Olivier demazet a mains nues seconde partie

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OLIVIER DEMAZET

A MAINS NUES

Florilège poétique

Seconde partie

MONTAURIOL POESIE 1


A mains nues

Seconde partie

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L’amour de vous

Parlez

Parlez d’amour toujours, vous les épris.

Traitez le mal toujours par le mépris.

Vous aurez en retour la vie en mal d’amour, d’amour repris.

3


Si belle

L’amoureux si peureux dit même à celle si belle Qu’il aime Que penses-tu de moi-même ? O mon Dieu ! Tu es moi-même ! dit-elle si belle.

1984

4


Affronte-moi

Affronte-moi Amuse-moi

Bise-moi Tisse-moi

Frissonne-moi Incise-moi

Dessine-moi et sculpte-moi

Mandoline-moi Imagine-moi

1984

5


Où êtes-vous ?

Où êtes-vous madame moi qui suis fou de vos âmes

Où êtes-vous madame ? moi qui suis fou de vos flammes

Où êtes-vous madame moi qui suis fou de vos gammes

Mais voyez-vous madame je suis pour vous fou brise-drame

A l’aide ! A vous ! madame !

6


Tout fou de vous je me pâme.

Octobre 85

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Ciel atlantique

Cette musique poétique, chante la beauté magnétique, Quelle passion ! Quelle élégance !

Humour, amour en transparence symbolisent la frénésie de vivre en poésie.

Ravi, ému, ébloui, je berce mon rêve qui luit sous le feu charmant de l’Étoile

qui sourit et se dévoile. Euphorie d’ondine mystique qui sertit le ciel atlantique.

20.11.85

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Si le cœur t’en dit

Ô cœur tendre, dis ! Si le cœur t’en dit, vendredi, serait-il possible, dis, d’aller se gaudir au paradis du paradis

qui blondit, reblondit, verdit, reverdit, bondit, rebondit, enhardit, resplendit,

ragaillardit ? Qu’est-ce que tu en dis, ma dégourdie ? Nous en serions tout étourdis. Tu applaudis ? J’en suis abasourdi !

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Tes riantes années

Tes riantes années, ma chérie, me ravivent, Jamais ne fus si belle en ce jeune printemps Qui fleurit ma vie du temps de mes vingt ans et fructifie mes joies pour que force survive.

Ta charnelle présence a saveur de pain cuit, au feu de la caresse illuminant les jours. Les sources des baisers, adoucissent l’amour, cultivent nos secrets privés de tout ennui.

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Sans

La solitude c’est une cruche sans eau un pain sans mie une crème sans sucre un menu sans sel une montagne sans neige un torrent sans galets un village sans église une école sans élèves un train sans motrice une auto sans moteur une équipe sans goal une plaine sans pluie une campagne sans arbres un désert sans dunes une terre sans soleil un Dieu sans fidèles une femme sans gosses un homme sans femme une mort sans rappel.

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Tes yeux

Tes yeux Soleils d’univers bleu Étoiles qui jalonnent l’infini nocturne Épis de blé d’été sous le vent qui ondule

Forêts des mil secrets où fourmillent les vies Neiges d’éternité lumières cristallines

Avalanches soudaines aux redoux nonchalants Lacs d’iris endormis au fond de la volcance

Clapotis des torrents à l’assaut des galets Fleuves aux doux méandres mouvant d’incertitude

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Sables imprévisibles des dunes de silence Îles de solitude harcelées par les vents

Océan de velours Océan des tempêtes Oiseaux de mer survie amoureux des esquifs

Agilité dauphine surgie des eaux de joie Baignades d’embellie Rivages croustillants

Orages tonitruants Coups de foudre si doux Nuage indifférent aux pluies libératrices

Reflets des améthystes Tes yeux de prairie verte Tes yeux de rose Tes yeux lavandes

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Tes yeux de jade Tes yeux de roche Tes yeux de source Tes yeux de flammes Tes yeux d’amour Tes yeux ...

27.06.90

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La Femme

La femme nous donne vie, amour, beauté. Sans elle, le monde serait mort, haine, laideur. Seul l’homme doit adorer Déesse faite femme. Mais seul, le Poète, par son art, peut la sacraliser. la Poésie est Femme. La Femme, Soleil, Air, Pluie de l’Univers. Que Dieu me pardonne cette adoration Mais, c’est lui le Grand Auteur.

