La Cité intérieure

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FRANCK LOZAC'H

LA CITE INTERIEURE


PREFACE

La Cité intérieure est un ouvrage de synthèse formé de tous les recueils de Messages qui s’étalent sur une période de deux ans - 95 et 96, et formé également de tous les recueils de Résonances s’étalant sur la période 97-98.

Douze recueils ont donc été exploités, synthétisés, prélevés pour obtenir cette étrange mosaïque de réflexion imagée concernant l’activité intime du poète. Dans son introduction à La poétique de l’espace Gaston Bachelard pose la pertinente question sur l’origine phénoménologique des images.

On nous demandera peut-être, pourquoi, modifiant notre point de vue antérieur, nous cherchons maintenant une détermination phénoménologique des images. Dans nos travaux précédents sur l’imagination, nous avions en effet estimé préférable de nous situer, aussi objectivement que possible, devant les images des quatre éléments de la matière, des quatre principes des cosmogonies intuitives. Fidèles à nos habitudes de philosophe des sciences, nous avions essayé de considérer les images en dehors de toute tentative d’interprétation personnelle. Peu à peu, cette méthode, qui a pour elle la prudence scientifique, m’a paru insuffisante pour fonder une métaphysique de l’imagination. À elle seule, l’attitude “ prudente ” 2


n’est-elle pas un refus d’obéir à la dynamique immédiate de l’image ? Nous avons d’ailleurs mesuré combien il est difficile de décrocher de cette “ prudence ”. Dire qu’on abandonne des habitudes intellectuelles est une déclaration facile, mais comment l’accomplir ? Il y a là, pour un rationaliste, un petit drame journalier, une sorte de dédoublement de la pensée qui, pour partiel qu’en soit l’objet - une simple image -, n’en a pas moins un grand retentissement psychique. Mais ce petit drame de culture, ce drame au simple niveau d’une image nouvelle, contient tout le paradoxe d’une phénoménologie de l’imagination : comment une image parfois très singulière peut-elle apparaître comme une concentration de tout le psychisme ? Comment aussi cet événement singulier et éphémère qu’est l’apparition d’une image poétique singulière, peut-il réagir - sans aucune préparation - sur d’autres âmes, dans d’autres cœurs, et cela, malgré tous les barrages du sens commun, toutes les sages pensées, heureuses de leur immobilité ? Au chapitre VIII de la poétique de l’espace, il esquisse admirablement le problème de l’immensité intime : L’immensité est, pourrait-on dire, une catégorie philosophique de la rêverie. Sans doute, la rêverie se nourrit de spectacles variés, mais par une sorte d’inclination native, elle contemple la grandeur. Et la contemplation de la grandeur détermine une attitude si spéciale, un état d’âme si particulier que la rêverie met le rêveur en dehors du monde prochain, devant un monde qui porte le signe d’un infini. Par le simple souvenir, loin des immensités de la mer et de la plaine, nous pouvons, dans la méditation, renouveler en nous-mêmes 3


les résonances de cette contemplation de la grandeur. Mais s’agit-il vraiment alors d’un souvenir ? L’imagination, à elle seule, ne peut-elle pas grandir sans limite les images de l’immensité ? L’imagination n’est-elle pas déjà active dès la première contemplation ? En fait, la rêverie est un état entièrement constitué dès l’instant initial. On ne la voit guère commencer et cependant elle commence toujours de la même manière. Elle fuit l’objet proche et tout de suite elle est loin, ailleurs, dans l’espace de l’ailleurs (1).

Quand cet ailleurs est naturel, quand il ne se loge pas dans les maisons du passé, il est immense. Et la rêverie est, pourrait-on dire, contemplation première. Si nous pouvions analyser les impressions d’immensité, les images de l’immensité ou ce que l’immensité apporte à une image, nous entrerions bientôt dans une région de la phénoménologie de la plus pure - une phénoménologie sans phénomènes ou, pour parler moins paradoxalement, une phénoménologie qui n’a pas à attendre que les phénomènes de l’imagination se constituent et se stabilisent en des images achevées pour connaître le flux de production des images. Autrement

dit,

comme

l’immense

n’est

pas

un

objet,

une

phénoménologie de l’immense nous renverrait sans circuit à notre conscience imaginante. Dans l’analyse des images d’immensité nous réaliserions en nous l’être pur de l’imagination pure. Il apparaîtrait alors clairement que les œuvres d’art sont les sous-produits de cet existentialisme de l’être imaginant. Dans cette voie de la rêverie d’immensité,

le

véritable

produit, 4

c’est

la

conscience


d’agrandissement. Nous nous sentons promus à la dignité de l’être admirant. Dès lors, dans cette méditation, nous ne sommes pas “ jetés dans le monde ” puisque nous ouvrons en quelque sorte le monde dans un dépassement du monde vu tel qu’il est, tel qu’il était avant que nous rêvions. Même si nous sommes conscients de notre être chétif - par l’action même d’une brutale dialectique - nous prenons conscience de la grandeur. Nous sommes alors rendus à une activité naturelle de notre être immensifiant. L’immensité est en nous. Elle est attachée à une sorte d’expansion d’être que la vie réfrène, que la prudence arrête, mais qui reprend dans la solitude. Dès que nous sommes immobiles, nous sommes ailleurs ; nous rêvons dans un monde immense. L’immensité est le mouvement de l’homme immobile. L’immensité est un des caractères dynamiques de la rêverie tranquille.

(1) Cf. SUPERVIELLE, L’escalier, p. 124. “La distance m’entraîne en son mouvant exil.”

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Pourtant il ne s’agit pas ici uniquement d’images consacrées à l’espace intérieur. Il s’agit également de considérations conflictuelles entre un Moi pensant, évoluant et un Moi critique condamnant la situation analysée. De cette violence est sorti un nombre considérable de poèmes et de textes que l’on pourra découvrir au fil des pages. Les derniers endroits de l’ouvrage recèlent des fragments à caractère philosophique où l’influence de Martin Heidegger ne saurait être minimisée.

Franck Lozac’h

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STUCTURES DEMISES

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Messages I

Labyrinthe

J'étais dans une de ces recherches où l'espoir n'a pas les moyens d'exister, ou seuls l'impossible et le néant pénètrent. Mon investigation poétique était nulle, et je n'obtenais aucun résultat. J'abandonnais ce terrain et laissais à d'autres ces étranges servitudes. L'avenir de trouver m'était retiré. Pourtant quelque fois, une brise illuminée venait caresser mon visage comme pour me dire : Ne te désespère pas. Investis encore. Investis.

Je m'imposais à découvrir avec une force renouvelée, avec une véhémence nouvelle. Je tentais encore de pénétrer des secrets dont l'essentiel tenait dans de l'impalpable et de l'inexpliqué.

Peu s'essaient à comprendre, à violer. Ils préfèrent conquérir sans la peine. C'est parfois à la jeunesse de tenter dans sa source d'accéder au delta.

Qu'ai-je réellement compris ! Peu de chose, mais je cherche encore.

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Pénètre-la

Pénètre-la au plus profond de la chair ! Impose-toi à creuser ! Peut-être y trouveras-tu la substance de l'esprit subtilement cachée ?

L'homme s'exhale

L'homme s'exhale inexorablement. L'homme dont la recherche interne est de comprendre. Il se nourrit d'autrui, s'instruit de l'inconnu et tente par l'alchimique effort de réduire, d'étendre, d'élever.

L'homme qui use de prémonitions, d'avenirs proches, se plonge dans le passé, et se construit de l'intérieur.

Aux uns, l'insignifiance de la poésie. Aux autres la sublimation du verbe. Offrir cette création, orienter la lumière, pour qui ? Nous tentons stupidement de plaire, mais la clé de la métaphore est seulement accessible à l'élite.

Nous superposons des dimensions et des espaces les uns sur les autres, nous franchissons des portes au-delà de l'audace et pénétrons dans l'invisible. Mais qui pour nous suivre ?

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Je pris ta divine lampe

Je pris ta divine lampe et enfermé en moi-même, je pensai : "Heureux, fils, heureux, je connais la voie."

Le ciel était plus pur quand je partis empruntant la route éclatante de lumière, je parlais en ma chair et disais : "Inspire-moi, ô sublime puissance, mon feu intérieur s'éteint et va mourir".

La pensée intérieure

La pensée intérieure s'ouvre et telle une corolle et un bouquet d'idées remplis de vertiges et d'images resplendit tout à coup sous ce vaste dôme :

Pyramides bleues, cyclones d'espoir, fluides lumineux qui jaillissent comme des boules multicolores, Tournesol voltigeant, oeil d'extase enivré de folies très légères, Puissances de sonorités, chambres de notes, monologues aigus et incompris, Souffles, raisons exquises enrubannées de douceurs adorables, Tourbillons, vapeurs rousses qui s'élèvent dans la nuit de jade, Envolées de lumières, ailes claires tachetées de blanc,

Je m'endormis, j'inventais mon sommeil, je contemplais la nuit se draper de signes lumineux :

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Femmes vivantes, bracelets de chair et de flammes, îles ardentes qui respirent les parfums aériens, Sources élégantes, chevelures floues et vaporeuses, bras de mouvances là-bas dans l'interdit, derrière la porte de sang.

Pourtant j'attendais stupidement qu'une présence féminine s'en vint. Rien que le silence énorme éclatant sous un soleil invisible d'ombre, de néant. Il y avait nul espoir de changement. Qui pouvait venir ? J'entendis une rumeur de pieds bruyants circuler dans les ruelles de l'esprit.

Parle-moi, ô fille ! Est-ce toi ? Fille de l'agonie ? Tu n'as pas de voix ? Il y a du sang, il y a des pieds déchiquetés, souffrants sur les ronces, des habits déchirés, Il y a ta chevelure d'or.

N'y a-t-il pas de bouleversantes femmes qui tourbillonnent sur l'herbe sacrée, dans l'essaim vert et les feuilles d'or ?

Je crois entendre des cris là-bas de femmes claires qui circulent vers l'aube chantante. Non, il n'y a pas de mort, il y a la vie au bord de cette source aveuglée pourtant.

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La beauté est difficile à voir. Je la cherche près de la source, loin des ruelles. Elle brillera peut-être dans la nuit immortelle.

Me voilà à présent assis sous l'arbre de tourmaline, quémandant quelques explications, tandis que de superbes vierges s'offrent voilées de mousseline.

Mais quelle importance ? Pour quelle utilité ? En moi-même se construit cette géométrie interdite de poète, cette volonté mathématique de chiffres et d'invisibles structures. Hélas, Hélas ! Ce n'est qu'un mirage.

Voici la nuit saignante avec ses tessons de vers, ses corps de poignards dans la rose écartelée, voici la nuit avec cette fille de fleur qui hurle, et son sang gicle et se répand sur sa robe blanche.

Voici la nuit avec ses lumières de laser coupantes, avec son silex moderne et ses invisibles douleurs, Voici la nuit qui arrache, qui écorche, Le poète souffre, hurle, plonge dans la poussière et supplie.

Faut-il ramper ? Faut-il gémir ? Quelles possibilités nouvelles pour que l'esprit inventif s'élève plus pur encore, pour que flammes et incendies irradient l'intérieur du crâne, pour que source et images viennent féconder l'univers spéculatif ?

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Un esprit de génie

Un esprit de génie qui conçoit prend des risques. Ses rumeurs et ses chocs l'éloignent du commun des mortels. Il est un incompris. On le fuit, on l'évite, mais parfois l'on peut être ébloui.

L'homme pense, évalue, transforme. Et cette tête pleine est immense et difforme. Il s'abaisse parfois et cause avec les plus humbles de la pluie. Mais c'est un souffle puissant qui mugit en son crâne.

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Perçus dans l'esprit

Perçus dans l'esprit Des sons curieux, incompatibles, Bruits plutôt que phrasés, parlés Et assourdissant la pensée, Échos perturbateurs et monotones Que la conscience offre puis cache, Et enfin détruit, efface. Sans s'associer, ils se répondent. Les uns accrochés mollement aux autres, Ils sont syllabes cacophoniques, Expressions indistinctes.

Là, au fond de la cervelle Les sons résonnent Et veulent voir le jour, Puis hésitent, se refusent pour disparaître.

Le poète chemine, attrape et tente De saisir l'instant.

À peine se sont-ils offerts Subrepticement, qu'il marche Dans son âme, précipice, miroirs Et sources renouvelés de mots inconnus.

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Je fuis

Je fuis ce moi-même, Je m'envole loin de cette phrase décadente, Concept et proposition d'autrefois. Les mots s'assemblent mal, S'intègrent mal les uns dans les autres. Et le réservoir de sonorités, de syllabes Où je plonge mon esprit Est lavé de coups douteux, De solutions discutables.

Je voudrais creuser Aller au plus profond de la terre, de ce moi Aux racines des synapses Dans l'inconnu du langage.

Devant mon frontispice, il y a les volets De la conscience, toujours en éveil Constamment en attente, Possédant une patience de prisonnier.

Il y a l'intérieur, La pensée associée à la vitesse. Qu'espèrent-elles ? Que peuvent-elles ?

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Le langage désire, Le langage parie et refuse.

Je rentre encore en moi-même, J'apparais là tout au fond. Je suis spectre, hallucinations, Gaze inconnue et Volonté délétère.

Là encore est le vide Avec ces doutes, son écriture fantoche, Ses incertitudes, Ses images ridicules et détestables, Ses risques.

Je nage dans les images Et l'oeil retourné veut puiser dans la mémoire, Puis des cloches, des sons, Cela semble une rumeur et des crissements, Cela semble vouloir parler, Est-ce prodige ? Est-ce gain ?

Oui, je suis dedans, je vis à l'intérieur Est-ce l'oeil de la conscience ? Puis le silence, le vrai silence Silen

rien.

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Le lac de mots

Ma mémoire ? Une réserve, Un réservoir sans fond, ni dimension Aux contours indéterminés, vagues et abstraits. L'oeil est à l'intérieur, il observe, Tente de comprendre cette masse lourde et épaisse Où nagent parfois des résidus de mots.

J'apprends à me débattre, je devrais faire Christ Et marcher sur moi-même. Donc je dois aller du point A au point B Sur ce lac stupide de mots Sans couler, sans me noyer.

J'observe ces syllabes confuses qui grouillent Comme des vers sur une plaie sanglante. Ce lac est ébullitions épais et flasque. Des sons comme des bulles d'ombres ou ocres Sautent ici et bas, et se gonflent pour éclater.

Je vais puiser dans cet amas indescriptible Pour en extraire des signes. Je vais m'en gargariser. Non, l'eau de ce lac ne se boit pas.

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Alors qu'en faire de tous ces mots ? Les quérir avec une épuisette Et les assembler pour obtenir un poème ?

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Femme bleue

Femme bleue dans les airs Seule, idéalisée, impossible battements.

La pensée cherche Le coeur espère

Brûlante d'immobilité D'extase bouillonnante tourbillonnante Elle s'élève sans pleurer Parmi les hautes fleurs de fille.

Elle est Éclatante dans la lumière du jour Vaste espace que sillonnent des mots clairs Elle s'épanouit devant mes yeux, Bondit sublime d'irréel

Je conçois mon éternelle, La vois très nettement J'évolue dans mon imaginaire.

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Espace

Espace Espace mien Qui voltige, tourbillonne Se pense, s'engendre et jamais ne cesse

Au plus profond de ma chair, Est-ce un monde

Qui conçoit, qui écrit ?

Qu'est-ce ?

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La jeune fille

La jeune fille sublime et inconnue traverse la raison, se perd dans mon esprit, et confuse, alerte ou libertine cherche un endroit pour se cacher.

Pourquoi désire-t-elle couvrir sa nudité quand nul, à l'exception de mon oeil interne, ne peut l'observer. Subrepticement elle s'empare de mon silence, et tente de s'en vêtir comme d'un pagne.

Je la vois, je ris de sa gène et je lui offre quelques légers brouillards confus de la raison dont elle s'habille rapidement. La voilà qui sourit, qui s'esclaffe et offre un premier chant à mes oreilles caressées.

Elle évolue dans une attitude d'un pas de deux, sensible et légère. Mais il est des actions, des gestes et des comportements que je ne puis comprendre. L'ensemble parfois me semble incohérent, saugrenu et irresponsable. Je m'en amuse pourtant...

Elle circule à présent dans les méandres de l'interdit, se glisse, semble fuir et disparaître pour revenir nourrie de fantasmes nouveaux, de possibilités audacieuses... Voilà donc sa culture ! Voilà ce qu'elle reçoit et ingurgite sur le chemin du risque...

Mais oui ! Tout à coup, je comprends : elle quitte mon âme, jaillit par mes yeux, bondit sur le sol et se dimensionne, comme par un 21


effet magique, en quelques instants, à l'échelle de la femme - là devant mon regard ! Sa nature humaine m'étonne, mais je m'engaillardis, la saisis par la hanche et la fait tourbillonner sur elle-même afin que le personnage puisse renaître et se comporter comme ma raison l'avait imaginée.

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Dans la pensée obscure

Dans la pensée obscure de ma raison défaite, il m'oublie, il se cache comme un serpent de verre qui apparaît, qui disparaît.

Enfoui en moi - je connais pourtant son nom - il est là timoré, fourbe, vicieux et parfois sexuel - il attend pour sortir que la nuit commence (il faut déterminer par quels moyens l'inspiration poétique, sa soeur, conception absurde etc. se manifeste).

Eh oui, enfoui en moi, soupirant, noir comme le charbon dans ma cervelle stupide, la tête toute fécondée d'espoirs nouveaux, j'attends, l'éveil du souffle de vie...

Qui est-il ? Où est-il ? Pourtant je sais qu'il se terre. J'entends même les premiers suintements de syllabes prononcées. (Quand tu es absent, je me crois libre. Le suis-je réellement ?)

J'attends comme l'enfant. Je m'angoisse de cet instant. Je déteste ce moment construit sur l'éphémère et sur l'insignifiant.

Puis sonal, sonnerie en quelque lieu de délice, du coeur de ma cité (- vérité d'image comprise ou refusée par le lecteur ?) l'obsession Baudelairienne travaille les âmes poétiques... Tu vois, je ne dormais pas, j'espérais, j'attendais seulement.

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Je prends donc ce support de poésie en forme de rose de Pasolini, pour tenter de produire, mais que puis-je ?

Agacé, dans la pensée sombre, j'emprunte quelques mots, quelques idées. Je ne les couche pas en italique. Puis comme une muse qui s'épanouit : "Est-il satisfait de ce que tu obtiens ? Poursuis... continue...".

Concept ridicule par le travail d'autrui Médiocre moi-même qui cherche toutefois Concept rêvé par la pure intelligence Que je ne possède pas, que jamais Je ne posséderai.

Forêts de lettres, masses touffues d'images, Comme je cherche pour ne rien découvrir !

Je n'ai que cela ? Hélas ! Hélas ! Toutes ces pertes que je subis comme je voudrais les récupérer et travailler sérieusement. Être comblé de bons résultats, et non pas de cette abjecte stupidité ! Quelle idée de suffisance ! En qui puis-je espérer ? Mes recherches poétiques ? A quelles raisons ? Vers quel avenir ? C'est encore un prétexte de faiblesse, de ridicule et d'insignifiance.

Peu et très mal, - très faible. Rien, rien et rien.

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Tout en soi-même

Tout en soi-même, il a cherché Souhaitant extraire, Ou pénétrer au plus profond, Désirant se délecter De sa propre substance

Il pensait s'endormir Dans l'ombre immense de sa chair Reposer dans un lieu de bien-être et de quiétude

Le temps disparaissait Inutile d'angoisse et de crainte Son être s'épuisait En secondes lourdes de jouissance Son être était apaisé

L'âme était dans le corps Le corps était dans l'âme L'esprit voulait-il revivre ? La raison se dresser, penser Et encore exploser Beauté transparente d'idéale ?

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Dans l'inconnu où naît l'impalpable Où commence l'insignifiant, Le grain de sens s'écoulait Pour aller se baigner dans sa source claire.

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Mots

Mots, impossibilités d'associations, de combinaisons défuntes, tirés de la cervelle féconde, tentatives difficiles du langage, entre les bons coups et les risques insolites, solutions accumulées sur la page stérile, qui veulent s'enchaîner les uns aux autres.

On cherche, on s'épuise, on croit découvrir et cela semble peu, cela semble ridicule. Mais comment penser autrement ? Trouver d'autres exigences.

Insistance de cette raison où éclatent des offres poétiques. Cervelle nourrie de laitance d'autrui après avoir malaxé ce vrac de syllabes.

