PORTFOLIO D'ARCHITECTURE | ALESSANDRA SULEA | 2022

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ALESSANDRA SULEA PORTFOLIO D’ARCHITECTURE | 2022


A L E S S A N D R A

S U L E A


Naissance | 14 août 1997 Adresse | Villa la Moutière, Plan de la Palud, 04120 Castellane, France Téléphone (mobile) | (+33) 7 67 83 42 70 Adresse mail | alessandra.sulea@gmx.fr

3 langues vivantes couramment Français, roumain, italien. 2 langues vivantes niveau intermédiaire Anglais A2, Espagnol B2 (CLES2 en 2018).

2021-2022 Parcours recherche à l’ENSA Marseille. 2022 Certification ArchiCad, Bases & bonnes pratiques et Perfectionnement, mention excellent (certificats disponibles). 2020-2021 Master 2 d’architecture à l’ENSA de Marseille. 2019-2020 Master 1 à la Haute Ecole d’Ingénierie et d’Architecture de Fribourg, en Suisse. 2019 PSC1 et initiation aux alertes et aux premiers secours. 2018-2019 Formation monitorat enfants de la “Ligue de la Lecture de la Bible”. 2016 Baccalauréat STI2D AC (Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable, option Architecture et Construction) mention bien. 2013-2014 Beaux-Arts, filière Architecture et Volume. 2013 Diplôme du brevet série générale mention très bien.

Suisse, France, Belgique, Roumanie, Italie.

Curieuse, enthousiaste, créative Assidue, force de proposition, autonome Désireuse d’apprendre, résiliente Précise, rigoureuse, structurée, pragmatique Assertive, patiente, à l’écoute, optimiste Communicatrice, bon esprit de synthèse En constante recherche de qualité

Conception | ArchiCad principalement Traitement de texte | Word et excel Organisation | Notion, Xmind, Zotero Graphisme 2D | Suite Adobe Perspective | Enscape, Lumion, Cinéma 4D

Dessin et graphisme, photo, vidéo et montage Maquettisme, construction et chantier Montagne et territoire, escalade et randonnée

STAGES 2021-2022 Stage dans l’agence d’architecture, urbanisme et recherche TiersLAB, avec Marion Serre et Gabriele Salvia, à Marseille. 2021 Workshop “Atelier d’Architecture en montagne, Centres anciens : vers une architecture de résistence” dans la Vallée de la Roya, avec Gabriele Salvia et Marion Serre. 2021 Stage dans les laboratoires de recherche en architecture PROJECT[S] et MAPGAMSAU. 2020 Formation avec Terrabloc à Brunnen, en Suisse, dans la fabrication de pisé et de blocs de terre comprimés. 2018 Stage dans l’agence d’architecture Domus Vitae, spécialisée dans la réhabilitation et la construction en bois massif, à Châteauneuf de Grasse. 2017 Stage de chantier à Castellane Maçonnerie avec Matthias Silvestrelli. 2014 Stage d’architecture au Cabinet BMDG à Digne-Les-Bains. 2012 Stage à RADIO VERDON avec Annabel Chauvet à Castellane. 2022

2022 2019 2017 2016

TRAVAIL Intervention magistrale auprès d’étudiants de première année d’architecture, “De la méthode dans les études d’architecture pour soi-même : situations, conceptions et pratiques” en collaboration avec Dominique Leblanc. Encadrement de lycéens pour un stage Égalite des chances. Saisonnier dans la garde forestière du Parc Naturel Régional du Verdon, affectée au Secteur Nord.


L’ESSOR DE LA VALLÉE DE LA ROYA QUELS LEVIERS POUR REVITALISER DES VILLAGES VALLÉENS, FAISANT FACE À UNE CRISE ENVIRONNEMENTALE SOUDAINE COUPLÉE D’UN DÉCLIN PROGRESSIF ?

LE PARC DES TERRES ROUGES COMMENT STIMULER L’ÉCONOMIE LOCALE EN CIRCUIT COURT, PAR LA TRANSMISSION DU PATRIMOINE HISTORIQUE ET PAYSAGER D’UN TERRITOIRE RURAL ?

LA VIE À COTTBUS, DU PAVILLON AU BELVÉDÈRE QUELS DISPOSITIFS TYPOLOGIQUES, PAYSAGERS ET MATÉRIELS POUR REPENSER LES MODES D’HABITER D’UNE FRICHE URBAINE ?

RÉHABILITATION QUELS

DU TROIS MARSEILLAIS

FENÊTRES

PRINCIPES POUR LA VALORISATION LOGEMENT TYPIQUE MARSEILLAIS ?

D’UN

FENÊTRES SUR PROJETS, ENQUÊTE SUR LA CONSTRUCTION D’UNE MÉTHODE EN AGENCE D’ARCHITECTURE DANS QUELLE MESURE UNE PRATIQUE RÉFLEXIVE OEUVRE EN FAVEUR DE LA CONSTRUCTION DE L’ETHOS DE L’ARCHITECTE, DE SES MÉTHODES ET DE SES OUTILS TOUT AU FIL DU PROCESSUS DES PROJETS ?





L’ESSOR DE LA VALLÉE DE LA ROYA

QUELS LEVIERS POUR REVITALISER DES VILLAGES VALLÉENS, FAISANT FACE À UNE CRISE ENVIRONNEMENTALE SOUDAINE COUPLÉE D’UN DÉCLIN PROGRESSIF ?

En octobre 2020 la tempête Alex dévaste la Vallée de la Roya. Outre cette catastrophe fulgurante, la vallée subit également un déclin progressif depuis que les habitants ont commencé à quitter le travail de la terre pour la douce vie sur la Côte d’Azur, à partir des Trente Glorieuses. La crise sanitaire n’a pas arrangé la situation économique de la vallée, dont une partie des revenus puisait sa source dans le tourisme. Les dégâts engendrés par la tempête s’additionnent alors à des centres anciens en proie à la désertification et le délabrement. Les sites des gares représentent des points d’articulation stratégiques entre les villages et l’infrastructure de mobilité, la voie ferrée, baptisée Ligne de Vie par l’ensemble des valléens à cause du rôle vital qu’elle a joué au lendemain de la catastrophe. Trois situations de projet différentes ont été l’opportunité de travailler sur la Vallée de la Roya : Dans un premier temps, mon projet de fin d’études d’architecture avec mention recherche, à l’ENSA Marseille, dans le studio de Rémy Marciano. L’analyse a été réalisée en collaboration avec Sébastien Beaussaert, sur la base d’un croisement de documents graphiques, statistiques, et une enquête de terrain d’une semaine. J’ai fait le choix de travailler sur le village de Tende, le dernier de la vallée avant la frontière italienne, dont la situation articulatoire est stratégique. Les enjeux étaient de révéler l’identité du village et de la vallée, renforcer le potentiel productif, investir le potentiel artistique, culturel et artisan par la sensibilisation et la formation, donner à voir le potentiel paysager, amener de l’activité, tisser une continuité entre les échelles, favoriser les mobilités douces, attirer un tourisme doux et valoriser l’esprit villageois déjà présent en proposant des lieux de fédération. Le projet vise la revitalisation du village par une


