no comment®
n°35 - décembre 2012 - mensuel gratuit - mada - événements - culture - nuits - sorties - tv - www.nocomment.mg
46 Bo Houss : Le rap du beau gosse 48 Hajaina’Jex : Tu me soules man ! 50 Ikala : « Faim de matières… » 52 Tina Rakotondrasoa : Le social fait son cirque 54 Rock Fianar : La nuit des « Guitar heroes » 52 Le film du mois : The Dictator
Betampona NATURE
La super mare aux grenouilles ! Actuel 10 Petit papa Noël : J’y crois, j’y crois pas
SONDAGE 12 Croire au père Noël ?
COUV’ BY 14 Le portrait chinois de Mahefa
CULTURE 40 Maryse Ngalula : « L’Afrique au féminin »
COUSINS-COUSINES 98 Retour à Ambatonazaka
MÉTIERS
GASTRONOMIE
78 Andry : Père Noël d’un mois
ASSOS 80 Jasminah Rasoanarivo : « Sida : prévalence basse, mais prudence »
Escales
52 Le livre du mois : Indiambolamena et la corne de rhinocéros
Fomba amam-panao
86 Tsinjoriake : Une aire nouvelle pour l’écotourisme 90 Belo sur Mer : Un goût de paradis 94 Masianaka : Le repas de la sirène
64 Les cadeaux de l’empire Noël
TSIAHY 66 C’était il y a cent ans… en décembre 1912
Traditions
100 Interview gourmande : Nichad Djouma Lila de La Medina 107 Le vin du mois : Vina Maipo Sauvignon (2011) 108 Le cocktail du mois : Heure de douceur de L’Horloge 110 Bertil Åkesson : « La qualité malgache »
Sortir 114 Ravintsara Wellness Hotel : Le bien-être dans tous les sens
ESSAI DE STARS 116 Dama : « Pas un bide la BYD S6 »
LA MODE ! 118 Kamira : Éthique et toc !
Déco
68 Moraingy, la boxe gasy…
ÉCO
134 Myriam Ramavoarison : On est bien Chez Soie
70 Clensy Appavoo : « Quand l’Afrique s’éveillera »
Rijasolo
« Noir c’est noir »
La fille du père Noël ! La mode !
72 Techmarine : Ohé du bateau ! 74 Pascal Bezençon : « La douane enjeu international »
42 Hero For a Day : Fils de punks 44 Jax-Ravel : Voix de basse
Portfolio
SOMMAIRE
Vintage 136 Coca-Cola : L’empire des bulles 140
CAHIERS DE NUIT
BY NIGHT 170 DJ Kyrock : « J’envoie de tout ! »
FICTION 176 Lieu commun
DOWNTOWN 202 En ville avec Deenyz
Petit papa Noël ! Sympathique, joufflu et toujours bienveillant, le voici qui se prépare à entamer sa énième tournée à travers le monde. Plusieurs milliards d’enfants sages à récompenser en une seule nuit. Enfin, pouvoir d’achat oblige, nettement plus concentrés dans l’hémisphère Nord que Sud, ça facilite la tâche.
N’oublie pas mes nike !
Actuel
J’y crois pas Shaani roire au père Noël, ce serait complètement débile à mon âge ! », s’exclame-t-elle. Sa carrière dans «C le deejaying international a beau ressembler à un conte
J’y crois Ramora Favori l ne m’a jamais fait de cadeaux, mais j’y crois quand même ! » Pour Ramora Favori, le rappeur fou (foza ?) des bas quartiers, cela ne fait «I aucun doute : le père Noël existe et tous ceux qui disent le contraire sont
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des menteurs ! « C’est un brave type qui a juste oublié de se raser. Cette année, j’aimerais qu’il fasse un geste en arrosant de bonbons mon quartier défavorisé d’Andavamamba. Ici, les gamins me prennent toute l’année pour le père Noël. Mais je suis fauché, alors s’il veut prendre le relais… » Si Ramora Be, le quasi-quadra, croit si fort en l’existence du père Noël, c’est qu’il a commencé sa carrière à 14 ans comme vendeur de chaussures dans la rue, du côté d’Analakely ! « Quand j’entendais à la radio Petit papa Noël, n’oublie pas mes petits souliers, je me sentais concerné, parce que des chaussures j’en bouffais toute l’année, mais mon rêve c’était d’avoir un jour des Nike ! » De là, sans doute, sa vocation de chanteur à message, véritable poil à gratter de la société tananarivienne, avec le succès que l’on sait : Foza orana oa dia biby mitorina (plus tu avances plus tu recules). Un vrai conte de Noël !
Noël, les boules !
de Noël (mix avec Bob Sinclar et Big Ali aux arènes de Dax en août 2011 devant 6 000 personnes), Shaani ne se voit pas chanter Mon Beau Sapin, Jingle Bells et autres tubes vintage qui donnent les boules le soir de Noël. Ou alors avec beaucoup de scratchs et beatjugglings, car la mignonne (née à Madagascar, élevée en Région Parisienne) se verrait mieux inviter le « vieux Lapon » à se poser sur un dancefloor le soir de Noël. Et pourquoi pas à L’Étage, haut lieu de la nuit parisienne où elle a fait ses débuts ? En fait, elle n’y croit plus depuis l’âge de 6 ans. « J’ai surpris ma mère la main dans le sac, en train de déposer des cadeaux aux pieds du sapin. J’étais restée éveillée exprès pour voir le père Noël et elle n’a pas remarqué que je ne dormais pas… » Encore un mythe qui fout le camp ! Un traumatisme que Shaani a tout fait pour exorciser depuis, en conjuguant Nu Soul, R’nB, pop, hip-hop et électro. Son dernier single Eo Anilanao donne-t-il envie de croire au père Noël ? Pages réalisées par Joro Andrianasolo et Solofo Ranaivo
Sondage
croire au père Noël ?
Le père Noël c’est un peu comme le monstre du Loch Ness. Tout le monde l’a vu mais personne ne peut en apporter la preuve. Même pas les ramoneurs. Et vous, qu’en pensez-vous, pieuse légende ou vaste complot de la société de consommation ? Par la barbe
17 %
Tiens le père Noël !
24 %
Par des rennes
58 %
Tiens la nouvelle pub Coca-Cola !
23 %
Tiens un cas social !
53 %
2. A quel âge avez-vous cessé de croire au père Noël ?
1. Croyez-vous au père Noël ?
Précoce : 5 à 10 ans
43 %
5. D’un point de vue cinématographique, vous diriez que le père Noël est…
Normal : 10 à 15 ans
35 %
Un classique
35 %
Attardé : 15 à 20 ans
17 %
Un navet
18 %
Peter Pan : J’y crois toujours
5 %
Une ordure
47 %
3. Votre neveu vous prend pour le père Noël et vous demande un cadeau. Dans quelle fourchette de prix ?
6. Si le père noël n’existait pas, vous auriez… Les boules
36 %
Moins de 5 000 Ar
41 %
Le sapin
23 % 41 %
Oui
12 %
De 5 000 à 10 000 Ar
29 %
La bûche
Non
58 %
De 10 000 à 25 000 Ar
13 %
7. Le père Noël est l’ami…
Je ne sais pas
30 %
Plus de 25 000 Ar
17 %
Des enfants sages
12 %
Des parents fauchés
35 %
Des commerçants
53 %
+ Selon vous, le père Noël est tiré… Par les cheveux
12
25 %
4. Un vieux monsieur barbu et tout rouge vous aborde dans la rue, vous dites…
Sondage réalisé en ligne sur www.nocomment.mg avec un panel d’hommes et de femmes âgés de 18 ans et plus. Pour participer vous aussi au prochain sondage, rendez-vous sur notre site.
Couv’ by Plus parlant qu’un CV, moins aride qu’une bio, le portrait chinois s’installe dans no comment®. Mahefa, artiste plasticien et illustrateur de notre couv’, répond du tac au tac…
Si j’étais un objet… Je serais un couteau à peindre dans les mains d’un génie. Si j’étais un animal… Un flamant rose : migrateur, grégaire et sociable. Si j’étais un plat… Je serais gustatif, surprenant et inattendu… Si j’étais une chanson… Je serais un mash-up de Comme ils disent, Ma plus belle histoire d’amour et I am what I am sur un sample deep house. Si j’étais un personnage de fiction… Lord Cigogne dans L’île des Gauchers
Le portrait chinois de
Mahefa
d’Alexandre Jardin. Une autre approche de la vie et de l’amour. Si j’étais un film… Jumper, la magie de la téléportation. Si j’étais une arme… Un purificateur d’ondes négatives… Si j’étais un endroit… Je serais en hauteur avec une vue imprenable Si j’étais un personnage historique… Wolfgang Amadeus Mozart Si j’étais un élément… Je serais l’air… léger et impalpable, crée des espaces, crée la perspective. Si j’étais un fruit… Une grappe de raisin, suspendue, solidaire et fragile, aux vertus incontestables quand mise en fût ! Si j’étais un véhicule… Une machine à voyager dans le temps Si j’étais un pays imaginaire… Je serais Narnia. Si j’étais un bruit… Celui du flux et du reflux. Apaisant, relaxant… Propos recueillis par Aina Zo Raberanto
C’est vous qui le dites
Courrier
Coups de cœur, coups de gueule, envie d’envoyer un message à une personne qui vous est chère ou simplement de vous exprimer… cette rubrique vous est dédiée. Envoyez vos mails à courrier@nocomment.mg, nous les publierons.
Quoique… J’ai été très surpris d’entendre parler à nouveau de Koike et de Joselito son leader dans votre numéro de novembre (no comment n° 34). Un groupe que j’ai découvert en 2002 avec Horake, pour moi le meilleur représentant du style sud-af à Madagascar. Encore plus surpris d’apprendre qu’il avait changé de style de musique pour se reconvertir dans le « trad ». En fin d’article vous annoncez qu’il organise un événement appelé Mihiratse dans le Menabe, ma région. Koike montera-t-il sur scène pour l’occasion ? ®
Maurice, musicien (Ambohipo)
Mihiratse, un festival axé sur la culture, l’éducation et la santé dans le Menabe, s’est tenu du 23 au 25 novembre à Morondava. Joselito était sur place en qualité d’organisateur, mais il n’a pas chanté. L’événement vise à sensibiliser les jeunes face à la
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culture typique du Menabe et à les pousser à s’impliquer davantage socialement, en mettant en avant leurs compétences, leurs talents. En revanche, Mikéa (Théo Rakotovao) a donné un concert en clôture de l’événement aux côtés de plusieurs artistes locaux. Des tso, des tso ! Excellente initiative, cette newsletter no comment , bravo ! Sur la première page (celle qui ne laisse jamais de deuxième chance pour faire une première bonne impression), je me serais senti plus à l’aise, en terme de lecture, si les sujets étaient différenciés par un paragraphe différent ou une police ou une couleur différente. Pour l’article sur le tso drano (no comment n° 33), pas d’accord quand on le définit par un petit cadeau financier : c’est vernaculairement et étymologiquement « eau douce » ou « souhait bénéfique » ou « bénédiction » et c’est de loin, de très loin, pas une question de piastres ! L’exception célèbre sera la dot (onitra) par laquelle le futur époux compense la perte émotionnelle, physique, matérielle de la fille qui va quitter le foyer familial pour sa nouvelle vie en lui donnant de l’argent, un ou des zébus, ou encore un terrain. ®
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Zoy
Merci pour votre appréciation de notre newsletter que Manou, notre charmante collaboratrice du département marketing, rédige pour vous chaque semaine. N’hésitez pas à lui faire part de vos critiques et suggestions pour qu’elle soit encore plus près de vos attentes. Pour le tso-drano, on ne peut nier que la « culture de l’enveloppe » a pris une singulière tournure à Madagascar, sans aller jusqu’au bakchich, pot de vin et autre passe-droit, sa forme la plus « corrompue ». Il n’en demeure pas moins que chaque foyer malgache tient une comptabilité précise des tso-drano, sous la forme d’un petit cahier où toutes les sommes reçues sont inscrites avec le nom des donateurs. A charge pour eux de leur rendre la monnaie de leur pièce lorsque l’occasion se présentera. Namoroka 2012 Nous recevons des responsables de la mission Namoroka 2011, ces quelques précisions concernant notre article « Namoroka, expédition en terre inconnue », paru dans notre dernière édition (no comment n° 34). ®
Le premier botaniste à être allé dans le Namoroka est Perrier de la Bâthie, c’est lui qui a œuvré ensuite pour l’incorporer aux dix premières réserves créées à Madagascar, avec Henri Humbert en 1927 (…) Decary y a récolté principalement des plantes, mais aussi un nouveau gecko et des insectes, et c’est en 1942. (…) Il n’y a pas eu d’Américains ni de participation de l’Afrique du Sud à la mission Namoroka 2012.
Clins d’œil 1
1 Salon de l'Habitat du 8 au 11 novembre à Tanjombato avec nos différents partenaires : Filatex, le B, Soredim, Canal Plus, Phyto-Logic, Blueline, Madauto, CGBAT, Dirickx et Vigie security… 2 Votre chien est timide, renfermé, craintif ? Le Chenil SSSM vous propose des séances d'aquagym pour qu'il soit plus confiant et musclé.
3 Bora Dive & Research, le nouveau centre de plongée et de recherche océanographique de l'île Sainte-Marie vous attend. Profitez d'un moment unique en toute sécurité sur les récifs coralliens. 4 Raharisoa Veronirina Sophie est l'heureuse gagnante du jeu en ligne de no comment®. Avec la Soredim, jouez et gagnez sur www.nocomment.mg
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Clins d’œil 5 no comment® est à New york ! Grâce à Gwen Rakotovao. 6 Nouveau salon de thé à la Villa Isoraka avec un nouveau chef et une nouvelle carte à découvrir.
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7 Nouvelle boutique de Pili Pili Dock, le paradis des épices, au Tana Water Front Ankorondrano. 8 Remise de la médaille du mérite sportif à Johann Pless, président de l’association Éducasport, le 14 novembre à l’Akoa Ivandry.
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Clins d’œil 9 Démonstration du Cercle d’Aïkido du Lycée français d’Antananarivo, le 12 novembre avec les maîtres Tiavina Ranaivo et Simon Harrison.
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10 Commandez vos plats avec le menu numérique du B sur Ipad en partenariat avec no comment®, Soredim et Teknet. 11 La 4e édition du festival Madjazzcar à FortDauphin s'est tenue du 12 au 14 octobre. 12 Amateurs de pâtisseries ? une nouvelle boulangeriepâtisserie est ouverte pour vous à Ivato.
Retrouvez les contacts de nos Clins d'œil sur www.nocomment.mg
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MENTIONS LÉGALES Directeur de la publication : Michaël Landriu / mic@nocomment.mg - Directrices adjointes : Natacha Rakotoarivelo & Insiya Zainuddin - Rédacteur en chef : Alain Eid / redaction@nocomment.mg - Journalistes permanents : Aina Zo Raberanto, Joro Andrianasolo, Solofo Ranaivo Ont participé à ce numéro : Bénédicte Berthon-Dumurgier, Mamy Nohatrarivo, Pierre Maury, Richard Bohan, Julien Catalan, Philippe Bonaldi, Isaac Azaly, Stéphane Huet, Rosa Ravoniarivelo Directeur d’édition : Alexis Villain / edition@nocomment.mg - Directrice commerciale : Valencia Raharinaivo - Marketing : Manou Andry - Régie publicitaire : 034 05 242 42 / 034 07 141 41 / pub3@nocomment.mg - Photos cahiers de nuit : Anja Andriantiana, Le V.I.P Tamatave - Photos jour : Andriamparany Ranaivozanany, Mahery Tsiky - Coordination rubrique mode : Natacha - Make up : Aina Matisse - Photos mode : Yvan Acker - Conception graphique : Stève Ramiaramanantsoa - Créa pub : Stève Ramiaramanantsoa / Vizecho Media Responsable diffusion : Ranaivoarison Tsiferana, Rosa Ravoniarivelo (Mahajanga), Rose (Toliara), Bénédicte et Alexandre Berthon-Dumurgier (Fianarantsoa), Hassanaly Abid (Toamasina), Zigzag (Nosy Be), Talinjoo Hôtel (Fort-Dauphin), Dominique Vienne (Diego), Rakoto (Antsirabe), Pierre Wennert (Morondava) - Back office : Mbola Tantely - Responsable régions : Valencia Raharinaivo - Diffusion : Traces Imprimé par MYE. Retrouvez-nous sur facebook Prochain numéro : janvier 2013 - Dépôt légal à parution - ISSN en cours - Tirage : 22 000 exemplaires distribué gratuitement par l’éditeur. no comment® est un concept et une marque déposés auprès de l’OMAPI. no comment® est recyclé par Papmad. no comment® éditions n’est pas responsable des erreurs qui peuvent se glisser dans la diffusion des informations des différents calendriers. Nous vous invitons cependant à vérifier les informations transmises et à nous faire part de toute erreur ou omission éventuelle afin qu’un correctif puisse rapidement être apporté. Il est à noter que no comment® éditions se réserve le droit de ne pas publier l’information transmise si elle ne convient pas à son mandat ou si l’espace est insuffisant - La reproduction partielle ou intégrale des textes, illustrations, photographies, montages et publicités est interdite sans autorisation écrite de l’éditeur. Les photos ne sont pas contractuelles. Les manuscrits, documents, photos, dessins reçus par la rédaction ne sont pas retournés. L’éditeur n’est pas responsable des offres et promotions publicitaires qui n’engagent que les annonceurs. Les articles sont publiés sous la seule responsabilité de leurs auteurs.
Boutiques, entreprises, artisans, artistes… Toutes les coordonnées sur
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AGENDA Jeudi 29 novembre au dimanche 09 décembre 2012 Is’Art Galerie : exposition de Giusseppe de Rossi Samedi 1er décembre 2012 Aft : Ciné junior : « Gwen et le livre de sable » de Jean François Laguionie - durée : 61min, entrée libre IFM (ex-CCAC) 15h : Slam : scène ouverte Terrasse de la médiathèque, entrée libre IFM (ex-CCAC) 15h : Madagascar Mozarteum présente « L’Elixir d’amour », un opéra produit par le Metropolitan de New York - projection en stéréo, salle de spectacle, tarifs : 10 000 ar et 20 000 ar (places réservées) In Square 18h : Soirée « Karaoké Soft » Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Mily clément Dimanche 2 décembre 2012 Jao’s Pub 20h : soirée Discothèque Mardi 4 décembre 2012 IFM (ex-CCAC) 14h : Cinéma : dans le cadre du Festival international du film des Droits de l’Homme d’Antananarivo, « Dahalo Dahalo » de Benoît Ramampy, salle de spectacle, entrée libre
Makaty
IFM (ex-CCAC) 18h30 : Sciences - La science en images, les images de la science : « Migration et santé », salle de spectacle, entrée libre Mardi 4 au samedi 22 décembre 2012 IFM (ex-CCAC) : Exposition/ peinture : Portraits d’enfants des rue de Tananarive » par Paul Bloas, hall d’exposition, entrée libre. Vernissage le lundi 3 décembre 2012 à 18h Mercredi 5 décembre 2012 Aft : Heure du Conte - Thème : histoires de Noël du monde, entrée et participation gratuite IFM (ex-CCAC) 09h : Conférence/Technologie : « Les Universités numériques, une opportunité pour Madagascar », salle de spectacle, entrée libre IFM (ex-CCAC) 15h : Littérature/forum littéraire : rencontre avec Douna Loup, salle de spectacle, entrée libre IFM (ex-CCAC) 19h : Cinéma : « Les bouchers verts » de Anders Thomas Jensen, Danemark, 2005, 1h35 Jeudi 6 décembre 2012 In Square 19h : Soirée clubing Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Jimmy Percu Kudeta Urban Club : Concert de Rolf (trio) ChillOut Cafe 21h : Soirée avec Balita Marvin Unplugged Vendredi 7 décembre 2012 Aft 19h : Concert de Gospel « The Malagasy Gospel Mass Choir » IFM (ex-CCAC) 19h : Concert/Musique du monde : Rajery, salle de spectacle. Tarifs adhérents : 4000 Ar - non adhérents : 6000 Ar
In Square 20h : Soirée « Cool Tempo » Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Olombelo Ricky Restaurant 313 - Le Louvre : Concert Yooo Kollect’If avec Teta à la guitare et au chant, Thominot à la guitare et au chant, Feny à la basse, Ndriana à la batterie et Bruno aux percus Le 6 : soirée célibataire ChillOut Cafe 21h : Soirée "trio jazz funk blues" avec Popoly Samedi 8 décembre 2012 IFM (ex-CCAC) 15h : Performance/Guitare pinceaux : Paul Bloas et Serge Tessot-Gay, salle de spectacle, entrée libre In Square 18h : Soirée « Karaoké Soft » Le Louvre - bar : Joseph Carlisle - ambiance pop-rock Jao’s Pub 20h : soirée avec DJ Bungalow Dimanche 9 décembre 2012 Jao’s Pub 20h : soirée Discothèque
Lundi 10 décembre 2012 IFM (ex-CCAC) 15h : conférence/débat : Journée internationale des droits de l’Homme, salle de spectacle, entrée libre Mercredi 12 décembre 2012 Aft : Ciné junior : « L’apprenti Père Noël » durée : 1h47min, entrée libre Aft 15h : Scène Slam - Médiathèque adulte, entrée et participation gratuite CEMDLAC (ex-galerie 6 Analakely) 15h : « Tonton Lala mihira an’i Haingo » avec Haingo (poète, écrivain et auteur) et Tonton Lala (groupe Mirah) IFM (ex-CCAC) 19h : Concert/Musique du monde : « Afro Blues » avec Tao Ravao - Vincent Bucher Quartet, salle de spectacle. Tarifs adhérents : 4000 Ar - non adhérents : 6000 Ar
Jeudi 13 décembre 2012 In Square 19h : Soirée karaoké Jao’s Pub 20h : soirée « Adolatsento » Kudeta Urban Club : Concert de Mafonjah (trio) Jeudi 13 au 20 décembre 2012 Le Louvre : exposition « Les arbres de Noël des créateurs ». Vernissage le lundi 13 décembre 2012 Jeudi 13 décembre 2012 au 03 janvier 2013 Is’Art Galerie : exposition de Mamy Rajoelisolo. Vernissage le jeudi 13 décembre 2012 Vendredi 14 décembre 2012 IFM (ex-CCAC) 19h : Concert/Musique du monde : Rôla Gamana, salle de spectacle. Tarifs adhérents : 4000 Ar - non adhérents : 6000 Ar In Square 20h : Soirée Latino Rn’B Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Tence Mena ChillOut Cafe 21h : Soirée "electro-jazz" part 2 avec Joel Rabesolo
Samedi 15 décembre 2012 In Square 18h : Soirée « Karaoké Soft » Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Mamada Restaurant 313 - Le Louvre : Concert Rija Ramanantoanina et Bodo Dimanche 16 décembre 2012 Jao’s Pub 20h : soirée Discothèque Lundi 17 au 29 décembre 2012 Aft : Exposition thématique : « Le développement durable : l’énergie quels choix pour demain », entrée libre Mardi 18 décembre 2012 Aft : Ciné junior : « le Noël magique de Franklin » de John Van Bruggen - durée : 50min entrée libre Mercredi 19 décembre 2012 Aft : Heure du Conte - Thème : histoires de Noël du monde, entrée et participation gratuite
SONORISATION • ECLAIRAGE SCENIQUE • ESTRADE Contact : 033.11.222.15 / 032.07.152.40 Mail : vuedeloin@hotmail.fr
IFM (ex-CCAC) 13h : Madagascar Mozarteum présente : Orchestre & Chœur Philarmonique Antananarivo - Analamanga (OCPAA), invité : Rindra Ramarosandratana (au piano), salle de spectacle, entrée libre IFM (ex-CCAC) 15h : Cinéma : « Hulk » de Louis Leterrier, USA, 2008, 1h50 IFM (ex-CCAC) 19h : Cinéma : « L’Arbre » de Julie Bertucelli, France, 2010, 1h40 Jeudi 20 décembre 2012 In Square 19h : billard party et karaoké Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Label Kudeta Urban Club : soirée « End of Time » Vendredi 21 décembre 2012 CEMDLAC (ex-galerie 6 Analakely) 15h : « Mahafinaritra », Ba gasy avec le groupe Patrakala Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Jaojoby In Square 21h : soirée « Funky Spirit » avec Bim et Tommy Le 6 : « Apocalypse party » , la soirée fin du Monde ChillOut Cafe 21h : Soirée avec Nainako, music traditionnelle Samedi 22 décembre 2012 IFM (ex-CCAC) 15h : Cinéma : « Ma petite
planète chérie » de Jacques-Rémy Girerd, France, 2010, 0h44min In Square 18h : Soirée « Karaoké Soft » IFM (ex-CCAC) 18h : Cinéma : « La forêt de Mogari » de Naomi Kawase, Japon, 2007, 1h37min Jao’s Pub 20h : Cabaret avec Haramy À partir du samedi 22 décembre 2012 Le Louvre : exposition de Myriam Merch Dimanche 23 décembre 2012 Jao’s Pub 20h : soirée Discothèque Lundi 24 décembre 2012 In Square 19h : Soirée « Merry Christmas Night » Le 6 : soirée « Noël party » Jeudi 27 décembre 2012 In Square 19h : Soirée karaoké Jao’s Pub 20h : cabaret avec Jao’s Band Vendredi 28 décembre 2012 In Square 20h : Soirée funky à l’ancienne Jao’s Pub 20h : cabaret avec Farah John’s Kudeta Urban Club : Show bar avec Dj Deal ChillOut Cafe 21h : Soirée avec Vilon'androy
Samedi 29 décembre 2012 In Square 18h : Soirée « Karaoké Soft » Jao’s Pub 20h : cabaret avec Feon’Ala Kudeta Urban Club : Show bar avec Dj Deal Dimanche 30 décembre 2012 Jao’s Pub 20h : soirée Discothèque Kudeta Urban Club : Show bar avec Dj Deal Lundi 31 décembre 2012 Le 6 : soirée « Happy New year » In Square 20h : Soirée Nuit de la Saint-Sylvestre Jao’s Pub 20h : cabaret avec Lego Kudeta Urban Club : Show bar avec Dj Deal CEMDLAC (ex-galerie 6 Analakely) tous les lundis à partir de 15h à 18h et les jeudis de 15h à 18h : Danse contemporaine avec la compagnie Dinirina CEMDLAC (ex-galerie 6 Analakely) tous les mercredis à partir de 17h : « Quadrille Malagasy » avec Monsieur Rodolphe, entrée gratuite CEMDLAC (ex-galerie 6 Analakely) tous les samedis à partir de 10h : Danse de salon avec l’Association des Jeunes Amis du CEMDLAC Pour paraître dans l’agenda, merci de nous faire parvenir vos infos avant le 15 decembre à : agenda@nocomment.mg
Culture
Maryse
Ngalula
Elle a donné le 9 novembre un concert unique à l’IFM aux côtés du chanteur guinéen Élie Kamano et de la valihiste Linda Volahasiniaina. Un choix assumé car la chanteuse congolaise milite pour la reconnaissance des femmes musiciennes.