13.4.89

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La Saint-Valentin

C’est aujourd’hui la Saint-Valentin la fête d’amour

Le jour a fui donnez-moi la main ma fête d’amour

La nuit reluit donnez-moi vos seins de fête amour

L’aube s’enfuit donnez-moi un rien de fête amour

Sourire à la vie

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chacun le sien de fĂŞte amour.

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Chute

Son parachute en plein vent, sans paravent, trouve un point de chute : Jolie chute ! Mais chut ! ...

Voici la rechute en plein vent, sans paravent. Chute de reins, Jolie chute ! Mais chut ! ...

18


Affronte-moi

Affronte-moi Amuse-moi

Bise-moi Tisse-moi

Frissonne-moi Incise-moi

Dessine-moi et sculpte-moi

Mandoline-moi Imagine-moi

1984

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Tes yeux

Tes yeux Soleils d’univers bleu Étoiles qui jalonnent l’infini nocturne Épis de blé d’été sous le vent qui ondule

Forêts des mil secrets où fourmillent les vies Neiges d’éternité lumières cristallines

Avalanches soudaines aux redoux nonchalants Lacs d’iris endormis au fond de la volcance

Clapotis des torrents à l’assaut des galets Fleuves aux doux méandres mouvant d’incertitude

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Sables imprévisibles des dunes de silence Îles de solitude harcelées par les vents

Océan de velours Océan des tempêtes Oiseaux de mer survie amoureux des esquifs

Agilité dauphine surgie des eaux de joie Baignades d’embellie Rivages croustillants

Orages tonitruants Coups de foudre si doux Nuage indifférent aux pluies libératrices

Reflets des améthystes Tes yeux de prairie verte Tes yeux de rose Tes yeux lavandes

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Tes yeux de jade Tes yeux de roche Tes yeux de source Tes yeux de flammes Tes yeux d’amour Tes yeux ...

27.06.90

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Vagabond

Vagabond va bon gars terre et mer s’annulent sous la lune Belle se dénude sur la dune Elle se dévoile Qu’il la boive Sultane Océane

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Beau temps

Les mordants coups de scie de ta dure attitude ne couperont jamais ma suprême altitude. Mon amour, mon bonheur détruisent le prélude de ma rancœur qui lime et de ma servitude.

Ton excès, ton absence épanouit ma confiance. Oh, tu sais ! la douleur vive attise ma chance : les chansons des oiseaux, les senteurs du printemps.

Notre hiver est fini. On arrive en été. Nous abordons la place et la réalité. Le soleil frétillant réveille nos visages, Notre cœur crie vermeil, nous voici enfin sages.

Nos yeux étincellent sur nos corps très radieux et nos bras, sur nous deux, se ferment silencieux. L’océan d’avenir, empressé, se déroule sur la rive aspirant les baisers de la houle.

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Bien

Que je pense

Que tu penses

Que je dise

Que tu dises

Que je fasse

Que tu fasses

Ce n’est jamais bien

et c’est toujours bien.

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Tes riantes années

Tes riantes années, ma chérie, me ravivent, Jamais ne fus si belle en ce jeune printemps Qui fleurit ma vie du temps de mes vingt ans et fructifie mes joies pour que force survive.

Ta charnelle présence a saveur de pain cuit, au feu de la caresse illuminant les jours. Les sources des baisers, adoucissent l’amour, cultivent nos secrets privés de tout ennui.

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Tout l’or du monde

Tu m’as mordu le cœur, Je suis fou et j’enrage, Je suis plein de rancœur, Tu m’as ri au visage.

Tu as pris tes grands airs, Tu m’as coupé le souffle, Tu t’es mise en colère. Mon âme se boursoufle.

J’ai la mort dans mon âme, Et pourtant je souris. Tu le sais, tu m’enflammes Maintenant toi tu ris.

Tu brûles à mon feu : Tout toi est dans mes bras, Tu t’es prise à ton jeu : A mon cœur tu viendras.

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Mes yeux sont dans tes cieux ; je m’enlace à ta hanche Où coulent tes cheveux Comme une source franche.

