Architecture Soignante : vers un équipement hospitalier structurant et intégré

Page 1





PLAN DE TRAVAIL PRESENTATION GENERALE PROBLEMATIQUE METHODE D’APPROCHE STRUCTURE DE L’ETUDE

I

L’EQUIPEMENT HOSPITALIER Evolution historique des lieux de soins L’espace hospitalier marocain

II

ARCHITECTURE SOIGNANTE ET PSYCHOLOGIE DE L’ESPACE Psychologie de l’espace Architecture en tant que moyen thérapeutique

III

LE TRAITEMENT ARCHITECTURAL Eléments urbain et architecturaux composant l’hôpital Marocain

!3


SOMMAIRE PRESENTATION GENERALE

7

PROBLEMATIQUE

9

METHODE D’APPROCHE

11

STRUCTURE DE L’ETUDE

12

CHAPITRE 1 : L’EQUIPEMENT HOSPITALIER

15

INTRODUCTION 1.

2.

17

Rétrospective : Evolution des lieux de soins de la fonction de base à la forme architecturale

19

1.1.

Antiquité : l’hôpital religieux, lieu de charité

19

1.2.

Arabo-Musulman : Dar Al Chifa, le soin, l’éducation et le culte

23

1.3.

Moyen Age : l’hôpital de bienfaisance et d’assistance

27

1.4.

Renaissance : révolution des lieux de soins

31

1.5.

Du XIXème siècle au XXème siècle: émergence de l’hôpital moderne

33

- Les hôpitaux pavillonnaires et théories hygiénistes

33

- Des cités jardins à l’hôpital bloc-compact

35

- Modèle industrialisé : fonction qui prime

37

- Années 80 : retour vers l’humain

39

L’espace hospitalier marocain à travers l’histoire

40

1.1.

Aperçu Historique

40

1.2.

L’état Actuel

43

CONCLUSION

45 !4


CHAPITRE 2 : ARCHITECTURE SOIGNANTE ET PSYCHOLOGIE DE L’ESPACE

47

INTRODUCTION 1.

2.

49

Psychologie de l’espace

50

1.1.

Signification

50

1.2.

Notion du Bien être

51

1.3.

L’homme, adaptation et appropriation de l’espace

53

1.4.

Le symbolisme de la forme et effets sur les usagers

57

1.5.

Psychologie environnementale et l’effet du séjour hospitalier

59

1.6.

Environnement physique hospitalier : espace sensorielle et effet ambiant

63

Architecture soignante, Architecture en tant que moyen thérapeutique 2.1.

70

Thérapie par l’architecture

70

a. Intégration Urbaine

70

b. Forme

71

c. Hôpital Résilient Durable

71

2.2.

Evidence Based Design (conception fondée sur preuve)

72

-

Définition et méthode

72

-

Objectifs

72

a. Sécurité

72

b. Efficacité

75

c. Bien être

77

2.3.

Architecture comme outil thérapeutique

78

-

L’orientation et le repérage spatio-temporel

78

-

L’enfermement et la sécurité

78

-

L’intimité et l’autonomie

79

-

L’isolement

79 !5


2.4.

Paysage thérapeutique : l’environnement symbolique

81

2.5.

Quand la forme suit la fonction

83

CONCLUSION

85

CHAPITRE 3 : LE TRAITEMENT ARCHITECTURAL

87

INTRODUCTION

89

1.

Intégration urbaine

95

2.

Morphologie générale des hôpitaux

99

3.

Etude des gabarits

101

4.

Composition générale

105

5.

Flux et circuits

111

6.

Espaces intérieurs

113

7.

Détails architectoniques

115

CONCLUSION

116

ETUDES DE CAS

118

CONCLUSION GENERALE

127

RECOMMANDATION CHOIX ET PRESENTATION DU SITE D’INTERVENTION BIBLIOGRAPHIE

129

ANNEXES

131

!6


PRESENTATION GENERALE « La santé est un état complet de bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie et d’infirmité »1 Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

Généralement, une visite à l’hôpital stigmatise les gens. Cet équipement, image de mouroir, reflète des sensations désagréables, dont la froideur, le stress et le mal être, et devient le dernier recours de la société. L’apport des hôpitaux en matière de bien-être est souvent absent. Souffrant de plusieurs dysfonctionnements : d’inhumanité, d’incohérence fonctionnel, et de délabrement, l’hôpital est considéré comme un équipement « malade ». En plus de carences au niveau des infrastructures sanitaires, ces équipements souffrent de surpeuplement flagrant. En effet la capacité litière se retrouve à 7 lits pour 10.000 habitants, alors que la moyenne mondiale et de 26 lits.2 Suite à cette situation déplorable, la sonnette d’alarme a été tirée, et on assiste à un nouveau regain d’intérêt pour une nouvelle réforme sanitaire, qui a pour but de régler les dysfonctionnements présents. En effet, les priorités du Maroc restent différentes. Il s’agit à ce fait de créer un maximum d’équipements de santé au niveau du territoire, et ce pour offrir l’accès aux soins. De grands investissements sont engagés afin de restaurer ou construire de nouveaux hôpitaux. Certes, l’accès aux soins sera plus facile pour les gens, mais nous risquons de nous retrouver face à une grande quantité au détriment de la qualité architecturale. Plusieurs études scientifiques ont démontrée que l’environnement bâti est capable d’accélérer ou de ralentir le processus de guérison. Une architecture qui prend en considération les sensations, la

1

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

2

Santé en chiffres 2014, Ministère de la santé, Maroc !7


qualité des chambres hospitalière, les émotions, l’intégration d’éléments naturels, la relation avec la ville, agit sur la santé des patients ainsi que celle du personnel médical. Souvent décrit comme « Le monde Carcéral Blanc », l’hôpital marocain doit se remettre en question et s’éloigner de l’image actuelle. Il doit proposer de nouveaux concepts, et considérer l’humain dans sa totalité, pour ainsi redevenir un lieu de vie au sein de la ville, et participer à sa structuration et son organisation. A cet égard, durant ce travail, nous allons nous pencher sur l’apport de l’architecture thérapeutique à l’espace hospitalier, et tenterons d’apporter, un essai de solutions qui permettraient à l’espace hospitalier de s’adapter aux contraintes actuelles, tout en répondant aux besoins des patients et des professionnels médicaux, pour inscrire l’hôpital au sein de la ville en tant qu’équipement structurant.

!8


PROBLEMATIQUE L’infrastructure sanitaire existante au Maroc compte cinq CHU (Centre Hospitalier Universitaire) opérationnels dont : Avicenne à Rabat (2767 lits), Ibn Rochd à Casablanca (1120 lits), Mohammed VI à Marrakech (1548 lits), Hassan II à Fes (585 lits), Mohammed VI à Oujda (653 lits). La capacité litière totale existante est de 6673 lits3. Actuellement le Maroc se lance dans une politique de construction et de création d’équipements sanitaires d’envergure à travers plusieurs CHU dont celui d’Agadir avec une capacité d’accueil de 867 lits, Tanger avec 771 lits, Laayoune avec une capacité de 500 lits, un nouveau CHU à Rabat d’une capacité de 844 lits et Beni Mellal avec 400 lits. Un total de 3382 lits supplémentaires seront opérationnels pour le pays. A présent, 8 régions sur 12 disposent ou disposeront d’un Centre Hospitalier. L’objectif du ministère de la santé est d’arriver à avoir un CHU pour chaque région du Maroc. Certes, le pays est entrain d’ériger des équipements sanitaires qui répondront au besoin fonctionnel des habitants qui est de se soigner, mais s’il est vrai que ces équipements s’efforce de répondre à leur fonction de base, ils restent néanmoins des bâtiments qui ne reflètent pas une qualité architecturale forte qui pourra marquer le paysage urbain et architectural de la ville en tant que repère architectural. Doter la ville d’un CHU est l’opportunité d’offrir à la ville un équipement d’ordre structurant qui aura un triple impact fort : spatial, fonctionnel et architectural. La création d’un équipement structurant, au niveau spatial, peut générer plusieurs aménagement dans la ville dont l’élargissement d’avenues et boulevards, la création d’allés verdoyantes, en cohérence avec la volonté d’avoir un repère architectural qui participera à la construction de l’identité de la ville.

3

Ministère de la santé du Maroc !9


Néanmoins, les équipements sanitaires génèrent souvent des fonctions raides et fortes qui peuvent influer sur la qualité architecturale. La fusion de la fonction et de la qualité architecturale est primordiale pour aboutir à un projet significatif qui aura un impact positif sur la structuration de la ville. L’intérêt architectural d’un tel équipement aura pour finalité :

- Doter la ville d’un repère architectural qui peut lui affecter une vocation identitaire liée à son expression formelle.

- Assurer les soins dans un cadre architectural harmonieux qui pourra participer positivement au confort des patients et du personnel. L’architecture d’un hôpital peut elle participer à la construction de l’identité d’une ville et à sa structuration ? - Comment l’espace nous influence-t-il ? - Comment est la perception de l’espace sanitaire selon ses usagers ? - Comment l’architecture peut-elle aider à la convalescence des patients ? - Comment associer fonction et qualité architecturale? - Comment concevoir un hôpital comme étant un équipement structurant ? L’objectif de ce mémoire et de lancer une réflexion sur l’apport de la qualité architecturale dans le renforcement du fonctionnement d’un hôpital.

!10


METHODE D’APPROCHE L’objectif de ce mémoire et de lancer une réflexion sur l’apport de la qualité architecturale dans le renforcement du fonctionnement d’un hôpital. Pour ce fait, l’étude sera faite selon deux volets essentiels :

- Un volet théorique qui sera organisé selon trois parties : la première partie sera consacrer à établir un aperçu historique à travers l’évolution de la morphologie architecturale et urbanistique de l’équipement hospitalier à travers le monde. Ensuite, nous analyserons l’évolution historique des lieux de soins au Maroc, et d’en ressortir les principes qui ont constitué l’hôpital tel que nous connaissons aujourd’hui. La deuxième partie nous permettra d’étudier les principes de la psychologie de l’espace à savoir la notion du bien-être et les éléments favorisant une architecture soignante thérapeutique. Ceci nous permettre d’identifier les paramètres favorisant la guérison et le bien-être des patients et de ceux qui les accompagnent, mais aussi que de concevoir un environnement propice, sain et fonctionnel, qui facilitera le travail du personnel médical soignant. La troisième partie sera plus orientée vers l’architecture et le traitement architectural. Une analyse de cinq hôpitaux représentatifs du pays sera faite selon des principes nécessaires à la réussite d’un projet architectural et urbain. Le volet théorique a été assisté par des recherches, des lectures de livres ainsi qu’un Benchmark, pour repérer les projets phares, ou la forme vient en continuité avec la fonction. Les recommandations de cette partie seront prisent en compte lors de la phase architecturale.

- Un volet pratique, qui sera consacré dans un premier temps à analyser le site du terrain choisi pour avoir les atouts à privilégier, afin de contextualiser le projet, et de l’intégrer au mieux au sein de la ville. Puis dans un deuxième temps, de regrouper les options d’aménagement nécessaire pour concevoir un projet urbanistique et architectural d’un équipement structurant qui aidera la ville à se construire une nouvelle identité et répondra à notre objectif. !11


STRUCTUE DE L’ETUDE
 ARCHITECTURE SOIGNANTE

Vers un équipement hospitalier structurant et intégré

CONSTATS

- Hôpital : lieu ou la fonction prime sur la qualité architecturale

- Cadre déplorable - Les conditions d’aménagement ne prennent pas en considération le bien-être des ses usagers

PROBLEMATIQUE - L’architecture d’un hôpital peut-elle participer à la construction identitaire d’une ville et à sa structuration urbaine?

QUESTIONNEMENT - Comment l’espace nous influence-t-il ? - Comment est la perception de l’espace sanitaire selon ses usagers ? - Comment l’architecture peut-elle aider qualitativement au fonctionnement de ces espaces ? - Comment associer la fonction de base et la forme architecturale pour concevoir l’hôpital en tant

OBJECTIF DE L’ETUDE Lancer une réflexion sur l’apport de la qualité architecturale dans le renforcement du fonctionnement d’un hôpital en tant qu’équipement structurant.

VOLET THEORIQUE Partie 1 : Evolution Historique des équipements sanitaires Partie 2 : Architecture soignante et Psychologie de l’espace Partie 3 : Traitement Architectural et études de cas

VOLET ANALYTIQUE Analyse du site : - Analyse Paysagère - Analyse Morphologique - Analyse Fonctionnelle - Analyse des représentations - Analyse Sensorielle !12


CADRAGE THEORIQUE

DIAGNOSTIC DETAILLE DU SITE

SYNTHESE THEORIQUE - Les établissements hospitaliers restent cloisonné à l’intérieur de l’aspect fonctionnel

ATOUTS ET POTENTIALITES

- La forme complète la fonction, et les deux apportent une aide aux soins. - L’architecture aide à la guérison des malades.

