Le cantique des cantiques seconde version

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FRANCK LOZAC'H

LE CANTIQUE DES CANTIQUES

Seconde version

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LE CANTIQUE DES CANTIQUES

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Titre et Prologue. L’épouse : 1 Le cantique des cantiques qui est de Salomon. 2 Qu'il me baise des baisers de sa bouche ! ... 3 Car tes Caresses sont meilleures que le vin, tes parfums Sont agréables à respirer, et ton nom est Une huile qui se répand. Et voilà pourquoi Les jeunes filles t'aiment ! 4 Entraîne-moi, courons Après toi ! ... Quand le roi dans ses appartements M'aura introduite, nous exulterons, grâce à toi Nous nous réjouirons, et nous évoquerons Tes caresses meilleures que le vin. Et l'on t'aime Avec raison.

Premier poème. L’épouse :

5 Je suis noire mais jolie, filles de Jérusalem, comme les tentes de Cédar, Comme les pavillons de Salomon. Aussi

6 Ne faites pas attention à mon teint noirâtre Car le soleil m'a hâlée. Les fils de ma mère Se sont irrités contre moi : ils m'avaient mise A garder les vignes, mais ma vigne, je ne l'ai pas Gardée.

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7 Fais-moi savoir, ô l'aimé de mon âme Où tu mènes paître le troupeau, à midi Où tu le fais coucher pour que je ne sois pas Comme celle qui se cache auprès des troupeaux De tes compagnons. Le chœur :

8 la plus belle des femmes, Si tu ne le sais pas, sur la trace des brebis Sors, et fais paître les chevrettes près des demeures Des bergers.

L’époux :

9 A une cavale parmi les chars De Pharaon, je te compare, ô ma compagne. 10 Tes joues sont jolies parmi les colliers, ton cou Parmi les perles : 11 nous te ferons des colliers d'or Avec des pointes d'argent.

Dialogue des époux :

12 - Comme on faisait cercle

Autour du roi, mon nard a donné son odeur : 13 C'est un sachet de myrrhe, mon bien-aimé pour moi, Et il repose entre mes seins ; 14 c'est une grappe De henné, mon bien-aimé, pour moi, au milieu Des vignes d'Engadi.

15 - Que tu es belle, ma Compagne, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes ! 4


16 - Que tu es beau, mon bien-aimé, combien gracieux ! 17 - Et les poutres de notre maison sont de cèdre, Nos lambris sont de cyprès.

2 1 - Je suis le narcisse De Saron, le lis des vallées. 2 Et tel un lis Parmi les épines, telle ma compagne parmi Les filles.

3 Tel un pommier parmi les arbres du Bois, tel est mon bien-aimé parmi les garçons. A son ombre j'ai désiré m'asseoir, son fruit Est doux à mon palais. 4 Et il m'a introduite Dans la maison du vin dont l'enseigne, au-dessus De moi, était Amour ! 5 Soutenez-moi avec Des gâteaux, réconfortez-moi avec des pommes, Car je suis malade d'amour : 6 sa main gauche est Sous sa tête, sa droite m'enlace.

7 - Je vous adjure, Filles de Jérusalem, par les gazelles ou Par les biches des champs, n'éveillez pas l'Amour Ne le réveillez pas jusqu'à ce qu'elle le veuille !

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Second Poème L’épouse : 8 C'est la voix de mon bien-aimé ! C'est lui qui vient, Bondissant par-dessus les montagnes, et sautant Par-dessus les collines ! 9 Mon bien-aimé ressemble A une gazelle ou au jeune faon des biches. Et le voici qui s'arrête derrière notre mur, Par les fenêtres regardant, par les grillages Guettant. 10 Mon bien-aimé a pris la parole, il m’a Dit : Debout ! Ma compagne, ma belle et viens. 11 Car voici que l'hiver est passé, et la pluie A cessé, elle s'en est allée, 12 dans le pays Les fleurs sont apparues, le temps de la chanson Est arrivé et la voix de la tourterelle S'est fait entendre dans nos campagnes, 13 le figuier A produit ses fruits verts, les vignes en bouton Ont répandu leur odeur : Debout ! Ma compagne, Ma belle et viens. 14 Cachée dans le creux des rochers Et dans le secret du raidillon, ma colombe Fais-moi voir ton visage et entendre ta voix, Car ta voix est douce et ton visage est charmant.

