d’opéra utilise une boîte suspendue permettant d’intégrer la salle de spectacle à l’intérieur. (Figure 34)
Figure 34 : projet pour la Mariënkirche, Allemagne
ESPACE PLEIN Une dernière manière d’organiser l’espace serait de ne pas rajouter de nouvelle structure et donc d’utiliser l’espace existant dans son entièreté. Ce système est possible pour des fonctions ayant besoin d’un espace de grande dimension qui ne demande pas de cloisonnement. Il semble évident que cette solution est la meilleure afin de conserver
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l’intégrité architecturale de l’édifice car elle conserve la volumétrie et la manière d’amener la lumière comme à l’origine. Cependant, il faudra aménager l’espace de manière à recevoir la nouvelle fonction qui est souvent une salle de spectacle, un espace polyvalent ou un musée. Ainsi, il sera fréquent d’ajouter du mobilier ou des éléments architecturaux légers. Ces éléments doivent pouvoir bouger de manière à moduler l’espace. Par exemple, il faudrait avoir la possibilité d’occulter les ouvertures au moyen d’éléments amovibles comme des panneaux ou des rideaux permettant de choisir d’ouvrir ou de fermer l’édifice en cas de besoin.
Le projet dans la Sant’ Anna’s church à Prague, propose une réaffectation de l’église en salle de spectacle. Celle-ci propose d’utiliser la totalité de l’espace de l’église rajoutant le mobilier et les installations nécessaires. (Figure 35)
Figure 35 : projet dans la Sant’ Anna’s church, Prague
5.1.3
CONCLUSION
Il est évident que ces différentes typologies peuvent être utilisées seules ou combinées avec d’autres afin de pouvoir accueillir au mieux les différents espaces qu’ils soient ouverts ou fermés de la nouvelle destination de l’édifice. Par exemple, on retrouve souvent la combinaison de une des deux premières typologies utilisées pour les espaces de taille réduite et une des deux dernières pour les espaces de grande dimension. Les fonctions qui demandent un espace assez important sans cloisonnement sont les plus adaptées pour conserver une intégrité architecturale que ce soit pour la conservation de la spatialité d’origine ou l’apport de lumière. Cependant lorsqu’on veut implanter des fonctions qui demandent un plus grand cloisonnement des espaces il est possible d’y intégrer des espaces à des endroits stratégiques qui permettront d’appréhender l’espace dans sa globalité.
5.2
INTEGRITE FONCTIONNELLE
L’intégrité fonctionnelle se rapporte à la nouvelle manière d’utiliser l’édifice que ce soit la fonction en elle-même avec la symbolique qu’elle représente ou la façon d’organiser les espaces entre eux au sein du bâtiment en parallèle avec l’ancienne organisation. Idéalement, toute nouvelle utilisation devrait être complémentaire à la précédente et avoir la même charge symbolique que la fonction antérieure. (DOUGLAS J., 2002) Cela n’étant pas réalisable, il faut pouvoir se donner les moyens de s’approcher le plus possible de la symbolique initiale du lieu.
5.2.1
FONCTION EN ELLE-MEME
Le choix de la destination ayant été défini au préalable, il s’agit maintenant d’en étudier les besoins en terme de programmatique afin de définir un mode de fonctionnement pouvant être le prolongement naturel de la fonction de base de l’édifice.
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il s’agira donc de rester le plus proche de l’idée que renvoie à la fonction d’origine. De cette manière, intégrer une dimension sociale serait favorable pour l’édifice. Il faut que ce lieu puisse rester malgré tout un lieu d’ouverture permettant aux habitants du quartier de ANALYSE DES CHANGEMENT pouvoir se rassembler et partager une nouvelle CONSERVATION activité ensemble.
VARIABLES DE L'INTEGRITE D'AFFECTATION ANALYSE DES CONSERVATION CHANGEMENT Par essence, la réaffectation par uneARCHITECTURALE fonction publique ou semi-publique peut FONCTIONNELLE VARIABLES DE L'INTEGRITE conserver ce D'AFFECTATION rôle communautaire de partage social. La conservation de l’intégrité TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFEREN CHOIX DE FONCTION symbolique du REAFFECTATION lieu ne signifie pas qu’il faut ARCHITECTURALE bannir la fonctionTYPOLOGIE privée comme nouvelle FONCTIONNELLE TOTALE OU PARTIELLE GENERALE D'AMENAGEMEN ELLE-MEME AU SEIN INTERNE fonction privée à un affectation, mais plutôt qu’il faut imaginer des moyens d’associer Tcette REAFFECTATION TYPOLOGIE TYPOLOGIE FONCTION EN CHOIX DE FONCTION projet social. Plusieurs dans des D'AMENAGEMEN fonctions privées sont déjà TOTALE OUprojets PARTIELLE de réaffectation d’églises GENERALE ELLE-MEME T INTERNE parvenus à intégrer cette dimension sociale. Deux manières de faire ont été retenues :
+?
•
Choix de base pour une fonction publique|sociale
L’intégration d’espaces collectifs dans l’édifice +?
Add on
Usage partagé
Plateaux
à la réaffectation LOCALISATIONDans le cas du résidentiel, nous pouvons penser Add on espace commun Plateaux partagé et/ou à l’intégration d’un en logement Usage sociaux HISTORIQUE au sein de l’édifice : une salle polyvalente dans une fonction LOCALISATION PHYSIQUE NOUVELLE dédiée au ? travail permettra l’organisation d’évènements de FONCTION HISTORIQUE quartier pendant les soirées. ECONOMIQUE Semi
PHYSIQUE Inside on Mezzanine ? reconversion SYMBOLIQUE • L’intégration d’un ECONOMIQUE Semi projet social dans l’organisation de la fonction reconversion Inside on Mezzanine SYMBOLIQUE
Choix de base pour une fonction publique|sociale
Intégration d'espace collectif
NOUVELLE FONCTION
Intégration d'espace collectif
L’autre manière d’intégrer la dimension sociale serait que la réaffectation ? fasse partie d’un projet social. Comme par exemple d’impliquer lesRéaffectation communautés locales comme les enfants, les Change clothes Boite totale les jeunes ou les familles dans l’organisation de la personnes ?agées, fonction ou bien même de créer des évènements caritatifs auBoite sein Réaffectation Change clothes totale des édifices comme l’accueil de sans abris en hiver.
Intégration dans un projet social
Intégration dans un projet social
Les moyens de continuer à faire vivre l’église comme symbole social de la communauté sont nombreux. Ainsi, il ne faudrait qu’un peu de bonne volonté et d’organisation pour conserver une logique sociale dans l’édifice réaffecté. Espace plein Espace plein
5.2.2
DIFFERENTS ESPACES AU SEIN DE L’EDIFICE
La nouvelle fonction va amener des nouvelles relations fonctionnelles et de nouveaux axes et types de circulation. Le visiteur devra donc réviser les pratiques préétablies. (PAQUET P., 2011) Cependant, pour garder une bonne intégrité de l’édifice il faudra veiller à conserver une certaine organisation au sein de l’espace gardant ainsi une bonne lisibilité de l’organisation originelle. Bien que les églises ne soient pas semblables l’une à l’autre, elles ont une organisation typique propre. Les différents sous-espaces correspondent chacun à un emploi propre. Ceux-ci peuvent être distingués par la différence de leur architecture et leur place au sein de l’édifice. Ainsi, les laïcs, le curé et jadis les clercs avaient tous une place réservée lors des offices et chaque zone était clairement définie.(Figure 36) Le cheminement de l’entrée jusqu’à l’autel est lui aussi très caractéristique. La pénétration de l’édifice se fait généralement à travers une allée au centre de la nef, cet axe de progression linéaire est orienté vers le chœur d’où l’office est célébré. Les circulations verticales pour atteindre la tour ou des espaces disposés en mezzanine sont généralement dissimulés.
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DIFFEREN AU SEIN D
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Entrées dans l'édifice Circulations principales Vaisseau central Bas-côtés Choeur Déambulatoire Chapelles absidiales Transcept Nartex Parvis
Accueil
DES ES
Clercs Evêque Divinité ou curé
Laïcs
Entrée
CONSERVATION CHANGEMENT D'AFFECTATION Disposition traditionnelleDE L'INTEGRITE ARCHITECTURALE Accueil
REAFFECTATION CHOIX DE FONCTION TOTALE OU PARTIELLE Disposition moderne
CHANGEMENT D'AFFECTATION
ATION UE E MIQUE QUE
TYPOLOGIE GENERALE
FONCTIONNELLE Evêque FONCTION ou curéEN
Laïcs
TYPOLOGIE D'AMENAGEMEN T INTERNE
(depuis vaticanCONSERVATION II)
CONS
DIFFERENTS ESPACES AU SEIN DE L'EDIFICE
ELLE-MEME
CONSI TECHN
DE L'INTEGRITE
ARCHITECTURALE FONCTIONNELLE Figure 36 : plan typique du fonctionnement d’une église
+? REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE
Entrée
CHOIX DE FONCTION Usage partagé
TYPOLOGIE GENERALE
TYPOLOGIE
Add onD'AMENAGEMEN
Plateaux
FONCTION EN ELLE-MEME
Choix de base pour une fonction DIFFERENTS ESPACES publique|sociale
AU SEIN DE L'EDIFICE
CONSTRUCT Maintien des CONSIDERATIONS zones
TECHNIQUES
T INTERNE
Lors de la réaffectation, il serait judicieux de conserver les différentes parties de l’édifice. Cela semble assez naturel car ils ? NOUVELLE +? présentent déjà des séparations visuelles ou physiques entre eux. De plus, Choix de base pour FONCTION une fonction Maintien des Intégration Semi il serait peut être possible de garder le symbole fonctionnel de certaines publique|sociale d'espace collectif zones reconversion Add on Plateaux Inside on Mezzanine Usage partagé parties.
Utilisatio structur Maintien du symbole fonctionnel existan
Dans plusieurs réalisations de réaffectations, on peut assister à la mise en exergue du chœur qui est un espace privilégié, cette zone étant l’origine de la célébration des offices. ? NOUVELLE ? Ainsi, laFONCTION librairie Selxyz à Maastricht et l’hotel Paternshof utilisent le chœur pour des fonctions Intégration dans Maintien du Intégration Semi uncomme projet social salle Réaffectation plus communautaire, la librairie y intègre un café tandis que l’hotel l’utilise symbole de fonctionnel Change clothes d'espace collectif Boite reconversion Inside on Mezzanine totale restaurant. Lors des semi-reconversion, c’est souvent la partie qui contient le chœur qui est conservée pour la fonction cultuelle. De par leur architecture les bas côtés et les chapelles peuvent recevoir des espaces de plus petite dimension permettant de conserver des espaces plus intimes. La nef, par contre, par sa volumétrie impressionnante, permet de ? Intégration dans contenir des fonctions de plus grandes dimensions. Réaffectation totale
Change clothes
un projet social
Boite Espace plein
Concernant les axes de circulations, ceux-ci ne doivent pas impérativement être conservés. S’il n’est pas possible de garder des circulations initiales, il est possible de maintenir un axe visuel du nartex au chœur rappellant le parcours des paroissiens.
5.3
INTEGRITE CONSTRUCTIVE
Espace plein
Les églises ont été construites de manière à traverser les siècles. Cependant, cette façon de construire n’est plus adaptée au système contemporain sur de nombreux points, notamment au niveau structurel, énergétique, et technique. Ainsi, si l’on décide d’intégrer au sein de l’édifice une nouvelle fonction, cela peut entrainer de nombreuses modifications tant au point de vue structurel qu’énergétique. Certaines fonctions demandent aussi l’ajout de compléments techniques permettant le bon fonctionnement de celles-ci. Ces espaces
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Créat structu indép
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
techniques devant être cloisonnés peuvent nuire à l’intégrité de l’église. Il est donc important de réfléchir à des systèmes adaptés, ne dénaturant pas l’édifice et permettant de mettre en valeur la manière de construire jadis ces édifices.
5.3.1
CONSIDERATIONS TECHNIQUES
Il y a en général deux positions à prendre pour intégrer les considérations techniques dans l’édifice. La première serait une adaptation des structures existantes et une seconde serait la création d’un nouvel élément totalement indépendant.
STRUCTURE Les espaces de grandes dimensions, ouverts les uns sur les autres qui caractérisent les églises ne conviennent pas pour certaines nouvelles fonctions. Dans ce cas, il faudra ajouter une nouvelle structure plus appropriée permettant de séparer l’espace en zones plus petites. Intégrer une nouvelle structure dans celle de l’église est une chose assez délicate car tout doit être conçu sur mesure et imaginé au cas par cas selon les possibilités. Certaines fonctions demandent dans leur programme l’ajout de plusieurs niveaux qui demandent d’être supportés par une nouvelle structure. Les conversions d’édifice à d'autres utilisations peuvent entraîner des charges accrues et des changements dans la répartition de celles-ci. CONSERVATION Ainsi, des mesures de précautions concernant le renforcement de la structure initiale devront L'INTEGRITE être DE prises. (DOUGLAS J., 2002)
ENT ION
ARCHITECTURALE
FONCTIONNELLE
CONSTRUCTIVE
La nouvelle structure peut prendre deux positions par rapport à la structure existante. TYPOLOGIE TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFERENTS ESPACES CONSIDERATIONS CHOIX DE FONCTION Elle peut : GENERALE D'AMENAGEMEN ELLE-MEME AU SEIN DE L'EDIFICE TECHNIQUES
E
AJOUT TECHNIQUE LA NOUVELLE FONC
T INTERNE
•
CONSERVATION Choix de base pour Utilisation de la Si l’on veut pouvoir utiliser la structure existante de l’édifice, il est une fonction Maintien des structure DE L'INTEGRITE publique|sociale zones existante indispensable de faire une étude de stabilité et de résistance des Add on Plateaux parois sur lesquelles les nouveaux éléments s’appuient. De plus, il ARCHITECTURALE FONCTIONNELLE CONSTRUCTIVE
NT ON artagé CHOIX DE FONCTION
sera aussi nécessaire de vérifier l’état et la résistance des TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFERENTS ESPACES CONSIDERATIONS fondations existantes font défaut. L’avantage D'AMENAGEMENqui souvent ELLE-MEME AU SEIN DE L'EDIFICEde ce TECHNIQUES T INTERNE type de solution est qu’il n’est pas nécessaire d’ajouter d’autres Création d'une structure Maintiende du la Intégration types d’éléments porteurs pouvant gâcher la compréhension indépendante symbole fonctionnel d'espace collectif Inside on structure d’origine. Mezzanine
TYPOLOGIE GENERALE
NOUVELLE FONCTION
sion
•
ation
tion
Choix de base pour
une fonction Maintien des fonctionner de manière totalement indépendante de l’existant. Add on
tagé
on
venir se servir des éléments porteurs existants afin d’appuyer les nouveaux éléments.
NOUVELLE FONCTION
Plateaux
publique|sociale
zones
La création d’une structure indépendante permet d’éviter des dans calculs de stabilité trop laborieux sur uneIntégration structure existante difficile un projet social Change clothes Boite à caractériser. De plus, ce type de structure pourra plus facilement répondre au critère de réversibilité. Elle peut donc fonctionner Maintien du indépendamment de l’édifice existantIntégration impliquant la création de symbole fonctionnel d'espace collectif Inside on Mezzanine nouvelles fondations, de nouveaux éléments porteurs qui peuvent être plus performants compte tenu des techniques actuelles de construction et des connaissances actuelles en matière de stabilité plein de l’édifice et du sol.Espace Cela implique donc la présence de nouveaux éléments structuraux dans l’espace comme des Intégration danscolonnes, des murs un projet social Change clothes qu’il faudra Boite porteurs,… penser à intégrer le mieux possible dans la structuration de l’espace existant au moyen d’alignements par exemple. De plus il sera important de relier cette nouvelle structure avec l’ancienne permettant d’améliorer la stabilité générale de l’édifice.
Utilisation de la structure existante
AJOUT TECHNIQUE P LA NOUVELLE FONCT
Dan
Dan bât jou
Da ext
Création d'une structure indépendante
Dans
Dan exte
Espace plein
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
Da bâ jo
60
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
Un exemple qui peut être cité est la chapelle du collège Notre-Dame à Wavre qui repose sur un sol meuble et extrêmement marécageux. Une nouvelle structure a été imaginée, celle-ci repose sur des pieux ancrés profondément dans le sol. Ainsi, la nouvelle structure reliée avec l’ancienne permet d’amener une grande stabilité à l’édifice. (Figure 37)(DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005)
Figure 37 : structure de la chapelle du collège Notre-Dame, Wavre
Les différentes typologies d’intervention introduites à la section concernant l’intégrité architecturale peuvent être réalisées grâce à la technique de la structure indépendante, surtout la typologie de boîte qui, par essence est un élément indépendant. Cependant, il reste possible de soutenir les différents niveaux dans la typologie en plateaux et celle en mezzanines par la structure originelle. Concernant les matériaux utilisés pour la structure, on ira de préférence pour des matériaux contemporains dotés d’une bonne capacité portante et en même temps une certaine légèreté. Dans plusieurs exemples, les concepteurs utilisent une structure colonnes/poutrelles métallique. Les colonnes permettent un bon dégagement de l’espace. De plus, l’utilisation de structure en acier concède à la nouvelle structure une bonne réversibilité.
