Portfolio_Architecture

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portfolio

Baptiste FRANÇOIS a r c h i t e c t e


Baptiste FRANÇOIS a r c h i t e c t e

28 ans 56 avenue Victor Cresson 92130 Issy-les-Moulineaux / France +33(0)6-3563-6800 baptiste.francois@yahoo.com

2012-13 En cours

Anthropo-project _Auto-entrepreneur

Expériences Professionnelles 2012

Urban Fabric Organisation www.urbanfab.org

Tokyo

2011-12

Sugawara Daisuke Tokyo www.sugawaradaisuke.com

Tokyo

2010-11

Isapocket www.isapocket.net

2009

Mizuma Architects

2008

Extra-Muros / SANAA www.extra-muros.fr

2011-13

CNRS / JAPARCHI

2012

INRIAlity / INRIA http://www.inriality.fr/habitat-urbanisme/architecture/construire-la-ville-ensemble

Avr. -Juill.

Déc.-Mar.

Sept.-Juill.

Sept.-Déc.

Août

_Chargé de relations à l’export Développement du projet « Unlimited City » au Japon

_Architecte MTX_01 / Villa 240 m² / 800 000 € / APS-DCE SMT_03 / Villa 180 m² / ESQ Assistant de conférence à l’institut Franco-Japonais de Tokyo et à l’Apple Store de Ginza

Paris

_Architecte Appt. Almaviva / Rénovation 160 m² / 120 000 € / ESQ-EXE-Chantier Appt. Kremer / Rénovation 120 m² / 80 000 € / ESQ-EXE-Chantier Loft Mendjuk / Rénovation 250 m² / 170 000 € / ESQ-EXE-Chantier Design mobilier

Tokyo

_Stagiaire Architecte Maison Watanabe / Maison 100 m² / 200 000 € / APD-PC Guest-House / Maison partagée 120 m² / 400 000 € / ESQ-APS Restaurant / Rénovation 100 m² / 80 000 € / ESQ-APD

Paris

_Stagiaire Architecte Rue Fayolles / 135 logements sociaux 10 340 m² / 17M € / APD

Recherche

En cours

14 nov.

Paris / Kyoto

_Rédacteur Collaboration pour la rédaction d’un « Vocabulaire de la spatialité Japonaise » / éd. CNRS édition

Paris

_Rédacteur « Construire la ville ensemble ? » ; architecture et urbanisme, enjeux de la réalité augmentée

2010-11 Avr.-Fév.

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Shinjuku No www.shinjukuno.wordpress.com

Paris / Tokyo

_Mémoire de Master à l’ENSAPB Étude de la gare de Shinjuku à Tokyo / 1km² / 3M passagers par jour / 13 stations / 6 compagnies Mention très bien avec félicitations du jury : Alessia de Biase, Augustin Berque, Philippe Bonnin


CV

Formation 2011

Architecte Diplômé d’État

2009-10

Études au Japon

Avr.-Juill.

_Programme d’échange à l’Institut de Technologie de Shibaura Projet « Tokyo 2050 » / laboratoire du prof.Yatsuka Hajime

2009

Workshop en Chine

2008-09

Co-Fondateur et Président d’une Association

2005-06

Architecture à Grenoble

2005

DEUG Mathématique / Informatique

Juillet

Fév.-Mar.

Mar.-Mar.