continuité d’interventions, dont la plus importante prend place sur le site de la gare, reconnectant symboliquement le village à la vallée par la Ligne de Vie. Le projet multiprogrammatique offre principalement des espaces d’activité et production, particulièrement autour du travail du bois de mélèze, ressource importante de la vallée depuis la diminution drastique du pastoralisme de la seconde moitié du siècle dernier. Le travail de ce bois s’exerce en partenariat avec la scierie existante à St-Dalmas de Tende, l’extension industrielle du village. La structure des interventions-même sont en bois de mélèze, le remplissage en blocs de chanvre, les chapes en terre coulée et les enduits de terre ou de sable et chaux. Les dispositifs spatiaux se veulent communicants physiquement ou visuellement, pour favoriser l’échange de savoir et savoir-faire, et valoriser les ressources et compétences locales. L’usage des espaces peut se dilater, des espaces intérieurs privés des ateliers individuels, aux espaces collectifs et publics extérieurs. J’ai ensuite participé à l’Atelier d’Architecture en Montagne à Breil-sur-Roya, le premier village de la vallée, organisé par Marion Serre et Gabriele Salvia. Ce workshop d’une semaine visait la revitalisation des berges de la rivière et du centre historique par le traitement de son système de places, et le travail des dents creuses résultant de la dégradation d’une importante vacance croisée à une instabilité des sols. J’ai intégré le groupe de travail des berges de la Roya, dont la présentation a abouti à un lancement de projet par la municipalité. Un court-métrage du workshop, réalisé par Sébastien Beaussaert, est disponible à l’adresse suivante https://www.youtube.com/watch?v=nW_bplgVxQw . Les connaissances accumulées ont contribué à la réalisation d’un document au sein de l’agence d’architecture, recherche et urbanisme, TiersLAB, intégrée le temps d’un stage. Le document comprenait une série d’axonométries des usages des sites des gares, avant, pendant et après la tempête, pour chacune des cinq gares de la vallée. Le rôle de ce document réside dans la communication des enjeux de programmation, auprès des municipalités. Il a été réalisé dans le cadre d’un travail de recherche de l’agence sur les usages socio-spatiaux de la voie ferrée.





NATIFS Sont originaires de la vallée par naissance. Leurs ancêtres sont souvent natifs de la vallée également. Dans ce cas leurs origines peuvent être soit italiennes en ce qui concerne les habitants de Tende et La Brigue qui se sont rattachées à la France en 1947, soit des origines françaises lorsque les habitants sont nés ou arrivés après le rattachement, ou qu'ils logeaient dans la partie basse de la vallée, au sud de La Brigue.

AYANT TOUJOURS HABITÉ LA VALLÉE

SENIORS RETRAITÉS

Il s'agit d'une minorité qui s'est cantonnée à la vallée uniquement.

ACTIFS

ENFANTS ET ADOLESCENTS AVANT LYCÉE AYANT HABITÉ AILLEURS TOUT EN CONSERVANT UNE ATTACHE DANS LA

PERSONNES REVENUES LORS DE LA RETRAITE

38,6%

VALLÉE

de la population a plus de 60 ans

Après 1945, les parents ont encouragé leurs enfants à quitter la vallée, quitter un mode de vie basé sur un travail physique, en faveur d'un travail plus commode. Beaucoup ont ainsi privilégie des études plus longues sur la côte, et alimenté la période des 30 Glorieuses. La maison de leurs parents dans la vallée leur est restée, et est devenue pour eux soit une résidence secondaire, soit leur résidence principale lorsqu'ils décident de se retirer complètement de la ville, pour retrouver la sérénité de la montagne et la nostalgie de leur lieu d'enfance, lieu d'attache.

RICAMPUN

RE-CAMPEURS

Ne sont pas nés dans la vallée, mais y habitent depuis plus ou moins longtemps. Il s'agit de personnes qui ont eu un coup de cœur pour la vallée.

Visiteurs qui ont décidé de revenir et s'installer. "Campun", campeurs, visiteurs, touristes, qui ne faisaient que passer et ont pris la décision de "recamper".

RAPPROCHEMENT DE CONJOINT Personnes ayant effectué un rapprochement de conjoint. Auquel cas l'intégration est plus facile.

PERSONNES AYANT UNE RÉSIDENCE SECONDAIRE DANS LA VALLÉE 43,3%

47,6%

9,2%

Résidences

Résidences

Logements

principales

secondaires

vacants

ACTIFS Nés dans la vallée, partis étudier, voyager ou travailler, puis revenus à leur lieu par attache, pour retrouver l'esprit villageois et le cadre calme et naturel. Leur souhait est d'éduquer leurs enfants avec les mêmes valeurs.

Profils d’habitants de la Vallée de la Roya, schéma conçu sur la base d’entretiens de terrain et de statistiques livrées par le Schéma de Cohérence Territoriale



FONTAN-SAORGE Usages du site de la gare de Breil-sur-Roya, avant, pendant, après la tempête Alex

STOCKAGE MATERIAUX

ECOMUSEE DU TRAIN

ARRÊT TRAIN

ARRÊT TRAIN

OCCUPATION DE LA GARE PAR LES HABITANTS MISE A L'ABRI ] DIFFERENTS[ USAGES :

PARKING

DECHARGE

RKING DE

HELIP

PARKING

SCIERIE ATELIER DE MENUISERIE ATELIERS DE REPARATION | MECANIQUE STOCKAGE DE TISSUS ET AUTRES MATERIELS POUR LA CHAPELIERE DE TENDE SALLE DE DANSE

STOCKAGE MATERIAUX

GARE PARKING

BREIL-SUR-ROYA

Avant HEBERGEMENT SINISTRES JARDIN HUMIDE

ECOMUSEE DU TRAIN

LIEU DE RASSEMBLEMENT

CUISINE SOLIDAIRE SALLE DE REPOS

COLONIE DE VACANCES POUR ENFANTS DE CHEMINOTS

RE

HELIPORT

ESPACE D'ACCUEIL DES TRAVAILLEURS [ CAMIONS ] RESERVE D'EAU

HELIPOR STOCKAGE DEBRIS/GRAVATS

HEBERGEMENTS BENEVOLES

KING STOCKAGE DES MATERIAUX

CUISINE SOLIDAIRE

DISTRIBUTION DES DONS AIDE AUX SINISTRES

Pendant TRI ET STOCKAGE DES DONS

BERGEMENT SINISTRES

NOUVEAUX SERVICES TECHNIQUES

JARDIN HUMIDE

LIEU DE RASSEMBLEMENT

E

FRIPERIE SOLIDAIRE

HELIPORT RESERVE D'EAU

STOCKAGE DEBRIS/GRAVATS

EMENTS VOLES

PARKING

HEBERGEMENT S BENEVOLES

CUISINE SOLIDAIRE

GARE NOUVEAUX APPARTEMENTS POUR SINISTRES

Après



Carte des parcelles et édifices touchés par 70 le grossissement de la rivière, et séquences traitées lors du l’Atelier d’Architecture en Montagne à Breil-sur-Roya

FIG. 55. Plan du village de Breil-sur-Roya



Traitement des berges de la rivière lors du l’Atelier d’Architecture en Montagne à Breil-sur-Roya