CONSERVATION ECLAIRAGE ET ACOUSTIQUE DE L'INTEGRITE
GEMENT CTATION
ON ARTIELLE
LaARCHITECTURALE façon initiale d’éclairer les espaces par d’étroites ouvertures composées FONCTIONNELLE CONSTRUCTIVE généralement de vitraux qui ne sont pas ouvrables, ne convient pas pour certaines nouvelles TYPOLOGIE TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFERENTS ESPACES CONSIDERATIONS CHOIX DE FONCTION affectations. En effet, certaines fonctions demandent un apport de lumière GENERALE D'AMENAGEMEN ELLE-MEME AU SEIN DEimportant L'EDIFICE TECHNIQUES T INTERNE naturelle, ou une vue directe sur l’extérieur ou même la possibilité d’ouvrir les fenêtres afin de ventiler l’espace. Alors que d’autres, ont un besoin contraire de conserver les ouvertures fermées et d’occulter celle-ci afin d’empêcher la lumière de pénétrer dans les espaces. Choix de base pour
Usage partagé
Semi reconversion
Réaffectation totale
Utilisation de la
fonction Maintien des Dans le premier cas, dans la réaffectation deunefonctions privées comme des hôtels, structure publique|sociale zones existante on Plateaux des habitations, Add des bureaux, deux solutions peuvent être imaginées afin de satisfaire les besoins en éclairage et en ventilation.
• NOUVELLE FONCTION
La première consiste à retirer le vitrage d’origine et fixer un nouveau vitrage par l’extérieur sur la structure de pierre initiale. Maintien du Intégration Dans ce cas, le vitrail initial est perdu et remplacé par du vitrage symbole fonctionnel d'espace collectif Inside on Mezzanine transparent pour assurer une vue sur l’extérieure.
Change clothes
Boite
Création d'une structure indépendante
Intégration dans un projet social
Espace plein
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61
AJOUT TECH LA NOUVEL
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
Dans cette chapelle transformée en habitation unifamiliale à Mons il a été décidé d’enlever les vitraux afin d’appliquer un double vitrage à l’extérieur avec une structure indépendante composée d’éléments métalliques agrafés à la pierre bleu d’origine. Cela permet ainsi d’amener de la lumière, une vue vers l’extérieur et la possibilité d’ouvrir ces fenêtres pour CONSERVATION ventiler l’espace. (Figure 38)(Une brique dans le ventre, 2012)
EMENT TATION
N RTIELLE
DE L'INTEGRITE
Figure 38 : changement du type d’ouverture pour maison unifamiliale, ARCHITECTURALE FONCTIONNELLE Mons TYPOLOGIE GENERALE
CHOIX DE FONCTION
•
age partagé
mi conversion
affectation tale
TYPOLOGIE D'AMENAGEMEN T INTERNE
FONCTION EN ELLE-MEME
CONSTRUCTIVE
DIFFERENTS ESPACES AU SEIN DE L'EDIFICE
La seconde est plus laborieuse et demande le savoir faire d’un artisan spécialisé. Elle consiste à remonter entièrement les vitraux sur des nouveaux châssis, cette méthode convient bien lorsque le Choix de base pour fonction Maintien des bâtiment est classé et qu’il n’est pasunepermis de changer publique|sociale zones Add on l’apparence des vitraux.Plateaux
NOUVELLE FONCTION
Dans le cas à Maline, l’office Insidede on l’hôtel Patershof Mezzanine du tourisme régional demandait d’établir une vue vers l’extérieur. Ainsi, un artisan spécialisé à découpé l’acier d’origine et à réintégrer les vitraux d’origine. (Figure 39) (Une brique dans le ventre, 2010) Figure 39 : changement du type d’ouverture pour l’hôtel Change clothes Boite Martin’s Patershof, Malines
Intégration d'espace collectif
Maintien du symbole fonctionnel
CONSIDERATIONS TECHNIQUES
Utilisation de la structure existante
Création d'une structure indépendante
Intégration dans un projet social
Dans le second groupe de fonction, on retrouve les salles de spectacles qui demandent une occultation des ouvertures. La façon de réaliser ce type d’espace est explicitée dans la partie concernant la typologie interne par la création de la typologie de Espace plein la boîte ou l’utilisation d’éléments amovibles. Les qualités acoustiques de base de l’édifice sont exceptionnelles dû à la composition de l’espace et à ses matériaux. Si certaines nouvelles fonctions comme salles de concert, de spectacle, peuvent se servir de cette acoustique pour concevoir leurs espaces, il y a d’autres fonctions ne demandant pas autant de réverbération des ondes sonores. Une des manières d’absorber les sons serait de placer des panneaux acoustiques permettant de capturer les ondes sonores et d’empêcher la réverbération du son. Il serait préférable de placer ces panneaux sur les nouveaux éléments structurants afin de ne pas recouvrir des éléments participant à l’intégrité de l’édifice.
EVALUATION ENERGETIQUE La consommation énergétique des églises est considérable, car les zones de déperdition de chaleur sont extrêmement importantes et les volumes à chauffer sont de grande dimension. La modification de la structure interne de l’édifice peut assurer une meilleure performance énergétique grâce à l’intégration dans celui-ci d’un réseau de technique spéciale adapté ou par une nouvelle définition des zones à chauffer. Cependant, la réalisation de ce type de système peut nuire à l’intégrité de l’édifice et entrer en conflits avec des détails historiques. (DOUGLAS J., 2002) Ainsi, la Région Wallonne
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AJOUT TECHN LA NOUVELLE
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
fait des édifices de cultes une exception quant au respect des exigences PEB 17 qui demande un certain niveau de consommation énergétique. De plus, la dérogation est aussi valable pour les édifices patrimoniaux classés ou sur la liste de sauvegarde. (HAUGLUSTAINE J.M., 2011)
« Ne sont toutefois pas concernés par les exigences PEB, les bâtiments repris à l’inventaire du patrimoine (...) (patrimoine de la région wallonne) ainsi que les bâtiments (…) (monuments et ensembles architecturaux), qui sont classés ou inscrits sur la liste de sauvegarde, lorsque les exigences PEB sont de nature à modifier leur caractère ou leur appartenance de manière incompatible avec les objectifs poursuivis par les mesures de protection visées. » Art.295 (CWATUP, 2009) Malgré les libertés que laisse la Région Wallonne en matière de patrimoine religieux, il est indispensable d’essayer de trouver une solution économique et moins énergivore tout en conservant l’intégrité de l’édifice. L’isolation de l’édifice est extrêmement difficile à réaliser sans porter atteinte à l’authenticité de l’édifice. Il n’est donc pas envisageable d’isoler les murs masquant ainsi les CONSERVATION matériaux participant DE L'INTEGRITE au caractère de l’église. Deux solutions restent réalisables :
MENT ATION MENT TION
CHOIX DE FONCTION
ELLE
LLE
CONSERVATION DE L'INTEGRITE ARCHITECTURALE
CHOIX DE FONCTION
e partagé
nversion
ctation
T INTERNE TYPOLOGIE D'AMENAGEMEN T INTERNE
TYPOLOGIE GENERALE
FONCTION EN
DIFFERENTS ESPACES
ELLE-MEME DE L'EDIFICE On vient isoler donc ce qui est possible d’isoler c’estAUàSEIN dire le sol, la toiture, cloisons intérieures rajoutées, voutes et combles. (Arcelormittal) Il est aussi possible d’isoler les vitraux qui sont une source importante Choix de base pour une fonctionde doublage Maintien des des de déperdition de chaleur, grâce au système publique|sociale zones Plateaux Choix de base pour vitrauxAdd auon moyen de plexiglass ou de vitrage indépendant. une fonction Plateaux
publique|sociale
• la création de sous-volumes isolés à l’intérieur de l’édifice.
CONSIDERATIONS CONSTRUCTIVE TECHNIQUES CONSIDERATIONS TECHNIQUES
Maintien des zones
Ces sous-volumes avec une structure indépendante créeront un Maintien du Intégration intérieur dans l’édifice et pourront être isolés de manière autonome. symbole fonctionnel d'espace collectif Inside on Mezzanine Cela reviendrait en quelque sorte, à la création de compartiments Maintien du Intégration symbole fonctionnel d'espace collectif chauffés et isolés. Cette solution est possible notamment lorsque la Inside on Mezzanine typologie de la boîte est utilisée.
NOUVELLE FONCTION NOUVELLE FONCTION
version
ectation e
CONSTRUCTIVE
TYPOLOGIE TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFERENTS ESPACES FONCTIONNELLE • ARCHITECTURALE l’isolation des autres parties de la structure. GENERALE D'AMENAGEMEN ELLE-MEME AU SEIN DE L'EDIFICE
Add on
partagé
FONCTIONNELLE
AJOUT TECHNIQU LA NOUVELLE FON
Utilisation de la structure existante Utilisation de la structure existante
Création d'une structure indépendante Création d'une structure indépendante
Quant aux techniques spéciales, elles devront être étudiées en fonction de l’édifice Intégration dans et de la structure de façon a optimaliser le rendement énergétique. En effet, de nos un projet social Changechoisie clothes Boite dans jours, il existe plusieurs systèmes de ventillation et Intégration chauffage. Chacun des systèmes a ses un projet social Change clothes Boite propres avantages et ses propres applications par rapport au fonctionnement de l’édifice. Ainsi, il faudra choisir le type de chauffage au cas par cas en fonction de la nouvelle utilisation de l’édifice et de sa nouvelle configuration. On peut citer en guise d’exemple, l’hôtel Patershof de Malines qui utilise des pompes à chaleur individuelles pour chaque chambre afin de pouvoir réguler le chauffage de chacun des espaces indépendament. La Espace plein librairie Selxyz de Maastricht intègre la technique du plancher chauffant. Espace plein
Une façon de conserver l’intégrité de l’édifice serait d’utiliser les nouveaux éléments structuraux comme les murs, les planchers et les plafonds afin de dissimuler au maximum les réseaux de techniques spéciales. Ceci pourrait permettre de ne pas encombrer l’espace avec des éléments parasites empêchant une bonne lisibilité de celui-ci.
17
Performance Energétique du Bâtiment
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AJOUT TECHNIQ LA NOUVELLE FO
63
D
D e
N N
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
5.3.2 AJOUT TECHNIQUE PROPRE AUX FONCTIONS CONSERVATION CONSERVATION CONSERVATION DE L'INTEGRITE DE L'INTEGRITE Les espaces secondaires des nouvelles affectations comme les sanitaires, les cuisines, DE L'INTEGRITE les espaces techniques de FONCTIONNELLE chauffages, réserves,… sont généralement difficiles à intégrer ARCHITECTURALE CONSTRUCTIVE ARCHITECTURALE FONCTIONNELLE CONSTRUCTIVE dans l’édifice. En effet, ceux-ci sont des espaces de petites dimensions qui ont besoin d’être ARCHITECTURALE FONCTIONNELLE CONSTRUCTIVE TYPOLOGIE TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFERENTS ESPACES CONSIDERATIONS AJOUT TECHNIQUE PROPRE A TYPOLOGIE GENERALE TYPOLOGIE GENERALE GENERALE
plus refermés. Trois cas de figures, afin de rendre possible peuvent TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFERENTS CONSIDERATIONS AJOUT TECHNIQUE PROPRE A D'AMENAGEMEN ELLE-MEME AU SEIN DE ESPACES L'EDIFICE leur intégration TECHNIQUES à l’édifice, LA NOUVELLE FONCTION TYPOLOGIE FONCTION DIFFERENTS CONSIDERATIONS AJOUT TECHNIQUE PROPRE A D'AMENAGEMEN ELLE-MEMEEN AU SEIN DEESPACES L'EDIFICE TECHNIQUES LA NOUVELLE FONCTION T INTERNE se présenter. D'AMENAGEMEN ELLE-MEME AU SEIN DE L'EDIFICE TECHNIQUES LA NOUVELLE FONCTION T INTERNE T INTERNE
Add on Add on Add on
Inside on Inside on Inside on
• Le premier serait que l’église dispose de structures accolées permettant d’y placer les fonctions techniques. C’est entre autre le Choix de base pour Utilisation de la Choix de base pour une fonction Maintiencomme des cas des églises qui dépendent d’établissements des écoles, Utilisation structure de la Choix de base pour une fonction publique|sociale Maintien des Utilisation zones structure existantede la Plateaux une fonction publique|sociale Maintien des zones structure des hôpitaux, des anciennes abbayes ou couvents,… ou lorsque existante Plateaux publique|sociale zones existante Plateaux l’église est jouxtée directement de bâtiments annexes comme la sacristie, le presbytère ou une chapelle. • Certaines églises sont munies d’une crypte, de sous-sol ou de parties Création d'une Création structure d'une Maintien du Intégration plus cloisonnées au sein même de l’église permettant d’y placerCréation cesd'une structure indépendante Maintien du Intégration symbole fonctionnel d'espace collectif Mezzanine structure indépendante Maintien du Intégration symbole fonctionnel d'espace collectif espacesMezzanine secondaires. indépendante symbole fonctionnel d'espace collectif Mezzanine
• La dernière possibilité serait de venir rajouter une extension externe à l’édifice pouvant contenir ces fonctions plus techniques. Cette dernière possibilité doit être Intégration étudiée de manière assez poussée afin dans Intégration dans un projet social extérieure de l’édifice. Change clothes de ne pas Boite gêner l’intégrité architecturale Intégration dans un projet social
Change clothes Change clothes
Boite Boite
un projet social
Dans un Dans un bâtiment Dans un l'église bâtiment jouxtant bâtiment jouxtant l'église jouxtant l'église
Dans l'église Dans l'église Dans l'église
Dans une Dans une extension Dans une extension extension
Un cas particulier de ces espaces secondaires à étudier serait celui des escaliers de secours lorsqu’on ajoute des niveaux supplémentaires. Ceux–ci doivent être cloisonnés et résistant au feu. Dès lors, à la place de les intégrer dans le volume existant ils sont souvent relayés à l’extérieur du volume comme une extension au bâtiment. Espace plein Espace plein Espace plein
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PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
6
CONCLUSION
Cette approche méthodique de la réaffectation permet donc pas à pas de dégager des solutions durables et respectueuses de l’édifice. Cette méthodologie est organisée en trois grandes étapes découlant l’une de l’autre. •
L’analyse des variables de départ de l’église qui, une fois étudiées, permet de dégager les valeurs conservées par celle-ci.
•
L’étude de la situation et des valeurs de l’édifice donne les moyens de dégager une nouvelle affectation pour l’édifice.
•
Finalement, il sera possible d’imaginer une intervention architecturale guidée par les critères de lisibilité, de réversibilité et d’authenticité qui pourra conserver l’intégrité architecturale, fonctionnelle et constructive de l’église initiale.
Chacun des paramètres intervenant dans la méthodologie a été expliqué et discuté pour les différents cas afin d’en faire découler différentes pistes pour l’établissement de l’esquisse. La combinaison des choix réalisés pour les différents paramètres amène sur la table un projet unique, respectueux de l’édifice et s’intégrant dans la société et la ville contemporaine. Les différents choix à opérer en fonction des paramètres se trouvent résumés de manière schématique sur le diagramme (Figure 41). Il est évident qu’il est possible de combiner les différentes pistes appartenant à un même paramètre entre elles. Par exemple, on peut retrouver au sein d’un même édifice la typologie interne de mezzanines avec celle de la boîte. Cette manière de pouvoir, de manière assez souple, choisir différents types de solutions permet au concepteur une certaine part de liberté dans la création de la réaffectation. Au final, la méthodologie apporte plusieurs réponses matérielles aux deux questions posées au départ. (Figure 40) Mais cela permet aussi d’aller encore plus loin en intégrant le caractère fonctionnel et technique de l’édifice. QUEL TYPE DE NOUVELLE AFFECTATION AU VU DES VALEURS DE DEPART ?
QUELLE INTERVENTION ARCHITECTURALE AFIN DE CONSERVER L'INTEGRITE DE L'EDIFICE ?
? CHOIX DE LA FONCTION TYPE
? CHOIX DE L'INTERVENTION ARCHITECTURALE
FONCTION
TYPOLOGIE GENERALE
TYPOLOGIE INTERIEURE
+? Add on
Usage partagé
Plateaux
+
? Semi-reconversion
Nouvelle fonction
+
? Inside on
Mezzanines
+
+
? Reconversion totale
Change clothes
Boîte
+
Espace plein
Figure 40 : réponse aux questions de départ grâce à la méthodologie
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LOCALISATION HISTORIQUE PHYSIQUE ECONOMIQUE SYMBOLIQUE
ANALYSE DES VARIABLES
?
?
+?
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Réaffectation totale
Semi reconversion
NOUVELLE FONCTION
CHOIX DE FONCTION
Usage partagé
REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE
CHANGEMENT D'AFFECTATION TYPOLOGIE GENERALE
Change clothes
Inside on
Add on
ARCHITECTURALE
CONSERVATION DE L'INTEGRITE
Espace plein
Boite
Mezzanine
Plateaux
TYPOLOGIE D'AMENAGEMEN T INTERNE
Intégration dans un projet social
Intégration d'espace collectif
Création d'une structure indépendante
Utilisation de la structure existante
CONSIDERATIONS TECHNIQUES
CONSTRUCTIVE
Maintien du symbole fonctionnel
Maintien des zones
DIFFERENTS ESPACES AU SEIN DE L'EDIFICE
Choix de base pour une fonction publique|sociale
FONCTION EN ELLE-MEME
FONCTIONNELLE
Dans une extension
Dans l'église
Dans un bâtiment jouxtant l'église
AJOUT TECHNIQUE PROPRE A LA NOUVELLE FONCTION
PARTIE 2 : METHODOLOGIE DE LA REAFFECTATION
Figure 41 : résumé de la méthodologie de la réaffectation
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PARTIE 3 C |Q AS PRATIQUES
LIEGEOISES
UEL AVENIR POUR NOS EGLISES
?
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
1
TOUR D’HORIZON DE LA VILLE DE LIEGE
Actuellement, Liège est en pleine métamorphose ; le tram, la rénovation de l’opéra et celle des bains de la Sauvenière, la transformation du Mamac, la multiplication des hôtels au centre ville se greffant sur des structures existantes, le réaménagement du quartier des Guillemins en n’oubliant pas la potentialité de l’exposition internationale de 2017. « La Cité ardente reprend gout à la vie! » (MATRICHE J., 2012) Les anciennes infrastructures se modifient, se transforment pour s’adapter à la société et aux événements qu’accueille la ville d’aujourd’hui. Pourquoi ne pas faire partager aux églises, extrêmement nombreuses à Liège, cet élan de renouveau, de réaffectation et de revitalisation des espaces.