15 Prenez pour nous les renards, les petits renards Qui ravagent les vignes, nos vignes sont en fleur. 6


16 Mon bien-aimé est à moi, moi je suis à lui, Lui qui paît parmi les lis 17 avant que le vent Du jour ne souffle et que les ombres ne deviennent Fuyantes, reviens, sois semblable, mon bien-aimé A une gazelle ou au jeune faon des biches Sur les montagnes de l'horizon.

3 1 Sur ma couche, Durant les nuits, j'ai cherché l'aimé de mon âme, Et je l'ai cherché, mais je ne l'ai point trouvé ! 2 Je me lèverai donc et je circulerai Par la ville, dans les bazars et sur les places, je Chercherai l'aimé de mon âme, je l'ai cherché Et je ne l'ai point trouvé ! 3 Ils m'ont rencontrée, Les gardiens, ceux qui ont circulé par la ville : “ Avez-vous l’aimé de mon âme ? ” 4 Mais à peine Les ai-je dépassés que je l'avais trouvé L'aimé de mon âme. Je l'ai saisi et ne le Lâcherai pas jusqu'à l'avoir fait pénétrer Dans la maison de ma mère, dans l'appartement De celle qui m'a conçue.

5 Je vous adjure, filles De Jérusalem par les gazelles ou les biches Des champs, n'éveille,- pas et ne réveillez pas L'Amour, jusqu'à ce qu'elle le veuille. 7


Troisième Poème.

Qu'est-ce qui monte Du désert comme des colonnes de fumée, Embaumée de myrrhe et d'encens, de

toute poudre

Exotique.

7 C'est la litière du roi Salomon ! Soixante héros l'entourent, des héros d’Israël, 8 tous Munis d'un glaive, exercés au combat. Chacun A son glaive contre la cuisse afin d'éloigner Toute crainte nocturne. 9 Le roi Salomon s'est Fait un palanquin avec des bois du Liban ; 10 Il a fait ses colonnes d'argent, son appui, D'or, son siège, de pourpre, et son intérieur fut Tapissé avec amour par les filles de Jérusalem.

11 Sortez et venez regarder Le roi Salomon, filles de Sion avec La couronne dont l'a couronné sa mère au jour De ses fiançailles et au jour de la joie de Son coeur.

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L’époux :

4 1 Que tu es belle, ma compagne, que tu Es belle ! Tes yeux sont des colombes derrière ton voile. Et ta chevelure est comme un troupeau de chèvres Qui dévalent du mont Galaad, 2 tes dents sont Comme un troupeau de brebis tondues qui du bain Remontent : elles ont toutes des jumeaux, de stérile Il n'y en a pas. 3 Tes lèvres sont comme un fil D'écarlate et ta langue est jolie, ta joue est Comme une tranche de grenade, derrière ton voile. 4 Ton cou est comme la tour de David bâtie Pour des trophées, et mille boucliers y sont Suspendus, toutes les cuirasses des héros.

5 Tes deux seins sont comme des faons, d'une gazelle Jumeaux entrain de paître au milieu les lis. 6 Jusqu'à ce que souffle le vent du jour et que Les ombres deviennent fuyantes, je m'en irai Vers la montagne de myrrhe et vers la colline De l'encens.

7 Et tu es toute belle, ma compagne, Pas une tache en toi ! 8 Du Liban, avec moi, Fiancée, du Liban, avec moi, tu viendras Du sommet de l'Amanah, et du sommet de Samir et de l'Hermon, et des repaires des lions, Des monts où sont les panthères. 9 Tu as pris mon coeur, 9


Ma soeur, ma fiancée, et tu as pris mon coeur Par un coup d'oeil, par un anneau de tes colliers. 10 Tes caresses sont belles, ma soeur, ma fiancée, Tes caresses sont belles, meilleures que le vin, et L'odeur de tes parfums, meilleure que tous les baumes ! 11 C'est du miel que tes lèvres distillent, ô fiancée, Du miel et du lait sous ta langue, et l'odeur de Tes vêtements est comme l'odeur du Liban.

12 C'est un jardin fermé, ma soeur, ma fiancée, Une source close, une fontaine scellée 13 Et tes conduits sont un paradis de grenades Avec des fruits exquis, du henné et du nard, 14 Du nard avec du crocus, de la cannelle et Du cinnamome, avec tous les arbres d'encens, De la myrrhe, de l'aloès, avec les prémices De tous les baumiers ! 15 Fontaine des jardins, puits D'eaux vives, et ondes qui descendent du Liban ! L’épouse : 16 Lève-toi, Aquilon, et viens, Antan, et souffle Sur mon jardin, ainsi que ses baumes ruissellent ! Que mon bien-aimé vienne à son jardin, qu'il mange De ses fruits exquis !