Projet de fin d’études Revitalisation du village de Tende, Vallée de la Roya

NOEUDS LE LONG DU FIL ROUGE PROGRAMME Espaces publics

Culture | Artisanat

Alimentation

Vie villageoise

Habitation

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BOÎTES, PORTIQUES Porosité, transversalité, étalement de l'intérieur vers l'extérieur, investissment de la façade

GRANDES HAUTEURS, DÉCALAGES, ESCALIERS Intéractions visuelles dans la verticalité, continuité des parcours

PLATEAUX, COURSIVES, BALCONS Des parcours horizontaux interprogrammatiques STRUCTURE CAPABLE Des circulations qui traversent longitudinalement le site et connectent les différentes poches

PLACES, PARVIS, ESPLANADES Poches, articulations avec des directions urbaines



LE DÉPOSE-MINUTE

CAFET’ DE LA CHASSE AU TRÉSOR

RELAIS VÉLOS

RELAIS PRODUITS LOCAUX

LE PARVIS DE LA GARE

LE PORTIQUE DES VÉLOS

LES EXPOSITIONS


L’ATELIER PLEIN AIR

L’ESPLANADE CULTURELLE

GRAND ATELIER DES MACHINES

ATELIERS PARTICULIERS

LE QUAI

CHARGEMENT DÉCHARGEMENT

AIRE DE STATIONNEMENT

LE PRÉAU

LA RUE DES CURIOSITÉS

STOCKAGE TEMPORAIRE MATÉRIAUX


GSPublisherVersion 0.65.100.56

GSPublisherVersion 0.65.100.56









LE PARC DES TERRES ROUGES

COMMENT STIMULER L’ÉCONOMIE LOCALE EN CIRCUIT COURT, PAR LA TRANSMISSION DU PATRIMOINE HISTORIQUE ET PAYSAGER D’UN TERRITOIRE RURAL ?

L’ancien site d’exploitation de bauxite au milieu des paysages montagneux du Parc naturel régional de la SainteBaume, site de caractère, accueille un projet co-réalisé avec Paul-Martin Barbet, dans le cadre du studio de Florence Sarano à l’ENSA Marseille, en partenariat avec le CAUE du Var. L’enjeu du projet est de valoriser le potentiel de ce site pour en faire un lieu d’appentissage de l’artisanat et un lieu de transmission du patrimoine historique et paysager, par des interventions les plus fines possibles sur les édifices existants (un observatoire en béton brut et une halle en acier). Le projet s’inscrit dans une volonté de stimuler l’économie locale de la commune rurale de Mazaugues, en alimentant un circuit court et en promouvant une alternative soutenable et locale basée sur le recyclage et le réemploi. Pour ce faire, le projet inclut dans le circuit le bois issu des forêts mixtes du Parc, les industries locales liées au bois, les zones de sylvopastoralisme déjà en place, les cultures, vignes et maraîchage, les fermes et jardins partagés, mais également les dynamiques locales habitantes à réactiver et les institutions existantes. Le projet s’installe sur un terrain comprenant des points d’intérêt paysagers et bâtis majeurs, un ancien terrain de stockage de bauxite, une aire de stationnement informelle, les ruines d’une halle en acier située à la sortie d’un tunnel d’extraction, et un édifice technique en béton placé sur le point le plus haut du site. Le site se traverse en une dizaine de minutes et est connecté à un réseau de randonnées pédestres du Parc. Sa traversée est ponctuée d’une multitude de séquences contrastées, de l’ouverture et la vision paysagère, à la fermeture des clairières et des canopées de pins, des teintes rouges du sol à celles vertes de la végétation. On retrouve dans le projet du Parc des Terres Rouges, sur l’aire de stationnement informelle, une ressourcerie


comprenant un centre de tri et de stockage de déchets de chantier et matériaux biosourcés (pierre, bois, terres d’excavation) ; dans le bâtiment technique situé en hauteur, un pavillon-belvédère avec une salle d’exposition dédiée à la transmission de l’histoire du site à tout public ; sur l’étendue du terrain, le parc aux installations, installations réalisées durants des workshops et habitant le parc dans un aménagement de parcours sensoriels ; et enfin dans la halle industrielle, un atelier de préfabrication et de formation, une salle de réunion, une petite bibliothèque thématique, un espace de buvette et des locaux techniques. L’intervention présentée plus spécifiquement ici, est celle de l’atelier. Au centre d’une clairière, entouré d’arbres, il permet l’ouverture de l’ensemble des façades sur l’extérieur, par des menuiseries en accordéon, dans le mesure où les travailleurs seront naturellement protégés du soleil par la couronne d’arbres entourant la halle. Ces mêmes arbres étant des feuillus, laisseront la chaleur du soleil pénétrer la halle en temps hivernal, assurant un confort thermique naturel tout au long de l’année. Sa couverture isolée en caissons CLT protège quant à lui l’édifice des surchauffes. Le bloc technique existant en béton a été remplacé par un bloc en bois, repensé pour proposer des usages de confort. Une passerelle a été ajoutée à des fins pédagogiques. Les matériaux employés se distinguent de ceux de l’existant, le bois et l’acier argenté contrastent avec le béton et l’acier rouge si caractériel tant de l’édifice que du site. Le processus d’atelier a englobé une immersion de plusieurs jours sur le site au commencement du projet, avec une prise de contact avec les habitants, institutions et intervenants spécilisés notamment dans le domaine paysager. Le projet s’est clôturé par une présentation de l’ensemble des projets du studio auprès de l’équipe municipale.


Carte des composantes du projet de parc, dialoguant avec les éléments externes

Grandes cultures de prairies 2

Fôrets mixtes 1

industries locales, PNFL et lié au bois

Vignes non AOC Maraîchages

Zones de sylvopastoralisme déjà présentes

Fermes et jardins partagés .

3

Dynamiques locales à réactiver Institutions déjà existantes Besoin en énergie .



1880 Début de l’exploitation minière

Strates géologiques et galeries d’extraction sousterraines

1990 Fin


+16 m

Le Caramy

+7m

+5m

Le Grand Gaudin +0m

+4m

Mazaugues

En traitillés blancs, les cheminements anciennement empruntés pour l’acheminement de la bauxite


LE CENTRE DE TRI Travail sur l’accessibilité

a. Mise en place des partenariats (création des filières)

a. Diagnostic territorial

Qu’est-ce qu’il y a ?

Temporalités de réalisation des composantes du projet

Centre de Stockage

Exposer

Centre de Tri

Locaux techniques, kitchenette

Ce dont on a besoin ?

Salle d’exposition Belvédère Salle de fabrication

Salle de réunion

Espace de stockage

L’ATELIER

> Un territoire Ressource vivant et attractif - Ressources naturelles abondantes - Développement démographique et urbain - Orientations périurbaine de l’économie et activités rurales - Activités culturelles ou ressourcement

> États des lieux des réseaux et activités > Création de nouvelles activités (scierie, exploitation, etc) > Développement de nouvelles synergies

2. (RÉ)ACTIVATION D’ACTIVITÉS

> Patrimoine naturel et culturel - Les reliefs - Nature de contrastes et interfaces - Patrimoine Culturel passé et présent

Cycle de vie du parc

Installations

Qu’est-ce que l’on fait?