1.1
ETAT DU PATRIMOINE RELIGIEUX A LIEGE
Liège est une ville au passé religieux important, elle est donc confrontée à un « parc immobilier » religieux qui dépasse la moyenne. Les problèmes dans la gestion de ce patrimoine sont bien réels. Elle compte actuellement 52 fabriques d’églises catholiques. Ces deux dernières années, les échevinats des travaux et des finances ont entrepris un plan de mise en conformité au niveau électricité, gaz et incendie de toutes les églises et presbytères. Plusieurs restaurations remarquables ont déjà été réalisées comme l’église SaintBarthélemy et l’église Saint-Vincent. L’église Saint-Jean l’évangéliste est aussi en cours de remise en état. Il n’existe cependant aucun plan global de réaffectation des églises. (DUPONT T., 2011)
La plupart des églises sont toujours affectées au culte et certaines d’entre elles sont ouvertes aux touristes et intégrées dans un circuit touristique. Trois églises du centre de Liège sont actuellement désacralisées, Saint Antoine, Saint André et l’église Notre Dame de l’immaculée conception. (FIRKET M., 2011) On trouve déjà à Liège toute une série d’églises et de chapelles qui ont changé leur affectation d’origine afin de se destiner à une autre utilité permettant ainsi de remettre ces édifices dans la société actuelle. (ABSIL L., 2011) • Eglise Saint-Antoine du couvent des Frères mineurs|Espace culturel polyvalent fonctionnant avec le musée de la vie wallonne • Eglise Saint-André | Espace culturel polyvalent mais à présent fermé pour cause sanitaire (infiltrations d’eau) • Eglise Saint-Hubert | Salle communale polyvalente, salle des fêtes • Chapelle Saint-Charles Borromée de l’hospice du Vertbois|Salle de conférence • Chapelle de l’hospice du Balloir | Magasin de seconde main, chambre et salle polyvalente • Chapelle Saint Roch | Espace culturel polyvalent • Chapelle St Maur | Salle communale polyvalente, salle des fêtes Toutes ces réaffectations sont basées sur des projets de réaménagement intérieur. De plus, ce sont des édifices de petite taille qui sont concernés. En Belgique et à Liège en particulier, il n’y a encore que très peu de projets de réaffectation réalisés sur des édifices de plus grande taille.
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? De plus, quelques idées de projet de réaffectation commencent à voir le jour à Liège mais cela de manière ponctuelle. On retiendra un projet visant à transformer l’église SainteVéronique en salle polyvalente avec une bibliothèque et une salle multimedia pour l’école située à côté de celle-ci. Une partie dédiée au culte serait conservée dans une chapelle accolée à l’édifice. Un autre projet est celui du rachat de l’église du Sacré-Cœur et Notre Dame de Lourdes à Cointe pour la sauver d’une démolition. (DUPONT T., 2011) Un projet d’avenir se profile aussi pour l’église Saint-Foy en un espace multi-usage culturel et cultuel. (RTC, 2011)
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
Eglise St Foy espace culturel polyvalant + conservation d'une petite chapelle
Eglise Notre-Dame de l'immaculée conception Eglise St Antoine Espace culturel polyvalent: "Musée de la vie wallonne"
Eglise St Roch Espace culturel polyvalent
Collégiale St Barthelémy
Eglise St Servais Eglise St André Espace culturel polyvalent
Chapelle de l'hospice du Balloir Salle polyvalente Magasin de seconde main et chambre
Collégiale St Martin Collégiale St Croix Eglise Ste Catherine Eglise saint Pholien Collégiale St Jean l'évangéliste
Collégiale saint Denis Eglise Notre-Dame du St Rosaire Eglise St Nicolas
Cathédrale Saint Paul Exposition trésor de la cathédrale
Eglise St Christophe
Eglise St Jacques
Chapelle du Vertbois Salle de réunion
Eglise du St sacrement
Eglise St Remacle
Eglise St Louis
Eglise St Veronique salle de spectacle, bibliothèque, salle multimédia + petit endroit pour le culte
Eglise St Lambert-Grivegnée classe 1
Eglise Ste Marie
Eglise St Vincent
Chapelle St Maur Salle polyvalente
Eglise du sacré coeur et Notre-Dame de Lourdes Fonction privée
Eglise avec la maintien de la fonction cultuelle Eglise avec un projet de réaffectation Edifice réaffectée Eglise désacralisée Eglise classée
Figure 42 : le centre ville de Liège et l’état de ses églises
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
1.2
CHOIX DES EGLISES
Tout d’abord, il serait utile de dresser un plan global de l’ensemble des églises de la région liégeoise. L’approche de base serait d’analyser les églises selon les différentes variables de départ. A partir de ce plan, il sera possible de sélectionner trois églises dans des situations fondamentalement différentes afin de développer la méthodologie mise en place dans la section précédente, le sujet de ce travail. En premier lieu, les différentes églises ont été localisées sur le plan cadastral de la ville de Liège avec la délimitation des quartiers. Il existe un certain nombre d’informations sur l’architecture et l’historique des églises classées et celles du centre ville. Cependant, on trouve très peu d’informations sur les églises qui sont décentrées et dont l’intérêt architectural ou historique n’est pas reconnu. Une des variables importante est aussi la fréquentation de ces lieux de cultes. Malheureusement, il n’a pas été possible d’obtenir de l’Evêché de Liège, un inventaire du taux de fréquentation des églises. Il existe bien d’autres sources d’informations mais elles sont souvent limitées à certains types d’églises, par exemple, les églises classées ou les églises construites récemment. Il est aussi apparu qu’il n’existait pas une centralisation des renseignements relatifs à l’ensemble des églises de la ville. Ainsi, il est très difficile d’établir une analyse complète pour les églises liégeoises à cause du manque d’informations. Evidement, ce travail est tout à fait réalisable avec plus de temps pour mener une recherche approfondie afin d’établir un nouvel inventaire comprenant toutes les églises en fonction des différentes variables. Toutefois, comme le sujet du travail était orienté sur l’analyse et la création d’esquisses pour des cas particuliers en application de la méthodologie développée dans la seconde partie. Il paraissait démesuré de réaliser un tel inventaire en guise d’analyse préparatoire pour le choix des églises. Trois églises ont donc été sélectionnées, celles-ci sont situées dans des quartiers proches du centre ville et présentent un intérêt architectural ou historique sur base des renseignements partiels en ma possession. Les églises ont été choisies afin de diversifier au maximum l’étude. Cela permettra donc de mettre en pratique les différentes parties de ma méthodologie et de démontrer l’importance de travailler au cas par cas. J’ai donc sélectionné trois églises bien différentes : (Figure 43) • La basilique Saint-Martin | Saint-Martin • L’église du Sacré-Cœur et de Notre-Dame de Lourdes | Cointe • L’église Saint-Remacle | Amercoeur Les églises sont différentes au niveau de la localisation, de leur époque de construction, de la taille de l’édifice, de la situation économique, du quartier,… Ce qui est aussi intéressant, est la différence d’avancement quant à l’élaboration d’un projet d’avenir pour ces églises. L’église du Sacré-Cœur étant dans un état critique, la réaffectation a déjà été envisagée pour la sauvegarde de l’édifice, alors que les deux autres églises n’ont pas encore de projet en perspective mis à part une ouverture à la fonction touristique. De cette manière, il a été possible de se positionner par rapport à un projet déjà existant de réaffectation pour l’église de Cointe et d’imaginer intégralement un avenir jusqu’à présent incertain pour les deux autres édifices.
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
Basilique SAINT-MARTIN
Eglise SAINT-REMACLE SAINT-MARTIN
CENTRE
AMERCOEUR
COINTE
Eglise du SACRE-COEUR et NOTRE DAME DE LOURDES
Figure 43 : localisation des 3 églises choisies dans la ville de Liège
En effet, il ne faut pas attendre que l’église soit dans un état critique au niveau physique ou économique pour imaginer un nouvel avenir permettant de la sauvegarder. C’est pourquoi, le choix de deux églises sans autre problème que celui de la diminution constante de leur fréquentation semble intéressant. Cela permettra de faire revivre l’édifice avant qu’il ne soit totalement éteint. Il est plus facile de remettre sur la piste une église qui n’a pas encore totalement quitté le circuit. L’étude de chacun des cas suivra la méthodologie mise en place antérieurement. Ainsi, sera établie une analyse des variables de départ de l’édifice qui amènera un choix au niveau de type de réaffectation et de fonction. Des pistes pour l’intervention architecturale à réaliser seront finalement suggérées. Les schémas illustrant la méthodologie pour chaque église se trouve en poster à la fin de chaque exemple, ce poster peut être déplié et mis en relation constante avec le texte s’y rapportant.
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
2
BASILIQUE SAINT-MARTIN |SAINT MARTIN
2.1
VARIABLES DE DEPART 2.1.1
LOCALISATION
Mont Saint Martin 64 – 4000 Liège
QUARTIER (FIGURE I-1) Situé sur la colline du Publémont, le quartier Saint Martin proche du centre ville, est un des quartiers historiques de Liège. Sa proximité avec le cœur d’activités de la ville lui permet de jouir de toutes les facilités en terme de transports, services et loisirs. Le quartier se déploie entre deux voies de circulations routières importantes de Liège, le boulevard d’Avroy-Sauvenière et la rue Louis Fraigneux. De plus, il est localisé entre la gare de Jonfosse et celle du palais, ce qui permet un accès facile en train. On peut remarquer que ce quartier est multifonctionnel et assez dynamique au vu des nombreuses activités publiques s’y déroulant. En effet, il intègre tout type de fonction comme, du résidentiel, des écoles supérieures, hôtels, petits commerces, bureaux et agences. Les fonctions publiques sont organisées principalement le long de trois grands axes d’activités qui sont: • • •
La rue St Marguerite| peuplée majoritairement de petits commerces, de cafés et petites restaurations au rez-de-chaussée d’habitations et d’écoles. Le boulevard de la Sauvenière| avec ses hôtels, et ses agences en tous genres (intérim, voyages,…) La rue du Mont Saint Martin| qui accueille beaucoup de bureaux notamment des avocats, architectes, dentistes,…
Un seul type de secteur fait défaut dans le quartier ; le secteur culturel. En effet, Les activités culturelles et de loisirs sont davantage localisées dans le centre de Liège de l’autre côté du boulevard.
PARCELLE (FIGURE I-2) La parcelle de la basilique se situe entre les deux grands axes d’activités le long de la rue Saint Martin. Celle-ci est au somment de la colline du Plubémont au cœur du quartier. La parcelle est accessible de la rue St Martin. Malgré sa proximité avec le boulevard de la Sauvenière, axe de circulation et d’activité important de la ville, il est difficile d’accéder à l’église directement du boulevard à cause de la déclivité importante du terrain. Les seuls liens entre le boulevard et le Mont Saint Martin sont des ruelles étroites qui se déclinent sous forme d’escaliers. La basilique orientée vers l’est occupe la majorité de l’espace de la parcelle ; elle est jouxtée d’une chapelle avec un parking indépendant. La basilique comporte plusieurs entrées permettant d’accéder à l’intérieur. On peut remarquer un dégagement de l’espace devant le parvis et le chœur permettant d’avoir du recul par rapport à l’édifice et de les mettre en valeur. La parcelle étant quasi complète excepté des espaces de circulation et de parking, il sera donc difficilement possible d’ajouter une extension à l’église. La présence de places de stationnement permet une facilité d’accès à l’édifice. Etant accessible par différents endroits, l’église peut accueillir plusieurs fonctions demandant des entrées différentes. REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
PRESENCE D’AUTRES LIEUX DE CULTES (FIGURE I-3) Il y a une concentration d’églises assez importante dans le centre ville de Liège. En effet, plusieurs églises se trouvent dans une zone assez rapprochée de la basilique St Martin. Deux d’entre elles sont des collégiales historiquement importantes : Sainte-Croix et Saint-Jean l’évangéliste. La collégiale Sainte Croix est actuellement fermée à cause de son état physique critique. Quant à la collégiale Saint Jean l’évangéliste, elle nécessite la traversée du boulevard de la Sauvenière et de franchir un relief important. L’église Sainte-Marguerite située le long de la rue portant le même nom est un édifice plus contemporain. Celle-ci est facilement accessible de l’entièreté du quartier. Un peu plus éloignées, on retrouve l’église Saint-Servais et Saint-Christophe. Ces paroisses restent cependant assez difficiles d’accès à cause des barrières que forment les voies de circulation et la déclivité du terrain. Ainsi, dans le cas de suppression de la paroisse, il serait assez aisé de définir un autre lieu de culte vers lequel diriger les paroissiens. D’ailleurs, il existe déjà une tournante avec les églises environnantes pour organiser les offices durant la semaine.
2.1.2
HISTORIQUE
EPOQUE D’EDIFICATION En 963, le projet de l’évêque de Liège était d’édifier sur le Publémont une église afin d’en faire sa cathédrale et de la mettre en relation directe avec un palais qui lui aurait été réservé. Cependant, le projet n’a pas pu voir le jour, et l’église construite demeura une des sept collégiales de Liège. A la fin du Xème siècle, de par sa localisation, l’église fut entourée de remparts participant ainsi aux installations défensives de la cité. En 1312, lors d’une lutte sociale connue sous le nom de Male Saint-Martin, l’église fut incendiée par les gens des métiers voulant déloger les nobles qui s’étaient réfugiés dans l’édifice. L’église fut donc très endommagée il s’en suivit une longue phase de réparations. (FORGEUR R., 1965)
STRATIFICATION TEMPORELLE (FIGURE I-4) Actuellement, il ne demeure aucune trace de l’église romane primitive, l’église ayant été incendiée en 1312 et reconstruite petit à petit jusqu’en 1540. Ainsi, on retrouve des parties gothiques du XIVème, XVIème et XIXème siècle. Depuis 1850, de nombreux travaux de restaurations partielles ont été entrepris ; création du portail, renouvellement des contreforts du chœur, réparation de certains éléments après la guerre. (FORGEUR R., 1965) Suite à ces réparations et améliorations successives, il est possible d’indentifier plusieurs strates temporelles, malgré le fait que le bâtiment a une apparence assez homogène. Ainsi, une nouvelle intervention architecturale pour une réaffectation ne ferait que rajouter une ligne à l’histoire déjà bien remplie de cet édifice.
2.1.3
PHYSIQUE
La collégiale accède au titre de basilique en 1886 et est classée patrimoine exceptionnel en 1936. (Centre des archives de la ville de Liège)
STYLE D’ARCHITECTURE (FIGURE I-5) ET (FIGURE I-6)
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? Ce vaste édifice gothique de plus ou moins 1500 m2 18, de 75 mètres de long et de 23 mètres de haut, a été imaginé par l’architecte Paul De Ryckel, mais les travaux furent terminés sous la direction d'Arnold Van Mucklen. La nef à quatres travées est enserrée par des bas-côtés et des chapelles directement accolés à ceux-ci. L’église comprend aussi un transept, et le chœur. Le chœur a une longueur très importante puisqu’il occupe un tiers de la longueur totale de l’édifice. La tour à l’ouest est construite sur un plan carré et est pourvue d’une fenêtre de grande dimension faisant pénétrer la lumière au soleil couchant. L’édifice a aussi plusieurs parties annexes comme la sacristie ou la crypte et un portail d’entrée ajouté par la suite au nord de la tour. Au nord, on trouve une aile contenant la chapelle dans laquelle on célèbre actuellement les offices. Les matériaux utilisés sont la pierre calcaire grisâtre pour les colonnes, la pierre de sable ivoire pour le reste et la brique pour les voutes. La structure est composée de colonnes et murs porteurs pour les éléments verticaux et des voûtes pour le plafond. (FORGEUR R., 1965)
ETAT DE L’EDIFICE Un plan de restauration a été établi au début du XXIème siècle. Ce plan avait comme idée de restaurer le gros-œuvre, les vitraux et l’orgue. Actuellement, les restaurations concernant le gros-œuvre du chœur et des absides ont été terminées et la phase de restauration des vitraux est en cours de réalisation. Grâce à tous les travaux, l’état actuel de l’église est plutôt bon. (ASBL de la basilique Saint-Martin à Liège, 1991)
2.1.4
ECONOMIQUE
L’importance de l’édifice dans la ville de Liège et le classement de celui-ci permettent d’obtenir de la Région Wallonne, la ville de Liège et la province des aides au financement. L’édifice n’est pas en danger économique, car une part importante des travaux de restauration peut être prise en charge par les autorités publiques. (ASBL de la basilique Saint-Martin à Liège, 1991)
Il serait sûrement réalisable de mobiliser ce type de subsides lors d’un projet de réaffectation de la basilique.
2.1.5
SYMBOLIQUE
FREQUENTATIONS | ATTACHEMENT A L’EDIFICE Les offices se déroulent dans la chapelle jouxtant la basilique le samedi et le dimanche. Durant la semaine, une tournante avec les églises alentours est organisée. Il reste cependant une quarantaine19 de paroissiens célébrant le culte le dimanche. La basilique n’est ouverte, pendant l’année, que pour les évènements importants, la messe de Noël, la messe de Pâques, les professions de foi,... A la suite de, l’encouragement de la ville de Liège d’ouvrir la porte des collégiales durant les vacances, la basilique permet l’entrée gratuite aux touristes tous les jours de 14h à 17h excepté le lundi. (BODSON M., 2012) Cette année, à l’occasion des 700 ans de l’événement le « Male Saint-Martin », différentes activités sont organisées à l’intérieur de la basilique telles qu’une exposition sur Liège, une projection vidéo et une visite de la tour. (Male Saint-Martin)
18 19
Calcul grossier d’après l’observation des plans Moyenne établie sur deux dimanche du mois d’avril
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? Plusieurs ASBL se sont créées autour de la basilique, permettant d’assurer son bon entretien et de la faire vivre en organisant des activités touristiques.