Le public malgache a énormément apprécié ta musique très rythmée et dansante. Comment la définirais-tu ? À la base c’est du mutuashi, une musique traditionnelle de la République démocratique du Congo. Tout le monde sait que le blues américain vient d’Afrique, disons que c’est notre blues à nous, avec les mêmes sonorités, les mêmes accords. Au fil des échanges avec d’autres musiciens, ça a fini par se mélanger et à aboutir à cette fusion qu’on entend aujourd’hui. Quant à la danse, c’est à la fois un héritage de ma famille et celui de ma tribu, les Luba du Kasaï. Là-bas, les hommes comme les femmes aiment les danses qui secouent ; ce que j’ai montré n’est rien comparé à eux ! La femme occupe une grande place dans tes chansons. Te considères-tu comme une féministe ? Mes chansons traitent de la vie sociale et donc de la condition féminine. Je ne suis pas ce qui s’appelle une engagée, je reste d’abord une artiste, mais je me considère tout de même comme une activiste. Au Congo, j’ai mis en place une structure appelée Akacia, destinée aux femmes musiciennes toujours un peu en retrait par rapport aux hommes. Nous organisons des ateliers, des rencontres, des spectacles. Mon album Ma différence, sorti l’an passé, évoque cette expérience. Nous sommes tous différents, alors pourquoi ne pas chercher d’abord ce qui nous rassemble ? Ta collaboration sur scène avec la valihiste Linda Volahasiniaina annonce-t-elle quelque chose d’équivalent à Akacia pour Madagascar ? C’était en partie improvisé. Nous nous sommes aperçus qu’un de nos instruments n’avait pas été embarqué avec nous, il fallait donc le remplacer. Sur ce, Vola nous a été présentée par les responsables de l’IFM (Institut français de Madagascar). On a beaucoup aimé ce qu’elle fait et l’idée de jouer ensemble s’est vite imposée. La maison de production que j’ai créée pourrait effectivement s’étendre en dehors du Congo, et pourquoi pas à Madagascar, mais pour l’instant ce n’est encore qu’un projet. Propos recueillis par Joro Andrianasolo
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L’ A f r i q u e a u f é m i n i n
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Fils de punks
À
Culture
Hero For a Day
adore se produire dans les fêtes de lycée », se marre Georgio. Premiers désirs (« It’s the summer/Lay in bed I dream of you again » (My Summer), crotte et flûte à mes vieux avec velléité de fugue « I wanna leave this place and never want 20 ans, toute modestie mise à part, ils se considèrent comme to come back home/maybe sell my cellular phone » (Out of my les « dinosaures » du punk gasy. Pas totalement faux, puisque Way), c’est un peu la chronique douce-amère des années certains membres de Hero For a Day (nommément Stéphane collège dans un Madagascar qui ressemblerait à un clip de (chant), Georgio (guitare), Julio (batterie) et Fabrice (basse) sont MTV (d’où le nom de MTV punk donné au pop punk). passés par des formations qui pourraient résumer à elles seules « La première fois qu’on s’est produits sur scène, c’était pendant un live de metal. On était comme la (très) courte généalogie du mouvement des extraterrestres, visiblement le public n’était pas punk à Madagascar. À l’heure où le black, prêt à écouter du pop punk », se souvient Stéphane. speed ou death metal est en train de se faire C’est sûr que l’esthétique est très éloignée de passer pour la quintessence du rock qui celle des gros « lourds » du hard. Plus grand-chose fait grrr, il n’est pas sans intérêt de rappeler de l’esprit des Pistols, un peu plus de celui des que juste avant il y a eu le punk ! Il y a très Ramones (période Phil Spector)… si l’on fait la exactement 35 ans, lorsque sort à Londres le moyenne des deux, on n’est plutôt pas déçus, à mythique Never Mind the Bollocks des Sex condition d’aimer les voix de castrat et les refrains Pistols et ses programmatiques éructations : repris en chœur… « Je ne sais pas ce que je veux, mais je sais Créé il y a moins d’un an, le groupe travaille comment l’obtenir ! » (Anarchy in UK). années collège déjà à l’écriture de nouvelles chansons comme La musique de l’ado très énervé. My Summer, Out of my Way ou Sweat and Sore. Jeans déchirés, guitares saturées, paroles façon MTV… « L’anglais, ça sonne mieux sur ce genre de musique. Et hardcore… plus c’est joué vite, fort et faux, avec le Net tu peux te faire comprendre partout dans meilleur c’est ! Enfin, ça c’était le punk de papa, car depuis il y a eu pas mal de sous-courants se réclamant le monde, même des Pussy Riots », commente Georgio. Dans leurs du punk, sans en être tout à fait. Exemple : le pop punk ou ce projets à court terme, en plus de la sortie de nouveaux clips, figure qui peut se faire de plus mélodieux dans le genre. Un mouvement une grande tournée nationale destinée à propager l’esprit du teen apparu dans les années 90 avec des groupes comme Blink 182, power. « A 25 ans peut-être qu’on sera trop vieux pour ça, mais Sum 41, plus tard Greenday ou The Donots, et qu’entend à 20 ans on est complètement crédibles », lance Stéphane. Alors incarner à Madagascar Hero For a Day. Sa cible : le teenager pour ceux qui aiment Hero for a Day, tapez 1… boutonneux avec son argent de poche, ses boissons énergétiques, Aina Zo Raberanto ses petites déprimes. « On l’avoue, on joue pour les 12-17 ans, on Contact sur www.nocomment.mg
Teenagers en quête de maturité, les musicos de Hero For A Day revisitent l’esprit du pop punk. Un courant musical largement sous-représenté à Madagascar face à la déferlante rock metal. Un peu de douceur dans ce monde de brutes…
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Voix de basse
Culture
Jax Ravel
À 22 ans, tout juste promu enseignant au CGM, il s’impose comme le maître malgache de la basse électrique, digne héritier des Jaco Pastorius et Richard Bona. Autre corde à sa basse, le scat : un style vocal rattaché aux grandes heures du jazz. Vous avez dit boop-boop-a-doo ?
chanteuse : le petit Jax n’a pas 12 ans lorsqu’il intègre comme bassiste l’orchestre familial. « C’est en écoutant Datita Rabeson que j’ai compris que je voulais faire du jazz. Et la basse est un instrument merveilleux pour ça, elle permet de fusionner les sons des percussions, du piano, e bon vieux skit-dat-de-dat et autres onomatopées « shoo-bee- de la guitare et même du saxophone. » Polyvalent et sans doo-ouesques » immortalisés dès 1926 par le grand Louis ornières, il se fait rapidement un nom en accompagnant (Armstrong) n’ont jamais vraiment percé chez nous. Pour une les grosses pointures de la scène malgache, aussi bien le raison inexpliquée, nous ne sommes pas une nation dédiée au Joel Rabesolo Trio, la valihiste Volahasiniaina Linda, que scat, le nom donné à cette technique vocale qui fit les grandes des groupes de gospel. Qui dit basse électrique dit forcément heures du swing de Cab Calloway à Count Jaco Pastorius, le génialissime instrumentiste Basie. Mais cela pourrait bien changer, voire old school s’enseigner dans un futur proche, car le de Weather Report, groupe phare du jazzrock des années 70, dont il se veut l’héritier. bassiste Jax Ravel, tout récemment promu et moderne, « Grâce à lui, le bassiste est passé du stade professeur de musique au Centre germanocomme j'aime… malgache (CGM) d’Analakely, en est un de simple accompagnateur à soliste à part entière. Il m’a appris qu’une basse peut faire fervent défenseur. « J’ai découvert le scat par Richard Bona, un des bassistes qui m’a le plus influencé et qui passer les émotions autant que tout autre instrument et que c’est le pratique couramment. Je trouve que ça se marie bien avec tout aussi spectaculaire à voir sur scène. » l’alphabet de la basse. C’est à la fois old school et moderne, De la basse, il peut aisément passer à la guitare ou à la batterie, sans oublier de composer. Des airs qui lui ressemblent : plein de exactement ce que j’aime. » C’est ce mélange très savant des genres et des époques qui sons fretless à la Pastorius (directement piqués sur le manche), de caractérise The Band, le sextet (lauréat du dernier tremplin scats qui partent dans tous le sens, et ça et là des réminiscences de Madajazzcar) où il officie depuis 2011 aux côtés de Lova de Bach ou de Mozart ! Désormais occupé à enseigner au CGM, Ramahefason (guitare), TahinaVibe (saxophone et chant), Daddy Jax Ravel n’en oublie pas son principal objectif pour l’année qui Rabe (percussions), Njaka Rakotonirainy (piano) et Six (batterie). vient : la création d’un Jax Ravel Trio ou Quartet, il ne sait pas « Jazz classique, airs populaires, fusion, du moment que c’est de la encore. « Tout ce que je sais, c’est que ce sera très éclectique et très électrique. » Poo-poo-pee-doo ? bonne musique », estime-t-il. Ce goût très sûr, il le doit à sa formation de haut niveau en jazz, Aina Zo Raberanto suivie à Boston il y a deux ans. Mais aussi à une sensibilité musicale Contact sur www.nocomment.mg développée au contact de ses parents. Papa pianiste, maman
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Bo Houss
Dans la foulée de son Prix musiques de l’océan Indien 2011, le rappeur mahorais se lance dans une grande tournée des îles. Entre m’godro traditionnel et groove urbain, un vent d’insolente modernité souffle depuis Mayotte…
Photo : prix Musique de l'océan Indien
Loin de ce que pourrait laisser croire le titre de son premier album, Shimaore tu (Seulement shimaorais, la langue bantoue parlée à Mayotte), Bo Houss est ouvert à toutes les tendances. Prêt à insuffler du gros son urbain à ses influences traditionnelles. Le résultat c’est ce hip-hop « pur produit de Mayotte » qui s’est vu décerner le Prix musiques de l’océan Indien en 2011 (pour la petite histoire devant le guitariste malgache Teta et le groupe réunionnais Kom Zot). Pas mal pour un petit gars - Houssamouddine Kordjee de son vrai nom - dont les premiers pas dans la carrière commencent très discrètement en 2008 avec la sortie d’une mixtape très expérimentale (Masterehi) où se joue mine de rien l’avenir du rap de Mayotte. « Chez nous, on joue surtout le m’godro, un rythme ternaire proche du salegy et du maloya réunionnais. C’est en écoutant du rap américain et français que j’ai eu envie d’y ajouter le groove binaire ». Un pari assez osé car Mayotte n’est pas ce qu’il y a de plus précisément urbain dans la région. Sur son ordinateur, Bo (appelé ainsi « parce que ma maman me disait toujours que j’étais beau ») bidouille ses premiers beats tirés de groupes comme Iam (Petit Frère), mais de plus en plus élaborés à mesure qu’il se fait la main. « Jeune, bouge ta tête, lève le poing et donnons-nous la main ». Avec toujours ce savant mélange de percussions et de mélodies traditionnelles, inspiré d’artistes comme M’Toro Chamou et Salim Ali Amir. De l’époque de Masterehi date sa rencontre avec Deenice (Denis Liger), le compère toujours inspiré qui produira Shimaore tu en 2011. Une galette cette
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Le rap du beau gosse
Culture fois très aboutie avec des textes en mahorais d’une insolente et totale modernité : Tsi fanya utunduzi tsitria na lineti mudjabari, tsi sindzi irapu na lamu jileti (J’ai fait mon analyse, toujours avec mes lunettes, et j’ai tranché le rap avec une lame Gillette) « Je parle à la jeunesse, mais je ne veux chasser personne. Pour faire avancer la musique, il faut pouvoir rallier tous les styles et toutes les générations », confie le jeune Mahorais. Une façon de faire, à la fois décoiffante et rassembleuse, qui lui vaut de recevoir en mai dernier le prestigieux Coup de cœur chanson de l’Académie Charles Cros. Très peu d’artistes peuvent s’en vanter. Cher nous, un certain Erick Manana… Pour sa grande tournée dans les îles de l’océan Indien, Bo Houss est accompagné de cinq musiciens, J’ai tranché Deenice chargé le rap avec une dont des samples/claviers. lame Gillette… Une formule un peu différente de ce qu’il a l’habitude de faire, car sur Shimaore tu il était pratiquement seul « avec juste des beats mixés à ma voix et très peu d’acoustique ». Son concert du 26 octobre à l’IFM lui aura permis de découvrir la riche scène malgache – beaucoup de labels rap malgré l’indifférence des médias – et d’enregistrer en studio avec Tence Mena « un mélange d’électro et de salegy » dont on devrait bientôt entendre parler. En attendant de s’attaquer à l’écriture de son prochain album prévu pour 2013. Car Bo Houss ne va pas s’arrêter en si bon chemin Joro Andrianasolo Contact sur www.nocomment.mg
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qui se veut plus proche des John Legend et Alicia Keys que des légendes de la Motown, façon Otis Redding ou Aretha Franklin : « Otis, Aretha, je les connais par cœur, je les écoutais déjà dans le ventre de ma mère, mais chaque génération doit évoluer et trouver son propre son », estimel a bien grandi le petit rappeur teigneux de Tohy qui officiait t-il. Pur Rythm‘n Blues donc (et surtout pas R’nB !), sous le nom de Jex Ambiroa ! Déjà onze ans que la formation saupoudré de gospel et de jazz. Une musique qui a des n’existe plus, mais dans la mémoire collective - underground du références. Un peu comme lui qui a toujours trempé dans moins - ça reste l’un des manifestes hip-hop les plus intéressants le milieu de la scène avec un père guitariste et une mère de la fin des années 90. Sans oublier ses incursions dans des chanteuse. C’est sous son influence à elle qu’il se met tout formations plus « confidentielles » comme Omega et Nemesis. jeune au ba gasy traditionnel et intègre deux groupes de kalon’ny fahiny (chansons d’hier) : Nada Miangola et Le trip galère et complètement artiste ! Riantsara. C’est au bà gasy notamment qu’il « Les producteurs ne nous aimaient pas, ils préfèrent ce qui fait bouger le derrière… » Les producteurs doit cette technique vocale si particulière typiquement tananarivienne, appelée Bref, Hajaina Ravoaja, son nom à l’état ne nous aimaient etl’angola - « le truc qui ondule à mort » - dont il civil, n’a jamais vraiment chômé en 15 ans de agrémente sa soul. carrière. La preuve, le voici plus frais que jamais pas… « On me demande souvent pourquoi j’ai qui s’apprête à fêter les dix ans d’existence arrêté le rap, mais le rap c’est comme la de Hajaina ‘Jex, son combo 100 % nu soul composé de Johnny et Nirina (piano et claviers), Hobby (guitare), soul, c’est une musique qui a une âme et dès que j’en ressentirai Jiaary (basse) et Faly (batterie). Je vous sens inquiets soudain : à nouveau le besoin, j’y reviendrai ». En attendant Mr Soul est c’est quoi encore ce truc nu soul, vous vous dites ? Pour ceux qui bien décidé à fêter en grande pompe les dix ans de Hajaina ‘Jex auraient raté le film, c’est d’abord un superbe premier album avec un troisième album qu’il promet de toute beauté. Son titre enregistré au Nada Studio en 2003 : Vatana sy Fanahy (corps et Ny rano maintiko (Mon encre). De cette encre dont on écrit les âme) où Jex évoquait, un peu à la façon d’un Fellini, une certaine chroniques et peut-être les légendes. Aux dernières nouvelles, jeunesse perdue tananarivienne avec ces sombres chroniques que l’album est en cours de mixage et devrait être dans les bacs pour juillet 2013 avec un grand concert à la clé. Patience. sont Aza mba manao ratsy et Tovovavin’Iarivo. D’accord, vous insistez, mais la nu soul ? Pour les amoureux Joro Andrianasolo de précision, c’est ce creuset actuel de la soul (nu pour new) Contact sur www.nocomment.mg
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Tu me soules man !
Culture
Hajaina’
Jex
Groupe de soul gasy créé en 2003, Hajaina’Jex est à Otis Reading ce qu’Alicia Keys est à… Ludwig van Beethoven. Quelque chose qui vient de l’âme et qui s’appelle la nu soul. Pas mal pour un type qui n’a jamais oublié qu’il vient du « bà gasy » et du « kalon’ny fahiny »…
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I kala
Conscience « Et si notre conscience avait un visage ? »
Tetsa, le vaillant chasseur de crocodile « Sur sa dune en peau de crocodile symbolisant son triomphe, le chasseur savoure sa victoire sous la bénédiction du Soleil… »
Culture
Helisoa Rabezato, plus connu sous le nom d’Ikala est une artiste plasticienne et décoratrice, très appréciée pour ses tableaux en bas-relief, ses bijoux, ses luminaires et ses accessoires de tables. Partie en France au milieu des années 80 pour suivre des études en hôtellerie, elle revient au pays en 1994. Un véritable retour aux sources marqué par un impérieux besoin de création qui ne s’est jamais démenti depuis (elle a peint plus de 1 500 tableaux). Pas mal pour quelqu’un qui n’a jamais fréquenté les Beaux-Arts ! L’ethnique reste sa marque de fabrique et ses œuvres sont comme gorgés du soleil, du ciel et de la terre de la Grand Île. Résolument optimiste.
À travers elle « Quand l’inspiration s’impose sur le mode ethnique et que les mains ont faim de matières… »
Faim de matières… Recueilis par Aina Zo Raberanto
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Rakotondrasoa
Jongleur acrobate au sein de l’école Chapitô Metisy, Tina Rakotondrasoa met les arts du cirque au service de l’insertion sociale. Tirer les gamins de la rue pour en faire, les grandes vedettes du cirque de demain. Tous en piste.
ina Rakotondrasoa est jongleur acrobate au Chapitô Metisy, une école de cirque social installée dans le quartier populaire T de Mandialaza Ambatomitsangana. Pas tout à fait une vocation, le cirque, puisqu’il a débuté sa carrière comme danseur folklorique dans le groupe Bakomanga. Encore que ! « Les acrobaties au sol, les chutes avant et arrière sont la base de la danse traditionnelle de l’Imerina », fait-il observer. C’est même comme ça qu’une compagnie de cirque européenne en tournée à Madagascar le remarque et l’initie au noble art de la piste. Depuis l’homme aux dreads jongle avec les massues, joue avec le feu, danse avec des échasses, exécute des doubles triples sauts périlleux pour le plaisir des petits et des grands. « D’avoir pratiqué la danse fait qu’il y a toujours une dimension chorégraphique dans mes spectacles, il faut aussi que ce soit beau à regarder. » Aujourd’hui, son nom est indissociable de la Compagnie Aléa des Possibles qui gère depuis 2006 Chapitô Metisy. Il en partage pleinement, via sa responsable Virginie Lavenant, la visée sociale et éducative. « On pense que le cirque est un moyen de développement personnel et d’insertion. C’est pour ça qu’on a
Le social f ait son cirque
Culture
T ina
choisi d’installer notre école dans ce quartier défavorisé de la capitale. En apprenant aux jeunes du quartier les bases du cirque, on les tire de l’oisiveté, on les aide à surmonter leur environnement social très dégradé. » Et ça marche ! L’affluence aux spectacles de jonglerie, de magie, de marionnettes organisés régulièrement par l’école en témoigne. Cette dernière est également une riche plateforme d’échanges avec de nombreuses compagnies de cirque extérieures, comme Zip Zap Circus d’Afrique du Sud ou Cirquons Flex de La Réunion. Une synergie dont profite pleinement Tina qui a pu se produire à la Réunion en 2008 (avec Vovoka) ou en France métropolitaine en 2011 avec le Cirque d’Azur. « Là-bas, ils ont des chapiteaux de 1 000 mètres carrés et des artistes qui sont au top, rien à voir avec nos cracheurs de feu d’Analakely. Nous-mêmes on est obligés de fabriquer des massues avec du bambou et des cartons, tellement on manque de tout… » Pour autant, Tina ne désespère pas de voir un jour Madagascar figurer parmi les grands pays du cirque. « On a vraiment le potentiel artistique pour y arriver, estime-t-il. Je ne dis pas que je le vivrai moi, parce que je vais déjà sur mes 30 ans, mais je pense à tous ces jeunes qu’on forme et qui prendront un jour la relève. » Un gros coup d’accélération sur la pédagogie qui se traduit cette année encore par une formation de « formateurs en arts du cirque » dispensée par Chapitô Metisy et destinée à faire germer les talents partout où ils se trouvent sur le territoire. Autant dire que Tina n’est pas prêt d’arrêter son cirque… Solofo Ranaivo Contact sur www.nocomment.mg
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Devant de sombres pétasses à talons hauts et jeans noirs, qui se trémoussent en se tenant la main, une cinquantaine de rockers surexcités - bourgeois et prolétaires unite ! hurlent et bondissent au rythme des basses. Un mec complètement barré, cheveux longs et tout de noir vêtu, saute sur scène, éructe quelques sons caverneux, puis retrouve sagement sa place au sein du public. C’est Deni, 48 ans, responsable sécurité d’un centre de stockage pétrolier. On a du mal à imaginer. Too old to rock, too young to die ?