PAVILLON - BELVÉDÈRE

> Transition soutenable des activités > Sensibiliser les entreprises et les populations > Valorisation d’une économie circulaire (construction, déconstruction...)

Transition et Sensibilisation

b.Transition et Sensibilisation

Planification du parc

Produire, transmettre, innover

PRÉSENT

LE PARC DES INSTALLATIONS

> Prescriptions de gestions > Climat et changements climatiques > Géologie et paysages > Patrimoine immatériel et savoirs faires > Ressources : eau, matériaux de constructions, énergies renouvelables > La gestion des déchets > Les principales activités économiques : -Emploi, formation, artisanat dynamique, entreprises -Une forêt aux multiples usages, entre autre filière bois > Économie touristique en devenir > Activités culturelles, de pleine nature > Sensibilisation, soutenabilité, économie circulaire

Reconquérir, s’immerger

I. AVANT PROJET

b. Points clefs, Enjeux et orientations


­

GESTION DES DECHETS Réinvestissement des déchets de chantiers comme pierre, bois et terres d’excavation

FILIERE BOIS I Etude du marché II Système de gestion (Prescription charte forestière) III Scierie IV Débouchers - Bois de chaffage - Entreprises existantes - L’Atelier - Le secteur agricole

ITINERANCE Relier le village aux activités et points d’intérêt environnants

HOSPITALITE Auberge | Gîte | Chambres d’hôte Leur accès et stationnement Lieux de restauration

FORMATEURS

Gestionnaires de l’atelier

Gestionnaire du pavillon

Responsable du centre de tri

Responsable du centre de stockage

Professionnels Entreprises

Particuliers

Étudiants formation workshop

Sortie scolaire (primaire)

Employés

Intervenants extérieurs

Experts Chercheurs

FORMÉS

VISITEURS

Visiteurs Randonneurs Promeneurs

Programme et usagers du projet



Le Ca

+15

my ra

udin nd Ga Gra Le +0

+4

Projet de valorisation du terrain par l’aménagement du parc sur les thématiques des éléments




Plan

Façade Nord

Coupe sur la façade Est vue de l’intérieur


Relevé détaillé des portiques de la structure existante

Coupe sur la façade Ouest vue de l’intérieur


GSEducationalVersion GSPublisherVersion 549.72.78.100

GSEducationalVersion GSPublisherVersion 549.72.78.100


Projet de réhabilitation et re-programmation de la halle industrielle d’extraction de bauxite en atelier pédagogique de travail du bois

ESPACE AUX MACHINES

Scie à ruban

STOCKAGE

Scie radiale

Ponceuse à colonne

Ponceuse lapidaire SDB F

BUREAU

SDB H

Ponceuse à bande

Mortaiseuse

Raboteuse Dégauchisseuse Toupie Tenoneuse

Scie à panneaux ver Corroyeuse

Cadreuse

Scie à format

STUDIO






GSEducationalVersion GSPublisherVersion 553.71.77.100





LA VIE À COTTBUS, DU PAVILLON AU BELVÉDÈRE

QUELS DISPOSITIFS TYPOLOGIQUES, PAYSAGERS ET MATÉRIELS POUR REPENSER LES MODES D’HABITER D’UNE FRICHE URBAINE ?

En proie à un dépeuplement, l’Allemagne de l’Est requestionne sa politique d’aménagement d’espaces publics. Les friches à répétition sont une opportunité de repenser l’habiter en ville. Ce projet se situe à Cottbus. Il a été réalisé dans l’atelier de Götz Menzel et François Esquivié, à la Haute École d’Ingénierie et d’Architecture de Fribourg, en Suisse. Le site de projet se situe entre le cours d’eau traversant la ville, et un quartier d’habitations parsemé de barres et de blocs construits au cours du XXe siècle. Le terrain anciennement exploité industriellement, se présente aujourd’hui comme une étendue vide, que Clotilde Thevenot, Sripathy Srivaheesan et moi avons habité de trois édifices aux morphologies différentes. Le travail collectif résidait dans l’aménagement paysager du terrain, que nous avons intégré dans un parcours urbain de mobilité douce, et dans la programmation complémentaire des services en rez-dechaussée, proposant espaces de travail collectifs, d’éducation, de fédération habitante, des commerces et un marché. Le traitement de sol dessine des courbes pénétrant l’intérieur des rez-de-chaussée pour bousculer le statut public-privé de ces espaces collectifs. Me concernant j’ai exploré la morphologie de la tour. La tour est une structure capable en bois, dont la cage d’escaliers (le noyau central), les premiers étages (le socle) et le dernier (l’attique) sont en béton brut de décoffrage. Cette différenciation permet d’une part d’affirmer ce qui assure la stabilité du bâtiment, d’autre part de distinguer les parties publiques de celles privées. Les autres matériaux investis respectent le même principe de vérité du matériau par leur état le plus naturel possible. On retrouve ainsi des murs en blocs de terre crue (remplissage), des menuiseries en bois et des chapes d’argile au sol. Les matériaux et les principes de composition se veulent simples et systématiques, à l’esprit


presque brutaliste, dont la dualité de la dureté et de la douceur se manifestent par la relation entre le béton, le rythme de la structure, la symétrie, la rigueur, les tons gris et le bois, la terre, l’argile, l’organicité de la végétation, les tons chauds. Les typologies de logement en enfilades au coeur d’une structure capable, réinterprètent la notion de superstructure, avec son mode d’habiter en plein développement en Suisse et Allemagne, un mode d’habiter utopiste (ou dystopiste), proposant des logements co-habitatifs dits «cluster», basé ici sur l’intéraction entre espaces sur les plans x,y,z. Cette réinterprétation observée en plan prend des teintes palladiennes. Le choix des matérialités a été influencé par trois éléments de formation parallèles au studio de projet. Premièrement, un voyage d’une semaine au travers de la Suisse et de l’Autriche pour visiter des ouvrages en terre crue et rencontrer leurs concepteurs, constructeurs ou usagers. Deuxièmement, un séminaire semestriel composé de conférences et d’ateliers pratiques nous permettant d’expérimenter une grande variété de techniques de construction en terre crue. Enfin, un stage de chantier d’une semaine, organisé par TerraBloc à Brunnen, au cours duquel nous avons fabriqué des blocs de pisé et des blocs de terre comprimée pour le projet Kiln Tower pour le Musée de la briqueterie de Cham, et le projet d’immeuble résidentiel à Kilchberg, par Boltshauser Architekten AG.






Formation de construction en terre crue, fabrication de pisé et de blocs de terre comprimés, avec TerraBloc à Brunnen


Logement collectif 2e niveau

GSEducationalVersion GSPublisherVersion 318.77.83.100

GSEducationalVersion GSPublisherVersion 313.77.83.100

Logement collectif 1er niveau

GSEducationalVersion GSPublisherVersion 318.77.83.100


Projet réalisé avec les blocs de pisé fabriqués à la formation avec TerraBloc Kiln Tower for the Brickworks Museum Cham, Boltshauser Architekten AG Photo © Kuster Frey







RÉHABILITATION DU 3 FENÊTRES MARSEILLAIS

QUELS

PRINCIPES POUR LA VALORISATION LOGEMENT TYPIQUE MARSEILLAIS ?