SYMBOLE DANS LE PAYSAGE (FIGURE I-7) La basilique fait partie intégrante du paysage liégeois. Plantée comme un phare sur le promontoire abrupt du Publémont, elle domine le centre de la ville de sa silhouette massive et ramassée. Sans elle, Liège ne serait plus vraiment Liège. (ASBL de la basilique Saint-Martin à Liège, 1991)
2.2
CHANGEMENT D’AFFECTATION
Lors de ces dix dernières années, énormément d’argent a été mobilisé afin restaurer la basilique. La question à se poser est l’intérêt de débourser autant d’argent pour un édifice qui ne fonctionne actuellement que comme un monument sans utilité spécifique. En effet, l’église est très peu ouverte en dehors des deux mois de vacances scolaires pour quelques touristes. De plus, les offices étant célébrés dans la chapelle, la basilique n’est ouverte qu’à de rares occasions pendant l’année afin d’accueillir des célébrations de grande ampleur. En été, l’église prend un rôle touristique. Cependant aucun aménagement n’est prévu à cet effet et le visiteur est livré à lui même. Il serait donc intéressant d’affecter l’église à d’autres usages afin de faire profiter à un plus large public de cet édifice exceptionnel et entièrement restauré.
2.2.1
CHOIX FONCTIONNEL
Il serait important de conserver une fonction publique dans l’église de par sa position stratégique dans un quartier assez dynamique. Le tourisme étant actuellement la principale destination de l’église et celui-ci étant déjà accepté par la population, on pourrait imaginer d’y implanter une fonction culturelle. Cette destination culturelle pouvant aller de pair avec la destination purement touristique de l’édifice, on pourrait ainsi agir dans la continuité de la fonction présente. Lors de l’étude des fonctions présentes dans le quartier, on a remarqué que la fonction culturelle est absente de celui-ci. Cette nouvelle affectation permettrait donc d’amener un plus dans le quartier. D’autre part, la basilique étant facilement repérable et accessible, les touristes séjournant dans un des hôtels du boulevard de la Sauvenière auraient facilement accès à ce nouveau centre de la culture. On peut aussi imaginer que la tour puisse servir de point d’observation sur la ville de Liège. En effet, de par sa position en hauteur et sa proximité avec le centre ville, la vue de la tour offre un merveilleux panorama sur la ville de Liège. L’édifice offrant une surface utilisable assez importante, il serait aussi possible d’y intégrer plusieurs espaces différents comme des salles d’exposition, une salle de projection, un espace détente avec un petit café et une salle polyvalente. Cette nouvelle fonction créerait un noyau culturel dans le quartier, utile non seulement pour les touristes de passage, mais aussi pour la population locale qui pourrait profiter d’évènements organisés. Elle serait ainsi mise à disposition d’organisations privées en demande d’infrastructures pour la réalisation d’événements culturels. La reconversion dans ce type de fonction permettrait la redécouverte du patrimoine de l’église pour les visiteurs tout en ouvrant de nouveaux usages.
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REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE CHOIXLIEGEOISES DE FONCTION PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE ?
ANALYSE DES CHANGEMENT 2.2.2 REAFFECTATION PARTIELLE OU TOTALE VARIABLES D'AFFECTATION Eglise du SACRE COEUR et
CONSERVATION DE L'INTEGRITE
NOTRE DAME DE LOURDES La reconversion partielle de l’édifice n’a pas besoin d’être envisagée.ARCHITECTURALE En effet, la REAFFECTATION chapelle a déjà été adoptée pour la célébration des offices hebdomadaires et suffit TOTALE OU PARTIELLE Symbole paysager amplement à accueillir les paroissiens. De plus, vu le nombre de lieux de culte dans la même TYPOLOGIE TYPOL CHOIX DE FONCTION Importance architecturale zone du centre ville, il serait aisé de trouver un lieu de substitution si le besoin se faisait sentir. GENERALE D'AM
Eglise du SACRE COEUR et NOTRE DAME DE LOURDES Symbole paysager Importance architecturale
2.3
ANALYSE DES VARIABLES
Basilique SAINT-MARTIN Importance historique Importance architecturale
CONSERVATION DE L’INTEGRITE DE L’EDIFICE
CONSERVATION CHANGEMENT Basilique SAINT-MARTIN 2.3.1 INTEGRITE ARCHITECTURALE Eglise SAINT-REMACLE DE L'INTEGRITE D'AFFECTATION
Importance TYPOLOGIE GENERALEhistorique (FIGURE I-8)
Importance architecturale REAFFECTATION
Lien social Importance dans le quartier
ARCHITECTURALE
Vu la disposition dePARTIELLE l’édifice et la surface que celui-ci offre, on pourrait uniquement se TOTALE OU contenter de réaménager l’espace intérieur. L’ajout d’une annexe TYPOLOGIE semble ici, inutile et TYPOLOGIE CHOIX DE FONCTION injustifiée. GENERALE D'AMENAGEMENT INTERNE
Cependant, est important d’indiquer la présence d’une nouvelle fonction au moyen Egliseil SAINT-REMACLE d’un ou plusieurs éléments contemporains visibles de l’extérieur. L’enveloppe ayant été glise du SACRE COEUR et restaurée récemment, Lien social celle-ci est en bon état. L’élément contemporain pourrait être OTRE DAME DE LOURDES apporté par unImportance travail surdans les différentes le quartier entrées de l’édifice permettant la traduction des différents espaces à l’intérieur de celui-ci. La jonction entre la chapelle et la basilique serait mbole paysager retravaillée afin de dégager un espace intermédiaire pour l’accès soit à la basilique soit à la mportance architecturale chapelle.
asilique SAINT-MARTIN
mportance historique CONSERVATIONS DES QUALITES ARCHITECTURALES (FIGURE I-9) mportance architecturale
Les différentes parties du programme du centre culturel doivent pouvoir être séparées et utilisées indépendamment l’une de l’autre. Ainsi, l’espace café, la salle d’exposition, l’espace polyvalent et la salle de projection seront munies de cloisons. De cette façon, les différentes zones seront séparées tout en conservant un volume en une seule entité.
glise SAINT-REMACLE
L’organisation de l’espace vide et l’ajout de mezzanines semblent être la manière
d’opérer la plus judicieuse. En effet, la destination choisie pour l’édifice est composée en social d’espaces mportance dans le quartier publics, pouvant être ouverts les uns sur les autres. Ainsi, les différentes fonctions seront séparées verticalement avec des parois vitrées s’ouvrant à certains endroits et les mezzanines rajouteront des niveaux supplémentaires à chacune des fonctions. Cette solution permettra de continuer à percevoir le volume comme une seule entité grâce au prolongement visuel de l’espace.
On pourrait imaginer de placer ces mezzanines dans la zone des bas côtés en débordement sur la nef, de cette manière on ne coupe pas le vitrage des côtés latéraux et on conserve la qualité lumineuse à l’intérieur de l’édifice. Par contre les vitraux de l’espace REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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FON
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ARCHITECTURALE
REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE
TYPOLOGIE GENERALE
CHOIX DE FONCTION
FONCTIONNELLE
TYPOLOGIE D'AMENAGEMENT INTERNE
FONCTION EN ELLE-MEME
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
DI AU
dédié à la salle de projection pourront être occultés par un système de rideaux pouvant coulisser le long d’un rail. Ceci permettra de les ouvrir et laisser la lumière entrer par les vitraux ou de les fermer pour plus de confort lors de la projection. Ce type d’intervention donne les moyens de conserver la volumétrie globale de CONSERVATION l’église et des différents apports de lumière présents dans celle-ci.
DE L'INTEGRITE
ARCHITECTURALE TYPOLOGIE GENERALE
2.3.2
INTEGRITE FONCTIONNELLE TYPOLOGIE D'AMENAGEMENT INTERNE
FONCTION EN ELLE-MEME
FONCTIONNELLE FONCTION EN ELLE-MEME
CO
DIFFERENTS ESPACES AU SEIN DE L'EDIFICE
La fonction culturelle est dans le prolongement direct de la fonction touristique de base. De plus, les habitants du quartier pourront utiliser les lieux afin de se retrouver et de partager ensemble des activités comme le visionnement d’un film ou la visite d’une exposition ou tout simplement de prendre un café. Le bâtiment contribuera ainsi à améliorer la cohésion sociale du quartier. Il sera toutefois important d’apporter une certaine surveillance quant au type d’événement qui se déroulera dans l’édifice pour ne pas choquer. Il faut que l’église garde malgré tout un esprit symbolique sacré.
ier
DIFFERENTS ESPACES AU SEIN DE L’EDIFICE (FIGURE I-10) Dû à la grande taille de l’église, il est possible d’utiliser ses différentes parties suivant le type de fonctions. Les travées collatérales accueilleront des fonctions qui ont besoin d’un espace cloisonné de plus petite dimension, le vaisseau central sera aménagé de manière plus libre et plus ouverte. Le chœur, lui, accueillera une autre fonction. Les différentes entrées permettent une utilisation partagée de l’édifice avec la possibilité de fermer certaines parties lorsqu’elles ne sont pas utilisées. La disposition des espaces a été pensée de façon à conserver l’intégrité fonctionnelle de l’édifice. Le chœur restera un endroit de rassemblement de foule accueillant la salle de projection. Les bas cotés seront des espaces plus intimes qui contiendront le café et la petite salle d’exposition. Le vaisseau central pourra être aménagé en espace d’exposition pour des œuvres de plus grande ampleur. Et finalement, le transept accueillera la salle polyvalente imaginée comme la croisée entre toutes les fonctions. De même, la disposition des fonctions a été pensée par rapport aux orientations des différentes entrées. Le café est directement accessible de la rue et une terrasse peut être aménagée au sud du chœur. L’entrée de la salle de projection et du noyau polyvalent se fera via le parking qui jouxte l’édifice. Cette entrée pourra comme expliqué précédemment être traitée de manière contemporaine afin de recréer le lien entre la chapelle et l’église. Et finalement, l’entrée de l’exposition peut être pensée à côté de la tour dans le nouveau porche qui contiendra un espace d’accueil. La tour, signe d’élévation à la verticale, pourra accueillir une circulation verticale sous forme d’escalier et d’ascenseur permettant de distribuer les mezzanines mais aussi atteindre le sommet de celle-ci et ainsi profiter du panorama sur la ville de Liège. L’aménagement de se mirador dans la ville peut être un atout touristique pour l’église. Au final, l’organisation initiale du plan de l’église permet de diviser naturellement les différentes fonctions, qui se retrouvent au centre de l’édifice dans la croisée de la nef et du transept dans un espace polyvalent.
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C T
NT INTERNE
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
2.3.3
INTEGRITE CONSTRUCTIVE
CONSIDERATIONS TECHNIQUES Au niveau structurel, il faudra soutenir les plateaux qui forment les différentes mezzanines. Le but serait d’avoir des plateaux flottants dans l’espace vide de l’église. La solution qui assurerait un maximum de légèreté et de conservation de la structuration de FONCTIONNELLE l’espace serait de pouvoir utiliser les colonnades CONSTRUCTIVE existantes afin de soutenir ces mezzanines. De cette façon, on évite d’encombrer l’espace par de nouveaux éléments verticaux. Si FONCTION EN structurelle DIFFERENTS ESPACES CONSIDERATIONS TECHNIQUE PROPRE A cette solution est validée, il faudra réaliser une étude préalableAJOUT de stabilité afin ELLE-MEME AU SEIN DE L'EDIFICE TECHNIQUES LA NOUVELLE FONCTION de juger de la faisabilité du système. Si les colonnes ou les fondations de celles-ci ne sont pas assez résistantes il sera toujours possible de concevoir une nouvelle structure indépendante. A cause de l’importance de l’espace disponible, et le peu d’ajout de matière permettant d’absorber les ondes sonores, il sera assez difficile d’isoler acoustiquement l’espace. Tout d’abord, on pourra utiliser les éléments ajoutés comme les mezzanines afin de rendre leur surface absorbante. Il est aussi possible de traiter le mobilier comme les sièges de la salle de projection, les panneaux d’affichage pour l’exposition ou encore les rideaux afin d’avoir une absorption du son. Il est difficilement concevable de recouvrir les murs d’isolant car le matériau composant les murs fait partie de l’authenticité architecturale de l’édifice. Il sera possible de doubler les vitraux de l’intérieur et ainsi de conserver tels quels les vitraux qui auront été restaurés. On peut envisager aussi d’isoler la toiture entre la charpente et les voutes. De plus, le cloisonnement des espaces garantira un chauffage partie par partie, chacun des espaces étant régulé séparément en fonction de l’occupation. Les cloisons vitrées entre chacune des parties devront être efficaces au niveau des performances thermiques.
AJOUTS TECHNIQUES PROPRES AUX FONCTIONS L’organisation initiale de l’église comprend plusieurs annexes qui n’entrent pas dans le volume global de l’édifice et qui pourrait de cette manière être utilisée pour des fonctions plus techniques. Ainsi, la sacristie pourrait être utilisée comme une machinerie pour la salle de projection et les sanitaires pourrait se trouver dans la jonction entre la chapelle et l’édifice. Les circulations verticales pour accéder aux mezzanines trouveraient place dans la tour qui est déjà symbole d’élévation à la verticale.
2.4
SYNTHESE
L’histoire et le symbole architectural que représente la basilique Saint-Martin sont extrêmement importants et amènent à la contemplation de l’édifice. L’ajout d’une plus value au bâtiment par l’affectation de nouvelles fonctions en son sein, fera découvrir le patrimoine d’une manière détournée. Le bâtiment ne sera plus uniquement un monument, il sera utile et cela pourra ainsi amener plus de visiteurs à redécouvrir l’édifice et la ville de Liège. Le choix d’une fonction culturelle ramènera la vocation collective de partage d’une activité à l’édifice et de cette façon, amorcera le retour de l’édifice dans la vie sociale du REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? quartier. Cet espace multifonctionnel pourra fonctionner de manière fractionnée ou être totalement utilisé lors de certaines grandes manifestations. Le visiteur comme les riverains pourront s’approprier l’édifice, pour visiter une exposition, proposer des images à visionner ou simplement boire un café sous les voûtes. Cet été, l’église sera ouverte, une exposition et la projection d’un film sur « le Male de Saint Martin » sont prévues. Pourquoi ne pas déjà modifier et installer des éléments pouvant accueillir au mieux ces fonctions, en vue d’un projet de réaffectation avec une véritable intervention architecturale ?
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
3
EGLISE DU SACRE-CŒUR ET NOTRE-DAME
3.1
VARIABLES DE DEPART 3.1.1
DE LOURDES| COINTE
LOCALISATION
Rue Saint-Maur 93 – 4000 Liège « Repère monumental sur les hauteurs verdoyantes de Cointe, dans un quartier urbain surplombant l’agglomération liégeoise. »20
QUARTIER (FIGURE II-1) Cointe est un quartier au nord-ouest du centre Liège, il est situé sur un promontoire au dessus de la nouvelle gare des Guillemins. Ce quartier a donc un emplacement stratégique juste au dessus du nœud de circulation des Guillemins, endroit clé de la ville, qui va prochainement être totalement revitalisé et réorganisé. Au sein du quartier, on retrouve majoritairement la fonction résidentielle avec un nombre important d’habitations unifamiliales. Mis à part la fonction résidentielle, on peut retrouver quelques commerces, bureaux et petites restaurations centralisés au carrefour des rues principales formant un petit pôle économique. Divers établissements publics comme un centre de sport, un hôpital psychiatrique et des écoles, sont localisées de manière aléatoire dans le quartier. Au final, Cointe est un quartier assez aisé, vert et agréable à vivre se caractérisant par ses belles demeures, ses nombreux espaces verts. (Comité de quartier de Cointe)
La parcelle comprenant l’église Notre-Dame du Sacré Cœur est localisée à l’est en dehors du petit noyau du quartier. Les fonctions situées dans les environs directs de la parcelle sont essentiellement résidentielles.
PARCELLE (FIGURE II-2) La parcelle située sur le bord est du quartier présente une vue sur toute l’agglomération liégeoise de par sa position sur la butte Saint-Maur. C’est sur cette vaste parcelle de 16000 m2 arborée et pentue que l’église prend place. Celle-ci occupe une position centrale sur la parcelle. En plus de l’église, la parcelle intègre la tour du Mémorial Interallié au sud, le cercle paroissial vers l’Est et le presbytère au Nord. (BERTRAND M. et al., 2009) L’espace dégagé autour de l’église permet d’en faire le tour et d’appréhender l’édifice de tous ses côtés. La parcelle étant assez vide, il y a de nombreuses possibilités d’aménagement des lieux notamment au niveau des espaces verts et des espaces de stationnement. Il existe actuellement trois entrées dans la parcelle. Il y a donc, un accès bas de la rue Saint Maur accessible de la gare des Guillemins et deux accès hauts qui sont davantage en lien avec le quartier. La parcelle est bien accessible en voiture, mais sa situation est décalée par rapport au centre d’activité du quartier. Elle n’est pas accessible de manière directe par les transports en commun. Cependant, l’édifice est situé près de la gare des Guillemins et malgré la déclivité importante, il ne faut qu’une dizaine de minutes pour atteindre l’église à pied.
20
http://www.lameuse.be/regions/liege/2010-09-23/arthur-paes-veut-racheter-l-eglise-de-cointe-812870.shtml
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
PRESENCE D’AUTRES LIEUX DE CULTES (FIGURE II-3) On remarque qu’il n’y a aucun autre lieu de culte présent dans le quartier mis à part une chapelle située dans la rue à côté de la parcelle de l’église. Cette chapelle a déjà été réaffectée en salle polyvalente pouvant être louée par les habitants du quartier. Les lieux de culte les plus proches sont l’église Sainte Marie dans le quartier des Guillemins, l’église Saint Vincent et l’église Sacré Cœur à Angleur. Cependant, celles-ci sont assez éloignées de l’édifice étudié. De plus, le quartier étant assez isolé à cause de barrières urbaines importantes une topographie très prononcée, le passage du chemin de fer au niveau de la gare des Guillemins et la Meuse, il est très difficile pour les personnes se déplaçant à pied d’atteindre les autres lieux de cultes.