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Non loin de quelques jeunes qui fument et jouent aux cartes autour de bouteilles de bières, une maman enceinte jusqu’aux yeux, son panier de courses à la main, tape du pied en dodelinant de la tête. Elle surveille d’un œil Kintana, 6 ans, déchaîné, debout sur l’avant-scène, une Fender imaginaire entre les mains : rock star à lui tout seul, le temps d’un riff d’Irambilanja. La nouvelle génération du rock gasy est en train de naître… Oÿ !
Rock Fianar
Culture
Les 25 et 26 octobre derniers, Vatofant et Irambilanja, groupes majeurs du rock gasy, ont occupé la scène du quatrième festival Rock Fianar. L’occasion d’un grand rassemblement de la communauté rock et métal à Madagascar.
19 heures. Marché du Zoma. Un monstrueux glissando de guitares saturées s’élève dans l’air. Le groupe Vatofant se lance dans une version thrash metal de Revy sy Vola. Solo, 52 ans, santiag et blouson de cuir, lâche aussi sec son cornet de frites et se précipite devant la scène dressée en plein air. En un instant, on ne voit plus que ses mains baguées s’agiter frénétiquement. Il n’est plus père de trois enfants, il n’est plus graphiste. Il est un guitar hero…
La nuit des « guitar heroes » Bénédicte Berthon-Dumurgier Photos : Pierrot Men
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The Dictator 2012 – États-Unis - 1 h 23 min - Comédie réalisée par Larry Charles, avec Sacha Baron Cohen, Anna Faris, Ben Kingsley
Le Livre du mois Indiambolamena et la corne de rhinocéros
Culture
Le Film du mois
Isolée, mais riche en ressources pétrolières, la République du Wadiya, en Afrique du Nord, est dirigée d’une main de fer par l’Amiral Général Aladeen. Vouant une haine farouche à l’Occident, le dictateur a été nommé Leader Suprême à l’âge de 6 ans, après la mort prématurée de son père, tué dans un accident de chasse par 97 balles perdues et une grenade ! Lorsqu’un énième sosie du Leader Suprême est tué dans un attentat, Aladeen décide de se rendre à New York pour répondre aux questions de l’ONU… The Dictator est signé Larry Charles, déjà responsable de la mise en scène des deux précédents délires de Sacha Baron Cohen, Borat, leçons culturelles sur l’Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan (2006) et Brüno (2009). Les similitudes avec le chef-d’œuvre de Charles Chaplin, Le Dictateur (1940), sont troublantes. Outre le sujet et le titre (le film de Chaplin s’appelle The Great Dictator en VO), les deux longs métrages se sont tournés en synchronisation quasi parfaite avec les événements qu’ils évoquent. Le tournage du film de Chaplin commença la veille de l’invasion de la Pologne par l’Allemagne (1er septembre 1939) et The Dictator se tourna en même temps que les événements du Printemps arabe de 2011 qui devaient provoquer la chute de Mouammar Kadhafi.
Toujours dans l’optique de produire des livres d’art pour les toutpetits, la maison d’édition réunionnaise Dodo Vole ajoute deux chouettes albums bilingues français et malgache à son catalogue. Le premier, Indiambolamena et la corne de rhinocéros, est un conte betsimisaraka illustré par les élèves de l’école publique de Manambato, et le second, La brèche au diable, un conte normand, illustré par les élèves de Bretteville-sur-Dives, dans la région de Caen, en France. Le lien entre les deux ? Tout simplement que ces ouvrages sont produits dans le cadre d’un échange Région Basse-Normandie- Atsinanana par le biais de l’association ArtEres. Indiambolamena est un conte traditionnel recueilli par Marcelline Vaviroa qui est venue le raconter aux écoliers de Manambato. Il a ensuite été adapté en atelier avec les enfants qui se sont chargés de le retranscrire et de l’illustrer sous la houlette de l’écrivain Johary Ravaloson (Géotropiques) et de l’illustratrice Mary-des-Ailes, tous deux intervenants pour ArtEres, dans le cadre notamment d’ateliers pour enfants à Tana. « Le prix public de vente est de 12 euros (33 000 ariary), mais nous consentons des remises importantes pour les ventes en nombre aux associations qui soutiennent la lecture à Madagascar », explique Sophie Bazin, fondatrice et responsable de Dodo Vole. Vous l’avez votre cadeau de Noël !
Projection le dimanche 30 décembre à 19 heures dans la salle de l’Horloge du Café de la Gare de Soarano.
« Indiambolamena et la corne de rhinocéros », format 21 x 30 cm, 32 pages, couverture cartonnée, La Réunion, 2012. Prix : 33 000 Ar.
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R ijasolo Rijasolo s’impose comme l’un des maîtres de la nouvelle photographie malgache. Il sort aux éditions no comment® un livre de photographies dédiées à la nuit malgache sous toutes ses formes. Quarante clichés, du plus festif au plus choquant. La poésie de la nuit en prime.
Pourquoi un livre de photos sur la nuit ? J’aime photographier la nuit. J’ai tout un tas de photos sur ce thème qui n’est pas beaucoup exploité, je trouve. J’ai rarement vu des photos de nuit de Madagascar, à part quelques travaux de photographes établis à l’étranger. C’est la nuit sous toutes ses formes : à la campagne, dans la rue, dans les bars, avec les putes… C’est ma vision impressionniste de la nuit. Les plus anciennes photos datent de 2004 et les dernières de cette année. En tout, 40 photos en noir et blanc. Comment est la nuit malgache ? Comme partout, dès qu’elle arrive, c’est un autre monde qui s’installe. Et chez nous, elle tombe très tôt. Tout change, le décor, l’ambiance, les comportements. La nuit, certaines choses se font qui se produisent rarement en plein jour et dont on ne parle pas
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Noir c’est noir
forcément. Il y aura sûrement des images qui vont déranger ou seront choquantes pour certains. Mais il ne faut pas se voiler la face et avoir peur de dire ou de montrer. Par exemple, se bourrer la gueule dans un bar, discuter avec des prostituées dans la rue. Moimême, je l’ai fait mais pas pour consommer… c’était dans le cadre d’un reportage que je faisais en 2009 sur les filles qui travaillaient dans les zones franches et qui sont devenues des travailleuses du sexe à cause de la crise. On peut aussi voir la photo d’un mec ivre mort par terre avec des gens en train de le dépouiller. Ce que montre la photo est choquant, pourtant il y a cette lumière particulière qui fait que c’est aussi une belle photo. Je pense que peu de photographes à Madagascar oseraient montrer ce genre de photos dans une exposition ou dans un livre. La nuit impose une approche particulière ? La nuit, on a l’impression que les gens sont plus faciles à aborder, contrairement à la journée où ils sont toujours occupés. Comme
il m’est arrivé d’être aussi bourré qu’eux…
Portfolio s’ils ne faisaient plus partie de la même espèce. Du coup, pour aborder les gens dans un bar gasy gasy comme aux 67 Ha avec toute l’ambiance qui va avec : les filles, les mecs bourrés qui dépensent tout leur salaire, c’est beaucoup plus facile. Quand je débarque avec mon appareil, je n’ai pas l’impression d’être agressé, ils me considèrent comme leur pote. Sûrement parce qu’il m’est arrivé d’être aussi bourré qu’eux. La nuit, c’est forcément en noir et blanc ? J’ai commencé la photographie par le noir et blanc, il y a 12 ans. C’est vraiment mon médium de prédilection. Par rapport à la thématique de la nuit, je trouve que le noir et blanc est la meilleure façon de faire ressortir cette ambiance. En plus à Tana, il n’y a pas beaucoup de lumières, donc les ombres sont très tranchées. J’aime bien jouer avec le contraste entre les lumières fortes et les côtés sombres. J’utilise rarement de flash. Dans mon travail en général, le noir et blanc est ma façon de voir le monde.
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Il apporte quelque chose d’à la fois poétique et dramatique. La couleur, c’est plutôt le monde tel qu’il est, encore plus difficile à traduire, surtout en photographie. Le noir et blanc est un état d’esprit ? Chez moi, oui. Souvent, les jeunes photographes qui disent faire du noir et blanc ou qui veulent en faire vont shooter en couleur et après ils passent la photo en noir et blanc. Evidemment, avec le numérique, c’est facile. Mais moi quand je regarde dans le viseur de mon Leica, je sais déjà que je vais faire cette photo en noir et blanc. Je suis déjà dans cette posture mentale. Je shoote toujours avec cet appareil, discret et petit. D’ailleurs, 90 % des photos du livre ont été prises au Leica. Ton noir et blanc doit-il quelque chose à celui de Pierrot Men ? Quand j’ai commencé la photo, j’ai été très influencé par lui et par sa vision de Madagascar. Mais je dirais que mon noir et blanc est beaucoup plus dur. A travers mes photos, je suis aussi moins sympa avec les Malgaches. S’il y a une fille saoule par terre, je la prends en photo,
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S’il y a une fille saoule par terre, je la prends en photo…
car cette situation fait partie du quotidien. Pierrot Men, lui, ne fera pas ce genre de photos. Il n’a pas ce côté noir, mais c’est sa vision du pays et elle est tout aussi estimable. Mon travail est plus proche du photojournalisme, c’est d’ailleurs ma formation. Comment vois-tu la nouvelle génération de photographes ? Elle a de l’énergie, elle est motivée, elle possède une meilleure technique que moi, que ce soit en photo studio ou en portrait. Il lui manque juste de trouver son identité. Pour cela, il faut connaître tout ce qui se fait dans les arts au niveau mondial, s’en inspirer mais pas pour copier. Moi, dans mes cadrages, j’ai beaucoup été influencé par le cinéma de la Nouvelle Vague, des mecs comme Godard. Ils filmaient avec une caméra sur l’épaule. Je voyais que c’était très frais, pas besoin de technique ni d’effets Propos recueillis par Aina Zo Raberanto
Portfolio
RIJASOLO Un pétage de plomb collectif…
LA NUIT Les nuits dans les night-clubs de Tana… ou bien on s'y ennuie ferme, ou bien on participe à une ambiance survoltée, un pétage de plomb collectif et convenu. Ici, quelqu'un a eu la bonne idée de partager à sa façon sa bouteille de champagne. La nuit, le luxe semble à la portée de tous.
LA NUIT Elles bravent le mauvais temps, la pluie, attendant le client solitaire, qui leur procurera une bonne raison de leur présence ici, là, maintenant. Le photographe, lui, reste dans sa voiture. La pluie est son ennemi. Il est voyeur.
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LA NUIT Lors d'une cérémonie traditionnelle de circoncision (didi-poitra), je suis un groupe d'hommes chantant et courant, un pied de canne sucre à la main. Comme eux, je me sens exalté par ses chants, ce moment de communion, par tout ce rhum déjà bu. Nous courrons sur presque deux kilomètres à travers champs. Mes photos sont floues, mal cadrées, mal réfléchies. Je me déplace maladroitement. Arrivé au bas de ce talus, je cherche un point fixe pour m'aider à me concentrer. La Lune fera l'affaire. Un homme passe, svelte et élégant. Je reprends mon souffle, je retiens ma respiration… je prends une photo.
La Nuit, par Rijasolo. Éditions no comment®, format 21 X 21, 64 p. Prochainement en librairie.
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Fomba amam-panao
Les cadeaux de l’empire Noël Bientôt Noël, puis la Saint Sylvestre. Certes, il n’y a pas meilleure coutume pour humaniser les hommes que d’inculquer la culture du cadeau. Un cadeau est une preuve d’amour. On donne sans rien attendre en retour et cela peut même se sublimer en don de soi. Mais, pendant les semaines avant ces jours J, les pères de famille ne seront pas à la fête, les mères non plus d’ailleurs.
Par Mamy Nohatrarivo
ne faut pas non plus compter sur les copains et les proches pour un petit coup de main. Tout le monde est logé à la même enseigne. Bref, il ne faut donc espérer qu’en un Père Noël arrivé bien en avance. Encore faut-il y croire ? Au premier âge, on y croit. Au second, il est trop tard. On n’y croit plus et la magie de Noël n’opère plus. Tout le monde a peu ou prou goûté aux affres du troisième âge. Il a été, le père Noël, une fonction qui coûte les yeux de la tête. On ne se repose qu’arrivé au quatrième âge. On ressemble au Père Noël, mais sans en avoir les revenus. Il faut être immensément riche pour satisfaire les rêves de toute l’humanité. uatre dimanches avant Noël, qui attend Le titulaire possède des usines et des entrepôts jusqu’en Chine et s’y prépare vraiment ? Les parents, populaire. Avant même le premier dimanche de décembre, les pour le budget, et les enfants, pour leurs rêves de cadeaux. Car aimer prémices commencent en effet à s’annoncer dans les rues et les coûte. Cela va d’un petit bisou par mobile interposé à une rivière magasins. Les jouets de Père Noël débarquent peu à peu depuis le de diamants et plus, si affinités comme le promettent les petites pays des communistes. C’est une des surprises du XXIe siècle. Le pays annonces spécialisées. de Confucius, puis de l’athéisme institutionnalisé, celui de Mao Tse Pour Noël, l’Église, toujours prévoyante et qui s’y connaît en Toung en somme, a pris le relais de l’Occident chrétien et engrange hommes (et femmes), a inséré les quatre dimanches de l’Avent dans les profits des opportunités offertes par une fête essentiellement son calendrier pour que ses ouailles réussissent une fête majeure sans religieuse. Une formidable opération de marketing étend l’Empire mauvaises surprises. La période de l’Avent leur permet, certes, de Noël jusque chez les musulmans, les bouddhistes, les shintoïstes ou préparer leurs âmes et consciences, mais aussi et par ricochet, d’établir les animistes, etc. leurs budgets respectifs. Quelquefois, on s’interroge alors sur les fondamentaux. Comment Il est d’ailleurs temps. Ce n’est pas le salaire de décembre qui est-on passé de l’encens, de la myrrhe et de l’or des rois Mages aux assure, mais celui de ce mois novembre. Par ailleurs, les sociétés ou folies de la société de consommation, au champagne et au boudin l’administration ne distribuent primes, jouets, poulets, blanc ? Comment l’anniversaire d’un garçon né dans une étable a pu huile et sachets de riz de rigueur qu’à l’extrême limite. Il gagner les palais et conquérir le monde ?
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C’était il y a cent ans… en décembre 1912 Par Pierre Maury
e cyclone qui a frappé le nord de Madagascar le mois dernier suscite des gestes de solidarité. L’Estudiantina Tananarivienne Lannonce que les recettes de la soirée qu’elle organise le samedi 14 décembre au Théâtre municipal seront versées au profit des sinistrés. La pluie a failli gâcher la soirée, le public étant encore très clairsemé à l’ouverture de la salle. Une éclaircie a permis ensuite à ceux qui avaient réservé des places d’arriver nombreux. Le jeudi 19, au même endroit, un groupe de jeunes Malgaches donne, pour la même cause, une grande fête de bienfaisance. Et la Chambre Consultative a ouvert une souscription en faveur des victimes.
sa caisse, malheureusement peu garnie, la somme de 500 francs qu’il envoie aux Comices de Diégo et de Nosy-Be, « pour être distribués par leurs soins aux agriculteurs ayant le plus besoin de secours immédiat. La modicité de la somme envoyée doit la faire considérer comme une simple indication de notre profonde sympathie pour nos amis atteints. » D’un commerçant grec à un autre, un établissement réputé de Tananarive change de mains. M. Constantin Cotsoyannis, établi dans la capitale depuis 1896, cède son magasin à M. Stillianéas et se prépare à regagner la Grèce avec son épouse pour y jouir d’un repos bien mérité. Le nouveau propriétaire fait savoir que le magasin va être réorganisé de fond en comble.
Une caisse des prêts agricoles Déforestation La réunion du Comice agricole, M. G. Carle, chef du service de le 6, a évoqué le cas des entreprises colonisation à Madagascar, reprend agricoles qui, faute de moyens pour dans Le Progrès de Madagascar un article se relever des dégâts provoqués par sur La destruction de la forêt malgache un tel cataclysme, sont abandonnées précédemment publié dans La Dépêche par des colons qui vont ensuite coloniale. Le ton est alarmiste : « Il y a péril tenter leur chance ailleurs. Le remède en la demeure, la forêt malgache disparaît pourrait être la création d’une caisse des prêts agricoles, projet dans des proportions très inquiétantes, sous l’effet de la hache, du déjà évoqué mais jusqu’à présent non concrétisé. En feu de l’indigène et des exploitations abusives commises tant par même temps qu’il relance l’idée, le Comice prélève sur les concessionnaires européens que par les indigènes. » Le tavy est
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TSiahy une des causes de la destruction et cette pratique traditionnelle ne peut être interdite brusquement : « on s’expose à des résistances et en plus de cela à créer des famines qu’il faut éviter à tout prix ». Sa disparition « ne pourra être considérée comme définitive qu’autant qu’elle sera suivie de la création effective de rizières irriguées permettant à l’indigène d’obtenir une production au moins équivalente à celle que lui assurait son ancien procédé. » L’auteur de cet article vient d’être distingué par la Fondation Lucien de Reinach qui lui a attribué une médaille d’or. Un accident d’auto s’est produit le 20 décembre à l’entrée de Maevatanana. Le véhicule venant de Tananarive était « lancé à une vitesse presque vertigineuse » et est tombé dans un gouffre aux abords d’un pont. « Les passagers, ahuris, se virent, en l’espace rapide d’un éclair, étendus au milieu des débris informes de l’énorme machine roulante dont le moteur avait été heureusement arraché de la voiture, et projeté à une certaine distance, par suite de la violence du choc. Par miracle, personne ne fut tué mais quelques-uns des voyageurs furent assez grièvement blessés et tous, sérieusement contusionnés. » L’enquête a révélé que le chauffeur avait confié le volant à son second, qui ne savait pas conduire… Un gouverneur général contesté Le gouverneur général, M. Picquié, ne fait pas l’unanimité. « J’entends faire à Madagascar une œuvre vraiment personnelle », avait-il affirmé avant son départ. Georges Boussenot, dans Le Siècle, commente : « C’était là assurément une intention des plus louables. Mais encore aurait-il fallu que celui qui la nourrissait ne se soit point attaché à prendre, pour mener à bien la tâche qu’il s’était assignée, le contrepied de ce qu’avait fait, ou tenté de faire, son prédécesseur. Et c’est précisément là l’écueil sur lequel M. Picquié semble avoir donné aujourd’hui. » Certains l’apprécient. Le Temps, rapportant l’ajournement du congé de M. Picquié, qui devait rentrer en France en mars 1913 et qui prolongera son séjour jusqu’en 1914, explique qu’il « répondra ainsi aux vœux qui lui ont été exprimés par une grande partie de la population européenne. »
e moraingy est cet art martial typiquement malgache dont l’existence est attestée depuis le XVI siècle, Ld’abord comme moyen de défense contre les voleurs
Mahajanga
Traditions
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Moraingy À Mahajanga, sur la côte Nord-Ouest en général, on aime les sports virils. Les sports de contact qui font bing et font voir les étoiles en plein jour. Bienvenue au pays du moraingy (prononcer moringue), appelé aussi ringa plus au sud…
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de zébus. Formellement, c’est une façon de combat de boxe, mais sans gants de cuir, avec juste un petit cache-sexe traditionnel, le salaka, qui sert aussi de « coquille ». Les tournois ont traditionnellement lieu les jours de marché, quand les gars sont disponibles et d’humeur taquine. Que ce soit dans un gymnase couvert, un stade municipal ou un simple terrain vague, le spectacle est sûr d’attirer un maximum de spectateurs, sans distinction d’âge ou de sexe. Les règles sont simples : le but est d’envoyer son adversaire au sol et toutes les prises pour y arriver sont permises, y compris de s’en prendre à son salaka… Pas à proprement de vainqueur ou de vaincu, on est surtout là pour montrer ses gros biscotos. « Le but est essentiellement éducatif : les lutteurs apprennent à se dépasser, mais toujours dans le respect de l’adversaire », explique Evariste, le président de l’association Moraingy tsy misy kisasy (Moraingy sans rancune) de Mahajanga. Une association qui fait aussi appel aux lutteurs des villages plus reculés comme Marovoay, Melaky ou Ambanja. Le ring est un quadrilatère classique tendu de cordes de nylon. À l’extérieur, un petit corridor le sépare du public ; c’est là que les spectateurs les plus excités, les jeunes en particulier, viennent défier les lutteurs, appelés fagnorolahy, en levant le poing et en
Marrons, châtaignes et boxe gasy
sifflant bruyamment. Il n’y a pas de tatami, bien que les assauts soient rudes, mais heureusement toujours brefs – environ 30 secondes par round. En deux ou trois rounds, le combat est généralement terminé, sous l’œil impavide de l’arbitre qui sanctionne durement les fautes : pas de morsures ni griffures, coups de poings seulement, et toujours en évitant les points vitaux. Dans la variante réunionnaise, beaucoup plus récente et appelée moringue (ou moring), coups de pieds et coups de boule sont eux autorisés. Contrairement à la boxe occidentale, le K.-O. n’est pas recherché ; on se contente de compter les coups qui ont porté pour désigner le vainqueur. À la fin, les adversaires se serrent la main ou s’embrassent, signe qu’ils sont sans rancune dans l’esprit fair-play du Fihavanana (sens de la parenté) et du Firaisankina (solidarité). « La rapidité et le sens tactique comptent autant que la force, mais au final c’est l’estime de l’autre qui l’emporte », souligne Evariste qui, quand il ne s’occupe pas de moraingy, est employé à la Faculté de médecine. Le moraingy a ses champions régionaux qui sont de véritables stars dans leur village. Beaucoup développent d’ailleurs des techniques de combat dont le secret se transmet jalousement de père en fils. L’époque où le vainqueur était récompensé d’une coupe ou d’un zébu est révolue ; aujourd’hui on peut gagner des voitures, des motos et jusqu’à 400 000 ariary par tournoi. Signe des temps, les demoiselles sont de plus en plus nombreuses à monter sur le ring, et là aussi ça fait des étincelles… Rosa Ravoniarivelo Contact sur www.nocomment.mg
ÉCO
Clensy Appavoo Président de la Mauritius Employers Federation
Le patron des patrons mauriciens, également responsable du groupe Appavoo spécialisé dans l’activité offshore, était présent au dernier Carrefour des entrepreneurs européens. L’occasion pour lui de partager sa vision mauricienne du « nouveau monde » qui s’ouvre pour la région…
près l’Inde, Maurice ambitionne de devenir le centre financier pour l’investissement en Afrique… En deux décennies d’activité offshore et A global business (N.D.L.R., toute société mauricienne conduisant ses affaires
hors de Maurice), nous sommes devenus la plus importante plateforme d’investissement vers le sous-continent indien. Chaque année ce sont des milliards de dollars de capitaux qui transitent par Maurice. Cette réussite nous la devons à une juridiction fiscale très attractive pour les fonds d’investissement, les holdings, le négoce international, avec notamment depuis 2006 un taux d’imposition unique à 15 %. Ce que nous avons fait pour l’Inde, nous voulons aujourd’hui le réaliser pour les régions sud et est de l’Afrique. Un ensemble de 400 millions d’habitants, appelé à devenir la nouvelle locomotive de la relance mondiale, car l’Europe se grippe et l’Asie commence à ralentir. Le lion africain va rugir et Maurice entend être son centre stratégique pour le développement des affaires. Un centre financier, c’est clairement un paradis fiscal, avec tous les guillemets de réserve…
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Quand l’Afrique s’éveillera
Il faut faire le distinguo entre un paradis fiscal de type Jersey ou Dubaï qui n’ont que cette activité et un centre financier comme Maurice dont le développement multisectoriel (sucre, textile, tourisme, offshore dans les années 90, nouvelles technologies depuis les années 2000) repose sur une économie réelle. Ce qu’on a appelé parfois le « miracle mauricien », c’est précisément cette capacité à se réinventer pour aller chercher sa croissance ailleurs. Nous n’avons pas de matières premières, mais nous avons les capitaux et toute l’ingénierie nécessaire pour développer de l’activité dans la région. Régulièrement des suspicions pèsent sur Maurice, perçue comme trop conciliante par rapport à ses flux de capitaux… D’abord une chose pour balayer une idée reçue, Maurice n’est pas un paradis fiscal. Elle a toujours été sur la liste blanche du FMI et de l’OCDE, ce qui n’a pas toujours été le cas du Luxembourg, de Jersey ou de Monaco. Le fait est que nous avons su mettre en place toutes les normes internationales en terme de transparence sur les opérations financières. À Maurice, il est complètement impossible de déposer de l’argent cash dans une banque. On a des lois et des administrations indépendantes pour contrôler et réprimer les mouvements suspects. Quelle place pour Madagascar dans cette nouvelle configuration régionale ? La Grande Île, à l’inverse de Maurice, a beaucoup de richesses naturelles, mais pas toujours les capitaux et les hommes pour les mettre en valeur. On doit jouer la carte de la collaboration régionale, car on est plus complémentaires que concurrents. On en a un bon exemple avec le concept des Îles Vanille (Vanilla Islands) : Maurice a sa plage, La Réunion sa montagne, Madagascar ses paysages intérieurs… on peut ainsi combiner nos offres et vendre un tourisme régional dans cette partie de l’océan Indien. Les traités de non double imposition signés entre Maurice et Madagascar sont le signe que cette nouvelle économie est en train de se mettre en place. On le voit déjà avec le groupe mauricien Ciel dont les 26 000 employés sont majoritairement recrutés à Madagascar. Reste le problème de la stabilité politique… Propos recueillis par Alain Eid
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Techmarine
ÉCO salle dédiée à la découpe de tissus qui serviront à constituer l’armature. Une fois terminé, le bateau est livré partout dans l’île par convoi exceptionnel sur remorques. « En fonction du nombre des commandes, on peut être amenés à recruter du personnel supplémentaire, mais dans tous les cas de figure on tient nos délais », souligne Barison Andriamanantena. Surtout sollicité par les opérateurs touristiques de la côte, Techmarine dispose d’agences en provinces (Mahajanga, Nosy Be, Toliara, Sainte-Marie/Toamasina) qui assurent sur place la maintenance et le service après-vente. Techmarine est également le distributeur exclusif des moteurs à bateaux Mercury.