Sept.-Juin

Juillet

Paris

_Diplôme École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville (ENSAPB)

Tokyo

Canton

_Workshop Art et Architecture Collaboration : ENSAPB / Université Technique de Canton / École Nationale Supérieure d’Art de Bourges

_Accueil et parrainage des étudiants étrangers venus étudier à l’ENSAPB Association Melting Potes aujourd’hui intégrée à Bellasso

Paris

Grenoble

_Licence 1ère année d’Architecture École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble

Nice

_Diplôme Université de Nice Sophia-Antipolis

Compétences et Intérêts Langues

Français _Natif

Anglais _Courant

Japonais

_Courant Lu/écrit _Bon

Chinois _Notions

Logiciels AutoCAD / Photoshop / Illustrator / InDesign Rhinoceros 3D / Sketchup / Premiere _Plateforme Microsoft ou Macintosh / Suite Office ou iWork

Intérêts

Anthropologie Urbaine, Art et Musique Contemporains, Graphisme _Badminton, Lectures (essais)

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135 Logements Rue Fayolles

Sanaa / Extra-Muros

MOA : Paris Habitat (OPAC de Paris) MOE : [mandataires] SANAA [associé] Extra-Muros 135 logements sociaux et parking 10 340 m² SDP / 17M € 45/47, avenue du Maréchal Fayolle, Paris 16

Le projet propose une relation forte entre l’intérieur et l’extérieur. Les quatre bâtiments sur pilotis s’élevent sur cinq étages et développent des façades courbes et généreuses. Ils génèrent ainsi des volumes aux formes libres et de faible épaisseur permettant à la grande majorité des logements de bénéficier de deux orientations et d’un grand apport de lumière naturelle.

Élévation sur rue du bâtiment 2

Élévation sur rue des bâtiments 2 et 3

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DÊtail de la façade

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Sugawara

Villa à Osaka

Daisuke

MOA: Privée MOE : Sugawara Daisuke Villa privée 240 m² SDP / 800 000 € Osaka, Japon

Cette villa a été dessinée à partir de l’image d’une grotte : allongée et tortueuse. Les murs des circulations et du salon sont en béton brut coulé dans des banches en lames de bois assemblées. Les ouvertures sont traités comme des vides. Pour des raisons de confidentialité, M. Sugawara ne souhaite pas que le plan apparaisse avant la publication officielle.

maquette 1/100

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Élévations intérieures du salon Élévations intérieures du washitsu

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Projet

Théâtre Mobile à Paris

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Fin d’Études

Projet Diplôme à l’ENSAPB Théâtre mobile et salle de concert Surface Variable / 7M-10M € (est.) 22 rue du Chevaleret, Paris 13

Donner la possibilité matérielle d’une architecture immatérielle. Le toit — qui intègre le gril à sa structure — et le murs mobiles permettent l’adaptation sur le site à toute typologie théâtrale existante et donne les moyens d’en créer de nouvelles. Un bâtiment amibe qui profite des structures du rdc de la cité refuge et du théâtre voisins pour faire vivre la ville.

Études typologiques

Grèce

Allemagne

Théâtre d’Epidaure

Fiespielhaus, Bayreuth

- 357 av. JC Polyclète le jeune

1876 O. Brückwald (1841 - 1917)

Italie

Allemagne

Théâtre Olympique,Vicence

Théâtre total

1585 A. Palladio (1508 - 1580)

1927 W. Gropius (1883 - 1969)

Angleterre

Allemagne

Théâtre du Globe

Schaubühne, Berlin

1599 J. Burbage (1531 - 1597)

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1981 J. Sawade (1937 -)


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Surface inox réfléchissante Panneaux solaires Système de rotation des modules type « Héliosats »

Gril détrapable en caillebotis acier Éléments isolants détrapables

Panneaux acoustiques

Toit mobile

Train d’atterrissage d’avion adapté

Mur mobile

Pieu d’amarrage du train d’atterrissage au sol Châssis isolé du mur mobile

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Plan de la structure réticulaire du toit 35 x 90 mètres

maquette 1/100

Aire d’influence du projet dans la ville

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25 m

Variations du plan : Rez-de-chaussée, Niveau salle de musique, Toiture Élévation sur la rue du Chevaleret

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Mizuma

Guest-House

Architects

MOA : privée MOE : Mizuma Sekkei Maison Partagée 120 m² SDP / 400 000 € Tokyo, Japon