Ma bouche a pris la tienne Et je bois tout ton corps. Ta victoire est la mienne, Tes baisers sont de l’or.

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Le train

Le train roulait à cent vingt à l’heure emportant la moitié de mon cœur. Le train roulait à cent vingt à l’heure Arrachant le sang de mon cœur. Le train roulait à cent vingt à l’heure En saignant ma chair de ferveur Le train roulait à cent vingt à l’heure En signant ma vie de malheur Le train roulait à cent vingt à l’heure En soufflant mon âme de terreur. Le train roulait à cent vingt à l’heure En sifflant vers le ciel ma peur.

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Scène contrastante

Ton rire est une source Fraîche comme une source Et moi je suis un ours Mal léché comme un ours.

Ton amour est du lierre Vivant comme du lierre Mon cœur est une pierre Dure comme la pierre.

Tu es un petit faon Agile comme un faon Mais moi je suis un paon Orgueilleux comme un paon.

Tu fais main de velours, Doux comme du velours mon cœur renaît au jour Brillant comme le jour.

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Ton rire est une source Fraîche comme une source Et moi je suis un ours Alléché comme un ours

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Où êtes-vous ?

Où êtes-vous madame moi qui suis fou de vos âmes

Où êtes-vous madame ? moi qui suis fou de vos flammes

Où êtes-vous madame moi qui suis fou de vos gammes

Mais voyez-vous madame je suis pour vous fou brise-drame

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A l’aide ! A vous ! madame ! Tout fou de vous je me pâme.

Octobre 85

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Voisins du ciel

A ma mère

AVANT-PROPOS

J'ai voulu honorer la vieillesse quotidienne en termes quotidiens, accessibles à nous tous qui serons vieux. Période de la vie trop souvent méconnue, oubliée, ignorée. Il est délicat d'évoquer la détresse, le désespoir, la rancœur par l'amour triste, par l'humour noir. Il est agréable d'évoquer les plaisirs simples, la sagesse, la confiance par l'amour serein, par l'amour simple. Il est poignant d'évoquer les dernières années avec leurs souffrances, leurs interrogations. Mais il est peut-être illégitime de les craindre. Ce qui est sûr, c'est que la pensée des aînés réagit souvent aux problèmes de la vie avec intensité.

La poésie va se nicher jusqu'au tréfonds de la vieillesse, séquelle de la jeunesse, permanence de la vie.

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PRÉFACE

Olivier DEMAZET est un poète du quotidien et de l'humain, observateur de la souffrance et des infimes joies de la vie. On rencontre chez lui une communion avec les humbles.

Mais il est aussi artisan du langage, celui qui joue avec les mots, les triturant ou en créant de nouveaux. Cela l'amène aussi à chercher l'envers d'un concept, pratiquant ainsi ce qu'exprimait Emmanuel Mounier lorsqu'il affirmait l'intérêt de "casser une idée comme on casse une noix", pour voir ce qu'il y a dedans.

Avant lui, Ronsard, Joyce ou Boris Vian se sont livrés à ces exercices révélateurs de sens.

Homme de culture, et un des derniers "honnêtes hommes", si l'on s'en réfère à la conception de Montaigne ou de Molière, il observe avec recul l'absurdité ou les incohérences de la "Comédie humaine", jetant un œil lucide mais bienveillant sur la vie.

Sa poésie est inattendue où la forme colle au fond sans plan préétabli, ni préjugé de pied ou de rime. Ne nous étonnons donc pas si ce n'est pas une poésie qui marche au pas. Le rythme vient naturellement quand le sens l'appelle.

Ce recueil fait suite à une série déjà fort respectable de sept autres répandus à travers l'hexagone et ailleurs.

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Oserais-je révéler aussi qu'Olivier Demazet préside avec maestria et autorité aux destinées d'une revue poétique, faisant office de rédacteur en chef, d'éditorialiste, voire d'éditeur, drainant par là-même une pépinière de jeunes poètes de 15 à 90 ans du Tarn-et-Garonne à toutes les régions de France, et mettant au service de créateurs moins chevronnés une expérience mûrement éprouvée, à la fois de l'écriture et des milieux littéraires.

Je conclurai cette modeste présentation, à titre de collaborateur et ami, en souhaitant bon vent et longue vie à ces poèmes,

Jean-Jacques HETZEL

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MA MÉMOIRE

Moi, vieille mère ...

