0.1_Parcours pour un autre regard

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Parcours pour un autre regard Montréal.

Nord du Mile-End

Pauline GAYAUD Directeur d'étude : Hélène Soulier

Travail Personnel de Fin d’études de la formation Paysage - juin 2011 École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux

VOL.1


Travail Personnel de Fin d’études - Formation Paysage Pauline GAYAUD Date de soutenance : 21 juin 2011. Membres du jury Hélène Soulier, paysagiste D.P.L.G. Alise Meuris, paysagiste D.P.LG. Hélène Sorbe Samuel Boche 2


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Remerciements Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont aidée et soutenue. Tout particulièrement Hélène Soulier pour ses conseils et son soutien tout au long de cette démarche. Mes amis, Kamye pour son écoute, Marie pour les ailes, Clara, Florent, Benoît, Cerise Crew. Porigamon. Mes colocs du 25 pour leur joie de vivre. Ma nombreuse famille mais avant tout M&M, Bénédicte, BinHoït et Amélie. Mon Québec, Valérie, Julia, Alicia, 4811, Alex, Ophélie. Un IMMENSE merci à Valérie G. pour avoir pris le temps de tester mon parcours, pour toutes les photos et toutes ses précieuses informations, from Québec.

À JYG.

5


"Nos villes manquent trop cruellement, et manqueront encore longtemps, de ces espaces ouverts à la marche et au délassement du corps, au voyage du regard et à l’exploration des sens" Bernard Lassus



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Sommaire

5

Remerciements

11

Préface

13

1. Choix. Les abords du Canadien Pacifique

23

2. Un site à Montréal

75

3. Friches et industries : Montréal industrielle

101

4. Position et projet. Une paysagiste au nord du Mile-End

137

5. Parcours

143

6. Annexe

161

7. Bibliographie

167

8. Table des matières

173

9. Résumé & mots-clés

9


10


Préface Ce diplôme est composé de deux volumes. Ce premier volume présente le site d'étude, la lecture et l'analyse du paysage mais aussi la démarche et la description du projet envisagé. Le second volume est un guide qui propose un parcours liant tous les éléments significatifs dans l'hypothétique réalisation des projets.

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11 CHOIx

Les abords du canadien Pacifique


14


Voici quelques ambiances rencontrées au nord du Mile-End, près de la voie ferrée, aux abords des bâtiments industriels photos personnelles

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22 un site Ă MontrĂŠal


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Situation générale

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Montréal, métropole canadienne

QUEBEC

TERRE-NEUVE ET LABRADOR

QUEBEC

Québec ONTARIO

Montréal Ottawa ETATS-UNIS

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Le Canada est une Fédération composée de dix provinces et trois territoires. A l'est, la province du Québec se situe entre l'océan Atlantique et le Canada intérieur.

NEWBRUNSWICK

Océan Atlantique

N

L'agglomération de Montréal se trouve à l'extrême sud de la province québécoise. La ville est extrêmement proche de la frontière des EtatsUnis, à 200km d'Ottawa (capitale canadienne) et 250km de Québec (capitale provinciale). C'est la plus grande ville québécoise et la deuxième ville canadienne après Toronto.


île aux Vaches île Garth

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fleuve Saint-Laurent

L'île de Montréal est la plus grande île de l'archipel. Longue de 50 km et large de 16 km (en son maximum), elle est bordée au nord par la rivière des Prairies et au sud par le fleuve Saint-Laurent. La rivière des Prairies la sépare de la deuxième île, l'île Jésus.

source : bing.com/maps

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fleuve Saint-Laurent

Dans cette partie sud de la province, au confluent du Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais, deux cent trentequatre îles composent l'archipel d'Hochelaga. Le Saint-Laurent prend sa source dans les Grands lacs, plus au sud. Il coule vers le nord-est en rejoignant l'océan Atlantique par le golf du Saint-Laurent. La rivière des Outaouais est l'affluent principal, elle arrive de l'ouest et forme un lac avant de se jeter dans le fleuve.

234m

Mont Royal

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10km

Le point haut de l'archipel se situe sur la plus grande île. Il s'agit du Mont-Royal qui a donné son nom à la ville. Haut de 234 mètres, il est aujourd'hui ceint par l'urbanisation. Véritable symbole de la ville et majoritairement boisé, c'est un écrin de nature en plein cœur de ville. Les premiers Colons se sont installés au pied de cette colline, en bordure du fleuve Saint-Laurent.

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Arrondissements La ville compte 1,7 million d'habitants et l'agglomération, près de 4 millions. C'est une véritable mosaïque de 120 communautés culturelles où pas moins de 75 langues différentes sont parlées. Un peu moins d'un tiers de la population de la région métropole est née à l'étranger. Ce multiculturalisme est une image très forte de l'identité montréalaise. 1 2

Le territoire de l'agglomération de Montréal est composé d'une grande partie de l'île de Montréal, de l'île Bizard, l'île Saint-Hélène, l'île Notre-Dame, l'île des Sœurs, l'île Dorval et près de soixante-neuf îles plus petites. Ce territoire regroupe seize municipalités et les dix-neuf arrondissements montréalais. La quasi totalité des dix-neuf arrondissements se situe sur l'île-même de Montréal.

Carte des arrondissements de Montréal arrondissements de la Ville de Montréal

1

arrondissement du Plateau-Mont-Royal

2

arrondissement de Rosemont-Petite Patrie

Le site d'étude (compris dans le cercle, carte de droite) se trouve à la limite entre l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal et l'arrondissement de Rosemont-Petite Patrie, au cœur de l'île. Situé au nord du Mont-Royal, il n'est pas très loin du Vieux Montréal et du centre-ville. L'arrondissement du Plateau-Mont-Royal est subdivisé en trois districts. Il s'agit ici du district du Mile-End.

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Trame urbaine

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fleuve Saint-Laurent

Sorel source : bing.com/maps Photoaérienne de la trame agricole, sur les rives du Saint-Laurent au niveau de Sorel. Québec

La grande majorité de la trame urbaine de Montréal est régulière : elle est orthogonale et rectangulaire. Ce géométrisme n'est pas issu d'un plan d'aménagement urbain préconçu mais provient de l'organisation spatiale rurale de la deuxième moitié du XVIIe siècle. C'est une caractéristique qui distingue Montréal de beaucoup de villes nord-américaines (Manhattan, San Francisco par exemple). Le découpage agricole du régime français, sur lequel nous reviendrons plus tard, est devenu petit à petit la trame d'urbanisation : des rectangles allongés entourés de voies de circulation. Ce dessin demeure encore aujourd'hui non seulement la trame d'une très grande partie de l'île de Montréal mais aussi celle de bon nombre de villes québécoises ainsi que celle de l'organisation des territoires agricoles. Cette régularité offre des perspectives visuelles originales dans la ville.

Perspective sur le stade Olympique. Avenue du Mont-Royal source : www.cyberpresse.ca

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Trame urbaine sur le site d'étude

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Calgary

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Toronto New-York

Tracé du Canadien Pacifique à travers le Canada et le Nord des états-Unis

Le site d'étude est traversé par la ligne du Canadien Pacifique qui relie Vancouver à Montréal. Son tracé courbe contraste avec la rectilinéarité de la trame. Mais, ayant été construite un peu avant l’urbanisation, l’impact de la voie ferrée est en fin de compte relativement faible, du moins sur la trame régulière. La seule véritable influence, mais de taille, est la question des franchissements de ce chemin de fer, renforçant le caractère "circulatoire" et la fonction de pénétration de certaines rues. Ces franchissements s’effectuent par passages inférieurs, sous la forme de tunnels, et la traversée la plus marquante en termes de gabarit est le viaduc Rosemont-Van Horne qui permet à la rue Van Horne de franchir la voie ferrée dans l’axe Est/Ouest. C’est le seul passage au-dessus de la voie ferrée.

Le viaduc Rosemont-Van Horne au dessus de la voie ferrée

Trame urbaine et voies de circulation voie ferrée passage supérieur passage inférieur

Le passage du boulevard Saint-Laurent sous la voie ferrée photos personnelles

33


34


de la trame agricole Ă la trame urbaine

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D'où vient cette trame ? Cette implantation du bâti ? Sur le cédérom fourni (pochette, page de droite) une animation présente succinctement l'évolution historique de Montréal, comment est-on passé de la trame agricole à la trame urbaine.

Note : vous pouvez visionner l'animation sur internet, à cette adresse : http://www.vimeo.com/25033464

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37


Résumé succinct

Québec NouvelleAmsterdam

Saint-Domingue

Nantes Lisbonne

Gorée

En 1611, Samuel de Champlain effectue son quatrième voyage sur les traces de Jacques Cartier. Ce dernier avait déjà remonté le fleuve Saint-Laurent jusqu'à Hochelaga, village fortifié iroquoien situé sur une grande île, 76 ans plus tôt. Au centre de celle-ci s'élève une montagne qu'il a baptisé Mont-Royal en l'honneur de François Ier. Mont qui donnera plus tard son nom à la ville. Au début du XVIIe siècle, Champlain a pour objectif de trouver un site propice à l'établissement d'une future colonie sur l'île du MontRoyal.

38

Mont-Royal

Québec

Il remonte le fleuve SaintLaurent sur les bords duquel il a déjà officiellement fondé la ville de Québec le 4 juillet 1608.

Il arrive à l'archipel en passant par le Nord. Il traverse la plus grande île, mais ne trouve pas de traces de l'occupation iroquioienne rencontrée par Cartier. Sur le site choisi, il fait bâtir un premier fort baptisé Fort VilleMarie. Celui-ci est remplacé en 1642 par un fort bastionné situé à la pointe à Callière. C'est la même année que s'installent les premiers colons français. Menés par un groupe de prêtres et de religieuses, la Société Notre-Dame de Montréal fonde le village de VilleMarie.


site d'étude carrières

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Mont-Royal

Afin de défendre la ville une citadelle-redoute est construite en 1658. Elle est détruite en 1821 pour permettre l'extension de la ville.

À cette époque Montréal est un centre important de traite des fourrures. Des tanneries s'installent le long des ruisseaux.

Au cours du XVIIe siècle le territoire est découpé en "côtes", unités de voisinage en bandes orientées perpendiculairement au cours d'eau afin d'offrir au plus grand nombre un accès direct à cette ressource. Le long de chacune d’entre elles se trouve un “chemin du Roy”.

De nombreuses carrières, situées plus au nord, sont exploitées et permettent la construction de maisons plus solides.

C'est cette trame régulière qui va petit à petit devenir la trame urbaine : les parcelles agricoles vont au fur et à mesure être bâties.

On en retrouve plusieurs sur le site d'études. Elles sont desservies par le chemin Saint-Laurent, qui est l'unique voie de communication menant au nord de l'île.

Ces activités poussent les familles à s’installer à proximité des ruisseaux et des carrières. Les ouvriers s'établissent le long des chemins. Le fort développement de cette activité permet la naissance d'un village dans ce secteur : le village du Coteau-Saint-Louis en 1846.

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Au cours du XIXe siècle, l'urbanisation s'accélère. Les "plex" (voir p.45) grignotent petit à petit les parcelles agricoles. Des institutions religieuses s'établissent.

Au début du XXe siècle, les industries s'installent sur les zones libres autour de la voie ferrée. Les dernières parcelles agricoles sont bâties.

L'urbanisation s'effectue aussi du nord au sud. Entre les deux zones, au cours de la seconde moitié du siècle, la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique est lancée. La ligne sera inaugurée en 1876.

Les parcelles sont redécoupées, de grands bâtiments logent les entreprises et plusieurs ramifications et gares de triage ferroviaires sont construites pour desservir les industries. Le paysage aux abords du Canadien Pacifique est bien différent de celui de l'intérieur des quartiers.

40

Au milieu du XXe siècle, les industries occupent de nombreuses parcelles. La trame se densifie encore jusqu'à la seconde moitié du XXe qui voit l'activité diminuer. La désindustrialisation est entamée.