Le toit devient le foyer secondaire de cette maison partagée qui prend place sur une parcelle de 85 m² au centre de Tokyo. Le plan a évolué entre la phase APS et APD

N Plan du rez-de-chaussée

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Faรงade

Maquette de structure 1/50

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Maison à Lognes s

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Projet personnel pour un client privé Maison avec studio d’enregistrement en sous-sol 140 m² SDP / 200 000 € (est.) Lognes

Cette maison est destiné à une famille avec deux enfants qui souhaite intégrer à son habitation deux de ses activités : les enregistrements musicaux (en sous-sol) et la peinture (au premier étage). Projet en attente

Plan du rez-de-chaussée

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Coupe

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Rénovation du marché aux Tissus

Shibaura

工業大学

Projet de 4ème année Jardin communautaire, Restaurant, Centre Communautaire parcelle 1700 m² / 800 m² SDP / 8-9M € (est.) Kawagoe, Japon

Un jardin-bâti investit par les habitants du quartier génère l’image de ce centre communautaire. En retrait, un restaurant intègre une salle de concert vitrée et une terrasse mobile qui permet la fermeture ou l’ouverture de l’arrière du site. Celuici est dédié à des ateliers d’artisanat traditionnel et à des événements plus ponctuels (workshop, fêtes, etc.).

Maquette 1/50

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Coupes

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École et Gymnase de Saint-Lazare

ENSAPB

Projet de 3ème année Stratégie urbaine et Projet d’une école primaire et d’un gymnase [école] 1700 m² [gym] 1800m² SDP / 15-17M € (est.) Ancien hôpital Saint-Lazare, Paris 10

L’ancien hôpital Saint-Lazare n’est désenclavé que partiellement pour ne pas dissoudre son identité d’enclos dans le tissu urbain environnant. L’arrivée sur le site est restructurée, A l’ouest, un accès est ménagée rue du Paradis. A l’arrière, la sous-face du gymnase soulevé articule son entrée avec celle de l’école en libérant une place couverte.

Rue d u Para dis

Stratégie urbaine

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20 m

Rue du Faubourg Saint-De nis

Perspectives du projet


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Volumétrie Salles communes Services Entrée et distribution Salles de classe

Répartition Mur périphérique Cours Bâti

Perméabilité Impossible Peu perméable Très perméable

Organigramme de l’école Plan du rez-de-chaussée

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Détail des salles de classe de l’école / Coupe

Détail des salles de classe de l’école / Plan

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DĂŠtail de la salle principale du gymnase / Plan

DĂŠtail de la salle principale du gymnase / Coupe

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Tokyo 2050 : South City

Shibaura

工業大学

Laboratoire Yatsuka Hajime Proposition utopique pour l’évolution de Tokyo dans un monde aux mobilités accrues Baie de Tokyo / 30 km de diamètre environ Tokyo, Japon

« South City » s’organise sur la partie sud du réseau de transport circulaire de Tokyo 2050. Ville destinée à la population ouvrière des blue collars, la production est faite sur des flotteurs géants modulaires tandis que les lieux de vie sont des conteneurs aménagés. Ces derniers sont déplaçables, insérés dans des structures, suivant les concepts du métabolisme.

Plan de la baie de Tokyo en 2050

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Plan masse de South City

ElĂŠments structurants de South City

TemporalitĂŠs des transformations de South City

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Art-Architecture à Canton

ENSAPB / ENSAB / CIT

Workshop de 4ème année Analyse pluridisciplinaire d’un village urbain Cantonais et amorce de projet Canton, Chine

Vidéos et textes d’entretiens réalisés avec les habitants, croquis et dessins extrapolant la fonction d’objets de la vie de tous les jours, plans et coupes, photographies descriptives ou allégoriques ; c’est l’approche sensible de l’espace du village urbain de la rivière des perles qui s’offre en terreau de projet.