Ma mémoire est un trou noir. Je n'entends plus le temps. Je n'amasse plus l'espace. Je ne sonne plus personne. Ma vie est un soir fermoir.

Et pourtant, chers enfants ... Mes yeux de sentimence foisonnent. Les cieux de mes silences raisonnent. Et pourtant ...

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Mon cœur vous aime tant ! Ô la solitude de mon agitude !

Moi, vieille mère.

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CE SERAIT

La naissance ce serait comme la prise du billet de dĂŠpart

La jeunesse ce serait comme la durĂŠe du voyage

La vieillesse ce serait comme le voyage de retour

La mort ce serait comme le jet du billet dans la corbeille.

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TOUT TOURNE

Notre Terre tourne autour du Soleil. L'argent tourne autour de la terre Le pays tourne autour de Paris Le piéton tourne autour de l'agent La ceinture tourne autour de la taille Le grand vent tourne autour du clocher Le coq fier tourne autour de la poule Le gros loup tourne autour de l'agneau Le corbeau tourne autour du cadavre Le poivrot tourne autour de sa tête Le valseur tourne autour de la valse Le cadran tourne autour des aiguilles Le pétale tourne autour de la rose Et mon cœur tourne autour du bonheur

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L'ENFER

Êtres du dernier âge assoupis, presque morts sur vos lits de douleurs ! Chers parents résignés à vos jours désignés ! Doux vieillards allongés, où se trouve votre âme ? Pauvres vieux décharnés, où est donc votre esprit ? Sur la terre ou au ciel ?

Nul ne sait le dilemme, mais votre cœur est là qui, péniblement bat pour tous ceux qui vous aiment pour tous ceux qui vous laissent. Je vois vos yeux qui pensent à tout ce temps qui passe pour souffrir sans mourir. Je vois vos yeux qui pleurent

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l'atrocité des jours, l'énormité des nuits.

La parcelle de vie que l'on vous attribue sert encore de couronne à votre dignité mais de grâce, vivez sur Terre comme au Ciel !

Finissent les supplices de l'hôpital cruel ! Vienne la liberté de vivre enfin sa mort, cadeau de la Nature, qui la donne en douceur.

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LES FUMAILLONS

Dans le cabinet de toilette de l'enfantine maisonnette de leurs grands-parents innocents, les deux impossibles garnements se sont gâtés, se sont camés : ils ont allumé une brochette de cigarettes.

Ils ont toussé, pauvres poucets. Ils ont pleuré, sont défoncés. Tous les deux enivrés comme si c'était vrai.

Arrivent les parents dans un calme apparent. Ils sentent la fumée et s'écrient : "ça promet !" "Matamores déjà morts ! Quelle engeance vous absorba ? C'est le tabac qui vous abat ?

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Et le cancer, à quoi ça sert ? Vous êtes à l'envers, tout verts !"

Les fumaillons fluets baissent le nez, déjà muets. Ils rougissent, ergotent. Leurs deux genoux flottent. La carence ne paie pas pour franchir un grand pas ...

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CHANT D'APPARAT

Passent les temps qui courent ! On se fait dur, fat, sourd. Essayez ce recours : envisager un tour

Orné de poésie, de féerie, courtoisie pour apprécier ailleurs un monde bien meilleur.

Mais, attention : danger ! Rétention des projets ... Démodés, interdits, C'est un édit redit.

Poésie légitime te voilà synonyme d'hérésie, ineptie, frénésie, inertie.

Poètes anonymes qui pleurez dans l'abîme

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de folies arguties et fausses prophéties :

On vous veut hermétiques, obscurs, ésotériques. On vous veut plats, sans fièvre, ni souffle, mais mièvres.

On vous veut tous conformes aux modèles, aux normes. Sinon, l'indifférence vous noie dans la navrance.

Alors chers troubadours, ignorez les vautours. persistez dans vos œuvres, évitez les couleuvres.

Gardez vos espérances, vos sources et vos transes. Fidèles à vous-mêmes, les amoureux vous aiment.

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Par votre transfigure ĂŠclatera l'envergure. Puis la vie s'ouvrira sur un chant d'apparat.

Passent les temps qui courent et qui aiment d'amour !