Aujourd'hui il reste encore plusieurs industries qui occupent les parcelles proches de la voie ferrée. Les activités ferroviaires ont très largement diminué avec la désindustrialisation. De grands espaces ouverts demeurent aux abords des bâtiments industriels. La partie suivante analyse plus en détails le tissu du site d'étude.

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Le site dĂŠcortiquĂŠ

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Le site d'étude : les abords de la voie ferrée entre le Plateau-Mont-Royal et Rosemont-Petite Patrie

1

arrondissement du Plateau-Mont-Royal

2

arrondissement de Rosemont-Petite Patrie

Site d'étude 1

2

réseau ferré

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Rosemont-Petite Patrie

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Îlot-type et habitat Au sein du quartier étudié, on retrouve une subdivision de la trame régulière qui en reproduit les caractéristiques à moindre échelle : la grille orthogonale des rues qui définit les îlots rectangulaires et étirés se retrouve dans l'implantation de bâtiments profonds à façade étroite donnant sur la rue.

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source : bing.com/maps

Il s'agit du "plex", habitat en rangée typiquement montréalais, qui est ici très largement représenté. C'est un habitat locatif ouvrier apparu dans la seconde moitié du XIXe siècle et qui s'est largement répandu jusque dans les années 1940. Sa période de diffusion correspond à la rapide croissance de l'activité industrielle : il faut loger l'abondante main-d'œuvre qui arrive des campagnes québécoises et d'Europe et la forte croissance démographique qui en découle. Au cœur de l'îlot, une ruelle dessert l'arrière des habitations et partage l'ensemble dans sa longueur. Relevant de l'administration municipale, les ruelles sont entretenues par la Ville. Le long de cette voie, les jardins contigus offre une luxuriante végétation.

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Rez-de-Chaussée

Premier étage

Deuxième étage

Plex du Plateau

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Habitation-type, plan en forme de L majuscule source : illustration extraite de "Montréal en évolution : historique du développement de l'architecture et de l'environnement urbain montréalais", Jean-Claude Marsan, Laval : Éditions du Méridien, 1994. p.274.


Contrairement à d'autres types d'habitat en rangée, le "plex" comporte toujours plusieurs unités de logement (de deux à cinq, duplex ou triplex) dont l'accès et le rapport à la rue sont individualisés (escalier distinct). Cet habitat est aussi original de par son système de construction standardisé et économique : enveloppe porteuse en bois, parement en brique, toit plat, éléments fonctionnels et décoratifs produits en série. C'est un mélange entre des cultures constructives et architecturales française et anglaise et d’innovations techniques, fonctionnelles, sociales et esthétiques strictement locales.

Derrière le plan rigide de la trame urbaine et celle au sein même des îlots, chaque maison a son identité. Les montréalais s'approprient la façade et les espaces extérieurs. La grande variété de couleurs, de textures des matériaux égayent la rectilinéarité des rues montréalaises. Les escaliers extérieurs habillent les façades, tout comme les oriels (bowwindows) et les larges balcons.

Plex du Plateau dessins personnels

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Plex, industries le long de la voie ferrée et axes commerciaux

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Les habitations recouvrent une grande proportion de la surface étudiée. Plusieurs axes commerciaux se dessinent dont le célèbre boulevard Saint-Laurent, axe majeur dans l'histoire du développement de la ville (cf. Animation "De la trame agricole à la trame urbaine"). On y trouve de nombreux commerces, des restaurants, des cafés et autres services. Plusieurs institutions et édifices religieux ponctuent la trame.


Les industries se sont quant à elles installées de part et d'autre de la voie ferrée. La taille beaucoup plus importante de ces bâtiments contraste avec celle des habitations. Des superstructures dépassant une dizaine d'étages ont été construites le long des avenues de Gaspé et Casgrain. On y trouve notamment des industries textiles, des bâtiments de stockage, de la métallurgie. Le gabarit des rues reste identique qu'elles soient bordées de plex ou d'immeubles de 12 étages. Les principaux matériaux de ces constructions sont le béton, les briques, le verre, le métal.

Industrie textile

Les industries de l'avenue Casgrain. En arrière-plan, les superstructures de l'avenue de Gaspé dessins personnels

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Institutions, édifices religieux, centre sportif et parcs

CAIJ + CSSS future bibliothèque Marc-Favreau

Ecole des métiers de l’équipement motorisé

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Carmel de Montréal

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Ecole Nationale de théâtre

Ecole Luke Callaghan Ecole de l’étincelle Ecole Lambert Closse

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Saint-Michel Archange Théatre Rialto

1 3

Ecole secondaire Saint-Louis 2 Caserne 30

Affectation du bâti

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institution

centre sportif

1

Saint-Enfant-Jésus du Mile-End Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie

édifice religieux

square, parc

2

Bureau d’arrondissement Ecole des Premières Lettres

3

CLSC Saint-Louis du Parc (Centre Local de Services Communautaires)


Théâtre Rialto

Saint-Michel Archange

Bains Saint-Michel

D'autres types d'activités sont représentées sur le secteur : enseignement, culture, sport et religion.

On trouve six établissements d'enseignement : primaire, secondaire, supérieur. Le théâtre Rialto et les Bains Saint-Michel accueillent les activités culturelles ; diverses activités sportives sont proposées à l'aréna Saint-Louis. La Caserne 30 construite en 1905 fut l'hôtel de Ville de Saint-Louis du Mile-End jusqu’à son annexion à la ville de Montréal en 1909. Elle est aujourd'hui occupée par les pompiers. Caserne 30 dessins personnels

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Les espaces non-bâtis

rée voie fer

espace non-bâti

0 source : cadastre Ville de Montréal

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Typologie des espaces non-bâtis parking

espace vacant (dominante végétale)

square, parc

espace vacant (dominante minérale)

voie ferrée

espace vacant sous viaduc

jardin privé

Comme celle du bâti, la taille des espaces nonbâtis est beaucoup plus conséquente le long de la voie ferrée, dans les zones d'activités. Sept types ont été identifiés dont la dichotomie végétal/ minéral est le critère. Une variété de textures découle de cette typologie. Elles sont illustrées dans les pages suivantes.

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Textures

Parkings existants De grandes surfaces minérales homogènes, bariolées par les lignes de peinture au pied des bâtiments industriels et commerciaux. Ces étendues minérales sont à l'origine de la formation des îlots de chaleur en ville.

photos personnelles et photoaériennes : bing.com

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Parcs, squares, jardins d’institution Espaces caractérisés par la présence de nombreuses espèces exotiques, souvent choisies pour leur esthétique, et par un entretien soutenu : pelouse tondue et arbres taillés... Certains agrémentent les institutions.

photos personnelles

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Emprise de la voie ferrée Une surface plus ou moins délimitée par un substrat continu : le ballast. On y trouve aussi des matériaux bruts : métal, bois, rouille. Ces espaces sont l'habitat de nombreuses espèces indigènes, mais aussi d'espèces transportées par les trains.

photos personnelles

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Jardins privés Souvent vécus comme une pièce supplémentaire au logement et garnie d'objets hétéroclites. Jardins peuplés de nombreuses espèces exotiques dont l'entretien plus ou moins rigoureux et la volonté de chacun laisse une place aux espèces spontanées.

photos personnelles

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Vacants, dominante végétale Une large variété d'espèces indigènes s'installent sur ces terrains abandonnés ou en attente et contribue à l'enrichissement de la biodiversité urbaine. De nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes et de petits mammifères y trouvent un habitat favorable.

photos personnelles

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MinĂŠral, sous le viaduc Graviers ou goudron se glissent sous le viaduc. Zone Ă l'abri, espace largement sous-utilisĂŠ.

photos personnelles photos personnelles

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Vacants, dominante minérale Béton et goudron recouvrent ces surfaces ouvertes, non-utilisées. Les phénomènes climatiques et le temps les détériorent. Fissures et plis se dessinent.

photos personnelles

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Pratiques et usages La variété de l'affectation du bâti et la multiplicité des activités dans le secteur drainent une population à toutes les heures du jour et de la nuit rendant ce quartier particulièrement vivant.

Parc linéaire

Jardin communautaire du Mile-End

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"Ruelle verte" photos personnelles


Pratiques et usages des espaces non-bâtis aménagés pelouse ouverte d’institution

Parc linéaire square

parking

jardin communautaire jardin fermé du Carmel

jeux pour enfants

terrain de sport jardin ouvert de centre sportif

"ruelle verte"

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300m N

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Stockage et pépinières de la Ville

Promenade sous le viaduc

Traversée sauvage de la voie ferrée

Graffiti avenue de Gaspé

Les abords de la voie ferrée sont aussi investis par les passants, et les espaces vacants, qu'ils soient à dominante végétale ou minérale, sont le support de nombreux usages et pratiques. Des artistes, des habitants se sont appropriés certains d'entre eux. Trois de ces lieux ont ainsi été baptisés par leurs usagers : le Jardin Crépuscule, le Parc sans nom et le Champ des Possibles.

photos personnelles

Pochoir de Peter Gibson, alias Roadsworth, sur un trottoir du Mile-End

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Ligne de désir tracée dans le Champ des Possibles

Œuvres de Glen Lemesurier au Jardin Crépuscule


Pratiques et usages des espaces vacants

stockage pépinière passage

passage

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expression

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Jardin crépuscule flânerie expérimentation expression découverte création

expérimentation expression création

Parc sans nom stockage expérimentation expression création

Champ des Possibles flânerie promenade expérimentation expression apiculture découverte pique-nique création

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33 Friches & industries

MontrĂŠal industrielle


3

Friches & industries : Montréal industrielle

Seconde métropole du Canada, Montréal est un centre culturel, industriel, commercial et financier d'envergure. Le port est aussi une activité d'importance pour la ville. Situé au débouché de la voie maritime du fleuve Saint-Laurent qui le relie à la région industrielle nord américaine des Grands Lacs, c'est le plus important port de l'est du Canada. Montréal est pour cette raison, une ville particulièrement ferroviaire. Elle fait partie de l'axe principal des chemins de fer canadiens (transport de céréales, produits pétroliers, machinerie, produits manufacturés).

Au XIXe siècle, l'industrie artisanale cède sa place à l'industrialisation plus poussée grâce notamment à la construction du canal Lachine. Celui-ci est aménagé en 1824 pour permettre aux navires de franchir les rapides de Lachine, au sud de l'île. Vers 1850, Montréal compte un peu plus de 50 000 habitants. Un demi-siècle plus tard, ce nombre est multiplié par six pour dépasser les 300 000 montréalais. C'est l'essor de l'industrie manufacturière qui explique une telle croissance. Les usines s'implantent un peu partout en ville, le long du canal mais aussi le long du chemin de fer qui se développe rapidement durant la seconde moitié du XIXe. Les produits de l'industrie sont vendus dans un marché canadien en pleine croissance et cette industrialisation entraîne l'essor du commerce, des services et des transports. Un service de tramway hippomobile (tiré par deux chevaux) est inauguré en 1861 par la Montreal Passenger Railway Company suivi trente ans plus tard par un service électrique. Au début du XXe, Montréal connaît l'une des plus fortes

76

périodes de croissance de son histoire. À la veille de la Première Guerre mondiale, la population dépasse déjà un demi-million d'habitants. La ville bouillonne d'activités : ses grandes entreprises participent au développement de l'ouest canadien et y multiplient leurs succursales. Elles sont aussi associées à l'exploitation des ressources naturelles et à l'expansion du secteur manufacturier au Québec et en Ontario. Le fort développement des banques et des autres institutions financières permet à Montréal de devenir Le centre financier canadien durant toute la première moitié du XXe siècle. Toutefois, à la fin du siècle, Montréal voit son titre de métropole économique canadienne déchoir au profit de Toronto, de l'Ontario et des Grands Lacs qui connaissent alors un véritable boom économique grâce, principalement, au développement de la voie maritime du Saint-Laurent ainsi qu'à certaines politiques économiques fédérales. Ce transfert de pouvoir économique entraîne un déplacement des populations vers l'ouest et achève le déclassement de Montréal durant les décennies suivantes.