D’UN

J’ai eu l’occasion de participer au projet de réhabilitation de cet appartement spacieux typique marseillais, au sein de l’agence TiersLAB, en collaboration avec Marion Serre et Gabriele Salvia. Le relevé et diagnostic ont permis d’identifier les caractéristiques suivantes : des grandes hauteurs sous plafond, des fenêtres longues et étroites, des règles de composition symétriques et un jeu de “pièce dans la pièce” ; des matérialités patinées typiques de ce type de logement, en l’ocurrence, des tomettes au sol, du bois laqué pour les portes, des cadres en bois au sol traçant le tour des pièces maîtresses, des plithes d’une dizaine de centimètres, des moulures au plafond, du marbre de carrare pour les trois cheminées.

Pour ce traversant donnant à la fois sur le Boulevard Longchamp et sur une cours luxuriante, nous avons opté pour le scénario de projet que voici : Concernant les principes de composition, renforcer le thème de la pièce dans la pièce par des cadres, reliant plinthe et retombée de poutre, mettre en valeur le contour des pièces par le changement de plinthes en plinthes hautes moulurées, privilégier des éléments mobiliers ne touchant pas les murs pour valoriser ces volumes, fermer les niches à leur base jusqu’à hauteur d’assise pour simplifier le volume des pièces et les sublimer en voûtant la partie haute. Relativement à la matérialité des interventions, remettre en état les tomettes et le cadre en bois au sol, opter pour des carrelages aux motifs contemporains et à l’aspect patiné à la fois, utiliser du bois de chaîne pour les éléments de mobilier, et du béton ciré ou de la pierre pour le plan de travail de la cuisine.


A la phase d’esquisse, le projet de cuisine reprenait les références montrées par les clients, une cuisine maçonnée à l’aspect de béton ciré et des portes en chêne. Les clients ont spécifié beaucoup cuisiner et ont souhaité un plan de travail résistant et non-poreux sur lequel il soit aisé de cuisiner directement. Après avoir recueilli des avis de sources variées, notamment d’un artisan qui réalise ce genre d’ouvrage, la décision a été de se diriger vers une cuisine toute en bois avec un simple plateau pierre à finition satinée. Cette solution est plus durable dans le temps, nécessite moins d’entretien, évite les potentielles fissures et craquellements de la finition en béton ciré. En ce qui concerne la pierre, nous nous sommes déplacés chez différents fournisseurs pour choisir les types de pierre pouvant être utilisées en cuisine, et récupérer des échantillons.

J’ai intégré le projet dès son commencement, jusqu’aux premières semaines de chantier. Gabriele Salvia et moi avons fait un relevé métrique et photographique. à partir des mesures, je me suis chargée de la construction d’une maquette 3D sur Archicad de laquelle sont issus les plans, coupes, perspectives filaires et perspectives d’ambiance. à l’étape d’intention, j’ai dessiné les scénarios des plans habités à la tablette graphique. Afin d’accompagner les clients dans une projection spatiale nécessaire à la prise de décision, j’ai réalisé une perspective de la cuisine. En effet, cela leur a permis de confirmer la volumétrie dans un premier temps, d’expérimenter des idées (comme le placement d’étagères ou l’allongement de l’îlot central) par la manipulation de l’image sur photoshop au cours même de la rencontre au fil de la discussion avec les clients, puis de préciser la matérialité par la comparaison entre un scénario au caractère chaud et patiné, et un autre davantage froid et laqué suggéré par les clients.
















ENQUÊTE SUR LA CONSTRUCTION D’UNE MÉTHODE

DANS QUELLE MESURE UNE PRATIQUE RÉFLEXIVE OEUVRE EN FAVEUR DE LA CONSTRUCTION DE L’ETHOS DE L’ARCHITECTE, DE SES MÉTHODES ET DE SES OUTILS TOUT AU FIL DU PROCESSUS DES PROJETS ?

Parallèlement au stage réalisé au coeur de l’agence TiersLAB, je me suis penchée sur un travail de recherche questionnant la pratique et l’ethos de l’architecte. Les enseignants-chercheurs Matthieu Duperrex (philosophe, écrivain) et Marion Serre (architecte) m’ont accompagnée dans ce parcours. Ma double activité s’est progressivement révélée être synergique. Mon statut charnière entre un master orienté vers la recherche, et le monde professionnel, est en effet, une position stratégique pour questionner l’enseignement, la recherche, la pratique et l’articulation entre les trois. À ce jour, la profession présente des signaux faibles témoins de la mutation de sa forme. On énumère un savoirfaire tacite, un éclatement des pratiques vers des formes alternatives, un questionnement du rôle de l’architecte au sein d’un réseau d’acteurs toujours plus collaboratif, des décalages de critères et conflits d’intérêt, et le défi que constitue la tenue de l’essence du projet tout au fil de son processus. On peut alors se demander comment l’architecte construit son rôle, en conversation avec les enjeux de la pratique, du système d’acteurs et des besoins sociétaux. Je raconte dans ce travail de recherche, mon enquête sur la construction d’une méthode de conception architecturale, au fil des projets d’une agence, l’agence TiersLAB. Une méthode passée au crible d’une diversité de situations et de pratiques professionnelles. Au-delà de la construction d’une méthode, la construction d’une rôle. La méthode d’enquête procède par la décomposition et l’exposition du savoir-faire tacite, permettent la


réflexivité de sa pratique, l’expérimentation, la construction et l’affinement d’une méthode au fil des situations. Pour expliciter la décomposition des éléments d’enquête, j’ai défini une codification par couleurs et nuances, en fonction de la nature du matériau (extrait d’entretien, observation ou action effectuée au cours du stage, retour réflexif de l’agence sous forme académique, savoir théorique d’ordre global, récit personnel). J’ai ensuite re-structuré un fil conducteur narratif de la construction d’une méthode, par le collage de ces éléments de manière à les faire dialoguer. La construction de la méthode débute l’énonciation des thématiques, valeurs et compétences (professionnelles ou de terrain) de l’agence. S’enchaînenent ensuite une série d’épisodes, de projets, au cours desquels on découvre dans un premier temps des éléments, comme les ateliers citoyens, la permanence architecturale, le relevé détaillé, différentes formes de suivi. Ces ingrédients forment une méthode qui sera réinvestie et adaptée sur de nouveaux projets. Son itération permettra d’abord sa consolidation par sa validation. Son itération sous des conditions différentes amènera quant à elle, à la consolidation de la méthode par sa contradiction, faisant ressortir de nouvelles régles, conditions, pour que la méthode puisse fonctionner. Au cours de cette histoire j’observe également les outils employés, outils de conception, de récolte de données, de communication ou de réflexivité, comme l’auto-description avec des carnets ou articles l’ethos. Une partie de ce travail de recherche a été réinvesti dans un cours magistral d’une matinée, livré à des étudiants de première année d’architecture, en collaboration avec Dominique Leblanc. Ce cours était structuré en trois parties, allant du plus théorique au plus pratique. La première questionnait le “pour quoi faire”, faisant un tour des enjeux contemporains et de la diversité des pratiques, par trois échelles successives, d’abord celle individuelle de l’architecte, ensuite celle de l’agence, puis celle institutionnelle. La seconde partie se penchait sur le “comment faire”, pour présenter des démarches, méthodes, notions et mécanismes de conception, par une modélisation souple de processus de coneption. Enfin, le “avec quoi faire”, abordait la construction d’une boîte à outils adaptés aux différentes étapes du projet.