Puis cette armée de substantifs, pronoms, verbes dans ordre et désordre, petits soldats obéissants ou cavaliers solitaires.

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Mots extraits

Mots extraits, tirés de quelque néant, là tout proche, qui semble éloigné pourtant. Combinaisons audacieuses ou insolites qui se croisent ou s'encastrent en une phrase parfois. Les solutions s'enchaînent, semblent former une ronde organisée par la main du poète. Ainsi se conçoit l'acte sublimé dans sa petitesse, dans sa grandeur aussi.

C'est geste solitaire d'une plume habile qui prétend animer un dialogue interne.

Tu organises un songe et tu veux y régner.

Accède à l'impossible.

Nourris-toi de la chair sublime du poème !

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Messages II

Parler avec soi-même

Par la fente on observe L'instantané passer Comme des particules en suspension Dans un rai de lumière. Il y a l'imperceptible presque, L'inaudible, l'improbable et le doute Qui s'entrecroisent, se juxtaposent Et tentent de cohabiter.

Au-dedans, il y a des sortes de tentacules Légères, invisibles et silencieuses. Elles préfèrent délicatement les propositions offertes. À l'extrémité de leurs doigts sont des yeux D'une acuité visuelle extrême, Ils touchent, voient et palpent, Refusent ou prennent. À quelles raisons, décident-ils ces doigts ? Qui ponctionne, qui retire ou exploite ?

À l'extérieur, on peut supposer Qu'il y a un front, sorte de muraille, D'épaisse Carcassonne. Mais dedans ? Là des idées changent de formes 29


Sont acheminées, transmises Par un dialogue intérieur, Par une activité électrique encore inconnue.

D'autres d'espèce chimique S'évaporent, disparaissent pour s'associer ailleurs.

C'est donc échos, lumière déversée, Brassages d'images, fluidité de désirs, Maîtrise temporelle, échappée de seconde

Segments, fragments de bouts, de propositions, Associations contrôlées, libérées.

L'esprit extrait des mots, des groupements. Qui fusionne, qui combine ?

Les ressemblances épousent l'analogie Et le contraire se juxtapose rapidement. Le mensonge tire son origine de la vérité, La vérité tend vers la sagesse poétique.

Parler longtemps avec soi mène à quelque chose.

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Nuit

Nuit Comme un front rempli de torpeurs De lumières sombres, d'accidents éblouissants. S'éloignent, s'entrecroisent les feux Et les phosphores dans les miroirs de la raison.

Encore la sainteté avec pureté d'ailes blanches, Avec écrasement et douleurs infinies.

Le ciel ouvre les murs Et apparaissent les Dieux, Beauté et Beauté.

Retours au travail, en soi, par autrui, Par Eux, par la blancheur spirituelle.

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Je suis sans être

Je suis sans être, épanouissement de mon néant, plénitude de mon vide.

Puis je plonge dans ce lac de pensées Où grouillent confusément les perceptions du langage, Où les grondements entendus Par l'alchimique opération Se transforment en cristal de musique.

Apparaissent les vagues successives d'analogie, Images dérisoires ou sublimes symboliques. Les concepts et leurs contraires participent À la construction du raisonnement.

Les symétries, les parallèles S'entrecroisent et s'imposent. Jusqu'à l'effacement final Pour la mort du poème.

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L'écho

Je suis infiniment rien, Je plonge dans le néant. Au-dedans de moi-même, Je perçois un lac de mensonges. Le vertige porte mes pas. J'écoute une parole conçue et pensée Par l'imaginaire, par la raison, par la folie. Les mots pensent pour moi, Je suis l'écho qui projette une rumeur.

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La cité intérieure

Environné d'espoirs Souffle immense de rumeurs Grandes silhouettes impalpables Alors je pense, j'entends Je conçois Les perceptions sont irréelles Inaudibles - tout se fait et se défait Autour de moi.

Donc j'avance dans mon centre Dans ma pensée circulaire. Oui, j'avance Au milieu des graines illuminées de phosphore, de néant de certitude et d'imbécillité J'avance de manière sereine.

J'entends un murmure plaintif Y a-t-il bourdonnements d'images ?

À présent je produis quelque peu Je tire des signes Un espoir est planté dans la cervelle

comme un drapeau noir sur blanc 34


comme des signes sur une feuille de papier.

Le poème s'élabore. Voilà, Dans ma ville poétique, Je réveille les néons, Quelques lampes s'éclairent Je prends en moi, je vole à autrui Je déambule sur les traces de mes idées bric à bric d'étincelles Maintenant je marche à droite, à gauche, je décris ce que je vois.

Façade belle de femme, serrure de sexes odeur de salpêtre Oui, comme une statue de marbre puis portique, comme intérieure Va-et-vient du passant balance, oscillations et toujours ces silhouettes formes impalpables, inexplicables mais présentes Je cherche dans cette rue l'extase Mes yeux chavirent, brillent, miroirs captivants. 35


L'avenir toujours est interne, occulte, sous un flot de transparences sous des folies de merveilles Il brille de femmes, de feu, d'orgasmes Tout se mêle, se dissipe, se recrée dans la grandeur du Temple On entend des voix monter, supplier, quémander, On entend des gémissements l'âme se plaint, interroge et veut jouir comme une fille en rut dans l'épanouissement. Les souffles lentement s'éloignent.

Me voilà à nouveau titubant cherchant un principe absolu qui m'échappe qui m'égare.

Au milieu des réverbères, je tiens ma lanterne allumée de certitude certitude ? A rire

Me voilà couvert de la cendre des étoiles ! Je cherche un nouveau quartier un lieu où l'être comprendrait 36


sa durée, son génie, son invention. Une porte pour l'être ? Non ! une voie sans issue je cherche encore donc j'écris.

Chaque lettre s'associe, se confond, se mêle, va puiser dans la mémoire quelques possibilités la ténacité persiste elle ressasse et veut exploiter.

Au centre de la place, il y a un jet d'eau, un arbre fluorescent, est-ce pensée suprême est-ce coeur de la ville ?

J'avance à grands pas dans la cité solitaire Les immeubles couvrent de leurs ombres le seul passant hagard que je suis. Je cours mais je me crois immobile je suis comme soufflé, aidé par mes pensées pourtant je n'ai pas même l'impression d'avoir marché. Je crois être resté moi-même, au même endroit... 37


Le temps semble le même, et instable à la fois.

Oui, j'écrivais donc à la lumière de ma cité dans le dédale de ma raison en absolu de croyance en certitude d'éternité et de prétention.

Ainsi j'achève l'acte, le mouvement de mon propos avec conscience de perte et de faiblesse avec l'espoir de chasser l'infamie.

Je me parle encore, mais l'autre dort. Entends-tu ? Non je dors. J'avance dans le noir, seul.

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Inspiration

À peine éveillée, encore endormi, j'écoute cette masse inerte de conscience qui balbutie des sonorités, qui propose des images douteuses.

Ma pensée est ankylosée, elle se meurt lentement comme un ivrogne rempli de mauvais vins. Mais elle se plaît de cette fatigue, de cette langueur de reptile allongé au soleil. Ou mieux, elle flotte dans les relents du langage.

J'entends un mot qui me parle comme un écho. Puis j'entends un autre mot différent. Je tente de les associer les uns aux autres dans ce dédale de vocabulaire, dans ce vacarme de nuit bleue. Oui, j'essaie.

Pourtant je me crois dans un désert d'images, l'immensité de ma stérilité m'arrête là.

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Question

Pensée Pensée qui se conçoit sans cesse qui se nie et s'engendre qui s'associe et se perd dans l'espace de ma nuit

mot qui cherche mot qui circule dans l'imaginaire je veux mêler, faire fusionner, engendre, croiser

de nulle part doit venir l'espoir de gain de conquête de résultat positif

Est-ce poésie que de supposer ainsi ? Qu'est-ce alors ?

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Sound and music

J'entends passer des sons du brouhaha confus qu'il faut purifier,

Je les vois parfois ces volumes d'intensité, ils sont sphériques et renferment des idées

Je suis l'intermédiaire, une sorte de mauvais médium J'entre, je suis dedans Je peux m'entendre, les sons viennent-ils de moi ?

Je carambole comme un joueur de dés Il y a cascade d'aigus, de clairs architecture d'éclatantes de graves La belle harmonie consiste à placer aux bons endroits, à organiser - toujours organiser en couplage, en tierce.

Je cherche le silence il ne s'invente pas Je veux construire 41


dans cet espace, le mien Tout se situe dans l'esprit Il faut trouver encore un principe d'harmonie.

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Sphère de mots

Tu évolues dans une sphère de mots. La fille aux lèvres belles toutes les nuits, s'exhibe nue et lancinante à ton bureau. Quand ta bouche parle, elle commence une transe sexuelle, retirant de manière vicieuse ses habits. Elle ne garde que ses cuissardes noires. À tes pieds, elle supplie. Elle apporte des lances, des sagaies, des armes, t'implore de la tuer.

Toi, tu ne sais que faire. Elle est belle, brune aux lèvres rouges. Elle ressemble à la femme de Putiphar et tu te prends pour Joseph.

Il y a autour de toi, il y a... Non, il n'y a personne. Tu l'entraînes dans ton lit. Des ombres te fixent. Tu feins de les ignorer. Tu la prends, la tords. Tu exploites tous les chemins qui mènent à la jouissance, dessous, dessus, dedans. Tu bois la coupe de feu. Elle n'est pas innocente, elle est chair et aime. Tu te reprends dans ses viscosités, dans ses méandres luxueux, de poils d'odeurs entremêlés.

Sur ton sommier, elle est araignée vicieuse, géniale, tu te répands, tu jouis, tu expulses, tu dictes ce que tu veux écrire. Tu te sers de l'image. Tu évolues dans une sphère de mots.

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Couloirs, couloirs

Couloirs, couloirs désespérés de la raison Où l'on court pour fuir sa folie Portes ouvertes, portes à défoncer Obligations, interdictions. Il y a des chambres, des bibliothèques, Des lieux de plaisirs, de prières Chaque ouverture débouche sur une mémoire De soi, d'autrui, de social.

Dans la chambre poétique On ne joue plus aux cartes Mais des bijoux de femmes se pavanent sur des sofas Il y a chairs de chevelures tumultueuses et ébouriffées d'araignées blondes.

A la sortie du rêve après avoir franchi la limite du front l'oeil extérieur m'éclaire me propose d'autres images De lumière, de sang, d'orage.

Je prends, j'exploite, j'écris entouré d'ombres il n'y a nulle chair vivante 44


je marche là autour du bureau j'écrase les idées, je les piétine comme un raisin moyenâgeux pour en extraire du vin.

Il est transfiguré, il est sacré Sa chambre se situe au centre du monde La pensée s'y nourrit avec joie L'esprit s'éveille la nuit L'esprit l'embrasse La beauté lumineuse est transparente de vérité la certitude dit : oui.

Les scorpions, les rats, les barbelés, Les épines dans la chair, les piquants Les feuilles d'exorcisme, les crucifix

L'architecte, l'espoir du penseur Le fils inconnu de l'église L’oint civil le voyant lave ses yeux

Les murs transpirent d'invisibles de morts de vice et de honte Les souffles pourris des ombres 45


circulent dans les airs.

L'intelligence veut instruire l'homme le temps est ennemi Il entrevoit, désire obtenir la gloire de n'être pas Il hait cette stupide nécessité de vivre.

Aimer est Dieu comme deux amants qui se supposent qui se savent, qui se sont vu Le désir élève vers l'au-delà la raison voltige tourbillonne et s'envole

L'homme subit l'esclave du mal Il ne peut s'en défaire La cruauté est l'immense dominateur.

Le réel n'est pas tangible Qui croirait ? Qui accepterait de croire ?

Rien, nul fantôme. Tout est mensonge et fausseté, 46


évidemment !

Il y a masse de violence blanche non, ceci est imagination.

47


Je suis dans l'invisible

Je suis dans l'invisible, je suis dans l'impalpable. Pourtant je croise une ombre qui épouse une Personne et je la vois flotter là en face de moi comme un songe monstrueux composé d'un univers de morts. Puis un oeil me fixe, faiblement éclairé par une lumière interne.

48


Tombeau caché

Toujours vers moi pour produire jusqu'à déplacer ma main

L'instant qui court m'échappe quels que soient les chemins que j'exploite.

Je leur préfère ma sérénité cachée Tu peux me faire disparaître Mon avenir est en moi-même au plus profond de mon esprit

J'accède au point ultime La lumière est bien à l'intérieur ! Ma parfaite négation saura me détruire pour me faire oublier de tous.

49


Le marcheur solitaire

Je n'étais cette nuit-là qu'un esprit qui pense Aussi la concentration était sereine Au centre de la raison Je me mis à poursuivre l'image qui fuyait Fade coureur, je chutais sur moi-même Je m'étalais toujours plus en avant.

Venues d'un toit invisible, des bulles de mots Poussées par le vent Plongent soudainement dans ma pure certitude Des roses noires porteuses de pensées Les accompagnent Elles désirent convaincre ma volonté. De quoi ? Me faut-il deviner ? Je dois savoir.

La chute légère d'une bulle caresse l'eau, Enivre ma raison de questions insensées. Je m'éveille au milieu de sensations douteuses Et je poursuis mon investigation Cherchant vers l'avenir.

Le sentier de l'audace est là, un peu plus loin Vais-je l'emprunter ? Audace ! Comme je préférerais le survoler ! Je réfléchis, j'hésite, que faire ? 50


J'entendis s'éloigner une ombre peureuse, Était-ce l'image qui fuyait ? Je décidai de m'en retourner, Je regagnais le centre de la raison pour enfin dormir.

51


Lumière

Tout s'éclaire : La pensée est à l'intérieur Légèreté vivante J'existe dans mon espace, là est ma demeure

L'ombre des morts est remplie de vide est perte funeste.

Dans le ciel de ma raison je délimitais mon cercle clair nourri constamment par mes dieux espérant une consolation.

Que seront les livres ? Quel avenir sous mon soleil ?

52


L'éclair de sel

Dans l'éclair d'une pensée obscure Une solution évidente Fracasse la voûte de ma raison. Je protège ma tête Entre ces vastes mains qui écrivent.

Sans aucun doute une sonorité Venue du préconscient... Utile pour quel poème ?

Fallait-il qu'elle me réveillât Sur la portée de l'inspiré Au terme d'une image De fausseté, de dérisoire ? Ne pas critiquer est acte de sagesse...

Prends ta cervelle, écoute-la Poète à la réflexion ridicule !

Ce signal zébré dans ton ciel Mille fois recommencé N'est pas un espoir tari Mais une étincelle nourrie de sel À l'avenir certain.

53


Messages III L’insomnie L’insomnie de la nuit circule dans ma cervelle comme un long fleuve impétueux.

La pensée reste constamment en éveil, semble se plaindre et demande à se poser à une raison sur un support viable.

Ou ce sont encore des vagues successives cherchant à regagner un rivage qui se dessine avec difficulté.

Il y a un gardien du songe prêt à exploiter sa mémoire pour accommoder des mots ou des solutions d’écriture. Il est là ce vigile de minuit zélé, capable de bondir.

Des possibilités auditives ou vocables cherchent à monter assourdies ou cristallines, et cela se compare aux accords d’un orchestre avant le premier mouvement. Je n’entends pas de voyelles, mais je perçois des mots, des sonorités, des claires, des aiguës associées à des consonnes pour former des coups musicaux. L’alphabet est déjà constitué. Des productions se conçoivent sous le front, et la bouche articule et mastique ses aliments. 54


Elle pense, elle espère Elle pense, elle espère, s’élève, se foudroie, se détruit et renaît. La voilà sur la pointe des pieds, fille sautillante, légère et vagabonde. Je l’appelle Idée, - belle dans sa nudité, recouverte d’un voile. Elle pénètre l’esprit, elle va vers l’intérieur, atteint cette espèce de masse noirâtre qui bouche l’horizon. Mais elle plonge pourtant dans cet amas visqueux et glaireux là où l’intelligence refuse de s’aventurer. Parfois des jets lumineux semblent bondir de cet étonnant réservoir où le retour de l’homme paraît impossible. L’obscurité y règne. Parfois encore des souffles mugissent comme pour venir y chercher une respiration, puis ils replongent pour disparaître dans les profondeurs. Pourtant cette fille s’éloigne et atteint les premiers rocs rougeoyants. L’oeil fasciné du poète la regarde aller toujours plus loin, vers l’intérieur.

55


Je marche

Je marche sur de la matière endormie, point de formes, à peine quelque masse supposée ici ou là. J’avance pied droit, pied gauche. Alors jaillit à quatre pas de moi, une sorte de geyser vert et jaune. Étonné, je recule. Dans ce jet, apparaît une femme d’abord lumineuse et fluorescente. Lentement la couleur change et devient bleue. Cette femme, qui bizarrement correspond à mon idéal de beauté, s’étonne, s’observe et commence à se déplacer, à tenter de vivre. Là voilà à présent tourbillonnant sur elle-même, et riant de ses belles dents toute nacrées. Elle danse ou se plaît à bouger. J’observe sa plastique puisqu’elle est mienne. Sa nudité l’amuse. De temps à autre, elle me regarde et semble dire : “Voilà, je t’aime. Je suis Elle, l’as-tu compris ? Me veux-tu ? Je te dis que c’est moi.” Elle se balance, cherche l’équilibre entre le désir et la retenue. Ce n’est point une représentation audacieuse que me joue la raison, car elle est femme et existe vraiment. Du moins je veux le supposer. La raison du poète est souvent mensongère. C’est la parfaite idée que je puis avoir de ma moitié, - oui, femme perpétuelle dans la mémoire d’un songe, qui naît de l’intelligence et se met au service de la sublimation poétique. Oui, belle et vivante, pensée de l’intérieur, flamme de feu et de sang.

Toute composition idéale est naissance encore renouvelée.

56


L’imagination Il m’était difficile de soupçonner mon imagination capable de n’offrir quelque chose d’utile ou d’efficace. J’étais à l’entrée de mon âme et prétendais l’aptitude créatrice creuse sans possibilité d’élévation. Cela paraissait faible, relativement ridicule là devant mes yeux, sans le moindre soupçon d’image ou d’idée. Je décidai de faire demi-tour. Alors apparue l’irascible femelle, souveraine de mes misères et de mes splendeurs, femme fatale au collier noir, cruelle et dominatrice, comme suppliante et implorant je ne sais quoi. Pourtant je refusais de lui demander de se justifier.

Cette frénétique salope, ce bourreau sexuel était là à quémander selon le raffinement de sa sensualité supérieure. Elle se voulait domestiquée, soumise à mes superbes connaissances et désirait mon esprit de vouloir l’instruire. Dans la mémoire d’hier, vacillaient encore des fantasmes de bulles claires, de filles-serpents, de femmes-loups. Elles étaient ligotées à ma potence de chair érectée.

Alors je me suis vu grandir, bondir hors de ma raison et regagner le pur lac de mon enfance où j’ai commencé à vivre.

57


Pas assez creusé

Pas assez creusé, pas assez cherché, encore, au plus profond, en soi. Je ne suis qu’une ronde pénétrante, qu’un homme de l’ombre qui descend, descend, qui remonte et n’extirpe rien d’utile. Je poursuis ma folle plongée. Etc.

Dis-moi, stérilité

Dis-moi, stérilité, pensée façonnée par le temps, ne veux-tu pas descendre au plus profond pour y extraire de la lumière, une étincelle de vie, un brouhaha de paroles pour qu’enfin jaillissent des grandes feuillées dans le vagabondage de la raison ?

Ne jamais dormir, constamment réfléchir les yeux ouverts vers l’intérieur pour rêver de femmes dansantes, de soleils éclatants, de souffles exaltées. Etc.

58


Messages IV

I J’ouvre l’oeil intérieur Apparaît la femme errante et nue bondissante et dansante

Elle lutte avec le tigre s’éprend du taureau supplie le serpent Des agneaux s’enfuient là-bas dans la brume.

II

Le ciel condamne la bestiale.

Une sainte approche vêtue de pureté, c’est une pluie de soie dans le miroir invisible

Mille éclats explosent Hurle la pécheresse qui se tord dans le feu et retourne à la poussière. 59


III

Emmuré en soi-même pour accéder à l’éblouissement Je conçois de l’intérieur Je produis des pensées Je capte des couleurs

Des sonorités aiguës ou violentes s’accrochent aux parois des oreilles Les signes d’abord amorphes et volatiles se cristallisent dans la réserve de mots Bouche d’intelligence qui ne malaxe que du mensonge Luminosité qui éclaire les caractères de l’inutilité. Oui, l’ensemble se combine pour éclater en splendeur de pacotille de ridicule de poésie Je fuis mon ombre j’avance dans la certitude 60


au milieu de forêts fantomatiques évitant les constructions invisibles du souffle D’autres éléments défilent Je les embrasse en tâtonnant Sont-ce des vérités ? Sont-ce des images ?

