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ffement climatique Quand la vase toxique asphyxie les eaux douces

À la fin du Permien, un réchauffement climatique de plus de 10 °C favorise la prolifération de bactéries et d’algues toxiques. Les écosystèmes d’eau douce mettront des millions d’années à s’en remettre. Le phénomène va-t-il se reproduire…

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Le jour se lève, et en ce début d’été 2018, il fait encore frais Heureusement pour nous, car nous venons de débarquer en Australie en provenance de Stockholm pour étudier une falaise située à une heure de route de Sydney Nous sommes à la recherche des derniers témoignages de la pire crise biotique qu’a jamais subi notre planète : celle de la fin du Permien (299 à 252 millions d’années). Plus de 70 % des vertébrés terrestres et 80 % des espèces maritimes ont alors disparu Très peu d’animaux ont survécu à cette immense crise, à tel point qu’on la surnomme en anglais The Great Dying, « la grande agonie ».

Face à la falaise, nous avons tout de suite noté un premier indice de la crise : la couche de charbon en question était la dernière de l’imposante pile sédimentaire nous faisant face. Au-dessus, de très stériles couches de sable solidifié – c’est-à-dire de grès – nous dominaient, alors que pendant notre ascension, nous avions observé plus bas dans la même pile de nombreuses couches de charbon prises entre grès et mudstone – une roche faite de 90 % de boues calcaires pétrifiées. Ces charbons de la fin du Permien représentent les restes compactés entre 259 et 252 millions d’années des forêts marécageuses d’une vaste ceinture méridionale du supercontinent du Gondwana Pour leur part, les couches les surmontant se sont constituées entre 252 millions et 247 millions d’années, pendant la première partie du Trias (252 à 201 millions d’années). L’observation faite face à cette falaise australienne peut être établie ailleurs sur la planète : les roches du début du Trias résultent d’un lent dépôt de sables et de boues dans des rivières et des lacs, sans guère de traces de vie apparentes.

Avant la crise de la fin du Permien, les zones humides étaient très arborées et florissantes (à gauche). Après la crise, algues et bactéries ont proliféré dans les eaux douces et empêché le rétablissement de ces écosystèmes (à droite).

Longtemps négligée parce qu’elle contient très peu de combustibles fossiles exploitables, cette lacune dans les dépôts de charbon apparaît aujourd’hui comme le symptôme le plus évident de la maladie d’un monde qui s’écroulait À la fin du Permien , outre les écosystèmes terrestres et marins, ceux d’eau douce se sont effondrés Nos recherches récentes montrent que la hausse mondiale de la température moyenne s’est alors accompagnée d’une prolifération considérable des bactéries et des algues aquatiques, qui a rendu les rivières et les lacs peu habitables Ces constatations ©

L’ESSENTIEL

> Aujourd’hui, certains variants du virus responsable du Covid-19, comme Omicron, échappent en partie à l’immunité conférée par les premiers vaccins administrés.

> Plusieurs équipes dans le monde travaillent sur de nouvelles approches pour améliorer l’e cacité vaccinale contre ces variants, voire d’autres coronavirus.

> Mise à jour, ciblage à spectre plus large, utilisation de nanoparticules, exploration de nouvelles protéines virales comme cibles potentielles, les stratégies testées sont multiples.

> Plus de cinquante vaccins ont déjà été approuvés et des centaines d’autres sont en cours d’essais cliniques.

L’AUTEUR

EWEN CALLAWAY journaliste à Nature

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