Pas banal un chantier naval sur les Hauts Plateaux… C’est bien la surprise que nous réserve Techmarine, une entreprise installée dans la capitale et qui s’impose comme le grand spécialiste des bateaux en composite.
ateaux de pêche ou de plaisance, il n’est pas de modèles que Techmarine ne puisse réaliser pour vous, même si B ses chantiers sont très loin du littoral. L’entreprise créée en 2009 par Guillaume Poutot est en effet installée à Tananarive, ce qui ne l’empêche pas de construire jusqu’à 50 bateaux par an. Aussi bien des vedettes de 3 à 11 mètres de long, des semi-rigides Sillinger que des pirogues inspirées du modèle traditionnel Vezo, toujours très demandées. La rénovation de bateaux est également dans les cordes de Techmarine. « Certains ont plus de 40 ans avec grande une valeur sentimentale pour leurs propriétaires. Parfois il faut tout refaire, de fond en comble, en respectant la forme initiale », explique Barison Andriamanantena, responsable de production. La spécialité de la maison, le composite : un matériau constitué de plusieurs composants tels que fibre de verre,
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Ohé du bateau !
Joro Andrianasolo Contact sur www.nocomment.mg
mousse ou résine, qui une fois combinés donnent à l’ensemble des propriétés particulières. « Nos matériaux composites sont de dernière génération, c’est notamment le polyester, l’époxy, le carbone ou le kevlar », fait valoir le responsable. Il n’y en a pas que pour les bateaux, Techmarine fait également des piscines en composite, des cuves ou des bacs à poissons, par exemple pour les hôtels. « Le client décide de la forme et des dimensions, parfois il nous fournit directement le dessin, tout en pouvant compter sur nos conseils. » Sur le chantier naval de 4 000 m², plusieurs corps de métiers, soit une centaine de personnes, se croisent : mécaniciens, menuisiers, soudeurs, selliers (pour l’habillage des bateaux), et même une unité spécialisée dans la stratification. Autant dire l’alliance de l’artisanat et de la plus haute technologie. Le plus grand soin est également apporté à la finition avec toute une
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Pascal Bezençon
Président-directeur général de GasyNet
Avec la mise en place en 2007 de la plateforme TradeNet, Madagascar s’est doté d’un système de contrôle aux frontières parmi les plus fiables de la zone océan Indien. Sécurisation des marchandises, simplification des procédures de dédouanement, Pascal Bezençon, président-directeur général de GasyNet, explique l’enjeu de cette révolution hi-tech pour l’intégration régionale du pays.
Votre histoire d’amour avec les douanes commencent avec le scanner… En 2003, l’État malgache confie à la Société générale de surveillance (SGS) l’utilisation de scanners pour l’inspection des marchandises importées. Cela dans le cadre de toute une stratégie de modernisation de l’administration des douanes visant, via l’informatisation, à la réduction des fraudes et à l’augmentation des recettes douanières. Par la suite, le gouvernement va encore aller plus loin en cessant de sous-traiter à l’extérieur les opérations de contrôle et en demandant à ce qu’elles se fassent désormais à Madagascar. C’est ainsi que GasyNet (Malagasy Community Network Services S.A.) est née en 2007 sous la forme d’un partenariat public privé entre la SGS qui possède 70 % des actions et l’État malgache le reste. Le déploiement de l’outil scanner reste une de nos priorités. A ce jour, nous assurons la gestion et la maintenance d’appareils dans les ports de Toamasina, de Toliara, de Mahajanga, ainsi qu’à l’aéroport d’Ivato et à la gare de Soarano. Nous avons également des antennes à Fort-Dauphin, Diégo Suarez, Antsirabe, et une actuellement en installation
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La douane enjeu international
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à Nosy-Be. Un scanner c’est en gros la capacité de contrôler cent camions à l’heure. A l’exception de celui de la gare de Soarano qui a été acheté par l’État, tous les autres ont été financés directement
par GasyNet. Meilleur contrôle des marchandises mais également simplification des procédures de dédouanement… C’est tout le sens du BSC (Bordereau de suivi des cargaisons), un système par Internet que nous avons initié en 2007 et qui permet d’assurer en temps réel le suivi des cargaisons à destination de Madagascar. La procédure est simple : l’exportateur crée son BSC en ligne et le soumet à l’administration des douanes. Tout est traité par anticipation, c’est-à-dire avant même que les marchandises n’arrivent au pays, soit un gain de temps considérable en ce qui concerne les délais de dédouanement. Aujourd’hui, pour un dédouanement maritime, on est passé de quinze à trois jours et l’objectif à terme est que tout se fasse en 48 heures. L’idée sous-jacente du BSC est que le contrôle de l’administration, aussi nécessaire soit-elle, ne doit en aucun cas constituer une entrave au commerce international. On sait que la facilitation du commerce transfrontalier est un des critères qui attirent les investisseurs. La réussite de notre intégration régionale passe nécessairement par une plus grande attractivité de nos ports et aéroports. La plateforme informatique TradeNet complète l’édifice… C’est le troisième pilier de notre programme, l’installation d’un guichet unique électronique. C’est un système communautaire du même type que celui qui est en vigueur à Singapour et qui permet de relier entre eux tous les acteurs de la procédure de dédouanement : douaniers, transitaires, consignataires, mais aussi les banques. Grâce à sa base de données centralisée, tout se fait en temps réel, aussi bien les formalités de contrôle que le règlement des droits et taxes. Là où il fallait 35 documents à présenter, il n’en faut plus qu’un seul. Encore un gain de temps considérable. Surtout il permet de dématérialiser les procédures douanières : le support papier est remplacé par des fichiers électroniques et cela est un excellent moyen de lutter contre la fraude. D’ici 2013, tous les ports du pays seront interconnectés au réseau TradeNet, mais dès à présent ce maillage permet de couvrir
99 % du volume des opérations d’importation. Cinq ans après sa mise en activité, on constate que Madagascar est parvenu au même niveau d’efficacité que l’Ile Maurice, c’est donc très encourageant. Les frontières malgaches sont donc mieux contrôlées ? Evidemment ! Mais le mérite n’en revient pas à GasyNet seul, car nous travaillons main dans la main avec l’administration des douanes. En fait, nous ne nous occupons que de la partie technique, nous mettons nos outils au service des douanes pour les aider à travailler le plus efficacement possible. Cette synergie porte ses fruits. En 2011, les recettes douanières ont augmenté de 25 %. Sans l’un ou l’autre, nous n’aurions pas atteint ces chiffres. Et quand les douaniers reprochent à GasyNet, comme en 2011, de ne pas procéder au transfert de compétence sur l’outil informatique ? Je crois que la polémique est close. Le passage du document papier au fichier électronique n’a pas fait l’unanimité, mais comme toujours quand on franchit un nouveau pallier technologique. Pour diverses raisons, il y avait des douaniers réticents au changement ou qui avaient cette fausse perception que nous venions leur prendre leur travail. Encore une fois, nous nous contentons de fournir l’outil informatique et nous en assurons la maintenance, avec d’ailleurs un large volet formation pour le personnel des douanes. Ce qui est sûr, c’est que la Direction générale approuve pleinement l’application du système de modernisation et que nous allons continuer à collaborer étroitement. La machine ne risque-t-elle pas à terme de prendre la place des hommes ? Ce que je constate, c’est que l’utilisation de ces nouveaux outils ne nous amène pas à réduire nos effectifs. Pour GasyNet, nous tournons avec 160 employés
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à plein temps pour l’ensemble du territoire. Non seulement ils améliorent les conditions de travail, le rendent moins routinier, mais en automatisant les procédures standard, ils permettent de concentrer les ressources humaines là où il y a le plus de risques de fraudes. L’informatisation garantit-elle le zéro fraude aux frontières ? Avec ses 3 000 km de côte, Madagascar est l’un des territoires au monde les plus difficiles à protéger. Nous, à notre échelle, proposons le meilleur de la technologie des scanners pour détecter les marchandises illicites. Nous utilisons notre base de données pour connaître l’âge des véhicules GasyNet d’occasion et l’estimation de en chiffres leur valeur réelle taxable. Ce Création : 2007 ne sont que quelques exemples Actionnariat : Société des moyens mis en œuvres pour générale de surveillance éviter les irrégularités. Dans ces (SGS) 70 % État 30 % niches que nous contrôlons, la Investissement marge de manœuvre de fraudeurs (TradeNet) : 15 millions s’est considérablement réduite, de dollars ils ont beaucoup plus de chances 160 employés de se faire prendre qu’avant. 99 % du volume des Mais en dehors des points de opérations d’importation dédouanement officiels, bien des couverts (2012) choses nous échappent. D’autant Augmentation de 25 % qu’il n’y a pas d’infrastructures des recettes douanières (2011) pour surveiller ces frontières. C’est un combat de longue haleine. Durée du dédouanement Propos recueillis par Solofo Ranaivo Contact sur www.nocomment.mg
maritime : 72 heures
Durée du dédouanement aérien : 24 heures
MÉtiers Chaque année, en décembre, Andry ressort son grand manteau rouge, son bonnet à pompon et sa barbe blanche. Tout le mois durant, le temps d’une photo, il sera père Noël à Analakely. Star des bambins, rêve d’enfance des parents et en plus pas mal payé… que du bonheur !
des fêtes de fin d’année est un cadeau pour lui. Pas comme un gamin qui attend la visite du père Noël. Plutôt comme quelque Lun ’arrivée qui sait qu’il va gagner un maximum de mbola en ce mois béni de
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décembre. Car chaque année, à l’approche de la Nativité, Andry joue les pères Noël de rue à Analakely ou Ambohijatovo. Sans avoir la riche bedaine du bon Santa Klaus (il faut croire que le régime alimentaire n’est pas le même en Laponie qu’à Madagascar), c’est lui qui pose en costume traditionnel rouge et blanc avec les enfants, le temps d’une photo. « Il y en a plein qui ne sont pas crédibles dans ce rôle. Moi, j’ai un costume de qualité que ma femme m’a cousu. Je suis un Père Noël en bottes, pas en baskets », précise-t-il. Face à lui, son coéquipier Rova, le photographe qui immortalise la rencontre. Dès qu’un gamin croise le stand, c’est toujours la même réaction : « Oh regardez, c’est lui ! » « A-t-il été gentil cette année ? », demande Andry aux parents, forcément un peu émus car c’est quand même le père Noël de leur enfance. Sans attendre leur réponse, il emporte le bambin sur ses genoux et lui parle de sa grosse voix de gorge (les hivers lapons ne sont pas bons pour les cordes vocales), tandis que Rova compte jusqu’à trois. Clic ! La photo est faite. Le cliché est proposé à 1 000 Ar, le tirage papier à 230 Ar. Pour sa prestation, Andry empochera 250 Ar.
Père Noël d’un mois
Pas mal pour une minute de travail. D’autant que la foule ne désemplit pas avec le grand bazar de Noël qui donne une allure de fourmilière à Analakely. Beaucoup de familles qui viennent des régions et qui montent à la capitale juste pour l’occasion. Se faire photographier avec le père Noël, ça ne se refuse pas. Pour Andry, c’est juste une activité d’appoint. De son vrai métier, il bosse dans un cybercafé, rien à voir ! « Ca me permet d’empocher quelques billets de 10 000 Ar supplémentaires dans le mois. Juste de quoi m’offrir quelques bières la nuit de la Saint Sylvestre », explique-t-il. Plus pour le plaisir en somme, car luimême n’a jamais rencontré le père Noël dans son enfance, d’une certaine façon il se rattrape. Un rôle qui n’est pas toujours facile à tenir. « Les enfants peuvent poser des questions très déstabilisantes : Pourquoi tu parles malgache si tu viens de Laponie ? C’est quoi
ton adresse mail ? Ou te tirer la barbe pour voir si ce n’est pas une fausse. Sinon ce sont toujours les mêmes questions : T’es venu comment ? Où sont tes rennes ? Moi, je réponds que je suis venu en avion, comme tous ceux qui arrivent du pôle Nord et que je ne sors les rennes que le 25 décembre… » Pendant que les parents glissent le billet au photographe, Andry continue à distraire l’enfant pour qu’il ne s’aperçoive pas que derrière tout cela, il est bien question d’argent. « Il ne faut pas décevoir un enfant, le rêve c’est sacré », estime-t-il, dégoulinant de sueur sous sa barbe de coton. Ce soir, pour rentrer chez lui, il n’aura ni chariot, ni rennes, ni grelots, juste son vieux vélo et sa sonnette qui fait dring-dring. Solofo Ranaivo Contact sur www.nocomment.mg
Jasminah Rasoanarivo
À l’occasion de la Journée mondiale du sida célébrée le 1er décembre, l’association PSI (Population Services International) Madagascar rappelle que si la pandémie est relativement maîtrisée chez nous, il convient de ne pas baisser la garde. Parole à Jasminah Rasoanarivo, coordinateur du programme de prévention.
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PSI s’appuie sur le marketing social pour lutter contre le VIH/sida… Comme organisation médicale mondiale implantée à Madagascar depuis 1998, nous utilisons les principes du marketing pour favoriser l’accès des populations à toutes sortes de produits ou services de santé. Fin novembre, dans le cadre de la lutte contre la malaria, nous avons orchestré une campagne de distribution de moustiquaires gratuites dans l’est du pays. Contre la pandémie du sida et les infections sexuellement transmissibles (IST), nous mettons à la disposition du public des préservatifs vendus 200 ariary le lot de trois, là où un seul préservatif coûterait normalement 5 000 ariary. Cela est possible grâce à l’implication de nos bailleurs qui nous fournissent en préservatifs Protector Plus, mais aussi en préservatifs féminins Feeling ou en kits de traitement des IST. Où en sont les chiffres du sida ? La prévalence du VIH a toujours été et reste basse dans notre pays :
ASsos 0,4 % pour les adultes de 1549 ans selon les derniers chiffres. Nos activités de prévention et de traitement concernent donc surtout les groupes à risque, à savoir les femmes enceintes (0,09 %), les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ou HSH (14,7 %), les professionnelles du sexe (0,29 %) et les consommateurs de drogues injectables (7,1 %). On vise aussi les jeunes sexuellement actifs de 15 à 24 ans qui souffrent d’un manque patent d’information. Les préservatifs ne sont pas distribués gratuitement, car on estime que pour que les gens prennent conscience de leur valeur, il faut qu’ils mettent un minimum la main à la poche. Comment se passe la sensibilisation sur le terrain ? Nous recrutons des « pairs éducateurs » qui ont pour rôle de sensibiliser les autres. Ce sont des jeunes, des HSH ou même des travailleuses du sexe qui agissent sous la conduite d’un superviseur. À l’heure actuelle, ils sont un peu moins d’une centaine, mais leur nombre évolue en fonction de nos financements et de nos objectifs. Par exemple, nous avons trois équipes pour s’occuper des travailleuses du sexe sur la capitale. Nous agissons sur toute l’île, avec un bureau dans chaque région. Nous avons également un service de dépistage en collaboration avec des médecins privés dans le cadre de la franchise Top Réseau. Notre objectif est que le leitmotiv de la campagne mondiale antisida 2011-2015 « zéro décès lié au sida » soit une réalité à Madagascar.. Recueillis par Joro Andrianasolo
Sida : Prévalence basse, mais prudence
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La super mare aux grenouilles !
Toamasina
Nature
Pas plus grande qu’un mouchoir de poche, la forêt de Betampona recèle la plus forte concentration de grenouilles au monde : 76 espèces différentes évoluant sur 2 228 hectares, dont 36 découvertes cette année. Quasiment le même nombre qu’au Canada et aux États-Unis réunis. J'y croâ pas !
Group (ASG). Une île rêvée pour les chercheurs, car « sur les 6 190 espèces d’amphibiens répertoriées dans le monde, 4 % sont strictement endémiques de la Grande Île ». C’est le cas de la grenouille tomate (Dyscophus antongilii), de la rainette dorée (Mantella aurantiaca) ou de la grenouille arc-en-ciel (Scaphiophryne gottlebei) qui font l’admiration des ’est dans la petite forêt de amateurs du monde entier. Quant aux Betampona, sur la côte Est, que 36 nouvelles espèces découvertes cette deux spécialistes des batraciens, l’un année à Betampona, il est encore trop Italien, l’autre Malgache, ont mis la tôt pour en tirer des conclusions, car main sur la « mare aux grenouilles » la elles sont toujours en phase d’examen : plus extraordinaire qui soit : pas moins « Elles sont toutes du genre Platypelis, de 76 espèces coassant ensemble sur mais il reste encore pas mal d’études à un espace d’à peine 2 228 hectares, faire sur leurs structures épidermiques, dont 36 totalement inconnues jusqu’à formes, leurs couleurs d’avertissement ou leurs ces derniers mois ! « Betampona, comme Ambatovaky et leurs mimétiques pour s’assurer qu’il s’agit vraiment Masoala, est une de ces forêts pluviales de basse altitude de colonisations nouvelles. Une chose est sûre, c’est une découverte la côte Est dont on sait qu’elles abritent quantité d’espèces d’espèces à mettre au crédit de l’incroyable biodiversité de d’amphibiens encore à découvrir. Comme Blommersia capitale souligne le scientifique italien. Qu’on en angolafa, observée pour la première fois en 2010, une espèce Madagascar », l’énorme continent nord-américain ne recèle à lui mesurant 17 à 21 mm qui trouve refuge dans les feuilles juge : seul, Canada et États-Unis réunis, que 88 espèces de mortes des palmiers », explique Franco Andreone, un des tout pour une superficie un million de fois supérieure chercheurs de la réserve naturelle intégrale de Betampona : grenouilles à Betampona ! « intégrale » car uniquement ouverte aux scientifiques. « Un milieu très riche en amphibiens veut dire qu’il Président de la Société internationale pour l’étude et la relativement intact, mais pour combien de conservation des amphibiens (ISSCA), il est également est coordinateur à Madagascar de l’Amphibian Specialist temps ? », s’interroge Franco Andreone. La forêt de
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Betampona est en effet à proximité des terres cultivées, lesquelles s’avèrent polluantes et menaçantes pour les amphibiens du fait de la déforestation et de la pratique du tavy (culture sur brûlis). C’est tout l’objet du Sahonagasy Action Plan que l’ASG est en train de mettre en œuvre avec l’appui du gouvernement malgache. « Parmi les mesures les plus importantes, il y a l’information aux populations rurales, via notamment les écoles, pour que la conservation des amphibiens soit vraiment l’affaire de tous », explique le chercheur italien. La moindre des choses, s’agissant tout de même de la plus ancienne classe d’animaux terrestres, sortie des eaux il y a 370 millions d’années, mais pondant toujours en milieu aquatique. La forêt abrite également onze espèces de lémuriens dont l’avenir ne laisse pas de préoccuper les chercheurs : notamment pour le lémur noir et blanc à crinière (Varecia variegata) aujourd’hui en danger de disparition. Betampona est enfin considérée comme un « haut lieu » botanique avec vingt des cent plantes malgaches les plus menacées. Un sanctuaire biologique unique dans un pays qui a laissé disparaître un million d’hectares de forêts ces vingt dernières années… Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg
Tsinjoriake Difficile d’imaginer toutes les étapes qui vont conduire au classement d’un site naturel en aire protégée, puis de cette zone de conservation de la biodiversité en un véritable produit touristique. Aux portes de Tuléar, la NAP (Nouvelle Aire Protégée) Tsinjoriake vient de s’ouvrir à l’écotourisme. Visite guidée.