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CE SERAIT

La naissance ce serait comme la prise du billet de dĂŠpart

La jeunesse ce serait comme la durĂŠe du voyage

La vieillesse ce serait comme le voyage de retour

La mort ce serait comme le jet du billet dans la corbeille.

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SOLITUDE

Je suis un sauvage aveugle et sans quiétude Ô solitude impitoyable immensément triste et rude.

Je suis un sauvage aveugle et sans quiétude. Ô solitude interminable démente sinistre et si rude.

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A L'AIL LA SOUPE

- Pourquoi recules-tu quand je parle ?

- Il faut bien prendre parfois du recul.

- Pourquoi fais-tu la tête quand je parle ?

- Ce n'est pas un coup de tête.

- Pourquoi grimaces-tu dès que je parle ?

- Je n'en fais pas une soupe de grimaces.

- Alors tu ne peux pas me sentir ?

- Tu sens la soupe à l'ail !

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A L'ENDROIT

Aurais-je fait un cauchemar de canard de barbarie ? Le lion donnait la viande au dompteur le cheval montait sur le cavalier le chien promenait son maître en laisse le coq se déguisait en pendule à quartz la souris dévorait le chat la vache trayait la fermière les soldats passaient les généraux en revue les voleurs arrêtaient les gendarmes les fautifs jugeaient les jurys les élèves notaient leurs maîtres l'orchestre dirigeait le chef les ouvriers recevaient les patrons au bureau les malades soignaient les médecins les infirmières faisaient fortune les morts ressuscitaient les vivants. Je me sentais tout à l'envers dans ce monde à l'endroit.

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AUX GRANDS HOMMES

Il fut diplômé de sciences politiques et devint grand Commis de l’État. Aux Grands Hommes la Nation reconnaissante.

Il fut Diplômé de sciences poétiques et devint Grand Démis de l’État. Aux Grands Hommes la Nation méconnaissante

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QUE RESTE-T-IL

Il est las, elle est lasse. Est-ce le glas ? Est-ce la glace ?

Il est muet, elle est muette. Est-ce d'excès ? Est-ce la diète ?

Il est inquiet, elle est inquiète. Est-ce un décès ? Est-ce les miettes ?

La fin du jour ? Que reste-t-il de leur amour ? Et goutte et croûte

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Le glaneur des regards

LE GLANEUR

Le glaneur des regards surgit de la nuit apparente et imprime son ardeur fragile dans les clartés enfouies. Ss pas multiples méconnaissent les puissances erronées. Des irruptions fortuites dessinent des signes plombés en arabesques perspectives dans les poussières opprimées. Des filets de soleil suspect s'égouttent des grappes brisées. Un donjon de voix s'étire vers les diadème nuageux. L'obscurité humaine scintille au milieu du cloître émerveillé par la fulgurance inouïe. Un fourmillement crépusculaire vogue avec plénitude sur les corps soumis aux amours clandestines.

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La fanfare des artilleurs au sang bleu injecte dans les grandes gueules des comtes ordinaires une soupe d'honneur et amuse les singes striés

de chatouilles intelligentes. Les rêces des acrobates saignent un piano anonyme. les cygnes glissent sur leur tour d'ivoire sans mémoire vers des symphonies paradisiaques. Des majorettes prennent leur source sur les poitrines des cimes. leurs porcelaine muette flottent sur des gouttes en slalom. Le Père Noël gave les enfants mécréants de chèque en levure, et le Diable inverse l'attirance des crudités grimaçantes. Le putsch du passé infernal prend sa source inexorable

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dans l'obscurité des songes hermétiques dans les ténèbres des projets shizophréniques pour juguler avec une violence éperdue la popularité des foules innocentes. La cécité surgit du temple blanc des parlementations dans un bain fratricide entaché de lueurs de sang et des larmes en feu. Les cadavres défilent dans le néant de nos yeux consternés. l'avidité brune et rouge de la démence imperméable

assignent des éclats d'incertitude à la démence imperméable. L'impulsion indigne attente au suicide dérisoire La bêtise manipulatrice assoiffée de liberté irrépressible la patrie exsangue. Les lendemains qui chantent ou pleurent hurlent sur l'Univers interrogatif.