Vue de Montréal depuis la cheminée de la centrale de la Montreal Street Railway, 1896. Wm. Notman & Son source : Musée McCord Montréal


De 1961 au milieu des années 1990, Montréal a perdu près de 240 000 habitants. Une importante restructuration industrielle et un développement des industries culturelles donneront ensuite un second souffle à la ville. D'importants événements d'envergure internationale vont ranimer la ville et son image à travers le monde : l'Exposition universelle de 1967, les Jeux olympiques d'été de 1976 et le 350e anniversaire de la ville en 1992. Du côté de l'industrie, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, le secteur ferroviaire décline face à la pleine expansion du camionnage. La fermeture en 1991, du gigantesque complexe industriel Angus, propriété de Canadien Pacific Railways, en est l'illustration la plus marquante. Cette usine, qui a été à l'origine de la ville de Rosemont, employait jusqu'à 12 000 personnes. Le secteur textile, qui a su tirer profit d'une main d'œuvre abondante et peu chère et de l'énergie hydraulique disponible, est lui aussi en restructuration.

Silo-élévateur du CP, port de Montréal, 1909. Anonyme source : Musée McCord Montréal

De nombreux établissements ferment. Certains bâtiments sont reconvertis, d'autres se retrouvent sans vocation. Détruits, ils laissent place à des friches.

Tours à charbon, port de Montréal, vers 1912. Wm. Notman & Son source : Musée McCord Montréal

La vallée du canal de Lachine, Montréal, vers 1910. Anonyme source : Musée McCord Montréal

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Regard sur l'architecture industrielle

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D'aucuns disent que Montréal n'est pas une belle ville, que c'est une ville sans monument mais certains pensent que son charme serait en partie lié à son architecture brute, faite de brique, de béton et d'acier, vestige d'une ère industrielle révolue. Aujourd'hui des organismes, des collectifs par le biais d'actions, d'évènements, de publications œuvrent pour que les gens changent de regard sur cette architecture. En voici une liste, loin d'être exhaustive, présentée ci-dessous en quatre grands thèmes : Montrer Visiter Répertorier Reconvertir

Montrer Montréal industriel En 2008, le Centre d'Histoire de Montréal organise une exposition de photographies intitulée Montréal industriel. Les cinquante clichés exposés proposent un voyage à travers les paysages industriels de la métropole. "Œuvre magistrale, entre beauté et nuisance, l'esthétique particulière du patrimoine industriel, qu'on le veuille ou non, fait partie du charme de notre ville" peut-on lire à l'entrée de l'exposition. Cet évènement propose de porter un regard neuf et positif sur ces "laideurs de béton et d'acier" qui composent le patrimoine industriel montréalais.

Crossing, M. Peter A. Berra

source : www.voir.ca

"Depuis une vingtaine d'années, ici comme ailleurs dans le monde, les villes se sont entichées des vieux quartiers et bâtiments industriels. On les rafraîchit, on leur donne une nouvelle vocation. La "revitalisation" est à la mode. Malgré cela, les vieux bâtiments industriels n'ont pas nécessairement la cote auprès du public." [1] Cette exposition est un exemple de travail où l'art, par le biais de la photographie, propose de (re)donner une valeur à ce type architectural et de révéler la beauté là où on ne l'attend pas. Le patrimoine industriel, regardé d'un autre œil, offre une esthétique inhabituelle. Comme l'explique Patrice de la Broise : "Nous entendons par esthétique industrielle cette forme de dépassement par laquelle l'industriel vient à sacrifier un peu de la raison au sentiment, de l'utilitaire à l'artistique, de l'économique au culturel. Par-delà une médiation organisationnelle alliant le "beau" à l'ordinaire, nous considérons aussi l'étrange connivence entre l'esthétique

[1] Alain Hochereau, "Patrimoine industriel de Montréal. Hideuses beautés" [en ligne], 27 mars 2008, Disponible sur : <http://www.voir.ca/ publishing/article.aspx?zone=1&section=25&article=57434>. (Consulté le 17.11.2010).

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industrielle et l'esthétique muséale. Un clin d'œil d'autant plus complice que les lieux de culture, celle des arts vivants et des arts plastiques, sont aujourd'hui nombreux à investir les lieux de la culture industrielle, celle du travail et de la technique." [2]

Visiter Les visites du patrimoine architectural montréalais et plus particulièrement des édifices industriels sont une des activités offertes par des organismes qui agissent aussi en faveur de leur protection. Par exemple Héritage Montréal, organisme privé à but non lucratif, qui œuvre à promouvoir et à protéger le patrimoine architectural, historique, naturel et culturel du Grand Montréal. Mais aussi les collectifs L'Autre Montréal et Mémoire du Mile-End détaillés plus loin (Regard sur les friches à Montréal).

Répertorier Association québécoise pour le Patrimoine Industriel Créée en 1988, cette association regroupe les professionnels et les personnes intéressées par le patrimoine industriel : historiens, consultants, fonctionnaires de la Culture et des Communications du Québec, muséologues. Plusieurs actions sont menées par les membres : organisation de congrès, conférences et visites de terrain mais aussi publications et collaborations avec d'autres organismes, dans le but de promouvoir le patrimoine industriel ; sa connaissance, sa conservation, sa mise en valeur. "La sauvegarde d’un bâtiment industriel sert surtout la mémoire collective faisant de ces lieux des témoins privilégiés de notre évolution économique, technique et sociale. Le patrimoine industriel est souvent un patrimoine malaimé, peut-être parce qu’il est mal connu. Pourtant, la mise en valeur de ce patrimoine demeure essentielle à la compréhension du Québec moderne en contribuant à la fois à la diversité des attraits touristiques et des sujets d’étude." [3]

[2] Patrice de la Broise, "Esthétique et mises en scène du patrimoine industriel architectural" [en ligne], Hyper Article en Ligne-Sciences de l'Homme et de la Société. Disponible sur : <http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/06/22/33/HTML/index.html>. (Consulté le 20.12.2010). [3] Association Québécoise pour le Patrimoine Industriel, Index [en ligne], AQPI. Site internet : <http://www.aqpi.qc.ca>. (Consulté le 08.01.2011).

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Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la communauté urbaine de Montréal Cet inventaire recense les immeubles ayant un intérêt esthétique et illustrant une époque (lointaine ou récente). "Depuis vingt-cinq ans, la société québécoise manifeste une sorte d'envoûtement pour le passé. Son attention se porte sur l'héritage culturel qu'on retrouve dans l'art sous toutes ses formes" [4]. Dans cet ouvrage, il s'agit de l'art architectural. La communauté urbaine de Montréal a dressé un inventaire complet sous la forme de cahiers recensant : églises, banques, édifices publics, scolaires, industriels et commerciaux. Pour plusieurs raisons, c'est l'architecture industrielle qui a demandé le plus de travail. Tout d'abord c'est le type architectural le moins documenté ; beaucoup de bâtiments n'ont pas été conçus par des architectes mais par des ingénieurs et des techniciens. Ce sont des édifices qui se veulent fonctionnels avant tout. Aussi, ces sont les bâtiments qui ont le plus été modifiés, agrandis, transformés sans souci esthétique. Pour finir, la définition de la fonction industrielle est difficile car assez proche de la fonction commerciale. L'inventaire recense donc les bâtiments industriels dont la principale fonction est la fabrication et l'entreposage. Trois critères ont été choisis pour sélectionner les bâtiments : intérêt architectural, intérêt historique, intérêt urbanistique. L'inventaire de l'architecture industrielle dans le "Répertoire d'architecture traditionnelle" a pour objectif de faire connaître cette architecture et permettre de soulever le souci de protection, de mise en valeur, de recyclage plutôt que la disparition.

L'architecture industrielle a besoin d'être reconnue pour être protégée. En lien avec le répertoire publié, un site internet a été mis en ligne par la Ville au début des années 2000 : <http:// patrimoine.ville.montreal.qc.ca/inventaire/index.php.> sous la forme de fiches qui décrivent et illustrent chacun des bâtiments recensés. Cette base informatique est évolutive et constamment complétée.

Plan d'urbanisme de Montréal La Plan d'urbanisme de Montréal a été adopté à la fin de l'année 2004. La Ville a élaboré un ensemble de politiques sectorielles auquel le Plan fait écho. L'une d'entre elles est la Politique du Patrimoine. Cette notion de patrimoine ne se limite pas aux éléments anciens présentant une valeur exceptionnelle ou un caractère monumental mais s'intéresse aussi aux immeubles et aux secteurs d'intérêt de production plus récente comme le patrimoine moderne et industriel. Un recensement de ce patrimoine a pour but de protéger des secteurs et des bâtiments à intérêt patrimonial. À l'échelle de l'île quatre grands secteurs ont été recensés : le canal Lachine, le nœud ferroviaire de la pointe SaintCharles, le secteur portuaire du Vieux-Port à l'Autoroute 25, une partie du méga complexe d'industrie pétrolière de Montréal-Est et le plus petit secteur des avenues Gaspé et Casgrain, aux abords du Canadien Pacifique. Pour ces secteurs, le Plan a rédigé l'objectif suivant : "Assurer la conservation et la mise en valeur du patrimoine bâti et archéologique" et notamment "favoriser la prise en compte du patrimoine industriel par la documentation des ensembles industriels d’intérêt, en vue d’une évaluation de leur potentiel de préservation ou de mise en valeur." [5]

[4] Architecture industrielle/Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, Montréal : le Service, 1982. p.36. [5] Ville de Montréal, Plan d'urbanisme de Montréal [en ligne]. Montréal : Ville de Montréal, 2004. Format PDF. p.154. Disponible sur : <http://www.ville.montreal.qc.ca/plan-urbanisme>. (Consulté le 01.11.2010).

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Patrimoine industriel à l'échelle de l'île de Montréal

Parc national des îlesde-Boucherville

Laval

Parc régional du-Bois-de-Liesse

Longueuil Parc régional Cap-St-Jacques

Parc Angrignon

Fleuve Saint-Laurent

principaux parcs voie ferrée

bâtiment inscrit dans le Répertoire d’architecture traditionnelle

0

5

10km N

voirie principale piste cyclable

site d'étude

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Reconvertir Voici deux exemples de bâtiments industriels montréalais reconvertis en centre culturel.

Fonderie Darling. Centre d'art. Complexe alternatif pour les arts visuels. L'édifice est situé dans l'arrondissement Ville-Marie, cœur historique de Montréal et plus précisément dans un quartier particulièrement industriel : le Faubourg des Récollets. Lors de la révolution industrielle, de très nombreuses industries s'y installent et tirent profit de la proximité du canal Lachine. Les frères Darling s'y établissent en 1880 et le bâtiment occupé actuellement par le centre d'art est construit en 1918. À son apogée elle est la deuxième fonderie par son importance de Montréal. La fermeture du canal Lachine en 1970 annonce le déclin de l'activité de l'usine, qui ferme ses portes définitivement en 1991. Après dix ans d'abandon, un organisme à but non lucratif, Quartier éphémère, entreprend la rénovation du bâtiment afin d'y établir un centre d'art. Aujourd'hui la Fonderie est un symbole de l'histoire industrielle montréalaise et un témoin de cette architecture. Les rénovations ont été conçues par des architectes "qui ont su créer des aménagements modernistes répondant aux besoins de la programmation, tout en valorisant le caractère industriel du lieu." [6] Fer, béton, briques sont les principaux matériaux des deux bâtiments qui composent le centre d'art : un dédié aux artistes, l'autre au public. La rénovation a obtenue le Prix d'excellence [catégorie Conversion], par l'OAQ (Ordre des Architectes du Québec), en 2003.

La Fonderie après rénovations. photo : Marie-Christine Abel source : fonderiedarling.org

Usine C. Centre de création et de diffusion pluridisciplinaire. Fondée par la compagnie Carbone 14 en 1995, l'Usine C occupe une ancienne fabrique de confiture du quartier Centre-Sud de Montréal. L'édifice fut construit en 1913 par la Société Alphonse Raymond qui employa des travailleurs jusqu'aux années 1970. Pour sa reconversion, le choix fut annoncé : "le concept développé vise à tirer profit de la morphologie du site, de ses dimensions et à mettre en valeur sa nature industrielle". [7] Les architectes ont choisi de conserver la culture industrielle du lieu en préservant l'édifice en béton quasiment en l'état. Les nouveaux éléments du lieu de création sont juxtaposés et conçus dans des matériaux simples et bruts : verre, acier corten, pierre, brique, ardoise, bois...