epuis 2009, la coopération internationale allemande GIZ, dans le cadre de son Programme germano-malgache pour D l’environnement, a multiplié les études afin d’assurer la bonne gestion d’une zone de plus de 5 000 hectares qui englobe la
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Une aire nouvelle pour l’écotourisme
majestueuse « Montagne de la table », imposant monument naturel qui domine une bonne partie du littoral sud-ouest malgache. Recensement de la biodiversité, identification des zones de restauration prioritaires, renforcement des capacités de l’association villageoise Tamia gestionnaire de l’aire, en ont constitué les principales étapes. Ces derniers mois, des initiatives ont été prises afin d’accueillir les visiteurs dans les meilleures conditions : aménagement des circuits, formation des guides, organisation de l’accueil, réalisation de différents supports d’information et de promotion. Jusqu’au mois de mars 2013, ce plan d’actions va demeurer d’actualité qu’il s’agisse de formation en français sur objectifs spécifiques du personnel d’accueil et des guides ou de la promotion auprès des professionnels du tourisme dont, principalement, les tours opérateurs réceptifs malgaches. Cette zone, idéalement située aux abords immédiats de la RN7, mérite tous ces efforts. Classée dans la catégorie « monument naturel et paysages harmonieux protégés », cette aire justifie largement son appellation. Les sites sont, en effet, littéralement à couper le souffle… court du visiteur qui aura eu à gravir quelques pentes afin d’accéder, en premier lieu, au sommet de la « Montagne de la table » d’où l’on jouit d’une vue
Toliara
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exceptionnelle à 360° sur l’arrière-pays et le littoral sud-ouest. Les deux stations balnéaires d’Anakao au sud et d’Ifaty au nord s’offrent alors au même regard. Les falaises qui bordent la baie de Saint-Augustin et la mangrove qui jouxte le port de Tuléar venant compléter cette vue panoramique grandiose. Ce circuit propose, en outre, une originale thématique « plantes médicinales » tant cette montagne (Andatabo en malgache) constitue un authentique réservoir d’une flore aux multiples vertus thérapeutiques. L’aire protégée de Tsinjoriake se prolonge en une frange littorale jusqu’aux portes de Saint-Augustin. Le circuit des grottes permet de s’imprégner des rituels animistes, très pratiqués dans la région, notamment au sein de la grotte de Binabe et de parcourir dans les alentours de la grotte de Sarodrano, un sentier escarpé qui traverse une petite forêt de « moringa ». Aux premières lueurs du jour, la presqu’île sablonneuse de Sarodrano apparaît, tel un mirage, dans les eaux turquoise bordées de palétuviers. Le fourré xérophile (végétation basse composée d’espèces particulièrement adaptées aux sols secs) d’où émergent de magnifiques euphorbes coralliformes, est peuplé d’une
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très riche avifaune. On peut rencontrer ici, en l’espace d’une matinée, sept des dix espèces d’oiseaux totalement endémiques du sud malgache. Nul ne s’étonnera de croiser alors des ornithologues venus du monde entier dans ce véritable sanctuaire de la nature. Pour eux, la rencontre avec le rarissime red shoulder vanga représente leur nirvana ! L’approche de l’algoculture constitue un autre circuit qui mène jusqu’aux plages de Sarodrano. Après avoir observé des centaines de femmes « agricultrices » immergées dans le lagon et avoir été initiés aux secrets du bouturage des algues, les visiteurs pourront profiter des joies de la baignade aux heures les plus chaudes de la journée. Il est ensuite vivement conseillé de rejoindre, en fin d’après-midi, la baie de Saint- Augustin. Le village, blotti entre ses falaises, à l’embouchure du fleuve Onilahy, est toujours très animé. Les Tanalana et Masikoro y échangent au marché patates douces et maniocs contre l’odorant poisson séché des pêcheurs Vezo. Le circuit Barn Hill qui conduit aux hauteurs qui dominent toute la baie est des plus spectaculaires. Noyé dans une végétation épineuse où les élancés Alluaudias rivalisent avec les imposants Kalanchoes grandidieri, l’on peut assister au retour des pêcheurs qui, toutes voiles déployées, foncent sur l’immense plage à l’orbe parfaite. Au soleil couchant, lorsque les falaises s’embrasent et que la mer se pare d’un bleu profond, on éprouve le sentiment d’assister à la naissance du monde. Même émouvante impression en surprenant des centaines de flamants roses qui séjournent à longueur d’année à proximité de la mangrove qui borde l’embouchure du fleuve Onilahy. La traversée en pirogue à voile traditionnelle, jusqu’à cette forêt de palétuviers, qui se fraye un chemin parmi celles qui ramènent toutes sortes de denrées du Sud profond, est « haute en couleurs ». Un espace naturel bien vivant où s’exerce une réelle interaction entre homme et environnement, à découvrir de toute urgence et, désormais, de manière incontournable lorsque l’on se rend dans les contrées les plus méridionales de l’île continent. Textes et photos : Richard Bohan
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Belo sur Mer
Un goût de paradis
Depuis le cyclone d’il y a quatre ans qui a dévasté le village, Belo sur Mer s’est patiemment reconstruite. Aujourd’hui, c’est l’une des étapes touristiques les plus prisées de la région. Plongée sous-marine, kitesurf, visite des baobabs bouteilles, qui a dit qu’on s’ennuyait à Belo ?
elo sur Mer il y a à peine quinze ans regorgeait de poissons : thons, requins, concombres de mer… Dans le seul bar de B l’époque « Chez Zézé » on dansait et buvait le fruit de la pêche.
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De Morombe à Morondava les pêcheurs et les acheteurs s’y retrouvaient dans une ambiance déchaînée. Imaginez que les commandes de boissons se faisaient par cageots ! Aujourd’hui la situation est toute autre. Malgré les gros efforts
de l’Angap, 75 % du parc sous-marin a été décimé. Le droit de passage octroyé à certains crevettiers au large des cinq îles qui bordent Belo sur Mer a permis à ces bateaux-usines de pécher très gros. Sans doute trop gros et trop vite. Sans trop se soucier de l’avenir des petits villages côtiers. Après le cyclone d’il y a quatre ans qui a soufflé à plus de 300 kilomètres heure, Belo a été totalement reconstruite pour devenir aujourd’hui cet Éden de zénitude. Repartie de zéro, Belo sur Mer est actuellement une véritable étape touristique. Que l’on y accède en 4X4, en boutre, en pirogue ou bateau à moteur, ce petit village de pécheurs de 2 000 âmes ressemble de très près à ce que chacun peut s’imaginer du paradis. Sur place, les infrastructures sont adaptées à toutes les bourses.
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Leurs propriétaires, quand on les interroge, sont tous amoureux du cadre et défendent bec et ongles leur village. Il faut dire que les critiques un peu dures et surtout mal fondées de certains guides de l’époque ont fait du tort à Belo. Ces dernières sont aujourd’hui balayées par un souffle nouveau, une dynamique basée sur l’accueil et le respect. Qui disait que l’on s’ennuyait à Belo sur Mer ? Aujourd’hui, il y a l’embarras du choix entre la sortie en pirogue sur les îles Nosy Andravoho ou Nosy Andriangary ou la visite des salines dont la fleur de sel dépasserait en qualité celle de Guérande, assurent les connaisseurs. Et pourquoi pas une plongée sous-marine, une virée en kitesurf, la visite d’une forêt de « baobabs bouteilles » à dix kilomètres du village, ou tout simplement sur place la visite du chantier naval de boutres… Si au large quelques baleines font le show, c’est pour dire qu’il vous reste encore une balade dans la mangrove à faire et une langouste à déguster devant les goélettes rouges et bleues sur fond de coucher du soleil. Philippe Bonaldi
M asianaka
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Atsimo Atsinanana
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Entre Farafangana et Fort Dauphin, tous les quatre ans, une vaste fête honore les origines du peuple Masianaka, descendant des amours tumultueuses entre un pêcheur et une sirène.
bien longtemps, dans le petit village de Masianaka, coincé entre une lagune et un fleuve encore plus grand, loin vers le Sud, vivait un grand Ijeunelvastey ahomme aux yeux sombres. Il s’appelait Rahofo. Certains racontent qu’il descendait de voyageurs arabes, venus de La Mecque par la mer. Comme son père et son grand-père aussi, il était pécheur : ils péchaient les bichiques dans la mer, les anguilles dans la lagune, les tilapias, les tondro gazy et les marakely dans la rivière. Un jour de grand vent, une fille des eaux aux longs cheveux se prit dans ses filets. Ils tombèrent fous d’amour. Rakembarano, l’ondine, quitta la mer pour rejoindre Rahofo dans son village. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le couple, usé par le temps, finit par se déchirer. La sirène un soir de violente dispute, s’enfuit avec ses enfants et plonge avec eux dans les eaux sombres du fleuve. Mais ne devient pas sirène qui veut : l’un de ses fils manque d’air, remonte à la surface, suffoquant et retourne chez son père. Survivant de ces amours magiques, il est aujourd’hui considéré comme l’ancêtre de la tribu des Masianakas. Sa mère, la tempétueuse Rakembarano, serait toujours en vie, réfugiée sous un rocher isolé du fleuve. Tous les quatre ans, à la fin du mois d’août, une cérémonie rituelle, le soroba masianaka, rend hommage à la sirène génitrice et rappelle la légende du peuplement de cette région au sud de Vangaindrano. Un vaste festin rassemble alors des centaines de personnes venues célébrer la sorobazazavavindrano, la « fille des eaux », ondine ou sirène, considérée non comme un génie maléfique qui envoûte les hommes, mais comme le lien entre le naturel et le surnaturel, entre les hommes et l’au-delà.
Le repas de la sirène
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Pendant trois jours, sous l’œil bienveillant du roi Masianaka Manoa, descendant direct de Rahofo, on mange du riz, sur et avec des feuilles, on boit, on chante, on danse et on s’affronte dans des courses de pirogues ou des matches de foot. Et surtout on nourrit la sirène : après un rituel au pied d’un arbre sacré, deux jeunes gens forts et choisis pour leur nom harmonieux, déposent sur son rocher le soroba, un plat préparé à son intention, composé de vary sosoa et de poisson. Des traditions vivantes pour des origines mythiques, loin des débats de savants sur les origines du peuplement malgache. Bénédicte Berthon-Dumurgier Photos : Pierrot Men
COUSINS/COUSINES
La Réunion
Retour à Ambatonazaka
consultant en informatique, ou simplement pour faire la fête avec ses amis. Mais aussi comme rat des champs quand il quitte la ville à son adolescence pour intégrer un petit village de Métropole avec sa famille. S’il grandit dans la campagne française, il a conscience d’appartenir à un réseau mondial : dès qu’un événement familial survient, le téléphone malgache véhicule l’information aux quatre coins du monde. Son parcours de vie, il le doit à la réputation des Malgaches, à son éducation et à son charisme naturel. En 1996, il décide de partir seul, pour la première fois depuis son enfance, dans le village d’Ambatonazaka. Le choc. Il redécouvre ses racines qu’il connaissait peu. À l’aéroport tout d’abord, trois voitures l’attendent. Toute la Christophe Ramahazofaritra a grandi en Métropole au milieu famille veut le voir. Dans sept maisons d’Ambatonazaka, une oie est des avions, dans une base aérienne de Dijon. Il n’a jamais en train de cuire. L’électricité et l’eau courante ont disparu, et son vécu à Mada mais son voyage initiatique à Ambatonazaka pèlerinage l’amène jusque sur les tombeaux familiaux. Christophe sur les traces de ses ancêtres l’a marqué à tout jamais… s’est consciemment rapproché de Madagascar en s’installant il y a 10 ans à La Réunion. Pourtant, il n’y est pas revenu depuis. a capacité d’adaptation et d’intégration de Christophe Quelque chose le bloque… « La dignité c’est de ne pas attendre Ramahazofaritra est inscrite dans son histoire. Le sport a qu’on nous alimente. » Il réfléchit comment aider de manière été pour lui un formidable vecteur de lien social, ainsi que durable toutes les personnes de sa famille. Quand il aura trouvé l’éducation qu’il a reçu et le fait de grandir dans une double le secret de cette quête, il reviendra sur la terre de ses ancêtres. culture. Christophe se qualifie comme rat des villes Julien Catalan quand il s’immerge en milieu urbain en tant que Contact sur www.nocomment.mg
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gastronomie
Interview gourmande « Je ne suis pas un cuisinier, plutôt un gourmand et un gourmet », aime à souligner Nichad Djouma Lila. Pure modestie, car ce qui n’était au départ qu’un spa a été transformé en quelques années en une véritable référence de la cuisine indienne et orientale à Tana.
uand elle ouvre ses portes en 2008, La Medina n’est d’abord qu’un spa disposant d’un petit espace snack. Mais toujours curieux de faire Q découvrir à ses amis les délices culinaires d’Orient, Nichad Djouma Lila,
N ichad
Djouma Lila Propriétaire de La Medina 100
le propriétaire, en vient peu à peu à étoffer sa carte, digne aujourd’hui des plus grands restaurants. « Ce sont eux qui insistent pour que je mette tout ça au menu », soupire-t-il, faussement contrarié mais dans le fond flatté que ses couscous et tajines soient aujourd’hui reconnus parmi les meilleurs de la capitale. Aux fourneaux, des chefs malgaches formés par des chefs de l’Inde et de Maurice pour une cuisine qui fait voyager rien qu’en regardant la carte… Un mot sur votre style… C’est un concept à l’orientale. D’un côté il y a un lounge, de l’autre une salle de restaurant. Le lounge oriental, ce sont des tables et des chaises basses, des coussins même : on peut s’y affaler, fumer la chicha (pipe à eau orientale), y manger à son aise. C’est un concept assez unique ici à Tana. Quels sont vos produits de prédilection ? Au niveau de la cuisine indienne,beaucoup de plats se préparent dans le tandoor (four traditionnel) : une sorte de cruche incrustée dans du ciment et chauffée au charbon. Quand on fait des grillades, on les met à l’intérieur de la cruche et c’est la chaleur qui fait le travail. Pour les naan, le pain indien, une fois la pâte faite, on la jette contre la paroi de la cruche pour qu’elle enfle et cuise tout de suite. Quels sont les ingrédients récurrents de vos plats ? Tout ce qui est épices orientales, la cardamome notamment. La moutarde
est également très utilisée, comme le piment et la cannelle. Toutes nos épices indiennes sont importées. Quel genre de cuisine n’appréciezvous pas ? J’aime tout, je suis très gourmand. Même les fast-foods et les hamburgers ! Votre plat favori ? Le couscous, le plat incontournable du Maghreb. J’adore ça, ma femme en faisait à la maison et quand le restaurant a été créé, on l’a mis au menu. Ca a bien marché, finalement… Votre boisson préférée ? Sans surprise, le thé à la menthe ! À quelle fréquence modifiez-vous votre carte ? Il n’y a pas de rythmes saisonniers, mais des nouveautés tous les deux ou trois mois. Le couscous et le tajine ne sont proposés que les week-ends, du vendredi au dimanche. Leur préparation est difficile, elle se fait 24 heures avant. On pourrait très bien expédier un couscous en dix minutes, mais ça ne serait pas aussi bon. C’est cette exigence qui fait que nos clients reviennent d’une semaine à l’autre. C’est pour ça d’ailleurs qu’on ne
change pas trop notre carte… Comment vous y prenez-vous pour créer vos plats ? Quand j’en ai marre de manger ce qu’il y a à la carte, j’essaie d’imaginer autre chose. Mais comme je ne suis pas cuisinier, j’explique à mes chefs ce que j’ai en tête. Au bout de deux ou trois essais, ça finit toujours par donner quelque chose. Votre recette du moment ? Le Chicken Ticka Massala avec du riz en accompagnement. C’est du blanc de poulet macéré pendant 24 heures et devient rouge comme le poulet tandoori, ensuite il est grillé et préparé avec de la crème fraîche et servie ensuite avec du riz ou un naan. Votre actualité ? La Medina est ouverte de 10 heures du matin jusqu’au soir et nous servons à manger en continu, même si dans l’après-midi, après 15 heures, certains plats ne sont plus vraiment faisables. Mais nos sandwiches grecs sont préparés à toute heure et nous comptons ajouter de la cuisine libanaise à notre carte d’ici début janvier 2013. Propos recueillis par Joro Andrianasolo
Recette du mois : Poulet Tandoori à la bière
Ingrédients 1 cuisse de poulet, 1 pot de yaourt, 1 pincée d’épice tandoori, 2 cuillerées à café de citron, 1 cuillerée à café de purée d’ail, 1 cuillerée à café de gingembre, 1 cuillerée à café de purée de tomate concentrée. Préparation • Prendre une grosse cuisse de poulet bien nettoyée et salée légèrement. • Mélanger l’ail, le gingembre, le citron, le yaourt, la purée de tomate, l’épice tandoori et 3 cuillerées à soupe de bière Skol. • Faire macérer la cuisse dans un récipient et le couvrir d’un film protecteur puis laisser reposer au réfrigérateur environ 24 heures. • Pour la cuisson, préchauffer le four ou le tandoor à 180/200 ° et laisser cuire entre 10 et 15 minutes. • Dresser le poulet tandoori dans une assiette, accompagné de préférence avec de la salade verte et/ou des frites, sans oublier la sauce Chutney (coco râpé, piment vert, pistache poudre, yaourt, coriandre, menthe…
Par Nichad de La Medina
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gastronomie
Propositions gourmandes par Couscous royal 4 viandes – Thé à la menthe
Lolly Pop avec Naan Fromage
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par Nichad Djouma Lila de La Medina Biriani Rajastani Mouton – Lassi (yaourt indien)
Kulfi (glace indienne à la cardamome)
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Le vin du mois
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L’avis de l’œnologue « Un clin d’œil particulier à ce vin chilien Vina Maipo Sauvignon pour ce mois de fêtes de fin d’année. Il s’agit d’un vin de cépage issu de la gamme sélection variétale, produite par la prestigieuse Maison Concha Y Toro dans la vallée centrale proche de la capitale chilienne Santiago. Traversée par le fleuve Maipo, cette vallée est un terroir de prédilection avec son climat de type méditerranéen tempéré et son sol alluvial peu fertile, propice à un épanouissement d’une viticulture irriguée naturellement par le Maipo. Ce cru 2011 est sec, très aromatique avec une grande finesse ; il exprime bien sa note de pierre à fusil au nez, caractère organoleptique spécifique au Sauvignon. Bref, il saura accompagner merveilleusement vos plateaux de fruits de mer, votre foie gras, vos douceurs festives. A servir bien frappé ! » Isabelle Rakotozafy
Vi na M ai po Sa uv ig no n 20 11 Bénédicte de La Boussole « Lors du lancement récent de la gamme Maipo, nous avons sélectionné Le Carmenere Cabernet-Sauvignon pour le vin rouge et avons eu un coup de coeur pour le Sauvignon blanc sélection Variétal. Ce vin blanc originaire du Chili, à la robe jaune vert révèle un caractère intense , relevé et très aromatique. Très apprécié frappé à l’apéritif par notre clientèle, ce vin accompagne merveilleusement nos plats à base de fruits de mer et de poisson. Bien que de millésime récent (2011), ce vin est devenu à La Boussole une valeur sûre de plus en plus appréciée par notre clientèle. »
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
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Le cocktail du mois
Heure
de douceur
Il n’y a pas vraiment d’heure pour la douceur, mais si vous avez peur d’être en retard, pas de panique : à la gare de Soarano il y a une grosse horloge qui compte le temps pour vous. Il y a aussi L’Horloge, au premier étage, le nouveau bar lounge live club de la capitale où siroter de délicieux cocktails entre deux tours de piste. Pas une minute à perdre. Avec modération bien sûr ! Ingrédients • 2 cl de triple sec • 4 cl jus ananas • Champagne Lanson • Trait de sirop de fraise Préparation
de L’Horloge
Verser directement dans une flûte à champagne bien givrée. Mélanger la fraise, la pêche, l’ananas et le champagne… tout en douceur. C’est prêt !
L ' abus d ' alcool est dangereux pour la santé , à consommer avec modération .
Bertil Åkesson
(Chocolat Åkesson’s)
Dans la famille Åkesson, je demande le fils. À 42 ans, ce jeune homme de bonne famille très active dans le négoce des produits agricoles et miniers n’entend pas se contenter d’être un héritier. À la saga familiale ouverte à Madagascar depuis 1978, il a su apporter un savoir-faire de plus, la culture d’un des meilleurs cacaos du monde, suivi depuis trois ans d’un chocolat de réputation internationale.
Au sein du groupe Åkesson (Sagi), on peut dire que le cacao est devenu avec les années votre signature personnelle… Il faut d’abord noter que nos activités de plantation dans le Nord, là où se trouvent les cacaoyers, ont débuté assez tardivement, en gros dans les années 1990. Jusque-là, mon père Carl Gustaf Bertil Åkesson, le fondateur du groupe, s’était plutôt concentré sur l’exploitation du sisal et de produits minéraux comme le graphite et le mica. Suédois de naissance, il avait eu l’opportunité de racheter en 1978 divers domaines issus de grandes sociétés de la période coloniale, d’où notre implantation à Madagascar. Personnellement, c’est en 2003 que revenu sur la Grande Ile pour l’aider dans ses activités, j’ai commencé à m’intéresser au cacao, et depuis 2007 je m’y consacre en totalité via la société Somia, avec en annexe un peu de café et de poivre puisque ce sont les mêmes aires de culture. C’est un monde qui me plaît, un monde de passionnés avec un authentique art de vivre.