3.1.2
HISTORIQUE
EPOQUE D’EDIFICATION Dans les années 30, Liège a été choisie par la fédération internationale des anciens combattants de 14-18 pour accueillir un monument rendant hommage à la victoire des alliés. (Journal le soir, 2010) Au même moment, un comité liégeois projette l’idée de venir implanter une église régionale et un centre de pèlerinage sur la butte Saint Maur. Le site de la butte Saint Maur étant un endroit de grande visibilité depuis toute la ville de Liège, il a été décidé d’y construire le Mémorial Interallié, celui-ci devant de toute façon compter un lieu de culte. (GILLARD A., 2010) Ainsi, il y a eu fusion des deux projets et l’édifice a davantage été construit comme un monument permettant d’être vu de loin afin de représenter un symbole pour la ville. Suite à plusieurs concours afin de désigner de l’architecte pour ce projet, c’est finalement Joseph Smolders qui fut choisi. Les travaux s’étendirent de 1933 à 1936. (GILLARD A., 2010)
STRATIFICATION TEMPORELLE (FIGURE II-4) L’église a été construite à l’emplacement d’une ancienne houillère. Il ne reste plus aucune trace visible de cette ancienne fonction. (BERTRAND M. et al., 2009) L’édifice n’a jamais été terminé par manque de financement. En effet, le projet initial prévoyait l’édification de deux entrées monumentales et de deux grandes chapelles. Les entrées n’ont jamais été construites et ont été remplacées par deux volumes plus petits et plus simples en brique rouge couverte de cimentage. Une seule des deux chapelles a vu le jour, celle-ci formant le chœur de l’édifice. (GILLARD A., 2010)
3.1.3
PHYSIQUE
Le bâtiment est classé en « catégorie 1|bien d’une valeur patrimoniale notable, qui mérite une protection spéciale» par l’IPW dans l’inventaire des églises paroissiales de Wallonie (1830-1940). (BERTRAND M. et al., 2009) De plus, l’église a été classée au patrimoine wallon en urgence en 2011 afin d’assurer une protection de celle-ci dans une situation désastreuse. (Journal le soir, 2011)
STYLE D’ARCHITECTURE (FIGURE II-5) ET (FIGURE II-6)
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? Cet énorme édifice de style néo-byzantin de plus ou moins 1800 m2 21 haut de 53 m est organisé selon un plan-radiocentrique. La toiture en cuivre en forme de dôme est couronnée d’un lanternon. Au début, l’église était orientée afin que les pèlerins se déplacent des Guillemins jusqu’au sommet de la butte pour finalement pénétrer par l’entrée nord-est, aujourd’hui condamnée et sortir de l’autre côté, endroit qui est actuellement l’entrée principale. La déclivité du sol permet de donner accès à un sous-sol éclairé contenant les espaces techniques, les salles de catéchisme, la sacristie et une crypte. C’est dans cette crypte que le culte est actuellement célébré. Le plan de l’édifice centré sur un espace circulaire contient quatre absidioles d’angle hémicirculaires et une abside contenant le chœur. Les absidioles servent de chapelles indépendantes et de balcons au second niveau se prolongeant en tribune dans l’abside contenant le chœur. L’entrée actuelle au sud-ouest est à l’opposé de celle qui était initialement prévue et ne fait pas face au chœur. (GILLARD A., 2010) Deux types d’ouvertures se trouvent à deux hauteurs différentes. Les premières sont des ouvertures de grande dimensions situées dans les absides, absidioles et portails d’entrée, seules les ouvertures du chœur contiennent des vitraux colorés, les autres ouvertures sont remplies de vitrage transparent. Les secondes se composent d’ouvertures de petite dimension avec du vitrage transparent se trouvant au pied de la coupe. La structure est composée de murs fonctionnant comme des colonnes ceux-ci sont réalisés en brique rouge recouverte d’enduit. (BERTRAND M. et al., 2009)
ETAT DE L’EDIFICE L’édifice est actuellement menacé de démolition et son état est donc classé comme critique. En 2010, on ne lui donnait pas 5 ans de survie. Il est indispensable d’agir vite afin de protéger cette église. (HAMAL O., 2010) Dans son travail sur l’état des églises en béton de Liège, Anne Gaillard classe l’église dans la catégorie « état critique » avec un important « degré d’urgence d’intervention » et degré de difficulté des examens à réaliser « élevé». (GILLARD A., 2010) En effet, il y beaucoup de problèmes de dégradations dans les bétons qui affectent la structure et la stabilité générale de l’édifice. Avant tout travail de réaffectation, il faudra donc consacrer une grande part à la restauration générale de l’édifice.
3.1.4
ECONOMIQUE
L’église classée en urgence en 2011 pourra à présent bénéficier de subsides pour les travaux entrepris dans cet édifice. Le classement permet une certaine garantie économique et une protection de l’édifice. (Journal le soir, 2011) Le coût estimé pour la rénovation est estimé à 600 000 euros pour l’ensemble du site. Faute de moyens, l’ASBL « Monument régional du sacré cœur », propriétaire de l’édifice, cherche à vendre l’édifice mais aussi toute la parcelle à un investisseur privé qui pourrait mettre les fonds afin de la réaffecter. Cette ASBL est prête à vendre le site mais elle est aussi bien décidée à poser ses conditions sur le projet de reconversion. Depuis sa mise en vente en 2010, plusieurs investisseurs ont manifesté de l’intérêt pour l’édifice dont le milliardaire Arthur Paes. Celui-ci, amoureux des vieilles pierres, projetait d’y installer un centre de séminaire. (RTL-TVI, 2010) 21 Surface approximée grâce à l’observation des plans et des mesures sur place. Celle-ci comprend la surface au sol mais aussi la surface des différents balcons.
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
3.1.5
SYMBOLIQUE
FREQUENTATIONS| ATTACHEMENT A L’EDIFICE L’église proprement dite est actuellement fermée depuis 2006 pour cause d’insécurité due à de nombreuses dégradations structurelles. Les offices se célèbrent depuis 7 ans déjà dans la crypte qui est assez spacieuse pour accueillir une quarantaine de paroissiens à l’office du dimanche matin. Une tournante est déjà mise en place avec l’église Sainte Marie du quartier des Guillemins. (Sacristine, 2012) L’église a été désacralisée en 2010 ouvrant la porte à un projet de réaffectation. Le choix de la désacralisation, nécessaire afin de pouvoir installer un projet de réaffectation était un des seuls moyens de conserver l’édifice. En effet, si on n’agit pas assez vite, il n’y aura plus aucune autre solution que celle de la destruction. Enfin, une ASBL de quartier s’est engagée à veiller à la survie du bien, c’est cette ASBL, propriétaire du site qui se charge de trouver un avenir pour son édifice en essayant de respecter l’intégrité de celui-ci. (Journal le soir, 2011)
SYMBOLE DANS LE PAYSAGE (FIGURE II-7) L’église du Sacré-Cœur et le monument Interallié ont été édifiés au même moment dans le but d’avoir une fonction mémorielle monumentale et donc il était important de désigner un endroit stratégique visible de toute part. Au dessus de la bute Saint Maur, l’église est visible de loin, celle-ci est un véritable signal, un point de repère dans le paysage liégeois. Sa silhouette se découpant directement sur le ciel, à côté de l’imposant mémorial Interallié est facilement et rapidement identifiable.
3.2
CHANGEMENT D’AFFECTATION
La démolition d’un édifice d’une telle importance symbolique et architecturale parait impensable. Cependant, l’édifice est actuellement dans une impasse financière qui empêche sa conservation. Depuis quelques années déjà la réaffectation semble être la solution la plus adaptée pour la conservation de l’église. Le premier geste de l’ASBL en 2007 a été de contacter IPW. L’Institut du Patrimoine Wallon est dès lors mandaté afin de déterminer une fonction socio économiquement viable. A ce moment, toutes suggestions étaient les bienvenues. Mais à l’époque, le bâtiment n’étant pas classé la mission concernant l’église du Sacré-Cœur de L’IPW a été retirée en 2010. (HAMAL O., 2010) « Il ne nous reste plus qu’à trouver nous-mêmes une réaffectation socio-économique et des investisseurs », déclare Olivier Hamal. Le prix de départ est fixé à un euro symbolique avec la condition de tout rénover dans le respect du lieu. Autrement dit une fonction appropriée va devoir être choisie. Comme proposé par l’ASBL, la mise en vente à des investisseurs publics semble une bonne solution pour assurer la survie de l’édifice en redonnant vie à celui-ci.
3.2.1
CHOIX DE LA FONCTION
Les idées de reconversion n’ont cessé de changer en fonction des choix des différents investisseurs intéressés.
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
85
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? L’église a besoin de fonds afin de sauver l’édifice et empêcher sa démolition. La solution de rachat par un investisseur privé semble être une bonne chose. L’édifice étant en dehors du centre même du quartier et l’église fonctionnant déjà comme un monument, il n’est pas grave que l’édifice perde le caractère public de son affectation. Dans ce cas c’est le bâtiment en tant que symbole historique et paysager qui est important. De plus, une fonction privée permettra d’assurer une viabilité économique du projet. Ainsi, la réaffectation proposée par Arthur Paes en centre de séminaire paraît très intéressante. De fait, l’église offre une surface et une infrastructure suffisante pour recevoir du monde. L’accessibilité de l’église en train, via la gare des Guillemins, serait un atout pour les personnes devant s’y rendre. De même, l’accessibilité en voiture est facile et il est possible d’introduire des places de stationnement sur la parcelle. Avec cette fonction suggérée, on conservera l’impression de volumétrie de l’édifice. La surface utilisable parait suffisante afin de pouvoir y implanter la nouvelle fonction sans nuire à la qualité architecturale de l’édifice. Les espaces déjà pré-cloisonnés grâce aux différentes mezzanines et aux absidioles permettront d’accueillir différents locaux.
3.2.2
REAFFECTATION PARTIELLE OU TOTALE
Au vu des fréquentations, de l’absence d’autres lieux de culte à proximité et du souhait de l’ASBL, il serait indispensable de conserver un endroit dédié au culte dans les environs. On peut difficilement envisager d’obliger l’investisseur privé potentiel de faire un ANALYSE DESserait de garder CHANGEMENT usage partagé ou une semi-reconversion de l’édifice. Une idée la crypte dans laquelle se célèbre actuellement le culte avec affectation religieuse. Une autre option VARIABLES D'AFFECTATION serait d’envisager la reconstruction d’un autre édifice dédiée au culte sur la parcelle même de celui-ci. REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE
Lors des négociations avec Arthur Paes, celui-ci a proposé de reconstruire un édifice CHOIX DE FONCTION de 200 m2 dans la même rue que l’église du Sacré-coeur. (Journal parlé sur RTL, 2011)
ANALYSE DES VARIABLES
CHANGEMENT Eglise du SACRE COEUR et D'AFFECTATION NOTRE DAME DE LOURDES REAFFECTATION
TOTALEpaysager OU PARTIELLE Symbole Importance CHOIX DEarchitecturale FONCTION
3.3
CONSERVATION DE L'INTEGRITE ARCHITECTURALE TYPOLOGIE GENERALE
TYPOL D'AME
CONSERVATION DE L’INTEGRITE DE L’EDIFICE Eglise du SACRE COEUR et NOTRE DAME DE LOURDES Basilique SAINT-MARTIN 3.3.1 INTEGRITE ARCHITECTURALE Symbole paysager
TYPOLOGIEImportance GENERALE (F IGURE II-8) architecturale
Importance historique Importance architecturale
Vu la surface qu’offre l’église, la réaffectation pourra prendre place principalement à l’intérieur de celle-ci. Cependant, étant donné l’état de dégradation avancée des deux porches d’entrée SAINT-MARTIN Eglise SAINT-REMACLE et le fait que ce Basilique ne sont pas les parties qui ont été imaginées à l’origine, il serait possible de les remplacer par des interventions contemporaines. Ces nouvelles structures contiendraient social Importance historique des zones d’accueil au bâtiment. De plus, ceLien type d’élément contemporain pourra faire la Importance dansfonctionnel. le quartier Importance architecturale transition avec l’édifice d’origine et signaler un changement
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE Eglise SAINT-REMACLE
Lien social Importance dans le quartier
86
ANALYSE DES VARIABLES
CHANGEMENT D'AFFECTATION
CONSERVATION DE L'INTEGRITE ARCHITECTURALE
REAFFECTATION PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? TOTALE OU PARTIELLE CHOIX DE FONCTION
TYPOLOGIE GENERALE
TYPOLOGIE D'AMENAGEMENT INTERNE
FON
FONC ELLE-M
Eglise du SACRE COEUR et NOTRE DAME DE LOURDES Symbole paysager CONSERVATIONS DES QUALITES ARCHITECTURALES (FIGURE II-9) Importance architecturale
Un centre de conférence est généralement composé d’auditoires de dimensions assez importantes pouvant recevoir de grandes assemblées, de salles de réceptions et de salle de plus petites dimensions pouvant être utilisées comme salles de réunion. Il y a donc trois types d’espaces différents. Les salles de réunions doivent pouvoir bénéficier de lumière Basilique SAINT-MARTIN naturelle, les salles de conférences seront le moins possible ouvertes et les salles de réceptions seront des espaces plus ouverts. Importance historique Importance architecturale
L’église étant déjà en partie constituée de 2 niveaux dans les absidioles, on utilisera les mezzanines préexistantes comme séparations d’espaces. Les absidioles divisées en deux niveaux seront cloisonnées verticalement par des parois vitrées laissant passer la lumière. Ces espaces ainsi cloisonnés accueilliront les salles de réunion. La circulation entre les différents espaces se fera via des passerelles légères ce qui permettrait de ne pas entraver l’espace Eglise SAINT-REMACLE originel. Lien social Dans la partie centrale, il serait peut-être intéressant de placer une structure type Importance dans le quartier boîte permettant d’être totalement occultée et de fonctionner indépendamment de la
S
structure de base. Cette boîte pourrait servir à accueillir des salles de conférence de CONSERVATION CHANGEMENT dimension importante. La circulation pourrait se faire de manière circulaire autour de la boîte DEfaçades, L'INTEGRITE D'AFFECTATION qui, décalée par rapport aux recevrait la lumière grâce aux fenêtres situées en hauteur.
ARCHITECTURALE
FONCTIONNELLE
REAFFECTATION La combinaison des mezzanines existantes avec la typologie de la boîte centrale TOTALE OU PARTIELLE
préservera de cette manière la qualité de l’espace TYPOLOGIE en terme de lumière et de spatialité. TYPOLOGIE FONCTION EN CHOIX DE FONCTION GENERALE D'AMENAGEMENT INTERNE ELLE-MEME
DIF AU
OEUR et URDES
EMENT rale TATION
N RTIELLE
NCTION
RTIN
3.3.2 INTEGRITE FONCTIONNELLE CONSERVATION DEFONCTION L'INTEGRITE EN ELLE-MEME
ARCHITECTURALE FONCTIONNELLE La nouvelle fonction bien que privée, se rapproche de la fonction de culte par son rôle d’accueil d’assemblée. On retrouve le même rapport entre un public et un orateur. Les TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFERENTS ESPACES sallesTYPOLOGIE de réception peuvent aussi être utiles pour la communauté du quartier. Ainsi, il serait GENERALE D'AMENAGEMENT INTERNE ELLE-MEME AU SEIN DE L'EDIFICE possible d’instaurer un service mettant à disposition ces salles pour des événements de quartier.
rale
LE
artier
DIFFERENTS ESPACES AU SEIN DE L’EDIFICE (FIGURE II-10) Tout d’abord, il est possible de conserver au sein de l’édifice, la symétrie de fonctionnement qui caractérise l’édifice, au point, à certain moment de ne plus savoir où l’on se trouve. Les deux entrées pourraient toutes deux être ouvertes et la boîte au niveau du
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
87
C
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
RVATION EGRITE
sol pourrait avoir une certaine perméabilité pour la traverser. On retrouverait ainsi, les cheminements originels qu’effectuaient les pélerins.
ECTURALE
TERNE
FONCTIONNELLE La boîte pourrait donc au niveau zéro être réservée à de différents CONSTRUCTIVE petits espaces comme les vestiaires, l’accueil, les sanitaires,… les niveaux supérieurs seraient utilisés comme TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFERENTS ESPACES CONSIDERATIONS salles de conférence. Le toit serait destiné à recevoir une des salles de réception avec vue D'AMENAGEMENT INTERNE ELLE-MEME AU SEIN DE L'EDIFICE TECHNIQUES directe sur la voute. De plus, les différentes parties de l’édifice peuvent accueillir chacunes une fonction différente. Comme déjà proposé plus haut, les chapelles deviendraient des espaces de réunion et la partie centrale accueillirait les salles de conférences. Le chœur serait utilisé comme salle de réception. La partie sud-ouest contiendrait les circulations verticales. Les circulations horizontales peuvent se faire autour de le boîte centrale et ainsi distribuer les fonctions tout autour de ce nouvel anneau de circulation.
3.3.3
INTEGRITE CONSTRUCTIVE
CONSIDERATIONS TECHNIQUES La boîte centrale étant construite de manière indépendante de la structure générale de l’édifice, demandra la mise en place d’un nouveau système de fondations. La structure des mezzanines est déjà existante et donc il n’y a pas besoin de rajouter à priori d’autres éléments structurels. Cependant, une étude de stabilité sera nécessaire pour voir si elles sont adaptées à recevoir ces nouvelles charges. Si ce n’est pas le cas, il sera toujours possible d’imaginer de reconstruire ces mezzanines avec une structure indépendante ou de renforcer la structure existante en conservant le système constructif initial.
FONCTIONNELLE
CONSTRUCTIVE
La nouvelle structure de la boîte servira à intégrer une grande partie des techniques.