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L’époux :

5 1Ma soeur et ma fiancée, Je suis venu à mon jardin, et j'ai cueilli Ma myrrhe avec mon baume, j'ai mangé mon rayon De miel, j'ai bu mon vin avec mon lait : mangez, Compagnons, buvez, enivrez-vous, bien-aimés.

Quatrième poème L’épouse : 2 Je dormais, et pourtant mon coeur veillait. La voix De mon bien-aimé qui frappe : “ Ouvre-moi, ma soeur, Ma compagne, ma colombe, ma parfaite, car ma tête Est pleine de rosée, et mes boucles sont pleines De gouttes de la nuit. ” 3 J’ai ôté ma tunique, Comment la revêtirai-je ? J'ai lavé mes pieds, Comment les salirai-je ?" 4 Et mon bien-aimé a Retiré sa main du trou, pour lui mes entrailles Se sont émues. 5 Je me suis levée pour ouvrir A mon bien-aimé, de mes mains a dégoutté La myrrhe et de mes doigts la myrrhe s'est répandue Sur les poignées de la serrure. 6 Et j'ai ouvert A mon bien-aimé, mais mon bien-aimé avait Disparu, il était passé ! Et à sa suite Mon âme est sortie, je l'ai cherché et ne l'ai 11


Point trouvé, je l'ai appelé, il ne m'a pas Répondu. 7 Et ils m'ont rencontrée, les gardiens, Ceux qui circulent par la ville, ils m'ont frappée, Ils m'ont blessée, ils ont arraché mon manteau, Les gardiens des murailles !

8 Et je vous en conjure, Filles de Jérusalem, si mon bien-aimé Vous le trouvez, mais que lui annoncerez-vous Sinon que je suis malade d'amour ? Le chœur :

9 Qu'a donc Ton bien-aimé de plus qu'un autre, ô la plus belle Des femmes, qu'a donc ton bien-aimé de plus qu'un autre Pour que tu nous adjures ainsi ?

L’épouse :

10 Mon bien-aimé Est brillant et rose, distingué parmi dix mille

11 Sa tête est d'or pur, et ses boucles sont des palmes Noires comme le corbeau. 12 Ses yeux sont des colombes Au bord d'eaux courantes, elles se baignent dans du lait Elles demeurent auprès d'une vasque. 13 Comme un parterre De baumiers sont ses joues, des massifs odorants Ses lèvres sont des lis, elles distillent de la myrrhe Onctueuse. 14 Et ses mains sont des bracelets d'or Incrustés de chrysolites, son ventre est d'ivoire 12


Poli couvert de saphirs. 15 Ses jambes des colonnes De marbre blanc dressées sur des socles d'or pur. Son visage est comme le Liban, remarquable Comme les cèdres. 16 Son palais n'a que douceurs et Tout en lui est délices. Tel est mon bien-aimé Et mon compagnon, filles de Jérusalem. Le Chœur : 6 1 Où est allé ton bien-aimé, ô la plus belle Des femmes, et où s'est dirigé ton bien-aimé Que nous le cherchions avec toi ? L’épouse :

2 Mon bien-aimé Est descendu à son jardin vers les parterres Des baumiers, pour faire paître parmi les jardins Et cueillir des lis. 3 Je suis à mon bien-aimé Et mon bien-aimé est à moi, lui qui fait paître Parmi les lis.

Cinquième poème L’époux :

4 Et tu es belle, ma compagne, Comme Tirsah, jolie comme Jérusalem, Redoutable comme des bataillons : 5 détourne Tes yeux de moi, ils m'ont troublé. Ta chevelure Un troupeau de chèvres qui dévalent du mont Galaad, 6 tes dents sont un troupeau de brebis 13


Mères qui remontent du bain, toutes ont des jumeaux Il n'en est pas de stérile. 7 Ta joue, une tranche De grenade derrière ton voile. 8 Ainsi il y a Soixante reines et quatre-vingts concubines et Des jeunes filles sans nombre. 9 Mais une seule est Ma colombe, ma parfaite, et elle est unique Pour sa mère, elle est à part pour celle qui l'a Enfantée ! Les filles qui la voient la proclament Heureuses, les reines et les concubines la célèbrent : 10 “ Quelle est donc celle qui se lève comme l'aurore, belle Comme la lune, brillante comme le soleil, Redoutable comme des cohortes ? ”

11 Au jardin Des noyers j'étais descendu, pour regarder Les pousses du torrent, et pour voir si la vigne Avait fleuri et si les grenadiers étaient En fleurs. 12 Mais je ne savais pas qu'on me mettrait Moi-même sur les chars de mon peuple noble ! Le Chœur :

7 1 Reviens, Reviens, ô Sulamite, reviens, reviens pour que Nous te regardions !