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La qualité malgache
gastronomie En quelques années, vous réussissez le coup de force d’installer Madagascar sur la carte mondiale du chocolat… A partir de 2004-2005, on a commencé à développer la qualité de nos fèves en s’intéressant plus spécifiquement à la fermentation. Jusque-là les paysans malgaches ne pratiquaient pas cette opération. Or, c’est un processus indispensable pour révéler les arômes du cacao. Cela nous a permis d’attirer de grands chocolatiers comme Valrhona qui a commencé à acheter nos fèves et à asseoir assez rapidement la réputation de Madagascar. Aujourd’hui, le pays est considéré comme l’une des meilleures terres à cacao du monde, notamment Abanja et la vallée du Sambirano où se trouve notre plantation. On y cultive les trois grandes variétés de cacao : du criollo, le cacahuatl des anciens Aztecs considéré comme le must, du forastero d’Amazonie et du trinitario qui est un hybride des deux. Personnellement, j’ai un faible pour le forastero avec ses notes boisées de tabac et de feuilles mortes. Que représente le cacao au sein du groupe ? On est vraiment dans du petit volume, mais de haute qualité. Un peu comme quand on parle de grands crus pour les vins. Sur les 2 000 ha de la plantation, le cacao occupe peut-être un tiers de la surface, loin derrière l’ilang. En production annuelle, c’est environ 300 tonnes de trinitario, 2 tonnes de criollo et une vingtaine de tonnes de forastero. Pour ce dernier, j’exploite aussi depuis 2009 120 ha de cacaoyers au Brésil qui me donnent 86 tonnes de fèves, pas plus. Notre spécificité est qu’on approvisionne uniquement les grands artisans chocolatiers et les plus grands chefs : Domori, Castagna, Bonnat en Europe, Amano, Patric ou The Mast Brothers aux États-Unis, sans oublier l’Australie et le Japon. On est deux à Madagascar sur ce créneau de la qualité. Le reste de la production malgache, soit 5 000 tonnes par an, c’est pour la grosse industrie. Soit toute la différence qui peut exister entre un Bordeaux et un vin de table d’assemblage divers… De fournir les grands chocolatiers va vous donner l’idée de faire vous-même votre chocolat… En apprenant à composer le goût des fèves, j’ai voulu donner à mon tour mon interprétation du chocolat. C’est un projet qui m’occupe depuis 2004, mais la marque Åkesson’s n’est sur le marché que depuis févier 2009. Pour l’instant j’ai huit tablettes en production, dont
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quatre sont faites exclusivement à partir de produits malgache : un chocolat noir certifié bio à 75 % de criollo et trois chocolats au poivre (sauvage, noir et rose) à 75 % de trinitario. L’idée était tout simplement d’utiliser les lianes de poivres qui poussent sur les arbres d’ombrage protégeant les cacaoyers du soleil. Ma signature, ce sont ces produits de plantation que je mets en commun. Avec mon cacao du Brésil, en plus d’un cru à 75 % de forastero, je propose un chocolat combiné à du café. En Indonésie enfin, je me fournis auprès d’une coopérative amie qui me permet de fabriquer un chocolat à 75 % de trinitario et un chocolat au lait réalisé avec du sucre de fleur de cocotier et de la fleur de sel de Bali. Ces chocolats sont d’ailleurs les premières tablettes d’origine balinaise réalisées en Europe. Car Åkesson’s, curieusement, n’est pas une marque malgache… La société est enregistrée en Suisse et le chocolat est fabriqué en France sur les machines d’un de mes clients. Tout simplement parce que je reste d’abord un planteur. Le chocolat par lui-même ne représente que quelques tonnes par an, à peine 10 % de mon chiffre d’affaires par rapport au cacao. Si j’ai choisi la France pour le fabriquer, c’est que je me sens plutôt dans cette tradition chocolatière, un peu différente de celle des États-Unis, mais par mes plantations il est aussi malgache… Mon but est uniquement de promouvoir un chocolat de qualité dans une industrie où 75 % du cacao est transformé par quatre multinationales et destiné la grande distribution. Un marché où il est difficile pour un artisan de se faire sa place. Un chocolat haut de gamme coûte 4 à 5 euros ; en proposant le leur à
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1 ou 2 euros la tablette, les grands groupes industriels ont sciemment cassé les prix. En attendant, Åkesson’s marque des points à l’international… En 2011, pour notre première participation à l’Academy of Chocolate World à Londres, on a reçu la médaille d’or pour notre cru brésilien et deux médailles d’argent. En 2012, c’est Madagascar qui a décroché l’or aux International Chocolate Awards pour le meilleur chocolat bio. C’est très encourageant pour nous et pour la Grande Ile dont nous mettons les produits en valeur. Je pense déjà à d’autres mélanges, comme le combava ou l’ilang. Egalement à faire du chocolat à boire d’ici 2013 avec de la poudre de cacao. Peut-être aussi du chocolat blanc… Et le marché malgache ? J’ai choisi de me positionner sur l’international avec des boutiques Åkesson’s actuellement dans 16 pays, et je réfléchis à un point de vente ici. Malheureusement, le haut de gamme est peu porteur à Madagascar, trop cher et encore trop loin des habitudes de consommation. Mais il y a des signes qui montrent que ça bouge. À cette heure, s’il n’y a que deux chocolatiers qui travaillent la fève de cacao pour le marché intérieur : Robert et Sinagra, on constate que c’est autant qu’en Belgique et donc plutôt bon signe. Ils ont nettement poussé la qualité et aujourd’hui ils n’ont pas peur de développer des marques à l’international pour les épiceries fines, notamment sur le marché américain. La qualité malgache est bien au rendez-vous. Propos recueillis par Alain Eid
R avintsara Wellness
Wellness Hotel, concept innovant à Madagascar. On s’imagine les massages et autres soins du corps. Au Ravintsara Wellness Hotel, inauguré le 10 novembre à Nosy Be, le bien-être est une philosophie plus intimiste.
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’immerger dans la nature ». C’est l’invitation du Ravintsara Wellness Hotel. Semés au milieu de cinq hectares de plantes représentant une partie de l’impressionnante flore de Madagascar, ses 20 bungalows se fondent dans l’environnement en adéquation avec le patrimoine naturel de l’île. Le flot apaisant d’un ruisseau irrigue cette forêt verdoyante. C’est là que commence le bien-être. En malgache, ravintsara veut dire littéralement « belle feuille ». Avec cette végétation omniprésente, le nom de l’hôtel est bien choisi. On raconte que sa construction serait partie d’un simple plan dessiné dans la terre avec un bout de bois. Comme pour témoigner de sa symbiose parfaite avec la nature. Ses branches nous conduisent vers des nids
Nosy Be
SoRTir
minutieusement tissés pour une expérience immersive. Chaque bungalow est aux couleurs d’une région de la Grande Île : Morondava, Toliara, l’Imerina ou encore Sainte-Marie y sont représentés. Un texte raconte l’histoire de ses régions. « Notre conception 100 % malgache donne un aperçu de Madagascar, nos visiteurs voyagent déjà quand ils sont ici », explique Hervé Rabehanitriniony, propriétaire des lieux. Madagascar se découvre aussi en cuisine. Des cours sont destinés aux clients qui veulent apprendre à cuisiner malgache. Pour Hervé Rabehanitriniony, « le bien-être c’est aussi le plaisir de pouvoir cuisiner un plat qu’on aime, quand on veut ». Bien sûr, le spa et les cabines de massage sont les pièces maîtresses de l’hôtel. Mais au Ravintsara Wellness Hotel, « chaque hôte doit se sentir bien où qu’il soit ». Pour Hervé, « le plus important, c’est les relations humaines ». Ainsi, il mise sur le légendaire « accueil malgache pour pallier » les éventuelles lacunes dans le service. Des gestes et des attentions qui font la différence - c’est en posant la main sur le cœur que les employés saluent les visiteurs de l’hôtel. La nature, l’échange, les traditions, tels sont ingrédients du bien-être au Ravintsara Wellness Hotel pour stimuler les cinq sens.
Le bien-être dans tous les sens
Stéphane Huët Contact sur www.nocomment.mg
ESsai de stars
Toujours sur la route, Dama, membre mythique des non moins mythiques Mahaleo, a testé pour nous la nouvelle BYD S6 de Continental Auto. Très proche de la RX de Lexus au niveau du design, la mignonne en également pas mal sous le capot. Et Dama connaît la musique…
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Un moteur en puissance Sous le capot, cette berline de 5 portes de la marque chinoise BYD est dotée d’un moteur à essence de 2.0L 16V 138 ch pour une consommation de 8L/100 km. « Je n’ai pas l’habitude de conduire des voitures à essence, donc j’ai encore un peu de mal. Par contre, je suis étonné par le moteur qu’on entend à
D ama
peine », souligne Dama. La S6 génère 186 Nm entre 4 000 et 4 500 tours par minute en étant équipée d’une traction avant et d’une transmission manuelle à cinq vitesses. Stabilité satisfaisante La S6 possède des freins à disque ventilés sur les quatre roues. Pour un confort impeccable sur route, elle est dotée de suspensions avant et arrière indépendantes de type McPherson. Hors route, sa garde au sol est de 190 mm avec un empattement généreux de 2 720 mm pour un poids à vide de 1 620 kg. « Elle est stable, mais les freins et l’accélérateur sont un peu sensibles à mon goût », estime le chanteur. Sécurité aux normes Au niveau de la sécurité, la BYD S6 est très convaincante. Elle un double airbag SRS et des protections latérales et des freins ABS et EBD. Le petit plus, une caméra de recul qui permet d’éviter tout accident fâcheux. « Je trouve que cette voiture est
idéale pour un trajet entre Tana et Antsirabe ou pour aller sur les routes de Fianarantosa », commente Dama. Des équipements au top Reprenant le style de la RX de Lexus, la S6 est pourtant au top au niveau des équipements. Elle dispose de plusieurs options intéressantes pouvant rendre la conduite agréable que ce soit pour le chauffeur ou pour les voyageurs. Elle est équipée d’une climatisation automatique double zone, d’un écran tactile de 7 pouces, d’un système DVD commande au volant, d’un verrouillage centralisé et d’un système bluetooth. L’ouverture et le démarrage ne nécessitent pas de clé. Mesurant 4 810 m de long et 1 855 de large, la S6 est tout à fait confortable et répond aux besoins des familles.
Pas un bide la BYD S6 !
Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg
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Kamira Instaurer la mode éthique, repenser les savoir-faire et les matières locales, c’est le défi de Karine Rabarijohn. Styliste depuis 2004, elle propose d’autres valeurs à la créativité malgache en imposant le chic 100 % bio aux belles élégantes. Sans voir tout en vert…
elle l’a dans la peau depuis toute petite. Avec un papa styliste lui apprend très tôt les ficelles du métier, le contraire eut été étonnant ! Laquicréation,
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À 27 ans, Karine Rabarijohn est ainsi une femme d’affaires très avertie, en même temps qu’une jeune créatrice soucieuse de l’avenir des matières locales. Sa force de frappe : une boutique, deux ateliers de confection et de prêt-à-porter, de nombreux défilés depuis 2004, une association des créateurs de mode, et sa marque Kamira, très en faveur dans les milieux chic et branchés. Or c’est cette même Karine qui entend aujourd’hui se lancer dans le bio gasy et le commerce équitable. « À Mada, on manque cruellement d’informations sur la mode éthique, je me suis pratiquement formée toute seule. J’ai également suivi des formations en design et en commerce équitable avec la Chambre de commerce pour savoir où je mettais les pieds », explique la jeune femme.
Éthique et toc !
La mode ! Depuis, elle développe le coup de ciseaux éthique et une nette propension à remettre au goût du jour les matières locales : soie, coton et lin malgaches. « Il faut un peu plus se creuser la tête, parce que la soie malgache est un peu difficile à travailler. Mais c’est ça aussi le challenge », estime-t-elle. Toutes ses créations sont 100 % bio, rien de chimique façon « machins de synthèse importés » n’entache la chaîne de fabrication, même si elle reconnaît que « c’est un peu compliqué d’obtenir le label bio au niveau de l’administration ». Son ambition : concurrencer le prêt-à-porter made in China par des produits du « terroir » largement à la hauteur en termes de prix et de qualité. Et pourquoi pas créer un salon du bio qui regrouperait tous les professionnels de la filière « beauté », des accessoiristes aux diffuseurs de cosmétiques ? « Pour moi, un défilé ne tourne pas uniquement autour du vêtement, mais sur tout ce que porte le mannequin, des accessoires au maquillage. » Tout cela devrait permettre très bientôt le lancement d’une ligne de produits bio sous le label Kamira. « Pour le moment, je ne recherche pas la quantité. Je vise plus la qualité, en démontrant qu’on peut être dans des matières locales et être complètement dans la tendance. » Cible visée : la femme active et complètement consciente des enjeux de son époque. Après les fashionistas, les bio-nanas ? Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg
L a fille
La mode !
du père Noël dedicated to Jacques D.
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Photos : Yvan Acker
Sac cuir vernis noir de chez Shamrock femme zoom 125 000 Ar
Robe tunique de chez Fancy boutique 195 000 Ar
Minijupe Irène de chez Trendy 477 900 Ar Top Hoss de chez Trendy 271 900 Ar
Robe de chez Kristel Boutique by Miarivola création 200 000 Ar
Je l´ai trouvée au petit matin Toute nue dans mes grands souliers Placés devant la cheminée Pas besoin de vous faire un dessin De battr´ mon cœur s´est arrêté Sur le lit j´ai jeté mon fouet Tout contre elle je me suis penché Et sa beauté m´a rendu muet
Short jean de chez Arabesque 30 000 Ar
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Top imprimé à cravate de chez On Abi 35 000 Ar
Pantalon de chez On Abi 50 000 Ar Pull rose Natural de chez Océan 30 000 Ar Collier à plume de chez Arabesque 45 000 Ar Chaussures Gorgeous fleuri de chez Jet7 245 000 Ar
Short blanc Terranova de chez Océan 20 000 Ar
Fatigué j´ai la gueule de bois Toute la nuit j´avais aidé mon père Dans le feu j´ai remis du bois Dans la ch´minée y avait pas son père
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C´était la fille du Père Noël J´étais le fils du Père Fouettard Elle s´appelait Marie Noël Je m´appelais Jean Balthazar
Coup de coeur Nuisette noir imprimée Idylle parisienne Aubade 500 000 Ar Gants Aubade
Jet7 Robe Young Blood 140 000 Ar Foulard New Look 55 000 Ar Chaussures cloutées Gorgeous 310 000 Ar
Nuisette blanche Fashion nautica de chez Coup de coeur 621 000 Ar
Robe de chez Lolita 90 000 Ar Collier boule de chez Arabesque 45 000 Ar
Je prends la fille dans mes bras Elle me dit mais non Balthazar Ne fais donc pas le fier à bras Je suis tombée là par hazard
Coup de coeur Nuisette noir imprimée Idylle parisienne Aubade 500 000 Ar
Chaussures de chez Fancy Boutique 275 000 Ar Sac cuir de chez Shamrock femme zoom 195 000 Ar
Gants Aubade
Sac en soie naturelle chinoise de chez Petit Dragon 140 000 Ar
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Toute la nuit j´avais fouetté A tour de bras les gens méchants Toute la nuit elle avait donné Des cadeaux à tous les enfants C´était la fille du Père Noël J´étais le fils du Père Fouettard Elle s´appelait Marie Noël Je m´appelais Jean Balthazar
Robe noire à cravate de chez On Abi 110 000 Ar
Pochette rouge en soie naturelle chinoise de chez Petit Dragon 60 000 Ar
Ceinture de chez Fancy boutique 28 000 Ar Chaussures Sergio Todzi de chez Jet7 290 000 Ar
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Gaia (galerie Point Pacom) Robe Pierre Cardin 350 000 Ar Écharpe 45 000 Ar
Descendue chez moi par erreur Elle était là dans mes souliers Et comm´ je ne pouvais prendre son cœur Je l´ai remise sur le palier
Robe Etam fushia de chez Jet7 165 000 Ar
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Chaussures blanc de chez Fancy Boutique 275 000 Ar
Vernis Tenue & Strong 630 Dark Deni Fond de teint Affinitone BLG 60 Caramel Rouge à lèvres Watershine 635 Natural Glow
Robe de chez Shamrock femme zoom 115 000 Ar
Chaussures Gorgeous fleuri de chez Jet7 245 000 Ar
C´était la fille du Père Noël J´étais le fils du Père Fouettard Et elle m´a dit d´une voix d´crécelle Bye bye au hasard Balthazar
C´était la fille du Père Noël J´étais le fils du Père Fouettard Elle s´appelait Marie Noël Je m´appelais Jean Balthazar
Remerciements : Miantra & Vaniah Prise de vue : Ankadikely Ilafy Make up : Ainah Matiss
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Myriam Ramavoarison Myriam Ramavoarison travaille l’argile locale en n’hésitant pas à bousculer les matières : une superposition de fil de soie, d’osier, de sable et même de feuilles de bananes. Une collection d’objets faits main à découvrir à la boutique Chez Soie…
ienvenue Chez Soie. C’est dans sa boutique de céramique et poterie Bd’Ambondrona que Myriam
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Ramavoarison passe des heures à créer, à peindre et à… patiner. Non, oubliez les roulettes ! La patine est ce qui permet d’obtenir des effets de matière à la surface d’une céramique. « Peu de gens le font à Madagascar. Moi j’ai appris la technique sur le tas et aujourd’hui j’ai mes petites astuces pour obtenir, par exemple, un effet de bois sur un pied de lampe. » Criant de vérité, c’est pourtant de la terre cuite ! Avec sa formation en tourisme, la jeune femme n’était pas destinée à l’artisanat d’art. Conjoncture
Déco oblige, elle doit pourtant se reconvertir et c’est ainsi qu’après plusieurs mois de stage auprès de céramistes professionnels, elle ouvre Bienvenue Chez Soie, en juin dernier. « J’avais déjà une expérience dans le travail de la soie et c’est comme ça que j’ai eu l’idée de fabriquer des objets mêlant soie et céramique. » Éminemment tactile, Myriam Ramavoarison a besoin de toucher la matière pour mieux s’en imprégner, d’où ces objets entièrement faits à la main : abat-jour, luminaires, bougeoirs, vases, corbeilles à fruits, appliques, jarres… Des créations hybrides faisant intervenir soie, osier, sable, voire feuilles de bananes, avec toujours la terre cuite comme fil conducteur. « Entre la récupération de l’argile, le modelage, le séchage, le vannage, le moulage, la cuisson au four entre 600 et 850° C, il faut compter pas moins de trois semaines pour une grosse pièce », explique-t-elle. Des objets auxquels elle apporte tout le soin nécessaire pour qu’ils ne se cassent pas au premier choc. « Comme mes créations sont modulables, je préfère mettre du caoutchouc sur le bas pour éviter qu’ils ne se cassent quand on les déplace. » Suffisait d’y penser ! Noël étant déjà en vue, elle doit nécessairement suivre la tendance, mais avec cette petite chose en plus qui s’appelle l’imagination et le goût de l’objet unique. « J’ai déjà créé des petits sapins qui peuvent servir de photophores, en attente d’être poncés et patinés. Je pense également fabriquer des couronnes en osier, des petits bonhommes et des cerfs. Pour les couleurs, j’opte pour les tons classiques entre le blanc et le rouge ou pour un style plus épuré. » Votre déco de fête laisse à désirer ? Courez à Ambondrona faire le plein de bonnes idées. L’assurance de passer un joyeux Noël en soie… Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg
On est bien Chez Soie
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Coca-Cola Cent vingt six ans après sa création, le Coca-Cola reste la boisson la plus consommée dans le monde. Chaque jour, 1,5 milliard de la mythique bouteille est vendu à travers le monde sans que la recette d’un tel succès soit vraiment connue…
e premier Coca-Cola est inventé le 8 mai 1886 par un L pharmacien d’Atlanta du nom de
John Stith Pemberton. C’est en fait un sirop anti-gueule de bois composé d’extrait de noix de cola, de sucre, de caféine, de feuilles de coca et d’extraits végétaux. La légende raconte que c’est le comptable de Pemberton, Franck M. Robinson, qui a l’idée de baptiser la boisson Coca-Cola et dessine le premier logo de
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Vintage
L’empire des bulles
la marque, toujours en vigueur. La fameuse bouteille n’apparaît elle qu’en 1915 : sa taille évasée et les stries du verre évoquent une silhouette féminine enserrée dans une robe plissée, le chic de l’époque. A partir de1945, le jazz, le chewinggum et le Coca-Cola deviennent les trois piliers de la nouvelle société de consommation qui s’installe un peu partout. Les canettes en métal font leur apparition en 1959, suivies du Diet Coke en 1982, du Cafeine free Diet Coke en 1983 et du Cherry Coke en 1986. Mais pas touche à la recette de papa. Le 23 avril 1985, la Coca-Cola Company s’avise de lancer le New Coke : un Coca-Cola d’une autre saveur ! Le standard explose littéralement sous la nuée de 60 000 appels téléphoniques furax. Trois mois plus tard, l’entreprise doit faire marche arrière et exhumer son bon vieux Coca qui prend alors le nom de Coca-Cola Classic. La recette du succès ? A vrai dire, personne n’en sait rien, car la recette est jalousement est tenue secrète depuis 1886… Andoniaina Bernard
Cahiers de nuit
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City Gr ill
J’envoie de tout ! 170
Douze ans derrière les platines, on ne peut qu’applaudir… J’ai commencé par les boums de jeunes et les animations de mariage. A mon arrivée à Madagascar en 2009, je suis devenu DJ résident au Kudéta, au Carlton, pendant une année. Ensuite, j’ai remplacé un ami qui scratchait au Six d’Antaninarenina et j’y suis resté trois ans. Après, il y a eu le Phoenix Club, l’ex-Pandora où j’ai mixé pendant quatre mois. Maintenant, je suis au Carnivore comme DJ résident et responsable de bar. J’adore le monde de la nuit. En plus d’être une passion, le métier de DJ m’a permis de faire un maximum d’expériences. Ta signature ? J’envoie de tout à la demande et selon la clientèle. Mais j’ai une préférence pour la musique « rétro », les années 80 et 90. Tout simplement, parce que je suis né dedans, mes parents écoutaient ce style de musiques, le disco tout ça. Pour moi, c’est indémodable. Mais pour les animations, je propose mon propre style. J’ai la particularité de changer vite de rythmes, d’envoyer de la musique clubbing, puis d’enchaîner avec de la musique
rétro, tropicale, du zouk ou de la salsa. Je voudrais bien créer mes propres sons, mais pour le moment je n’ai pas le temps. Tes influences musicales ? J’apprécie les DJ malgaches qui s’établissent à l’étranger et qui cartonnent, notamment DJ Dina. Il y a aussi DJ Maestro qui mixe dans plusieurs clubs comme à Londres. Au niveau des DJ internationaux, j’ai beaucoup d’admiration pour DJ Hardwell. Pour Bob Sinclar aussi, avec son style africain et latino. Tes meilleurs souvenirs avec les autres DJ ? Quand DJ Dina a mixé à mes côtés au Six, pour la soirée de lancement de Skol. J’ai aussi eu l’occasion de mixer avec le DJ d’un artiste africain qui a fait son show à Madagascar pendant la fête de l’Indépendance. Egalement avec le DJ de Kat Deluna. Des occasions en or pour s’échanger ses expériences. Inoubliable. Tu comptes mixer à l’étranger ? C’est l’un de mes projets. J’ai l’intention de partir sur Mayotte ou La Réunion. Mais mon grand rêve, ce serait l’Asie. Là-bas, ils recherchent beaucoup les DJ étrangers parce qu’ils ont envie de nouvelles tendances. C’est le nouvel Eldorado des platines. Recueillis par Aina Zo Raberanto Contact sur www.nocomment.mg
By night
DJ Kyrock
Résident dans presque toutes les boîtes de Tana, Rocky alias DJ Kyrock est un peu le vieux de la vieille du deejaying malgache. Animateur de soirées privées comme de discothèques, il fait défiler pour nous douze ans de scratch non-stop.
RÉPONSES AUX JEUX DU NO COMMENT N°34 MOTS CROISÉS — Madagascar
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SOLUTION DE L’ÉNIGME N°34 Soit x le poids de Hanitra, Nirina pèse 2x et Olivia 3x Au total, elles pèsent donc 6x et 6x = 120 d’où x = 20 Hanitra pèse donc 20 kg, Nirina 40 kg et Olivia 60 kg. ÉNIGME N°35 Un jeune dit à sa cousine : « j’ai 20 ans et quand j’avais ton âge actuel, toi, tu avais la moitié de mon âge actuel ». Quel est l’âge de la cousine ?
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— Le commerce —
JEUX
Horizontalement I. Elles tiennent leurs échoppes II. Pour appeler - Désinence verbale - Plat espagnol III. Abri pour les clients - Dans la gamme - Article IV. Des initiales françaises - Permettent de soulever de lourdes charges V. Tas renversé - Elle peut être à ongles VI. Erodant - Petite partie d’un film VII. Conclut le marché - Parles avec hésitation VIII. Préposition - Alerte - Elle peut être d’anniversaire IX. Arriva en masse - A la mode X. Petite île - Ils amènent les marchandises XI. Possédasse - Comme une image - XII. Voir en anglais - Unités pour la vente de tissus. Verticalement 1. Magasins pour les produits issus du porc 2. Produit de la ponte - Possessif - Déchiffrée 3. Style de musique - Quantité définie 4. Vendu par l’apiculteur - A côté des carottes et des choux sur l’étal 5. Prénom masculin - Toujours vert - État major 6. Taxe - Marque l’accompagnement 7. Première classe pour les enfants - Qui se déplace dans l’exercice de son métier 8. Rivière suisse - Symbole chimique du molybdène - Symbole du lumen 9. Elles vendent beaucoup de tulipes 10. Thallium du chimiste - Ecrivit en bas du chèque 11. Nommé - Il peut être politique ou sportif 12. Je vous la souhaite bonne - Raisonnable.