!13


!14


CHAPITRE 1

L’EQUIPEMENT HOSPITALIER

!15


ThĂŠatre Anatomique de Leyde


INTRODUCTION Dans ce premier chapitre, nous étudierons chronologiquement l’évolution des lieux de soins depuis l’antiquité jusqu’à l’époque actuelle, en se basant sur la notion du bien-être comme indicateur et sur la morphologie du bâti. Dans un premier temps, nous étudierons cette évolution à l’international. A chaque époque correspond une forme, une fonction et un mode d’insertion urbaine. La conception architecturale s’adapte au fur et à mesure à ces changements. Ainsi l’objectif de cette partie est d’arriver à différencier les typologies architecturales de l’hôpital, et de cerner les raisons et les facteurs permettant l’évolution de ces établissements de santé au fil du temps. Par la suite, nous ferons un aperçu historique des équipements sanitaires au Maroc, pour contextualiser notre recherche et identifier les origines des dysfonctionnements qu’elle vit actuellement. Il m’est indispensable d’étudier ces évolutions et changements historique parce qu’ils ont contribué à l’hôpital tel qu’il est actuellement. C’est à travers l’histoire que son organisation et son architecture sont de plus en plus enrichies.

!17


Asclépion de Corinthe, éléments graphiques


1. Rétrospective : Evolution des lieux de soins de la fonction de base à la forme architecturale 1.1.

Antiquité : l’hôpital religieux, lieu de charité

Les premiers hôpitaux étaient des lieux qui recevaient les malades, les sans-abris, les orphelins, les pauvres, les fous… C’était des lieux qui servait à isoler une certaine catégorie de la population qui représentait une menace à la société et qui risquait de la contaminer. Ces établissements étaient gérés par des religieux et des âmes charitables. Par la suite, c’est autour de la bienfaisance. Soucieux du bien être et de la santé des populations, les rois et les dirigeants des pays vont contribuer à la création d’infrastructure nécessaire pour améliorer la qualité des soins. L’hôpital deviendra un lieu public accessible pour tous. Malgré l’évolution des hôpitaux, les principes fonctionnels reste les mêmes: l’hygiène, le soin et l’implantation. La Grèce: Trois types d’établissements peuvent être relevés pendant la période grecque : - Les établissements dirigés par le privé, les Latreia ou les médecins hébergeaient les personnes malades. - Les établissements dirigés par l’état, comme le Cynosarge qui s’occupaient des personnes âgées, le Prytanée offrant des soins, et le Xenodochiums accueillant les étrangers. - Les établissements dirigés par les religieux, sous forme de temples étaient destinés à des soins plus spirituels, sous le nom du Dieu Asclépios. En effet, la forme de ces établissements ressemblait le plus à l’architecture des hôpitaux, on y retrouvait au centre le temple d’Asclépios, entouré de portique. A proximité, un bassin réservé à l’ablution et les bains de boue. Autour, un espace ouvert sur l’aire centrale sacré et qui servait aux consultations.

!19


Schéma Morphologique de l’Hôpital Portique

!20


Rome: Durant la période romaine, on distinguait deux formes de l’architecture sanitaire : les infirmeries et les thermes. - Les thermes étaient des lieux d’hygiène corporelle, de soins complets du corps, et de lieu social et de rencontre. Ils reflétaient l’esprit d’organisation et d’ordre des romains à travers la distribution de leur espace. Ils s’implantaient selon une symétrie axiale et un schéma en rangée, autour des sources thermales naturelles. - Les Infirmeries avaient pour rôle d’accueillir et d’abriter les soldats et les esclaves de l’armée romaine. Les chambres et l’administration contenues dans des ailes s’articulaient autour d’une cour rectangulaire ou carrée. Morphologie : Hôpital Portique L’architecture Antique était caractérisée de par sa divinité et la monumentalité de ces édifices. De ce fait, l’architecture hospitalière a hérité du caractère gigantesque de ces architectures dites divine. L’hôpital portique contenait plusieurs colonnes alignées en façades, qui donnaient une expression de grandeur, d’ordre et d’esthétique. Dans les Asclepeion grecs, le portique servait de dortoir, ainsi que d’espace de consultation, vue son ouverture vers l’aire centrale, caractérisé comme sacrée.

!21



1.2.

Arabo-Musulman : Dar Al Chifa, le soin, l’éducation et le culte

La pratique médicale au monde Arabo-musulman était différente. L’organisation hospitalière à cette période était évoluée grâce au développement de la médecine musulmane. L’intérêt de ces établissements ne s’arrêtait pas seulement au soin physique, mais prodiguait un intérêt social et mental. On y retrouvait des spectacles musicaux, des lectures poétiques, des massages, etc, et ce pour assurer le bien être physique et mental des patients. Le Bîmâristân, mot Persan composé de ‘Bimar’ qui signifie malade, et ‘-stan’ signifiant lieu, était le lieu de traitement des malades à cette époque mais aussi un lieu d’enseignement de la médecine et la pharmacie. Le premier hôpital de cette époque était l’hôpital de Bagdad, construit par Haroun Al-Rachid. Par la suite, plusieurs autres Bîmâristâns furent édifiés, dont celui gérés par Al-Razi, et qui, lors du choix du site d’implantation, avait décidé de suspendre plusieurs morceaux de viandes dans différents endroits de la ville pour s’assurer de la pureté de l’aire. AlRazi choisit le lieu de construction de l’hôpital sur l’une des boucles du Tigre, là où la putréfaction de la viande fut la plus lente à se produire.4 L’architecture arabo-musulman fait preuve de plusieurs connaissance scientifique et médicale avancée. L’organisation des équipements se faisait à travers une multitude de service selon la partie du corps concernés ou la maladie en question était présente. Sa disposition architecturale était géré selon un plan cruciforme établit autour d’une cour rectangulaire, avec un bassin d’eau et des espaces verts. La présence d’élément aquatique ainsi que le jeu d’ombre obtenu à partir des galeries était considéré comme bénéfique à la récupération des malades. Et l’insertion des éléments végétaux permettait une aération permanente et un renouvellement d’air.

4 Al-Moristan

ou l’hôpital dans le monde arabo-musulman, Driss Cherif !23



Les Bîmâristâns sont devenue un modèle au monde occidentale dans la prise en charge des malades mentaux et le traitement de la léproserie. Contrairement à l’occident, les établissements musulmans accordaient aux aliénés les meilleurs soins, et au lieu de les isoler, ils visaient à les réinsérer au sein de leur société. Morphologie : Dar Al Chifa L’architecture mise en usage pour la construction des Bîmâristâns était constituée d’un plan en croix ou rectangulaire. Des bassins et des fontaines sont disposés à côté des chambres de malades pour permettre un rafraichissement et un confort moral. L’aération était assurée par les cours et les plantations à l’intérieur des bâtiments.

!25



1.3.

Moyen Age : l’hôpital de bienfaisance et d’assistance

La fondation des institutions hospitalières du moyen âge était inspirée par le devoir de charité. La religion bénéficiait d’un rôle important dans le processus de la guérison. Les pratiques médicales étaient limitées et primitives, elles étaient constituées de confessions et de prières. L’hôpital de cette époque était considéré comme un asile et non comme un lieu de traitement. L’objectif de ces établissements était d’aider les misérables à mourir un peu plus doucement. Durant cette période on distinguait trois formes d’architecture hospitalière différentes selon leur fonction et leur situation. L’hospices ou maison de charité : ces établissements étaient des lieux destinés à l’expiation des péchés et aux pèlerinages. Ils s’implantaient à l’entrée des villes, et leur architecture était sobre. Lazaret, maladrerie et léproserie : ces structures enfermaient et isolaient les malades. Elles s’implantaient à l’écart de la ville, et leur architecture était sobre, avec des façades peintes en rouge pour signaler un lieu de mort interdit. Les matériaux utilisés étaient du bois, et ce pour pouvoir le bruler après la mort des patients. Hôtel-Dieu : ces maisons accueillaient les pauvres et les malades. Ils s’implantaient au cœur des villes avec une architecture à caractère religieux. On y retrouvait la chapelle, les nefs et l’autel. Les pensionnaires étaient entassés par 3ou 4 personnes par lit, ce qui augmentait la contamination. L’hôpital du moyen âge préparait les infirmes à accepter leur fin, au lieu de leur procurer des soins adéquats. Les conditions s’éloignaient de toute notion d’hygiène et de bien être.

!27


Schéma hôpital type Halle et Maison Hospitalière

!28


Morphologie : Hôpital Hall et Maison Hospitalière Comme cité avant, la fonction hospitalière était assurée par des religieux. L’architecture des établissements sanitaires était semblable à l’architecture des églises. Ces équipements se constituaient de salles communes, de plan souvent en longueur, perpendiculaire au bâtiment religieux, et d’architecture monumentale. La vaste salle commune est parfois divisée en alvéoles, ou dotée d’un autel pour permettre aux malades d’assister à l’office religieux depuis leur lit. La maison hospitalière, à plus petite échelle, perpétue la tradition d’accueil des déshérités. Souvent en centre ville, elle peut occuper un ilot entier.

!29



1.4.

Renaissance : révolution des lieux de soins

La médecine à cette époque a connu un renouveau et ce grâce aux connaissances acquises lors de la traduction des ouvrages arabes, ainsi que l’échange fait avec cette civilisation pendant la période de croisade. L’administration des établissements de soins n’était plus destinée aux religieux. La médecine regagna son caractère scientifique, ce qui engendra une architecture plus rationnelle et fonctionnelle. Les architectes de cette période ont mis en pratique de nouveaux concepts et principes d’organisation, comme le système de ventilation naturel, l’utilisation des cours, la distribution des espaces, la hiérarchie des volumes et autres. Morphologie : Hôpital Classique ou en Damier Contrairement au Moyen âge caractérisé par une architecture s’inspirant des églises, les plans élaborés lors de la renaissance sont plus riches avec de nouvelles conceptions d’organisation et de morphologie architecturale. Les salles communes sont organisées autour d’une chapelle. Tracé, orthogonalité, symétrie récurrente, importance des cours, les dispositifs spatiaux offrent des variantes de cet urbanisme hospitalier.

!31



1.5.

Du XIXème siècle au XXème siècle: émergence de l’hôpital moderne

Les hôpitaux pavillonnaires et théories hygiénistes Grace aux progrès qu’avaient connus le domaine scientifique, et les théories hygiénistes, l’architecture hospitalière avait évolué. Une prise de conscience de l’état déplorable de l’hygiène hospitalière qu’avait connu le moyen âge avait été révélée. Un nouveau modèle d’hôpital avait vue le jour. Ces équipements permettaient une guérison à travers la protection contre toutes contamination aéroportées, et l’application des théories hygiéniste, qui consistaient à créer une bonne aération, un ensoleillement dans la journée, une séparation des différents pavillons, et un réseau d’assainissement innovent. L’intérêt au détail de l’architecture avait commencé. On s’apercevait qu’il était nécessaire de séparer les circuits malades/visiteurs ou fonctionnaire pour limiter les infections, qu’il fallait aussi répartir les malades par pavillons, qui étaient des bâtiments isolés et qui permettaient que l’air puisse faire le tour du bâtiment. Ses structures visaient d’abord à soigner puis à limiter les contaminations, sans pour autant assurer le bien-être du malade. Morphologie : Hôpital Pavillonnaire / Palais hospitalier / Type peigne En réponse aux théories hygiénistes, un modèle d’hôpital hygiéniste avait été conçu. Le plan de ces hôpitaux comprenait plusieurs pavillons indépendants composé de salles communes, articulés autour de jardin et reliés par des galeries. La distribution des espaces avait été faite de sorte à limiter la contamination : hygiène, ventilation et séparation des pathologies. Les salles communes se superposent en pavillons reliés ou non par des galeries. Les jardins participent aux soins. L’orientation générale était Nord-Sud, avec une hauteur maximale de deux étages. Une attention particulière avait été portée à la ventilation naturelle des salles.

!33



Des cités jardins à l’hôpital bloc-compact Avec le début du développement technologique, scientifique et industriel, l’homme devint un élément moteur dans la société, qui devait être en bonne état. De ce fait, l’hôpital devait guérir de manière vite. De plus, et grâce à l’introduction de nouveaux matériaux, béton et acier, ainsi que les moyens de déplacement vertical, et l’émergence des techniques de ventilation et d’éclairage artificielle, l’hôpital Bloc naquit. Ce dernier est venu en réponses à de nombreux problèmes dont la spéculation foncière et la réduction de l’emprise au sol, ainsi que l’économie des coûts de construction par rapport aux hôpitaux pavillonnaires. L’hôpital Bloc se distinguait par sa capacité à gérer les flux des usagers et permettait le transport des patients sans craindre la transmission des infections. Durant cette période, la santé était une obligation du gouvernement envers la population. L’hôpital était un lieu technique rationnel, ou l’on garantissait des soins rapides et efficaces. L’efficacité prime au détriment du bien être des usagers. Morphologie : Hôpital mono-bloc La morphologie des hôpitaux était toujours liée à l’évolution des techniques médicales. Avec la prise en considération de la dimension économique de la construction des établissements de santé, un nouveau modèle avait été conçu. La notion de fonctionnalisme se traduit en un seul bâtiment élevé et linéaire (parfois à redans), les circulations se font à partir d’axes verticaux.