INTRODUCTION | EN QUÊTE DE LA CONSTRUCTION DE L’ETHOS DE L’ARCHITECTE EN CONVERSATION AVEC LES ENJEUX CONTEMPORAINS QUELLE PROFESSIONNALISATION POUR UN SAVOIR PROFESSIONNEL EN CRISE DE CONFIANCE. REGARDS DE JEUNES ARCHITECTES, TÉMOINS D’UNE PROFESSION EN MUTATION À LA RECHERCHE DE PRATIQUES ALTERNATIVES MANIFESTES FACE AUX ENJEUX CONTEMPORAINS.

Très populaire dans la Rome antique, le dieu Janus introduit par Romulus, le fondateur mythique de la cité lui-même, était le roi des Latins et le dieu des portes des Enfers. À la même époque, Saturne fut chassé de l’Olympe par son fils Jupiter, et cherchait un refuge paisible. Janus accueillit chaleureusement le titan déchu, qui en retour lui apprit le savoir-faire agricole, la construction navale et la fabrication de la monnaie. Ils gouvernèrent alors ensemble, offrant aux italiques un âge d’or fait de prospérité, d’honnêteté, de justice et de paix. Protecteur des commencements et des fins, des transitions et des passages, Janus garde tout ce qui a un rapport concret ou symbolique avec la porte – janua en latin –, raison pour laquelle il est traditionnellement représenté avec deux visages, un dans chaque direction, dedans et dehors, devant et derrière, vers le retour et vers le départ, vers le passé et vers l’avenir.

FIG. 5. Illustration bicéphale de Janus, Oxford Library.

A la fois au crépuscule de la vie étudiante et à l’aube de la vie professionnelle, les jeunes architectes émettent des questionnements pouvant se révéler être un indicateur majeur de la mutation de la profession. Dans ma propre situation charnière de jeune diplômée, je me suis reconnue dans l’étude sur « la diversité des usages de l’HMONP1 par les architectes diplômés d’État », réalisée et présentée par l’ENSA de Nancy (Macaire, Nordstrom et Reix 2021).

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1 HMONP | Habilitation à la maîtrise d’œuvre en son nom propre.


FENÊTRES SUR PROJETS | ENQUÊTE SUR LA CONSTRUCTION D’UNE MÉTHODE EN AGENCE D’ARCHITECTURE L’enquête, visant à cerner la vision portée par les ADE sur le monde professionnel, réalisée à l’échelle de l’entièreté des ENSA, récolte un ensemble quantitatif et qualitatif de données auprès d’une promotion d’ADE, engagés dans la formation HMONP. Il est à relever, qu’un tiers des répondants s’est engagé dans la formation directement après l’obtention du diplôme d’État, un deuxième tiers entre une à deux années après le diplôme, et le tiers restant est de retour sur les bancs de l’école à partir de trois ans après. Trois grandes thématiques se dessinent au cœur des questionnements des jeunes professionnels. Les enjeux contemporains, le système d’acteurs, et le métier lui-même. Les enjeux contemporains comprennent une volonté accrue de dépasser la commande, en faveur d’une pratique éco-responsable, ancrée territorialement, dans une politique d’intervention sur l’existant, sur les patrimoines ordinaires. À cela s’ajoutent des questionnement sur la transition numérique.

FIG. 6. Photo du lancer des casques suite à la remise des notes du projet de fin d’études, promotion 2020|2021, ENSA Marseille.

Le système d’acteurs s’étant complexifié, requestionne le rôle articulatoire de l’architecte, la place au sein de dynamiques de plus en plus collaboratives, la sortie du cantonnement à la conception, la continuité du « penser » au « faire », le rapport, voire la reconquête de sa place sur chantier, et le changement du regard des artisans et entreprises sur l’architecte, mais également le dégagement du statut de « pion », face à la montée des acteurs privés. La dernière thématique, concernant la pratique-même, exprime la difficulté d’accès à la commande, ainsi que l’insuffisance de compétences managériales et organisationnelles d’autant plus nécessaires dans une pratique de plus en plus collaborative, où le temps, les outils, et la délégation reviennent au centre des questionnements. Les thématiques relevées par l’enquête, permettent de dresser un panorama de la quête des jeunes praticiens de se situer en tant qu’architectes, au regard des enjeux contemporains. L’enquête révèle également une distinction de perception de ces questionnements. Se font face, une approche plutôt inquiète, voire pessimiste, exprimant une crise identitaire de la profession, un sentiment de perte de rôle, un questionnement de sa légitimité face aux contraintes contemporaines, et par opposition une approche percevant ces mêmes facteurs comme tout autant de défis à relever, occasions de re-questionnement des moyens d’action, d’ouverture du champ des possibles, d’expérimentations, d’alternatives et de disruptions. Donald Schön questionne la professionnalisation en se demandant si le savoir professionnel peut répondre aux besoins de la société et en résoudre les problèmes. Il part du postulat que le professionnel est indispensable au fonctionnement de la société pour résoudre des problèmes complexes et persistants : le professionnel est censé posséder les compétences

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DE L’ETHOS DE L’ARCHITECTE EN CONVERSATION AVEC LES ENJEUX CONTEMPORAINS | INTRODUCTION spécifiques à un domaine, justifiant que l'on repose notre confiance en lui. Cependant, l’auteur exprime également les problèmes provoqués par certains professionnels, la remise en question publique de leurs compétences réelles, et leur propre manque de confiance en leurs compétences. Schön soutient que les professionnels devraient « s'obliger à être des modèles de compétence et de moralité », évoluant dans « une pratique qui abrite dans son sein même complexité, instabilité, particularisme et conflit de valeurs » (Schön 1983, p.31, 34). La dissonance entre ce que l'on attend socialement du professionnel et ce qu'il est capable d'apporter viendrait selon l’auteur, de la différence entre sa formation fondamentale, apportant solutions systématiques et dépassées, et sa pratique changeante et pleine d'incertitudes : « Même si l'on rattrapait [par l'enseignement] le retard accumulé face aux nouvelles exigences de la pratique professionnelle, l'amélioration serait toute provisoire. Par définition, le milieu de la pratique est changeant », d'autant plus dans un contexte d'évolution technologique permanent qui « exige du professionnel des qualités d'adaptation sans précédent » (Schön 1983, p.34, 35). Mais Donald Schön ajoute que ce sentiment de confusion et de malaise perceptible chez les professionnels, puise sa source autre part encore. Il présume que « les professionnels sont incapables d'expliquer des processus qu'ils avaient fini par considérer comme l'essence même de leur compétence, et cela les préoccupe [et qu’ils] en savent habituellement plus que ce qu’ils peuvent en dire. Ils font montre d'une sorte de savoir pratique dont une grande partie demeure tacite » (Schön 1983, p.18). Nous pouvons réinvestir l’expression « vocabulaire glissant » du professeur en psychologie du travail, Yves Clot1, pour définir la difficulté à expliciter son savoir-faire. Le professeur suppose qu’un vocabulaire glissant est un symptôme d’un problème (Clot 2018). De la même manière, partons de l’hypothèse que les constats effectués – une difficulté à expliciter son savoir-faire, des conflits de critères (comme les nomme Yves Clot), une perte du projet au fur et à mesure du processus, un sentiment d’épuisement, un éclatement des pratiques, une remise en question de son rôle et de sa légitimité à répondre aux besoins sociétaux – sont des indicateurs, des signaux faibles, symptomatiques d’une problématique complexe à définir. La définition-même de cette problématique fut, par ailleurs, le premier enjeu de ce travail de recherche, dans la mesure où à la genèse de ce projet, je ne pouvais moi-même expliciter qu’un nuage de questionnements émis intuitivement, concernant la pratique professionnelle, le processus du projet, l'organisation de l'agence au fil du processus, la collaboration des acteurs, la qualité du travail et la qualité des conditions de travail, l'efficacité, la santé et l’épanouissement des acteurs de la conception. Par ailleurs, l’opérationnalité des résultats de ce travail n’est pas l’objectif principal, pour le moins pas dans le cadre de ce parcours recherche. Cela étant dit, ce travail considérera quelques éléments de contexte rétrospectifs synthétiques, mais sa dynamique