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La minute naturaliste SOS palmiers Plus de 80 % des palmiers de Madagascar sont menacés d’extinction, selon la liste rouge des espèces en danger publiée en novembre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). « Les chiffres relatifs aux palmiers de Madagascar sont vraiment terrifiants, en particulier parce que la perte des palmiers porte atteinte à la biodiversité exceptionnelle de l’île, mais aussi à sa population », estime Jane Smart, directrice mondiale du groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. L’île compte 192 espèces de palmiers uniques au monde, souligne l’organisation. Ces arbres fournissent des ressources vitales, notamment des coeurs de palmier comestibles et des matériaux de construction à des populations parmi les plus pauvres de l’île. Les palmiers disparaissent rapidement en raison du défrichage des terres pour l’agriculture et de l’exploitation des forêts. Le tahina, ou « palmier suicidaire », par exemple, est classé en « danger critique d’extinction », le stade le plus élevé avant la disparition constatée : seuls 30 représentants de cette espèce de palmiers géants pouvant atteindre 18 mètres de haut existeraient encore.
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meilleurs voeux !
Seaso
Voambolana / vocabulaire / glossary Fanomezana / cadeaux / gifts Phonétique : Fànmézànn
Mifandom-bera / tchin / cheers Phonétique : mfàndoumbér
Sasakalina / minuit / midnight Phonétique : sàsàkàl
Voady / résolution / resolution Phonétique : vouàd
Miaritory / veiller / to stay awake Phonétique : mìàrtourì
Taombaovao / Nouvel An / New Year Phonétique : taowmbaowvaow
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n's gr eeting
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Parlez-vous malgache ? Chaque mois, no comment® vous propose un apprentissage trilingue de la langue à partir de situations de la vie de tous les jours.
Oha-pitenenana / expressions /expressions
2- Miandry ny sasakalina ifampiarahabana Phonétique : mìandj ni sàsàkàl ìfampiàràbàn Traduction : Attendre jusqu'à minuit pour s'embrasser / Wait until midnight to hug.
Explication : En boîte de nuit, le 31 décembre, c'est la phrase lancée à minuit par le DJ juste avant d'éteindre les lumières pour se souhaiter la nouvelle année. 3- Ndao ifandombera e ! Phonétique : ndaow ìfàndoumbéré Littéralement : faire tchin-tchin Traduction : Faites couler le champagne / Let the champagne flow.
Explication : c'est l'invitation festive par excellence à Madagascar, sauf que ça se passe sans champagne pour la majorité des gens.
1- Tratry ny paoma ! Samy tratry ny goavy ! Phonétique : tchatchnpaown ! sàm tchatchngouàv ! Littéralement : Rattrappé par la pomme ! Vous serez rattrapé par les goyaves ! Traduction : Bonne année, bonne santé ! et meilleurs voeux pour toute l'année ! / Happy new year, best wishes for good health! and season's greetings for the year!
4- Omeo vorontsiloza matavy tsara
Explication : C'est la formule traditionnelle pour se souhaiter bonne
Traduction : Donnez-moi une belle grosse
Phonétique : ouméow vourountssìlouza màtàv tssàr Littéralement : Donnez-moi un beau gros oiseau qui écarte le danger.
dinde / Give me a nice big turkey.
Explication : Expression qu'on entend fréquemment au marché quand il s'agit d'acheter la dinde du Réveillon, étant entendu que dinde se dit "oiseau qui écarte le danger".
ABidi
M
! a o s irary
année. La première phrase joue sur les mots "pommes" (paoma) et "année" (taona). Et la seconde joue sur les mots "goyave" (goavy) et "futur" (ho avy).
5- Hijanona sigara ny voadiko amin'ity taona ity Phonétique : ìdjànn sigàr ni vouadk àmtì taowntì. Traduction : Ma résolution de l'année : j'arrête de fumer / My New Year's resolution: I'm going to stop smoking.
Explication : C'est la bonne résolution la plus courante au début de la nouvelle année. En sachant que neuf fois sur dix, il s'agit d'une parole en l'air, tout comme "je fais un régime" ou "je me remets au sport". 6- Ndao hiari-tory mandra-maraina Phonétique : ndàow iartouri màndjàmàraìn Littéralement : On va veiller jusqu'au petit matin. Traduction : On va faire une nuit blanche / We're going to stay awake all night.
Explication : C'est l'invitation typique du 31 décembre pour célébrer tous ensemble la nouvelle année.
Par Laurence Ink
Monsieur, ce sera quoi ? Oh, une bière aussi, tiens… E– Tut–pour ne prends pas de pastis ?
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– Non, pas ce soir. Elle hausse les épaules, lève les yeux vers le garçon : – Alors, deux bières, s’il vous plaît. Le garçon incline légèrement la tête, le masque du sourire plaqué sur son visage ambré, aux pommettes hautes. Puis s’éloigne, d’un pas nonchalant, pour passer la commande au bar. – On ne voit vraiment rien dans ce resto, dit-il en jetant un regard sur la salle, où les tables se garnissent peu à peu. – Lumières d’ambiance, dit-elle. Aux murs, des peintures malgaches, des paysages de marché, des charrettes et des bœufs, des visages de femmes et d’enfants. Une petite étiquette en dessous doit indiquer les prix, mais de loin, avec la faible lueur des appliques halogènes et des bougies dans leur globe de verre posées sur les tables, elles sont illisibles. Quelques sculptures aussi, de masques et de statues sakalava, marquent le décor. Des haut-parleurs, disposés en hauteur, diffusent en sourdine du Erick Manana et du Senge. Il hésite, puis fouille dans la poche de son blouson pour en sortir des lunettes.
Ils sont assis côté mur, assez près de la fenêtre pour que ses cheveux ondoient avec la brise du dehors. De temps à autre, elle les rejette en arrière, d’un mouvement circulaire de la main qui leur donne du volume au-dessus de la tête. Ils sont bruns, avec des reflets cuivrés. L’air est doux, tout imprégné d’odeurs de fleurs, frangipaniers, telo miova, jacarandas, qui se mêlent à ceux des gaz d’échappement… Il n’y aura pas d’orage ce soir. Dehors, le trafic s’apaise, quelques 4x4 sombres passent encore, éclairant la ruelle de leurs phares puissants, des 4L beiges bringuebalent sur les pavés. Il allume une nouvelle cigarette. Tripote le téléphone qu’il a posé à côté de son verre. – Tu attends un coup de fil ? Il lui jette un regard agacé. – Non. Pourquoi ? – Je ne sais pas… Tu n’arrêtes pas de regarder ton téléphone. Il prend le téléphone et le range dans la poche de son blouson renversé sur le dossier de sa chaise. Il prend deux grandes gorgées de bière. – Tiens, j’ai discuté avec Christine ce matin, en salle des profs. Elle veut nous inviter avec les Verdier samedi soir. Elle doit me confirmer. – Les Verdier ? Ils sont rasoirs, dit-il. – Pourquoi dis-tu ça ? On ne les a vus qu’une fois. Et chez les Reboux, où il y avait plein de monde. – N’empêche qu’ils ont l’air rasoir. Mais va pour samedi soir, si ça te dit. Elle se penche vers lui, presque confidentielle. – Les Verdier connaissent beaucoup de gens. – Et tu penses qu’ils vont me trouver du boulot ? Il parle fort, d’un seul coup, comme pour prendre la salle à témoin. – Je n’ai pas dit cela, répond-elle vivement, un ton au-dessous. Puis, après un instant d’hésitation : Mais oui, aussi pour cela. Ma remarque n’est pas absurde. Il faut fonctionner en réseau. – J’ai peut-être une mission à Tamatave, fait-il, en reprenant une gorgée de bière.
FICTION
Lieu commun
– Tu en es content ? Il la regarde, les sourcils froncés. – De tes nouvelles lunettes… – Ah ! Oui, ça va. De toute manière, il faudra bien que je m’y habitue. Il a un ricanement désabusé. – La vieillerie ! Ils lisent attentivement les six pages de la carte. Des noms d’entrées, de plats aux désignations recherchées : « Poêlée de foie gras en baies roses », « Chiffonnade de poisson fumé », « Tartare vert de thon », « Émincé de zébu citronnelle »… Seuls les plats sous la rubrique « Spécialités du terroir », sont indiqués aussi en malgache. Les prix sont raisonnables, à l’exception des vins, exorbitants, sauf pour les cuvées locales. Le garçon revient avec les deux bières. Les débouche l’une après l’autre, d’un mouvement vif du poignet, remplit les verres en les inclinant, pour éviter la mousse. Elle le regarde faire avec une attention extrême, comme s’il accomplissait une tâche périlleuse. – Vous avez choisi ? – Je prendrai un magret au poivre vert, dit-il en refermant la carte. Rosé. Avec des frites. – Tu ne prends pas d’entrée ? – Non. – Bon. Alors pour moi, ce sera un Filet d’espadon au vinaigre de Xérès. Avec sa poêlée de courgettes. Le garçon note, s’éloigne. Ils examinent la salle. Clientèle essentiellement vazaha. Des touristes, le guide de voyage à portée de main, des locaux, en habits de ville, chemisettes et corsages, la plupart sans enfants, un jeune couple certainement ONGiste d’après la manière enjouée et familière avec laquelle ils s’adressent au serveur. Au fond, une table occupée par une famille mixte, le mari européen et la femme malgache, la trentaine aussi, deux jeunes enfants métis qui font du bruit en mimant un duel de fourchettes. Il n’y a qu’une personne au bar, un jeune Français, en polo Lacoste, qui bavarde avec le barman.
– Une mission ? Mais de quoi ? Tu ne m’en as pas parlé. – Je suis en train de t’en parler. Il la fixe dans les yeux, écrase sa cigarette dans le cendrier. – J’attends la confirmation. C’est Philippe qui m’a eu le contact. Un vazaha qui a besoin d’un gérant pour son hôtel, pendant un mois et demi. – Ah, Philippe… ! Elle a l’air très fatigué tout à coup, les traits affaissés, les coins de la bouche qui retombent vers le bas. Il ferme un instant les yeux, les narines pincées. Applique les paumes de ses mains sur le bois de la table. – Ce n’est pas parce que tu ne l’aimes pas qu’il n’a pas de réseau, comme tu dis. Il est ici depuis dix ans. – Et ce serait pour quand ? – Mi-décembre à fin janvier. La saison creuse. Le patron part en France, dit-il d’un trait. – À Noël ? Mais on a réservé des billets pour aller voir les enfants… Le serveur apporte les assiettes, prend son temps pour les orienter selon la décoration voulue en cuisine, en en tenant le bord de sa serviette blanche. Ils le regardent faire, en se taisant. – Bon appétit, Messieurs dame. – Merci, dit-il. Et vous m’apporterez une deuxième bière. – Mais on doit passer Noël chez mes parents… reprend-elle dès que le serveur a tourné les talons. – Tu n’as rien payé de toute manière, répond-il d’un ton assuré. Tu n’as qu’à annuler mon billet… – Et les enfants ? – Ils ont surtout besoin de te voir toi. Et je les verrai en juillet. Elle ouvre la bouche, la referme… Il tend le bras au-dessus de la table, pose sa main sur la sienne. – Geneviève, ce n’est pas un drame ! Vous pouvez bien passer un Noël sans moi !
Il retire sa main. Elle aussi, la pose sur ses genoux. – Et cela fera des économies. Il a l’air content d’un seul coup. Soulagé. – Et ce sera payé combien ? dit-elle, en détachant le dernier mot. – Je ne sais pas encore. Sûrement pas une fortune… Mais si ça me remet en selle. En fait, il faudrait que je descende à Tamatave. La semaine prochaine. Rencontrer le patron. Il mange consciencieusement, essuyant de chaque fourchetée la sauce du fond de l’assiette. – Avec Philippe ? – Oui, sans doute avec Philippe. – Il est toujours avec Sarina ? – Sariaka. Non, il a changé. Il rit, s’essuie la bouche. – Tu sais, Philippe, ça va ça vient… – Et c’est quel hôtel ? Il est de nouveau concentré sur son assiette, à découper le bord de gras. – Un hôtel qui vient juste d’ouvrir : le Flamboyant. Elle le regarde, fixement, puis saisit sa fourchette et son couteau. Commence à émietter son filet d’espadon. – Trop cuit, dit-il. Il rit. Elle porte une bouchée à ses lèvres, mastique lentement, en regardant dans le vide. Puis apercevant le garçon, lui fait signe : – Je prendrai une deuxième bière aussi. S’il vous plaît. Elle mange en examinant chaque bouchée avec attention. Il a le regard tourné vers la rue. Dans la poche intérieure de son blouson, son téléphone s’allume, sans bruit. Je ferme mon livre. Il est tard déjà, je vais rentrer chez moi.
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PAVILLON de L’EMYRNE : 020 22 259 45 • (Le) PETIT VERDOT : 020 22 392 34 • PILI • PIMENT CAFÉ : 020 24 509 38 • PLANETE : PILI DOCK : 020 26 299 42 • POURQUOI PAS (Restaurant) : 032 02 548 04 • (Les) 020 22 353 82 POUSSES POUSSES DU RAPHIA : 020 24 782 79 • PRESTO PIZZA (Antsahabe, Tana Water Front, Analamahitsy) : 034 19 610 49 r RADAMA HOTEL : 020 22 319 27 • RAPHIA HOTEL Ambatonakanga : 020 22 253 13 • RAPHIA HOTEL Isoraka : 020 22 339 31 • RATATOUILLE (Artisan Boulanger) : 034 41 731 32 • (Le) REFUGE : 020 22 448 52 • (Le) RELAIS DE LA HAUTE VILLE : 020 22 604 58 • (Le) RELAIS DU ROVA : 020 • (Le) RELAIS DES PLATEAUX : 020 22 441 22 • RESIDENCE DU ROVA : 020 22 017 17 • (La) RESIDENCE : 020 22 417 36 22 341 46 • RESIDENCE LA PINEDE : 032 07 235 58 • RESIDENCE RAPHIA : 020 22 • (La) RIBAUDIERE : 020 24 215 25 • RIVIERA GARDEN : 020 452 97 • (Le) ROSSINI : 020 22 342 44 • ROTISSERIE-GRILL : 032 11 24 792 70 222 07 • ROVA Hotel : 020 22 292 77 s (LE) SAINT ANTOINE HOTEL : 033 21 597 • (LE) SAINT GERMAIN HOTEL : 033 25 882 61 • (Le) SAINT LAURENT : 19 020 22 354 77 • SAKAMANGA HOTEL : 020 22 358 09 • (Le) SALOON : 033 19 139 • SHALIMAR Antsahavola : 020 22 260 10 • SAVANNA CAFE : 032 07 557 45 70 • SHALIMAR HOTEL : 020 22 606 00 • (Le) SHANDONG : 020 22 319 81 • (Le) SIX : 033 15 666 66 • SPUMA GLACE : 034 07 179 63 • SUCETT’S : 020 22 261 00 • SUNNY GARDEN : 020 22 323 85 • SUNNY HOTEL Amparibe : 020 22 263 04 • SUNNY HOTEL Ankorondrano : 020 22 368 29 t (La) TABLE DES HAUTES TERRES : 020 22 605 60 • TAJ HOTEL : 020 22 624 10 • TAMBOHO : 020 • TANA HOTEL : 020 22 313 20 22 693 00 • TANA ARTS CAFE : 034 15 610 56 • TANA PLAZZA HOTEL : 020 22 218 65 • (La) TAVERNE (HOTEL COLBERT) : 020 22 202 02 • TERRASSE EXOTIQUE : 020 22 244 09 • (La) TERRASSE DE TYDOUCE : • TIMGAD : 020 24 522 51 • (La) TERRASSE DU GLACIER : 020 22 202 60 • TOKO TELO : 020 24 657 47 • (Le) TRAM : 020 26 020 22 327 42 388 28 • TRANO BONGO HOTEL : 034 20 365 34 • TRANOVOLA : 020 22 334 71 u URBAN CAFE : 033 11 258 66 v VAHINY HOTEL : 020 22 217 16 • VANGA GUEST HOUSE : 020 22 442 33 • (Le) VANILLA (ORCHID HOTEL) : 020 22 442 03/05 • (La) VARANGUE : 020 22 273 97 • (La) VILLA : 020 26 254 73 • VILLA • VILLA VANILLE : IARIVO : 020 22 568 18 • VILLA ISORAKA : 020 24 220 52 020 22 205 15 z ZEBU ORIGINAL BISTROT : 020 22 299 97 • ZENITH HOTEL : 020 22 290 05
Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco a ADAN : 034 26 381 83 • ALL SPORT Tana Water Front :
020 22 644 09 • AMBIANCE ET STYLE : 034 05 101 72 • AMPALIS : 034 19 227 85 • ARABESQUE : 032 02 303 42 • ARTS ET MATIERES : 020 24 522 51 • AT HOME : 020 22 446 38 • AUDACE LINGERIE : 032 70 710 44 • ANTIQUAIRES DE TANA (Tana Water Front et Behoririka) : 032 07 174 50 b BEBE A BORD : 034 07 281 72 • BIJOUTERIE AMRATLAL : 020 22 364 79 • BIJOUTERIE MANOU Analakely : 020 22 612 • BIJOUTERIE MANOU Antaninarenina : 020 25 • BIJOUX OREA : 020 22 678 15 • BIJOUTERIE 22 256 64 PALA : 020 22 225 01 • BLACKWEAR : 032 04 558 89 • La BOUTIQUE DE V : 032 07 001 32 • BYZANCE : 032 05 233 30 c CAFE COTON : 020 22 302 09 • CARAMBOLE : 020 22 207 40 • CARAMIEL : 033 11 364 09 • CLEA BOUTIQUE : 032 07 604 48 • CLEMENTY : 020 • COUP DE CŒUR : 032 89 22 364 90 • COURTS Ankorondrano : 020 461 45 • COURTS Tanjombato : 22 550 25 • COURTS 67 HA : 020 020 22 576 76 • CRISTAL CADEAUX : 020 22 336 64 22 365 42 d DECI-DELA Ankorondrano : 032 05 00 274 • DECI-DELA Ivato : 032 11 00 277• DECI-DELA Route Circulaire : 032 05 00 272 • DECI DELA Tana Water Front : 032 11 00 278 • DECO France : 020 22 293 72 • DREAM STONES TRADING : 034 07 185 83 • DRESS CODE : 034 20 555 99 • DUTY FREE : 034 07 189 30 • DUW 1203 - Dago Urban Wear : 034 01 083 67 • ELEKTRA : 034 45 520 75 e ELLE’M : 034 26 381 83 • (L’)EMPIRE DU
184
MARIAGE : 033 02 688 88 • ESPACE BIJOUX : 020 22 311 • ETHNIK Shop : 020 22 611 40 f FANCY 85 BOUTIQUE : 020 22 308 89 • FEMININE : 034 60 647 38 • FIFTH AVENUE : 034 05 031 15• FINAL TOUCH : 033 • FOSA SHOP Tana Water Front : 020 02 402 82 26 377 85 • FOSA SHOP Isoraka : 020 26 243 91 • FRAGILE (Ankorondrano et Smart Tanjombato) : 034 02 110 72 • FUN MOBILE : 032 05 079 79 • FUSION RAY : 020 22 636 28 g G.I. (Gentleman Individuel) : 034 02 783 60 h HAZOMANGA : 032 02 527 43 i IS’ART GALERIE : 033 25 148 71 • IVAHONA (Boutique) : 032 05 090 02 • IVAHONA • JINA (Maison) : 032 05 090 06 j JAVA : 032 59 987 82 CHAUSSURES : 020 22 380 24 k KAPRICE Tana Water Front : 034 08 031 75 • KIDORO (Literie) : 020 23 628 84 • KIF DAGO : 033 78 151 99 • KIVAH&CO : 032 05 874 35 • KLUNG MALAGASY Mode Junior : 034 03 015 06 • KIOSK à BIJOUX : 033 15 830 43 • KOKOLOKO Isoraka : 033 08 443 19 • KRISTEL BOUTIQUE : 032 40 457 15 • KRYS OPTIQUE Gare Soarano : 020 22 211 02 • KRYS OPTIQUE Score Digue : 020 24 229 97 • KRYS OPTIQUE Zoom Ankorondrano : 020 22 318 38 l LA ROMANCE : 033 15 536 85 • LA TOURISTA : 034 87 003 87 • LE 7EME CIEL : 020 22 608 21• LE MONDE DE BEBE : 034 07 219 84 • LOLITA BOUTIQUE : 020 24 375 53 • LUMIN’ART : 020 22 431 34 m MADESIGN : 020 22 245 50 • MAFIOZZO : 034 02 645 93 • MAKATY (Magasin Mac) : 034 04 102 • MAKI COMPANY : 020 22 207 87 44 • MALGADECOR : 020 23 691 98