Dans cet espace personnel, je ne fais que penser.

61


Pensées souveraines

Pensées souveraines Déployées sur mon front

Par des certitudes poétiques Se construit l’écriture

Les doigts agrippent le calame Obéissant encore Obéissant et disciplinés

Le mot poursuit le mot L’accompagne, le devance, L’entrecroise La main questionne l’oeil : Produire ou attendre ? Des spectres d’images Commencent à apparaître Par la féerie créatrice

La feuille lourde exige une soeur pure La page remplace la page

62


L’œil intérieur contrôle Phare toujours ouvert

Cherche en toi, La nuit s’illumine de mystères !

Pensées souveraines Déployées sur mon front

63


La phrase

Je fuis cette phrase insipide j’en cherche une autre

Les mots apparaissent çà et là dans des clignements d’yeux Ils essayent de briller pour que je les capture, les saisisse papillons de fortune

Puis ce sont des flux et reflux de syllabes accompagnés de sonorités bizarres, aiguës, agressives

Tout se situe dans le front la pensée s’y répand elle essaie constamment d’accorder le signe d’encre avec l’idée l’imperceptible se mêle au perçu le pressenti à l’insoupçonné L’écriture se conçoit le langage balbutie, hésite, et propose d’étonnants babillages 64


Je cherche à converser avec moi-même Je navigue bêtement baigné de doutes La vérité n’existe pas L’image, l’inspiration, les chiffres : Tout est trompeur Jusqu’à ce bruit sourd, sorti d’une sorte de chaos qui bourdonne dans ma cervelle J’espère encore observateur à l’oeil inversé obtenir une autre phrase de qualité cette fois

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Les pensées, ces fleurs Je pénètre dans l’âme qui ouvre Sur le jardin poétique

Les pensées semées ici et là s’élèvent et tournoient sur des tiges invisibles

Elles se balancent à droite, à gauche tombent et se meurent

Elles essaient de tenir sur cette page pour produire quelque arôme parfumé de charme, enivré de liberté de délicat et de subtil

Elles ondulent en mouvement imprégné de grâce et de douceur, se ploient et se déploient lentement tourbillons légers ballets de fleurs

Elles sont le poème que nous ne parviendrons jamais à écrire Les paroles parfaites qui échappent à l’inspiré 66


Elles sont cet autre chose imperceptible et irréel

Elles sont ce que la plume nous conseille de dire ce délétère, ce soupçon évadé à jamais enfui.

67


Éblouissements de nuit

Éblouissements de nuit nous voyons sous l’invisible des traces de vérités phosphorescentes Tout se situe à l’intérieur nous y montons, y descendons cherchons encore

La pensée coupante tel le diamant pourfend la chair, la déteste, détruit le corps

Le temps, éclair ou éternité s’immobilise dans l’âme du poète qui est violence, qui est colère foudre jaillissant des yeux

Idole se détruisant, admirant son génie contemplé de personne méprisé de tous,

Toi qui te vois et t’observes 68


priant ton propre soleil lion et force rugissante, es-tu lumière ? Scintillements imperceptibles ? as-tu rencontré d’autres soleils ? Certitudes de minuit nous prions ensemble dans l’ardeur et le feu du savoir L’esprit nourrit sa pensée de gerbes fluorescentes La lumière embrasse des présences pour disparaître oubliée dans une forêt de syllabes et de phrases

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Une existence d’effacement

Être sans être dans un parfait silence dans l’épanouissement du néant au-delà du principe temporel dans l’éternelle immobilité de la seconde où se développent, vivent, naissent et disparaissent des bulles de syllabes, sublimes confusions de langage C’est encore la construction d’images pour le vide intérieur où la symétrie côtoie le déséquilibre où la mémoire bondit constamment C’est le soleil noir sans aurore ni crépuscule sans éclipse ni clarté C’est exister dans un monde d’effacement

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La cité intérieure

A la lumière de ma certitude, la nuit pénètre dans ma demeure sa forme blanchâtre caresse les constructions invisibles

Je descends au plus profond du silence essayant dans l’opacité de l’avenir d’accéder à quelque délire L’ensemble des signes souhaite élaborer un poème

Des architectures sont en mouvement sur les structures de la pensée La puissance de l’esprit échafaude leur montage

Un refus de la conscience les atomise en un laps de temps insignifiant

Des briques sur des briques flottent, se posent, s’installent

Un ciment vulgaire grossier de et de ou 71


par ses propriétés grammaticales cherche à solidifier l’ensemble J’erre donc sur un liquide épais compressant les images pour en extraire une essence Je pénètre l’âme des poètes, j’en tire leur génie je m’applique à les imiter avec plus ou moins d’aptitude

Je flotte sur leur catafalque de gloire ma richesse est délétère faite de vibrations émotives

Rien ne résiste, tout s’envole, s’enfuit, Nuages... nuages

Constamment, incessamment, se croisent et s’entrecroisent dans le miroir de l’invention des figures inouïes L’ensemble participe à l’édification de l’oeuvre 72


Est-ce oeuvre ? Monticule de livres ?

Cela se situe dans le front c’est un hymne de syllabes qui mugit sa puissance ou son délire infini

Vapeurs, tourbillons, nuées, chevauchées et fuites,

voilà ce qui se passe dans la cité intérieure

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Il n’y a pas d’issue

Je suis accroupi et nu au milieu de mon cercle que je délimite avec l’aura de mes pensées.

Dans la pureté de ma nudité, mes yeux sont tournés vers l’intérieur - je me nourris de mon passé, j’habite un présent, puis-je concevoir pour l’avenir ? Je me replie, m’enferme dans la chair, je veux écrire.

Les idées sont éloignées, il y a des brumes de nuages là-bas. Au centre du paysage, un immense trou. J’y jette mon esprit. Au fond une étendue d’eau. La nourriture de la mémoire s’y est déversée. Tout est irréel, onirique ou virtuel. C’est un possible que j’invente ! que personne ne lira, que Dieu connaît. La vérité refuse d’ouvrir la porte, le possible tourne et tourne sur soi-même comme une toupie qui cherche.

Où suis-je ? Où en étais-je ? J’espère encore, supposant mon futur. Il n’y a pas d’issue. Cela va disparaître. Je le sais bien.

74


Il n’y a pas d’issue

Je suis accroupi et nu au milieu de mon cercle que je délimite avec l’aura de mes pensées.

Dans la pureté de ma nudité, mes yeux sont tournés vers l’intérieur - je me nourris de mon passé, j’habite un présent, puis-je concevoir pour l’avenir ? Je me replie, m’enferme dans la chair, je veux écrire.

Les idées sont éloignées, il y a des brumes de nuages là-bas. Au centre du paysage, un immense trou. J’y jette mon esprit. Au fond une étendue d’eau. La nourriture de la mémoire s’y est déversée. Tout est irréel, onirique ou virtuel. C’est un possible que j’invente ! que personne ne lira, que Dieu connaît. La vérité refuse d’ouvrir la porte, le possible tourne et tourne sur soi-même comme une toupie qui cherche.

Où suis-je ? Où en étais-je ? J’espère encore, supposant mon futur. Il n’y a pas d’issue. Cela va disparaître. Je le sais bien.

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Vaste labyrinthe L’âme est un vaste labyrinthe où des pieds sonores courent et circulent. Je les écoute caché dans l’ombre. Je les espère comme des talons aiguilles de femme, et ne vient : qui est-elle ? Est-ce ? C’est bien dans l’âme une étrange confusion de sons, d’ivresse, d’espoirs et d’imagination fantasmatique.

76


Messages V

A personne

Je ne lègue à personne Ma part de poèmes, de rythmes Qui s’élaborent dans mon désert

Enfermé en moi-même Au plus profond de l’exil Nourri d’imaginaire

Sans contradiction, mais sachant Évidence immuable L’organisation de l’homme est facile Collectionneur d’images, de sons, d’invisible Proposant des fréquences, Je fomente dans mon âme fertile.

77


*

Voilà, voilà encore cette impossible recherche, désespérée, désespérante, au plus profond du moi scrutant et intérieur, désireuse d’obtenir un splendide résultat. A-t-elle quelques moyens ? Pourra-telle se prévaloir de pénétrer l’immense conscience que le poète suppose posséder ? L’esprit attend cette formidable décharge de la cervelle, cet élan de vie intellectuelle permettant d’accéder au Poème.

Et quel est son futur, à ce poème ? Quel avenir, lui déjà à jeter dans les tiroirs de l’oubli, dans la satisfaction personnelle mais stupide ? Car le poète est imbu de son Moi, il se gargarise de sa propre substance. Il possède la certitude de sa capacité... Il ne saurait en démordre.

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* Quelque chose d’infiniment ridicule qui doit s’ajouter sur une perception presque blanche, inconnue ou livide. L’oeil se balade, spécule, cherche, l’oeil au fond de lui-même.

Négligemment attendant, espérant un Je suis dérisoire. Et c’est ce rien qui se propose, à la vue de mon visible intérieur Cette pensée, et voilà - n’est-ce donc que cela ?

79


Non pas un monde, mais des mondes

Non pas un monde, mais des mondes inclus, s’ignorant dans des espaces où le temps varie où le temps décide de l’existence

avec un catalyseur un instrument de passage de convertibilité

pourtant incapables de communiquer les uns les autres, interdits d’accéder à du franchissable Passer d’un monde à l’autre mourir Là-bas, j’étais mort

je suis redevenu vivant

Là-bas, c’est la connaissance du futur donc un autre monde Là-bas, je serai

ici, je n’existe pas

Être ici est impossible mourir ce n’est pas être mais c’est s’en retourner à son néant Je sais ma survie Je ne recherchai ni consolation ni espoir d’avenir pourtant

80

c’est


Un autre monde

Un autre monde, certainement avec des perceptions plus pures, plus vraies où l’oeil est perçant Un monde parfait d’avenir, de passé, de conscience exacte de certitude

Un monde supérieur, éternel régénéré nourri de sa propre substance où le temps est aboli, ou intégré, du moins compris Voilà pour l’hypothèse est-ce possible ?

Monde pensé par des Verbes d’éblouissements internes

Je dis : est-ce possible ?

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I

Par la fenêtre, nulle ouverture mais de l’intérieur

Fenêtre ouverte, fenêtre non il faut donc passer par le mur

Le soir toujours le soir avec soi Le grand agitateur de l’esprit l’emportement dans l’immense brouillard noir pour la lumière

alors du fond

du fond de soi

extirpe, tire, exploite, prélève impose à la cervelle d’obtenir mieux, plus Voilà l’image, la voix, les mots les premières formes une sorte de lumière c’est ça : travaille

82


En toi

Ce qui est au plus profond de toi est inconnu

Le souffle dort-il caché en soi ?

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I

Du clair penser Extrait de substance mienne. Au sortir de l’esprit, L’élan de la mémoire, Son parcours avec le temps.

La matière : Les lettres, ses fils - les signes.

À la recherche du possible, De l’audace, du risque. Plus loin, toujours en soi. S’éblouir dans l’orgasme Du poème qui croît Se questionner avec Gerbes ou pétales

Moi, encore Nourri de silence

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Sur le bord du rêve, tombant Ressuscitant Avec front soucieux

À nul, lisible Pour la fabuleuse compréhension Intérieure.

II

Toi, donc, quelles évidences ? Toujours refus, rejet toujours L’esprit, le coeur, la raison, Où se situe le siège ?

Le Conseiller Secret, Un moi-même inconnu, Caché là, avec sa femme, La Conscience L’oubli éternel, dit-il La ténèbre à vide Est-ce ?

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Messages VI

Enfouies les racines

Enfouies les racines A l’intérieur. Sur le bord des lèvres, Le murmuré, le poussé, Exil au plus profond : L’esprit cherche ce qu’il y a, ce qu’il croît. Plongée qui n’en finit pas. Oui, la mienne, encore, Dans l’errance maîtrisée Sur l’aile de l’Esprit.

Il faut produire de la parole. L’inspi, l’inspi offre, espère, Une fuite par le haut.

A tisser, à construire Perception fragile, C’est encore de la plainte inaudible, Pour une ligne de sillage sur le papier. Obscurcir ? Quoi ? 86


dans l’oubli du néant, on y songe on y songe Pensées brisées, basculées, tordues et bondissantes dans l’orgueil de l’espace intime Donc c’est l’appel du souffle il faut mémoriser, inscrire cette perception avec souffrance - il faut Mes yeux, orifices de l’écriture Gavés d’ombres lisent ce fini et le méprisent.

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Recherches de distances

Recherches de distances, ce sont les mémoires d’une même oscillation d’un imperceptible à définir sans connaître exactement l’origine

ce sont des tentatives des volontés de savoir des pénétrations très à l’intérieur

Des miroirs de plus en plus petits pour une sorte de calcul infinitésimal de décomposition de substantifs de prélèvements de verbes

Il faut aboutir dans le profond du Moi pour y extraire, - quoi ?

88


1 D’éclats percuté, d’éclats éblouissants pour une vision obstruée de l’extérieur mais vivante

en

D’images bariolées, d’images voltigeantes compressées, agglomérées indiscernables, à décanter

Les yeux plongent au plus profond du Moi

2

Il y a montée, jaillissement immense exaltation puis inquiétude volonté de maîtriser l’action, de contenir le verbe L’esprit peut-il ? Du moins, il s’y essaie. S’imposer d’ignobles coexistences de combinaisons audacieuses et grotesques, de solutions fantaisistes ou absurdes

Mais comment faire ? Comment

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Mémoire

Mémoire : vaste splendeur intérieure amas d’êtres, réels et d’images infinies où s’intensifie le sentiment J’oublie parfois la souffrance

Le souvenir se cache, revient, se transforme, gomme ses apparences, se nourrit de vérités erronées, - ce qui l’arrange

Je ne puis décider de mes souvenirs.

Le temps éloigne la certitude mêle du pur à de l’impur

Le temps construit sur du délétère égrène, efface fabrique du mensonge qui jure dire l’exactitude Mémoire

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Obsession consiste

Déchirure intérieure de douleurs inconnues au plus profond du non-Moi, cachée peut-être mais perçue, suc, par la sensibilité par la vibration émotionnelle du poète qui pense Plus loin dans les dédales de l’âme à jamais invisibles des images échappées, fuyantes, effrayées L’obsession du producteur consiste à faire remonter le fugace, l’imperceptible, l’oublié dans la nuit noire et marécageuse, l’obsession consiste...

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I

Plongeant en toi-même Au plus profond du Sahara De stérilité, d’aridité

Fuyant pourtant ton ombre de médiocrité fantasque et insignifiante

Ce que tu peux penser te concernant Est bien la vérité cruelle Ce n’est pas un modèle unique de critique détestable Il y a la lumière du dedans brillante et blanche qui sait hélas

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II

Lumière intérieure de vérités de certitudes préceptes lointains d’où la pensée tire quelque essence

Oui, tout là-bas dans la cavité interdite avec miroir et torche pour y remonter de subtiles indices poétiques raréfiés par un air inexistant

Enfin Moi qui tente et espère

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L’esprit avance L’esprit avance. Le jour est presque clair. Où en suis-je, où puis-je aller ? Je dois me supporter ou tenter de spéculer avec du matériel délétère. La confusion est dans cette tête. La lumière qui la définit, est parfois ténébreuse, occulte, délimitant l’extrême à atteindre. Je ne vois que du vide, et bien sûr, il me faut le remplir. Je me reconnais, - oui, c’est moi, dans cet espace virtuel de possibles, d’inexistants et de probables. Je m’épanouis accompagné de cette curieuse lumière et j’organise le déplacement des objets. Je désire maîtriser mes mouvements. Je m’y essaie plutôt mal : tout semble s’activer si vite, et la pensée s’enfuit. Rien ne me sera donné. Je m’étais pourtant promis quelque triomphe obscur d’inconnu à satisfaire.

La nuit est tombée. Tu ne plongeras pas dans ce précipice où le vertige excite ton possible. Tu en prends du plaisir à déplacer l’effroi et la crainte du Néant. Tu avais autrefois glissé là tout au fond, tu y avais remonté ton absence, une souffrance inconnue, une certitude de faiblesse. Tu sais à présent ce que tu as fait.

94


La lumière insistait

La lumière insistait et cherchait éternelle et superbe à éclairer mes pauvres yeux gisant dans l’ombre. Je voulais échapper à la pensée grise et terne qui constamment pénétrait mon esprit. Je croyais voir des possibilités suprêmes d’intelligence autre. Je n’étais qu’un pantin articulé courant désespérément dans cette chair intime.

Tout mon mal résidait dans les limites de mon aptitude. Je n’avais en moi qu’une médiocrité détestable bloquant toute recherche de progrès. Je voulais changer cette durée qui rongeait mon avenir.

95


La nuit, je pénètre La nuit, je pénètre l’épaisse broussaille où s’endort mon sommeil. Du charbon plein les yeux, j’avance en tâtonnant pour atteindre une sorte de labyrinthe où s’irriguent constamment les sources de la douleur et du Mal réunis. Je me calfeutre dans cette espèce de buissons d’épines pour essayer d’y prendre quelque repos. Des torches flamboyantes illuminent parfois cet univers marécageux où je vois d’autres poètes qui y croupissent avec leurs âmes. Certains implorent et me supplient de les délivrer de ce lieu impossible. Quelques fois, il semble que le jour veut poindre dans leurs yeux de misère. Ho ! Lieu sordide, nuit de l’extrême, s’engouffrer dans ton vertige pour y disparaître à tout jamais, pour fuir dans l’infini de l’oubli, et aller de peu à peu, et de peu à plus rien comme un mouvement qui s’arrête ! L’espérance est dans la mort qui annule la vérité de la naissance.

96


Au plus profond du Moi Au plus profond du Moi

ainsi je m’enfonce

seul, seul, sans

personne pour m’accompagner

Nulle beauté bleue le soleil est de l’intérieur si soleil, il y a

Tout se cache dans le front Si je trouve, j’accède au triomphe nul ne le saura tant pis dit-il et tant mieux La justice soufflera-t-elle comme une tempête d’honnêteté ? Je me plante dans des sables blancs, d’une finesse absolue et parfaite je puis m’extraire quand bon me semble

Où est ma force ? Je ne suis que faiblesse

Si du moins je pouvais construire un chemin invisible sur une sorte d’immense jeu d’échecs car demain c’est ma mort, c’est ma fin

97


En moi toujours cette pensée répétitive :

la splendide trace où quelques oiseaux hagards viennent se poser

Constante est cette certitude dans son esprit.

98


À la recherche du Non-signifiant C’est dans cette boîte de cervelle qu’il te faut puiser et extraire regarde bien à l’intérieur il y a d’éblouissantes semences des jaillissements de germes des champs d’expectative à explorer des terres et des terres favorisées par la pluie jamais encore piétinées ou caressées sublimations hypothétiques dans l’obscur de ta conscience

fuite, élévations, puits qui jaillit

Je veux prendre le silence pour y planter quelques possibilités de son, de langage pour y jeter des graines d’avenir. j’ai besoin du syllabaire secret d’odyssées Elytis “Brave, écrit-il, maintenant tu sais me lire.”

Je dois donc travailler, puiser, plonger pour y capter le Nonsignifiant.

99


Le Temple

Je décidais donc de me construire un Temple éphémère ou immortel, un espace dans lequel reposerait mon âme.

Ô Temple de moi-même, éternel édifice Rare construction plongeant au précipice D’un néant inconnu, enfoui dans le Moi J’y puise un mendiant, un apôtre et un roi. La pure lumière venait s’y écraser, amante insatisfaite de la pensée volage. Ici une sorte d’accouplement devait s’opérer dans une vérité de songe, dans un idéal chimérique. La parole du poète comme un écho s’apprêtait à retentir dans cette pièce immense.

Tant de mémoire des auteurs disparus, tans de fantômes rôdant pour un idéal d’écriture, génies fortunés que j’invoquais et suppliais.

Des variables de sonorités semblaient courir ou percuter le vaste dôme serein et puissant.

100


Je caressais des statues de femmes d’une beauté inouïe et j’accédais au vertige de la contemplation fabuleuse - c’était une sorte d’orgasme cérébral quand la perfection esthétique atteint son paroxysme.