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1 Yves Clot est Professeur de psychologie du travail, titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM (Centre National des Arts et Métiers), et du Centre de recherche sur le travail et le développement du CNAM.


FENÊTRES SUR PROJETS | ENQUÊTE SUR LA CONSTRUCTION D’UNE MÉTHODE EN AGENCE D’ARCHITECTURE globale aura une visée prospective et une vision proactive2, s’inscrivant dans l’idée de précéder un projet de thèse. C’est pourquoi l’épistémologie des rapports entre recherche fondamentale et recherche appliquée ne sera pas développée3. Donald Schön affirme qu’« en pratique professionnelle, les cas ne sont pas des problèmes à résoudre mais des situations caractérisées par l'incertitude, le désordre et l'indétermination. Russell Ackoff appelle « désordres » des problèmes indépendants les uns des autres mais à des situations fluctuantes constituées d'un réseau complexe de problèmes en évolution s'influençant les uns les autres. […] Les gestionnaires ne résolvent pas des problèmes, ils gèrent des désordres. [Les praticiens] trouvent parfois le moyen d'expliquer cette complexité et de réduire l'incertitude à une dimension contrôlable » (Schön 1983, p.38). Il s’agit d’une mission minutieuse, mais dans son enquête sur les modes d’existence, opposant, ou plutôt succédant, « écologie » à « économie », Bruno Latour encourage : « On dira qu’il est trop tard pour se lancer dans une telle exploration. Trop tard à cause des crimes commis ; trop tard à cause de l’irruption trop pressante de Gaïa. « Too little, too late. » Je crois au contraire que c’est à cause de l’urgence qu’il faut se mettre à réfléchir lentement » (Latour 2012). 2 La reformulation et contextualisation perpétuelles de ces questionnements, sont à la fois causes et conséquences de l’évolution constante de la profession. Dans cette dynamique, Jean-Pierre Chupin s’intéresse à l’approche doctorale des questions architecturales, qui semble selon lui « toujours en danger de se perdre dans les méandres des confusions entre les enjeux professionnels et les visées disciplinaires ». Il explique les polarités entre, recherche fondamentale, se manifestant par « l’institutionnalisation progressive de l’idée de « recherche création » », et recherche appliquée, étant une forme de résistance, « puisqu’elle entretient le principe voulant que certaines pratiques professionnelles du projet aient valeur de recherche disciplinaire dès lors qu’elles se voient primées par les jurys pairs dont les pratiques de jugement s’apparenteraient aux comités de lecture scientifique » (Chupin 2014). Il est à relever, encore une fois, l’influence de la reconnaissance des pairs. Dans un paysage de clivages, au sein d’une discipline aux contours mouvants, Jean-Pierre Chupin propose un prototype de boussole à mettre à l’épreuve, un modèle de classification des travaux de recherche en architecture. Son instrument cartographique critique, comprend des thèses aux formes et contextes pluriels, « allant du traité au manifeste en passant par l’essai [et distinguant] l’architecture de bien d’autres disciplines, incluant l’ingénierie, et l’ensemble témoigne d’une pratique réflexive aussi ancienne que la définition même de l’architecture. Peut-on distinguer des formes de théories qui anticiperaient des formes de thèses ? ». Le système de repérage et de classification se structure selon deux axes, à la croisée desquels se pose la question « Quelle visée pour la thèse en architecture ? ». L’axe vertical est l’axe des objets de connaissance, l’axe des tensions épistémologiques. Prendre son nord, c’est avoir une visée rétrospective, qui regarde en arrière, plutôt adaptée à la recherche historique. Au sud, par opposition, se trouvent des approches s’orientant vers un avenir qu’elles tentent d’intégrer dans une modélisation, des approches entreprises généralement dans les sciences humaines et appliquées. L’axe horizontal, est l’axe des trajectoires de projet, en tension entre projet disciplinaire et projet professionnel. Les récits de projet à valeurs scientifique, se dirigent en direction de l’ouest de l’axe. Vers l’est de cet axe, se situent les projets à visée proactive, visées « d’anticipation opératoire de type fou », comme exprimé par Jean-Pierre Boutinet, dans sa catégorisation du projet architectural (Boutinet 2012). Ceux-ci se caractérisent notamment par la présence de « vers » ou « pour », au sein de leur titre. 3 Dans la première partie de l’ouvrage « Le praticien réflexif, à la recherche du savoir caché dans l’agir professionnel », Donald Schön dresse un panorama historique des idéologies portées au cours des évolutions et échanges entre les différentes formes de recherche et pratique (Schön 1983).

FIG. 7. Compas des thèses et des théories en architecture, par Jean-Pierre Chupin, Université de Montréal.

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DE L’ETHOS DE L’ARCHITECTE EN CONVERSATION AVEC LES ENJEUX CONTEMPORAINS | INTRODUCTION Réfléchir lentement, tel est l’exercice qui animera cette recherche dans laquelle, similairement aux professionnels décrits par Schön, je me concentrerai sur la mise en ordre, la structuration de l’univers de conception de l’architecte. Plus spécifiquement, j’enquêterai comme annoncé dans le prologue, sur l’univers de conception de l’agence TiersLAB. Je décomposerai, puis analyserai, la réflexion de l’agence en action et sur l’action1. Le choix de la jeune agence œuvre en faveur d’une simplicité d’analyse dans la mesure où, en tant qu’enseignants et chercheurs, les créateurs de l’agence réalisent déjà un travail de réflexivité et de transmission de leur pratique.

Quel rôle en réponse aux enjeux ciblés. Une enquête sur l’univers de conception d’une agence, comme exercice de structuration.