FONCTION EN DIFFERENTS ESPACES CONSIDERATIONS AJOUT TECHNIQUE PROPRE A Ainsi, on utilisera les nouvelles parois de la boîte pour installer des panneaux sonores ELLE-MEME AU SEIN DE L'EDIFICE TECHNIQUES LA NOUVELLE FONCTION
garantissant une acoustique adaptée à la nouvelle fonction. De plus, le système de chauffage et de ventilation prendra place au sein de ces nouvelles parois. Les parois de la boîte pourront être isolées et permettront ainsi de ne chauffer que les espaces internes.
Les absidioles séparées en plus petites cellules, seront chauffées de manière indépendante en fonction de l’utilisation. Le vitrage utilisé pour cloisonner les espace devrait avoir une bonne capacité isolante évitant une déperdition thermique trop importante. Comme dans la plupart des cas un doublage des vitraux d’origine serait intéressant pour isoler l’édifice en plaçant de l’isolant entre la charpente et la coupole.
AJOUTS TECHNIQUES PROPRES AUX FONCTIONS L’église présente déjà au sein de son organisation générale des espace plus cloisonnés permettant d’accueillir des fonctions plus techniques. On profitera du sous-sol pour installer les services techniques comme la chaufferie, le système de ventilation. De plus, les entrées sont composées de plusieurs petites pièces qui pourraient recevoir un escalier de secours, des sanitaires ou des locaux de rangement.
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88
AJO LA
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? Finalement, la boîte, totalement cloisonnée, peut elle-même contenir des espaces plus techniques, utiles aux salles de conférence.
3.4
SYNTHESE
A l’heure actuelle, les accords avec le milliardaire Arthur Paes n’ont pas pu se concrétiser car l’ASBL propriétaire du bien estime qu’il n’apporte pas de garanties suffisantes. Ainsi, le projet d’y implanter un centre de séminaire n’apparait plus à l’ordre du jour. Les négociations sont donc à reprendre à zéro avec de nouveaux investisseurs. D’autres propositions sont déjà en cours de discussion avec notamment l’idée de la création d’un hôtel. (M.Be., 2012)! Il faudrait pouvoir trouver un équilibre entre le coût imposé pour la rénovation et les conditions que l’ASBL impose afin de trouver un acheteur qui pourrait assurer le maintien de l’édifice. L’idée du centre de séminaire semblait judicieuse de par la situation actuelle de l’édifice proche de la gare des Guillemins et sa possibilité de conserver au mieux l’intégrité de l’église originelle. Un hôtel semble pour moi moins approprié car décentré du reste des activités de Liège, ce projet risque de ne pas fonctionner. De plus, un cloisonnement trop important de l’espace et une prise de lumière pour chaque chambre met en péril l’architecture globale du lieu.
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89
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
4
EGLISE ST REMACLE | AMERCOEUR
4.1
VARIABLES DE DEPART 4.1.1
LOCALISATION
Rue d’Amercoeur 22 – 4000 Liège
QUARTIER (FIGURE III-1) Meuse.
Le quartier d’Amercoeur est situé en face d’Outremeuse, sur la rive droite de la
Si ce quartier a subi de nombreuses destructions au cours du temps, il reste encore quelques édifices patrimoniaux représentatifs comme l’hôpital du Valdor, la cour des Prébentiers, le marché couvert et évidemment l’église Saint Remacle. Les trois premiers édifices ont fait ou font partie d’un projet de restauration ou de réaffectation afin de remettre ce patrimoine dans le circuit de la société actuelle. On peut noter aux abords de l’église Saint-Remacle en plus de la présence de la fonction résidentielle, un grand nombre d’établissements hospitaliers spécialisés en gériatrie et revalidation, ainsi que plusieurs maisons de repos. Une autre partie du quartier est dédiée à l’éducation avec des écoles primaires, maternelles et des crèches. Ainsi, la fonction sociale est très marquée dans le quartier que ce soit pour les enfants comme pour les personnes agées. Le quartier est aussi marqué par son pourcentage important de population étrangère. Ce qui implique une grande diversité linguistique et religieuse. (Echevinat de l’état civil et de la population, 2007)
Des fonctions commerciales et industrielles sont aussi présentes dans le quartier mais sont représentées de manière moins significative.
PARCELLE (FIGURE III-2) La parcelle contenant l’église est située le long d’une rue principale du quartier reliant celui-ci et celui d’Outremeuse par le pont d’Amercoeur. Ainsi, l’accès à la parcelle se fait très facilement, en voiture, à pied ou par les transports en commun. La parcelle prend place dans un réseau urbain assez dense constitué la plupart du temps par des habitations mitoyennes en contour d’îlot et de bâtiments de dimensions plus importantes à l’intérieur de ceux-ci. Localisée sur un coin de ces îlots, l’église a tout autour d’elle un espace de dégagement permettant de la mettre en valeur et de l’appréhender de tous ses côtés. La parcelle contient en son sein divers bâtiments reliés aux activités de l’église. A l’ouest une petite cour donne accès à un bâtiment paroissial utilisé par les scouts. Une annexe à l’église utilisée comme débarras a aussi son entrée sur cette cour. Du côté est du chœur on peut retrouver l’ancienne sacristie qui est actuellement réaffectée en bibliothèque communale et une petite chapelle donnant toutes deux un accès direct au chœur de l’édifice principal. (DELARGE G., 1959) L’entrée principale de l’édifice se fait de manière centrale par le porche situé au nord-ouest. D’autres entrées de service sont aménagées dans la tour directement de l’extérieur ou via la chapelle, la sacristie et l’annexe.
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
PRESENCE D’AUTRES LIEUX DE CULTES (FIGURE III-3) Il n’y a pas d’autres lieux de culte dans le quartier d’Amercoeur. Les églises les plus proches sont Saint Nicolas en Outremeuse, accessible grâce au pont reliant les deux quartiers et Saint Louis dans le quartier du Londoz. L’accès de celles-ci reste abordable même pour les personnes se déplacant à pied. On peut aussi trouver trois autres églises dans un rayon de un kilomètre dans d’autres directions notamment à Grivegnée et à Bressoux. Les barrières étant assez facilement franchissables grâce à des ponts au dessus de la Meuse ou des passages de la voie de chemin de fer, il serait relativement aisé de se déplacer vers un autre édifice de culte. Cependant, Saint Remacle reste bien ancrée dans le quartier et la démarche de changer de quartier pour aller aux offices peut être difficile pour les paroissiens.
4.1.2
HISTORIQUE
EPOQUE D’EDIFICATION L’église jadis appelée Saint-Remacle-au-Pont est une des plus anciennes églises paroissiales de Liège. Sa fondation remonte à 1071. Après que les habitants de Malmédy se soient soulevés contre les moines bénédictins de l’abaye de Stavelot, ces derniers se rendirent à Liège afin de demander justice à l’empereur avec la châsse de leur saint patron, saint Remacle. Une fois leur requête obtenue, ils rentrèrent chez eux et firent un arrêt juste après le pont d’Amercoeur afin de célébrer une messe d’actions de grâces. Le propriétaire du champ dans lequel les moines s’étaient arrêtés fit don du terrain afin de construire une église paroissiale en guise de commémoration de cette halte. Tout d’abord, fut construit un temple gothique, orienté perpendiculairement à la rue d’Amercoeur, vers l’est selon la liturgie. L’église actuelle est orientée dans l’autre sens parallèlement à la rue d’Amercoeur. (DELARGE G., 1959)
STRATIFICATION TEMPORELLE (FIGURE III-4) L’église originelle ayant été presque totalement détruite lors des bombardement en 1691 a été remplacée par un édifice de style Louis XIV. Les travaux de reconstruction s’étalent de 1713 à 1715. La façade a subi un nouveau bombardement en 1944, celle-ci a du être reconstruite et embellie en 1948. Le seul élément gardé intact de la façade du 18ème siècle est le portail. La construction de l’annexe, de la sacristie et de la petite chapelle a été réalisée début du 20ème siècle. (DELARGE G., 1959)
4.1.3
PHYSIQUE
L’église n’est pas classée mais bien l’orgue à l’intérieur.
STYLE D’ARCHITECTURE (FIGURE III-5) ET (FIGURE III-6) Les dimensions modestes, la surface assez réduite de plus ou moins 550 m2 22 et l’aspect assez sobre de l’édifice, indiquent que l’église Saint Remacle était une paroisse rurale assez pauvre malgré son vaste territoire. Cette église est composée d’une nef à quatre travées soutenues par des colonnes flanquées de ses deux bas côtés. Au sous-sol, directement sous la nef centrale se trouve un ossuaire composé de deux pièces accessibles par un couloir proche du tambour d’entrée.
22
Surface approximée grâce à l’observation des plans et des mesures sur place.
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
92
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? Le chœur se trouvant au sud-est donne accès à la chapelle, à la sacristie ainsi qu’à un local annexe servant de débarras. La tour se trouve du coté ouest de l’édifice. (DELARGE G., 1959) De larges ouvertures sur un niveau éclairent chaque travée ainsi que le choeur d’une lumière blanche. La structure de l’édifice se compose de colonnes et de murs porteurs soutenant les différentes voutes. Les matériaux employés sont la pierre calcaire pour les sous-bassements et la brique utilisée en façade.
ETAT DE L’EDIFICE Très peu d’informations ont été trouvées sur l’état physique de l’édifice, diverses restaurations spécifiques ont eut lieu comme une restauration de la toiture en 1984. (Centre des archives de la ville de Liège) Apparemment actuellement, il n’y aurait pas de problème majeur quant à son état physique.
4.1.4
ECONOMIQUE
L’église n’étant pas classée, elle ne pourra pas bénéficier de subsides de la Région Wallonne. Cependant, l’église étant publique, elle dipose de la possibilité d’obtenir des subsides de restauration venant de l’administration régionale des travaux d’infrastructure subventionnés, pouvant aller jusqu’à 35% du coût des travaux. Certaines provinces peuvent aussi accorder une aide. Mais le reste du financement devra venir directement de la commune et de la fabrique d’église. (MORISSET L.-K. et al., 2011) Il faudra donc trouver une possibilité de réaffecter l’édifice de manière peu coûteuse permettant de lui redonner vie avec les moyens disponibles.
4.1.5
SYMBOLIQUE
FREQUENTATIONS | ATTACHEMENT A L’EDIFICE Actuellement, il y a encore un office le samedi soir et le dimanche matin auquel une quarantaine de paroissiens23 participe. Une fois sur deux la messe du samedi soir est une messe spéciale pour les malentendants ce qui permet de conserver un projet social au sein de la paroisse. Les offices se déroulent toujours dans l’église. En hiver, celle-ci est moins fréquentée à cause de difficultés pour la chauffer.
SYMBOLE DANS LE PAYSAGE (FIGURE III-7) L’édifice de dimension modeste avec le sommet de la tour à 23 mètres, est situé sur un plateau au niveau de la Meuse. L’édifice n’est donc pas très remarqué dans le paysage, il est juste possible d’identifier le clocher lorsqu’on se trouve dans les environs et l’église n’est visible entièrement que lorsqu’on arrive de la rue d’Amercoeur ou de la rue St Remacle.
4.2
CHANGEMENT D’AFFECTATION
Dans le cas de l’église Saint-Remacle, c’est plutôt le lien social de quartier qui est important et moins le symbole de bâtiment. En effet, dès le projet de sa construction, l’idée était de construire une église paroissiale utile aux habitants du quartier. Ainsi, il conviendra de 23
moyenne établie sur deux dimanche du mois d’avril
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
93
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? conserver une fonction qui rassemble les gens et qui n’engendrera pas des coûts de transformation trop élévés.
4.2.1
CHOIX DE LA FONCTION
L’importance de l’édifice réside ici plutôt dans la valeur sociale qu’il suscite, au centre du quartier. De plus, occupant une place centrale dans le quartier, l’église peut recommencer à jouer le rôle de noyau dans celui-ci. On peut déjà noter l’organisation des offices pour les personne à handicap, et la réaffectation de la sacristie en bibliothèque. Cela démontre la volonté de conserver un avenir pour l’édifice qui orienté vers ses valeurs sociales. Le symbole social et éducatif se ressent aussi dans tout le quartier par la présence de beaucoup de centres sociaux pour tous âges (des écoles, des hôpitaux ou des maisons de repos). La conservation d’une fonction sociale sera le choix le plus approprié. Il est ainsi proposé d’installer une école de devoirs dans l’église. Cette fonction y fera participer des personnes de tous les âges. Cette intervention créera un projet intergénérationnel au sein du quartier où chacun pourra trouver sa place. Ainsi, les personnes agées pourront venir aider les enfants ou même assister aux séances et jouer avec eux. Un autre point décisif pour le choix de cette fonction est la proximité directe des écoles et des maisons de repos, qui peuvent se rassembler autour d’un point de rencontre. De plus, elle pourrait être très utile dans le quartier compte tenu du pourcentage important de population étrangère. L’école des devoirs peut venir en aide aux enfants dont les parents ne maitrisent pas bien le français. Pour réaliser cette fonction, les besoins sont assez limités et facilement mis en place. Ainsi, il faudra créer des espaces calmes munis de tables permettant aux enfants de travailler et des espaces plus ouverts de détente et de jeux. Il est ainsi possible de travailler l’espace à moindre coût. Pour finir, l’école des devoirs peut aller de pair et prolonger l’idée de la réaffectation actuelle de la sacristie en bibliothèque.
4.2.2
REAFFECTATION PARTIELLE OU TOTALE
L’église étant toujours utilisée pour la célébration du culte, il est inconcevable de chasser cette fonction et d’obliger les paroissiens à changer de quartier pour trouver un nouvel endroit de célébration. Cependant, au vu des fréquentations l’espace nécessaire pour recevoir les paroissiens est moins important que celui dont dispose l’église actuellement. On peut imaginer dès lors une réaffectation partielle de l’église. La nouvelle activité choisie qui est celle d’école de devoirs s’accorde parfaitement avec la fonction cultuelle. En effet, en terme d’horaire, l’école des devoirs n’occupera l’espace qu’en semaine laissant l’église libre le week-end pour la fonction de culte. Il serait même possible d’envisager l’accueil d’autres religions au sein de l’édifice. Après avoir choisi la réaffectation partielle de l’édifice, il y a lieu de déterminer si on veut un usage partagé de l’espace ou plutôt une semi-reconversion. La fonction choisie ne pouvant pas se décliner de la même manière que la fonction cultuelle, il convient d’opter pour la semi-reconversion de l’espace. Il est possible de travailler cette semi-reconversion afin que la division entre les deux zones ne soit pas trop marquée, car de toute manière les deux
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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Eglise du SACRE COEUR et Basilique SAINT-MARTIN NOTRE DAME DE LOURDES PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? Symbole paysager Importance architecturale
Importance historique Importance architecturale
Basilique SAINT-MARTIN CHANGEMENT D'AFFECTATION Importance historique
Eglise SAINT-REMACLE CONSERVATION
parties ne seront jamais utilisées de manière simultanée. Cette manière de faire permettra de conserver l’unicité de l’espace.
ANALYSE DES VARIABLES
Importance architecturale REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE CHOIX DE FONCTION
4.3
DE L'INTEGRITE
Lien social Importance dans le quartier
ARCHITECTURALE TYPOLOGIE GENERALE
CONSERVATION DE L’INTEGRITE DE L’EDIFICE
FONC
TYPOLOGIE D'AMENAGEMENT INTERNE
Eglise SAINT-REMACLE
Eglise du SACRE COEUR et 4.3.1 Lien social INTEGRITE ARCHITECTURALE NOTRE DAME DE LOURDES Importance dans le quartier
TYPOLOGIE GENERALE (FIGURE III-8) Symbole paysager Importance architecturale
L’intervention architecturale se situera à l’intérieur même de l’édifice, une extension ou une annexe n’est pas nécessaire car le programme peut être adapté à l’espace disponible. Encore une fois, il faut souligner l’importance d’insérer un élément à l’extérieur traduisant un changement de destination à l’intérieur de l’édifice. Une idée de signe extérieur apparent serait de remplacer la porte d’entrée en bois par une porte vitrée Basilique SAINT-MARTIN permettant de mettre en évidence le porche qui est le seul élément de la façade ayant été conservé lors de la reconstruction de celle-ci en 1948. De plus, cette façon de faire Importance historique symboliserait l’ouverture de l’église vers l’extérieur permettant d’appréhender la nouvelle Importance architecturale spatialité intérieure.
Eglise SAINT-REMACLE Lien social CONSERVATIONS DES QUALITES ARCHITECTURALES (FIGURE III-9) Importance dans le quartier
Il faut tout d’abord penser à une séparation entre les deux fonctions. Ainsi, les zones conservées pour le culte et l’école des devoirs pourront être séparées au moyen de parois vitrées avec la possibilité d’ouvrir la nef sur toute sa longueur pour percevoir l’espace dans sa globalité. La fonction qui a été retenue étant une école des devoirs, cela implique d’avoir des volumes cloisonnés afin d’avoir des espaces de plus petites dimensions, silencieux et indépendants. Pour satisfaire à cette demande, on peut opter pour l’utilisation de la typologie de la boîte dans l’espace vide. La dimension des boîtes pourrait se calquer sur la taille des travées et de cette manière permettre aux boîtes de se « ranger » entre 2 colonnes afin de retrouver la nef intacte. Une autre idée serait de venir placer certaines de ces boîtes sur des rails afin de moduler l’espace et libérer la nef centrale quand on le décide. Ce choix de boîtes sur rail donnera un caractère ludique à l’intervention réalisée. Ainsi, les enfants pourront se hisser sur le haut de celles-ci et découvrir l’église sous un angle nouveau. De plus cette manière de faire permettrait aussi d’augmenter le caractère réversible et lisible de l’espace. Les fenêtres étant à une hauteur de plus ou moins 3,5m par rapport au niveau du sol, on peut fixer la hauteur des boîtes afin de ne pas couper les vitrages et ainsi continuer à bénéficier de la qualité lumineuse originelle. Il est aussi possible d’utiliser le toit de certaines de celles-ci comme espace très lumineux avec une vue directe sur l’extérieur. Les volumes REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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FONCTIO ELLE-ME
ARCHITECTURALE
ON ARTIELLE
TYPOLOGIE GENERALE
NCTION
ARTIN
e urale
FONCTIONNELLE
CO
TYPOLOGIE FONCTION EN DIFFERENTS ESPACES D'AMENAGEMENT INTERNE ELLE-MEME AU SEIN DE L'EDIFICE PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
C TE
pourront être vitrés et munies d’ouvertures de part et d’autre et ainsi recevoir de la lumière naturelle des vitrages leur faisant face. Avec la possibilité de modifier la configuration du lieu, on pourra obtenir un éclairage particularisé pour chaque espace.