Zones délimitées par des murs ou des barrières

Groupement de manufactures Entreprise Résidentiel ∈ entreprises Résidentiel ∈ pouvoirs publics Résidentiel privé Équipement

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Espaces de rencontre

RelevĂŠ des matĂŠriaux sur le plan de la partie sud du village

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Mobile-Home

ENSAPB

Projet de 2ème année Conteneur modifié en Mobile-home évolutif 50 m² / 80 000 € (est.) Mobile

Conteneur transportable sur route, ce projet consiste en une habitation mobile dont l’espace intérieur peut s’agrandir en fonction des besoins. Chaque espace est utilisable en position repliée comme développée. Les meubles sont intégrés au sol.

plan replié plan développé

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Rénovations d’appartements s a p o c k e t

MOA : privée MOE : Isapocket Appartements redistribués ou rénovés 120-250 m² / 80-120 000 €

De la phase esquisse à la livraison en passant par le suivi de chantier et les rendez-vous avec les clients

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R

Urbs, Networks, Civitas et Appropriations e c h e r c h e

Projet de recherche Appropriations des Espaces Publics dans les Villes Contemporaines

De nombreux travaux de recherche ont été produits sur le thème de la relation qui s’est créée entre les réseaux d’internet (Bayard, 2010) et les villes. Ainsi sont nés de multiples vocables, chacun émanant d’un point de vue particulier, tantôt sceptique, tantôt enthousiaste, parfois Construire la ville, est-ce construire totalisant, rarement neutre (Jeannenet in Mathien, 2005 : 67) : « ville des espaces appropriables ? Quels interactive » (Wachter, 2010), « ville digitale », « ville numérique », « sont les perspectives apportées par urbanité numérique » (Boullier, 1999), « cyber-city », « linked city » le web pour les projets ? (Sassen, 2002) ou « computing platform » (Yoo, 2011). Ces vocables, quoi que ne décrivant pas tous les mêmes caractéristiques, nous permettent Définitions de comprendre que les réseaux d’internet ont depuis plusieurs années Réseaux d’internet : infrastructure influencés les regards portés sur la ville, ses conceptions et ses pratiques. de transport et de stockage de Récemment, les technologies portables ont généré l’introduction données. d’interfaces mobiles entre le web et ses usagers au sein même des Web : interfaces et mise en forme. espaces publics (Hosser, Magdalena, 2005 : 21). Adriana de Souza e Silva et Jordan Frith ont montré que cette introduction ne s’était pas accompagnée d’un changement radical de comportement des usagers de la ville, mais plutôt d’une augmentation de la « gamme d’activités personnelles et privées qui peuvent être accomplies dans l’espace public » (2012 : 188). Dans le même temps, de nombreux projets utilisant ces mêmes interfaces ont vu le jour, visant à créer des plates-formes publiques d’échange et de partage entre les différents usagers de l’espace urbain (Glow, Smart Map, ConnectiCity, Sekai Camera, etc.). D’autres projets utilisent simultanément l’espace public tangible et le virtuel pour en donner une autre lecture (Shepard, 2011). D’autres encore, trouvent à travers les réseaux d’internet un moyen de diffusion de leurs actions dans la ville (Lizinteruptus, OakOak, Mentalgassi, etc.). Dans ce spectre extrêmement étendu de relations possibles ou réalisées entre les pratiques de la ville et le web, nous faisons l’hypothèse que certaines sont des tentatives, individuelles ou de groupe, temporaires