[6] Quartier éphémère, Réhabiliter la Fonderie Darling, Introduction [en ligne], Fonderie Darling. Site internet : <http://www. fonderiedarling.org/> (Consulté le 08.02.2011). [7] Usine C, Historique [en ligne], Usine C. Site internet : <http://www.usine-c.com/> (Consulté le 08.02.2011).

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Le tout fait ressentir l'archéologie unique du geste humain de ce lieu. La trame originale industrielle joue un rôle dans la nouvelle vocation de l'édifice. "La réutilisation de l'ancienne usine Raymond a permis de préserver une portion d'histoire de ce quartier et de sauvegarder une pièce du patrimoine industriel montréalais." [8] En 1997, le travail des architectes est récompensé dans la catégorie Rénovation/recyclage par le prix Orange décerné par l'organisme Sauvons Montréal.

L'Usine C, après rénovations. photo : Owen Rose source : urbanphoto.net

[8] ibid.

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CONCLUSION Des actions politiques mais aussi énormément d'initiatives de collectifs, de citoyens, d'artistes sont entreprises afin de remettre en question le devenir de ce patrimoine architectural. Toutes ces actions illustrent la sensibilisation grandissante des citoyens et habitants à leur patrimoine architectural face à la frénésie immobilière qui pousse à la reconversion, la démolition... Cet activisme patrimonial illustre bien la réappropriation de la ville par la population. Sur le site d'étude deux bâtiments font partie de l'inventaire de la Ville : le Bovril et le St Lawrence Warehousing. D'architecture tout à fait différente ils présentent tout de même de réelles qualités. Le Bovril est occupé aujourd'hui principalement par des bureaux tandis que le St Lawrence a gardé sa fonction première : le stockage.

Le Capitol photos personnelles

Ces trois bâtiments s'échelonnent le long de la voie ferrée. Bien qu'ils soient toujours occupés par des activités industrielles, la question de leur reconversion peut tout à fait se poser. On peut très bien imaginer que l'un d'entre eux soit reconverti en centre culturel. L'arrondissement du Plateau est un quartier où il y a une forte concentration d'artistes. Certains occupent déjà des ateliers au sein des structures des avenues de Gaspé et Casgrain. Le positionnement de ces édifices dans le quartier voire à l'échelle de la ville, leur importance dans l'histoire industrielle, leurs qualités architecturales sont autant de points justifiant une reconversion possible à l'image de celle de la Fonderie Darling ou encore de l'usine Raymond.

Le Bovril

Le Saint Lawrence Warehousing

Un troisième bâtiment a retenu mon attention par ses qualités architecturales. Il s'agit de l'édifice qu'occupe actuellement l'entreprise Capitol industries, rue Marnier et qui est bordé par la voie ferrée.

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En annexe (p.141) on trouvera un travail plastique sur l'esthétique de ces bâtiments.


Patrimoine industriel sur le site d'étude

St. Lawrence Warehousing

Capitol

Bovril

bâtiment industriel

bâtiment répertorié

bâtiment non répertorié mais jugé d'intérêt

0

150

300m N

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Regard sur les friches

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Une des caractéristiques notables de Montréal et plus particulièrement du site d'étude est la forte présence de la végétation. Celle-ci est de deux sortes : une végétation jardinée et une végétation spontanée. La végétation jardinée est celle des jardins privés qui bordent les trottoirs, des parcs des institutions, des squares publics et celle que l'on plante et entretient pour agrémenter les rues : arbres d'alignement, platesbandes. Le tout offre une qualité de vie particulièrement appréciable à Montréal. Comme le remarque Philippe Poullaouec-Gonidec [9] : "Le paysage de proximité, formé par la rue, les habitations, les commerces ou un parc, est fondamental dans la notion de paysage montréalais. L'enjeu du développement paysager passe par là. Les Montréalais recherchent moins le paysage spectaculaire et diront même que l'ensemble de la ville est laid, mais le discours est très positif à propos du quartier immédiat; l'ordinaire devient extraordinaire pour le résidant." Cette abondance végétale représentée par de très nombreuses espèces anime la trame urbaine. En effet, comme nous l'avons vu plus haut, la régularité du tramage est une caractéristique forte de la ville, cependant celle-ci est équilibrée par l'appropriation du bâti et des espaces extérieurs : jardinets, trottoirs, pieds des arbres... Les ruelles au cœur des îlots d'habitation ont un caractère moins déterminé, plus hybride, entre la nature jardinée et la nature spontanée. Dans les interstices de la trame urbaine rigide montréalaise, plus en marge, se développe une végétation

La nature jardinée : les jardinets privés et au pied d'arbre d'alignement source : photos personnelles

[9] Propos de Philippe Poullaouec-Gonidec dans "A Montréal, c'est le paysage de proximité qui prime", Baril Daniel [en ligne], Journal Forum, lundi 18 avril 2011, Disponible sur : <http://www.nouvelles.umontreal.ca/>. (Consulté le : 21.04.2011).

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spontanée souvent inattendue. Inattendue car cette végétation est celle aussi que l'on chasse volontairement des espaces jardinés. Une nature plus sauvage. Cette nature prolifère sur différents types de terrains : ceux abandonnés suite à la désindustrialisation, friches ferroviaires, industrielles, mais aussi le long de la voie ferrée et au sein des délaissés issus des politiques d'aménagement : talus, dessous de viaduc... Ce sont des morceaux de ville à l'abandon, en état transitoire, liés parfois à l'architecture attenante.

nouveaux regards de nouvelles expériences critiques du monde". [14] Dans une ville que beaucoup ne qualifierait pas de "belle", ces lieux en marges, par leur nature indéterminée et les pratiques qu'ils génèrent, contribuent à rendre Montréal attractive. Luc Lévesque les érigent ainsi au rang de monuments.

"Trois particularités nous paraissent ici importantes à retenir concernant les interstices montréalais. Ils sont en général perméables aux cheminements, à l’inverse de ce que l’on retrouve dans plusieurs autres villes où on en bloque l’accès à l’aide de palissades. Ils constituent des terrains privés où est accepté habituellement un certain niveau d’appropriation publique. Et enfin, ils ont un mode de dissémination relativement uniforme qui semble indépendant de la répartition géographique de la richesse dans la ville. Ces attributs, par delà l’image négative souvent attachée aux terrains vagues, sont en totale résonance au caractère informel et spontané de l’urbanité montréalaise." [13] Cette nature sauvage contraste avec la volonté des politiques d'aménagement de tout maîtriser. L'ordre urbain sécrèterait la nature sauvage. Ces lieux sont propices à l'émergence de pratiques culturelles : flânerie, marche, jardinage clandestin, expérimentation artistique... Luc Lévesque : "la sauvagerie urbaine serait donc à la fois le milieu qui résiste à la domestication, l'effort pour l'apprivoiser et l'espacement rendant possibles de

La nature spontanée : le long de la voie ferrée et sur les terrains abandonnés source : photos personnelles

[13] Lévesque Luc, architecte fondateur de l'Atelier d'exploration urbaine, Montréal, l’informe urbanité des terrains vagues : pour une gestion créatrice du mobilier urbain, 1999. Disponible sur : <http://www.amarrages.com/>. (Consulté le 08.02.2011). [14] Lévesque Luc, Sauvagerie urbaine et jardins : quelques hypothèses, 2000. Disponible sur : <http://www.amarrages.com/>. (Consulté le 08.02.2011).

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Aujourd'hui, que faire de ces lieux ? Trois thématiques sont abordées : l'art, la marche, l'aménagement. Ce sont trois réponses possibles au devenir de ces lieux. Il s'agit de présenter des exemples de pratiques qui ont lieu à Montréal ou ailleurs.

Pratiques artistiques

d'interrelations entre l'artiste, l'œuvre et le public. "Ce fut l’occasion pour l’équipe de Dare-Dare de développer son expertise en projets hors les murs" [16]. Depuis 2004, le centre d'art a choisi la ville comme contexte et consacre sa programmation exclusivement à des projets d'art public et contextuel. De 2006 à 2008 Dare-Dare a investi le parc sans nom, entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Clark, en partie sous le viaduc, en y organisant des conférences, des installations et des projections.

Deux exemples d'organismes ont été choisis parmi beaucoup d'autres : Dare-Dare et Quartier éphémère. Plusieurs raisons ont motivé leur choix : Dare-Dare a occupé pendant deux ans une des parcelles du site d'étude et Quartier éphémère est une association qui occupe et gère actuellement la Fonderie Darling, exemple réussi de reconversion d'un édifice industriel en centre d'art (voir plus haut partie 3.Regard sur l'architecture industrielle, Reconvertir).

Dare-Dare. Centre de diffusion d'art multidisciplinaire. Centre d'artistes autogéré. L'organisme a été fondé en 1985 à titre de centre de diffusion d'art multidisciplinaire. Tout d'abord une galerie sert de lieu de diffusion de l'art des jeunes de 18 à 35 ans. Cette activité est complétée par de nombreux évènements. Dix ans plus tard, Dare-Dare décide de préciser son mandat fondateur et d'accentuer deux axes majeurs d'intervention : il s'agit "d'élargir et favoriser l'accès de ses services aux jeunes artistes et de privilégier de plus en plus les démarches questionnant le ou les types de lieux possibles de diffusion de l'art" [15]. Depuis plus de vingt-cinq ans l'organisme soutient ainsi la diversification des modes de présentation des œuvres. À la fin des années 1990, plusieurs artistes du centre proposent des interventions sur des terrains vagues du centre ville. Leurs projets ont généré des échanges en proposant divers types

The Nest, Chich-Chien Wang. 2007 source : dare-dare.org

[15] Dare-Dare, Historique [en ligne], Dare-Dare. Site internet : <http://www.dare-dare.org/> (Consulté le 08.02.2011). [16] ibid.

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Quartier éphémère. À la Fonderie Darling. Centre d'art. Complexe alternatif pour les arts visuels. L'association Quartier éphémère existe depuis 1993 et a investi la Fonderie Darling après sa restauration après 2002. Le centre d'art porte ses réflexions et ses recherches sur le rôle de l'art et la présence des artistes au cœur de la ville. Une série d'expositions et d'évènements a montré le travail d'artistes autour du thème : Recycler les friches urbaines. "En investissant des lieux vacants ou friches industrielles par ses projets in situ, Quartier éphémère explore des zones urbaines, hors des sentiers battus de l’art contemporain et s’ouvre à de nouveaux publics. Ce grand défi est honoré par la poésie que les artistes et leurs œuvres procurent en s’infiltrant dans la vie de tous les jours, en modifiant la dynamique sociale, l’interprétation et la perception de notre espace quotidien. L'art in-situ, la friche industrielle, l'abandon, la mémoire, la problématique et le paradoxe urbains, la désertification, sont des pistes de réflexion lancées aux artistes." [17] Vidéoprojections, éclairages, diffusion sonore, visites guidées, ateliers, performances, visites nocturnes sont autant d'installations et d'activités entreprises par les artistes. Celles-ci questionnent les sites, leur histoire, leur architecture et leur problématique urbaine.

Plan large, Alexandra Sà et Isabelle Hayeur source : fonderiedarling.org

Ces démarches montrent le rôle des artistes comme précurseurs et catalyseurs de la revitalisation des métropoles par leur actions au sein des quartiers en friches.

[17] Quartier éphémère, Recycler les friches [en ligne], Fonderie Darling. Site internet : <http://www.fonderiedarling.org/> (Consulté le 08.02.2011).