CLE
4.3.2
uartier
INTEGRITE FONCTIONNELLE
FONCTION EN ELLE-MEME La nouvelle affectation choisie est dans le prolongement naturel du symbole de l’église. En effet, elle conserve un espace dédié au culte et rajoute une nouvelle fonction sociale. Cette réaffectation renforcera encore plus la valeur sociale de l’édifice créant un point de rencontre intergénérationnel.
NSERVATION 'INTEGRITE
DIFFERENTS ESPACE AU SEIN DE L’EDIFICE (FIGURE III-10)
CHITECTURALE
OGIE ALE
CONSTRUCTIVE Le but était de pouvoirFONCTIONNELLE organiser un espace pouvant se modifier de semaine en semaine mais aussi de s’adapter aux activités religieuses se déroulant le week-end. TYPOLOGIE D'AMENAGEMENT INTERNE Puisqu’il faut séparer
FONCTION EN ELLE-MEME l’édifice en deux
DIFFERENTS ESPACES AU L'EDIFICEde il aSEIN étéDEdécidé
CONSIDERATIONS garderTECHNIQUES la fonction
parties, de culte proche du chœur de l’édifice. L’espace à l’avant de l’église contiendra la nouvelle fonction d’école des devoirs. La partie liée au culte reste inchangée tandis que la partie avant sera composée de boîtes mobiles contenant les espaces de travail et de vides entre pour y organiser des activités plus libres.
Durant la semaine, c’est la partie de l’école des devoirs qui va être utilisée, la cloison entre les deux espaces sera donc fermée. Les deux premières boîtes sont fixes et les trois suivantes peuvent coulisser le long de rails placés au sol, créant des sous-espaces dans le vides entre les différentes boîtes. Ces sous-espaces de dimensions variables, peuvent être utilisés comme des zones de jeux ou de repos. La partie dédiée au culte reste accessible par la chapelle ou l’annexe. Durant le week-end, les boîtes pourront être rangées dans des bas-côtés libérant la nef et permettant d’ouvrir la séparation et ainsi d’agrandir l’espace pour les offices. De cette manière, le week-end, l’église redevient comme à l’origine, symétrique et libérée sur toute sa longueur. De plus, l’entrée principale de l’édifice est conservée.
4.3.3
INTEGRITE CONSTRUCTIVE
CONSIDERATIONS TECHNIQUES Les boîtes sont par définition conçues de manière indépendante à la structure de départ. De plus, ce type de structure ne demande pas de fondations spécifiques. Il faut protéger l’ossuaire situé en sous-sol. Si on veut que les boîtes puissent être mobiles, il faut imaginer des structures autoportantes qui pourront simplement être déposées sur le sol. Cela est possible avec une structure bois qui assureraient une bonne légèreté de la boîte et une préfabrication possible tout en ayant des coûts de fabrication réduits. Les boîtes composées de quatre parois pleines (deux murs et le toit et le sol, les deux parois restantes sont du vitrage) seront recouvertes de matériaux absorbant permettant aux REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
96
AJO LA
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? ondes sonores d’être emprisonnées. De plus, elles peuvent bénéficier d’un système d’éclairage indépendant. Elles peuvent être isolées séparément de l’enveloppe de l’église et ainsi recréer un espace intérieur dans l’intérieur du bâtiment. Il est aussi possible de prévoir une doublure de vitrage par dessus les vitraux existant et d’isoler la toiture de l’intérieur.
AJOUTS TECHNIQUES PROPRES AUX FONCTIONS Puisqu’on dispose de boîtes séparées et cloisonnées, on utilisera une des boîtes fixes afin d’y placer les aménagement plus techniques comme les sanitaires et un système de chauffage et de ventilation. De plus, l’église comportant des espaces annexes, il est possible de les utiliser pour les fonctions plus techniques comme du rangement,…
4.4
SYNTHESE
Le choix de la semi-reconversion pour l’église Saint Remacle serait un bon moyen pour l’édifice de conserver la fonction de culte toujours présente à l’heure actuelle. Le fait de partager l’espace pour deux usages fondamentalement différents est un défi architectural. C’est pourquoi rester dans le symbole social de l’église avec un choix d’école des devoirs parait être judicieux et amène l’édifice à retrouver une place centrale dans le quartier. En intégrant ce lieu dans une logique intergénérationnelle et interculturelle, celui-ci pourrait dynamiser la vie de quartier. La conception architecturale se doit d’être assez souple et adaptable au besoin. Malgré les séparations des fonctions, le projet doit conserver l’impression d’une seule entité. Les pistes que j’ai amenées vont donc plus dans le sens d’un volume partagé que d’un volume séparé, intégrant des éléments mobiles selon l’usage qu’on fait de l’édifice.
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
5
CONCLUSION
Malgré le peu de ressemblance des trois églises choisies, la même méthodologie est parvenue à réaliser pour chacune d’entre elles une réintégration de l’édifice dans la société actuelle tout en conservant les valeurs de l’édifice. (Figure 44) Le choix du type d’affectation dépend pour chacune de la situation de départ et des valeurs retirées. Ainsi, il a été proposé pour la basilique Saint-Martin, témoin historique, architectural et paysager de la ville de Liège, une réaffectation en centre culturel directement dans la prolongation de sa fonction touristique en été. L’église de Cointe symbole paysager et monumental important, pourrait être sauvée et transformée en centre de séminaire grâce à sa proximité avec la gare des Guillemins. La petite église Saint Remacle, bien ancrée dans la vie sociale du quartier pourra, elle, conserver cette valeur sociale en intégrant en son sein une école des devoirs tout en conservant la fonction cultuelle. Grâce au choix fonctionnel et à l’architecture de chaque église, il s’est dégagé une typologie d’intervention architecturale permettant un respect de l’édifice de départ. La basilique Saint-Martin est utilisée dans son entièreté et quelques mezzanines ont été ajoutées afin de créer des nouveaux espaces et de nouvelles perspectives. Une boîte a été ajoutée au centre de l’église du Sacré-Cœur et les mezzanines déjà présentes à l’origine permettent de créer des sous-espaces. Finalement, l’église Saint-Remacle a été réaménagée avec plusieurs boîtes de taille réduite.
? ANALYSE DES VARIABLES
CHANGEMENT D'AFFECTATION REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE CHOIX DE FONCTION
? CONSERVATION DE L'INTEGRITE ARCHITECTURALE TYPOLOGIE GENERALE
TYPOLOGIE D'AMENAGEMENT INTERNE
Basilique SAINT-MARTIN Importance historique Importance architecturale
Inside on + Change clothes
Mezzanine + Boite
Eglise du SACRE COEUR et NOTRE DAME DE LOURDES Symbole paysager Importance architecturale
Inside on + Add on + Change clothes
Mezzanine + Espace plein
Inside on + Change clothes
Boites + Espace plein
Eglise SAINT-REMACLE Lien social Importance dans le quartier
Figure 44 : réponse aux questions de départ pour les différentes églises étudiées
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PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ? Comme souhaité, il a été possible de dégager des réponses spécifiques pour chaque édifice aux questions posées initialement. Il est important de préciser que les esquisses retenues ici sont loin d’être les seules qui puissent convenir. Cependant, ces études de cas démontrent que l’application de la méthodologie amène à une esquisse de réaffectation viable et respectueuse de l’édifice tout en conservant une certaine liberté architecturale pour le concepteur. Un tableau récapitulatif (Figure 45) reprend de manière détaillée les choix effectués pour chacune des églises. Ce tableau a été construit à partir de la méthodologie générale et des choix effectués pour les différents paramètres. Ainsi, celui-ci intègre les choix concernant l’organisation fonctionnelle et technique. On notera que les chemins empruntés pour dresser les esquisses des trois églises sont différents. Comme on pouvait le prévoir, chaque cas est un cas d’espèce mais la méthodologie garantit de tenir compte de tous les paramètres et d’établir un projet cohérent respectueux de toutes les valeurs.
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Figure 45 : tableau récapitulatif de l’application de la méthodologie aux trois églises étudiées
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Lien social Importance dans le quartier
Eglise SAINT-REMACLE
Symbole paysager Importance architecturale
Eglise du SACRE COEUR et NOTRE DAME DE LOURDES
Importance historique Importance architecturale
Basilique SAINT-MARTIN
ANALYSE DES VARIABLES
Semi reconversion
Réaffectation totale
Réaffectation totale
CHOIX DE FONCTION
REAFFECTATION TOTALE OU PARTIELLE
CHANGEMENT D'AFFECTATION TYPOLOGIE GENERALE
Inside on + Change clothes
Inside on + Add on + Change clothes
Inside on + Change clothes
Boites + Espace plein
Mezzanine + Espace plein
Mezzanine + Boite
TYPOLOGIE D'AMENAGEMENT INTERNE
ARCHITECTURALE
CONSERVATION DE L'INTEGRITE
Fonction sociale + Intégration dans un projet social
Intégration d'espace collectif
Intégration d'espace collectif
FONCTION EN ELLE-MEME
Maintien des zones + Maintien du symbole fonctionnel
Maintien des zones + Maintien du symbole fonctionnel
Maintien des zones + Maintien du symbole fonctionnel
DIFFERENTS ESPACES AU SEIN DE L'EDIFICE
FONCTIONNELLE
Utilisation d'une structure indépendante
Utilisation de la structure existante + structure indépendante
Utilisation de la structure existante + structure indépendante
CONSIDERATIONS TECHNIQUES
CONSTRUCTIVE
Dans un bâtiment jouxtant l'église + dans l'église
Dans une extension + dans l'église
Dans un bâtiment jouxtant l'église + dans l'église
AJOUT TECHNIQUE PROPRE A LA NOUVELLE FONCTION
PARTIE 3 : CAS PRATIQUES| QUEL AVENIR POUR NOS EGLISE LIEGEOISES ?
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CONCLUSIONS GENERALES ET PERSPECTIVES
CONCLUSIONS GENERALES ET PERSPECTIVES Le problème de l’avenir de nos églises se pose avec acuité car elles ne répondent plus aux besoins de notre société. Après avoir dégagé la réaffectation comme une alternative afin de sauvegarder l’édifice, deux grandes questions ont été posées et ont été le fil rouge de ce travail. •
Quel serait le type de réaffectation le plus judicieux pour une église afin de conserver les valeurs existantes ?
•
Lors de l’établissement du projet de reconversion, comment imaginer une intervention capable de préserver l’intégrité architecturale, constructive et symbolique de l’édifice originel pour une nouvelle destination?
L’approche de la réponse à ces questions a été formulée dans ce travail sous forme d’une méthodologie. Bien que chaque cas à traiter soit différent, cette méthodologie s’efforce de rationaliser le problème en séparant les différents paramètres. Cela amène une décomplexification afin de trouver des clés et des pistes de solutions. Cette méthodologie met en évidence plusieurs principes permettant de mener à bien un projet de réaffectation que ce soit dans le choix de la nouvelle affectation ou dans le choix de l’intervention architecturale.
REALISATION D’UN PROJET COMMUN A TOUS LES ACTEURS La nécessité du dialogue entre les différents acteurs est extrêmement importante pour la réussite de la réaffectation. Ainsi, chacun doit amener sur la table les documents et les idées nécessaires pour la construction d’un projet harmonieux. Les différentes parties prenantes doivent communiquer afin de dégager une nouvelle affectation conservant les valeurs défendues par chacun. Ainsi, des réunions entre les riverains, les membres de l’autorité ecclésiastique, la fabrique d’église et la commune devront être programmées. Un projet commun sera plus facilement accepté si chacun a pu, au préalable, défendre son point de vue, qu’il soit architectural, économique ou symbolique.
PRISE EN COMPTE DE TOUTES LES ECHELLES Il faut resituer l’édifice dans son contexte. En effet, la réaffectation d’églises n’a pas uniquement des répercussions sur le bâtiment en lui-même, mais elle aura une portée significative, bien plus grande au niveau du quartier. Ainsi, une étude préalable au niveau de l’impact de l’église sur sa ville est très importante. Une intervention bien réussie peut permettre de revitaliser un quartier et donner une nouvelle image à la ville.
UTILISATION DES VALEURS DE L’EDIFICE Malgré le fait que le bâtiment a perdu sa valeur d’usage, beaucoup, de valeurs sont maintenues de manière réelle ou symbolique dans l’édifice. Ces différentes valeurs amèneront le concepteur à imaginer un projet autour de celles-ci afin de les conserver et de les valoriser. Ainsi le choix de fonction ira dans ce sens, de même que le choix de l’intervention architecturale. L’étude de cas des trois églises liégeoises montrent comment il est possible de jouer avec les valeurs de localisations, symboliques et architecturales afin qu’elles-mêmes définissent les esquisses de projets de réaffectation.
REALISATION D’UN PLAN DE PREVENTION REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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CONCLUSIONS GENERALES ET PERSPECTIVES Il est toujours préférable symboliquement et économiquement d’imaginer un plan de sauvegarde de l’église avant que celle-ci n’arrive à une situation d’urgence. De plus, le fait de ne pas être pressé par le temps permettra de formuler une solution d’avenir plus réfléchie intégrant le souhait des différents acteurs. Partant de cette idée, il serait intéressant d’établir un plan global pour une ville avec le niveau d’urgence des interventions et imaginer un plan d’avenir pour chacune des églises de la ville.
Les analyses de cas valident l’efficacité de la méthodologie pour définir un projet d’avenir pour les trois églises liégeoises étudiées tout en gardant les valeurs existantes de l’édifice. Ainsi, il a été proposé pour la basilique Saint-Martin, une réaffectation en centre culturel directement dans la prolongation de sa fonction touristique en été. L’église de Cointe pourrait être sauvée et transformée en centre de séminaire grâce à sa proximité avec la gare des Guillemins. De cette manière, les deux églises pourront préservés le symbole paysager et architectural qu’elles représentent. L’église Saint-Remacle conservera sa valeur sociale en intégrant en son sein une école des devoirs tout en conservant une fonction cultuelle. La méthodologie développée invite à une réflexion globale qui ne se limite pas au bâtiment mais prend en compte tous les éléments et aboutit ainsi à une décomplexification du problème. Il serait intéressant de créer un inventaire complet reprenant les variables citées de toutes les églises de la ville et d’établir un plan global raisonné d’intervention. Finalement, je n’ai pas la prétention de dire que ma méthodologie est totalement complète. En effet, je me suis concentrée essentiellement sur les préoccupations architecturales au sens large. Cependant, le sujet fait l’objet de nombreuses réglementations émanant des divers niveaux de pouvoir ainsi qu’un système de financement assez complexe que je n’ai dans mon travail fait que mentionner brièvement faute d’une formation juridique et économique suffisante. Ainsi, il serait intéressant d’approfondir le sujet dans ces deux domaines.