Puis là-bas, dans un halo concentrique composé de lumière éparse, elle, presque bleue au souffle clair constellé d’or, s’avance et s’assoie sur les dalles de mon Temple.

Elle, au plus près de la conscience certifiant la fuite de la gloire. En face, l’homme de l’indifférence détestant la volupté, niant sa puissance virile, refusant de respirer la chaude toison de son entrecuisse. Je préférais me servir de l’écritoire pour y transcrire les limites de l’Azur, pour accéder aux oiseaux au-delà de mon Temple, par degrés infinis.

101


Le puits

Ainsi je me courbai pour pénétrer en moi Un immense puits pour y chercher quelque substance J’en ignorai la profondeur

102


Résonances I

Je te devance Je te devance, tu me crois meilleur, m’espère Propose pour toi de toi à toi. Un nouvel être mieux formé, plus précis. Une fièvre intérieure, d’aventure. Avançons, disais-tu. Je t’aide, t’aide ; il faut du encore, du mieux. Corrections, neurones, cerveau, ce mécanisme associatif. Cette volonté d’ajouter. Protège-toi, évolue, monte. Recueille des produits nouveaux.

On saisit le fulgurant, au bord de son tremplin, de vide, de rien. Qu’est-ce que la pré-inspiration divine ? Cet impalpable de substance créatrice ? Oui, dans l’insécurité de l’invention où l’on cherche du valoir.

103


Marché en soi-même

Comment marcher en soi-même ? Comment aller vers sa propre écoute ? Comment s’élever ? Je ne suis qu’une onde infiniment rien qui pénètre, sillonne, s’enfuit désireuse d’atteindre le lieu secret de la raison prétendant y découvrir un soleil C’est un rêve de chaleur poétique un flux constant de désirs qui nourrit ma nuit J’enveloppe ma chair intérieure, je la dénude et la pousse aux soupirs comme avec une femme épuisé, serein, exténué, je m’endors

repu parfois Qui me soutiendrait ? J’ai dans la tête des glaces évocatrices des miroirs courts, menteurs, faussés

104


Non, je veux m’étendre sous des braises exhalées chaudes et phosphorescentes

Peut-être y trouverai-je l’or que j’y cherche ?

105


Où es-tu Où es-tu pour m’ignorer ? Suis-je insignifiant ? D’ailleurs, qui m’entend ?

Ainsi, dans cet espace, étranger près de la porte édifiée, - par-là je monte et espère.

Qui sait réellement quoi ?

Je traverse, transpose, prétends

106


Vide créateur L’âme plonge dans le vide créateur

La pensée foudroyée est morte, est vivante

du moins sa lumière est phosphorescente

Au plus profond, La fille s’étire Penser est un vice avide qui se dévide

tout élan est un infime commencement de l’intelligence

Il construit dans le rien, dans le peu, dans le mièvre il y cherche des preuves L’univers en soi Étire sa toute puissance

107


Le miroir J’en ai la certitude, c’est bien délibérément que je m’en retourne à cette unicité de l’être humain où s’agite le miroir du moi-même pour apercevoir quelques images fugaces des variables de différences en halos, halos qui s’enfuient Je m’attache vainement à des souvenirs anciens pour toujours revenir ver toi Tu déplaces une vérité pour éblouir ma conscience “ d’autrement vrai ”

Ma pensée est une interrogation qui tente une possibilité de probables et désire comprendre ce que le hasard a entrevu

Il fait gratifier la lucidité du mensonge

Es-tu perte avec déformation truquée de la vie exacte ? Tu souffres d’indifférence dans ta bulle irréelle. Tu insistes seulement compris de ton image Parce que ta tête est pleine, tu la crois utile mais elle n’intéresse personne.

Quelle aube ? Quelle connaissance ? Les actions s’effacent par la purification de l’esprit 108


Il faut passer par l’ombre Pour accéder à ta lumière Projette-toi dans le futur, si tu t’en crois capable Ou encore s’en référer à Dieu, au Père etc...

Ta vie sera une constante médiocrité de toi-même

Espère le contraire.

109


Je parle seul Je parle seul, j’espère. Je suis peut-être dans un état de recherches, d’attente, d’espoirs.

Il y a un vacarme intérieur, inconnu pour une grande oreille plaintive.

110


Homme puissant

Homme puissant, caché, invisible au-dedans homme incertain blessé, de sang bleu il parle dans son silence à sa femme

homme poète

Syntaxes

Syntaxes

justesse de mon être qui plonge en soi

et remonte

quelque chose d’aléatoire et de risqué ego renvoyé Le sang, le phosphore, l’énergie mentale

Syntaxes de modernité d’avenir ?

Que sais-je ?

111


Remonte Remonte au-delà de l’utopie reviens produire encore Le je sais

le je-ne-sais-pas balance

contrebalancée

dans l’illusoire

de l’oscillation double raison d’ambiguïté de bi-certitude encore Moi Fantôme désirant désiré en prise

en prisme

sous le voile d’un christ

La cité désertique

Parole sur parole Conçois ta cité désertique Passe devant les seuils, les grandeurs, les temples, les statues

112


* On voit en soi l’autre Soi Dérivé, varié, autre Une infinité de tons D’humeur, de feelings De sentiments - palette De peintre mêlant ses couleurs Pensant, changeant, concevant On ne sait jamais, on espère Que fais-tu ? Qu’as-tu voulu faire ? Est-ce là ta pensée Intégrée dans la matière ? Tu es fragile, existant à peine, Pouvant t’effacer, te nier, Trompeur, trompé - qui le saura ?

113


Je m’exile Au plus profond du Moi, je m’exile ou me cache Je ne veux pas me gaver de mémoire Comme un vieillard sans avenir Dans l’inutilité de son histoire Ma vie n’est qu’un long silence Sans éditeur, sans lecteur, sans métier Enveloppé dans la mort Je tremble face à cette femme ridée et vieille Oui, c’est moi qui frémis de crainte, de certitude Et de futur perdu

114


Je m’enfonçais Je m’enfonçais, Dans la certitude certitude d’être un incompris

Que me fallait-il faire pour que cela plaise ? Années d’agonie d’agonie en moi-même

Reste en toi, en toi, Ici ma vérité vérité poétique !

115


Résonances II

Des mots

Des mots secrets et interdits cachés au plus profond de l’être Guérissons-nous de nos souffrances ? Dans les plis de la certitude l’union s’impose nous espérons sans réel avenir

Par où

Mots, Par où la pensée pleure : l’homme - le reflet - la nudité la surprise - je veux, je cherche, origine le propice, le souhaitable, le médiocre, le Moi, encore - écrire.

116


Une aptitude

Une aptitude

ne pas ne pas cela seulement

à plusieurs que faisons-nous ?

volumes, reliefs, Tri-D dans la mémoire avec constructions de mots, de solides, ainsi une architecture.

Je vais à ma fenêtre dans la conscience J’ignore le rayonnement mon ombre, ce soir D’autres exigent un théâtre, une scène, une vitrine, de l’extérieur

117


Par l’œil Par l’œil pour l’intérieur l’esprit le mental, l’action la production, la méthode, le principe, le système, la programmation Et quel but ? quelle satisfaction doit-il atteindre ? Y parviendra-t-il réellement ?

Sera-t-il considéré, rejeté, méprisé, haï, à côté, éloigné - ne sait...

118


Sa transparence

Quand il revient, il voit sa transparence, il l’habite il conçoit à nouveau la pureté intime, intérieure, de saint

il revient en lui-même, conscient de sa perfection de son idéal d’être Il embrasse d’autres saints, d’autres saintes tout s’éclaire

blanc, éblouissant

de lucidité

Victoire du torturé sur la souffrance sur l’excrément de la violence du Mal

119


Ce matin-là

Les premières senteurs matinales l’ivresse d’un réveil l’effacement du rêve, la conscience m’appelle au présent

Je rentre dans mon histoire journalière avec ses obligations, ses déceptions, ses répétitivités Je m’attelle au présent

mais je cherche un autre temps peuplé de mémoire, où le souvenir côtoie l’oubli dans sa profusion d’erreurs, de mélanges, de dérives

Si ce matin-là pouvait satisfaire mes désirs !

120


Soir pensé

Soir pensé de sueurs productrices, soir stupide ou génial enrichi de pensées déployées en gerbes soir dans l’intimité d’une richesse unique

Le poète

Pénétrer dans sa complexe intelligence excita sa convoitise. Il voulait se faire et se défaire du poème stupide à la vibration émotive, douteuse pour avancer rationnellement. Il croyait parfois accéder à quelque chose de délicat, de difficile. Il ignorait que la résistance était en science et en science appliquée.

Nul ne voulut le suivre. Il insista, dans sa splendide solitude, auréolée de sa propre gloire, - enfin il se supposait, car nul ne l’avait encensé.

121


Pour soi-même, uniquement

1

Se poursuivre dans le labyrinthe de soi-même L’univers curieux du poème L’aventure interne, vers le génie d’autrui vers la spiritualité

Fougueuses passions de la femme qui inspire l’homme qui juge, refuse, rejette

perplexes, complexes sinusoïdaux, courbes extrêmes

La pensée experte dans ses hésitations jamais n’entra l’autre Tissage d’une forme présente et invisible pour qui ? pour soi, uniquement.

122


2 À l’intérieur, un bruit sourd à exploiter, à extraire. Jean-Luc Steinmetz écrit : Le soleil, chevelure du géant peinte et tressée. Donc, je descends, j’avance. Il ajoute : Une feuille bouge, s’enflamme. Les grains éclatent en formant des jardins. L’ovale de ma bouche me conseille d’écouter ce qui sort, ce qui se propose. Pourtant je n’ai pas entendu, - je dois croire encore. L’inaudible, l’indiscernable, le moi-manquant - certains paramètres poétiques, en vérité.

3

Je veux donner aux structures quelques assises. Les groupes de pensées, de mots croissent et se développent de manière anarchique. Alors tu prétends intervenir pour juguler l’ensemble, le maîtriser et lui donner un mouvement d’actions cohérent.

Ainsi tu interviens, faiblement, avec une censure de vieillard timoré et tu laisses aller le tout où bon lui semble, avec liberté. Certains prétendent que cela s’appelle de la poésie. Enfin, - verra bien !

123


4

Les mots éclatés. Je les expulse et veux les arranger autrement.

Je relis sans patience, sans méthode, sans principe mallarméen, sans alchimique effort.

Quelques explosions sporadiques ! Activation de l’intelligence, - du moins on le prétend ! ce qui vibre, s’exulte, s’expulse dans le souffle de l’écriture s’obtient faiblement Mais que faire ?

124


Il espère être

A Il espère être. Il demeure. Recherches hexagonales d’alvéoles, de grenades, de constructions internes, de connexions, ensembles complexes avec mémoire, avec mathématiques spéculatives, avec risques de l’esprit.

Tentatives insignifiantes, oubliées dans des archives du temps passé. Il échoue, le sait. Il ne doit pas perdre son oeuvre, il la conservera pour lui seul. L’associatif offre des possibilités d’écriture. Dehors, tout est connu, il faut donc assembler autrement : nature, homme, travail, femme, sexe, etc. Et. C’est encore une durée, une limite, j’offre ces syllabes et, cae, tera et je prétends pouvoir poursuivre cette recherche de mots, de combinaisons, de vie peut-être.

Ou reprise, conception nouvelle avec du matériel ancien.

125


B

maison intérieure avec calculs, je voudrais tant. Par toi. Mais toi ? la pensée s’élève, l’âme veut la contourner je, - et quoi ?

126


1

Oui, un développement de la pensée en exploitant le poème de l’autre C’est donc un système de variantes de dérivées

[Mathieu Bénézet écrit toie avec un e - pas mal !]

On pousse, pousse doucement pour obtenir quelle finalité ?

2 l’imaginaire. corrections. pensées. en moi. pour explorer, développer comprendre cette ténèbre vers une certitude de phosphore Une tête de poèmes

127


3

Encore dans mon désordre, dans mon errance cherchant quelques vérités floues

Extrêmement noble, actif dans ma région cérébrale Je puise des vérités refusées qu’importe ! mon temps est pour plus tard.

4 Pourquoi tenter de s’élever quand le bonheur est en soi-même ? A la recherche des formes fluides scintillantes, rayonnements, éclats, poèmes etc... Être ensemble au fond du Moi, Est-ce sagesse ?

128


5

La pensée détruite : certitude de rien pour toujours D’un bond à l’autre de la raison balancement, tangage et fuite vers la nullité

129


Le fils du néant

Le fils du néant dans son pseudo-savoir avec pensées irréelles sur une certitude qui frémit De l’abstrait palpable, du concert invisible Va s’éclairer de lumière noire

Éternel à renaître Du possible, de l’indécidable, de l’extrêmement faux, du poème, en vérité

Le poète avec son propre risque, ses méthodes, ses principes de pénétration plonge dans son mystère à la recherche d’un commencement d’éternité

130


Pensée

Pensée Qui cherche la certitude De sa profondeur

Supérieure Par élévation, par onction D’un dieu fait de lumière

Espérant telle beauté d’écriture De poésie impossible

Espérant De ce souffle

Assurant sa production

131


Cette même pensée

Cette même pensée hier tu l’exploitais autrement elle gît là au fond du Moi sifflements et murmures Tu la sens, elle t’apparaît perte Tu soupires, veux t’exalter Tu cherches à faire vibrer l’émotion pour percevoir, - quoi ? L’heure n’est plus souveraine, tu ne dictes plus, tu subis la vérité aléatoire C’est une angoisse sous cette carapace cervicale dans ce cortex spongieux région que nul ne pénètre à l’exception de Dieu Tu divagues, encore désirant l’essence d’un songe, la fluidité d’une image Je te laisse à ta confusion

132


Dans mon front

Dans mon front, et ce qui pense le pronom je

est clair

il n’y a que du vide à remplir la certitude en moi, le vouloir le conglomérat - l’éblouissement l’association

Encore

Les mots exploités - je les veux synergiques, alchimiques, évocateurs nourris de sève spirituelle

Je réemploie le dérisoire, le faible J’interprète (mal) le matériel Il y faut de l’élan, une forme, de la lumière intérieure Et l’ensemble est déception on espère autrement, avec nouveauté On reprend d’autres mots pour d’autres poèmes etc.

133


Résonances III L’aventure interne

Surgit le cygne sublime et blanc Qui est symbole encore Comme l’âme a plongé au fond de soi-même Pour y chercher science et a-science Il y faut de la vitesse, des battements d’aile Impétueux, de l’extase, quelques vérités, Du vin et de l’ivresse

Et ces pensées mal maîtrisées, triste sort De ma condition, ces pensées s’agitent encore Quand j’essaie de bondir, de m’extraire, De m’éloigner de ce vil environnement J’ai besoin d’extravagance pour mon esprit Ou de sucs subtils, cartésiens, pascaliens C’est encore une immense aventure interne.

134


Les limbes Les premiers souffles clairs s’exaltent, je m’extrais Doucement de l’évanouissement de mon rêve vers mon Rêve envolé. Je conçois quelque peu dans la Conscience du vrai. J’étais dans un autre temps. Voici que la valeur converge vers la lucidité. Je délaisse l’amoncellement d’images floues, J’accable l’avenir de ne pouvoir se mieux dessiner. Le cycle temporel de l’homme, présent, passé, Futur, imaginaire, espaces parallèles, tourbillonne Pour une certitude aléatoire. Vais, vais et reviens. Je m’offre un reste dans ma mémoire où le temps circule Avec l’espace. Je crois abolir l’oubli de ma folie Réelle, pensée, en fuite. C’est encore un matin D’éveil, et l’ivresse active ma raison sereine.

135


Le miroir entr’ouvert Je rêve que l’Esprit enveloppe ma chair, La purifie, l’envole, l’exile dans les airs. Je me crois entouré d’un éclatant soleil Qui offre à ma raison des substances vermeilles. Et l’on verse en mon âme une paix de sagesse Sainte, remplie d’extase, infiniment sublime.

Seigneur, je suis encore au beau milieu des hommes Attendant patiemment que ce miroir s’entrouvre. Je suis toujours pressé et je veux aller voir, Je subis le Néant de ma propre misère. Et les années s’écoulent pour cette délivrance, Ce départ, cet élan vers un nouvel espace. L’avalanche de mots me rappelle en moi-même La médiocrité de ma raison réelle.

136


Intermède

Sont entassées les images de la nuit, Restées pensées mortes dans la conscience obscure. Cette volonté d’imiter, d’exploiter, de faire varier La proposition de l’autre, ces résonances. Donc connexion, associations.

Miroitements

Faibles miroitements incisés dans le temps que j’essaie de capter, qui m’échappent Le visage dans l’éparpillement du Moi l’homme par fragments de vers éclatés essaie de reconstruire le monde

137


Visible à soi L’homme visible à soi invisible aux autres Descend, plonge l’homme demi-dieu, sauvage construit un langage réel incompris, inconnu, libre, réglé et finit absorbé dans sa propre lumière

138


L’effort

Caché, enfoui, Subissant sa propre dérision Essayant de s’en défaire La raison pour certitude Le sens exact jamais trompé, Toujours vrai, Avec l’esprit vaillant, prêt à agir, À bondir,... enfin... Je n’ai qu’à penser, qu’à choisir, Combiner, exploiter, utiliser autrui, Sa substance, son génie, le dériver, Le compresser, le condenser, En vérité, Travailler avec l’intelligence. J’ai besoin d’une force Pour que la Nuit fructifie Pour que le Mystère s’éclaire Je m’exalte d’une immense joie

139


1

SU : pensée inerte - mélange, pieds, lourdeur, accumulation de fausses vérités de certitudes douteuses

au plus loin dans cette chose combinant toujours avec explications on ne sait pourquoi

puis ton visage de beauté blême et j’en cesse avec ma tâche

2 Les erratiques sauts d’humeur compressant la pensée lui infligeant d’exploser

qui y a-t-il à extraire - y a-t-il ? (Etonnante cage de résonance où le Moi tremble pour l’Autre) puis le retour stable

140


3 Ceci n’est pas obscur c’est du côté de la glace probable - sûr - en pensées poursuivies esquissant le lointain établissant des faisceaux de grâce à suivre - la ligne modulée avec effets de danseuse en fuite de mouvements décide ce qui doit être

4 Impossibilité d’accéder à une sensibilité extrême Je pénètre dans des espaces sombres et je ne puis m’orienter Quel espoir de revenir en arrière ? Y a-t-il une issue réelle ?

141


5

Pénétrer sa propre absurdité c’est la nécessité d’aller au-dedans avec contradictions, luttes, fluctuations, rejeter son pire, aller vers son meilleur - Quoique... le pire est parfois exploitable de New York à Londres, de Paris à Tokyo et vivre, voyager, extirper, prendre, toujours en soi, le moi-je

Oui, oscillations, giclées et petites trouées

ci

os

ti

la

ons

donc des actions avec sels et amertumes, vieillissements et rides, mais que faire ?

142


6

Avec ses Ups avec ses Dows avec ses Rises et ses espoirs ne serait-ce qu’une réplique ? n’y a-t-il pas progression ? Répé titi vité

répé

pourquoi pas, plus ? mieux, autrement ? - car vous n’en êtes pas capable, me dit-on, prétend-on !

143


I

Agite-toi, poète, Fais valser ces pensantes d’idées ces possibilités douteuses ou insignifiantes qui doivent par la magie de l’écriture produire un texte. Exploite ces souffles chauds venus de l’intérieur, ces nouvelles qui semblent flotter dans l’espace de l’imaginaire

II

Reposent insensées encensées dans les stances de la mémoire

se nourrissent du silence

Et quelles, elles ? oubliées dans le puits du Moi Agitées dans l’ombre qui feront quelques particules dorées

à rapprocher de tes yeux 144


comme larme sèche irisée de mots et d’effets

III L’impubliable de toi à moi

tourbillonne mon front constellé de sueurs Tout est pour l’intérieur nul est lecteur, qu’importe !

145


L’insignifiance du don

Tu te déplaces à travers ta propre vérité. Prétends posséder une réelle certitude. Ton but Est de parvenir à comprendre un peu mieux Ce qui se passe en toi, et ce que tu produis.

Un flamboiement confus délire dans le soir. Mais bientôt au levant surgit et se dilate Une lune d’affront, d’opprobre et d’écarlate, Écrit Borges à la mémoire de Quevedo.

Tu regardes ta vie dans ton triste miroir. Levant les yeux très haut, tu imploses l’Immortel Qui n’entend et ne veut te concéder d’aumône.