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La marche comme moyen d'expression En Europe, les flâneries parisiennes de Walter Benjamin, reprises par le mouvement Dada au début du XXe siècle sont à la fois un mode de vie et un outil d'appréhension de la ville. Elles deviennent des œuvres, des actions esthétiques qui lient l'espace de vie quotidienne et l'art. Guy Debord et sa théorie de la dérive, la psychogéographie ou encore l'Internationale Situationniste nourrissent ce mouvement à partir des années 1950. La dérive propose aux marcheurs de se laisser aller aux sollicitations du terrain. Les villes deviennent des espaces d'expérimentation régie par le sensible. La psychogéographie étudie les lois et les effets du lieu géographique qui agissent sur le comportement des individus. Pour les situationnistes la perte et l'errance en

Discours sur les passions de l’amour. Pentes psychogéographiques de la dérive et localisation d’unités d’ambiances. Illustration du Guide psychogéographique de Paris de Guy Debord. 1957 source : www.articule.net

milieu urbain sont considérées comme une des clés de l'expérience pragmatique du monde. "Un jour, on construira des villes pour dériver. On peut utiliser, avec des retouches relativement légères, certaines zones qui existent déjà". [18] En découle alors une opposition entre un espace scientifique abstrait, géométrique, homogène, uniforme, quantitatif et un espace éprouvé, imaginaire, concret, vécu, hétérogène, qualitatif, orienté. En Amérique du nord, Robert Smithson, qui erre au milieu des espaces vides des banlieues américaines, s'intéresse aux vestiges postindustriels dès la fin des années 1960. Les formes de l'architecture industrielle à l'abandon deviennent de parfaites allégories du monde moderne. Ces édifices sont décrits comme des "ruines à l'envers". Il développe le concept d'entropie pour décrire ce phénomène de devenir-ruine de tout ce qui prétendrait à une inaltérabilité radicale. En 1967 il publie sous le titre "Tour des monuments de

Partially Bured woodshed, Robert Smithson 1970. Photo de la série "Monuments of Passaic" source : www.photomuse.org

[18] Debord Guy, Théorie de la dérive. Publiée dans Les Lèvres nues n° 9, décembre 1956.

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Passaic" un texte agrémenté d'une série de photographies des édifices de sa ville natale. Fondé au début des années 1990, le groupe italien Stalker et leur Observatoire nomade propose de visiter Rome à travers ce qu'ils nomment les territoires actuels ou vides de l'archipel, c'est-à-dire les terrains vagues qui sont en perpétuel changement. "Les vides de l'archipel constituent le dernier lieu où il est possible de se perdre à l'intérieur de la ville, le dernier lieu où l'on peut se sentir hors du contrôle et dans des espaces dilatés et étrangers, un parc spontané qui n'est ni la nouvelle proposition environnementaliste d'une fausse nature rustique, ni l'exploitation consumériste du temps libre. Ils sont un espace public à vocation nomade qui vit et se transforme si rapidement qu'il devance dans les faits les temps d'élaboration des administrations." [19]

Route d'abandon à travers l'archipel romaine, Stalker, 1996. source : www.archilab.org

Les Carnets du paysage "Cheminements" parus en 2004 proposent un corpus construit autour de "l'hodologie", du grec hodos, qui signifie route, voyage. L'espace hodologique est défini comme "un espace affectif dont les repères correspondent à un ensemble d'actions, un trajet par exemple, plutôt qu'à un plan avec ses systèmes de coordonnées géométriquement calculés". [20] Cette science s'intéresse aux cheminements plutôt qu'aux chemins, à l'itinérance plus qu'à l'itinéraire. Il y a l'idée de mouvement, de processus.

Marcher en ville "L'attraction du paysage guide les pas selon une progressivité à vitesse humaine" [21] Parmi les activités de plusieurs collectifs montréalais on trouve l'organisation de visites pédestres de la ville. L'Autre Montréal qui se définit comme un collectif d'animation urbaine propose des circuits de découverte de l'histoire et du patrimoine des quartiers de la ville. "À une époque -les années 1970- où des pans entiers des vieux quartiers s'effaçaient sous la poussée du centreville, un groupe d'amis, membres du Comité logement Saint-Louis, eut l'idée d'animer des "visites de quartier" pour mieux comprendre ces bouleversements et inviter la population à faire entendre sa voix. De cette expérience est né le Collectif d'animation urbaine L'Autre Montréal, un organisme à but non lucratif incorporé en 1984." [22] Dans la même veine, Mémoire du Mile-End est un organisme à but non lucratif dédié au patrimoine, à l’histoire et à la culture mais spécifiquement du quartier Mile-End. Depuis 2003, les membres organisent des visites à pied et des conférences.

[19] Propos de Francesco Careri dans Stalkers : exposition CAPC-Musée d'art contemporain, Bordeaux, 5 fév.-23 mai 2004, catalogue exposition, Bordeaux : CAPC, 2004. [20] Gilles A. Tiberghien, Quatre notes conjointes sur l'introduction de l'hodologie dans la pensée contemporaine dans Cheminements, École Nationale Supérieure du Paysage, collection "Les carnets du paysage", n°11, Paris, Acte Sud, 2004. p.31. [21] Annelise ROUX, Vers le Médoc dans Itinérances autour de Bordeaux, Carnet Métropolitain, Arc en Rêve-Centre d'architecture, Sud-Ouest, Bordeaux 2011. p.19. [22] L'Autre Montréal, Historique [en ligne], L'Autre Montréal. Site internet : <http://www.autremontreal.com/> (Consulté le 08.02.2011).

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Ces visites permettent de faire découvrir aux citoyens le passé et le présent de Montréal ainsi que de les sensibiliser à leur patrimoine, leur histoire, leur culture.

Marcher dans les friches En août 2006, Dare-Dare, qui vient de s'installer au parc sans nom, invite le collectif multidisciplinaire américain Spurse. Celui-ci organise alors durant une semaine des randonnées urbaines auxquelles les montréalais sont conviés. Un point de départ ainsi qu'un point d'arrivée sont déterminés. Entre ces deux points, à l'image des dérives proposées par Debord, la randonnée se déroule sur le mode de l'improvisation. "Dans une perspective urbanistique, la démarche de Spurse permet de questionner les frontières géographiques, les barrières physiques, la fluidité de l'espace, le naturel et l'artificiel, le culturel, l'animé et l'inanimé, le matériel et l'immatériel. Dans une perspective humaine, elle est le lieu de rencontres et de jeux relationnels." [24]

Aménager les friches Partir d'actions marginales, impulsées par des artistes soucieux de leur qualité de vie proche et plus globale, nourries notamment par des préoccupations environnementales. Questionnement, sensibilisation et actions repris par des habitants ou encore des associations jusqu'aux politiques. Un organisme précurseur dans l'aménagement des terrains abandonnés, les Green Guerrilla.

Green Guerrilla et Guerrilla Gardening

Aux Etats-Unis la crise économique du début des années 1970 a poussé de nombreux propriétaires de New York à abandonner leurs immeubles et à les laisser aux soins de la municipalité plutôt que de les entretenir eux-même. Beaucoup sont détruits avant qu'ils ne s'écroulent. La ville est vite parsemée de friches et de terrains abandonnés grillagés. Dans cette ambiance morose, une artiste, Liz Christy vivant dans le Lower East Side, a décidé avec quelques amis de fleurir ces espaces au moyen de "bombes de graines" (seed bombs) lancées au-dessus des clôtures.

La marche est devenue un véritable outil d'expression des friches.

Les randonnées organisées par Spurse source : www.dare-dare.org

Liz Chsisty dans le premier jardin communautaire. source : www.lizchristygarden.org

[24] Dare-Dare, Archives [en ligne], Dare-Dare. Site internet : <http://www.dare-dare.org/> (Consulté le 08.02.2011).

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Puis des arbres sont plantés et du lierre est peint sur certaines façades. Ce mouvement, baptisé Green Guerillas, veut ainsi sensibiliser les gens de l'intérêt de réinsérer la nature dans l'urbain. Les terrains abandonnés se transforment petit à petit en jardins. Au fil du temps et des actions, le mouvement recrute à travers la ville jusqu'à ce qu'il regroupe assez d'activistes pour réaliser le premier jardin communautaire de l'histoire. Il existe aujourd'hui plus de 600 jardins communautaires et le mouvement a été repris par de nombreux activistes à travers le monde. Les différentes communautés sont recensées sur le site internet guerrillagardening.org.

À Montréal le jardinage clandestin a ainsi créé de nombreux jardins improvisés. Au nord du Mile-End, sur la vaste friche baptisée le Champ des Possibles, une équipe de jardiniers sous le nom de "Le Pouvoir aux Pousses" s'active pour le mettre en valeur. Dans les années 1990, à Montréal comme dans de nombreuses métropoles, face à des préoccupations environnementales de plus en plus fortes passant par l'amélioration de la qualité de vie des citoyens, un mouvement d'aménagement environnemental devient de plus en plus important. De nombreux organismes voient ainsi le jour afin de mettre en action leurs préoccupations : la Société de verdissement de Montréal ou encore Ruelle Verte et Sentier urbain en sont des exemples.

Société de verdissement de Montréal

Créée en 1992, la société a contribué à la réalisation de plus de 450 projets. "Ses activités visent tous les quartiers de Montréal où sévissent des îlots de chaleur et s’inscrivent dans une perspective de rajeunissement, de maintien et de développement de la forêt urbaine." [25]

Un sachet de graines distribué par le Pouvoir aux Pousses source : objet personnel

[25] Société de verdissement de Montréal, Accueil [en ligne], Soverdi. Site internet : <http://www.soverdi.org/> (Consulté le 08.02.2011).

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Sentier Urbain

Depuis 1993, cet organisme œuvre pour la sensibilisation, l'éducation jusqu'à l'action. "Susciter l'engagement de la collectivité dans l'action pour le verdissement social" [26]. À Montréal, des terrains désaffectés ou en friche ont été renaturalisés par Sentier Urbain et des "plans de verdissement" ont été établis pour plusieurs quartiers.

Un autre type d'action est menée pour la valorisation des espaces vacants : les aménagements temporaires. Voici quelques exemples de ce type investissant des terrains délaissés à Montréal. Plus ou moins suivis par les autorités (la Ville de Montréal), différemment initiés (un citoyen, des étudiants, la Ville) mais tous ces projets investissent un terrain vacant de manière temporaire.

Le Parc éphémère. Du 12 septembre au 8 novembre

Un délaissé du centre-ville réaménagé par Sentier Urbain source : photo personnelle

Ruelle Verte

Ruelle Verte aide les riverains à se réapproprier les ruelles qui se trouvent au cœur des îlots d'habitation. La réappropriation de cet espace public passe par l'augmentation de la couverture végétale et l'aménagement de divers éléments qui favorisent le voisinage, la qualité de vie, la sécurité et l'environnement. L'éco-quartier Plateau-Mont-Royal accompagne les résidants dans la réalisation de ruelle verte. Douze ruelles ont reçu le label du même nom.

1995 Cet aménagement est issu d'un atelier expérimental universitaire dont le but est d'intervenir en milieu urbain. Les étudiants ont proposé l'aménagement d'une place publique sur un terrain vague dans le quartier populaire et dynamique du Plateau Mont-Royal. L'aménagement est assez sommaire et consiste en la mise en situation du mobilier emprunté à la Ville (des arbres en pot, bancs, poubelles et un gradin pour terrain de baseball) sur un espace choisi pour son cadre architectural, son ensoleillement, sa proximité avec l'avenue Mont-Royal (une des artères commerçantes de la ville), la présence d'un panneau d'affichage et d'un sentier préexistant. "Le concept initial se fondait sur deux prémisses : permettre aux spectateurs de se muer en acteurs et engager une réflexion sur les utilisations possibles des places publiques". [27] "L'absence de formalité de l’intervention encourage l'appropriation collective du lieu qui deviendra spontanément pour un temps, à l'aube d’un scrutin référendaire sur la souveraineté du Québec, un agora populaire sans précédent." [28]

[26] Sentier Urbain, Mission/historique [en ligne], Sentier Urbain. Site internet : <http://www.sentierurbain.org/> (Consulté le 14.03.2011). [27] Bissonet Gilles, Le Parc éphémère, Inter : art actuel, n° 65, 1996, p. 44-45. Disponible sur : <http://id.erudit.org/iderudit/46461ac>. (Consulté le 11.01.2011). [28] Lévesque Luc, Montréal, l’informe urbanité des terrains vagues : pour une gestion créatrice du mobilier urbain, 1999. Disponible sur : <http://www.amarrages.com/>. (Consulté le 08.02.2011).

