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Chapitre 5 « Amour Gros-Morne » et autres affections La confiance enfantine au front, deux filles de cinq ou six ans avançaient en direction de son jeune frère et lui, âgés respectivement de sept et dix ans. Trop de distance les séparaient encore de ces deux petites (Agnès et Juliette), qui pouvaient alors leur échapper en dévalant le morne, pour qu’ils n’arborent pas leurs sourires engageant et inoffensifs. Mais arrivés sous les frondaisons, ils pouvaient maintenant restituer à leurs faces obliques une haine sans défaut. Innocentes, comme traquées, elles dardaient sur les pas des deux garçons la claie de leurs cils. D’un tour de main plus que désinvolte, happant au passage la complicité des arbres et toisant les herbes folles, peu enclines à les approuver, ils adressèrent aux fleurs sauvages une fin de non recevoir pour leurs bons offices. Dans un hourvari, c’était, peccamineux et stridents, les colibris hennissants de terreur improvisée comme à l’approche de l’orage. Des branches, humant aux prétentions édéniques l’approche des rivières, soulevaient déjà, sous leurs