!35



Modèle industrialisé : fonction qui prime Vers la fin des années 60, le parc hospitalier avait connu une nouvelle étape qui était la normalisation des ces équipements pour une meilleur répartition et homogénéité. La politique des « modèles » et hôpitaux types étaient venus pour assurer une rapidité de construction avec une baisse des couts. Il s’agissait là de faire du répétitif pour aller vite avec le minimum d’argent. La conception est rationalisée au maximum pour obtenir l’hôpital le plus fonctionnel possible. Par ailleurs, un certain nombre de prescriptions avaient été convenus : -L’introduction des urgences pour une couverture permanente -Le groupement des plateaux technique : bloc opératoire regroupé avec les services d’imagerie et le laboratoire -Hébergement orienté Sud -Groupement de service chirurgie avec la radiologie au Rez-De-Chaussée -Indépendance du service de la maternité, et un accès distinct pour la desservir -Service spécialisé à l’étage La santé est devenu un droit acquis pour chaque individu. Ces modèles industrialisés étaient venus en réponse à ce fait, et avaient affirmé leur efficacité optimale des soins. Malgré leur fonctionnalité, ces types de bâtiment se retrouvaient rigides, peu évolutifs et sans âme. Aucune créativité et qualité architecturale ne s’y retrouvait, l’adaptabilité et l’intégration était réduite aux contraintes du site, et une non prise en considération du bien être des usagers. Morphologie : Hôpital Socle-Tour Inspiré du modèle monobloc, une nouvelle séparation des fonctions se faisait. La partie technique dont les blocs opératoires et l’imagerie…, se situait à la large base du bâtiment, tandis que l’hébergement était répartit en étages.
 !37



Années 80 : retour vers l’humain Considérée la course voué à l’échec des équipements hospitaliers, une prise de conscience brutale a eu lieu. L’hôpital se doit alors, en outre de la guérison physique, de garantir le bien-être moral et social des usagers, et de reprendre la qualité de son architecture en main. Il ne doit plus être un espace inhumain, rigide et où le rapport d’échelle et gigantesque. Il doit néanmoins assurer son intégration à la ville, c’est un lieu de vie et de ville, qui contribue à l’urbanité de cette dernière et s’intégrant à elle. Un élément qui recrée l’espace public et participe aux échanges sociaux avec la mise en place de plusieurs espaces communs et de locaux agréables. Le passage du vertical à l’horizontal engendre une meilleur lecture du plan et un meilleur repérage dans l’espace chez les individus. Les hôpitaux s’inspirent dans leur composition du pavillon dans l’horizontalité de ces blocs, en y intégrant des espaces non couvert à l’intérieur, apportant ainsi lumière et aération naturelle. Il réutilise la notion de compacité pour assurer des liaisons rapides entre divers services. Morphologie : Hôpital Poly-Bloc L’humanisation et la qualité architecturale sont des éléments pris en considération par les architectes de cette période. L’architecture a changé de façon ou les blocs d’activité et d’hébergement, constitué désormais en chambre simple ou double, se multiplient avec une recomposition horizontale, qui génère des établissements qui s’ouvrent sur la ville. Des rues internes sont crées à l’intérieur de ces bâtiments.

!39


2. L’espace hospitalier Marocain à travers l’histoire 2.1. Aperçu Historique La période Pré-Coloniale : Le Maroc a connu une évolution des systèmes hospitaliers dépendant de la politique du Pays. La maison de la miséricorde : Durant la dynastie des Al Moravide et Al Mohade (1069,1269), la médecine marocaine a été proprement introduite au pays. Le premier hôpital « Dar Al Faraj » (maison de la miséricorde), ériger à Marrakech par Yaacoub Al Manssour, était un modèle d’architecture Arabo-musulman. - Le modèle d’hospitalité : Le règne des Mérinides a permis de nouveaux concepts aux œuvres sanitaires. En effet, les services psychiatriques jouissaient d’un confort unique. Les malades assistaient à des séances de musicothérapie. Et c’est dans cette période que les cures thermales ont vue le jour à savoir Moulay Yacoub et Sidi Hrazem. - Début du déclin : Pendant l’avènement des Alaouites, le Maroc a connu des troubles. Plusieurs essais d’interventions étrangères, d’encerclements financier, militaire et diplomatique se multiplièrent sur le pays. Affaibli par une multitude d’épidémie suite à la famine, une situation économique difficile se créa, et entraina la dégradation de l’assistance médicale et des notions élémentaires d’hygiène. La période Coloniale : La situation sanitaire au Maroc au début du XXème siècle était sombre. L’époque coloniale a mis en place une carte sanitaire, et changea la structure sanitaire du pays. Ceci fut pour le seul but d’assurer les soins à la population européenne ainsi que l’armée française en premier temps, puis à la population locale « indigène » en deuxième temps.

!40


Deux types d’hôpitaux furent aménagés : • Les hôpitaux réservés aux européen : Hôpital Marie Feuillet à Rabat, Hôpital Colombani à Casablanca (Ibn Rochd). D’autres hôpitaux furent construits à Oujda, Meknès, Casablanca et Rabat avec l’ouverture de l’hôpital Avicenne (Ibn Sina). • Les hôpitaux indigènes (réservés aux marocains) : Hôpital Cocard à Fès, Hôpital Mauchamp à Marrakech (Ibn Zohr), Hôpital Indigène de Casablanca, Hôpital Psychiatrique de Berrechid. Le nombre des lits hospitaliers est passé de quelque centaine à 14.000. Grace aux efforts sanitaires, la population marocaine a augmenté avec une baisse de la mortalité générale. La période Post-Coloniale : Au lendemain de l’indépendance, il fallait revoir le système sanitaire. Le Maroc a hérité d’un système médical étranger, adopté aux normes et aux types de civilisations européennes. Des équipements qui nécessitent des appareillages sophistiqués et qui dépendent de l’étranger. Conscient de ces problèmes, le ministère de la santé s’est intéressé au domaine de la santé, et a envisagé la réorganisation de ces structures dont l’amélioration de l’offre sanitaire par la construction de faculté de médecine, et d’instituts de formation professionnelle, pour doter le pays de cadre nationaux, afin de combler le vide laissé par le départ des professionnels de la santé européens. La nécessité d’assurer une couverture sanitaire maximal du territoire a pris le devant plutôt que sur la production d’espaces de soins de qualité qui génèrent le bien être pour les individus.

!41



2.2. L’état Actuel Afin d’assurer une des finalités principales, qui est d’aboutir au développement de la santé tout en réconciliant le citoyen avec le système sanitaire, le Maroc n’a cessé, depuis l’indépendance, de fournir des efforts incontestables pour évoluer dans ce domaine. En effet, les indicateurs sanitaires du Maroc, témoignent d’une progression concernant l’extension de la couverture sanitaire sur le territoire, d’une baisse au niveau des mortalités maternelle infantile et juvénile, d’une diminution de certaine maladies surtout celle cible de la vaccination, et une augmentation de l’espérance de vie à la naissance (48,46 ans en 1960 contre 75,82 ans en 2016)5 . Néanmoins, plusieurs disparités existent toujours au sein de la population marocaine. L’état de santé et le taux de maladie diffères entre les individus en raison des inégalités socio-économiques et au milieu de résidence (rural/ urbain). Cependant, la qualité des soins reste médiocre et insuffisante. Ces disparités font référence au modèle du système de santé mis en place. Le système sanitaire marocain est géré majoritairement par l’Etat. Ce dernier est responsable de la production des soins et des services, du financement des soins, de la gestion des établissements ainsi que la régulation du secteur. Mais, au fur et à mesure du développement de la couverture sanitaire et de l’augmentation de la taille des structures et des effectifs, l’état ne pouvait garantir les exigences d’efficacité, de qualité, et d’efficience du système de soins. Une nouvelle réforme sanitaire a vue le jour. Cette réforme a pour objectifs de séparer entre financement et production des soins, de séparer entre tutelle et management des établissements (décentralisation de la gestion), et le renforcement de la fonction de régulation.

5

Banque Mondiale !43


Schéma Typo-morphologique de l’évolution historique des hôpitaux

!44


CONCLUSION Suivant l’étude historique de ce chapitre, on remarque que les équipements sanitaires ont connu de profondes mutations et d’importantes évolutions. En effet les hôpitaux sont en relation avec la progression technique médicale, scientifique, politiques, social et économique de chaque époque. D’abord asile pour les infirmes et pauvres, puis lieu d’accueil et d’assistance des victimes d’épidémies, enfin un établissement permettant la guérison et le soin, la notion et la fonction d’hôpital change et évolue au cours des siècles. L’insertion de l’hôpital dans son contexte immédiat est chose primordiale. Situés à l’extérieur des villes au XVIIe siècle pour des raisons de sécurité et de contagion, ils se sont progressivement englobés au cœur des villes. Grace au développement médicale et technologique, ainsi que les méthodes de construction, l’hôpital que nous connaissons aujourd’hui a vu le jour. La complexité de ces établissements est une résultante de ses fonctions et de sa morphologie. Lieu de vie dans la ville, et loin de l’inhumanité des établissements fonctionnalistes du XIXe siècle, ils comptent à présent parmi les équipements les plus importants de la ville. Ils organisent le tissu urbain, et contribuent à son développement. Malgré leur développement, les établissements hospitaliers restent cloisonné à l’intérieur de l’aspect fonctionnel. La qualité architecturale, le confort et le bien-être des usagers dans ses lieux de soins sont non considérés. Ces éléments participent au processus de guérison des malades, et permettent d’offrir au personnel médical des lieux de travails sains et conviviaux.

!45


!46


CHAPITRE 2

ARCHITECTURE SOIGNANTE ET PSYCHOLOGIE DE L’ESPACE

!47



INTRODUCTION Les villes d’aujourd’hui ne s’intéressent plus à la qualité de vie de ses habitants. Pourtant, un milieu urbain et architectural sain qui favorise le bien être et la santé mental et physique des individus permettrait par conséquent un développement plus rapide à la société au niveau économique, social ou environnemental. Nos bâtiments doivent être pensés avant tout comme un endroit de vie. Si je choisi de parler de cette partie dans ce mémoire, c’est par ce que je trouve que les lieux de soins restent cloisonnés à l’intérieur de leur fonction. Quand on évoque l’hôpital, on entend souvent les mots : surchargé, attente, manque d’organisation, de transparence et de convivialité et bien d’autres critiques. La conception des espaces hospitalier et sans doute la moins qui s’intéresse au bien être de ses usagers. Pourtant, un hôpital qui intègre les éléments de l’architecture thérapeutique pourra faciliter la guérison de ces malades, ainsi que le confort des personnels médicaux. La forme compète la fonction, et la fusion des deux peuvent apporter une aide aux soins. L’homme et son environnement sont en étroite liaison. L’un influence l’autre réciproquement. La psychologie de l’espace est un élément important qu’il faut prendre en considération lors de la conception de n’importe quel projet, et surtout quand il s’agit des équipements liés à la santé.

!49


1. Psychologie de l’espace 1.1. Signification Qu’est ce que la psychologie ? Selon le dictionnaire LAROUSSE, la psychologie est une « discipline qui vise la connaissance des activités mentales et des comportements en fonction des conditions de l’environnement. » C’est une science qui étudie l’esprit, les comportements et les caractères humains. La psychologie tente de comprendre et de résoudre les dysfonctionnements internes de chaque personne. Qu’est ce que l’espace ? L’espace est, selon le dictionnaire LAROUSSE, une « propriété particulière d'un objet qui fait que celui-ci occupe une certaine étendue, un certain volume au sein d'une étendue, d'un volume nécessairement plus grands que lui et qui peuvent être mesurés, ou une étendue, surface ou volume dont on a besoin autour de soi ». L’homme occupe un espace pour affirmer son identité. Une identité, en tant qu’être biologique, distingué du monde animal, végétal ou minéral, en tant qu’acteur au sein d’une société, et ce à travers le lieu où il vit, ou grâce à ses relations avec autrui, et en tant qu’individu unique, libre, avec des responsabilités personnels et autonome. L’espace n’existe qu’à travers son usage et son appropriation. Et c’est ainsi qu’il devient une extension de notre propre corps. La psychologie de l’espace peut se définir comme suit : l’étude scientifique des interactions de l’Homme au sein de son espace environnemental. Elle s’intéresse à l’étude des comportements des Hommes, de leur émotions et sentiments ressentis en pénétrant dans un espace donné, ainsi que leur perception de l’environnement physique qui les entoure.