ou plus pérennes, d’attribution de sens à une partie de l’espace public. Ces attributions de sens pourraient être nommées « appropriations » (Hossard, Magdalena, 2005 : 23). C’est à partir d’une analyse de certaines de celles-ci, notre corpus restant en partie à définir, que notre recherche visera à répondre à la problématique suivante : L’émergence des réseaux d’internet dans les espaces publics de la ville s’est-elle accompagnée d’une hybridation des pratiques d’appropriations de ces espaces ? Ainsi nous intéresserons nous aux lieux et méthodes de ces appropriations, à la perpétuelle création « d’espaces communs » (Biase, Coralli, 2009). Le web proposent-ils d’autres points d’entrées à l’expérience urbaine ? Si tel est le cas, ils modifieraient alors la perception des villes par chacun et questionneraient ce qui pouvait faire consensus dans leur définition. Chaque individu possède sa propre expérience de la ville ou des villes dont il est l’usager, expérience à laquelle serait venue s’ajouter, de manière hétérogène dans la population, celle de la ville sur les réseaux d’internet : chacun devenant porteur, aujourd’hui quasiment au sens propre avec les terminaux mobiles, de son espace urbain personnalisé. Doit-on remettre en question l’idée d’une réalité partagée sur l’espace public comme résultat de l’interpénétration de réalités individuelles ? L’espace public est-il « réellement » augmenté ? Les transformations des villes contemporaines sont-elles corrélées à des transformations dans les pratiques des espaces publics par leurs usagers ? Telles sont les questions qui seront abordées dans cette thèse autour de trois axes principaux : - Les composants de l’espace public : dans leur travail sur les espaces de transport, Isaac Joseph, Dominique Boullier et Vincent Guilleudeux décrivent l’espace public comme une « juxtaposition d’espaces, de systèmes de régulations et de systèmes d’informations » dont la continuité est introduite par ses usagers. Ces derniers apporteraient l’instrument de « construction de la réalité » d’un « espace morcelé » (1993 : 212). Notre hypothèse est d’ajouter à cette juxtaposition un espace virtuel individualisé dont l’importance aurait été amplifiée par les réseaux d’internet introduit dans la ville. Ainsi, les espaces publics des villes contemporaines répondraient en tout point au troisième principe de l’hétérotopie décrite par Michel Foucault : « le pouvoir de juxtaposer en un seul lieu réel plusieurs espaces, plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles. » (Foucault, 2008 : 1577). S’il se montre pertinent, comment définir ce nouveau composant ? - La planification et la spontanéité des pratiques de l’espace public : les relations entre villes le web ne peuvent pas être, et ne pourront probablement jamais, être considérées de manière homogène dans l’espace public. Notre hypothèse est d’en distinguer deux catégories : les premières étant des relations planifiées, ou construites, et peuvent être identifiées au travers de leurs infrastructures – accès gratuit aux réseaux d’internet (Hampton, 2010) et autres dispositifs d’interaction (par ex. le « mobilier urbain intelligent » à Paris) – ou de la communication qui est produite pour les promouvoir (par ex. la campagne « restons civils » de la RATP). Les secondes sont des relations spontanées, des processus discursifs, résultantes des pratiques des usagers des espaces publics. Si cette distinction se montre appropriées, quels points de rencontre peuvent exister entre ces deux catégories de relations ?

