2007 - Le Nouvelliste - Supplément - Gianadda - Offrandes aux Dieux d'Egypte

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OFFRANDES AUX

DIEUX D’EGYPTE Organisé par The Metropolitan Museum of Art New York DU 14 MARS AU 8 JUIN 2008

du 5 décembre 2007 Ce cahier ne peut pas être vendu séparément

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PARTENAIRE PRINCIPAL DE L’EXPOSITION OFFRANDES AUX DIEUX D’EGYPTE

ALBERT CHAVAZ Supplément

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Du 6 décembre 2007 au 9 mars 2008


■ Quel rapport avait-il avec

l’Ecole de Savièse? Quand papa est arrivé en Valais, il a voulu se démarquer de l’Ecole de Savièse, ne pas continuer à faire du Bieler ou du Vallet. Il voulait montrer le vrai Valais «sans chalet, sans Cervin» comme il l’écrit dans ses carnets. Le caractère des gens, voilà ce qui l’intéressait. Il voulait peindre les traits de la Valaisanne et laisser tomber toute cette iconographie de cimetières. L’art monumental l’a beaucoup aidé à simplifier sa manière, à lui qui désirait peindre plus large, plus grand. Dans l’art monumental, les détails disparaissent, les visages sont résumés à trois ou quatre traits. On discerne bien cette évolution dans ses croquis. Il disait: «Je suis trop suisse». Il aurait désiré ne rendre que la première émotion, les valeurs.

Citrons et opaline, huile toile collée sur bois, 40 x 59 cm, 1977, coll. privée ©Pro Litteris, Zurich

«Il faut être seul, il faut partir, s’isoler, travailler et les choses se révèlent et Dieu aussi.» Albert Chavaz 1979 Comment a-t-il réagi aux années 1960, au PopArt et à tous les mouvements qui annoncent l’art contemporain? Il était peu touché, il trouvait tout ça commercial. En Valais, les années 1960 sont une période charnière. Le Valais rural change et devient le Valais touristique. Papa admirait les jeunes peintres, Angel Duarte qui est resté un ami très fidèle, Tritten, Fischer, Tanner ou encore Messerli qu’il aimait beaucoup. Il était ouvert sans condition. C’est le seul qui ait soutenu Gustave Cerutti à ses

débuts (n.d.l.r.: tous ces peintres établis en Valais avaient choisi l’abstraction). Dès les années 1960, il devient «le» peintre valaisan. Comment a-t-il vécu cette consécration? Au début, il vivait mal de sa peinture. Dans les années 1960, tous les notables ont souhaité avoir du Chavaz. Mais lui est resté le même, il a continué d’aimer les petits villages de Toscane, les bistrots modestes. Il vivait toujours de la même façon, sauf qu’il n’hésitait plus à parfois

s’offrir un Christ roman ou une œuvre d’un jeune qu’il cherchait à soutenir. Avec ses amis, il fonctionnait beaucoup par échange, il avait des œuvres de Tritten, Duarte, Palézieux, Decarli, Pietro Sarto et bien d’autres. Autre ami, Louis Moret qui l’expose dans sa galerie du Grand-Pont à Sion dès 1935. Après toutes ces années à travailler sur l’œuvre de votre père, qu’est-ce qui chez lui vous frappe le plus? Son intégrité, son respect pour les gens, son humanité. Sa culture encyclopédique en histoire de l’art. Dans son travail, je suis frappé par sa rigueur. C’était un homme indépendant, personne ne l’obligeait à travailler comme il l’a fait et de toute sa vie, il n’a jamais lâché. Il n’a jamais arrêté d’effectuer des recherches. Pardessus tout, il tenait à sa liberté.

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Fer du Nil LE METROPOLITAN MUSEUM RASSEMBLE LES OFFRANDES AUX DIEUX D’EGYPTE

■ L’Egypte n’en finit pas de

révéler ses mystères. On croyait tout connaître d’elle et voilà que le Metropolitan Museum nous ouvre de nouveaux horizons avec cette exposition dédiée à cette petite statuaire de métal, offrandes faites aux dieux ou objets de culte, encore peu montrées et jamais rassemblées. Quelle place ces statuettes avaient-elles dans les temples, quel usage avaient-elles dans les cultes pendant près de trois mille ans, voilà les questions auxquelles l’archéologie essaie d’apporter son éclairage. Trois mille ans, c’est bien long. Sur trois millénaires, ces statuettes offrent des visages qui n’ont cessé d’évoluer, du plus fruste au plus raffiné. Figures de prêtresses

Le Roi Nekao II, Basse Epoque, XXVIe dynastie, bronze, 14 cm, vers 610-595 av. J.-C., Brooklyn Museum, New York, fonds Charles Edwin Wilbour (71.11) ©Pro Litteris, Zurich

ou de soldats, de dieux ou de rois, elles reflètent l’évolution des croyances et des pratiques religieuses. Elles avaient plusieurs usages. Bien sûr, elles servaient à la représentation des drames rituels dans les temples. Mais elles pouvaient aussi participer à des processions qui attiraient des foules de fidèles, en ville ou dans les campagnes. Usées par de nombreuses manipulations, elles n’étaient pas détruites, mais pieusement enter-

rées sous les temples dans de grands dépôts. Contrairement aux sculptures en pierre qui balisaient par exemple les accès des temples, cette statuaire en métal, plus confidentielle, ne comportait généralement pas d’inscription. Elle développait également des motifs particuliers, absents de la statuaire monumentale. Grâce aux textes anciens, on en sait un peu plus. On sait qu’elles étaient nourries et habillées lors de rites

religieux. Il arrivait qu’on leur présente des offrandes de bijoux ou qu’on les protège contre les dangers de la nuit. Les archéologues ont retrouvé des bracelets et des colliers miniatures en or, vestiges de ces anciennes parures. Cependant, les statuettes de métal de l’Egypte ancienne sont loin d’avoir livré tous leurs mystères. Pourquoi ont-elles été enterrées par milliers? S’agissaitil de vérifier, de renforcer ou d’attester l’existence des dieux? Même la découverte récente d’un bel ensemble de dons, enterré sous un temple, n’a pas permis de lever complètement le voile sur ces énigmatiques témoins d’un monde disparu. Véronique Ribordy

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Le supplĂŠment COMPLET et GRATUIT sur http://supplements.lenouvelliste.ch Bonne lecture !


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