LES FICHES PROSPECTIVES
LE PHÉNOMÈNE D’ÎLOT DE CHALEUR URBAIN DÉFINITION L’Ilot de Chaleur Urbain (ICU) désigne une différence de température, observée dans l’air, entre une ville (plus chaude) et les zones rurales environnantes (plus froides). Qu’ils soient d’origine naturelle ou anthropique, divers facteurs favorisent la formation des ICU dont l'intensité varie selon la saison et le moment de la journée : • Les variations saisonnières s’expliquent par la durée d'ensoleillement plus élevée et des conditions anticycloniques (ciel clair et absence de vent) plus fréquentes en été et plus propices à former un ICU. • Les variations journalières s’expliquent par le stockage par le bâti de très fortes quantités de chaleur, s'accumulant jusqu’au soir. La ville possède des propriétés de stockage particulières et restitue lentement cette chaleur tout au long de la nuit, à la différence des zones rurales où les températures restent plus basses. Ainsi, l'ICU se forme non pas à cause d’un air réchauffé plus rapidement pendant la journée mais à cause d’un air refroidi plus lentement la nuit.
22°C
27°C
31°C
ICU simulé sur l’agglomération parisienne le 12/08/2003 (moyenne des températures de l’air à 2 m à 4 h, 5 h et 6 h locales pour chacune des 5 nuits de la canicule) Source: projet EPICEA, Météo France
La nuit, sont constatés des différences de températures allant jusqu’à 8°C entre le centre de Paris et sa banlieue. Les modélisations récentes de Météo-France confirment que le nombre et la gravité des canicules devraient augmenter au cours du siècle.
LES CONSÉQUENCES
SANITAIRES
ENVIRONNEMENTALES
€
ECONOMIQUES
Le phénomène d’ICU empêche la récupération et le repos nocturne lors d’épisodes caniculaires, et constitue un facteur aggravant des effets de la pollution sur la santé humaine. L'ICU contribue à accentuer le risque de surmortalité, les impacts sanitaires (hyperthermie, déshydratation, syncopes) et à exacerber les maladies chroniques telles que le diabète, les insuffisances respiratoires et les troubles cardio-vasculaires. Lors de la canicule de 2003, la surmortalité en Île-de-France a été extrêmement élevée (+134%), du fait notamment de l’ampleur du phénomène d’ICU. Le phénomène d’ICU peut amener à une forte sollicitation des systèmes de climatisation, notamment en période caniculaire. En résulte une probable hausse de la demande en énergie. De la même façon les besoins en rafraîchissement impliquent une plus forte consommation en eau. Au-delà de 25°C, la France consomme environ 250 à 300 mégawatts par degré de chaleur supplémentaire. RTE anticipe une augmentation de 25% d’ici 2020 des besoins en climatisation pour le secteur tertiaire. Conséquence des enjeux sanitaires et environnementaux, l’ICU a également des conséquences économiques importantes : actions correctrices parfois onéreuses (systèmes de climatisation appropriés…), coûts des ressources (consommations en eau et en énergie) et de mobilisation en urgence du corps médical. La facture électrique d’Ile-de-France s’élevait à 8,7 milliards € en 2013. A l’échelle nationale, le recours aux médecins généralistes pendant la période caniculaire de 2003 s’est conclu par un surcoût pour l’Assurance maladie de l’ordre 13,7 Millions €.