!50


L’objectif de la psychologie de l’espace est de réinsérer l’humain au sein de son environnement, de lui redonner des espaces à son échelle, qu’il pourra façonner selon sa volonté, et de comprendre l’influence de l’espace sur les individus. Tous ces éléments permettront de proposer des aménagements appropriés, qui favorisent des milieux agréables et vivables. 1.2. Notion du Bien être Plusieurs définitions sont données au bien-être. Dans le dictionnaire LAROUSSE, le bien-être est un « état agréable résultant de la satisfaction des besoins du corps et du calme de l’esprit », mais aussi « une aisance matérielle qui permet une existence agréable ». D’autres le définissent comme la satisfaction des besoins physiques, l’épanouissement, et l’absence de problèmes moraux. Le terme bien-être est composé essentiellement de deux mots : - Bien, qui se définit par le convenable, l’harmonie avec une attente et le bon, la vertu et le bonheur. - Être, qui signifie le fait d’exister pour un individu, une chose ou une idée. Le bien-être peut se définir comme suit : état lié à l’harmonie de différents facteurs, qui ensemble permettent l’équilibre avec les autres et surtout avec soi. Pour moi, le bien être est un état d’esprit ou l’on se sent bien, à l’aise et tranquille à l’intérieur de soi, ça pourrait être grâce à l’espace où l’on est, ou grâce à la satisfaction de tous nos besoins. En psychologie, ce que l’on ressent, est lié à notre caractère, notre éducation, notre enfance, le contexte dont nous vivons, mais surtout l’espace dans lequel nous évoluons. L’espace est un facteur important dans la définition du bien-être. Son influence est certaine. Ainsi, nous pouvons déduire que la notion du bien-être est personnelle et étroitement lié à la personne, à ses besoins, et à sa perception.
 !51



Si on regroupe les définitions du bien-être, on ressort avec les éléments qui interviennent pour la procuration du ce dernier : Les relations humaines Pour garantir le bien-être humain, vivre en communauté et dans le respect des règles régies est important. L’Homme, de par sa nature social, a besoin de s’entraider, de compatir, de discuter, de partager avec autrui, afin de parvenir à un équilibre psychique et à l’épanouissement de sa personne. L’état psychique et physique de l’humain Avant tout, le bien-être est une sensation directement liée au corps. C’est un sentiment ou la conscience n’intervient pas. Le corps ne peut être dissocié de l’esprit. Négliger les capacités psychiques de l’Homme voudra dire négliger l’existence de l’être humain dans sa totalité. L’espace environnant On utilise souvent l’expression « je me sens bien dans cet espace ». En effet, l’espace influence et agit sur la sensorialité de l’individu. Que ce soit à travers la qualité de l’espace, c’est à dire, l’harmonie des proportions, l’usage de couleurs ou de matériaux, la lumière, le son… c’est des éléments qui attendent nos émotions et notre sensibilité. Ou à travers les caractéristiques sensorielles, qui changent d’un individu à un autre, et représentent la relation des sens avec l’espace matériel. Prenons comme exemple les fenêtres. Ces dernières permettent de lier les sens humains à l’espace extérieur, de voir un milieu urbain, des bâtiments, des espaces vides…

!53


1.3. L’homme, adaptation et appropriation de l’espace « Notre espace est orienté, et cette orientation est issue de l’existence d’axes dynamiques chez l’être humain, elle conditionne à son tour les modalités de notre jugement quant à d’éventuels déplacement dans cet espace » (Jean Cousin, l’espace vivant 1980).

Trois types d’espaces organisent le rapport du corps avec son environnement, et ne peuvent être dissociés. L’espace physique, extérieur à moi L’espace perçu, c’est un espace imaginaire qui nous permet d’agir dans l’espace physique. L’espace vécu, c’est l’espace où existe notre propre corps. L’Homme interagit avec son espace grâce à ces sens. Quatre lui servent pour s’attacher aux objets. L’œil, l’oreille, le nez qui s’attachent aux objets éloignés, et la peau qui réagit avec le milieu proche. Les villes où l’on vit favorisent l’aspect économique au détriment du social et l’environnemental. Comme résultat, on se retrouve avec une architecture rigide, fade, froide, surpeuplée, où la notion du bien-être, de la sécurité et du confort sont quasi inexistants. Nos constructions sont devenues des espaces clos, denses, sans aucune approche sociale. Les usagers sont entassés dans des milieux réduits, monotones et qui leur génèrent plusieurs sensations désagréables dont le stress et l’angoisse. Pour recréer l’harmonie entre les espaces et les individus, il s’agit de mettre l’Homme au centre des préoccupations, de prendre en compte son confort et son bien-être, de s’inspirer de la nature et des formes qu’elle propose. !54


Concevoir un environnement sain favorisant la santé mentale et physique et par conséquent le bien-être, permettra à la société un meilleur apport au niveau économique, social et environnemental. La ville doit favoriser des endroits de vie et de créativité, et inclure les êtres humains dans sa conception et son organisation. 1.4. Le symbolisme de la forme et effets sur les usagers « Nous ne percevons pas le monde dans sa réalité mais seulement le retentissement des forces physique sur nos récepteurs sensoriels » (Tall Hall, la dimension cachée 1971).

Conscient ou inconscient, l’homme à son quotidien, réagit en permanence aux formes qui l’entourent. En effet, les formes que nous fréquentons tous les jours ont plus d’effet sur nos comportements. Lorsque nous nous promenons dans une rue, il nous arrive parfois d’être attiré par un élément urbain. Une forme, un volume, un jeu d’ombre, suscitent notre curiosité. Quand on prend la peine d’observer et d’analyser ces formes, on recherche des éléments qui pourraient satisfaire notre esprit. Que ce soit l’ordonnancement des volumes, l’harmonie des proportions, la présence d’un rythme ou symétrie, alors l’œil transmet au cerveau des sensations coordonnées qui génèrent des émotions. En effet, la maitrise des formes géométriques et de leur particularité est indispensable. Plusieurs personnes ont établi un langage entre la forme et sa signification. Considérons les formes de bases :

!55



Le rectangle Le rectangle est une forme créée par l’homme. La nature ne dispose pas d’angle droit. Un rectangle horizontal reflète une grande stabilité, du calme et du repos. C’est une forme statique est paisible, vu qu’elle s’étale sur l’horizon en se reposant sur son grand côté. Alors qu’un rectangle vertical reflète la puissance, la grandeur, la force. Il repose sur son petit côté lui assurant un équilibre, et son grand côté s’affirme et s’impose. C’est une forme dynamique et contraignante. Le carré De par sa régularité, le carré inspire l’équilibre, la solidité et la confiance. L’égalité de ses côtés et leur perpendicularité révèlent un esprit adapté et concret. Mais une fois qu’il soit trop présent, il révèle un esprit fermé et manquant de souplesse. Le triangle Le triangle est une forme particulière. Elle indique la direction, le sens. Donc c’est une forme dynamique. Selon son emplacement, il peut représenter différentes choses : avec la pointe vers le bas il représente la féminité, la fécondité, et la naissance. Tandis que si la pointe tend vers le haut, il est signe de masculinité, de puissance et de virilité. Quand il repose sur sa base, il exprime l’équilibre, la spiritualité (forme qui tend vers le haut), et l’harmonie. Le cercle Elément naturel parfait, l’espace circulaire reflète la curiosité et le mouvement, vu l’absence de repère. Généralement les formes arrondies reflètent la féminité, suscitent la créativité, et représentent l’infini, l’absolu et la protection.

!57


Les formes architecturales ont des capacités thérapeutiques. Grace à la stabilité ou au mouvement qu’elles entrainent aux corps ou au regard, elles sont susceptibles de générer des émotions chez les individus. Le symbolisme de l’architecture et son l'influence sur le psychique sont choses certaines. Toutefois, au milieu hospitalier, quelques architectes ont su utiliser pour leur avantages les éléments sensibles de la forme, la couleur ou le jeu de matériaux, pour arriver à procurer des sensations chez les usagers et parvenir à créer des conditions de soulagement et de projection vers une volonté de guérir chez le malade.

!58


1.5. Psychologie environnementale et l’effet du séjour hospitalier « La psychologie environnementale étudie l’individu dans son contexte physique et social en vue de dégager la logique des interrelations entre l’individu et son environnement en mettant en évidence les perceptions, attitudes, évaluations et représentations environnementales d’une part, et les comportements et conduites environnementales qui les accompagnent, d’autre part » (Gabriel Moser, Psychologie environnemental 1991).

Le terme psychologie environnementale est né durant la période après-guerre. La construction massive et uniforme ainsi que l’étalement urbain ont causé de nombreux problèmes sociaux et environnementaux. Et ce n’est qu’ainsi que les chercheurs s’assurèrent de l’importance de l’environnement physique et son rôle sur notre psychologie et notre bien-être. La psychologie environnementale fut appliquée la première fois au domaine hospitalier. Il fallait en premier temps avoir des preuves que l’espace participe à la convalescence des patients. Les préoccupations de cette discipline sont multiples. Elle permet d’étudier et analyser les effets des lieux sur l’Homme, ainsi que la manière dont il les perçoit. Elle traite aussi les perceptions, les comportements, les attitudes et émotions des individus qui peuvent être procurés par le contexte physique et social. Au domaine de la santé, elle cherche à montrer à quel degré l’architecture des bâtiments influence le bien-être des usagers, tenant compte des facteurs ambiants et des caractéristiques du bâtiment sur le bien-être de leur individus. De la même manière que l’espace agit sur l’humeur, les attitudes et les émotions d’un individu, les comportements de celui-ci peuvent avoir un impact sur l’environnement.

!59



Lorsqu’il s’agit d’un espace qui souffre d’un manque de rythme, d’harmonie et de symphonie, il devient un facteur de confusion, de gêne, de malaise, d’handicap, et pourra même aggraver la situation des personnes souffrantes de pathologies physiques ou morales. Surtout au niveau des chambres des espaces hospitalières, ces derniers sont les lieux ou le malade passe le plus de son temps. Souvent mal agencées et surchargés, avec une absence d’ouverture vers l’extérieur, ce type de chambres génère du stress et de l’angoisse pour ces usagers. Effet du séjour hospitalier : Sur le patient En aucun cas, séjourner dans une chambre hospitalière ne dépend uniquement de l’état physique du patient. En effet, l’espace qu’il l’entoure agit sur son rétablissement et sur l’avancement de son état. Un malade dans sa chambre passe sa journée on compagnie des soignants, parfois d’un membre de sa famille, et dans le meilleur des cas une télévision est à sa disposition. Une chambre qui enclave l’utilisation de ses sens. Plusieurs recherches scientifiques sur la santé ont démontrés que les facteurs ambiants agissent sur l’état des malades. Le bruit comme exemple, angoisse les patients, et ainsi redouble la sensation de douleur. De même, l’absence de la lumière naturelle rend les individus dépressifs, tristes et connaissent des troubles de sommeil. Sur la famille du patient Les familles aussi subissent avec leur malade. Impuissant de venir à son aide, et confus, le séjour hospitalier perturbe leur quotidien. Entre gérer leur travail, leur foyer, visiter et prendre soin de leur malade et parler aux médecins quand l’occasion se présente, leurs priorités sont bouleversées. Au fil des jours s’installent la fatigue, la peur, la frustration et le stress. Une chambre qui ne prend pas en considération le bien-être de ses usagers accentue ces sentiments, et génère une tension et une énergie négative qui se répercutera sur le patient influant ainsi son état de santé. !61


Sur le personnel soignant Concernant le personnel médical, et même si leur métier ne consiste qu’à soigner et suivre les malades, l’atmosphère dans laquelle ils travaillent se reflétera sur leur état d’âme. Un sentiment de culpabilité et d’impuissance de ne pas pouvoir aider tous les malades agonisant. Pour ce protéger émotionnellement, ils essayeront de ne rien ressentir, et donc s’impliqueront de moins en moins pour soigner leur malades, et se détacheront créant ainsi un manque d’échange. Réduire la fatigue et le stress du personnel par un environnement sain et favorable est un objectif évident. 1.6. Environnement physique hospitalier : espace sensorielle et effet ambiant En tant qu’espace physique, les lieux de soins témoignent de la relation qui s’instaure entre leurs usagers et les formes construites qui les composent. Dans le cas d’une personne malade, cette relation est plus accentuée. Ses sens sont en éveil, et il recherche le moindre réconfort physique ou moral au sein de son environnement. Plusieurs facteurs influence l’environnement physique notamment l’espace sensorielle et les effets ambiants. Pour réussir la conception d’un hôpital, il est important de voir les dysfonctionnements actuels, et de se concentrer sur les critiques envers les espaces sanitaires modernes, comme étant des lieux pauvres et aseptiques, loin du bien-être et de la perception sensorielle. Il est certain que le rétablissement de la santé des malades se fait plus rapidement lors de l’absence de tous stimuli de stress. C’est là où l’architecture sensorielle intervient, et doit concevoir des espaces qui génèrent des atmosphères stimulantes, qui peuvent créer un environnement où la maladie et la douleur s’oublie pendant un moment donnée.