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Parc des festivals. 1996 Dans le quartier des festivals, la Ville a aménagé sommairement un terrain vague : une diagonale d'asphalte sur une poussière de pierre et quelques végétaux. Ceci est devenu le "support approprié pour servir une "culture de la place publique" qui, à Montréal, comme le remarquait l’architecte Jacques Rousseau, "se fonde plus dans l’événement que dans la durée". Le mobilier constitue ici, beaucoup plus que toute formalisation pérenne, la figure clef d’une manière typiquement montréalaise de s’approprier le transitoire." [29]

Parc Éphémère "Friche et célèbre". Été 2010 Un ancien stationnement étagé a laissé place à un terrain vacant dans le quartier du Vieux-Montréal. La morosité de la rue, entre-autre due à la présence de ce large terrain inutilisé, a soulevé l'envie d'un commerçant d'utiliser cet espace pour faire un parc éphémère.

a été peint pour des projections en plein air venant compléter une série d'activités programmées. Ce projet a été géré par son initiateur, financé par le milieu, concerté par les groupes du quartier et réalisé par des designers bénévoles. Ces aménagements permettent non seulement de sensibiliser et de faire parler les citoyens mais aussi de servir la culture de la place publique. Ces projets sont aussi témoins de la volonté des citoyens de se réapproprier la ville et permettent aux habitants ou aux simples passants de regarder, s'approprier, revendiquer, se questionner sur ces espaces vacants en tant qu'espaces publics en ville. Le caractère éphémère des aménagements contribue peutêtre à une plus grande sensibilisation.

CONCLUSION La qualité première des friches réside dans leur statut indéterminé. En effet, cette caractéristique leur octroie un nombre infini de possibles. Ces espaces sont nombreux au nord du Mile-End. De nature différente, ils offrent cependant, comme conclut Luc Lévesque : "une ressource concrète pour élargir les registres de l'expérimentation urbaine et cultiver l'ouverture de l'urbanité". [30]

Parc Éphémère "Friche et célèbre" photo :Sandra Laberge

Tout comme les deux projets précédents, le dispositif repose sur un aménagement paysager minimaliste doté d'une allée piétonne, une arche comme repère central, une longue table de banquet, des bancs. Un des murs adjacents

[29] ibid. [30] ibid.

Lieux soumis à diverses pressions. Qu'ils aient ou non un avenir déjà décidé, ces lieux peuvent être investis. De manière plus ou moins temporaire, il s'agit alors de ne pas chercher à transformer leur identité mais de réfléchir à des pratiques et des aménagements plus ou moins légers qui ne changeraient que peu leur nature indéterminée et les enrichiraient. Comme d'autres l'ont fait : amener l'art, aménager certains et parcourir l'ensemble sont autant de propositions retenues.

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position & projet Une paysagiste au nord du Mile-End


4 ma position

Une paysagiste au nord du Mile-End

Rappelons brièvement, le site d'étude : la voie ferrée du Canadien Pacifique délimite deux arrondissements montréalais, au nord, l'arrondissement Rosemont-Petite Patrie et au sud, l'arrondissement du Plateau Mont-Royal. Les habitations qui occupent en majorité la surface de ces arrondissements laissent place ici à des zones d'activités. Les industries se sont installées le long du chemin de fer occupant différemment la trame urbaine. De nombreux terrains abandonnés ponctuent le secteur. La voie ferrée est aujourd'hui plutôt vue comme un obstacle entre les arrondissements. Mais c'est pourtant elle qui a construit l'identité, l'histoire de ces lieux. Son arrivée a bouleversé le développement du quartier avec l'implantation des activités industrielles. Leur installation et la construction de diverses infrastructures (viaduc, tunnel) a façonné une morphologie singulière. La reconversion du secteur industriel a entrainé des modifications significatives accompagnées par la prolifération d'un végétal spontané qui s'installe sur les terrains abandonnés, nouveaux territoires en marges. Et comme l'écrit Luc Lévesque [1], "l'indéterminé ouvre l'espace à l'imaginaire" qui pourrait être complété par Pierre Sansot [2], "c'est l'imaginaire se trouvant dans les

[1] ibid. [2] Sansot Pierre, Poétique de la ville, Paris : Klincksieck, 1988, p.59.

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fragments de l'urbain qui rend la ville poétique". Ces lieux sont devenus des espaces d'expression et d'expérimentation. Une identité singulière s'y façonne.

La voie ferrée derrière le St Lawrence photo Valérie G.


Le site aujourd'hui

source : bing.com/maps

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mon projet

Une paysagiste au nord du Mile-End

Les espaces ouverts de qualité sont peu nombreux dans le secteur. La frénésie immobilière, qui pousse à la reconversion et à la destruction de certains bâtiments industriels, cherche aussi à combler les espaces "vides". Comme la large parcelle, bordée au sud par la voie ferrée, un peu plus à l'est du site d'étude, entre la rue Saint-Denis et la rue Saint-Hubert, d'abord désindustrialisée, et qui accueille aujourd'hui un ensemble d'habitations juxtaposé à la station de métro Rosemont. Plus proche, le fournisseur de charbon situé à l'extrémité nord de l'îlot du Carmel a laissé sa place à de nouvelles habitations datant de la fin des années 1980.

des jardins de proximité, des lieux de rencontre, soutenir certains projets en cours, révéler et donner à voir les œuvres présentes, inviter des artistes, songer à la reconversion de certains bâtiments sont les grandes lignes de projet choisies. Le tout sera lié par un parcours. Une promenade, une marche qui nous invite à lire la ville. Aujourd'hui, ce projet est montré tel que souhaité, depuis Bordeaux, mais il serait sans doute différent, présenté à Montréal en collaboration avec les habitants, des associations, des artistes ou encore les services de la Ville.

Une des préoccupations du projet est donc de conserver ces derniers espaces ouverts au sein du tissu déjà densément bâti des arrondissements. De plus, la proximité de plusieurs établissements scolaires, d'un centre sportif, la présence d'une portion de piste cyclable, mais surtout le constat de la fréquentation quotidienne de ces lieux par les habitants et les travailleurs du quartier sont autant de points qui soutiennent ce choix. En s'inspirant des actions existantes, des aménagements temporaires, des pratiques artistiques mais aussi de la volonté des habitants il s'agit de proposer un projet hybride. Offrir au public des espaces publics de qualité : aménager

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Six lieux de projet ont été choisis. Ces parcelles se trouvent de par et d'autre de la voie ferrée entre le Bovril et le Capitol. Chacune des parcelles est diagnostiquée, un état des lieux est fait et les potentiels sont relevés afin de trouver une proposition appropriée à chacun des lieux.


Lieux de projets

square, parc voie ferrée

bâtiments industriels

jardin privé

bâtiments d'intérêt

Parcelles à projet

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Jardin Crépuscule

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Terrasse du St Lawrence

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Parc sans nom

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Triangle Cloutier

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projet détaillé

Terrasse du St Lawrence

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Jardin et pépinière de voyageuses et de spontanées Capitol

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Le Jardin crépuscule

au début des années 1950. Le bâtiment fut détruit vingt ans plus tard lors de la construction du viaduc RosemontVan Horne qui enjambe le Canadien Pacifique et le creusement du tunnel qui permet à la rue Clark de relier les deux arrondissements.

État des lieux

Aujourd'hui le jardin se situe au centre d'un véritable carrefour de circulation : voie ferrée, rue SaintUrbain, viaduc, desserte du St Lawrence, tunnel de la rue Clark. De plus les piétons l'emprunte afin de traverser les rails et rejoindre le parc linéaire. Cette situation pourrait le rendre peu attrayant cependant l'artiste Lemesurier a transformé cette image. Il a planté des arbres et entretient la végétation présente. Des blocs de béton ont été disposés le long de l'avenue et sur le côté ouest, en bordure du petit parking pour ne pas

Baptisé Jardin Crépuscule par l'artiste Glen Lemesurier, ce délaissé se situe sur l'îlot long et étroit qui est coincé entre l'avenue Van Horne et la voie ferrée et qui s'étend de l'édifice Bovril (sur l'avenue du Parc) à l'imposant St Lawrence Warehousing (au coin du boulevard SaintLaurent). Les industries qui s'échelonnent depuis l'avenue du Parc laissent place ici à un espace ouvert. Cette parcelle fut occupée par une petite industrie textile ru

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source : www.bing.com/maps

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que les véhicules envahissent le jardin. Dans ce lieu tout en mouvement, il a installé ses sculptures faites de pièces métalliques récupérées à la gare de triage d’Outremont plus à l'ouest. "Avec ses girouettes de bois qui virent au gré du vent, ses grands masques de tôle, ses sculptures métalliques, ses pneus en pièces montées, le carrefour s'est mis en mode féerie." [3] La végétation au caractère sauvage et l'art ferroviaire de Lemesurier font écho à la voie ferrée voisine.

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N Vue aérienne actuelle du Jardin Crépuscule source : www.bing.com/maps

Sculptures de Glen Lemesurier photos personnelles

[3] Odile Tremblay, "Macadam, une oasis en plein Mile-End. Glen Lemesurier sème des sculptures, angle Van Horne/Saint-Urbain" [en ligne], 16 aout 2007, Disponible sur : <http://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/153523/macadam-une-oasis-en-plein-mile-end>. (Consulté le 17.03.2010).

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Projet : un cheminement & un passage sécurisé Pour traverser la voie ferrée à pied ou à vélo il faut emprunter les trottoirs longeant les passages inférieurs de l'avenue du Parc, la rue Clark, le boulevard Saint-Laurent ou la rue Saint-Denis. Les piétons peuvent aussi emprunter le viaduc RosemontVan Horne. Ces possibilités ne sont ni très agréables ni très confortables que ce soit pour le piéton ou le cycliste. Il s'agit de longer des axes où la circulation est souvent importante, d'emprunter des passages sombres un peu inquiétants ou carrément lugubres.

L'aménagement d'un passage sécurisé entre le Jardin crépuscule et le Parc linéaire offre une alternative. Un cheminement en traverses (possiblement récupérées à la gare de triage d'Outremont) nous guide à travers le Jardin de Lemesurier vers le franchissement aménagé de la voie ferrée. Des bancs sont installés sous les arbres. Le franchissement est en forme de Z. Cette forme oblige le piéton ou le cycliste à regarder des deux côtés avant de traverser.

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Vue sur le Jardin Crépuscule depuis l'avenue Van Horne

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Terrasse du St Lawrence Warehousing

État des lieux La forme particulière du St Lawrence est accrue par la présence d'une terrasse qui s'avance vers le boulevard Saint-Laurent.

viaduc RosemontVan Horne

Ce triangle enherbé bordé d'une balustrade en béton s'étire vers la voie ferrée et surplombe la Main : un peu plus de deux mètres la séparent du trottoir en contrebas. Cette pelouse offre ainsi un belvédère vers le viaduc. Sur l'arête du bâtiment, un panneau publicitaire a été installé. C'est un rectangle de six mètres sur deux.

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viaduc Rosemont-Van Horne

La pelouse de la terrasse photo Valérie G.

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Vues aériennes de la terrasse source : www.bing.com/maps

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Jessica Eaton, Landscape Missing a Byte, 2009

Projet : Nature en Technicolor Une photographie de Jessica Eaton est installée sur le panneau publicitaire au dessus de la terrasse. C'est le cliché d'une nature en Technicolor qui contraste avec les couleurs plus sobres du bâtiment.