READING BETWEEN THE LINES
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6 EMISSIONS TELEVISION
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BIBLIOGRAPHIE| TABLES DES FIGURES| ANNEXES
TABLE DES FIGURES Numéro de figure
Légende
N° de page
Sources
Introduction gros titres dans les journaux concernant la situation des églises schéma général représentant les deux questions posées
Figure1 Figure 2
1
Figure réalisée par l’auteur
3
Figure réalisée par l’auteur
Etat de l’art Page garde
de
Figure 3 Figure 4
Figure 5 Figure 6 Figure 7 Figure 8
église Selxyz à Maastricht
5
Photographie de l’auteur
taux de pratique à la messe dominicale en pourcentage de la population pour les différentes régions au cours du temps pourcentage de baptêmes, mariages catholiques, funérailles catholiques et pratiques aux messes hebdomadaire en fonction du temps aménagement de place Saint-Lambert rappelant l’emprise de l’ancienne cathédrale choix de l’avenir des églises
9
Graphique réalisé par l’auteur sur base des observations (VOYE L. et al., 1985)
10
Graphique réalisé par l’auteur sur base des observations (VOYE L. et al., 1985)
14
Bing map http://users.belgacom.net/cwarzee/place_saintlambert/index.htm Figure réalisée par l’auteur
étapes de la réaffectation
Figure 9 Figure 10
ligne de temps de l’histoire de la gestion du culte et du patrimoine immobilier en Belgique nombre de paroisses catholiques dans les différentes régions et en Belgique la propriété des églises
16 21 23 24 25
Figure réalisée par l’auteur Figure réalisée par l’auteur sur base observations (MORISSET L.-K. et al., 2011)
des
Figure réalisée par l’auteur sur base observations (MORISSET L.-K. et al., 2011) Figure réalisée par l’auteur sur base observations (MORISSET L.-K. et al., 2011)
des des
Méthodologie de la réaffectation Page garde
de
hotel Kruisherenhotel, Maastricht
29
Photographie de l’auteur
30
Figure réalisée par l’auteur
32
Figure réalisée par l’auteur
Figure 13
situation de l’esquisse dans un projet de réaffectation d’église diagramme de la méthodologie de l’esquisse de réaffectation d’église église Saint-Laurent à Grenoble
36
Figure 14
Mariënkirche en Allemagne
37
http://www.flickr.com/photos/89235234@N00/570 0561256/ http://www.satijnplus.nl/page.aspx?id=50
Figure 15
tableau des différents classements des fonctions par rapport aux différents auteurs et aux variables étudiées contradiction entre la variable économique et la variable symbolique
41
Figure 11 Figure 12
Figure 16
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
42
Tableau réalisé par l’auteur sur base des observations de (LATHAM D., 2002), (DOUGLAS J., 2002) et (YOU KYONG AHN, 2007) Figure réalisée par l’auteur
109
BIBLIOGRAPHIE| TABLES DES FIGURES| ANNEXES Figure 17 Figure 18 Figure 19 Figure 20 Figure 21 Figure 22 Figure 23 Figure 24 Figure 25
Figure 26
Figure 27 Figure 28
type de réaffectation Oude Lutherse kerk à Amsterdam 3D et plan chapelle du Marché à Jodoigne Heiligen Kreuz-kirche, Berlin
hôtel Patershof, Malines libraire Selexyz, Maastricht schémas expliquant les concepts de réversibilité, de lisibilité et d’authenticité typologie générale de la réaffectation exemples d’intervention de type ADD ON. Mariënkirche, Allemagne | Brigittines, Bruxelles | Musée de la photographie, Charleroi exemples d’intervention de type CHANGE CLOTHES. Musée David, Angers | Libraire Selexyz, Maastricht | Centre d’archive, Pampelune combinaison des types d’intervention typologie d’aménagement intérieur avec les fonctions correspondantes
43 43 44 44 46 46 47 50 51
52
Posthoornkerk, Amsterdam
Figure 31
chapelle du collège Notre Dame, Wavre
55
Figure 32
Sipirto Martini, Bruxelles
55
Figure 33 Figure 34 Figure 35
hôtel Kruisherenhotel, Maastricht
56 56 57
Figure 37 Figure 38 Figure 39 Figure 40 Figure 41
http://www.satijnplus.nl Figure réalisée par l’auteur Figure réalisée par l’auteur http://www.satijnplus.nl http://www.eutrio.be/fr/festival-international-desbrigittines http://archive.journeesdupatrimoine.be http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Angers__Abbaye_Toussaint_(1).jpg et photographies de l’auteur
http://www.martins-hotels.com
54 55
Figure 36
http://www.jodoigne.be et http://www.atelier20-architectes.com http://www.der-blauehummer.de/locations/locations-berlin/heiligkreuz-kirche.html http://www.martins-hotels.com
Figure réalisée par l’auteur
hôtel Martin’s Patershof, Malines
projet dans la Sant’ Anna’s church, Prague plan typique du fonctionnement d’une église structure de la chapelle du collège Notre-Dame, Wavre changement du type d’ouverture pour maison unifamiliale, Mons changement du type d’ouverture pour l’hôtel Martin’s Patershof, Malines réponse aux questions de départ grâce à la méthodologie résumé de la méthodologie de la réaffectation
http://www.flickr.com/photos/joosteto/175679062
53 53
Figure 29 Figure 30
projet pour la Mariënkirche, Allemagne
Figure réalisée par l’auteur
Figure réalisée par l’auteur
http://www.dnls.nl/de-posthoornkerk-amsterdam1158.html Image issue de (DUCHESNE J.-P. et HENRION P., 2005) http://www.trendsnow.net/2010/07/spirito-–martini-club-brussels.html Photographies de l’auteur http://www.satijnplus.nl
59
http://www.archdaily.com/tag/silva-rotharchitects/ Figure réalisée par l’auteur
61
Figure issue de l’architrave n°160, 2008
62
65
Image issue de l’émission (Une brique dans le ventre, 2012) Image issue de l’émission (Une brique dans le ventre, 2010) Figure réalisée par l’auteur
66
Figure réalisée par l’auteur
62
Cas pratiques Page garde
de
Figure 42 Figure 43
vue sur l’église du Sacré-Cœur et NoteDame de Lourdes à Cointe depuis l’esplanade des guillemins le centre ville de Liège et l’état de ses églises localisation des 3 églises choisies dans la ville de Liège
67
Photographie de l’auteur
70
Figure réalisée par l’auteur sur la base du PLI de Liège et de (DGATLP), (FIRKET M.,2011) Figure réalisée par l’auteur avec images issues de bing map
71
Basilique Saint-Martin | Saint-Martin Figure I-1
Analyse fonctionnelle du quartier
Poster I
Figure I-2
Analyse de la parcelle
Poster I
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
Figure réalisée par l’auteur sur la base du PLI de Liège Figure réalisée par l’auteur sur la base du
110
BIBLIOGRAPHIE| TABLES DES FIGURES| ANNEXES
Figure I-3 Figure I-4 Figure I-5 Figure I-6 Figure I-7 Figure I-8 Figure I-9 Figure I-10
Présence d’autres lieux de culte et mise en évidence des barrières Stratification temporelle de l’édifice
Poster I
Organisation interne
Poster I Poster I
Photos de l’extérieur et de l’intérieur de l’édifice Symbole paysager Typologie générale Typologie interne Organisation fonctionnelle interne
Poster I
Poster I Poster I Poster I Poster I
d’une image google map Figure réalisée par l’auteur sur la base du d’une image google map Figure réalisée par l’auteur sur la base sur base des observations de (FORGEUR R., 1965) Figure réalisée par l’auteur Photographie issue du site (LEPETITFUTE) Photographies de l’auteur Illustration issue de (SPW, 1974) Photographie de l’auteur Figure réalisée par l’auteur Figure réalisée par l’auteur Figure réalisée par l’auteur
Eglise Sacré-Cœur et Notre-Dame de Lourdes | Cointe Figure I-1
Analyse fonctionnelle du quartier
Poster II
Figure I-2
Analyse de la parcelle
Poster II
Figure I-3
Présence d’autres lieux de culte et mise en évidence des barrières Parties de l’édifice qui n’ont jamais été construites
Poster II
Figure I-5
Organisation interne
Poster II
Figure I-6
Photos de l’extérieur et de l’intérieur de l’édifice Symbole paysager
Poster II
Figure I-4
Figure I-7 Figure I-8 Figure I-9 Figure I-10
Typologie générale Typologie interne Organisation fonctionnelle interne
Poster II
Figure réalisée par l’auteur sur la base du PLI de Liège Figure réalisée par l’auteur sur la base du d’une image google map Figure réalisée par l’auteur sur la base du d’une image google map Figure réalisée par l’auteur sur la base d’une maquette de l’édifice située dans l’église Figure réalisée par l’auteur sur base des plans dans (GILLARD A., 2010) Photographies de l’auteur
Poster II Poster II Poster II Poster II
Photographies de l’auteur
Figure réalisée par l’auteur sur la base PLI de Liège Figure réalisée par l’auteur sur la base d’une image google map Figure réalisée par l’auteur sur la base d’une image google map Figure réalisée par l’auteur sur la base base des observations de (DELARGE 1959) Figure réalisée par l’auteur
Figure réalisée par l’auteur Figure réalisée par l’auteur Figure réalisée par l’auteur
Eglise Saint-Remacle | Amercoeur Figure I-1
Analyse fonctionnelle du quartier
Poster III
Figure I-2
Analyse de la parcelle
Poster III
Figure I-3
Présence d’autres lieux de culte et mise en évidence des barrières Stratification temporelle de l’édifice
Poster III
Figure I-5 Figure I-6
Organisation interne
Poster III Poster III
Figure I-7 Figure I-8 Figure I-9 Figure I-10
Symbole paysager
Figure 44
réponses aux questions de départ pour les différentes églises étudiées tableau récapitulatif de l’application de la méthodologie aux trois églises étudiées
Figure I-4
Figure 45
Photos de l’extérieur et de l’intérieur de l’édifice
Typologie générale Typologie interne Organisation fonctionnelle interne
Poster III
Poster III Poster III Poster III Poster III
Photographies issues du (centre archives de la ville de Liège) Photographie de l’auteur Images bing map
du du du sur G.,
des
Figure réalisée par l’auteur Figure réalisée par l’auteur Figure réalisée par l’auteur
99
Figure réalisée par l’auteur
101
Figure réalisée par l’auteur
103
http://gijsvanvaerenbergh.com/
Conclusions générales et perspectives Figure finale
reading between the lines
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BIBLIOGRAPHIE| TABLES DES FIGURES| ANNEXES
ANNEXES 1 RESOLUTION 916 DU CONSEIL DE L’EUROPE
Parliamentary Assembly Assemblée parlementaire http://assembly.coe.int
Résolution 916 (1989)1
Edifices religieux désaffectés Assemblée parlementaire
L'Assemblée, 1. Ayant pris note du rapport de sa commission de la culture et de l'éducation sur les édifices religieux désaffectés (Doc. 6032), et se félicitant en particulier de l'enquête préliminaire sur la situation dans tous les pays européens ; 2. Consciente qu'un nombre considérable d'édifices religieux en Europe ne remplissent plus leurs fonctions originelles et sont donc exposés, par négligence, à la démolition ou à des transformations inopportunes ; 3. Constatant que ce phénomène résulte de divers facteurs historiques : déplacement des populations, évolution de la pratique et des habitudes religieuses, parfois aussi construction de nouveaux édifices à usage religieux ; 4. Rappelant le devoir statutaire du Conseil de l'Europe de sauvegarder les idéaux et les principes qui sont le patrimoine commun des Etats membres, patrimoine dont les édifices religieux portent témoignage ; 5. Affirmant d'autre part l'importance de la liberté de religion et de l'expression religieuse, telles que définies à l'article 9 de la Convention européenne des Droits de l'Homme ; 6. Faisant observer que les édifices religieux présentent souvent un grand intérêt architectural et historique, et rappelant qu'elle se préoccupe de longue date de la conservation intégrée du patrimoine et de l'avenir de notre passé ; 7. Estimant que, lorsqu'un édifice religieux n'est plus viable en tant que tel, des efforts doivent être faits pour lui trouver une nouvelle utilisation religieuse ou culturelle, compatible autant que possible avec l'intention qui a présidé à sa construction ; 8. Constatant qu'une église, ou tout autre édifice religieux majeur, est souvent le point focal de la vie d'une communauté et un point de repère local, et estimant qu'il faut accorder suffisamment de temps et d'encouragements à ces communautés pour qu'elles puissent redéfinir le rôle et la place de tels édifices ; 9. Rappelant à titre d'exemple que le Centre européen de formation d'artisans a commencé ses activités à Venise dans un édifice religieux désaffecté, la Scuola di San Pasquale ; 10. Se félicitant des exemples réussis partout en Europe de conservation et de protection d'édifices religieux désaffectés qui ont été judicieusement adaptés à des usages nouveaux, 11. Invite les autorités responsables (Eglises, gouvernements et collectivités locales) à coopérer avec les organisations et experts intéressés en vue : 11.1. de prendre des mesures concrètes pour préserver les édifices religieux désaffectés et leur garantir, chaque fois que possible, une utilisation appropriée ;
1. Discussion par l'Assemblée le 9 mai 1989 (3e séance) (voir Doc. 6032Doc. 6032, rapport de la commission de la culture et de l'éducation, rapporteur : M. Rauti).
F - 67075 Strasbourg Cedex
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assembly@coe.int
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Tel: +33 3 88 41 2000
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112
BIBLIOGRAPHIE| TABLES DES FIGURES| ANNEXES
Résolution 916 (1989)
11.2. de compléter (sur ordinateur et sous forme compatible) les inventaires des édifices religieux désaffectés, y inclus leur importance architecturale et historique, et leur utilisation actuelle, et de mettre régulièrement à jour ces inventaires qui doivent également refléter l'intérêt contemporain et englober les édifices du dix-neuvième et du vingtième siècle ; 11.3. d'assurer une protection efficace qui permette de conserver la structure et les mobiliers d'origine de ces édifices en attendant leur réaménagement ; 11.4. d'éviter, sauf dans les cas présentant un intérêt architectural, historique ou commémoratif exceptionnel, la conservation des édifices religieux à l'état de ruines ; 11.5. d'encourager des projets de réutilisation et de réadaptation qui ne soient pas incompatibles avec la fonction primitive de l'édifice et qui ne transforment pas de façon irréversible sa structure d'origine ; 11.6. de prévoir des crédits ou des avantages fiscaux pour la restauration, la réparation et l'entretien des édifices religieux, qu'ils soient en service ou désaffectés, afin de garantir leur maintien en usage ; 11.7. d'encourager une utilisation plus imaginative des édifices religieux existants ; 11.8. d'assurer la fourniture de matériaux de construction appropriés, et d'encourager la recherche, les métiers et les travaux nécessaires à l'entretien permanent des édifices religieux ; 11.9. d'encourager l'inclusion d'édifices religieux désaffectés dans les itinéraires culturels à travers l'Europe, et de veiller à ce que les recettes du tourisme culturel soient affectées à la conservation des édifices visités par les touristes.
2 LE FINANCEMENT PUBLIC DES CULTES
SAGESSER C., Le financement public des cultes en France et en Belgique : des principes aux 2 accommodements, François Foret, édition de l’ULB, Bruxelles, 2009.
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BIBLIOGRAPHIE| TABLES DES FIGURES| ANNEXES
3 EXEMPLES DE REAFFECTATION D’EGLISES Privatisation Maison : •
Habitation unifamilliale MONS
Appartements : •
ancienne eglise St Cécile QUEBEC
•
Martinshof UTRECHT
•
Martin’s Patershof MALINES
•
Kruisherenhotel MAASTRICHT
•
L’église des Jésuites MARCHE-EN-FAMENNE
Hotels:
Bureaux: •
Centre de Presse Européen BRUXELLES
•
Amstelkerk AMSTERDAM
•
St Alfens AACHEN
•
Posthoornkerk AMSTERDAM
•
Archives nationales QUEBEC
•
Centre d’archives PAMPLUNE
Magasins: •
Limelight Market NEW-YORK
•
Selexyz Dominicanen bookstore MAASTRICHT
•
Les petits saints ancienne église des Jésuites BRUGES
•
St Martin MALINES
Horeca:
Usage semi-public Salle d’évènement : •
De Durf AMSTERDAM
•
Spirito Martini BRUXELLES
•
St Mary IPSWICH
•
Spirito Martini BRUXELLES
Salle de sport : REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
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BIBLIOGRAPHIE| TABLES DES FIGURES| ANNEXES
•
Ecole St Maximin SCHAARBEEK
•
Sporthalle TREVES
•
Ecole du cirque QUEBEC
Salle de spectacles : •
Brigittines BRUXELLES
•
L’Anglicane LEWIS
•
Eglise franciscaine NEUS
•
Sant’ Anna church PRAGUE
•
Mariënkirche ALLEMAGNE
Usage public culturel / social Bibliothèques: •
Rijsarchief Limburg MAASTRICHT
•
Bibliothèque collège Notre Dame, BASSE-WAVRE
•
Bibliothèque des Jésuites MONTREAL
•
Musée des orgues UTRECHT
•
Musée de la photo CHARLEROI
•
Musée David ANGERS
•
Eglise Saint-Laurent GRENOBLE
Musées:
Salle culturelle polyvalente: •
Chapelle des sœurs grises TUIN
•
Chapelle du collège Notre-Dame WAVRE
•
Chapelle du marché JODOIGNE
Fondations sociales: •
Notre-Dame des 7 douleurs|foyer pour femmes en détresse AMSTERDAM
Usage partagé •
Oude Lutherse kerk, universiteit van Amsterdam, AMSTERDAM
Réaffectation partielle •
Notre Dame de J.Cartier QUEBEC
•
Heilligen kreuzkirche BERLIN
•
United reformed lumen church LONDRES
REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES | FLORENCE DAUBE
115
METHODOLOGIE POUR LA REAFFECTATION DES EGLISES CATHOLIQUES
| ET SON APPLICATION A DES EGLISES LIEGEOISES
Quel avenir pour nos églises catholiques? Au cœur de nos villes, ces édifices d’une grande importance patrimoniale et symbolique, sont trop souvent abandonnés. La réaffectation des églises est une alternative pour les empêcher de tomber dans l’oubli. La réaffectation d’une église est un processus délicat. En effet, il s’agit de choisir une nouvelle destination adaptée à la situation particulière de l’église et d’imaginer une intervention architecturale respectueuse de l’architecture et du fonctionnement de l’édifice. Dans ce travail, une méthodologie est mise en place et amène le concepteur à réaliser une esquisse de projet de transformation. Cette méthodologie se base sur les valeurs persistantes de l’église afin de désigner un avenir viable pour celle-ci. Ainsi, chacun des paramètres entrant en compte dans le processus, comme la localisation de l’église dans la ville, ses qualités physiques,… est isolé et étudié séparément. Cette décomplexification du problème permet de voir plus clair par rapport à toutes les données à prendre en compte. La méthodologie a été ensuite mise en pratique sur trois églises de la ville de Liège ; la basilique Saint-Martin dans le quartier Saint Martin, l’église du Sacré-Cœur et Notre-Dame de Lourdes à Cointe et enfin l’église Saint-Remacle en Amercoeur. Trois esquisses de projets ont été dégagées mettant en valeur les qualités de l’église existante.
Which future for our catholic churches? Heart of our cities, symbolic of significance, and most of all great heritage, those buildings are too often abandoned. The church’s reassignment is a way to avoid oblivion. But this renewal is a delicate process. Indeed, it is to choose an adequacy for the building to be adapted to the new uses by choosing an architectural concept respecting the history and the spatial organization. This essay establishes a methodology which leads the designer to realize the project’s transformation. This methodology is based on the church’s values in order to create a sustainable future for it. Thus, each parameter included in the process, such as the location of the church in the city or its physical qualities for example is isolated and studied separately. This elucidation makes the data easier to understand and consider. The methodology has been applied to three churches in the city of Liege: The St. Martin’s basilica in Saint Martin's district; the Church of the “Sacré Coeur” and “Notre Dame of Lourdes” in Cointe; the church of Saint-Remacle in Amercoeur. Three sketches of projects were identified highlighting the qualities of the existing churches.
Travail de fin d’étude réalisé en vue de l’obtention du grade de master en Ingénieur Civil Architecte par Florence Daube 2011-2012 !