La méthode d’enquête se concrétise par la mise en conversation de précédents hétérogènes2, collectés et collés de manière à mettre en récit les boucles de réflexivité contribuant à l’affinement de l’expertise d’un professionnel. La matière sélectionnée, d’ordre narratif, est tantôt opérationnelle, tantôt théorique. Les projets présentés par leur ordre chronologique, ont été sélectionnés selon les critères suivants :

UNE MÉTHODE D’ENQUÊTE PAR LA COLLECTE ET LA MISE EN DIALOGUE DE PRÉCÉDENTS

Critères sélectifs non-discriminants

L’état d’avancement : Les projets n’a à être nécessairement terminé, dès lors qu’ils dispose d’éléments pertinents en capacité de mettre en perspective les thématiques abordées transversalement.

La composition de l’équipe de travail : L’ensemble des projets ne nécessite pas le traitement des deux créateurs de l’agence TiersLAB, dans la mesure où l’observation se concentre sur l’historique d’une méthode. Le prisme de suivi de cette dernière, se fera en revanche avec l’implication systématique Marion Serre comme point de repère. Ma présence au cours des projets : Les projets sélectionnés ne verront pas impérativement ma présence, étant donné que le retracement de la construction d’une méthode dépasse les quelques mois de mon immersion au coeur de l’agence. Mon implication, même partielle, me sera néanmoins essentielle dans la compréhension de la dynamique de l’agence en action. Ma propre implication fait pour moi l’objet d’une observation à part entière par la variété de sa forme, alternant entre une posture observatrice, voire une observation participante, pour s’approcher de la construction de la réflexivité de ma propre pratique. Critères criminants

Représentativité : Les projets doivent être représentatifs de la ligne directrice de l’agence. Ce critère garantit en outre une disposition quantitative d’un certain nombre de projets au modèle opératoire similairement répété, et aux thématiques réinvesties. Type de commande : Dans un souci de cadre temporel dont ce travail dispose, le choix des projets se limite à un type de commande récurrent pour l’agence : les projets de recherche à visée d’accompagnement de la municipalité à la préparation d’une commande.

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1 A la manière de Donald Schön (Schön 1983, p.19). 2 Daniel Estevez décrit une méthode similaire, une méthode de collage d’anecdotes provenant de sources hétérogènes, explorée au sein de l’atelier de master « Learning from 2015 » de l’ENSA Toulouse (Estevez 2019).


FENÊTRES SUR PROJETS | ENQUÊTE SUR LA CONSTRUCTION D’UNE MÉTHODE EN AGENCE D’ARCHITECTURE J’ai fait le choix de marquer l’hétérogénéité des éléments de collage présentés, dans l’objectif d’exposer ouvertement le mécanisme d’association faisant évoluer un discours.

Codification des éléments de collage

En noir, on suit la « grande histoire ». Il s’agit de ma voix traçant le fil conducteur au travers de l’ensemble de l’ouvrage. Cette voix questionne et se questionne, articule et promène le lecteur tout le long du parcours. Lorsque mon chemin croise celui de l’agence TiersLAB, des passerelles aux tons bleus de Prusse se tissent. De cette couleur se manifestent les « petites histoires » individuelles des projets, racontés au travers de mon expérience de stage, une enquête immersive au cœur du quotidien de l’agence. Au fil de cette intégration, j’ai accumulé de la matière de projet et tenu un carnet de bord. Ce carnet est un objet tout aussi hybride que cette expérience : à la fois carnet de projet et carnet d’observation, il comporte autant de croquis, esquisses et relevés, que de notes d’avancement de chantier ou d’observations concernant les leviers de désamorçage, utilisés auprès d’élus en comité de pilotage. Il s’agit d’un carnet réflexif, entremêlant dans le vif de l’action, l’objet d’observation et l’observation elle-même. J’ai d’abord instinctivement, puis volontairement choisi de tenir un second carnet de bord, contenant mes réflexions et notes sur l’action, en non en cours d’action, différemment du premier carnet. Celles-ci se caractérisent par leur arrivée à postériori.

FIG. 8. Schéma d’utilisation des différents carnets, par l’auteure.

Quelques mois après la fin du stage, j’ai conduit un entretien avec Marion Serre, que vous retrouverez teintés d’un bleu ciel. L’entretien semi-directif retrace la construction d’une compétence ciblée, la compétence de réflexivité, transversale aux différentes pratiques - recherche, pratique, enseignement -, pour mettre en évidence les boucles de réflexivité des mécanismes d’apprentissage traversant les projets composants du répertoire d’expériences. Marion Serre raconte l’enrichissement de son répertoire par l’exploration et par la consolidation de thématiques. Cet entretien a grandement orienté le choix des projets, Marion Serre ayant exprimé leur influence sur la construction du rôle et de la méthode de l’agence. Au travers de l’entretien, transparaît un recul sur ses propres projets, qui puise sa sorce dans un travail rétrospectif lié à la formation universitaire des créateurs de l’agence. Dans des tons lilas, j’ajoute des extraits d’écrits de Marion Serre, témoins de sa réflexivité et des ponts qu’elle bâtit ou qu’elle traverse, entre des savoirs théoriques d’ordre global et sa pratique. Enfin, en parlant de savoirs théoriques, ceux-là se distinguent d’un vert forêt. Ils représentent des précédents d’ordre théorique, composants d’un répertoire à l’échelle académique. C’est par eux que l’on monte en généralité à partir d’une étude de cas. 21



CONCEPTION

ENTRE

MÉTHODE DÉDUCTIVE On part d’une hypothèse, un concept, qu’on cherche à vérifier, et on l’applique avec des outils pour le mettre à l’épreuve. Méthode de conception.

OUTIL, OUTIL Objet, moyen, instrument de réalisation d’une opération.

CONCEPT Contenu de pensée, représentation mentale abstraite d’un objet, d’une idée conçue par l’esprit.

MÉTHODE INDUCTIVE Exploratoire, on recueille des données, qu’on analyse, et regarde ce qu’elles nous disent, les enjeux qu’elles dégagent. Méthode d’analyse.

Schéma illustrant le mécanisme itératif entre concept et outil, extrait de l’intervention magistrale auprès d’étudiants de première année de l’ENSA Marseille, « De la méthode dans les études d’architecture pour soi-même : situations, conceptions et pratiques » en collaboration avec Dominique Leblanc.



EN QUELQUES MOTS, JE SUIS... Aussi curieuse que rigoureuse, je m’investis passionnément dans la recherche de réponses de qualité face aux enjeux aussi bien éthiques que techniques, qu’ils relèvent du quotidien ou d’une projection à long terme. J’apprécie l’autonomie et je saisis volontiers les situations de défi et d’apprentissage. J’aime me laisser surprendre par la richesse que peut surgir d’un travail d’équipe. J’imagine chaque projet dans l’ensemble de son processus, comme une nouvelle aventure, une randonnée, traversant des paysages variés, donnant à parcourir des terrains plus ou moins solides, larges, balisés ou grimpants. Parfois on dispose d’une vue plongeante sur le paysage à traverser. Parfois on avance dans le brouillard. Les expéditions ne sont alors jamais identiques, mais présentent une série de situations plus ou moins connues individuellement. Je me réjouis donc d’enrichir mon répertoire d’expériences.



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