!62


Peter Zumthor grâce à l’architecture des Thermes Vals, a pu créer une architecture sensorielle. L’expérience est déterminée par une multitude de matériaux disposés selon ses raisons, des contrastes spatiaux, des sons, des couleurs, des textures, des lumières… Les hôpitaux devraient user de la thérapie de l’architecture pour créer des espaces favorables. La lumière, la couleur, la réduction du bruit, l’intégration d’élément naturel, le dégagement de l’espace, l’aération sont autant de critères qui améliorent le bien-être des usagers. La lumière et la couleur produisent des effets sur le moral et le bien-être. Elles sont reconnues par la majorité des scientifiques. Le bruit, quand à lui, peut nuire à la récupération du malade et à son repos. Eclairage et lumière La lumière et l’éclairage exerce une influence importante sur l’être humain. Elles contribuent à son confort, sa sécurité et à l’ambiance de l’espace. Pour ce qui est des lieux d’observation et de soins, l’éclairage doit réconforter le malade, et éviter de le stresser. Une étude a démontré que la lumière participe à la guérison des patients. L’expérience a été faite sur deux groupes ayant subi une intervention. Le premier groupe a été logé dans une chambre ou la lumière naturelle était abondante, tandis que le deuxième groupe, manquait de lumière. Les résultats étaient surprenants. Le premier groupe se rétablissait deux fois plus rapidement que le second, allant jusqu’à ne consommer que peu d’analgésique. Grace à la lumière naturelle, le patient peur se rétablir et écourté sa durée de séjour. Couleurs Généralement, la couleur blanche et la plus dominante dans les espaces hospitaliers, et ce pour des mesures d’hygiène.

!63



Les couleurs influencent et nos sentiments et notre perception spatial. En effet, la perception de l’espace est guidée par la couleur. Peindre un espace avec une couleur clair le rend selon notre regard plus grand, ou peindre un plafond d’une couleur sombre fait paraître l’espace réduit au niveau de sa hauteur. Les couleurs stimulent le sens de la vue. Elles peuvent aussi procurer différentes humeurs et sensations allant d’un sentiment d’apaisement et de détente jusqu’à créer une confusion totale. Elles ont ainsi un impact sur notre bien-être. Pour se sentir serein et avoir un effet reposant, les couleurs claires et neutres sont favorisés contrairement aux couleurs trop vives et intenses. L’émotion est de plus en plus importante au fur et à mesure que la saturation augmente. La chromothérapie, ou la thérapie par la couleur, permet de guérir à travers l’usage des couleurs. Chaque couleur à une signification symbolique. - Bleu : La couleur bleue est connue pour ses propriétés relaxantes. Physiquement, elle ralentit le rythme cardiaque et active la guérison. Et mentalement, elle crée un environnement idéal au développement spirituel. Le bleu est utilisé pour soulager la fièvre, les inflammations, les migraines et les démangeaisons, et calme les émotions fortes comme la colère, l’agressivité et l’hystérie. - Jaune : Les propriétés curatives du jaune sont utilisées généralement pour les maladies nerveuses. Cette couleur renforce l’esprit et les nerfs, et est associée à l’intellect et à l’expression de la pensée. Elle apaise les douleurs du foie, de l’estomac et des intestins, et accélère l’assimilation des nutriments. Contre la dépression, cette couleur joyeuse égaye les gens et crée une ambiance dynamique et tonique.

!65



- Rouge : Concernant ses effets thérapeutiques, le rouge est une couleur qui apporte de la chaleur et de l’énergie, ainsi elle est efficace pour apaiser la fatigue, les rhumes et le froid. Cette couleur stimule la circulation sanguine et augmente la pression artérielle. En effet, le rouge dynamise tous les sens, et incite l’ovulation et les menstruations. Cependant, en cas de traitement de cancer, cette couleur est à éviter, vu qu’elle augmente la croissance cellulaire. - Vert : Couleur souvent associée à la nature, le vert représente l’équilibre et l’harmonie de l’esprit et du corps. Il peut être utilisé pour la majorité des conditions thérapeutiques. Cette couleur agit positivement sur le cœur et sur la pression sanguine. Le vert possède des effets apaisants, énergisants et calmants, et apporte de la fraicheur à l’espace. - Orange : L’orange est une couleur chaude, qui permet de libérer les émotions, de remonter le moral et de raviver la bonne humeur. Cette couleur stimule la créativité et l’enthousiasme. Elle favorise la digestion, augmente l’activité de la glande thyroïde, soulage les crampes musculaires et stimule les poumons et la respiration. - Violet : Bénéfique pour les malades mentaux, le violet aide à établir un équilibre de l’esprit. Il favorise la rêverie, l’utopie et le mystique. Il stimule la créativité, la sensibilité et la compassion. Avec ses propriétés apaisantes, cette couleur purifie la circulation sanguine, et est utiliser pour le traitement des peurs et des obsessions. Les couleurs véhiculent plusieurs émotions et sensations, et aident à améliorer la guérison de certaine maladie. L’usage des couleurs peut aussi aider à l’orientation et à la lisibilité des espaces, permettant à l’usager plus d’autonomie. Et son usage dans des espaces destinés aux enfants permet d’augmenter leur sécurité et leur confiance, vu que ces espaces reflètent une atmosphère plus joyeuse.

!67



Matériaux et textures Chaque matériau émet une sensation que l’être humain reçoit et la traduit dans ces comportements. Pour mieux nous rapprocher de notre environnement, nous touchons les espaces qui nous entourent. Qu’ils soient doux ou rugueux, mattes ou réfléchissant, chauds ou froids, les matériaux et leurs textures contribuent à évaluer notre perception de l’espace. Ils nous permettent aussi à se repérer grâce à la mémorisation de la texture de chaque espace. Le bruit Le bruit est considéré comme un élément à éviter durant la guérison des patients. D’un côté, il réduit la qualité et la durée du sommeil des malades, il génère le stress, la contrariété et la nervosité, et d’un autre côté, il affecte sur la productivité du personnel. Il est important durant la conception architecturale des équipements hospitaliers de prendre au sérieux l’acoustique afin d’éviter des espaces trop bruyant, mais il est préférable de laisser un contact auditive entre intérieur et extérieur. Les bruits de fond permettent à se détendre et sont appréciés par les usagers. La nature La nature a des effets psychologiques et physiologiques sur l’être humain. Des recherches scientifiques ont démontrés que la vue de la nature agissait de manière positive sur la santé et le bien-être des gens. En effet, la nature permet de faciliter la guérison des personnes atteintes d’une maladie et à rétrécir la durée de leur traitement. La vue d’élément naturelle stimule nos sens, réduit l’anxiété et la dépression, permet d’être en harmonie avec soi, et donne aux patients un espoir de rétablissement, de renouvellement et d’une vie meilleur.

!69


2. Architecture soignante thérapeutique 1.1. Thérapie par l’architecture L’architecte, grâce à son métier, peut créer plusieurs atmosphères qui procurent différentes sensations et émotions. Cependant, au niveau des équipements sanitaires, l’architecture doit venir en aide autant pour les patients et leurs familles, mais aussi aux personnels médicaux. Elle doit pouvoir être capable de créer des espaces qui auront pour rôle de rassurer, d’apaiser et même de soigner. En effet, pour arriver à ce stade, il est primordial de tenir compte de plusieurs dispositifs d’aménagement dont : Intégration urbaine Un hôpital avant tout est un lieu qui doit être raccordé à la ville. C’est un espace de vie nécessaire aux soins, à l’information, à l’éducation mais aussi aux rencontres sociaux. Par conséquent, il doit être ouvert à la ville, voir même devenir son extension. Son ouverture lui attribut un effet convivial et accueillant. Mais aussi, sa transparence lui permet une meilleure lisibilité des espaces, ainsi les individus se sentiront plus confiants et en sécurité. La gestion de la mobilité urbaine est très importante. Séparer les flux des services d’urgences des flux du trafic et des patients, permet de réduire les conflits et les enclavements. La visibilité des équipements hospitaliers au sein de la ville se fait généralement à travers son architecture, et ce on créant des repères urbain (tour ou autres) pour marquer son emplacement. L’accessibilité des hôpitaux doit découler d’une réflexion bien menée. Implanté le projet à proximité des moyens de transports facilite le déplacement et des visiteurs/patients, mais aussi du personnels soignant. Ceci permet cependant de réduire le stress d’aller dans des lieux inconnus. Avoir des places de stationnements suffisants et aussi primordiaux. !70


Une visite à l’hôpital doit être agréable. L’intégration de l’équipement dans le paysage urbain permet de réduire à moitié les problèmes de ces infrastructures. Forme Dans un espace hospitalier, la première impression que nous avons sur ce lieu est généré par sa forme. Rassurant, intimidant ou imposant, la forme affecte en effet nos sensations. La morphologie des hôpitaux ne cesse d’évoluer. De la tour sur socle des années 60, l’hôpital est devenu plus fragmenté et horizontale. Ce changement est induit par le fait de tenir en compte des éléments qui façonnent l’homme et son bien être. La présence des espaces verts et de la lumière naturelle a surement affecté la conception architecturale. Désormais, les espaces d’hospitalisation se retrouveront alignés à l’horizontal avec les autres blocs. Des rues intérieures se créeront, et feront office de lieu de rencontre et de partage. La présence de jardins procurera au visiteurs, patients et personnel un bien être. Hôpital résilient A travers l’histoire, l’hôpital évolué selon le degré d’évolution de la médecine et de la science. A chaque découverte, il fallait tout reconstruire à nouveau pour suivre les avancés scientifiques. Généralement, l’hôpital doit être conçu pour durer, en s’adaptant au fur et à mesure aux évolutions technologiques et scientifiques médicales. Pour ce fait, la flexibilité des espaces hospitaliers doit intégrer la conception architecturale. Que ce soit d’apporter des modifications à l’intérieur, en changeant des espaces ou des fonctions, ou à l’extérieur, en laissant une marge d’extension pour l’hôpital, l’adaptabilité des équipements hospitaliers doit être bien pensée.

!71


Avec plusieurs blocs qui s’étalent à l’horizontale, l’hôpital est plus souple au changement. Chaque bloc pourra se développer à son rythme ou être remplacé sans influencer le reste de l’équipement. C’est au niveau de la programmation que les architectes doivent identifier les services ou les fonctions susceptibles aux changements, afin de laisser des espaces polyvalents et modulaires qui accueilleront les nouvelles fonctions au fil du temps. Ainsi, nous serons face à un équipement résilient, conçu pour durer. 1.2. Evidence Based Design (conception fondée sur preuve) La conception fondée sur preuve est une approche qui s’intéresse à la recherche de preuves ou concepts lié à l’environnement architectural pour ainsi diriger la conception du projet. Grace à cette approche, l’intérêt sur la sécurité et le bien être des patients et du personnel médical sont adopté. L’objectif de cette méthode et d’assurer des espaces qui réduiront le stress, participeront à la convalescence des patients, et amélioreront la sécurité des individus. Sécurité : « La toute première exigence d’un hôpital est qu’il ne doit faire aucun mal au malade » Florence Nightingale, 1859.

Hormis le faite qu’un hôpital doit soigner, il doit éventuellement assurer la sécurité de ces usagers. Le cadre physique d’un équipement hospitalier doit répondre à un certain critères essentielles pour un milieu sain et sécurisé.

!72


Eviter les infections nosocomiales Les infections nosocomiales sont des infections contractées lors d’un séjour hospitalier. L’air et le contact physique sont les principaux conducteurs de ce type d’infections. Une étude a été faite sur huit hôpitaux universitaires de Rabat le 08 juin 2010. « Premier constat, environ 10% des patients hospitalisés ont contracté une infection nosocomiale. C’est un chiffre élevé par rapport aux données internationales : Norvège (5,4%), France (4,5%), Italie (4,9%),Turquie (13,4%) et Sénégal (10,9%). Il ressort de ce travail que les secteurs hospitaliers où on contracte le plus d’infections nosocomiales sont ceux de la réanimation et de la chirurgie. »6 En effet, la qualité de l’air joue un rôle majeur dans l’espace hospitalier. Le non renouvellement de l’air permet la transmission des maladies aéroportées telles les tuberculoses, la varicelle ou encore la grippe. Nombreux médecins souffrent de maladies contractées lors de leur passage dans les hôpitaux. La ventilation est essentielle dans ces équipements. On retrouve plusieurs solutions pour réduire ses infections. On peut installer un filtre à particule aériennes à haute efficacité (HEPA), un système de changement d’air chaque heure, ou simplement de travailler le flux d’air de sorte à donner aux espaces contaminés (exemple chambre accueillant les malades infectieux), une pression négative vu que l’air naturellement se déplace des zones à hautes pressions vers des zones à basses pression, et ainsi éviter que l’air contaminé ne s’échappe vers d’autres espaces. Malgré que les infections aériennes présentent nombreux dangers, on retrouve aussi la contamination par contact. Le contact peut se faire de personne en personne, ou suivant les surfaces environnantes. L’hygiène des mains et en effet essentielle, mais aussi le choix des matériaux. Les revêtements lissants sont à privilégié dans les espaces hospitaliers, et ce pour éviter la prolifération des bactéries et de faciliter leur entretien.