Le soir tombe, te voilà tête basse cherchant Encore quelques possibilités d’écriture poétique, Tu comprends enfin l’insignifiance de ton don.

146


Le vrai sens Les pensées chaudes de la nuit, les cendres d’hier S’envolent dans le tourbillon du matin. Le front Rouge de sueurs et de sang coagulés, l’espoir Disparu, enfin dans les méandres de l’amertume.

Je perds pieds, chancelle et tombe enfin. C’est bien un marais fangeux, livide et infecté De noires créatures qui tout à coup surgissent M’assaillent, me persécutent, encore ! C’est ça :

Ma fin désastreuse, détestable, ridicule, - la mort Les insultes, les rejets et la honte. Je suis Prêt à mourir, à recevoir les haleines, les lances, La bataille, la vengeance, moi qui n’ai pu Découvrir le vrai sens de ma vie, qui n’ai pu Accéder au suprême intérieur jamais conquis.

147


1 L’insoupçonné, la variation sensitive Le Moi tenant à Lui La fragilité décomposée en substances aléatoires

comme un cristal qui se crispe, qui cède à l’élan au souffle d’air quand s’agite l’âme quand vibre sa certitude le front en sueurs invisible

2

Nul effet ici pénétrer pour l’intérieur à l’ombre des yeux accéder au vide parfait enfouie par l’unité du langage la lettre cherche à se déployer dans des fonds bizarres, hétéroclites, non c’est du rien s’y accumulent des ruines 148


le magma nécessaire à tout acte créatif, puis, l’explosion !

3

Substances inouïes

la feuille délétère, légère

puis la trace d’encre le silence du poète, aller percer l’invisible, l’indiscernable,

et peu quels satisfecit ? encore enfouies dans le néant de l’écriture l’imperceptible battement d’aile, ....effacé

la couleur fascinante du mot, le sens, l’envie le déplacement

149


4

Au profond clair. Descendre encore accroché à une chevelure de femme. Y frotter des fragments d’étoiles. Filer le long de la tresse pour y chercher un idéal, un interdit, un autrement. Se saisir de signes, figurer l’image, la soupçonner. L’impossible est à déplacer L’inconcevable ne peut plus même être pensé, par le concept de l’imaginaire.

150


Je m’abolis en toi

Les premières ténèbres de la vie - la certitude Dans la conscience - le drame associé au tragique, Je comprends - lucidité exceptionnelle de véRités - je m’attends au pire, sachant. Il faut M’accabler, car ce passé dans ces pensées cycliques Éternelles de retour - me dicte la raison, ... Quoi ? Réellement ? L’histoire quotidienne du peu Oui, un jour ou l’autre qui m’extrait, m’expulse de mon Sort, - que je puisse effacer de ma mémoire Car le temps est une aide, je vais vers l’oubli. C’est à vous, c’est à toi aussi - pour l’envolée, est-ce Possible ? - Je dois abolir cette vérité, a ! Ma chair, mon corps, mon visage et la charité Effaçant le geste - je m’abolis en toi.

151


Le voile discret et la pudeur Le clair fini dans l’imperceptible silence, Le rêve élevé, inaccessible à l’âme.

Je perçois avec Toi dans cette permanence intime, Je capte l’instant usuel espérant obtenir quelque écriture nouvelle.

Il est une pénombre pour que cet entretien épouse le voile discret de la pudeur. La pensée est frôlée doucement, caressée et s’évade comme un parfum délétère pour capter un souvenir bleu, insignifiant,

symbole effacé, mystérieux paysage invisible de désir poétique.

152


L’insatisfait

La pensée extraite, extirpée de la raison, que Vaut-elle réellement ? Est-ce de la piètre Poussière cérébrale inapte à rivaliser avec la Substance philosophique, ne contenant aucune Proposition utile ou intéressante ? L’insupportable réalité poétique du médiocre, de L’insignifiant. - Oui, ses regards interrogatifs Tournés vers l’intérieur essaient de savoir, De prétendre ! ...

Il cherche, il renvoie dans sa nuit. Que renferment ces possibles ? Quelles méthodes, Systèmes, mécanismes mentaux ?

Dans le lointain, la mutation, le dérivé Des formations, l’acte prime, la consolidation, La condensation, que sais-je ? Que puis-je ? Et lui avec ses défauts, ses craintes, ses objectifs Qui n’a pu s’assouvir, se satisfaire.

153


Les espaces d’écriture

Remplir le vide, noircir le blanc Pour la pression interne Assouvir sa force, exciter sa raison Quand il suscite de l’action Il pénètre des espaces d’écriture On le prétend rassasié, Il se nourrit encore Dans la dimension de l’homme Avec son temporel, que Représente sa forme délétère ?

Fixant sa pensée avec la cendre De ses idées, il pénètre l’inconnu Au lointain de l’être, en soi Par la saveur du poème à naître

154


La pensée Elle s’élargit enfin Dans l’espace intérieur Elle déplace la frontière Elle prétend savoir Elle pousse l’inconscient Se fortifie sur l’intuition Active l’imperceptible

Elle est dans la durée, Dans l’espace-temps donné à tous Elle arrange des éléments Préexistants, elle les modifie A volonté et produit autre chose

Pour la spiritualité L’intelligence, la création, etc. Est-ce travail habituel de la pensée ?

155


Pénétrer encore

Il y a une sorte de fond Que l’on essaie de pénétrer encore, Plus loin, plus loin comme une extase Sexuelle, - il faut pousser Dans la raison, l’audace et le risque Il y faut du travail, du travail d’homme L’on croit apercevoir un espace autre Le pénétrer n’est pas s’en satisfaire Il y a toujours déception, volonté Autre, décision nouvelle, soi En vérité

156


La zébrée

Fulgurante et docile, Obéissante et douce, Dans les tremblements de l’imperceptible, Dans les bruissements aléatoires de la raison.

Je te donne vie, avec obscurité, avec Sensibilité - avec conscience et vérité.

Toi, stérile devenue femme par mon vouloir, Je te mêle et t’emmêle dans le mystère Et le silence. Je t’imprègne de sueurs, Tu accèdes à mon espace qui n’est point créatif. Vitesse, accélération et je t’emporte, toi l’inconnue La presque rien, l’inexistante, je produis de l’élan, je te conçois dans le Moi.

Immense, les pieds sonores, contemple les splendeurs D’autrefois, dans ma voûte, tu me suis, Légère et fugace avec effleurement. Tu es, tu n’es pas, je te fais disparaître, T’efface, j’efface tes traces, Je mémorise tes rumeurs, - toi 157


Pour quelle utilité à présent ? - Rien Donc te revoilà :

Fulgurante et docile, Obéissante et douce, Dans les tremblements de l’imperceptible, Dans les bruissements aléatoires de la raison.

Je referme les portes de ma conscience, Plus personne ne peut y entrer.

158


D’après J.P. Sartre Une idée fondamentale de la phénoménologie de Husserl : l’intentionnalité L’Esprit-Araignée attire les choses dans sa toile, Les mastique, les couvre de sa bave blanche, Lentement les déglutit et les réduit à sa propre Substance. Il y a l’aliment avalé, les choses perçues De loin, l’état de ma conscience, mon Aptitude de perceptions.

Oui, nutrition, alimentation, assimilation, J’agis, - je vais des choses aux idées Des idées aux idées, - de l’idée à l’esprit.

Les résistances sont rongées, ainsi tout est Assimilé, unifié, identifié, - la matière Est pensée. Tout ce qui n’est pas esprit Devient brouillard, ouate, filament.

En vérité, peut-on dissoudre toutes les choses Dans la conscience ? Cet arbre-là

159


N’est pas de même nature que ma conscience, Il ne peut entrer dans ma conscience D’après Husserl. La conscience et le monde sont donnés d’un seul coup. Si je veux connaître, je m’éclate vers, Je m’arrache, je file, j’atteins l’arbre, Lui et moi, moi et lui, séparés toutefois. Maintenant j’imagine une suite d’éclatements, Je vais vers l’extérieur, dans la poussière Sèche du monde, sur la rude terre, Parmi les choses, monde indifférent, hostile, Rétif. “Toute conscience est conscience de quelque chose”, D’après Husserl. “Être, c’est être-dans-le-monde” D’après Heidegger. Exister comme conscience autre que soi, c’est L’intentionnalité.

160


A la représentation de l’objet, j’y ajoute Le sentiment.

Irai-je au Traité des passions ?

161


Contre-ut

Je ne sais que trembler, trembler parmi les fleurs, au centre de l’éphémère, de l’impalpable, du cristal, Par cette tension artistique qui électrise mes fibres émotives.

Je ne fais que vibrer Au plus profond du Moi, dans mon labyrinthe intellectuel. Je suis devenu une vibration Impossible, irréelle, délétère. J’accède à une forme de conscience épurée, translucide, je rejette la confusion. Je reconstruis le monde avec des concepts autres, nouveaux, interdits. Cette passion dévorante anime, produit de l’activité. Je veux aller outre, au-delà de cette fragilisation De moi-même. Je ne crains pas l’idée de la mort, Je sais pertinemment que rien ne restera.

162


Des vérités bleues

Ainsi pendant la nuit, Je conçois à travers le prisme des lumières, Et je prétends posséder. Quel pouvoir ?

Des vérités bleues, claires apparaissent, Semblent s’étendre. Toujours très à l’intérieur. Descendre vite ou très lentement ? Je refuse le silence, j’agite des idées. Encore l’éveil, l’esprit, la conscience. Pourquoi dormir, pourquoi ? Je crois observer d’infimes particules Brillent devant mes yeux.

163


Résonances IV

1

Au-delà de cette mémoire, de cette parabole de certitude, - oui, par le triomphe, pour la gloire aujourd’hui proposés dans quelque grimoire moderne numérique encore, je m’installe en moi-même, espérant malgré ce manque de science réelle, accéder à l’Oeuvre. Resserré en deux piliers, de bouquins spirituels et d’herbiers poétiques, - le moi s’achemine et avance.

Si je me compare à Toi, ô Grand Frère, je ne puis que ricaner bêtement, trop conscient de ma pâle réalité.

2

Oui, doubler, tripler la pensée, pour la rendre profonde, inconsciente, au-delà. Oui, s’approfondir dans son pur midi. Soit - immense et inconnu, nourri de vues et de visions - “ si nous le visitons... ” veut se parer d’une lucidité belle, sans jardins de fleurs exhalées.

164


Aller par l’élan, supporter par l’Idée, accompagné de l’Antique beauté grecque ou latine ; oui, surgir - tel d’un bond - recommencé - et grandir dans l’orgueil de sa raison - si orgueil se doit...

Avec miroitements insensibles sur la fragilité de l’épiderme variations et décalages visage en vibrations à l’image dérivée S’envolent des effets d’ombres dans le pur néant de ma vision interne

165


a

Sur la hanche de la femme pigmentation de chair

les fourmis s’activent

toi Mygale perverse t’accaparant de la substance de l’homme

b

Le corps fuyant le corps s’enroule dans le vent du désir le corps éclaté éblouissant d’orgasmes

il explose en idéal impossible Lui - l’autre Christ - pendu - maudit au gibet et moi cherchant le vertical - le temps dimensionnant mon espace malgré l’apesanteur désireux de me parfaire, d’ajouter de pénétrer plus encore l’amère difficulté poétique volonté de se fortifier

166


c

Dans ton espace - dis-tu espace et imaginaire ou créer des Nords libres de toute contingence, est-ce possible ? L’avenir ne se conçoit qu’avec du passé.... Faut-il la délivrer de la raison ? lui offrir de l’audace du libre accès ? Toi toujours dans la fuite, dans l’envol avec volonté de construire une base déplacer la sécurité l’exigence la solidarité ainsi redéfinir la rigueur

167


Accéder à Accéder à l’épuisement sublime éternellement seul en plénitude du Moi Prétendre s’élever encore, exploitant à merveille l’énergie mentale déployée en son extrême puis en apothéose d’agonie mourir enfin ! Sur l’ordre de sa voix produire encore dans cet espace-risque où la pensée se nourrit d’imaginaire Concevoir de l’inconnu, .... et toi tu m’es chancelante, ô nuit d’extase

accidents et faits mentaux dérivés, combinés, extrapolés Tu redoutes de rencontrer tu préfères fuir sur du délétère

Tu erres sur des traînes infinies qui n’ont nulle plénitude d’avenir la charge émotionnelle déployée n’est qu’un leurre, qu’une variable de combinaison douteuse L’œil se remplit pour l’intérieur 168


tu inventes la réponse - nulle question n’était posée la vérité se déploie comme un arc-en-ciel

La route est certainement mensongère, mais que faire ? En cesser là ? Poursuivre toutefois ? Déplace les distances - et insiste encore.

Y aurait-il un lieu ? - Marcher ! Errer ! Est-ce aventure de poète ?

Va, rampe, progresse, - jamais renoncer pénètre Nulle halte, nul arrêt, décampe, toi, l’incertain ! Poursuivre l’écho - l’écho de ta propre voix oui, là, là-bas, à l’affût

Peut-être découvriras-tu ce que tu t’étais évertué à fuir ? Oui - toujours s’obstiner avec aptitude et force intellectuelle mêlées

169


1 C’est encore une question de limite d’aptitude à aller outre. Est-il possible d’ajouter sur soi ? N’est-ce pas un besoin d’homme de toujours vouloir faire plus, faire mieux ? J’ai grande pitié de moi, Le mensonge se complique.

2

Entends encore l’élan irrationnel qui s’évertue à s’implanter en toi

est-ce possible ? toujours dans ton attente d’illuminée l’idée reviendra plus tard

Qui se souviendra de toi ?

assourdi en ses pensées funèbres

170


espaces arides où la certitude prétend circuler Librement - librement !

3 Au commencement c’est une intention, un fragment de perception à associer Le poète dit : j’invoque dans le silence la vibration émotive... ......... peut-être

Combinaison phonétique mal agencée avec un matériel de mots

Certains offrent avec limpidité, lucidité d’autres cryptent, symbolisent, font fusionner des élans incompatibles

De la variation infinie

Le poème résonne

171


Définition de la pensée

Au-delà de la conscience personnelle du temps, j’ai besoin de recherches logiques, j’ai besoin de comprendre l’association pure de l’élément simplifié. Il ne s’agit pas ici de synthèse passive, car l’espace dans lequel l’élément s’impose - est un espace conscient où le travail de l’esprit s’assume. L’élément s’associe à l’élément. C’est un point-source, une énergie d’atome, une lumière d’étoile dans mon ciel constellé de vie. Je dois connecter. Je dois aussi comprendre son origine - ses parties - ses caractères. Il n’est pas apparition, il est emplacement, chargé de mémoire, apte à s’associer, objet scintillant, vérité en soi-même, - il contient du pur, du vécu. S’il s’associe - il se déplace - il va vers de l’expérience, et produit un nouveau caractère avec l’élément qu’il a conquis. C’est une sorte de fait mental - une charge dans une niche de neurones. Oui, je veux encore étudier son caractère.

De tout cela, de tous ces faits ponctuels, mentaux, qui s’associent, s’éloignent, se connectent et s’engendrent, je sais qu’il y a la pensée. 172


De cette pensée, j’en tire ma certitude, ma conscience, ma réalité d’homme existant en vérité.

173


1

Espacer - compresser combiner - rattacher un espace pour l’imaginaire puis raisonner dans l’audace il n’y a ni fuite ni envol il y a donne nouvelle du matériel connu il faut menacer la sécurité défaire les solidarités matérielles et logiques

aller autre Redéfinir le rôle de la rigueur

2 La création pour l’impossible pour l’interdit en Absurdie - c’est conscience pour fabriquer de l’image

Volume, élans, actions, souffles

Quels sont mes pouvoirs ? Où sont mes facultés ? 174


l’acte d’imagination - ce qu’il produit vient de la mémoire activée

3 C’est ignorer le beau, l’offre poétique, la volonté grecque et latine est-ce pour l’intérieur, pour l’espace-soi ? Faut-il rendre absent le monde ? est-ce possible, d’ailleurs ?

Je gère ma fuite, ou construis ma maison

Je doute au fond du puits Si je constate l’intelligence de l’autre, je la veux en alliance C’est une volonté d’accumuler du poème pour l’avenir

175


4

Le choix sensible la perception vibratoire j’interroge l’espace-mémoire espérant y concevoir des connexions de qualité

176


Recherche

Réfléchissons : il doit bien y avoir une perception émotive plus fine, plus subtile comme un fragment d’onde sensibilisée possédant un spectre compressé de propriétés inconnues, mêlées, mélangées peut-être difficiles à dissocier mais réelles toutefois N’est-ce pas dans cet espace de vérités filantes que le poète doit composer, connecter, redéfinir, extraire, rejeter, prendre, associer, enfin agir Capter n’est pas suffisant - il faut fragmenter, symboliser, fusionner.

177


Mémoire et Temps 1

La conscience compressée du temps trompeuse, mensongère, excavée, avec choix, avec rejets, avec refus, avec mensonge de faiblesse - cette étrange constitution de l’esprit !

Une corbeille, une armoire à tiroirs avec papier jauni, clés oubliées, rangement certain, etc ... Ou j’imagine un horizon jalonné d’années, afin de restituer, de recomposer ce qui a été compressé, je vois, j’entrevois, je retrouve. C’est un passé déterminé, non pas conçu de vides, mais possédant de la mémoire douteuse peut-être mais de la mémoire toutefois

2

Il y a un entonnoir gigantesque dans lequel le présent plonge dans le passé. Ceci est une chute sans fin, libre, infinie, constante, fuyante.

178


L’homme a conscience de sa fuite, de son absorption par le Néant, et c’est acte de non-croyance.

179


1

La perception, je la veux songeuse au bord du désespoir pour extraire l’impossible

Les mains tremblantes pour la grande respiration l’élan, le retour, le calme et les battements du sang le cri dans les veines l’écho dans les tempes

Mais soudain le blocage, Pourtant j’accomplissais un parcours dans la mémoire

2 C’est un lieu d’avenir une structure vide à remplir fragilité intentionnelle que je m’efforce de capter avec conscience du néant où tout pourrait disparaître

.....être et disparaître peut-être

180


3

Ainsi croyais percevoir des vérités nouvelles éblouissantes révélations de points pigmentés dans l’aube de soi-même

Etaient-ce des pensées à saisir dans le déchirement de l’esprit ?

Je devais percevoir, pénétrer les lignes de forces concevoir dans le désir de vibration

4 J’activais ces points-réponses, mes yeux au centre j’esquivais une réponse vraie, fausse, qu’importe !

Je passais sur du délétère croyant à ma force c’est ça : je captais

Elle ondoyait sur des feutres crissants Les paupières clignotaient, aptes à percevoir le message Je plongeais dans des vagues océanes,

181


coulais, remontais quelques poissons d’argent, - c’étaient mes points-réponses.

5

Ces perceptions grossières, je veux les affiner - comprendre le point son origine, sa vérité, son association.

Je me fuis pour me retrouver ce n’est plus la clé pour le silence, ce n’est pas un code à composer, c’est la puce à intégrer, le plus petit de l’oeil à la loupe de la loupe au microscope pour définir le caractère de l’apparition. La conscience de l’image, sa pigmentation ses points composés pour fabriquer la trace l’origine de cette organisation non pas la fonction d’apparition mais la vérité sur le point

182


6 Il ne s’agit pas ici d’être spectateur mais d’analyser les mécanismes conscients et inconscients du Moi Il faut donc être actif pour l’intérieur

Ne pas réduire, mais comprendre les attractivités, les inclusions d’espaces dans les espaces

183


a Je l’ai pensé insignifiante, Je la faisais ondoyer au milieu dans mes cieux la perdais désireux de trouver la réponse l’associais, la dérivais, la faisais bondir je plongeais frémissant j’aillais outre

b

Atteindre la vérité sublime tu avançais dans la simplicité de ta raison tu observais le puits, le chemin, tu te déplaçais encore dans un espace

Le repère était la certitude logique tu exploitais cette énergie l’avancée pas à pas se voulait souveraine

Obéissant à la voix inconnue était-ce un toi-même enfoui dans l’ombre, était-ce un Dieu sublime imposant sa décision, tu t’es risqué à l’écriture poétique

184


c

Tu ne sais que produire Peux-tu prétendre que ton résultat est satisfaisant Pour quel but véritable ? Quelle verticale ? Bondir sur la distance

Tu cherches l’extase

Oui, pénétration et prétendre à la fabrication artificielle d’un espace inconnu

185


1

Le tu avec le moi Pensée qui se dédouble A l’intérieur

Le corps

puis le monde

cette armure

La bouche

instrument de transmission

Toujours du vécu pour de l’avenir

La chair féminine, Quelques gouttes de sperme

2

La lutte interne Définir du complexe, Le pénétrer, Savoir en produire, L’offrir et se crédibiliser

3

Bondissait la fumée D’un avenir à transformer, A faire apparaître Dans l’ombre se concevait 186


Le feu. Tu offrais tes yeux A ta conscience

Le geste intérieur Décrivait des courbes L’élan était pensé

Il désirait se mieux concevoir

4

Dehors, pour le dedans Tu empiles de la mémoire En strates infinies

Faiblesses, néant, inutilités Nuages, bulles ou Segments, droites, axiomes Par la mathématique imaginaire

Exaltation du Moi Toujours en egocratie Pour rien peut-être

La fixité et l’attention Pour la perception interne 187


Le sourire de l’ange Pourtant tu n’es jamais satisfait

6

Le Moi en lamelles Le je suis relié par le cordon d’argent Les dés pipés du destin La vérité en prescience Le présent à réaliser. La grâce, où est la grâce, si ? Etc.