L’époux :

Mais pourquoi regardez-vous La Sulamite, comme dans la danse à deux chœurs ? 14


2 Tes pieds sont beaux dans leurs sandales, fille de noble ! Les contours de tes hanches sont comme des colliers, Oeuvres des mains d'un artiste ; 3 ainsi ton nombril Est un calice arrondi où ne manque pas Le vin épicé, ton ventre est un tas de blé Entouré de lis ; 4 tes deux seins sont comme deux faons Jumeaux d'une gazelle, 5 ton cou est une tour D'ivoire, tes yeux sont les piscines de Hesbon, Près de la porte de Bath-Rabbim, ta narine Est pareille à la tour du Liban qui regarde En direction de Damas, 6 ta tête en haut est Comme le Carmel et les flots de ta tête sont Comme de la pourpre : un roi est pris par ces tresses !

7 Que tu es belle et que tu es gracieuse, amour, Dans tes délices ! 8 Voici que ta taille est semblable A un palmier et tes seins à des grappes ! 9 J'ai dit : Je grimperai au palmier et je saisirai Ses régimes ! Et que tes seins soient comme les grappes De la vigne, l’odeur de tes narines comme celles Des pommes, 10 ton palais comme le bon vin qui coule. L’épouse : A bon droit pour le bien-aimé, qui sur les lèvres Des dormeurs glisse. 11 Moi, je suis à mon bien-aimé C'est vers moi que se porte son désir. 12 Allons, Mon bien-aimé, sortons à la campagne, passons 15


Les nuits dans les villages. Et nous irons aux vignes 13Au matin, nous verrons si la vigne a fleuri, Si le bouton s'est ouvert, si les grenadiers Ont des fleurs , là je te donnerai mes caresses. 14 Les mandragores ont exhalé leur parfum et A nos portes, il y a toute sorte de fruits Exquis, les nouveaux et les anciens que j'avais Gardés pour toi, mon bien-aimé !

8 1Mais que n'es-tu Pour moi comme un frère qui aurait sucé les seins De ma mère ? Quand je te rencontrerais dehors, Je te baiserais, nul ne me mépriserait 2 Et je t'emmènerais, je te ferais entrer Dans la maison de ma mère, tu m'initierais Je t'abreuverais de vin aromatisé, Du jus de mes grenades ! 3 Que sa main gauche soit Sous ma tête et que sa droite m’enlace. L’époux :

4 Je vous Adjure, filles de Jérusalem, n’éveillez Pas, ne réveillez,- pas l'Amour jusqu'à ce qu'elle Le veuille !

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Le dénouement

Le Choeur :

5 Qui est celle qui monte du désert Appuyée sur son bien-aimé ?

L’époux :

Sous le pommier Je t'ai éveillée là où ta mère t’a conçue, Où elle t'a conçue et enfantée. 6 Et mets-moi Comme un sceau sur ton coeur, comme un sceau sur ton

bras Car l'Amour est fort comme la mort, la passion Est violente comme l'enfer, ses étincelles Sont des étincelles de feu, flamme divine 7 Les grandes eaux ne pourraient éteindre l'Amour, Des fleuves ne le submergeraient pas !

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Appendices Aphorisme d’un sage

Si quelqu'un Offrait tout son bien pour l'Amour, avec mépris On le traiterait.

Deux épigrammes

8 Et nous avons une soeur Petite qui n'a point encore de mamelles. Pourtant Que ferons-nous pour notre soeur, le jour où l'on Parlera d'elle ? 9 Si elle est un rempart, sur elle Nous construirons des créneaux d'argent, si elle est Une porte, nous appliquerons une tablette De cèdre sur elle. 10 J’étais un rempart Mes seins étaient comme des tours, ainsi je fus A ses yeux comme celle qui a trouvé la paix.

11Or Salomon avait une vigne à BaalHamon, il a confié la vigne à des gardiens. Chacun, pour les fruits, lui apportait mille sicles.

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12Ma vigne à moi, elle est pour moi, les mille sicles Sont pour toi, Salomon, pour les gardiens des fruits Deux cents !

Dernières additions

13 Ô toi qui demeures dans les jardins, Des compagnons prêtent l'oreille à ta voix, fais En sorte que je t'entende !

14 Fuis mon bien-aimé, Et alors deviens semblable à une gazelle, Au faon des biches sur les montagnes des baumiers !

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