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Recherche

- Les règles de partage de l’espace public : Les espaces publics imposent généralement à leurs usagers l’établissement d’un consensus autour des possibilités de leurs appropriations par chacun. Ces dernières sont tantôt décrites ou encadrées par des règles, tantôt font l’objet d’accords tacites (Goffman, 1973 ; François, 2011). Des « contraintes spatiales que la société urbaine a généré, qui interdisent l’action sur l’espace habité », de ce « mutisme spatial » (Bonnin, à paraître), sont nées de nouvelles pratiques visant à des appropriations temporaires ou permanentes des espaces publics : les BetterBlocks, GuerrillaGardening et autres ParkingDay dont les terminaisons peuvent laisser penser, souvent à tort, que ces appropriations ont d’abord été pensées pour se diffuser sur les réseaux d’internet. Celles-ci s’adaptent, contournent ou transgressent les règles des espaces publics dans lesquels elles s’inscrivent. Lorsque des doutes apparaissent sur leur objet ou leur légitimité, il peut y avoir crise. Notre hypothèse est de considérer ces crises comme les conséquences de déséquilibres entre les règles des espaces publics et leurs redéfinitions ponctuelles par des groupes. Comment les usagers des espaces publics comprennent-ils les limites de ces appropriations, qu’elles soient réelles ou virtuelles ? Les réseaux d’internet feraient maintenant partie intégrante de tout discours sur la ville, même de manière sous-entendue. C’est ce que Stéphane Hugon appelle « la disparition de l’internet » : lorsque celui-ci a acquis une « forme de naturalité » (2012). Notre recherche fait sienne cette récente « disparition » pour l’interroger. Nous souhaitons explorer une partie de ses conséquences sur les espaces publics de la ville et donc sur leurs définitions. Aux trois axes de recherche précédemment explicités correspondent respectivement trois thèmes intégrant chacun des objectifs épistémologiques et empiriques : - les outils : quels outils ont participé et participent aujourd’hui à la création de l’espace virtuel de la ville ? Nous explorerons dans un premier temps la généalogie des espaces virtuels individualisés au travers des outils contribuant à leur construction et à leur extension récente dont nous faisons l’hypothèse. Ce travail permettra de mettre en relief les ruptures et les continuités identifiables avant et après l’apparition du numérique. Il apportera également un éclairage sur l’intégration ou non de ces espaces virtuels à la juxtaposition de composantes de l’espace public que nous avons déjà évoqués. Nous tenterons d’expérimenter des prototypes prenant en compte les enseignements de nos travaux sur le terrain. - les pratiques : quels liens tangibles peuvent être dégagés entre les pratiques de l’espace public et ses appropriations ? Les observations faites sur le terrain nous permettront d’analyser la mise en place de pratiques planifiées et d’observer les pratiques spontanées des espaces publics par leurs usagers, observations qui donneront elles lieu à des synthèses et publications. De ces deux types d’observation, nous souhaitons tirer de meilleures définitions des limites entre spontanéité et planification des pratiques de la ville ainsi qu’une meilleure appréhension des articulations entre ces mêmes pratiques et ce que nous avons appelé des appropriations. - les logiques : quelles logiques sous-tendent à l’acceptation et au respect des règles de l’espace public ? Notre travail consistera à identifier les différentes formes d’interprétations des règles par leurs usagers pour les analyser. L’objectif épistémologique est de nommer est décrire les logiques de respect, contournement ou transgression des règles de l’espace public de la ville. À travers ces trois thèmes, nous souhaitons dessiner une partie des contours changeants des espaces publics des villes et à leurs pratiques et appropriations par leurs usagers pour contribuer a l’élaboration des mécanismes et outils moteurs de ces modifications. Bibliographie sélective : AUGÉ Marc, 1992, « Non-lieux », Paris, Seuil, coll. La librairie du XXIe