• Mama Benz : 032 05 777 74 • MAXI TUNING : 032 11 00 345 • MEGASTORE by CLEMENTY : 020 22 204 26 • MISS SIXTY : 033 11 479 82 • MOISELLE : 034 • MOTOSTORE : 034 07 179 57 • MY SPACE : 020 26 381 83 11 187 60 • MY WORLD FASHION DESIGN : 034 11 605 54 n NEW BALANCE : 034 31 693 • NEW MAN : 032 11 00 278 • NEW STYLE : 034 18 247 32 • NIL 10 MEUBLE : 020 22 451 15 o OCEAN TEXTILE : 020 26 388 26 • ON ABI : 020 22 558 59 p PAGE 2 : 034 16 751 84 • PAPARAZZI : 020 22 567 71 • PHILAE DECO : 020 22 427 21 • POINT MARIAGE : 020 24 537 66 • PRECIOUS : 034 01 170 39• PRETTY WOMEN : 032 03 209 03 • QUE DU BONHEUR : 034 84 049 46 q QUINCAILLERIE 2000 : 020 22 333 82 r REGAL SHOES : 020 24 773 52 • ROSES ET BAOBAB : 032 40 615 60 s SAMSUNG (Analakely) : 020 22 295 53 • SAROBIDY MADAGASC’ART : 033 11 642 64 • SAV TECHNO : 034 70 613 44 • SEPT PRIX MEUBLE : 020 22 664 79 • SERENITY PALACE : 033 05 374 20 • SHAMROCK : 020 22 549 82 • SOBEK : 020 24 166 41 • SOPHIA BOUTIQUE : 034 12 869 95 • STOP MARKET : 034 36 818 00 t TANT POUR • (La) TEESHIRTERIE : ELLE : 034 96 723 00 • TATTI WATTI : 034 02 016 64 020 22 207 40 • TIME PALACE : 020 22 370 31 • TISHANAKA : 032 02 200 00 • TRACCE (Boutique) : 034 02 675 77 • SUCCES FOU : 032 44 054 35 v VEL’DUTY FREE : 020 22 626 14 • VIVA DESIGN Ankorondrano : 020 22 364 88 w WHITE PALACE : 020 22 669 98 y YOU SACS & CHAUSSURES : 034 02 016 64 z ZAZAKELY : 034 04 245 82 Sports, Loisirs a ACADEMIE DE DANSE : 020 24 740 93 b BLUELINE : 020 23 320 10 • (Le) CARLTON FITNESS CLUB : 020 22 260 c CANALSAT : 020 22 394 73 60 poste 1503 f FITNESS CLUB : 034 05 360 51• FORM + : 020 26 394 98 g GASY QUAD : 032 12 600 00 i INGA : 032 02 260 42 • IVOKOLO Centre • LE C.O.T. : culturel d’Ivandry : 032 63 291 06 l LE CHAT’O : 034 23 033 33 032 05 085 40 • LECTURES ET LOISIRS : 020 22 325 83 o OXYGEN FITNESS & SPA : 034 14 240 22 p PARABOLE MADAGASCAR : 020 23 261 61 s SALLE DE
SPORT (Immeuble Aro Ampefiloha) : 020 26 296 27 • STUDIO 101 : 032 57 984 04 t TANA PAINT BALL : 032 28 798 24 • T-TOON : 034 40 612 50
Communications, agences a AGENCE FAACTO : 020 23 297 64 • AGENCE GRAND ANGLE : 020 22 549
95 • AGENCE NOVOCOM : 020 23 557 47 • AGENCE TAM TAM : 020 22 218 • AK…TV : 020 22 385 41 70 • AIRTEL MADAGASCAR : 033 11 001 00 m MACADAM : 020 22 640 68 o ORANGE MADAGASCAR : 032 34 567 89 r RLI Radio : 020 22 290 16 t TEKNET GROUP : 020 22 313 59 Agences de voyage, Tourisme a AIR FRANCE : 020 23 230 23
• AIR MADAGASCAR : 020 22 222 22 • AIR MAURITIUS : 020 22 359 90 c CAP MADA VOYAGES : 020 22 610 48 d DILANN TOURS MADAGASCAR : 032 05 689 47 • DODO TRAVEL : 020 22 690 36 m MALAGASY Travel : 032 41 526 51 • MERCURE VOYAGE : 020 22 237 79 n NOOR VOYAGES : 034 05 020 90 o OFFICE NATIONAL DU TOURISME : 020 22 660 85 s STA Aviation : 032 73 369 81 Salons de beauté, Parfumeries a APHRODITE : 020 22 540 48 • AMAZONE CITY : 032 05 252 36 • AQUA • ARIA BEAUTÉ : 020 22 642 69 • ASMARA VILLA : 032 07 648 42 MASSAGE : 033 24 324 10 • ATELIER DE HAUTE COIFFURE : 032 04 259 82 BELLISSIMA (Esthétique & Coiffure) : 034 17 404 41 COCOONING : b c 034 36 327 27 • COLOMBE MASSAGE : 020 24 763 11 • COYOTE GIRL : 033 14 657 20 e ESTETIKA : 020 22 201 27 f FELINE Ankadivato : 020 • FELINE BEAUTÉ Zoom : 020 22 364 94 • FLEURS 22 288 20 de BEAUTÉ (Salon de beauté) : 020 24 354 97 • FLORIBIS : 032 05 819 33 g GRAINS de BEAUTÉ : 020 22 445 26 H HARMONY BEAUTY : 032 47 361 03 i INTERLUDE : 033 18 529 31 m MAJOREL : 020 22 253 29 p PASSION BEAUTÉ : 020 22 252 39 • PELE MECHE COIFFURE : 034 17 268 59 • PROGDIS : 020 23 256 10 r RAINBOW BEAUTY : 020 22 310 95 • REGINA’S BEAUTY : 020 26 289 24 s SOFITRANS : 020 22 223 30 t TARA’S COIFFURE : 032 05 438 51
Santé a ASSISTANCE PLUS : 020 22 487 47 c CTB : 032 78 488 42 o OPHAM : 020 22 206 73 p PHARMACIE DE LA DIGUE : 020 22 627 49
• PHARMACIE HASIMBOLA : 020 22 259 50 • VETCARE : 032 05 749 22 22 200 25
• PHARMACIE METROPOLE : 020
Entreprises, Institutions a ABC CONSTRUCTION : 020 22 423 49 • ASSIST Aviation : 034 07 185 98 • ASSIST DST : 020 22 426 88 b BHL MADAGASCAR : 020 22 208 07 • BRASSERIE STAR : 020 22 277 11 d DIRICKX : 020 22 446 60 e EXOFRUIMAD : 020 22 457 96 f FILATEX : 020 22 222 31 g GROUPE SMTP : 020 22 442 20 h HENRI FRAISE FILS & CIE : 020 22 227 21 • HESNAULT MADTRANS : 020 22 618 33 i ID MULTIMEDIA : 020 23 297 64 • IN CONCEPT : 020 24 388 56 • IFM (ex-CCAC) : 020 22 213 75 j JOCKER MARKETING : 020 22 685 48 m MICROCRED (Ambodivona) : 020 22 316 35 • MICROCRED (Tsaralalana) :
020 22 264 70 • MICROCRED (Ambohibao) : 020 22 446 56 • MICROMANIA : 020 • SOCIETE 22 558 60 s SARL REGENCY (Passeport Vip) : 034 64 937 00 FANIRY SARL : 020 22 554 09 • SOREDIM : 020 22 239 27 t TECHNIBAT : 032 07 223 76 u UNICEF : 020 22 674 97 • UNIVERSITE ACEEM : 020 26 098 61 v VIMA : 020 22 330 93 X X-CHANGE : 020 30 889 99 Concessionnaires
• CT MOTORS : 020 23 320 52 c CONTINENTAL AUTO : 020 22 644 42 i INFINITY : 034 14 000 19 m MADAUTO : 020 23 254 54 • MATERAUTO : 020 22 233 39 • MOTOSTORE : 020 22 600 00 s SICAM : 020 22 229 61 • SODIREX : 020 22 274 29 t TRACES (Motos) : 020 23 350 35 Photos d DMT PHOTO Score Digue : 032 02 046 32 • DMT PHOTO Antaninarenina : 020 22 622 19 • DMT PHOTO Analakely : 020 22 611 00 • DMT PHOTO Ankorondrano : 032 62 796 36 • KODAK : 032 62 796 36
Immobiliers f FIRST IMMO : 020 22 368 68 g GUY HOQUET : 032 07 173 17 i IMMO Conseil : 020 22 622 22 P PROMO-TANA : 020 22 617 50 r ROKA IMMO : 032 07 848 02
Service rapide m MALAKY : 032 45 383 32
Paysagiste p PARADISE GARDENS / PHYTO-LOGIC : 034 11 333 45
Matériels informatiques A APPLE STORE : 034 14 311 91 p POLYGONE : 020 22 • PREMIUM INFORMATIQUE : 032 05 115 00 306 20 S SHARP STORE : 020 22 422 94 t TECHNOLOGIES ET SERVICES : 020 23 258 12
ANTSIRABE Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé a A LA TABLE DE JAMES : 034 13 704 97 • AU RENDEZ-VOUS DES PECHEURS : 020 42 492 04 b BAR L’INSOLITE : 032 02 158 14 c CRISTAL HOTEL : 034 44 916 09 h HOTEL CHAMBRE DES VOYAGEURS : 020 44 979 38 • HOTEL DES THERMES : 020 44 487 61 • HOTEL HASINA : 020 44 485 56 • HOTEL IMPERIAL : 020 44 483 33 • HOTEL LE TRIANON : 020 44 051 40 • HOTEL RETRAIT : 020 44 050 29 • HOTEL VATOLAHY : 034 07 937 77 • HOTEL VOLAVITA : 020 44 488 64 l LA TARENTELLE : 032 65 446 66 • LE CAFE DE L’ALLIANCE : 034 43 222 26 • LE FLOWER PALACE : 034 49 040 40 • LE RELAIS DES SAVEURS : 020 44 491 00 • LE ROYALE PALACE : 020 44 490 40 r RESIDENCE CAMELIA : 020 44 488 44 • RESTAURANT POUSSE POUSSE : 032 07 191 97 • RESTAURANT RAZAFIMAMONJY : 020 44 483 53 • RESTAURANT ZANDINA : 020 44 480 66 s SARABANDA RISTORANTE : 034 11 900 27
Sports, Loisirs
Agences de voyage, Tourisme :
c CANALSAT : 032 05 276 46 g GOLF CLUB D’ANTSIRABE (Club House) :
020 44 943 87
l LA RUCHE DES AVENTURIERS : 020 62 247 79 • SKY SERVICES MADAGASCAR : 032 05 217 40
Entreprises, Institutions
Entreprises, Institutions
m MICROCRED : 032 05 367 01
MAHAJANGA (MAJUNGA)
a ALLIANCE FRANCAISE : 020 62 225 52
Photos d DMT PHOTO : 020 62 245 39
Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé a (L’) ALAMBIC : 032 41 439 27 • AMBIANCE TROPIK ET GOURMANDE : 033 11 735 73 • ANTSANITIA RESORT : 020 62 911 00 b BADAMIER : 020 62 240 65 • BLUES’ ROCK CAFE : 032 04 680 89 • BOLO PASTA ET GLACIER : 020 62 923 55 c CAPRICE : 020 62 244 48 • COCO LODGE : 020 62 230 23 e (L’) EXOTIC : 032 63 588 50 • EXPRESSO : 034 45 980 39 f FISHING HOTEL : 032 04 682 20 • FISHING RESTAURANT : 032 05 160 93 h HOTEL RESTAURANT DE LA PLAGE : 020 62 226 94 k KARIBU LODGE : 033 11 497 51 l LA CORNICHE RESTAURANT : 034 38 162 54 • LA PASSERELLE : 032 40 053 70 • LATINO CAFE : 033 07 746 11 • LE GUEST : 032 79 894 71 • LES ROCHES ROUGES : 020 • LOOCK NESS : 032 71 391 58 m MARCO PIZZA : 032 62 020 01 11 110 32 p PAPY RALEUR : 032 07 939 15 • PICCOLA CORTE : 020 62 021 94 • (LA) PISCINE HOTEL : 020 62 241 72 q QUAI OUEST : 020 62 233 00 r RESTAURANT LA TAVERNE : 032 64 642 78 s SAN ANTONIO : 032 05 244 03 • SHAKIRA : 033 71 365 39 • (LE) SUD : 032 40 656 26 • SUNNY HOTEL : 020 62 918 13 t TOBANY : 032 61 753 32 • TROPICANA : 020 62 220 69 v VIEUX BAOBAB : 020 62 220 35
Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco c CLEMENTY : 020 62 243 04
Sports, Loisirs c CANALSAT : 032 02 417 47
TOAMASINA (TAMATAVE) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé a ADAM & EVE : 020 53 334 56 • ANJARA HOTEL : 020 53 303 61 b (Le) BATEAU IVRE : 020 53 302 94 • BLUE MOON : 032 52 199 74 • (Le) BORAHA VILLAGE (Sainte Marie) : 020 57 912 18 c CHEZ LUIGI : 020 53 345 80 • CHEZ RASOA : 032 85 177 20 • COM CHEZ SOIS : 020 53 345 80 d DARAFIFY : 034 60 468 82 h HOTEL CALYPSO : 034 07 131 32 • HOTEL FLEURI : 032 25 498 72 • HOTEL H1 : 033 28 358 33 j JAVA HOTEL : 020 53 316 26 l LA PIROGUE : 033 05 917 17 • LE DOMAINE DES BOUGAINVILLIERS (Mahambo) : 032 04 011 96 • LE METIS : 032 86 379 55 • LE PALAIS DES ISLES : 020 53 314 33 • LE TII’WAI : 034 02 123 10• LONGO HOTEL : 020 53 335 54 n (Le) NEPTUNE : 020 53 322 26 o (L’) OCEAN 501 : 032 64 147 43 p PANDORA : 032 46 087 36 • (Le) PILE ou FACE : 020 53 306 53 • PIMENT BANANE : 034 08 043 09 • PRINCESSE BORA (Sainte Marie) : 020 57 004 03 q QUEEN’S : 032 61 486 20 r (La) RECREA : 032 04 610 71 s SNACK-COULEUR CAFÉ : 032 56 298 36 • SOUTH EAST : 032 50 261 86 • SUNNY HOTEL : 020 53 336 11 t (La) TERRASSE : 034 45 016 03 v • (Le) VIP : 034 85 794 04 • (Le) VERSEAU : 032 05 612 62 x XL BAR : 034 07 043 09
Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco a ANTIDOTE : 032 11 692 27
c CLEA BOUTIQUE : 032 07 604 46
c CLEMENTY : 020 53 309 90 m MY EPICERIE : 034 79 282 54 n NULLE PART AILLEURS : 020 53 325 06 t TNT : 034 39 025 54
Sports, Loisirs c CANALSAT : 032 05 276 02 c EAST ACADEMY : 034 02 335 86
Salons de beauté, Parfumeries e ESPACE BEAUTÉ : 033 05 252 33 l LA PARFUMERIE : 032 05 252 33 s SWEETIE’S BEAUTY : 032 04 900 42 v VITA BEAUTÉ : 034 87 439 59
Librairies l LIBRAIRIE FAKRA : 020 53 321 30
TOLIARY (TULEAR) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé a ANAKAO OCEAN LODGE & SPA : 020 22 328 60 • ATLANTIS : 020 94 700 42 b (Le) B52 : 034 05 540 48 • BAMBOO CLUB : 020 94 902 13 • BELLE VUE HOTEL (Ambolimalaika) : 032 04
Disco Club - Cabaret - Toliara
647 22 • (LE) BO BEACH RESTO PETER : 032 04 009 13 • (LE) BŒUF : 032 82 614 68 c CALIENTE BEACH : 020 94 924 18 • CHEZ ALAIN : 020 94 415 27 • (Le) CORTO MALTESE : 032 02 643 23 d DUNES IFATY : 020 94 914 80 e (L’) ESCAPADE : 020 94 411 82 • (L’) ETOILE DE MER : 020 94 428 07 h HOTEL DE LA PLAGE (Ambolimalaika) : 032 04 362 76 • HOTEL LA MANGROVE (Ankilibe) : 020 94 936 26 • HOTEL LES • HOTEL MASSILIA : 032 PALETUVIERS : 020 94 440 39 57 604 78 • HOTEL RESTAURANT LE PRESTIGE : 032 02 062 61 • HOTEL RESTAURANT LA MIRA (Madio Rano) : 032 02 621 44 • HOTEL SAFARI VEZO (Anakao) : 020 94 919 30 • HYPPOCAMPO HOTEL : 020 94 410 21 i IFATY BEACH : 020 94 914 27 • ISALO ROCK LODGE : 020 22 328 60 j JARDIN DU ROY / RELAIS DE LA REINE : 020 22 351 65 • (LE) JARDIN : 020 94 428 18 k KINTANA GUEST HOUSE : 020 94 930 80 l • LA BERNIQUE : 020 94 449 87 • LALANDAKA HOTEL : 020 94 914 35 • LA ROSE D’OR : 032 54 355 29 • LA MAISON : 032 07 727 47 • LE JARDIN DE BERAVY : 032 40 397 19 m MAGILY HOTEL : 032 02 554 28 n (LE) NAUTILUS : 020 94 418 74 p (LE) PARADISIER HOTEL : 032 07 660 09 • PLAZZA HOTEL : 020 94 903 02 r (LE) RECIF : 020 94 446 88 • RELAIS D’AMBOLA : 032 45 326 21 • (LA) RESIDENCE ANKILY : 020 • SALARY 94 445 50 s SAÏFEE HOTEL : 032 05 552 03
BAY : 020 75 514 86 • LE SAX’APHONE RESTO : 032 75 340 41 • SERENA HOTEL : 020 94 441 73 • (LE) SOLEIL COUCHANT : 032 47 360 15 t TAM TAM CAFE : 032 02 524 48 • (LA) TERRASSE CHEZ JEFF : 032 02 650 60 v VICTORY HOTEL :020 94 440 64 • (LE) VOVOTELO HOTEL : 034 29 377 36 Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco c CLEMENTY : 020 94 411 91 t TOP GSM : 034 23 118 29
Sports, Loisirs c CANALSAT : 032 07 220 46
Agences de voyage, Tourisme m MAD SUD VOYAGE : 020 94 423 20
ANTSIRANANA (DIEGO SUAREZ) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé a ALLAMANDA HOTEL : 020 82 210 33 c COCO PIZZA : 032 45 678 21 d DIEGO SUN CITY : 032 53 288 22 • (LE) DOMAINE DES FONTENAY : 020 82 927 67 • DOUX DELICES : 032 81 746 27 g (LE) GRAND HOTEL : 020 82 230 63 h HOTEL DE LA POSTE : 020 82 220 14 • HOTEL EMERAUDE : 020 82 225 44 • HOTEL FIRDOSS : 020 82 240 22 • HOTEL KARTIFFA : 032 55 978 44 • HOTEL KIKOO : 032 07 597 75 • HOTEL MANGUIER : 032 55 978 44 • PLAZA : 032 04 052 40 • HOTEL RESTAURANT LES ARCADES : 020 82 231 04 i IMPERIAL HOTEL : 020 82 233 29 l LA BODEGA : 032 04 734 43 • LA CASE EN FALAFY : 032 02 674 33 • LA COTE BAR : 032 02 306 97 • LA GOURMANDISE : 032 41 644 42 • LA NOTE
BLEUE : 032 07 125 48 • LA ROSTICCERIA : 020 82 236 22 • LA TAVERNE : 032 07 767 99 • LA VAHINEE : 032 46 272 17 • LE 5 TROP PRES : 032 49 162 64 • LE VILLAGE : 032 02 306 78 • L’ETINCELLE : 032 45 431 50 • LE SUAREZ : 032 07 416 17 • LIBERTALIA : 032 71 894 54 m MEVA PLAGE : 032 43 817 70 • MEXI COCO : 020 82 218 51 r RESTAURANT LA JONQUE : 032 07 076 54 • RESTAURANT LE PALMIER : 032 85 008 70 • RESTAURANT LE TSARA BE : 032 04 940 97 t TONGA SOA : 032 02 288 20 v VARATRAZA : 032 87 041 82 • VOKY BE : 032 04 012 01 Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco b BLACK WEAR : 032 04 558 89 • BOUTIQUE BLEUE NUIT : 033 09 552 63 • BOUTIQUE INO VAOVAO : 032 02 288 80 c CARAMBOLE BOUTIQUE : 032 25 341 92 • CHEZ BADROUDINE : 020 82 223 00 • CLEA BOUTIQUE : 032 07 604 48 • CLEMENTY : 020 82 239 98 l LA MAISON DE L’ARTISANAT : 020 82 293 85
Sports, Loisirs c CANALSAT : 032 04 122 96
Entreprises, Institutions m MICROCRED : 032 05 366 92
Concessionnaires s SICAM : 032 07 421 21
Photos d DMT PHOTO : 020 82 232 08
FARADOFAY (FORT-DAUPHIN) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé a AZURA HOTEL & SPA : 020 92 211 17 c CHEZ BERNARD : 034 04 409 25 • CROIX DU SUD : 020 92 910 56 g GINA VILLAGE : 033 21 326 21 k KALETA HOTEL : 020 92 212 87 l LE FILAO : 032 43 288 58 m MAXI PIZZA : 032 55 671 49 r RESERVE DE NAHAMPOANA : 034 11 212 34 s SAFARI LAKA : 033 24
453 26 • SOAVY HOTEL : 032 40 657 46 t TALINJOO HOTEL : 032 05 212 35
• LE ZUMATEL : 034 20 021 32 r RESTAURANT CHEZ DOM : 034 01 975 78 t TSARA GUEST HOUSE : 020 75 502 06
Sports, Loisirs
Sports, Loisirs
c CANALSAT : 032 07 220 24
Agences de voyage, Tourisme a AIR FORT SERVICES : 034 46 122 80
c CANALSAT : 032 07 220 21
HELL VILLE (NOSY BE) Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé
Concessionnaires s SICAM : 032 05 221 59
FIANARANTSOA Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé c CLAIR DE LUNE : 034 05 707 08 e ECOLODGE CAMP CATTA : 020 75 923 58 • ESPACE RELAX (Restaurant) : 034 17 135 64 h HOTEL COTSOYANNIS : 020 75 514 72 • HOTEL SORATEL : 020 75 516 66 l L’ANCRE D’OR : 034 12 459 21 • LA SOFIA : 034 05 838 88 • LES BOUGAINVILLIERS (HOTEL D’AMBALAVAO) : 034 18 469 21 • LE TROPIK HOTEL (HOTEL D’AMBALAVAO) : 033 02 012 91 • LE PANDA : 034 05 788 77
a AT HOME : 032 53 930 09 b BELLE VUE : 020 86 613 84 c CAFE DEL MAR : 034 46 753 22 • CHEZ LOULOU : 032 69 783 91 • CHEZ SITY : 032 07 925 21 • CHEZ TATIE CHRIS : 032 04 212 36 • CHEZ THERESA : 032 04 664 75 d DIAMANT 10 : 032 07 739 14 • DISCOTHEQUE LE DJEMBE : 032 04 944 48 I INDIA PALACE : 034 21 354 60 l L’ESPADON : 032 44 769 85 • LA PLANTATION : 032 07 934 45 • LE MANAVA : 032 43 405 60 n NANDIPO : 032 04 482 32 • NUMBER ONE : 032 69 074 14 o OASIS : 032 07 137 76 • O P’TIT BONHEUR : 032 49 163 01 r RESTAURANT DE LA MER : 032 69 074 14 • ROYAL BEACH HOTEL : 032 05 322 44 s SAFARI BAR RESTAU : 032 80 354 49 • SARIMANOK : 032 05 909 09 t TAXI BE : 032 59 187 86 v VANILA HOTEL & SPA : 032 02 203 60
Boutiques, Bijouteries, Arts, Déco b BLACK WEAR : 032 04 558 89 g GALERIE COMMERCIAL ANKOAY : 032 02 388 79 l LE TAMARIN : 032 04 944 20 m MAKI : 032 04 014 76
Sports, Loisirs c CANALSAT : 032 07 220 33 • ULYSSE EXPLORER : 032 04 802 80
Agences de voyage, Tourisme o ORTNB : 032 04 163 78
MANANJARY Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé h HOTEL VAHINY LODGE : 032 02 468 22
Sports, Loisirs c CANALSAT : 032 05 276 14
MORONDAVA Hotels, Restaurants, Bars, Salons de thé b BAOBAB CAFÉ : 020 95 520 12 c CHEZ MAGGIE : 020 95 523 47 • COULEUR CAFÉ : 032 43 666 54 h HOTEL TRECICOGNE : 020 95 924 25 l LA CAPANINA : 032 04 670 90 • LE PALISSANDRE COTE OUEST : 020 95 520 22 • LE RENALA SABLE D’OR : 032 04 976 88 m MADA BAR : 032 04 703 99
Agences de voyage, Tourisme o OFFICE NATIONAL DU TOURISME : 032 40 766 82
Entreprises, Institutions a ALLIANCE FRANCAISE : 032 05 119 72
Downtown
En
ville avec
Deenyz
Un sourire inimitable, une grâce toute féline A 22 ans, Deenyz – pour Denise – est la reine montante du R’nB à Madagascar. Résidant à Tomasina, elle nous livre les bons plans de sa ville préférée.
Ton resto préféré à Tamatave ? J’aime beaucoup le Baobab pour ses plats créoles et indiens. La boutique ou le styliste qui t’habille ? Pour choisir mes styles de vêtements, je suis toujours accompagnée de Shyn, mon conseiller en image. Pour les boutiques, je suis souvent habillée par Clin d’œil ou Strass Boutique. Ton club préféré ? Je suis très casanière, mais quand il m’arrive de sortir avec les amis, je vais au Neptune ou au Pandora. J’aime bien l’ambiance ! Ta promenade préférée à Tamatave ? J’adore la plage de Tahiti Kely. C’est calme, on peut se baigner tranquillement ou tout simplement s’y promener. Ton quartier préféré ? À Antanamakoa, là où j’habite.
202
Propos recueillis par Aina Zo Raberanto