Tes yeux palpent Il faut lécher, sucer la peau de l’autre La femme en idéale de sainte

Un concept contrit en trois dimensions Là face à Moi splendide et vrai. Oui, je te contemple L’avancée constante en soi Le tremplin, le mur, le tremplin, le mur

La matière-vitesse à expliquer La certitude qui stagne Et ne peut se déplacer 188


L’alphabet éclaté Le désir qui nous harcèle

7

Construisant, vidant La corbeille de tête

Des bulles de vérités A douter, à éclater. D’autres bulles L’attention des yeux La fixité échappe,

La finalité est douteuse Comment élaborer, Architecture avec de l’illusion ? L’esprit face à l’âme la raison et le spirituel Le savoir explose En gerbes de confettis - Reconstruire le puzzle

189


8 L’hallucination verbale Le sacrifice du poète

Au fond du miroir Soi face à Soi, Face à l’autre Dans la pensée équivoque Narcissisme - ego, plato L’écriture, la fureur L’oeil renversé La chair qui pend en moi L’immense ouverture - la plongée

9

Le savoir

la pensée

les yeux

L’élan galvanisé pour produire Ses gerbes d’ombre

Absorbe ta substance Le fluo, pense

190


Limpidité, élégance du choix De la pureté pour accéder Au cristal.

10

Suis-je moi, ne suis-je pas constamment en train de déplacer la vérité ?

Est-ce une proposition qui désigne la certitude du moment ? Car cette substance fuit, échappe, s’éloigne encore quand je prétends la contrôler La pensée m’écrase, m’inflige son joug despotique. Elle déteste ce que j’aimerais lui faire exécuter. J’entends mon doute s’esclaffer, s’indigner, m’accompagnant toutefois dans ce labyrinthe insupportable

Je devrais être un autre.

191


Bornes

Bornes, - bloquées - bornes à déplacer.

Vers est la volonté de tendre, de pousser Je marche avec l’attente les portes que je pousse, les marches que je monte les pas qui descendent Je vis ou survis sans m’arrêter

Quelle hauteur génitrice ? Quel au-delà supérieur ? Je fais valdinguer les quatre dimensions connues, moi le sage - ma frontière ?

Nulle patience Dans la nuit, avec ta marche ou courir pour atteindre les extrémités Cet espoir dans le lointain constellé de galaxies, de points infiniment peu, infiniment grand,

toi, dans ta quête éternelle, impossible, folle exploitant l’émotion douloureuse, 192


perverse ou ambiguë dans ton volume de rêves

193


* Ainsi d’une méthode. Me pénétrer. Ce principe d’investigation cérébral. Combinaisons brutes à purifier. Au-dedans, plus loin, encore. A l’envers, à l’endroit. En moi. Au-delà de l’absurde, chercher, trouver. Démence et rage d’écrire. Toujours. Sans jouissance. Pour quelle extase intellectuelle ?

194


*

Tant de nuits se ressemblent. Je commence par marcher, marcher pour ne plus m’arrêter, ne plus m’arrêter pour aller en Toi. Oui, encore. Je suis l’amant d’un poète. Continuellement, je t’obéis. Tu penses, j’écris. Je te relis. Attention. Évitons de commettre des erreurs. Travaillons. Il tressaille, j’écoute. Je vis avec son ombre.

195


*

Les consciences se superposent en strates, les unes sur les autres Une cervelle à étages à degrés

Des voûtes, des voûtes, bleus, noires, claires

Passer de la certitude princière à l’élévation la plus élaborée à une perception supérieure et limpide

Accéder à la lumière suprême

Mêlez, mélangez, embrouillez-vous ! Tu es : l’Action pensive, l’esprit intensif sans invention.

196


* Cette fois encore Profondément

c’est de l’énergie mon apparat

qui donc es-tu ?

Que représentes-tu ? Je t’ai su, vautour Avec mon âme perdue dans ses gaspillages

Je me suis exilé dans des souffles D’applaudissements

La quantité obtenue, la mort désirée, L’écrit achevé La complicité de l’un avec l’autre

Inquiet, insomniaque, attendant - quoi ?

Sonné, sonnant, bouche auréolée D’orgasmes poétiques chanteurs Ho ! Suavité enchanteresse, qu’il dit ! A lire ....... à entendre, en vérité. Légèreté de style, d’audace Poursuis encore

197

pour ma misère


*

Nul ne sait qui je suis. J’habite une bulle métaphysique J’accède à mon vide, je le nourris de phosphore, Je palpe du silence. Je broie de la Lumière, je l’accouple avec de l’Ombre. Le Mystère se conçoit, se développe, s’impose.

Qui prétend accéder à mes limites ? Je dénonce les distances, je les déplace, je pousse les bornes.

Suis-je seul, de Moi à Moi, Quelle avancée ? Jusqu’où ?

Décalez-vous sur mes limites. Ajoutez, allez plus loin.

198


1

La semence L’intérieur La durée avec de l’énergie mentale dans l’actif - le cerveau

produire - penser - produire - essayer ce langage. Construire avec la confusion d’images dans l’ombre de soi réalités trompeuses, mensongères en vérité - matériel de poète. Vue et envoyée  sur le papier entrecroisements de voyelles et de consonnes sensations magiques - esprit magnétique il s’autorise - il risque - il prend

2

Battements

énergie en soi

situation de combinaisons à caramboler Dans les synapses - la poussée pousser du langage 199


pour le dehors

Nulle patience pourtant - le coup à espérer à prendre le coup

Hiéro - le sacre de soi-même la certitude de la valeur

Les siècles des autres poètes - des littéraires Mon langage expiatoire - qui ? quoi ? Écrire - ne pas dire - se taire - Écrire Tu assassines des mots - pourquoi ?

200


* Descends dans l’ombre escalier plus bas

encore

au plus profond encore

Creuser dis-tu dans ce dédale avec confusion, espaces réduits, interdits, bouchés Nulle clarté - j’amasse de l’ombre carbone sans cristal.

Ne rien voir, ne rien entendre puis des lettres, des signes là-bas au fond

Le rouge de ton coeur, la femme-passion - la flamme braises claires le fleuve sang de l’amour

201

descends


*

Bornes détestables - limites haïssables d’interdits

de blocage

de liberté concise

ennemis qui me brident, que l’on m’empêche de déplacer

Mes bases, mes sommets, mes étendues

Ces bulles religieuses de belle atmosphère, suffis-t’en ! suffis-t’en !

Les pas, la vitesse sur le cercle-limite toujours tourner - toujours !

Hauteur intérieure qui espère faire exploser ce couvercle bloquant

Je parlerai plus tard de la dimension temporelle, principe à intégrer dans l’espace poétique mien.

202


*

Une conscience de difficultés de solitude d’exclusion

de soi à soi

libre mais seul à l’intérieur

Toujours plus

la voûte

il faut concevoir

Épurer la raison, éclairer la certitude

Travail intensif Volonté interne - désir de s’élancer C’est donc de l’énergie mentale mise au service de la poésie. Pour quel résultat réel ?

203


*

Douleur âme légère

plaisir

trois filles

le pied libre

Devant mes yeux

le corps voltigeant

dans le front

l’espace du mensonge La bouche intérieure Grâces ou Muses, qu’importe !

La parole

un seul auditeur

moi-même

la connaissance pour mon éternité cérébrale J’efface les filles.

Que reste-t-il devant mes yeux ?

L’intemporel, l’immuable, l’inusable

204


*

Au-delà des limites pour l’élan, pour la vie, pour l’espoir, pour la construction interne et invisible, Voilà la vérité !

Dans le royaume des airs ? Pourquoi pas ! De bons souffles d’oxygène. La bouche y est meilleure. Elle y produit de doux vocables. Dans ce monde, la pensée se conçoit. L’esprit la comprend. Et l’image, alors ? Les amitiés vaines que l’on appelle âmes !

205


Dans ces rues…

Dans ces rues, des flux de pensées circulent. Méandres, superpositions des idées, de la sensibilité. Cerveau accomplissant, ayant accompli encore et se ... Cherchant à entreprendre, à reproduire, ignorant L’ordre de l’événement. Transmettre ! Se cogner ! Pénétrer ! L’élan de l’esprit se déplace Essayant de rendre cohérents des semblants Délétères d’entités.

Écrit autrement : sur la page Tu frissonnes, la pression, entrecroisements, lignes et Figures. Tes flammèches d’idées. Plans D’espaces, dis-tu pour construire, virgules à l’infini. La plume se mêle à la nuit noire. La main Prétend conserver la matière. La boue coule Sur le papier. Que la lie soit féconde !

206


*

Bornes qui explosent, qui se déplacent, Bornes fragmentées.

Ma reconsidération, ma certitude, mon espoir d’actions. Avec bases, verticales et sommets. Poussées et montées dans le petit, l’insignifiant.

207


Résonances V C’est une série C’est une série d’arrangements, de combinaisons, de choix Car il faut abolir le hasard, - ou le bien tenir Serré, sérieux ; ce sont parfois ces traces insoupçonnées, Puériles, douteuses que l’esprit doit considérer pourtant. Projections dans l’âme ; déplacer le sens des mots ; L’orgasme de la poétesse en gémissant ; attributs Et grammaire, - suivre ; faux, sembler, imiter. L’étendue qui protège ; nulle part et absence ;

Quant à la médiocrité, - elle est toujours présente. Mon double s’épongeant, tremblant, cachant Les vieux rictus de l’échec. La salive âcre

Accumulée dans la bouche. Et pour quelle jouissance ? Le Temps compresse le passé. - Le résultat est vain. L’avenir du Moi ? - Une vulgaire inutilité, en fait.

208


Le parcours de la conscience De nulle part. De l’éphémère insoupçonné comme Intuition, peut-être - pas encore - substance, Lancée indistincte de l’esprit avec facteur G De Spearman sans doute. A la recherche de L’algorithme parfait, de la synthèse, du saut, De la fusion - du risque, de l’audace - outils D’autrefois. Mais la pensée s’efface, et je veux Accéder aux plus belles productions de la raison. Encore avec intelligence, et langage - y faisant

Exploser le désir, pour obtenir la sublime émotion. A moins que je puisse espérer l’intuition pure Il ne faut pas douter ! - plus tard encore la Conscience réflexive me nourrira de ses secrets. Et J’irai puiser quelque message au plus profond de l’inconscient.

209


Doubles consciences

Doubles consciences communicantes Claires, saines et séparées Il y a transfert d’idées, d’énergie Pour l’intérieur - à deux - y arriverons-nous ?

Élans, volontés - actions - combinaisons Oui, toujours. Vérités simultanées de certitudes gémellaires, La trace - le fantôme sont derrière Comme l’ombre et la silhouette Mais l’ombre se dégageant de la silhouette Peut anticiper le pas, le provoquer, - le suggérer.

210


Doubles consciences

Doubles consciences communicantes Claires, saines et séparées Il y a transfert d’idées, d’énergie Pour l’intérieur - à deux - y arriverons-nous ?

Élans, volontés - actions - combinaisons Oui, toujours. Vérités simultanées de certitudes gémellaires, La trace - le fantôme sont derrière Comme l’ombre et la silhouette Mais l’ombre se dégageant de la silhouette Peut anticiper le pas, le provoquer, - le suggérer.

211


Le schéma intérieur L’obscurité dans la tête. La lumière tout autour. La recherche du progrès. L’évolution. La plate-forme. La volonté de voir au-delà. Apprendre, comprendre - appliquer Le chuchotement domestique, le peut-mieux-faire.

Avec art, quelle évolue ! Avance ! Le moteur, Les déchirures. Avide, le mystique - copiste. C’était hier ! L’oeil conçoit un espace, tourne, virevolte, pour qui ? La pensée triomphante, dit-il, d’une voix endormie.

Allez ! Couvre la table, plume et manuscrits. Hiéro Glisse sur la feuille de papier. Et quelle valeur ? Absolument, le temps, le recul, l’analyse, la cer

Titude, de soi ? Te voilà décrépi, vieillard. Sénile à la parole tremblante. Et ma patine pour vous ? Ressuscite, renais, deviens quelqu’un pour autrui.

212


Topologies Le rapport de l’homme à l’être. Vivre en soi, Avec soi en exploitant Autrui. Se rencontrer Sur son propre chemin. Croisements, lieux et Espaces communs. Une contrée d’hommes, de savoirs, De savants, d’expériences accumulées, de spiritualité. Une surprenante topologie où l’on cherche sa localité. Pour sa transcendance, il y a métamorphose, changement, Brassage différent, reprises, apprentissages, audaces.

De Moi à Vous, de Moi à Moi, dans mes démarches. Je m’en retourne à l’intérieur. En actions premières, Dernières. Sortir hors de soi et mourir. Accéder À l’Être Suprême. Chercher encore, Là-haut, Connaître, comprendre, apprendre, le discernement, Cette immense tolérance avec l’amour de l’autre.

213


La clé

La stupide histoire des métaphores. La relation objet-sujet. Exprimer, représenter, la mise en chair idéalisée De la pensée : langage ? Vocabulaire varié, variant Les concepts, les idées de tous - la réduction du critique. Quel crédit, quelle efficacité pour l’instrument poétique ? Qui possède la clé pour comprendre, s’émouvoir ? Qui ? La représentation non pas de l’arrangement, de la combiNaison mais de l’agencement. L’intuition de l’alexandrin, Est-ce possible ? Dans l’essence intérieure, subjuguante ; la Théorie de la communication. De Moi à Moi, sans l’Autre. Avec les mots, faire le travail, les phonèmes, les

Fréquences des signes, les mots écrits, les sons. Et quel ordre ? Est-ce expérience, outil, instrument de pénétration cérébrale ? Le besoin de mêler, d’associer, de produire et d’extraire.

214


La raison du questionnement

Toujours en soi, le pourquoi, le comment ? À demander, l’inaptitude à répondre. “ L’homme a Suffisamment de sagesse pour poser des questions, il n’en À pas suffisamment pour y répondre ”. Implorer,

Supplier, chercher le progrès. Est-ce la pitié de la Pensée ? Toujours à apprendre, ne jamais rien savoir. Le temps du questionnement, la brièveté de la vie. Et Pour quels résultats, le vide interrogatif. Sinistre néant ! L’origine de la question ? La sortie hors du Jardin Nécessitant la résolution de problèmes matériels. Dans Le Jardin, l’insouciance. Hors du Jardin, la nécessité.

La nécessité engendre la satisfaction. La satisfaction, le Questionnement. La question est dans l’être, étant comme telle. L’étant : c’était et est : l’être est l’étant, et sera quoi ?

215


Le questionnement de l’Être La pensée n’est qu’une réponse au questionnement de l’Être. La réflexion est un déroulement d’idées. Connexion, Correspondance, mémoire, activations, dérivations, intégrations. - Outils employés par l’être pour trouver la réponse.

La parole semble inutile. Y a-t-il dialogue parole-pensée Dans l’homme ? Le rôle du langage. Les relations à L’être : langage et sensibilité par les sens des organes. Les possibilités physiques de l’homme. Impossible à nier. L’esprit perçoit les actions du Monde qu’il comprend Ou cherche à comprendre. “En attente du savoir”, “Je Redéfinirai mieux avec du temps, plus tard.” Savoir, Percevoir, attendre. Il faut réduire l’action nécessaire Pour rendre possible l’action de compréhension.

216


En soi

Accéder à sa possibilité extrême, se pénétrer, s’ouvrir, Tenter de percevoir ses propres limites, - se choisir, Être-pour-soi. Être-par-le-monde toutefois. Monde visible et invisible - de savoir, de compréhension, De mystère. Le projet du progrès. Dans toutes les structures De l’être ! Pure possibilité de liberté. Le dessein. Pouvoir dire : Je suis. Je deviens sujet et objet de Moi-même. J’accède à ma propre analyse. Ainsi ce sont Les capacités associées au choix. L’être-dans-son-monde.

Est-ce singularité absolue ? Est-ce création unique D’humain ? Pourquoi investir en soi ? L’apothéose avant La déchéance fatale ? Élans et curiosité ? Comprendre, Apprendre, appliquer, percevoir, désirer, créer, découvrir. Quelles finalités ? Société, nature, spiritualité, liberté, Art ?

217


Procédé mental

Suppose et décide. Perçois autrement. Avance Vers l’avenir. Bondis avec le verbe, et cherche Ton progrès. Emprunte les mille chemins des hommes. À l’aube de toi-même, à l’intérieur, l’esprit S’éclaire lentement. Quand le monde pense, tu en Profites. Nous implorons les Dieux, et avançons vers L’inconnu. La consistance de ton Être ? Penser c’est Ajouter sur ce qu’aucun homme n’a pu supposer. Encore pour le plus, est-ce l’évolution de l’Être ? Le résultat pensé, la nécessité de l’expérience ? L’objet contient la pensée de l’homme. L’on fabrique Des pensées avec de l’expérience, de la mémoire, de l’acTivation, de l’association dérivée. Processus mental ?

218


La pensée : Élan d’action mentale possédant une charge. N’existe, N’est opérationnelle qu’en synergie d’action avec une autre Pensée. Alvéolée avec une autre alvéole. Nécessité De groupement, d’association. N’a nulle fondation.

Éveil et disponibilité dans une direction incertaine Pour un but inconnu. Nécessité de charge. Aller Avec mémoire. Avenir aléatoire. Il lui faut de L’appui, c’est-à-dire des congénères, autrui, Autrui dedans, autrui-dehors. Elles s’organisent pour Former une configuration. Leurs charges indiquent les Marques : techniques, philosophiques, pratiques, spirituelles, etc. Pour construire dans l’homme, l’homme avec l’homme, Avec machines, puis société, civilisations, - évolution Continuelle pour obtenir des objets nouveaux et utiles.

219


L’audace spéculative L’audace spéculative en forme délétère d’apparaître Possède un nuancier subtil ou contradictoire. AdMet l’embrouillamini, le marquant, le saut, le risque. Va outre ; ne cherche pas toujours à voir, mais bondit D’audace en plate-forme, redescend, remonte, - agile ! Ferme les yeux dans sa clarté, appelle l’intuition, sa Sœur cachée au fond de la conscience. En repos, puis Erective. Semble tenir quelque chose. Prétend aller Dans un entrouvert de vérités futures à exprimer. S’associe à l’ombre, travaille avec l’heuristique. Miroitements, éclats, pépites, légers brillants apparaissant. C’est chercher un espace où l’intelligence offrira une Constatation solide et vraie, c’est élaborer pour du concret Et du réel pour un dessein de futur accompli.

220


Une sorte d’intuition

Ne sait, ne sait pas, suppose. Va voir, ça peut-être, Avec points de suspension. Semble sortir. Perception Difficile, indéterminée. Jaillissements internes de lumière. Ou noir, - moins noir ; est-ce un ouvert ? C’est déjà Audace et prétention que de parler de la sorte. Je Dirais, à peine perceptible, peut disparaître à tout Instant.

Pourquoi la conscience y croit ? Pourquoi demandeT-elle à poursuivre ? Cela serait lié à son degré de Curiosité, lui-même propriété de la masse cérébrale agissante L’accumulation de neurones connectés engendre la volonté De curiosité, qui elle-même essaie d’ouvrir des portes, De déplacer des bornes, d’associer des incompatibles, de Défaire du noué. Étude biochimique du cerveau ? L’intuition S’effacera derrière la compréhension du mécanisme cérébral.