Installation d'une photo de Jessica Eaton sur la terrasse

Au sol, des branches bleues sont disposées, semblant sortir de la pelouse. De ce belvédère, on peut observer le Parc sans nom. Des arbres, du même bleu, sont sous le viaduc. Ces photos ont été installées du 25 avril au 4 juin 2011 dans le cadre du Scotiabank contact photography festival.

Vue de la terrasse vers le viaduc

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Le parc sans nom

État des lieux Situé entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Clark, il s'agit d'un autre délaissé directement lié à la construction du viaduc. Il se trouve en partie sous la pente de l'infrastructure. La végétation est quasi inexistante dans cette partie abritée. On ne trouve qu'une faible strate herbacée qui n'est pas beaucoup plus dense dans la partie ouverte. La présence d'une large bande d'asphalte et d'une surface de gravier limite la progression de la végétation. Les arbustes et les arbres poussent en bordure, le long de la rue Clark et de la rue Arcade.

Le terrain est aujourd'hui clôturé par un haut grillage. Ce contour matérialisé en a fait un parc. Un panneau informe : "Terrain privé. Ce terrain est réservé aux activités de la Ville de Montréal. Toute autre utilisation strictement interdite". Toutefois cet espace a été investi durant deux ans par le collectif d'art autogéré Dare-Dare. Celui-ci y a organisé des expositions et des installations d'art public. Un four à pain y a été construit dans le but d'un projet communautaire. Inscrit dans la longue tradition des fours à pain extérieurs, il permettait aux habitants de se retrouver lors de "pizza fiesta gratis" et de rendre possible des donations pour des banques alimentaires. Il a été détruit en juin 2009 suite aux déclarations du Service de prévention des incendies de l'illégalité de ces activités de cuisson.

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photoaérienne datant de 2008-2009 > en atteste la présence du local de Dare-Dare (rectangle bleu clair dans le parc)

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Après deux ans de vie, de création et d'accueil grâce au collectif, le terrain demeure aujourd'hui clôturé et abandonné. Depuis l'installation de Dare-Dare, un parc sans nom est devenu Le Parc sans nom.

Le Parc sans nom, un délaissé en partie sous le viaduc Rosemont-Van Horne. photos personnelles et de Valérie G.

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Projet : Parc sans nom, une forêt insolite

choisie, un bleu intense, les rend irréels. Cette forêt est agrémentée de balançoires pour une, deux personnes, enfants et adultes. Ces éléments concourent au caractère saugrenu du lieu et laissent place à l'imaginaire.

La situation de ce parc, en partie sous le viaduc, rend ce lieu étonnant. La proposition consiste ici à installer une forêt urbaine d'arbres bleus sous le viaduc. Des troncs nus dont on a conservé les principales branches sont disposés entre les piles du viaduc. La couleur

Ce sont les branches de ces arbres bleus qui sortent de la pelouse du St Lawrence.

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Cette installation pousse à se demander qui était là en premier. Les arbres ou le St Lawrence ? Les arbres ou le viaduc ? À l'intérieur de ce parc, au sol, la végétation est privilégiée au dépens du minéral. Un fauchage léger permet cependant d'entretenir des sentiers. Le grillage qui clôt actuellement cet espace est retiré. Les arbres déjà présents font office de clôture végétale dont l'épaississement est favorisé.

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5m Arbres bleus et balançoires sous le viaduc

La forêt bleue sous le viaduc

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Triangle Cloutier État des lieux

Autre délaissé issu de la construction du viaduc. faible fréquentation de ce lieu a permis à un ruban végétal plus ou moins épais (arbres ou simple strate herbacée) de croître des bordures vers le centre de l'îlot. De grands arbres (frênes) poussent le long de la voie ferrée. Deux passages sauvages sont régulièrement empruntés par les piétons et certains cyclistes pour traverser les rails du chemin de fer et rejoindre la piste cyclable de l'autre côté.

En forme de triangle, il est au carrefour de trois axes importants du site : le boulevard Saint-Laurent le longe à l'ouest et s'engouffre sous la voie ferrée (qui le borde au nord) tandis que son côté sud est survolé par le viaduc Van Horne. Une balustrade court le long du boulevard pour protéger les piétons du dénivelé causé par le passage de la voie sous le chemin de fer. Des blocs de béton complètent cette fermeture de l'îlot en étant disposés le long des trottoirs, empêchant l'intrusion de véhicules sur cet espace. Bien que la totalité de la surface soit goudronnée, la

Dans l'angle, au sud, un escalier permet de regagner le viaduc enjambant la voie ferrée. C'est le seul moyen de la traverser de manière sécuritaire entre le boulevard Saint Laurent et la rue Saint Denis.

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Vue sur le St Lawrence depuis le délaissé photo : Valérie G.

Large espace vide longé par la voie ferrée photo : Valérie G.

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Projet : Mobilier multifonctionnel Ce délaissé offre un vue intéressante sur la silhouette du St Lawrence qui s'étire vers le boulevard, soulignée par la balustrade. Les emprises fluctuantes de la voie ferrée permettent aux plantes de se développer sur les bords. La sous-utilisation de ce lieu a permis à de nombreux arbres et arbustes de croître et de former un épais ruban parallèle aux rails.

Une structure en bois greffée au viaduc s'étire sous les arbres bordant la voie ferrée et se décline en banc, table, transat. Une partie se tourne vers le St Lawrence. Ce mobilier permet aux passants de s'installer un moment, de pique-niquer ou bien faire la sieste à l'ombre des arbres en écoutant passer les trains.

Les trains qui empruntent cette ligne sont des trains de marchandises très longs et relativement lents. Le rythme des wagons offre une musique cadencée.

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Mobilier multifonctionnel

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Îlot STM et Ville de Montréal

Une large surface minérale mitoyenne au parking (4100 m2) sert de zone d'entreposage. Des tas de gravats et de blocs de béton envahissent l'espace donnant au site une allure de dépotoir entouré de grillage. La partie sud, un rectangle relativement étroit, fermée aussi par un grillage, est laissée à l'abandon. Une végétation dense s'y est développée. Une cheminement la traverse dans sa longueur, direction est/ouest.

État des lieux Les deux îlots concernés se trouvent au nord de la voie ferrée et du viaduc. Le premier îlot se situe entre la rue Saint-Dominique et l'avenue Casgrain et appartient à la STM, Société de Transport Montréal. Celle-ci dispose d'un bâtiment de 3000 m2 : l'atelier Bellechasse qui donne au nord sur la rue du même nom. Une aire de stationnement le jouxte, au centre de l'îlot. Le tout occupe un peu plus de la moitié de la surface totale (environ 7000 m2 des 12 500 m2 totaux).

Le deuxième îlot, entre l'avenue Casgrain et l'avenue de Gaspé, appartient à la Ville de Montréal. Il est découpé en trois parties qui s'échelonnent du nord au sud, séparées par des grillages. La partie la plus au nord, bordée par la rue Bellechasse, et celle tout au sud, longée par la rue Marmier, sont utilisées

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source : www. maps.google.fr


par les services de la Ville. Ce sont des zones de stockage d'arbres et de mobilier. On y trouve des bacs de culture, ronds et hors sol, de nombreux arbres en motte, des blocs de béton ainsi que de la terre, du sable et autres gravats. Tout ceci est disposé à la périphérie de l'îlot pour permettre aux véhicules de manœuvrer au centre. Le rectangle au centre de l'îlot est utilisé comme aire de stationnement sauvage. La végétation grignote petit à petit le sol grossièrement goudronné, du pourtour vers le centre. Jusqu'au début des années 1970, des bâtiments occupaient l'ensemble de cet îlot : des habitations au nord, et des bâtiments industriels au sud.

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Extrait de Insurance plan of the city of Montreal, volume 5. 1955 source : www.banq.qc.ca

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PÊpinière, entreposage, stockage, parking... photos ValÊrie G.

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Projet : Jardin et pépinière de voyageuses et de spontanées Les vents dominants venant du sud-ouest ainsi que les mouvements d'air provoqués par le déplacement du train apportent les graines transportées par les wagons. La voie ferrée qui passe sur le site d'étude est empruntée par les trains du Canadien Pacifique. Cette ligne parcourt le Canada : de la Colombie Britannique (Vancouver) au Québec (Montréal) en passant par le sud du pays, traversant six provinces ainsi que plusieurs états du nord des états-Unis, au climat et végétation variés. De très nombreuses graines voyagent ainsi à travers le pays. Il peut s'agir des céréales transportées dans les wagons ou tout simplement des graines qui se collent à l'extérieur des trains. Les îlots vacants offrent une surface importante à aménager. Le dispositif consiste ici à attraper les graines voyageuses grâce à des surfaces de terre mise à nue.

Verbena bracteata Lag. & Rodr Verveine prostrée

Le tracé au sol de ces "attrape-graines" est dessiné selon un motif choisi : le contour d'une feuille de verveine prostrée (Verbena bracteata). Originaire de l'Amérique du Nord mais hors de la région étudiée (triangle Toronto>New York>Québec), la verveine prostrée fait partie des plantes qui semblent être arrivées "par le train". Elle appartient à la flore des milieux ouverts des prairies américaines. "La plante est connue depuis une quarantaine d'années en Ontario (province voisine du Québec) sans que son statut indigène soit certain. Elle semble bien être maintenant une addition à la flore du Québec." [4] Elle est donc une représentante parfaite de ces plantes voyageuses.

largeur plus ou moins importante, sol plus ou moins arrosés et une fois que les espèces se développent elles sont plus ou moins sélectionnées.

Afin d'attraper un maximum de spécimens, les surfaces propices à l'ensemencement naturel sont diversifiés :

dessin personnel

Les cheminements relient la partie sud déjà densément végétalisée de l'îlot STM au nouveau jardin. Le dessin tout en courbes s'organise et rejoint le tracé plus fonctionnel de la partie de l'îlot utilisé par les services de la Ville. On note sur l'ensemble une progression dans le dessin mais aussi dans la sélection des espèces : des voyageuses et des spontanées aux espèces plus cultivées. Le jardin des voyageuses et des spontanées complète la pépinière de la Ville. Ainsi, une palette végétale plus large permet de diversifier les plantations en milieu urbain.

[4] Roger Latour, Guide de la flore urbaine. Montréal : Fides, 2009. p.38

125


Jardin et pépinière de voyageuses et de spontanées Silhouettes d'espèces rencontrées sur le site

strate herbacée existante arbres existants végétation nouvelle arbres plantés mobilier : bancs, tables de pique-nique, parasols

Linaire vulgaire Linaris vulgaris

Diplotaxe des murs Diplotaxis muralis

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Jardin des voyageuses

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Faux pâturin Eragrostis minor

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Morelle douce-amère Solanum dulcamara


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voie ferrée piste cyclable

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5m Coupe dans le Jardin des voyageuses

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végétation existante

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Le champ des possibles

la rue Saint-Denis, les carmélites s'installent. Le Carmel est composé de plusieurs bâtiments publics rassemblés sur l'avenue du Carmel au sud. Derrière, on trouve le Monastère en forme de cour carrée. S'étend ensuite le grand jardin, doté de quelques ermitages. L'ensemble est fermé par un haut mur, véritable enceinte du monastère.

État des lieux Sous le nom de Champ des Possibles est désigné le large délaissé compris entre l'avenue de Gaspé et l'avenue Henri-Julien et bordé au nord par la voie ferrée.

À partir des années 1950 les entreprises d'industrie textile s'implantent dans des bâtiments massifs qui s'échelonnent le long des avenues de Gaspé et Casgrain. Ces méga structures d'une dizaine d'étages contrastent avec les "plex" des alentours. L'activité, en pleine expansion durant les années 1970, décroît petit à petit et on assiste à partir de 1990 à la désindustrialisation du quartier au profit de l'arrivée de professionnels de la communication.