siècle, 150 p. BAYARD Benjamin, 2010, « Qu’est-ce qu’Internet », Conférence à Science Po’, Association les libertés numériques, http://www.libertesnumeriques.net/evenements/bayart-internet-sciencespo consulté le 18 mai 2012 BIASE (de) Alessia , CORALLI Monica (dir.), 2009, « Espace en commun ; nouvelles formes de penser la ville », Paris, L’harmattan, coll.Villes et entreprises, 233 p. BONNIN Philippe (dir.), à paraître, « Pour un vocabulaire de la spatialité japonaise », éditions du CNRS BOULLIER Dominique, 1999, « L’urbanité numérique ; essai sur la troisième ville en 2100 », Paris, L’harmattan, CASSILLI Antonio, 2010, « Les liaisons numériques ; vers une nouvelles sociabilité ? », Paris, Seuil, 331 p. DAMON Julien, 2011, « Villes à vivre », Paris, Odile Jacob, 288 p. _ (dir.), 2008, « Vivre en Ville : observatoire mondial des modes de vie urbain 2008-09», Paris, PUF, 304 p. FLICHY Patrice, 1997, « Une histoire de la communication moderne », Paris, La découverte, 280 p. FOUCAULT Michel, 2008, « Des espaces autres » conférence pour le Cercle d’études architecturale du 14 mars 1967, in « Dits et écrits II », Paris, Gallimard, coll. Quarto, 1736 p. FRANCOIS Baptiste, 2011, sous la direction de Alessia de Biase, « Shinjuku No : Matérialisation, Perception et Application des règles de la gare de Shinjuku, Tokyo », Paris, Mémoire de master ; ENSAPB, 82 p., http:// shinjukuno.wordpress.com, consulté le 18 mai 2012 JOSEPH Isaac, BOULLIER Dominique, GUILLEUDEUX Vincent et al., 1993, « Gare du Nord : mode d’emploi, programme de recherche concertées plan urbain_SNCF_RATP », Paris, Plan urbain/RATP/SNCF, 444 p. GHORRA GOBIN Cynthia (dir.), 1994, « Penser la ville de demain, qu’est-ce qui institue la ville ? », Paris, L’harmattan, 266 p. GOFFMAN Ervig, 1973 (1970), « La mise en scène de la vie quotidienne : 2. les relations en public », Paris, Les éditions de minuit, coll. Sens commun, 372 p. HAMPTON Keneth N. 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HOSSER Nicolas, MAGDALENA Jarvin (dir.), 2005, « «C’est ma ville!»: de l’appropriation et du détournement de l’espace public », Paris, L’harmattan, Coll. Dossier sciences humaines et sociales, 284 p. HUGES Jonathan, SADLER Simon, 1999, « Non-Plan: Essays on freedom, participation and change in modern architecture and urbanism », Oxford, Architectural Press, 243 p. ITÔ Mitsuko, OKABE Daisuke, MATSUDA Misa (dir.), 2004, « Personal, Portable, Pedestrian ; Mobile phones in japanese life », Cambridge, MIT press, 357 p. KILANI Mondher, 2009 (1989), « Anthropologie ; du local au global », Paris, Armand Colin, 383 p. LYNCH Kevin, 1999 (1960), « L’image de la Cité », Paris, Dunod, 222 p. MATHIEN Michel (dir.), 2005, « ‘’La société de l’information’’ comme figure imposée : sur un usage particulier des mots en politique », Bruxelles, AUF/Bruylat/Unesco, 435 p. MANGIN David, 2004, « La ville franchisée ; formes et structures de la ville contemporaine », Paris, éditions de la Villette, 398 p. MITCHELL William J., 2004, « Me++: The Cyborg Self And The Networked City », Cambridge, The MIT press, 269 p. NOVA Nicolas, GIRARDIN Fabien, « Une ville invisible en cours de domestication » in Urbanisme n°376, Janvier-Février 2011, pp. 52-54 RIVIERE D’ARC Hélène (dir.), 2001, « Nommer les nouveaux territoires urbains », Paris, Unesco/maison des sciences de l’homme, 272 p. SHEPARD Mark, 2011. « Sentient City : Ubiquitous Computing, Architecture, and the Future of Urban Space », Cambridge, The MIT Press, 200p. DE SOUZA E SILVA Adriana, FRITH Jordan, 2012. « Mobile Interfaces in Public Spaces: Locational Privacy, Control, and Urban Sociability ». Oxford, Routledge, 224 p. SASSEN Saskia, 2002, « Global Networks, Linked Cities », Routledge, 300 p. WACHTER Serge, 2010, « La ville interactive ; l’architecture et l’urbanisme au risque du numérique et de l’écologie », Paris, L’harmattan, coll. Questions Contemporaines, 236 p. YOO YongJin, 2011 « The city as a computing platform », TEDxPhilly lectures, http://www.urenio. org/2012/03/11/the-city-as-a-computing-platform/ consulté le 18 mai 2012

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