221


Le retrait de la présence

Le retrait de la présence. Conscience de la Représentation de l’ouvert, de l’extérieur. Analyse Du degré d’utilité, détermination de la valeur. Mise en garde pour soi-même. Après questionnements : refus. C’est le retrait avec l’expérience. C’est donc : Le-non Vers-l’homme, l’exclusion, le non au partage. Pourquoi ?

La représentation extérieure est ordinaire, Inutile, en perte de temps, de composants, de structures. La valeur de l’analyse est fondée sur du vrai, du moins Sur du vrai personnel. Aspire à autre chose. La Clairière Est dedans. Pour un déploiement en soi. Une sauvegarde. Volonté d’accéder à une autre expérience. Détermine Son matériel de pensées, ses outils, sa façon, sa finalité. Sans l’autre peut-on réellement être soi ? Répondre.

222


L’un et l’un Le je, à moi seul, l’un et l’un. Encore “l’être”. La cohérence dans l’analyse, le pouvoir de pénétration. Introspection psychologique, désir absolu de comprendre Le sujet : c’est-à-dire Soi. L’observable dans le temps, Avec son langage, son espace, ses structures.

Comment Analyser avec l’oubli, le manquant, le perdu ? Il faut Couper, découper, penser, repenser, se lire, se comprendre, “ L’être mesure en tant que lui-même son enclos, qui par là Est enclos, en sorte que dans la parole il est ” écrit Heidegger. Le langage permet d’articuler les combinaisons, Les solutions, il offre la construction du parlé délétère.

Se montrer plus que se prouver - investigation pour comprendre.

A quelle finalité faut-il accéder ? Pourquoi ? Car le temps Est compté ! Alors jouissance cérébrale ? Plaisir de l’intellect ?

223


Insister, c’est espérance pour l’esprit

Insistant, insistant, répétant, répétant, questionnant, Je prouve que j’existe. Je suis tel. J’ai donc Une forme de vérité, puis-je accéder au mystère ? Si je suis, puis-je questionner sur l’inconnu, sur le Je-ne-sais-pas ? Suis-je un pensant-errant ? Comment Par quels mécanismes cérébraux, puis-je accéder au dévoilement ?

Je fabrique de la nouvelle vérité dans mon espace, créé Par l’homme, pour l’homme. Je ne découvre pas toujours De la dissimulation de la nature. J’ai besoin d’insister, De pénétrer, de savoir, d’avancer, pour l’intérieur, pour L’extérieur, - élan mental, curiosité, envie, c’est De l’énergie intellectuelle. Il ne s’agit pas de transfert Sexuel - ou de quelque chose de cet ordre. Il y a volonté D’aller au-delà du soi, c’est espérance pour l’esprit !

224


La négativité

La négativité, est-ce conscience réelle du vrai ? Est-ce angoisse ? Analyse exacte de la situation ! Il n’y a pas brouillage, mais séparation, décision, Volonté objective de concevoir le réel. C’est prétendre Possible l’action de ces paramètres dans le futur. C’est Spéculation de l’être lui-même, c’est manière de penser. Dévoilement à soi de l’hypothèse plausible d’avenir. C’est l’intégration du temps avec chemin caché,

pour prendre Soin de se prémunir. A quelles lumières ? Perceptions délétères, Assemblage de fragments, expérience ? L’être condense Son vrai. Il est à lui-même certain. Le dialogue est clos.

225


Résonances VI

Le laboratoire de papier

Un poème est un laboratoire pour le langage, une Sorte de risque chimique de combinaisons interdites, Explosives, denses, nouvelles. C’est un outil pour faire Avancer le génie de la langue.

Parfois bijou ciselé, Objet d’art, de retour éternel, - moyen de fixation De l’image mentale. C’est également un outil d’extraction De soi à soi, - pénétrer dans son inconnu, mixer, mélanger Du matériel nouveau par l’apport extérieur. De l’évolution de l’appareil intellectuel, du mécanisme interne Pour élaborer le produit différent. Recherche d’une Équivalence de valeur avec les autres disciplines - se situer Par rapport - être l’égal de … tirer autrui vers le haut. Mais c’est utopique, car ailleurs il y a mieux - en plus fort, Plus complexe, plus difficile, plus subtil, - comment leur dire ?

226


Détermination de la valeur

Se jette stupidement sur le carré blanc, pollue Le purifié ;

Crainte de la valeur, de la détermination, Ne sait convertir la lettre ne chiffre.

Ce qui semble connu, Certain - son dérisoire - sa crainte ; l’homme caché, replié, Honteux, homme de la peur ;

Le murmure éternel lui dit : Faible, - peu - progresse - élève-toi. Qu’est-ce qu’un poète ? Peut-on déterminer son utilité ? Il modifie encore l’ordre De sa mémoire, espérant quelque situation favorable D’associations alphabétiques. Son immense silence dans La nuit étoilée !

Veut crier dans le dédale de soi-même, Invoque les Dieux ; nulle réponse. Habitude, habitude !

227


Toujours, miroir en soi, hors soi qui se double et se dédouble Puis l’exercice scientifique de pénétration de profondeur de connaissance

La feuille grecque avec spéculation refusant le mauvais hasard

Est-ce toi, toujours toi qui cherches à te reconsidérer à te modifier à volonté ? dans l’éclatante volte-face par mille effets conjugués pour un dérisoire, détestable : “Ce n’était que cela ?” L’œuvre était accomplie et j’attendais encore.

228


Encore

insaisissable,

encore

comprendre, Supposer, et prétendre élans efféminés de l’intérieur amant proche de la séduction, de la séparation des mots et des signes qui évoque sa musique dans le miroir de l’âme, et cherche désespérément la promiscuité de l’extase

229

-

pour


I A l’intérieur pour l’ermite toujours là - enfermé - obscurité et lumière en plénitude idéale du Moi ne jamais sortir La balance s’agite et suppose ton poids prétend avec erreurs.

II

Pour quelle clarté ? La lumière se dérobe, inquiète, effarouchée, fille savante si troublée dans sa vérité, angoissée déjà !

Difficile de jouir de ces grâces éblouissantes ! La conscience se ferme, le visage vieillit.

230


Une pensée d’étoile

Une pensée d’étoile obscurcie, une pépite de trésor enfouie un et un seul pour essayer de découvrir

Une jeune fille qui gicle dans l’Etre pour élaborer une forme et qui devient une femme reconstruit notre espace

231


La luminosité prospective

La luminosité prospective, - moment de chercher, De découvrir - éveillée par la curiosité - aller Au fond d’elle-même. Quelle est l’origine de cette Volonté intentionnelle ? Pourquoi le Moi décide-t-il De se transcender ? Parviendra-t-on un jour à comprendre Les mécanismes qui régissent l’acte de création ?

232


Cérébralement différent

Transformer le mécanisme de penser. Délaisser une Partie de l’identité passée et lui offrir ou lui imposer Un système d’extraction ou de production autre. Il ne s’agit pas de passer de l’homme à l’Etre, Mais de reconsidérer l’appareil productif interne De l’homme. Prétendre différemment les possibilités De l’action humaine. Appréhender l’étant avec Plus d’efficacité, d’objectivité, de réalisme. Il ne faut pas nier l’éphémère, l’impalpable, le délétère, L’intuition sensible, ou artistique, mais il faut mieux Canaliser. L’évolution dans la Nature engendrera-t-elle Un homme historique nouveau ?

233


Les structures métalliques Des yeux scrutant à l’intérieur, Repensant de nouveaux espaces, Le vide, le désert, la construction, La Nuit - moins la Nuit - le plus clair. L’Eternel Néant - la volonté d’échafauder, Structures métalliques invisibles à perte de vue.

Puis des visages, des corps, des sexes, des femmes, Je regardais ma face sur ces structures Qui renvoyaient son image - je glissai Le long des structures. Éternellement je recommençais, Les structures réapparaissaient.

Je repensais le tout avec déformations scientifiques Désireux d’y injecter du sensible et de l’émotion.

234


Les gerbes d’or L’esprit, chercher encore cette solennité poétique y descendre par l’échelle créatrice pour y trouver un être ou l’Etre

Le prodige de sentir le soleil sous soi mais plus solennelles encore les gerbes d’or de la moisson ressuscitées au clair de ma conscience offertes en profusion de saveurs à l’âme littéraire désireuse de se nourrir d’Essence

235


Les intensités suprêmes

Les intensités suprêmes de la pensée avec l’immense lassitude de l’esprit Nul hommage intérieur une conscience de honte et de médiocrité La rare apparition, - la fille sublime telle une intuition géniale mais l’Éternité révèle l’insignifiance de l’homme Son espoir est dans une possible esquisse d’immortalité entourée de quelques élus sublimes seulement

236


La douleur absolue

La douleur absolue L’exil au plus profond du Moi

La transe, la mémoire pour produire pour ne pas oublier La substance pour se mouvoir L’œil ouvert pour l’intérieur, L’impossibilité d’en cesser avec la violence et la chute éternelle dans les tempes

237


La plongée et la crainte

Entendus seul de moi à moi des mots inutiles pour couvrir une ombre

La pensée comme un écho lointain se baigne dans l’inutile

Marcher, peut-être, marcher en soi pour espérer trouver autre chose Attendre la lettre - l’autre lettre - mais quoi ?

Sous la braise - les mots - le soleil - la braise Se noyer dans l’ombre de soi-même bêtement, faiblement L’ouverture pour le front Surplomber son immense paroi cérébrale, craindre de s’y jeter, de se faire foudroyer par l’éclair

La plongée et la crainte

238


Transfert Ils se pénètrent, s’approfondissent ; un Moi inconnu envoie une pensée profonde par l’image que je dois défaire pour reconstruire un espace invisible, caché, dedans

Eclipses, interdits à comprendre. Soumis à interpréter. Je dois expliquer.

Une mémoire

Une mémoire stupide qui carambole encore ici s’achève un commencement J’ai voulu fuir mon corps J’ai marché dans ma raison

239


La perception insignifiante Le besoin d’extraire pour fuir mon néant Une envolée d’extase

une esquisse fébrile

Un faible filament

et cette perception insignifiante saura-t-elle porter l’écrit nouveau ? Je m’essaie en toi, je risque, j’expérimente si le terme est juste j’attends l’instant satisfaisant j’associe liberté et force pour l’exaltation du poème Ta passion m’éclaire d’une gerbe des saveurs Nulle élégance, nul rythme, mais une violence qui m’obsède pour une verticale impossible à atteindre - ta verticale !

240


La piètre maison Là où supplie l’intelligence un progrès quelconque demeure une certitude de médiocrité et d’insignifiance

La nuit des Dieux est sourde et refuse d’entendre la supplique Je construis l’intérieur de ma piètre maison

Nul commencement nouveau, Le corps veut se détruire Le domaine est à l’esprit Il n’y a nul chaos invisible mais chaque élément, chaque brique se place et s’entrepose

La langue parle simplement, logiquement avec raison - dialogue de construction L’esprit offre à la bouche et la bouche à la main qui noircit la feuille

Quels résultats ? 241


Ténacité de l’écrivain Écrire c’est prétendre découvrir autre chose, c’est avoir la certitude d’exploiter un nouvel espace, c’est encore s’accoupler avec des mots pour espérer une sorte de ballet nuptial - le plus souvent détestable, perdu en vérité. C’est une sorte de recherche impossible. L’écrivain désire ardemment obtenir une page ou un poème rares. Y parvient-il ? Jamais ! Il quête “ l’albatros ” il invoque “ La jeune Parque ”, mais il se sacre de dérisoire - de son dérisoire.

Il veut imiter, ressembler à - il chancelle dans son impossible pari. Il échoue, se meurt et renaît. Enfin il y croit. Et pourtant ! Que de déchets ! Et combien de maigres espoirs anéantis à tout jamais !

Enfin il insiste.

242


Épilogue

Chercher sans réellement découvrir dans la rumeur de soi avec tangage de langage, - chercher

Quand la gestuelle pensante est monotone sait pertinemment que demain sera comme hier une vaste déception cérébrale d’élans cassés d’avancées perdues, de futurs inutiles

Alors pourquoi cet étonnant labyrinthe en soi-même, cette vaste cité intérieure ? est-ce volonté de comprendre, de développer une capacité interne ?

Est-ce aventure personnelle ? Fuite en soi ? Nulle réponse simple n’offrira de réelle vérité. Est-ce travail d’homme ? De pseudo-penseur ? De poète ?

Que répondra le lecteur ?

243


PERIMERTRES ET FLUIDITES

244


Suites/Relances I

J’observais au fond du Moi Ce vocabulaire amorphe Inapte à s’associer Pour obtenir des coups heureux

Jamais je ne parviendrai A l’optimiser Cette matière douteuse Détestable et stupide La faute m’en incombe D’autres, autrement Avec leurs réels moyens

Sont parvenus à purifier, Elever, simplifier, charmer Et je pense à Jiménez.

245


Éloignée

Éloignée, en soi-même Au moment de la toucher A l’infini vers moi, Pourtant tu disparais

Ma bouche cherche un songe Afin d’y fixer l’oubli ; Les ombres que tu vois Chancellent librement dans mon âme. Je t’offre l’incendie Nourri de braises claires, D’idéal purifié

Seuls ou encore à deux Soleil et lune sexuels, L’énergie harmonieuse.

246


Autres limbes J’avançais indistinctement dans ces limbes nocturnes, Où la confusion cotonneuse rend informe Tous les objets de la veille. Je glissais Dans ces espaces mystérieux où l’irréel côtoie Le possible, où l’interdit semble aboli, - sorte De transe imaginative offerte à la raison Toutefois.

Des élans de pensées jaillissaient çà et là, Surgissant devant mes yeux, jaunes ou phosphorescents. C’était une lumière nerveuse pénétrant l’esprit Accompagnée d’images indistinctes qui suggèrent Par recomposition et mémoire activée des souvenirs D’autrefois. Puis j’entendis douloureusement la voix Suave du Christ qui m’invitait à le suivre Et à l’imiter dans son impossible perfection céleste.

247


Incolore Incolore, bleu pâle dans l’âme Avec élans jaillissant clairs, La voûte cérébrale s’illuminait parfois Ce soir, c’est un Néant intérieur. Je suppose dans l’ombre des audaces accessibles, J’avance chancelant sur des houles imaginaires, Je perçois le crissement d’un cristal parfait, Choses étonnantes difficiles à saisir, A rendre par l’image en si peu de temps. Il n’est pas question de se souvenir, Il faut percevoir ou comprendre la nouveauté, La création étant trop pompeuse. Ainsi il S’élève logiquement pour des strates indéfinies Construisant encore contre cette voûte cérébrale.

248


L’invasion de mots

Une invasion de mots Comme des cavaliers blancs Recouvrant l’espace Inondant la voûte poétique :

La cervelle est encerclée De syllabes, de chocs de mots De paroles, de conflits de syntaxes.

Pour écraser le silence Dans des batailles tumultueuses Des hordes pénètrent en lui.

De cette violence aberrante De résistance et de furies Explose en gerbes multicolores Le poème inconnu qui vient de naître.

249


Être

Être c’est prétendre vivre à l’intérieur du Moi Que peut l’Autre pour Moi ? dans mon étendue cérébrale ? pour ma construction interne ?

Les murs. Grand nombre de portes, Ouvrir pour l’infini inutile, Elaborer sur des assises incertaines.

250


Construction architecturée

Construction architecturée sur un socle structuré Vaste bâtisse équilibrée et harmonieuse Je t’observe au parfait du Midi !

Ta pensée est mûre, tes tours édifiées. Ô monument d’éternité, Quelle beauté de rigueur tu formes ! Elaborée par des siècles d’apprentissage, Et d’imitation, ta façon Semble régner dans la quiétude.

Hautaine et debout, crains gloire De briques, fragile géant, crains Qu’un Dieu invisible et superbe, rageur Destructeur ne vienne ridiculiser ton orgueil Et te réduise à un tas d’immondes poussières.

251


Des espaces, des lieux

Des espaces, des lieux, des volumes ouverts ou clos, Inclus, connus, inconnus, à énigmes ; difficiles À délimiter, avec passerelles, tunnels d’approches Ce qui les sépare - ce qui les convertit.

Espaces techniques, économiques, sexuels, virtuels. Sont-ce des espaces, d’ailleurs ? Ou plus exactement Des moments de l’activité humaine ? L’espace, à l’intérieur, toujours renouvelé. Lavant Et relevant les images floues, s’octroyant Un rôle de maître absolu cherchant et décidant. Le propriétaire de Soi. Le retrait de l’Etre. La mise en hibernation, Le refus de l’Autre. La suffisance intellectuelle, Le vieillissement cérébral, la mort ou la mémoire ?

252


L’homo desertus (L’homme du désert)

Waldlichtung, la clairière en forêt ; je Lui préfère le désert en soi - le vide - l’espace Infini, sans. C’est libre, c’est ouvert, c’est visible. C’est le rien. Avancer ou construire ? Avec quel Matériel ? C’est en marchant que l’on rencontre d’autres Paysages. Il faut donc accomplir de l’action.

Les horizons du temps et la taille de l’espace, Ces dimensions universelles y sont également représentées. L’intensité de la lumière est fonction de la lucidité De l’œil. Prétendre constituer ou reconstituer Du vrai en marchant. Degré de subjectivité De la conscience ?

Pensée intuitive, pensée Spéculative - réside déjà la possibilité De choisir le mode d’actions - ébauche de liberté.

253


Suites/Relances II

Evanescence et périmètre

De si loin pensées au plus profond transmissions concevables sans doute agitées par ma mémoire lancées, montées, explosées

Là enfin poussés par le souffle Quelques mouvements dans nos rêves des mots offerts

De moi-même, évanescence incandescence pour l'élaboration de l'œuvre

J'observe fixement l'exaltante envolée des feuilles voltigeant

pensées englouties irréelles surgissantes déplacées

J'y perçois quelque lumière...

254


Des groupes de mots, des familles, des appartenances avec l'analogie, la symbolique etc...

Un mécanisme bien huilé, en vérité.

Voilà le périmètre insignifiant de mon esprit.

255


Syntaxes amoindries

Insufflées poussées extases d'écrivain

Le non-probable, la certitude de l'échec

Associe tes coups mélange avec ta substance amoindrie pour tes quantités multiples

Il est nécessaire d'aller longtemps puiser au fond de soi-même

256


J'ai dé-pensé

J'ai dé-pensé me déplaçant perforant ce mur d'incertitudes cherchant le monde naissant derrière, ou à côté

Une pénétration sans expérience par ressemblance prolongée exploitant, refusant l'autrefois

Oui, rendre possible un avenir inconnu

Comment rendre un autrement vraisemblable ?

257


Le mot cherche

Le mot cherche se détermine d'après autour de lui

Il flotte ici un parfum d'images irréelles déplacées agressées par le temps

Le mouvement clair enflamme s'étire emporté par le soleil intérieur tout en fixant le vide

Je confonds le ciel cérébral de mon espace imaginaire avec une possibilité d'invention poétique

258


L’image et le mot

L' image et le mot l'un avec l'autre tout dépend de l'hémisphère cérébral !

Les yeux voient ce que l'esprit écrit

La pensée rôde, esquisse en mouvements le poème

Comment fixer le silence dans le vertical de son vide invisible ?

259


La nuit noire, mauve

La nuit noire, mauve et bleue, le regard Cherche en lui quelque quiétude aérienne. L'invasion des nuages déplace la pensée, La vitesse des traits et des images emporte Les mots hors du champ de conscience, la lancée Des possibilités poétiques chargées de musc, De parfums, d'aigreurs se déploie en gerbes Multicolores.

Il faut apaiser l'ardeur, calmer L'élan fougueux du jeune homme qui inspire, Certifier l'espace de sa transcendance interne, Maîtriser cette ventilation en soi pour le hors soi.

Car la vitesse jette, déplace, mange, oublie Parfois l'essentiel, parfois le pseudo-insignifiant Qui est le nouveau vecteur ou le schème de conduite.

260


L'immense réservoir humain

Ne parlons pas d'Art - Ceci serait prétentieux, Parlons d'écriture ou de poésie - Le cadre dans lequel Se situe l'auteur est plus modeste...

S'installer, lancer De l'énergie, combiner une sélection de mots d'aPrès des critères de ?...(Trop long à expliquer Sur un sonnet)

L'espace mental, l'action visuelle Quelles vérités scientifiques pour comprendre et analyser Le geste de composer ? Informatique et Biologie Pour supposer cette dimension cérébrale, cette possibilité de sublimation humaine! Le sixième continent, Comprendre L'intelligence avec son intelligence, Le cerveau avec son cerveau.