Avec l'arrivée du Canadien Pacifique en 1876, le quartier s'industrialise. Les bâtiments s'implantent de part et d'autre de la voie ferrée et l'îlot concerné est segmenté par de nombreux rails le transformant au début de 1900 en gare de triage desservant les industries. À la même période, à l'est, entre l'avenue Henri-Julien et

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Extrait de Insurance plan of the city of Montreal, volume 5. 1955 source : www.banq.qc.ca

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Aux début des années 2000, les méga structures sont toujours présentes et deux magasins d'alimentation en gros agrémentés de parking ont grignoté la partie est, face au Carmel. Après le démantèlement de la gare de triage, les espaces ouverts, aujourd'hui propriétés de la mairie, ont été colonisés par la végétation. Comme l'écrit le sous comité du Champ des Possibles : "Le vent, le chemin de fer, les oiseaux et les animaux (y compris les humains !) ont tous apporté des graines ici. Cet espace vert est maintenant l'habitat de nombreuses espèces. C'est un assemblage d'espèces d'ici et d'ailleurs. Comme les humains qui habitent à Montréal !". [5]

Aujourd'hui, la majeure partie du Champ est ouvert, une strate herbacée abonde. Une strate plus haute (arbustes et arbres) court le long des bâtiments au nord ainsi que le long de l'avenue Henri-Julien et dans la partie centrale plus étroite, entre les bâtiments de l'avenue de Gaspé et les magasins d'alimentation. Enfin, quelques sujets isolés déploient leur houppier au centre de la prairie. De nombreuses lignes de désir parcourent le site et plusieurs se dirigent vers la voie ferrée pour la traverser.

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[5] Sous comité du 'Champ des Possibles' en collaboration avec le comité des citoyens du Mile-End, Présentation du projet élaboré par le sous comité du 'Champ des Possibles' [en ligne]. Montréal, octobre 2010, p.3. Disponible sur : <http://lechampdespossibles.tumblr.com/>. (Consulté le 01.11.2010).

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100m N

source : www. maps.google.fr

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Ce délaissé est devenu un site foisonnant de pratiques et d'usages et plusieurs caractéristiques font de lui un lieu original et extrêmement riche : > son caractère patrimonial. Le lieu est fortement marqué par l'histoire industrielle du quartier et l'établissement d'une communauté religieuse proche. L'édifice des carmélites a par ailleurs été classé monument historique le 18 mai 2006 par le Gouvernement du Québec. > sa remarquable biodiversité. De très nombreuses espèces d'animaux (oiseaux, insectes, papillons...) ainsi qu'une large diversité végétale dont des espèces rares ont été étudiées et recensées. Les abeilles du Champ ont élu domicile dans la ruche installée dans la partie nord.

Diversité végétale photo personnelle

> les pratiques artistiques. Les artistes du quartier se sont appropriés le site depuis plusieurs années en l'investissant par leurs œuvres plus ou moins pérennes (jardinage de l'extrémité sud, symbole Roerich) mais image de "la vitalité culturelle de ce terrain et la prise de conscience citoyenne de le protéger." [6] > l'aménagement récréatif. De nombreux habitants ainsi que les travailleurs du quartier profitent de cet espace vert. "C'est un lieu de divertissement, de délassement, de réjouissance. Quotidiennement, les citoyens du Mile-End se rendent au Champ pour : promener leurs chiens, y chanter, lire, y pratiquer les arts martiaux, composter les déchets végétaux, y méditer, y pique-niquer, y tourner des films, rencontrer l'être aimé." [7] > les activités pédagogiques. Elles sont présentées sous forme de visites autour de thématiques du patrimoine et de la biodiversité et sont notamment organisées par le collectif Mémoire du Mile-End (voir p.93). [6] ibid., p.4. [7] ibid., p.6.

130

La ruche du Champ des possibles source photo : lechampdespossibles.tumblr.com

Ce site est un lieu unique d'observation de la relation entre les humaines et la nature urbaine.


Symbole Roerich dessiné par l'artiste Emily Rose Michaud source photo : http://roerichproject.artefati.ca/

Les sumacs vinaigriers (Rhus typhina) se parent de leurs couleurs automnales photo personnelle

Même l'hiver, de nombreux piétons se promènent au Champ des Possibles et laissent leurs traces dans la neige. photos personnelle

131


Projet : le Champ des Possibles Les membres du sous-comité ont décidé que les citoyens devaient être des acteurs privilégiés du projet. Ainsi ils souhaitent mettre en œuvre un processus concerté et participatif pour le réaménagement de cet espace vert. Un document de présentation du projet a été rédigé. On y trouve la description des propositions pour le Champ des Possibles : > l'établissement d'une "Réserve de Biodiversité Urbaine" : "Pour y favoriser la biodiversité il faut diversifier sa morphologie : faire des talus et créer un plan d'eau. Faites l'habitat et les espèces le trouveront. Ce sont des processus naturels que nous pouvons aussi améliorer : la plantation de quelques espèces d'arbres fruitiers attirera plus d'oiseaux. La plantation de certaines autres espèces fera l'affaire des papillons. Osons ! La section nord du Champ des Possibles peut devenir une Réserve de Biodiversité Urbaine qui s'inscrira dans un contexte géographique plus lare, un élément important d'une mosaïque reliée par un biocorridor urbain." [8]

> la décontamination du site due à son activité industrielle passée par des méthodes judicieusement ciblées. Trois processus sont à considérer : la biorémédiation (traitement par les micro-organismes), la phytorémédiation (traitement par les plantes), et la mycorémédiation (traitement par les champignons). Le sous-comité souhaite faire de ce terrain un modèle de décontamination environnementale avec l'appui du Centre d'Excellence de Montréal en Réhabilitation de Site (CEMRS) qui est un organisme d'expertise dans ce domaine. Le dessin du projet reprend notamment le tracé des anciens rails qui desservaient les industries. Ce sont les lignes principales du projet. Le long de cellesci se répartissent les nouvelles plantations ainsi que le contour du nouveau plan d'eau.

> le Champ, un site pour les artistes : atelier à ciel ouvert, espace d'exposition, zone d'échange entre les artistes et la nature et d'interaction avec le public. "L'existence du Champ des Possibles sera fondée sur la conviction que la récupération, la revitalisation et l'expression créative sont essentiels à la santé humaine et à l'amélioration de l'environnement urbain." [9] > la disposition d'un mobilier constitué de bancs et de tables, d'une halte verre, des points d'exposition d'œuvres artistiques.

[8] ibid., p.3. [9] ibid., p.4.

132

Plan du projet du Champ des Possibles extrait de ibid., p.14.


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traversée sécurisée de la voie ferrée

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plan d'eau et passerelles

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strate herbacée existante

arbres existants

arbres plantés

133


Le Champ des Possibles aménagé Ce lieu et les autres espaces aménagés sont des exemples d'espaces de proximité contribuant à la qualité de vie des montréalais. L'aménagement proposé pour le Champ des Possibles en renforce la qualité.

N

134


Armoise vulgaire Artemesia vulgaris

Valériane officinale Valeriana officinalis

Aster lancéolé Symphyotichum lanceolatum

Potentille argentée Potentilla argentea

Tanaisie vulgaire Tanacetum vulgare

Silhouettes d'espèces rencontrées sur le site

Vue à l'intérieur du Champ. Sur la droite, une passerelle enjambe le plan d'eau

135


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55 parcours


Jardin et pépinière de voyageuses et de spontané Terrasse du St Lawrence Nature en Technicolor St Lawrence

Jardin Crépuscule

Bovril

Départ Triangle Cloutier Parc sans nom forêt insolite

138


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parcours dĂŠcrit dans le volume 2. Capitol Champ des Possibles

139


Le parcours décrit dans le second volume lie les différents lieux de projet et les bâtiments significatifs du site en croisant et recroisant la voie ferrée.

140


141


142


66 annexe


annexe recherches travail sur les trois bâtiments industriels. patrimoine à mettre en valeur, à sauvegarder

Bovril

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St. Lawrence warehousing co. 154


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160


77

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165


166


88 table des matières


Table des matières

5 11

Préface

13

1. Choix. Les abords du Canadien Pacifique

23

2. Un site à Montréal

25

Situation générale > Montréal, métropole canadienne > Archipel Hochelaga > Arrondissements > Trame urbaine > Trame urbaine sur le site

35

De la trame agricole à la trame urbaine > Résumé succinct

43 46

Le site décortiqué > Le site d'étude : les abords de la voie ferrée entre le plateau-Mont-Royal et RosemontPetite Patrie > Le bâti

54

> Les espaces non-bâtis

26 27 28 30 32 38 44 47 50 52 56

70 71 72

168

Remerciements

>> Îlot-type et habitat >> Plex, industries le long de la voie ferrée et axes commerciaux >> Institutions, édifices religieux, centre sportif et parcs >> Textures

> Pratiques et usages

>> Pratiques et usages des espaces non-bâtis aménagés >> Pratiques et usages des espaces vacants


75

3. Friches et industries : Montréal industrielle

79 80

Regard sur l'architecture industrielle > Montrer

81 81

> Visiter > Répertorier

80 81 82

>> Montréal industriel

83

>> Association québécoise pour le Patrimoine Industriel >> Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la communauté urbaine de Montréal >> Plan d'urbanisme de Montréal

84 85

84 86

89 92 92 93

> Reconvertir

>> Fonderie Darling. Centre d'art. Complexe alternatif pour les arts visuels. >> Usine C. Centre de création et de diffusion pluridisciplinaire.

> Conclusion Regard sur les friches > Pratiques artistiques >> Dare-Dare. Centre de diffusion d'art multidisciplinaire. Centre d'artistes autogéré.

>> Quartier éphémère. À la Fonderie Darling. Centre d'art. Complexe alternatif pour les arts visuels.

94

> La marche comme moyen d'expression

96

> Aménager les friches >> Green Guerrilla et Guerrilla Gardening

95 96 96 97 98 98 98 99 99

99

>> Marcher en ville >> Marcher dans les friches

>> >> >> >> >> >>

Société de verdissement de Montréal Sentier Urbain Ruelle Verte Le Parc éphémère Parc des festivals Parc Éphémère "Friche et célèbre"

> Conclusion 169


101

4. Position et projet. Une paysagiste au nord du Mile-End

102

Ma position

104

Mon projet

106 108 112 114 118 122 128

Projet détaillé > Le Jardin Crépuscule > Terrasse du St Lawrence Warehousing > Le Parc sans nom > Triangle Cloutier > Îlot STM et Ville de Montréal > Le Champ des Possibles

137

5. Parcours

143

6. Annexe

161

7. Bibliographie

167

8. Table des matières

173

9. Résumé & mots-clés

174

Résumé

175

Mots-clés

170


171


172


99 Résumé & mots-clés

173


Résumé

Parcours pour un autre regard. Montréal. Nord du Mile-End. Le tracé courbe de la voie ferrée du Canadien Pacifique sépare les arrondissements montréalais du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont-Petite Patrie. Au nord du Mile-End, district du Plateau-Mont-Royal, la trame urbaine régulière issue du découpage agricole des colons français du XVIIe siècle est ici différemment occupée : les basses habitations (2-3 étages) laissent place aux industries de taille massive. De part et d’autre du chemin de fer : un patrimoine bâti et de nombreux délaissés. La pression foncière mais surtout la fréquentation quotidienne de ces lieux par les habitants et les travailleurs soutiennent une volonté d’offrir ces espaces sous-utilisés au public. Différentes interventions sont proposées au sein de ces parcelles : aménagement d’un cheminement, de traversées sécurisées de la voie ferrée, installation de mobilier, soutien des actions déjà menées par les citoyens, aménagement de jardins de proximité... Le tout est lié par un parcours qui propose de traverser les lieux de projet et donne à voir le patrimoine architectural industriel, offrant ainsi une lecture différente de ce morceau de ville.

174


mots-clés

Nature en Technicolor

Industries

Viaduc

Plateau-Mont-Royal

St-Lawrence Warehousing Plantes spontanées

Jardin Crépuscule

Patrimoine architectural

Capitol

Plantes voyageuses

Mile-End

Champ des Possibles Rosemont-Petite Patrie Friches Montréal Voie ferrée Espaces sous-utilisés

Canadien Pacifique

Regard

Bovril

Plex Boulevard Saint-Laurent

Forêt insolite Parcours trame urbaine régulière

espaces non-bâtis

175


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