6

La vie éco : 21 Juin 2010 !73



Réduire le risque de chute 42,2% des chutes des patients hospitalisés sont identifiées lors de leur transfert.7 Les principales causes sont due à une mal conceptions et aménagements des espaces (chambre, salle de bain…). Un sol glissant, des ouvertures de portes inappropriées, des mauvaises dimensions des toilettes et des meubles… La mauvaise configuration peut induire la chute des patients. L’organisation spatiale doit aider les patients dans leur processus de guérison, et nos pas les rendre plus malade. Efficacité : La Douleur et le Sommeil L’hôpital a pour rôle de soigner les patients. Son environnement doit être capable d’améliorer l’efficience du personnel soignant à travers la conception architecturale et l’organisation spatiales, pour arriver à améliorer les conditions de récupérations et les résultats cliniques des patients. Lorsqu’on est malade, généralement on est confronté à la douleur, ce qui rend la maladie plus insupportable. L’hôpital peut alléger cette souffrance à travers l’architecture et le traitement des espaces. Une étude a démontré que « l’exposition des patients à la nature peut produire un allègement substantiel et cliniquement important de la douleur. Des recherches suggèrent également que les patients éprouvent moins de douleur lorsqu’ils sont exposés à des niveaux plus élevés de la lumière du jour dans une chambre d’hôpital. »8

7

Interventions for the prevention of falls in older adults: systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials. Chang.J.T., Morton, S.C., Rubenstein, L.Z., Mojica, W.A., Maglione, M., Suttorp, M.J., et al., 2004 Pain in its Environmental Context: Implications for designing Environments to Enhance Pain. Sara Malenbaum, Francis J. Keefe, Amanda Williams, Roger Ulrich, and Tamara J. Somers 8

!75


Dans le processus de la guérison, le sommeil et un éléments très important. Certaines personnes hospitalisées deviennent très sensibles aux conditions environnementales, et souffrent d’instabilité au niveau du rythme biologique, ce qui augmente ainsi le stress, l’angoisse et voir même le délire. La présence du bruit ou la mal gestion de la lumière peut perturber le sommeil des patients, les empêchant ainsi d’arriver au stade du sommeil réparateur. Ces effets peuvent entraver sur le processus de guérison. Pour améliorer le sommeil des personnes hospitalisés, les chambres peuvent réduire les nuisances sonores, grâce à l’usage de matériaux absorbant le son. De plus, l’orientation des chambres doit permettre de recevoir la lumière du jour, pour maintenir le cycle lumière/ obscurité, et ainsi avoir un rythme circadien normal et améliorer le sommeil. En effet, les facteurs environnementaux, nature, bruit, lumière naturelle…, agissent sur notre perception et nos sentiments. Ainsi, autant utiliser ses paramètres pour améliorer le contrôle de la douleur et le sommeil chez les patients. Améliorer le cadre de travail du personnel La conception architecturale doit tenir en compte la prise en charge des soignants. En effet, ces derniers prodiguent des soins quotidiens aux patients, et suivent leur état de santé. Réduire le stress du personnel médical amène à améliorer leur comportement avec les personnes hospitalisées. Ainsi, il est important de concevoir un environnement sain qui soutient le travail des soignant, et limite leur épuisement par rapport aux différents déplacements. La configuration des unités de soins impact sur l’efficacité et la productivité dans l’organisation des soins. L’organisation des postes d’infirmier est un défi majeur. Ce dernier, s’il est bien disposé, réduira le déplacement des infirmiers et favorisera la communication. Nous retrouvons trois types de dispositions des postes d’infirmiers: !76


- Poste centralisé : Dans ce type de configuration, une grande unité est disposée au centre par rapport aux chambres des patients. Toutefois, un seul poste central peut générer du bruit et l’encombrement, vu la présence des soignants au même endroit. Cette disposition amène à de multiples déplacements vers les chambres des patients mis aux extrémités.

- Poste décentralisé : Ce type d’aménagement offre la possibilité d’avoir plusieurs petites unités (d’un ou deux infirmiers par poste), placé à des endroits précises, pour assurer la proximité des patients, d’ou la réduction des déplacements et du bruit.

- Poste hybride : Ce modèle regroupe les deux types cités précédemment. Il est constitué d’un poste centrale ainsi que de plusieurs petites unités de travail répartis sur l’étage. Bien être : L’environnement physique des lieux de soins à un impact direct sur ses usagers. Promouvoir le bien être est essentielle au rétablissement des patients mais aussi à la productivité des soignants. Grace à des aménagements, l’architecture agit sur le stress et la dépression des personnes hospitalisés, et offre des espaces conviviales, reposants et rassurants pour le personnel et les visiteurs.

!77


1.3. Architecture comme outil thérapeutique - Orientation et Repérage spatio-temporel Généralement, dans des équipements hospitaliers de grandes envergures, l’on se perd dans ses couloirs. Plusieurs fonctions se multiplient à l’intérieur de ces établissements. Parfois même, la monotonie des espaces nous donnent l’impression de se retrouver à l’intérieur d’un labyrinthe sans fin, augments ainsi l’angoisse et le stress. L’architecture doit établir des repères afin que, visiteur et patients, puissent ce déplacés sans aucun problème. Imaginons une personne hospitalisée atteinte d’une certaine maladie, la rendant dépendante à autrui. L’architecture doit l’aider pour se déplacer librement sans le recours à une tierce personne. L’environnement doit être lisible par tous et rassurant. Il est important de diversifier les espaces à travers l’usage de différents matériaux, de couleurs, de forme, de lumière…, pour ainsi faciliter l’orientation des patients. Certains malades passent un long séjour à l’hôpital. La notion du temps diminue petit à petit. Pour ce fait, les espaces de vie doivent être orienté côté Sud, pour permettre aux patients de se repérer selon le temps (jour/nuit), et d’avoir des vues vers la nature. - Sécurité et Enfermement L’hôpital doit s’éloigner de l’image carcérale qu’il reflète. En effet, la sécurité est primordiale dans ces équipements. Plusieurs espaces ne peuvent être accessible par tout le monde, en même temps, il est nécessaire de gérer les entrées et les sorties, et de sécurisé l’établissement. Malgré l’enfermement de l’hôpital, l’aménagement doit pouvoir être capable de faire ressentir aux usagers une certaine liberté. Les barrières physiques imposées génèrent un sentiment désagréable d’angoisse et d’enfermement sur les patients. Pour les aider, la conception architecturale doit laisser une liberté de circulation pour les individus. Cette circulation peut être contrôlé est dirigé à travers l’usage des formes, des couleurs, la lumière… !78


Tenant compte de la psychologie humaine, les espaces sombres sont aperçus comme des espaces de danger à éviter. Pour cela, les espaces ou l’accès est interdit au public peuvent être sombre (travail de lumière, de matériaux ou de couleurs) ce qui repoussera inconsciemment les gens à y entrer. Ainsi, les individus choisiront de ne pas y accéder, et non pas le sont obligés. - Autonomie et Intimité Le malade a besoin d’un espace privé au sein de l’hôpital. Hormis le faite que certaines personnes hospitalisé dépendent d’autrui, et nécessite de l’aide pour leur tache quotidienne, ce qui les angoissent et les frustres, l’architecture doit être capable de concevoir des espaces intimes, facile à l’usage, et qui permettra aux malades de se créer un petit espace personnel à l’intérieur du lieu de soin. Ces lieux intimes devront avoir un aménagement spécial, ou la marge de manœuvre est minime pour faciliter son utilisation par la personne hospitaliser. - Isolement Il est question de préserver le contact avec le monde extérieur, généré des espaces qui incitent les familles et les proches à rendre régulièrement visite à leur malade. Approche urbaine : hôpitaux doivent être accessible par les transport en commun…

!79





Symboles

!80


1.4. Paysage thérapeutique : l’environnement symbolique L’hôpital en tant qu’équipement, peut être comparé à une ville. D’un côté, ce microsome crée, grâce à ces rues intérieures, des lieux de rencontres et d’échange social. Plusieurs relations peuvent être développé à l’intérieur de ces espaces. Etant comme lieux qui accueil différentes émotions, allant de la joie à la souffrance, l’image de l’hôpital peut être effrayante. Son ambiance symbolique de mort reste gravée dans la mémoire de certains individus. Les symboles ont un effet qui agit sur l’inconscient humain. Ils peuvent influer leurs attitudes et leur perception des espaces. En effet, les gens à l’avance ont développé une image sur l’hôpital et la santé, de ce fait, leurs expériences dans les lieux de soins et déterminé par l’effet de leurs idées de base. Chaque ressenti à l’hôpital produit multiples significations en fonctions des expériences passés des individus

ou de leur héritage culturel.

Les images visuelles affectent plus les activités humaines dans leur rapport avec la réalité. Certains symbole matériel ou équipement hospitaliers, comme un scanner ou un scalpé, peuvent effrayé certaines personnes. La sensibilité des individus face au symbole diffère selon les personnalités de chacun. D’autre symbole participe au repérage des individus à l’intérieur des ces espaces, et ainsi contribuent à aider l’orientation des malades dans l’équipement hospitalier.

!81


Hôpital Beaujon, Clichy

!82


1.5. Quand la Forme suit la Fonction Forme : Ensemble de figure, d’objet, de corps… que nous percevons. C’est aussi les différents aspects qu’une chose put présenter, et dont elle est organisée. Fonction : Selon LAROUSSE, rôle, utilité d’un élément dans un ensemble. Exercice d’une charge, d’un emploi ou profession. « La forme suit la fonction » suggère que la forme et la fonction sont deux entités indépendante l’une de l’autre. Pourtant l’association des deux permet de concevoir une architecture d’une certaine qualité, en même temps qui répond à des fonctions précises. Les équipements hospitaliers sont caractérisés comme des équipements fonctionnalistes. Souvent nommées « Usine à soigner », la notion de vie à l’intérieur de ces espaces est quasi absente. Certes, les hôpitaux sont contraints à suivre une certaine règlementation et des normes définis afin que son organisation soit fonctionnelle. Sans oublier que ces équipements nécessitent un budget énorme pour leur réalisation. De ce fait, la fonction prime sur la qualité architecturale, ce qui donne naissance à des espaces déshumanisé et non vivable. La fusion de la forme et de la fonction amène un créer un équipement sanitaire qui d’un côté, offrira un cadre paisible et agréable aux usagers de ces espaces, et d’un autre, parviendra à créer un repère urbain qui participera à la structuration de la ville.

!83



CONCLUSION La qualité architecturale des espaces influence la perception des individus. Le recours à l’hôpital ne ce fait pas par plaisir, souvent accompagné d’inquiétude et de crainte. En effet, les patients pris d’angoisse, visible sur leurs expressions faciales et leurs gestes, n’ont qu’un seul souhait: un rétablissement rapide ou entendre une information heureuse et rassurante. En conséquence, l’architecte doit être en mesure d’intégrer les éléments primordiaux de la psychologie de l’espace, pour concevoir un milieu sain et propice, afin de créer un cadre spatial adéquat au rétablissement et à la convalescence des patients, et d’assurer un climat serein et réconfortant aux visiteurs. Concevoir des jardins avec plusieurs espaces verts, ou des espaces d’attente agréables peuvent être des éléments qui favoriseront le confort et le bien-être chez les usagers des espaces hospitaliers. Par ailleurs, les espaces intérieurs doivent bénéficier d’un minimum d’intérêt au détail architectural. Il s’agit alors de travailler les matériaux, les lumières, les couleurs, les textures… Ces éléments architecturaux agissent qualitativement sur la santé des patients et créent des milieux favorables aux soins. Odeur de désinfectent, couleur blanche, labyrinthe de couloir, l’image actuelle que nous avons des espaces hospitaliers doit évoluer à travers l’architecture, afin de lui conférer un nouveau symbole de vie et non de mort. C’est ainsi que les individus pourront fréquenter ces lieux de soins avec plus d’aisance, sans pour autant être stigmatisés à la vue de spectacles navrants.

!85


!86


CHAPITRE 3

LE TRAITEMENT ARCHITECTURAL

!87



INTRODUCTION L’architecturale des espaces hospitaliers contribue à l’amélioration de l’état physique et psychique des usagers de cette espace. Les équipements sanitaires au Maroc rencontrent une faiblesse concernant la qualité des leur espaces. Durant ce chapitre, nous analyserons l’aspect architectural et urbain d’un certain nombre d’hôpitaux représentatifs au Maroc, pour arriver à voir l’état des lieux de l’architecture de ces espaces. L’analyse sera faite sur : le CHU Avicenne et le CHU Cheikh Zaid à Rabat, le CHU Hassan II de Fes, le CHU Mohammed VI de Marrakech, et le CHU Mohammed VI qui se situe à Oujda. Cette liste est non exhaustive, et le choix a été déterminé par plusieurs critères pratiques dont :

- Représentativité de l’hôpital - Disposition des documents graphiques Pour arriver à avoir une idée claire de l’état actuel des hôpitaux marocains, une enquête a été lancée et pour l’analyse d’un certain nombre de paramètre allant de l’échelle macro, l’intégration urbaine, à l’échelle micro, le détail architectonique. Pour le bon déroulement du projet, ces éléments sont nécessaires.

!89


!

!

!

!

!

Résultats de l’enquête comparatives CHU Avicenne et Cheikh Zaid !90


!

!

!

!