Temps, Moyens, Travail en commun, synergie de la compréhension Pour accéder à l'immense réservoir humain.

261


L’air éclate

L'air éclate comme une séquence impossible, je Prétends voir la matière. Les doigts sont ouverts Au magma. Des effets lumineux très pervers. Un souffle crache de la poussière mentale. Le Long de ma paroi interne suinte de la vérité à Lécher. La pensée frappe les structures des tempes et Cherche à sortir. La fille se retire, la fille S'étire. J'embrasse ses paupières, elle disparaît.

Le jeu de la tête à représenter. La démonstration Verbale. Une vraie logique d'artiste avec du Manquant et de l'inspiration.

Où allons-nous tous deux ? L'histoire d'un ridicule accouplement. Fade miroir de Ses yeux ou sublime soleil sexuel ? Que dit-il lui le Lecteur voyeur, critique subtil, méprisant toutefois ?

262


Au zénith

Au zénith, la nuit obscure dans la tête. La volonté de comprendre, d'aller outrer. Sous le poids de l'ignorance. Méninges, rapiécer avec techniques, espère-t-il les éléments. L'œil plonge dans son espace, la main récolte les caractères et syllabes.

Demi-tour, à l'intérieur ! La pensée prétend triompher et ressuscite. Je dirai d'une voix basse : "Tel est ton triomphe, - cela et rien de plus. Le poème est écrit."

263


Au fond du Moi

Au fond du Moi, il insiste, encore et maintenant. Il prétend respirer, il dicte, souffle haletant hors d'atteinte l'autre

contemple la Cité et cette logique de mots, de constructions de langage et d'assemblage forme irréelle ou fantomatique structure délétère.

264


Suites/Relances III

Son but

Se déplacer lentement dans l'étonnant labyrinthe De son âme était pour lui un jeu intellectuel, L'univers du poème un espace curieux à Concevoir. L'aventure d'un possible audacieux, parFois. Etait-ce une passion, un vice, une dose D'exercices quotidiens ? Il voulait tenter de Déterminer sa propre limite, reconsidérer son Complexe, élargir les moyens de comprendre. Y parvenait-il ? Il prétendait avec hésitations Régler l'ordre, l'agitation et le tumulte, Il prétendait... Mais ce n'était que chimères, Qu'espoirs vainement soufflés par l'orgueil du Moi, Que folie permise par un idéal poétique rêvé : La probabilité réelle de sa réussite était nulle.

265


Des labyrinthes fangeux

Des labyrinthes fangeux, des structures internes Complexes et déplorables, un néant à combler Par le travail, par la studieuse constance pour Obtenir le : oui. Alors il avance bêtement, Besogneusement. Retours dans l'illusion, dans L'impensable, l'impossible - c'est ça : il avance. Seul, toujours seul.

Qu'importe d'être compris, d'être Lu, qu'importe ! Algèbre et ténèbre, solitude, oublis ! N'est-ce point là le lot de l'infortune poétique ?

Comment achever cette vie inutile faite de rejets, De déceptions et de pleurnicheries ? N'est-il pas Un séjour de paix où l'âme sera satisfaite ? Car de tombeau de gloire, il n'en est pas question; Des labyrinthes fangeux, des structures internes.

266


Entre dans toute joie

Entre dans toute joie : (Mise à la disposition du vers pilé) d'une clairière uniquement chancelante.

Cépages. Arbrisseaux. Ecobuages.

Donc le balancement des idées. Les sublimes soupirs à ébaucher - le tintamarre plus que parfait.

En toute gratuité, pour nul connaisseur L'entrelacement des triangles :

Pensées-applications-lecteurs, D'autres triangles.

Je reviens à ton a-forêt, pipeaux sylvestres tes gradins d'écriture, base et élévation - monte Mais l'a-forêt ?

Toi dans le lieu, nulle âme autre La tienne seulement la goutte perle, se distille. 267


Nulle célébration du lieu,

mais la goutte -----) qui est signe. Cela s'accumule, n'est-ce pas ?

Parc, sentiers, squares corrects -----) je te dis que l'oeuvre avance, que le tout s'organise. Tu ne sais pas lire ?

Tout est construit - qui voudrait s'y promener ?

268


Suites/Relances IV

Mouvements de pensées

Mouvements de pensées si subtilement maîtrisés Dans l'aurore virtuelle de l'esprit. Dodelinements De la tête de jeune éléphant qui active Sa mémoire et dit oui et dit non. Fibres et Fièvres de l'activité avec doutes parsemés d'éveil.

Dans ce Néant presque, haute entreprise ; les rayons À larges jets diffusent quelques élans clairs. Des vents légers et aériens ; le ciel se charge De rouge incandescent - c'est l'aurore explosive, Le brasier, les cendres rougeoyantes, la violence

De l'écriture, et des applications pour la feuille De papier. De ce magma, que restera-t-il Réellement d'utile ?

Des manières poétiques, Des élans stupides que tous rejèteront, en vérité.

269


Ce qui s’échappe

Ce qui s'échappe, ce qui m'échappe Filaments clairs dans l'obscurité de l'âme Puis ta houle intérieure, inventive Ta nébuleuse intuitive qui se conçoit en dehors de ton temps

La pensée suppose, implose Pour s'éjecter sur le rectangle blanc

L'oeil qui étudie Le choix dans l'éclair

270


J’ai cherché

J'ai cherché, c'était hier, un monde un songe ou une vapeur d'idée

J'avançais avec une pensée monotone et monocorde

J'avançais

Je percevais leurs souffles, je pénétrais leurs labyrinthes subtils ou insensés prétendant retrouver leur centre

Je rêvais de leurs formes, de leur méthode, de leur formule - les poètes m'étaient indispensables -

271


Écho

Mais à l'intérieur ?

Echo faisant place écho

Sans les mots pour l'écrire

Qui prétend

Qui prétend penser, agir, avancer ; et cependant il parle, ou construit, extrapole, etc.

Poussières encore ! Mais toute cette accumulation de fragments construit la stèle - les pensées associées, pulvérisées, agglomérées offrent la structure..

Primitif d'un tout !

Déformer la réduction, imposer un surcroît - plus encore...

Cela scintille et c'est soudure.

272


Les espaces obstrués

Encore les espaces obstrués Le vide à soi, le vide

Une faille peut-être

Espérant une nouvelle matière Il suppose en creusant

L'espace décomposé en soi

Traduire l'infinité

Te rencontrer encore après bien des années perdu dans ces labyrinthes d'écriture pour ces impossibilités littéraires à atteindre

La structure démantelée est à refondre

De nouveau, il explose

Le sens se liquéfie et apparaît quand il l'atteint

Le sens du continu 273


Inventé par soi-même

Pour un nouvel espace inventé par soi-même

Bleu ou blanc cosmique épuré ou vrai

Mais comment concevoir autrement ?

L'air cent fois transformé

274


Et là indistinct

Dans mon front, et là indistinct la substance cohabite avec l'inutile l'effort est vain

Sage, et toi dans le bleu ~ je te convie à la lumière pour l'immortelle semence d'être et d'être encore !

Sacrée - en demeure sacrée où les flots sirupeux et les excréments se déversent

Sacrée, ô demeure de moi-même dans l'attente d'un meilleur

Pour l'espace aisément difficilement pour l'espace

Mon temple refaçonné, purifié je me rejoins dans l'innocence d'un saint, j'accède, j'atteins Exigences de certitudes, de vérités

Déchirures qui renaissent qui relancent la haine 275


Ici à repenser et décider une nouvelle définition

Compressé, condensé, déplacé, ailleurs, autrement - l'ordre !

L'ordre et la construction des mots pour une architecture nouvelle.

Mais quoi ? Et avec qui ?

276


De rechercher en

De rechercher en de nouveaux domaines de claires résidences non pas des labyrinthes ou des cloisonnements mais l'espace intérieur inconnu à découvrir

C'est encore soi, mais un soi ignoré de sa propre conscience C'est une sorte d'aventure de l'esprit - ce qui est caché - invisible encore qui doit apparaître toutefois

De-ci de-là très à l'intérieur cherchant et balançant lumière claire, fluides de phosphore

Trajectoires inventées, déplacées, reconsidérées

Mais avec quelles matières cérébrales, quelles traces à appliquer ?

Un monde toutes les nuits qui échappe, s'enfuit 277


Infini et Un, qui se construit et délivre un message poétique

Quel message ?

278


Yeux en moi

Yeux en moi aveugles Yeux du dedans je dois mourir

Lancées et miroirs intérieurs Par le souffle, en contre bas, j'explose

Sangs jetés dans le corps, mourir L'un et l'autre - les deux

La chute, la faille, tombés

Cris pensés après cris repensés Cristal de haine, aux abois

Je verse dans le délire Tu vois, je souffre encore

Chair et nuit se tenant Dans l'angoisse et l'horreur

La fuite la mort ton Néant

279


Déplacé - repensé

Déplacé - repensé ailleurs et autrement Le territoire de la repense !

Ecriture noyée, focalisée, hérétique, agressive et violente - Ecritures !

Sans être lu mais se lire plié, à l'intérieur

Ecrasé par ses rayons monstrueux, roule en toi-même ou grimpe du moins agis

Dans ce champ mental, aie soucis de toi

Non, point souci des autres mais soucis des poètes morts - avec leur substance, ma cosubstance !

Voir à travers eux ! ou fluidifier d'autres mots

Une sorte de réplique revisitée, intemporelle - une sorte de réplique !

Et pour viser à quoi ? 280


Structures sensibles

Structures sensibles ici, structures poétiques

Le grand ouvert bouche bée pour comprendre et apprendre

Invisiblement repensé, restructuré, ailleurs

Nuits bleues d'humeur volatiles Parties de poésie jouées avec soi-même

Ombres et vols - mais repensé avec âme délétère

Serrures, sensibles, - grand ouvert c'est encore vous !

Paroles, et cette soif jamais assouvie Paroles

et

pensées

pour

s'octroyer

quelques

fragments

supplémentaires

Un instant, l'écrit, le trait mais rejeter l'agglomérat

Des routes, des réseaux, des sorties - longues avancées en soi

281


Traces de plus en plus visibles - traces -

Surfaces parallèles - en décalage - surfaces

Tombées, retombées dans tes versants

L'emporte comme s'étale

Surcroît, s'efface et cherche

Défalquer dans la transparence, le reprendre avec soi pour saisir cette trace dans cette opacité mienne

S'y perdre en plongeant Limites perpétuelles franchies - limites

Ai trouvé une trace - nuit d'aveugle

282


Endormies sur le feu

De grandes fluidités

De grandes fluidités mauves envahissent l'horizon poétique puis vont se dispersant sous la tiédeur endormie.

Qui erre ici et là dans l'oubli fatal de l'infortune ? Pour l'amour infini interdit, es-tu ma délivrance ? Une vive éclaircie dans le lointain espère quelques flamboiements extrêmes. Sont-ce des illusions du tout au tout, du supposé possible à la rumeur absurde ?

Ou de chastes soupirs ~ de purs alanguissements ~ des sursauts sporadiques ?

Vous, dans cette diaspora universelle, ô comètes de l'esprit - je veux vous rassembler dans la synthèse subtile pour un bégaiement aléatoire.

Qui invoqua ces pseudo-répliques mentales, ces intercesseurs de l'écriture, ces génies de la syntaxe ?

Au plus profond du Moi, quelqu'un y songe à mes dépens.

283


Pénétrant, et cette fièvre

Pénétrant, et cette fièvre pénétrant dans le flou, dans la haine, dans l'élan mais pénétrant encore

Là, là encore dans les flux et les élans, dans les poussées incolores de soi à soi Oui, mais en dedans

Mémoire pensée et repensée pour cette fluide ténèbre j'avance songeant à déplacer, à reconsidérer ce décor de décrépitude

Par mille profondeurs, en d'autres lieux internes te guidant - et tu réponds par le regard en avançant

D'impossibles, de riens à reculer là ici déplaçant le repos

Oui cette forêt de liens indéfaisables puis ramilles légères dans l'ombre de mon corps

Mélange de lianes, de fougères, d'élans de branches entortillées et fuyantes et ronces

Moi ayant toujours cherché et visitant

Dans le néant de mon extase, je m'illumine encore 284


La belle obscure

De toi à moi, l'obscur - dans le foisonnement Intérieur - l'obscur. Que viennent tant d'ombres Sombres et d'obscurs ! Pour que surgisse la Lumière claire enchevêtrée d'amoncellements De synapses dans l'immense luxuriance du don !

Et paix sans l'accomplissement du Moi, paix tandis Que croît, s'élance et se fortifie la ramifiCation de feuillage obscur ! La belle en glissades De courbes, en fuites éperdues, en élans inCessants, en délires de dires et pour l'écrire - l'obscur !

Ne te précipite pas, ralentis cette course folle et Figurative, ou plonge encore dans l'immanence Insouciante de la raison, dans la vasque remplie De saveurs et de haine, d'amour et d'infini.

285


Figures pensantes

Plus encore de Néant et d'obscur pour que surgissent De l'ombre des fumées enivrantes. Dans cette immense Luxuriance avec le jeu des lumières, s'élaborent de Longs filaments aériens. Le règne s'accomplit. Quel Règne ? La folie contrôlée élabore quelque peu.

Que la bouche s'y essaie ! Que la langue engluée S'exalte et se libère pour qu'il croisse et envahisse D'autres espaces clairs ou invisibles ! Un futur se propose…

286


Dans le vide

Figures disposées dans le vide Figures pensantes et articulées Dans les sinuosités angulaires escarpées Et tranchantes qui se renvoient Avec leur logique désordonnées des fragments D'images bariolées

En approche de l'esprit, les constructions Se désintègrent de couleurs en lumière, Lambeaux de toiles mortes, Vieilles souvenances oubliées

Figures déployées sur l'écran de la mémoire Là le mensonge éblouit Pour la renaissance des châteaux En élaborations incomprises

287


Pour que surgissent

Plus encore de Néant et d'obscur pour que surgissent De l'ombre des fumées enivrantes. Dans cette immense Luxuriance avec le jeu des lumières, s'élancent Longs filaments aériens. Le règne s'accomplit. Quel Règne ? La folie contrôlée élabore quelque peu.

Que la bouche s'y essaie ! Que la langue engluée S'exalte et se libère pour qu'il croisse et envahisse D'autres espaces clairs ou invisibles ! Un futur se propose…

288


Absence sinistre

Absence sinistre. Yeux à l'intérieur, est-ce là ? Le paysage se dresse d'un coup. Quelles sont les limites possibles ?

Seule l'écoute est admise. Carambolages de mots.

Comme tracée dans l'invisible, une ligne éphémère semble poindre.

J'écrase les débris de la veille ~ dédales, décombres et âme. Le silence écrase l'oubli, et l'imaginaire semble renaître.

289


Un mot cherche un mot

Un mot cherche un mot qui refuse de lui Répondre Ici commence la guirlande accrochée Aux neurones de l’âme Et quelle est cette chose Qui forme le poème ? D’autres jets lumineux Semblent pourfendre l’esprit et se répondrent Dans de sombres galaxies. Au plus profond du Moi Git un tas de sinistres poussières. J’offre mon Négatif à mon aigle crucifié. Des larmes de Sang jaillissent ici et là dans l’armature Du Néant. J’attends mon auréole et je demande Jésus. Un regard bienveillant se tourne vers La Coupole. Des cercles et d’autres cercles évasifs Toutefois. L’amour est à refaire. Une rumeur De haine circule dans la ville. J’écris encore.

290


Pour, Pour, dès qu’elle survivra à l’orée des tempêtes enrubannée d’orgasmes pensée et recomposée dans l’essence aérienne Et tel un glissement qui rebondit dans l’éveil enchanteur pour déborder d’espoirs

Ici et là et à côté ~ la localité se précise dans un centre focalisation Ce fluide, je l’entrevois comme un plasma frivole

291


Une parole déchirée Une parole déchirée dans l’air se détache et atteint son paroxysme pour éclater en mille fragments de syllabes.

Il te faut donc poursuivre, ajouter et constamment considérer l’Au-delà. Plus loin, là-bas ~ oui, l’Au-delà. Plus haut, à la recherche d’un autre signifiant, éloigné de la logique, dans du vrai pourtant. -

Silence. Et substance émanée par le songe Paroles menteuses mais créatrices cherchant une nouvelle essence de l’être. Qu’elles puissent s’associer, se concevoir pour un sublime agencement poétique !

Hauteur des mots. En soi démesurément Pour l’élévation à strates infinies, et entrevoir quelques traces de profondeur 292


Je te sais : constamment absent Ici une volonté autre - est-ce dépassement ? Le support, l’élan

Condenser la pensée pour la faire exploser en gerbes d’applications Espace très à l’intérieur Espace et toi sur le versant T’essayant à quelques délires

Et là au plus loin, puis retour en soi-même te discernant , je te dis avec combinaisons et luxes d’audaces Sur la matière, tu n’es plus Tu ne sais pas comprendre et ta perception du réel en est faussée Le vrai t’échappe, tu prétends le saisir, il est ailleurs, là évidemment ! Déplace ta certitude, redéfinis ton vrai - mais comment ? Décalant ton orgasme - en toi, profusément

293


La pensée s’enflamme et cherche à te détruire immensément

294


Futur comme toi Futur comme toi dans l’idéal incompris ~ insensé, Inconnu plaçant quelques spectaculaires estocades ~ Dans la fraction du temps ~ intervalle qui semBle ne pas suffire ~ et appliquer toutefois. L’espace en soi se déploie, élabore quelques délétères Possibilités, est au loin s’éclaire. Sur les regoupeMents, les anticipations, les interdits organisés A la demande, pour l’imparable extase.

Le trait redescend mat et impuissant, la pensée Contingentée dans des délires douteux - optique de Reproches et d’incertitudes. Puis l’omission, le rejet, Le Néant - la parenthèse - le Néant. Et toute Cette recherche, pourquoi ? Quel aspect nouvelLement créé ou quel ridicule numéro de poésie ?

295


Déplacé dans l’impossible

Déplacé dans l’impossible menteur à la Trace trompeuse ~ nulle part, en toi ~ nulle Part. Au travers, se supposait au travers. Et de s’entendre dire : va à l’âme. Tourbillons De choses floues ~ dans une spirale d’idées-fleuve, Au-delà du silence ~ oui, accrochée à l’espoir. Dedans, l’unique construction délétère, fuyante, ~ de passer par un centre ~ avec réparations intimes. Invisiblement, la fluidité déferlante se rejoint, Monte et s’étire, apposant du plasma à l’esprit.

Ainsi de la lumière visqueuse, presque sensuelle Puis ces strates gris clair solidifiant l’écrit Et l’abandon des choses souterraines ~ j’applique Le sceau sacral, et je prétends produire !

296


Promptitude, attention souhaitées

Promptitude, attention souhaitées

Accumulation de points, de signes - ils ont été numérisés pour passer de paroles ennuyeuses à des applications abstraites

Convertibilité d'images au moyen de rapports

Recherches encore pour la symbiose ou la symbolique déplacée

Créant une structure vide et inutile pour un seul exploitant

Moi toi, tu es là : ta pensée s'ouvre, toi suspendue dans l'espace que tu conçois déplaçant les stations successives du temps et de la création

Les distances et les limites forment des cobordismes douteux

297


Reconstituer la Vérité

Je reste constamment enfermé en moi-même comme si cet espace insignifiant allait me permettre de reconstituer la Vérité.

Toujours plongé, à la recherche de la lumière où le soleil fond comme une éclipse. Des labyrinthes épais ouverts sur des portes en trompe-l’œil. Je cherche pourtant. Je veux fixer l'immobilité du Réel sachant toutefois que cela est mensonge.

J'avance dans mon silence espérant y entendre le Cri. Encore, encore je suis immobile. J'impose à mon esprit de mieux penser. Halluciner est un moyen. Les Temples s'ouvrent devant mes yeux.

Ces espaces, ces espaces pour comprendre. Tu t'es enfoui dans l'intimité du Moi. La nuit est claire. Elle te nourrit de subtils savoirs.

J'abandonne mes pas poussé par une errance, titubant, titubant, avançant toutefois, quand une jetée de cendres me recouvre entièrement pour me plonger dans mon Néant.

298


299


TABLE DES MATIERES

Préface

Structures démises

Messages I

Messages II

Messages III

Messages IV

Messages V

Messages VI

Résonances I

Résonances II

Résonances III

Résonances IV

300


Résonances V

Résonances VI

Périmètres et fluidités

Suites/relances I

Suites/relances II

Suites/Relances III

Suites/ Relances IV

Endormies sur le feu

301


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