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UN CAILLOU

Un caillou éclaté de la fougère ténue plante sa lumière silencieuse dans l'infinité plaintive de Dieu. L'épaule du printemps s'appuie sur l'archet du soleil nu. Le jour encré ferme à clé l'ombre du temps. Les pierres d'or pâle se brisent ingénument sur le cœur de l'aurore brisé.

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LES MEMOIRES

Les mémoires écumeuses traquent les chances des heures. Les brumes transhumantes se prélassent et s'échancrent sans laisser de traces en épis. Je suis l'étranger du beffroi qui se cache derrière les hérissons fusillés par ironie.

La prairie rouge tremble sous la coque de la Terre qui crève par éboulements et s'évapore vers les masques des hallucinations du hasard argenté.

58


IL HEBERGE

Il héberge la pâleur de ses larmes de pluie. La boussole des heures tourne la tête vers la halte du Nord et ouvre la mer au voyage vers les astres sans joie. Les hoquets de la vie bercent une prière d'amants.

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LES GAMMES

Les gammes crucifiées sur les érables stellaires émaillent l'automne illisible. le cœur du violon ensorcelle l'âme montagneuse. le sang bleu des solitudes simplifie l'argile abominable. La herse de la nuit suggère l'herbe mortelle.

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DES SILHOUETTES

Des silhouettes en plain-chant déchirent l'amitié enrubannée. Des dentelles d'ombres vrillent en aubes de sève et de silence. L'arbre des aurores sculptées ruisselle tel un jardin d'étoiles. Des bourgeons de paroles s'épanouissent vivement dans un ballet incandescent. Le miel ensoleillé vibre et jaillit comme des sources de miroir.

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T'INTRODUIRE

T'introduire dans mon histoire j'aurais chois un autre mot. La plus étrange métamorphose L'amour est vie l'amour captif l'amour jaloux l'amour de haine l'amour d'amour l'amour de mort. On va finir par croire que l'homme est amour du ciel que ta femme est amour de poème. Nos transes exubérant nos cœurs exsudent nos vertuosités.

62


MON AMI

Mon ami comprends-moi la vie c'est la Terre qui se dore au soleil les feuilles de l'espoir qui verdissent et puis le ciel bleu et l'oiseau blanc.

63


UN CAILLOU

Un caillou éclaté de la fougère ténue plante sa lumière silencieuse dans l'infinité plaintive de Dieu. L'épaule du printemps s'appuie sur l'archet du soleil nu. Le jour encré ferme à clé l'ombre du temps. Les pierres d'or pâle se brisent ingénument sur le cœur de l'aurore brisé.

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LES ENGELURES

Les engelures des jours méprisent les seuils de nos paroles et violences. Un concert de blessures extermine en mélodie l'harmonie saline de l'espace séculaire. Les lèvres de la mort sucent les sources sanguines sans savoir à l'évidence que les limes blêmes du ciel et les dents de scie de la terre pressent et râpent nos larmes intérieures.

65


IL HEBERGE

Il héberge la pâleur de ses larmes de pluie. La boussole des heures tourne la tête vers la halte du Nord et ouvre la mer au voyage vers les astres sans joie. Les hoquets de la vie bercent une prière d'amants.

66


INACCESSIBLE FIN DU MONDE

Inaccessible fin du monde Isthme multivogue Ascèse péninsulaire Sagesse d'estampille Fable d'apologie Cible de silence Icônes d'anxiété Nuages hermaphrodites Arcanes héraldiques Impuissances d'amnésie Inhérence profanée Supplice onirique Transfiguration des lisières.

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SPECIOSITE

Spéciosité insomniaque Conciliabules abolis Décibels putschistes Mitrailles cahotantes Forceps insurrectionnel. Ruines géométrisées Génocides en trajectoires Excavations désintégrées Eparpillement sur pilotis Ebullition sphérique.

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UN CAILLOU

Un caillou éclaté de la fougère ténue plante sa lumière silencieuse dans l'infinité plaintive de Dieu. L'épaule du printemps s'appuie sur l'archet du soleil nu. Le jour encré ferme à clé l'ombre du temps. Les pierres d'or pâle se brisent ingénument sur le cœur de l'aurore brisé.

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Ont participé à l’élaboration de ce second volume : L’amour de vous, Voisins du ciel, Le glaneur des regards

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