Résultats de l’enquête comparatives CHU Avicenne et Cheikh Zaid !91


Perception de l’hôpital par des individus !92


Analyse des représentations La perception de l’espace hospitalier diffère d’une personne à une autre. En effet, chaque individus à dans sa mémoire une image qui pour lui représente l’hôpital. Après avoir demandé à un certain nombre de personnes de me dessiner leur première image de l’hôpital, nous avons eu une première idée de la représentation des espaces hospitaliers dans la mémoire collective des gens. Cependant, les individus sont plus marqués par le mal vécu de ces espaces que par l’aspect architectural. Cela est peut être du aux cloisonnement de ces espaces de santé à l’intérieur de leur fonction, sans pour autant avoir une qualité spatiale architecturale ainsi que des éléments marquants qui pourront être emmagasiné dans l’inconscient humain.

- Symbole : L’espace sanitaire se résume pour certaines personnes au symbole. Loin d’être un élément architectural, ce symbole lumineux attire visuellement l’attention.

- Couloir : Cet élément architectural perturbe le passage des usagers à l’intérieur de l’hôpital. Souvent représenté comme un long labyrinthe délabré, sans aucun repère, jouissant d’un système classique ou les ouvertures sont absentes, les gens ont tendances à se sentir perdu et désorienté. Cette expérience influence par la suite l’image générale de l’équipement.

- Forme : Nombreux sont ceux qui pour eux l’image d’un hôpital se résume à un bloc parallélépipède, avec des ouvertures horizontaux, et qui donne sur une voie automobile.

!93



1. Intégration urbaine

En effet, l’intégration urbaine est un paramètre essentiel pour le bon fonctionnement d’un hôpital. Ce dernier doit être ouvert et raccordé à la ville pour lui accorder un effet accueillant et rassurant. L’hôpital ne doit pas être écarté mais intégré à son environnement. Pour améliorer les soins. L’équipement doit être capable de répondre à une multitude de paramètres dont sa proximité, la présence des transports en commun, et la bonne gestion de la mobilité urbaine pour ainsi contribuer à la structuration du quartier, voir même de la ville. Pour les cinq centres hospitaliers étudiés, nous remarquons que l’insertion de ces lieux de soins ne se situe pas au cœur de la ville. Ces hôpitaux profitent d’un emplacement aux abords des villes. Toute fois, les transports en communs sont à proximité (taxi, bus, tramway…), mais aussi nous retrouvons plusieurs espaces destinés au stationnement. Concernant le CHU Avicenne, nous remarquons une déficience au niveau de la gestion des voies automobiles. Les voies d’urgences, des visiteurs, de dépose minute et du trafic s’entremêlent. Aucune distinction n’est faite, se qui cause une congestion des flux aux niveaux de l’entrée de l’équipement, générant un encombrement et du bruit. Pour ce cas, l’hôpital impact la ville d’une façon négative. Au lieu de participer à sa structuration, l’établissement est considéré comme un élément dérangeant la ville. Nous remarquons que les espaces verts constituent un élément important dans la conception architecturale. En effet, la présence de jardin favorise la guérison des malades, et réduits ainsi la durée de leur hospitalisation. La nature affecte physiquement et psychiquement l’être humain. Sa présence réduit le stress et l’angoisse, et diminue aussi la sensation de douleur. Les personnels soignants pourront bénéficier de ces jardins pour se reposer, se détendre et se concentrer avant d’entamer une procédure médicale. !95


!96


Sur les schémas précédant, et à vue d’œil, nous apercevons un équilibre entre espaces bâtis et espaces non bâtis, pour tous les hôpitaux sauf pour le CHU Mohammed VI de Marrakech, ou le bâti est dense, et les espaces verts réduits. L'insertion de l'hôpital dans la ville participe à sa structuration. Cet équipement d'envergure entrave le développement urbain et génèrent de nouveaux flux de circulation. Hormis son rôle de soins, d'assistance et d'information, l'équipement sanitaire représente un repère pour la ville, qui sera mémorable dans l'esprit du collectif urbain. A travers les différents déplacements urbains qu'il génère (personnel, approvisionnement, patients, consultants, visiteur, ambulance), l'hôpital draine une forte densité de flux. Une gestion de la mobilité est donc essentielle.

!97


CHU Avicenne, Rabat

CHU Cheikh Zaid, Rabat

CHU Mohammed VI, Marrakech

CHU Hassan II, Fes

CHU Mohammed VI, Oujda

Schéma de la morphologie des hôpitaux marocain analysés

!98


2. Morphologie générale des hôpitaux

La morphologie des hôpitaux a évolué à travers les siècles. Allant de l’hôpital religieux, puis l’hôpital pavillonnaire, arrivant jusqu'à l’hôpital socle sur tour, l’évolution des lieux de soins a été affectée par le développement médical, scientifique et technologique. L’usage de telle forme a découlé dans un premier temps d’un besoin économique. La compacité de l’équipement réduit son emprise au sol, et diminues ainsi les couts de construction. Ensuite, ce type de forme parallélépipède permet le regroupement des différentes fonctions (accueil, bloc opératoire, les espaces d’hospitalisation…) sans aucun souci concernant l’aménagement des espaces. On se retrouve face à des fonctions qui dictent la forme, ce qui engendre des bâtiments déshumanisé avec une qualité architecturale médiocre et un traitement de l’espace inadapté à l’humain. Cependant il est nécessaire d’avoir un compromis entre forme et fonction. La forme façonne à sa manière l’être humain et ses sensations. Il s’agit de savoir comment l’utiliser pour le bien être des usagers des espaces de soins. Pour conclure, nous remarquons que la morphologie des hôpitaux marocains rejoint la morphologie de ces trois types d’hôpitaux qui sont parues à travers l’histoire : Hôpital Type halle et maison hospitalière qui étaient présent durant le moyen âge, et l’hôpital en peigne qui représentait la période moderne.

!99



3. Etude des Gabarit

Majoritairement, la hauteur des équipements hospitaliers au Maroc est limitée eu R+4. On retrouve quelques hôpitaux en R+5 comme le CHU Avicenne ou d’autres en R+3 comme le CHU Cheikh Zaid. Les différentes fonctions de ces équipements son réparties en étages. La hauteur des bâtiments est imposée par le programme et les fonctions qu’il regroupera. Ainsi la forme est un résultat de la fonction, la rendant monotone, répétitive et compact. Une façade doit comprendre trois éléments essentielles afin d’établir une liaison ou un rapport positive avec l’être humain : la base, le corps et le couronnement. Ces éléments ont une similitude visuelle au corps humain : pieds, torse et tête. Les pieds comme la base assurent la stabilité, le torse ou le corps du bâtiment apporte hauteur et volume, et la tête ou le couronnement représente l’identité. L’usage de ces trois composant assure dans ses proportions l’expression d’harmonie et d’unité visuelle. L’humanisation d’un bâtiment doit comprendre ses trois éléments primordiaux. Malheureusement, et suite à l’étude des gabarits des hôpitaux analysés, nous remarquons que le traitement architectural des façades se limite à la base et au corps, voir même dans des cas on se retrouve face à un traitement unis pour tout le bâtiment. De ce fait, on retrouve une forte relation entre programme et hauteur du bâtiment. La forme de l’hôpital subit à une fonction déterminée. Chaque étage regroupe un programme donné. Pour le cas du CHU Avicenne, les fonctions sont réparties en étages comme suit :

- RDC : Service de chirurgie, laboratoires, explorations fonctionnelles digestives, service de la médecine nucléaire, bureau d’admission des externes

- Etage 1 : Administration de l’hôpital, service de chirurgie, service de l’urologie !101


!102


- Etage 2 : Service de chirurgie, service de l’urologie, service de la réanimation chirurgicale, Bloc opératoire central

- Etage 3 : Service de pneumologie et chirurgie thoracique, service de néphrologie, service de chirurgie

- Etage 4 : Service de Médecine, service de la réanimation médicale - Etage 5 : Service de dermatologie, service cardiovasculaires - Sous-sol : Services des urgences L’architecture des hôpitaux à l’international a évolué vers la construction des tours qui rassemblent toutes les fonctions, en plus des espaces d’hospitalisation. La forme doit découler d’une réflexion sur l’homme et sa psychologie, et en parallèle répondre à la fonction qui lui est attribué.

!103



4. Composition générale

L’équilibre visuel est un facteur prédéterminant qui permet de réussir la composition générale d’un projet architectural. Entre usage de symétrie, de proportions, de rythme et de transparence, on se retrouve face à une architecture harmonieuse, équilibré et humanisé. Face à la composition générale du CHU Avicenne, en premier lieu, nous remarquons que le jeu de volume est réduit. L’architecture fonctionnaliste est présente. L’ensemble est composé de deux masses qui contiennent des ouvertures en bandes. Ce type d’ouverture accentue l’horizontalité du volume. L’entrée du CHU est non mise en valeur et inaperçue. Ces éléments exposent un problème au niveau des proportions. La proportion fait référence à la relation entre hauteur/ largeur. En architecture, elle peut aussi être la relation entre la masse construite ainsi que les ouvertures (portes et fenêtres). L’équilibre des proportions agit sur l’harmonie du bâtiment, et sur le psychique des individus. Comme le corps humain qui contient une multitude de proportions harmonieuse.

!105


Etude de la composition générale de CHU Cheikh Zaid, Rabat


Le CHU Cheikh Zaid, connaît par contre un équilibre. L’usage de la symétrie peut faciliter à atteindre l’équilibre visuel. La perception de la beauté est influencée par la mesure de la symétrie au sein d’une composition donnée. Les psychologues attribuent cela à la composition du corps qui est fondamentalement symétrique. Ce principe s’étend inconsciemment sur les objets qui nous entourent. Appliqué aux bâtiments, la symétrie crée de l’ordre dans les éléments de la façade. La lecture d’un bâtiment devient donc plus facile. En même temps, nous remarquons un rythme dans la façade. Le rythme fait référence à la récurrence régulière ou harmonieuse de lignes, de formes et de détails. Il utilise la répétition et l’espacement des éléments en tant que dispositif fondamental pour la création d’une organisation visuelle. L’esprit et les yeux recherchent un type d’organisation aux niveaux des façades. Nombreux sont ceux qui ne sont pas à l’aise avec la confusion et le chaos. Ce type d’hôpital incorpore des éléments répétitifs. Les fenêtres ainsi que les volumes imbriquaient créent un rythme visuel. Le résultat anime la façade lui évitant d’être plate. C’est la façade du CHU Cheikh Zaid qui lui attribuent son identité architecturale. On remarque aussi un équilibre entre le plein et le vide en façade. Les fenêtres en façades sont destinées aux chambres d’hospitalisation. La transparence du bâtiment lui attribue un effet rassurant, partageant les activités intérieures du bâtiment avec la rue. La forme des ouvertures donne une idée sur la fonction de l’espace et son utilisation. La transparence offre la possibilité de lier le bâtiment à la perception humaine.

!107


Etude de la composition gĂŠnĂŠrale de CHU Hassan II, Fes


Le CHU Hassan II de Fes se caractérise par la présence d’un fractionnement, un parallélépipède marqué par un élément cylindrique qui ressort du bâtiment, et des ouvertures traité à l’horizontale. La présence de cette forme génère un sentiment imposant au bâtiment. Mais encore, le traitement de façade se définis à travers l’usage de deux matériaux distincts. L’utilisation de différents matériaux contribuent à la perception de l’échelle et de la texture générale du bâtiment. La surface et la couleur affectent l’expression visuelle, l’échelle et la réflexion de la lumière. Le bâtiment paraît plus léger. Par contre, on ne perçoit pas de différence entre la base, le corps, et le couronnement. Ce qui met à confusion l’échelle du bâtiment. En effet, l’échelle fait référence à la façon dont nous percevons les éléments architecturaux par rapport à d’autres formes et au corps humain. Il existe deux types d’échelles : l’échelle globale et l’échelle humaine. L’échelle globale maintient la lisibilité d’un bâtiment à distance. L’échelle humaine est la lisibilité des éléments proche d’un bâtiment (généralement la base du bâtiment). Pour une architecture réussite, il s’agit d'introduire simultanément les deux échelles. Pour le CHU de Fes, l’échelle humaine n’est pas prise en considération. Grace à cette approche, l’homme se permet de dimensionner l’espace, lui procurant ainsi confort et intimité. L’étude de la composition générale de ces hôpitaux nous donne une idée sur la façon dont nous réagissons face à l’environnement bâti. La beauté est subjective et personnelle. On ne peut juger de l’esthétique de ces bâtiments. Ces éléments d’analyse de la composition renforcent le lien de l’architecture à l’homme afin de lui procurer bonheur et bien être au sein des lieux qu’il pratique.

!109


!110


5. Flux et Circuit

Dans un hôpital, la gestion des circuits représente l’un des points essentiels pour le bon fonctionnement de cet équipement. En effet, divers circuits doivent être séparés, comme les circuits propres et salles, les circuits visiteurs/malades/personnel. Une bonne distribution des fonctions et primordiales afin de réduire au maximum le déplacement et des patients hospitalisés et du personnel médical. Le CHU Avicenne représentait l’un des meilleurs hôpitaux dans son temps. Durant la période coloniale, l’établissement répondait parfaitement aux besoins de la population ciblée. Néanmoins, et en raison de la croissance démographique et au développement de l’hôpital, ce dernier a connu nombreux dysfonctionnements. Face à cette situation, le CHU connaît plusieurs problèmes liés à la gestion des circuits, des flux et des déplacements. Lors d’une visite à ce centre hospitalier, on remarque d’un coup d’œil que les circuits malades, patients, visiteurs, personnel soignant s’entremêlent. Les personnes installées dans les espaces d’attentes aperçoivent le passage des patients hospitalisés sur leur lit. D’un côté, le malade perd son intimité. Et d’un autre, les visiteurs ou les personnes ayant une consultation seront mal à l’aise et stigmatisé face à un spectacle de malades qui défilent. L’étude de gestion des flux revêt un caractère primordial afin d’assurer le bon fonctionnement de l’hôpital. Elle est fondée sur la protection du malade, la réduction des circuits et leurs séparations en fonction des usagers, et sur la lisibilité des circulations, de manière à faciliter le contrôle et l’orientation des patients et visiteurs.

!111



6. Espace intérieur

Les espaces intérieurs ont des effets sur le confort et le bien être des usagers de l’hôpital. Leur traitement doit être capable à générer des sensations positives qui permettront aux patients hospitalisés de se rétablir rapidement, ainsi qu’au personnel soignant de se détendre loin du stress quotidien. Généralement le premier espace qu’une personne découvre est le hall d’accueil ainsi que les espaces d’attentes. Ces dernier doivent être traité de façon à rassurer les individus et de leur conférer confiance et sérénité. L’usage de jardin et de patio intérieurs permet de diversifier les éléments visuels, et créent des atmosphères reposant et calmant. Néanmoins, et dans de nombreux cas, les espaces d’attentes se retrouves nichés dans les couloirs d’hôpitaux. Ces espaces de transit accueillent différents passages des personnes hospitalisés en chaise roulante ou sur leur lit, et du personnel soignant. Ces couloirs froids, longs, sombres et étroits se retrouvent encombré par un grand nombre de personnes. Ces lieux de circulation, ou l’odeur du désinfectant et puissante, suscitent un malaise chez les individus. Le traitement de ces espaces de passage doit favoriser l’usage de couleurs, de matériaux, de textures, de vue vers la nature… Certainement, les espaces intérieurs contribuent à l’épanouissement des usagers. Leur aménagement doit découler d’une réflexion qui prend en considération, en plus de l’état physique, l’état psychique et la sensibilité des consommateurs de l’espace.

!113



7. Détail Architectonique

La conception architecture des lieux de soins doit s’intéresser aux aspects fonctionnels général ainsi qu’aux détails. Une entrée peut être traitée de différentes manières selon le message qu’elle veut fournir. Elle peut être en double hauteur, contenir des jardins intérieurs, des bassins d’eaux… Ces éléments d’aménagement reflètent l’image et la qualité des espaces qu’on retrouvera à l’intérieur du bâtiment. D’autres éléments architectoniques peuvent intéressé la composition du projet. Par exemple les escaliers peuvent être mis selon multiples dispositions. On retrouve des types intégrés à l’intérieur du bâtiment ou d’autres mis à l’extérieur. Leur traitement affecte le volume global du projet. Le type de fenêtre (horizontal, en bande, vertical) est considéré aussi comme un éléments important pour la composition. Ces proportions peuvent accentué l’horizontalité ou la verticalité du bâtiment, ou donner une lecture harmonieuse et équilibré à la façade. Le parcours perceptuelle d’un malade, de l’accueil jusqu'au bureau des consultation ou vers la chambre, et accompagné d’éléments architecturaux qui inconsciemment influence notre psychique. Ce parcours doit être traité de façon à ce que chaque détail soit réfléchi à l’avance. L’ambiance des espaces joue un rôle important dans le processus de guérison des patients.

!115


CONCLUSION La fonction à générer la forme, c’est pour ce cas qu’on ne peut parler d’esthétique de forme ou de qualité architecturale. La santé au Maroc est un secteur encore en phase de chantier. Les équipements hospitaliers viennent en réponse à une demande pour remplir un certain nombre de capacité litière proche des normes internationale. La fonction est le paramètre qui façonne l'architecture de ses lieux de soins. La priorité du pays consiste avant tout à élargir la couverture médicale sur tout le territoire. Le respect des couts, des surfaces et du programme sont primordiaux. La diversité de la morphologie de ses équipements est réduite. La forme varie entre des hôpitaux blocs ou des modèles hybrides. Cependant, ces établissements se retrouvent à la fin loin de procurer un cadre de vie sain pour les usagers. En effet, à force de s'intéresser à la fonction, la notion humaine perd sa place, générant ainsi des équipements ou le bien être et négligée. L’architecture de ces équipements doit aller de l’échelle macro à l’échelle micro. En d’autre terme, il s’agit d’intégrer l’équipement à son milieu urbain, de le raccorder et de l’ouvrir sur la ville, puis d’aller au détail de l’architecture à l’intérieur du bâtiment. En effet, les composants architecturaux doivent faire l’objet d’un traitement particulier. Par exemple, la fenêtre, élément d’éclairage, de ventilation et d’échange avec le monde extérieur, doit être traité de façon à ce que le malade puisse observer l’extérieur même en étant couché. La disposition des objets d’ameublement peut être laissé libre à chaque usager de la chambre de les placer selon ses goûts, afin que cette personne ressente un sentiment de chez soi. Les programmes architecturaux doivent satisfaire au maximum les besoins des individus afin de leur accorder confort et bien-être, une circulation aisée, un maximum d’éclairage naturelle, et un milieu propice pour le travail.

!116


Cependant, pour arriver à ces résultats, l’architecte doit parvenir à créer de nouvelles formes, de composer entre les volumes, de tenir en compte de la sensibilité des usagers, et de mener des réflexions sur le traitement des différents espaces, pour faire en sorte que la majorité des espaces soient de qualité.

!117



Lou Ruvo Center for Brain Health - SITUATION : Las Vegas, USA - ARCHITECTE : Frank Gehry - DATE DE CONSTRUCTION : 2007-2010 - SUPERFICIE DU TERRAIN : 1 HA - CAPACITE LITIAIRE : 27 lits

!119




โ ฉ

Faรงade principale

!122






CONCLUSION GENERALE « Architecture is never neutral, it either heals or hurts. » Mass Design

L’hôpital est un équipement assez particulier. Considéré comme un lieu d’événement en permanence, qui génère des émotions de bonheur ou de tristesse, de peur ou de quiétude, de confiance ou d’angoisse, et ou le mouvement des différents flux tourne constamment comme les aiguilles d’une montre. Certains s’y rendent afin de travailler, d’autre s’y rendent sans jamais ressortir, ou encore d’autres qui jouissent au bonheur de pouvoir continuer à vivre. A cet égard, l’architecture doit accompagner le malade constamment, et surtout de prendre en considération la totalité de sa personne Humaine. Certes, l’équipement hospitalier est en constante mutation. Le développement des techniques médicales, scientifiques, et informatiques affectent l’architecture de ces lieux sanitaires, et apportent nombreux changements dans la conception des établissements de santé. A travers la configuration intérieure des hôpitaux, ces derniers se doivent d’être résilients face à l’évolution technologique procédée dans ces lieux de soin. L’apport de l’architecture en matière de bien-être ressort dans l’aménagement des espaces intérieurs ainsi que dans la forme globale de l’équipement et son rapport avec la ville. En effet, les établissements hospitaliers restent cloisonnés à l’intérieur de l’aspect fonctionnel. La qualité architecturale y est réduite, causant ainsi plusieurs bouleversements au niveau de la psychologie des individus. Grace à l’architecture, les espaces conçus peuvent dissiper la douleur ou la frayeur que les patients ressentent lors de leur séjour hospitalier. Malheureusement, les espaces d’accueil ne favorisent en aucun cas l’intégration des personnes dans cet environnement. Au contraire, l’organisation de ces espaces ainsi que les espaces d’attentes frustre les usagers. Les patients sont confrontés à rencontrer d’autre malade agonisant ou mourant. Cette rencontre peut augmenté !127


l’angoisse, la peur et le stress chez ces individus, et agir négativement sur leur perception sensorielle de l’espace. L’architecte doit être capable de créer des espaces diversifiés avec une gestion des flux et des circuits pour chaque fonction. Il est nécessaire aussi de concevoir des espaces de transition à travers des aménagements qui favorise la promenade et le divertissement, en variant les éléments visuelles afin d’éviter à ces espaces monotonie et répétition. Hormis la fonction principale de l’hôpital qui est d’admettre des soins, d’autres activités peuvent se développer à l’intérieur du bâtiment, auxquelles les personnes hospitalisées pourront prendre part seul ou en famille. Concevoir une bibliothèque ou un espace multimédia peut en effet réduire la solitude des malades qui passent la majorité de leur temps enfermés dans leur chambre, et où la communication avec autrui est réduite. La prise en compte du côté psychique des patients est autant plus importante que son côté physique. Parfois, un trouble émotionnel peut produire des complications supplémentaires dans l’état psychologique des malades. En somme, l’architecture de ces équipements doit aller de l’échelle macro à l’échelle micro. Ceci dit, il s’agit d’intégrer l’établissement à son milieu urbain, de le raccorder et de l’ouvrir sur la ville, puis d’aller au détail de l’architecture à l’intérieur du bâtiment. Lieu de vie dans la ville, l’architecture doit éviter le sentiment de rupture que ressentent inconsciemment les malades, à travers l’insertion d’élément ou de repères habituels, qui vise à la continuité de vie. La fonction complète la forme. La fusion de ces deux éléments permettra de créer un équipement hospitalier qui répond autant aux besoins fonctionnels qu’à la qualité architecturale des espaces. Notre objectif et de lancer une réflexion sur l’apport de la qualité architecturale dans le renforcement du fonctionnement d’un hôpital. Pour conclure, l’architecture a des effets thérapeutiques sur les usagers des espaces. Le traitement des hôpitaux doit favoriser un environnement sain, de bien-être et de confort, mais aussi d’être un repère pour la ville, et lui permettre de se structurer et de se construire une nouvelle identité. !128


BIBLIOGRAPHIE LIVRES

-ALDO Rossi, L’architecture de la ville, Edition Infolio, 1966 -COUSIN Jean, L’espace vivant, 1980 -DE BOTTON Alain, L’Architecture du bonheur, Le livre de Poche 2006 -FOUCAULT Michel, Les machines à guérir. Architecture archives, Pierre Mardage, 1979 -LE MONITEUR, Aménager sans exclure, faire la ville incluante, 2018 -LYNCH Kevin, L’image de la cité, Dunod 1960 -MOSER Gabriel, La psychologie environnementale, De Boeck 2009 -NICKL Christine Weller / Nickl Hans, Hospital architecture, Edition Braun -TALL Hall, La dimension cachée, Points 1971 -ZUMTHOR Peter, Atmosphères, Edition Birkhauser 2003 -ZUMTHOR Peter, Penser l’architecture 1998 REVUES

-AM, Architecture du Maroc, Espaces Médicaux, n°76, juin-octobre 2017 -AM, Architecture du Maroc, L’Oriental, n°58, novembre-décembre 2013 -Techniques et Architecture, Hôpital, hospitalité, n°460, juin-juillet 2002

!129


MEMOIRES

-Architecture Hospitalière, Solange Buset, 2016-2017 -Architecture des hôpitaux, Charafi Hamza, 2016 -De l’architecture, des usagers, Architecture thérapeutique, Amina Benjelloun, 2015

!130


ANNEXES

Enquête architecturale sur les centres hospitaliers de Rabat Dans le cadre d'un travail de fin d'études sur les établissements de santé, veuillez répondre à ce formulaire sur les deux plus grands CHU à Rabat, Avicenne et Cheikh Zayed. * Required

1. Sexe * Check all that apply. Homme Femme 2. Age * Check all that apply. Entre 18 ans et 25 ans Entre 26 ans et 45 ans Plus de 45 ans 3. Ville de résidence *

4. Profession *

5. Avez­vous déjà été dans un hôpital ? * Check all that apply. Oui Non

Centre Hospitalier Avicenne ‫ﺳﻳﻧﺎ‬ ‫ﺍﺑﻥ‬ ‫ﺍﻟﺟﺎﻣﻌﻲ‬ ‫ﺍﻟﻣﺳﺗﺷﻔﻰ‬ 6. Avez vous déjà entendu parler du CHU Avicenne ? * Check all that apply. Oui Non 7. Avez­vous déjà reçu des soins médicaux au CHU Avicenne ? (Consultation ou service d'urgence) * Check all that apply. Oui Non 8. Avez­vous déjà rendu visite à un proche hospitalisé au CHU Avicenne ? * Check all that apply. Oui Non 9. Avez­vous déjà été hospitalisé au CHU Avicenne ? * Check all that apply. Oui Non 10. Si oui, dans quel service ?

!131


!132


!133



Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Issuu converts static files into: digital portfolios, online yearbooks, online catalogs, digital photo albums and more. Sign up and create your flipbook.