• La Diffusion Catéchistique - Lyon •
Signes du
Parcours catéchuménal pour adultes
Livre de l’accompagnateur
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Auteur : La Diffusion Catéchistique de Lyon Brigitte Jeunehomme (diocèse de Viviers), Michèle Malard (diocèse de Chambéry), Janine Munoz-Torres (diocèse de Lyon), Père Jean Peycelon (diocèse de Lyon), Brigitte Willième (diocèse de Lyon). Les auteurs remercient Catherine Cicéron et Aude Corvaisier-Riche qui ont accepté que soit utilisée la documentation du Service d’initiation chrétienne-Catéchuménat du diocèse de Lyon.
INTRODUCTION Le Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France (TNOCF), voté le 7 novembre 2005 par les évêques de France réunis en assemblée plénière à Lourdes, prend acte des profondes mutations de la société. Il propose une nouvelle orientation pour la catéchèse fondée sur le mystère pascal, les communautés missionnaires et la pédagogie d’initiation. Le document Chemin vers le baptême et la vie chrétienne fait partie de la collection « Signes du Seigneur », elle-même insérée dans la proposition globale « À la rencontre du Seigneur ».
Légende des pictogrammes utilisés Picto Enjeu
Picto Passerelle
Picto Visée
Picto Point d’attention
La proposition « À la rencontre du Seigneur » La proposition « À la rencontre du Seigneur » s’articule autour de trois documents : Parle Seigneur, ta Parole est un trésor est une nouvelle édition de Ta Parole est un trésor ; elle est profondément renouvelée, mais garde les mêmes principes qui ont fait le succès de la première édition auprès des adultes et des enfants. Elle comporte des passages de l’Ancien et du Nouveau Testament dans leur traduction liturgique. Des notes, des commentaires, un lexique, des illustrations et des reproductions d’œuvres d’art accompagnent les textes. Seigneur, apprends-nous à prier invite à une rencontre communautaire et personnelle avec le Christ à travers la prière du Notre Père, la prière de l’Église (liturgie et sacrements) et une initiation à la prière personnelle.
Nihil obstat, Père Bruno Bataillon, Lyon, le 11 mai 2016. Imprimatur à usage catéchétique, cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, le 11 mai 2016. Mise en pages : Magali Meunier ISBN : 9782710505921 - MDS : 538140 www.mameeditions.com www.alarencontreduseigneur.fr Textes liturgiques : © AELF, Paris © Mame-Tardy, Paris 2016 pour l’ensemble de l’ouvrage. Toute reproduction interdite. Tous droits réservés pour tous pays. p. 122-123 : © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders. Avec ce document vous soutenez la responsabilité de catéchèse dans l’Église, et vous contribuez à une solidarité financière entre les diocèses de France. Les évêques de la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat (CECC).
Le site www.alarencontreduseigneur.fr assure la mise à disposition de ressources pédagogiques pour vivre des étapes liturgiques, des propositions de catéchèse. L’ensemble de la proposition permet d’honorer chacun des quatre principes d’organisation prévus par le Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France : - Une organisation de la catéchèse ordonnée à toutes les étapes de la vie. - Une organisation de la catéchèse par lieux et regroupements de vie. - Une organisation de la catéchèse articulée à l’année liturgique.
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Rencontre 1
Bibliographie
Temps de première évangélisation
Livres Guide pastoral du Rituel de l’initiation chrétienne des adultes, CNPL, « Guide célébrer », 2000. Théo, l’encyclopédie pour tous, Mame, 2009, nouvelle édition. Henri Bourgeois, L’Initiation chrétienne et ses sacrements, Centurion, 1982. Béatrice Blazy, Anne-Marie Boulongne, Étienne Grieu et Claire Péguy, Quand Dieu s’en mêle, paroles de catéchumènes, Éd. de l’Atelier, 2010. Mgr Christophe Dufour, Cinq petites catéchèses sur le Credo, Bayard, 2007.
Le désir de Dieu est de se faire proche de chaque être humain, de l’« attirer vers lui » (TNOC, p. 27). Le catéchumène est invité à se mettre à l’écoute de sa Parole d’amour sur un chemin de confiance. L’Église propose un temps de découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus le Christ. À l’issue de cette première évangélisation, le candidat, éclairé par l’Esprit, demandera ou non à devenir chrétien.
Dominique Fontaine, La Foi des chrétiens racontée à mes amis athées, Éd. de l’Atelier, 2006. Roland Lacroix, Devenir chrétien, Éd. de l’Atelier, « Tout simplement », 2006. Mgr Pierre-Yves Michel, Le Guide des parrains et marraines, Edifa-Mame, 2006. Michel Scouarnec, Le Baptême, Éd. de l’Atelier, « Tout simplement », 2002. Jean-Louis Souletie, Les Grands Mots de la foi, DDB, 2010.
Ouvrages pastoraux Accompagner des catéchumènes, Service diocésain d’initiation chrétienne de Lyon, « Guide pratique », 2007. En chemin avec l’évangile de Marc, Service diocésain d’initiation chrétienne de Lyon, Mame-Tardy, 2013. Rencontre avec Jésus le Christ et Venir au Christ, « Matins d’Évangile », Service national de la catéchèse et du catéchuménat, 2014.
Dieu s’invite dans notre histoire « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Mc 10, 51
Revues Fêtes & Saisons, « Entre dans le mystère de Dieu, mystagogies », Éd. du Cerf, 2014. Fêtes & Saisons, « Faites des disciples », Éd. du Cerf, 2005. Hors série Chercheurs de Dieu, « La Mystagogie, découverte ou redécouverte ? », Service national de la catéchèse et du catéchuménat, octobre 2008. Revue Ecclésia n° 2, « En chemin vers un sacrement », à commander au Service national de la catéchèse et du catéchuménat.
Sites Internet www.eglise.catholique.fr pour des informations sur la foi catholique et des accès à divers liens de l’Église catholique. www.catechese.catholique.fr pour toutes questions relatives au catéchuménat des adultes auprès du Service national de la catéchèse et du catéchuménat. Vous y trouverez les liens avec votre service diocésain. www.croire.com pour éclairer une question de foi. www.prionseneglise.fr pour initier à la prière avec les textes du jour.
Percevoir que Dieu s’invite dans notre histoire personnelle. Avant même que nous en ayons conscience, il entend notre appel.
Cette première rencontre ouvre le temps de la première évangélisation, temps où sont « annoncés avec assurance et persévérance le Dieu vivant et Celui qu’il a envoyé pour le salut de tous, Jésus Christ » (Rica, n° 65). C’est le temps de l’accueil, des premiers dialogues. Accompagnateur, équipe d’accompagnement et candidat, nous nous trouvons au seuil du chemin à parcourir ensemble, attentifs à l’expérience vécue dans la présence à Dieu et à l’écoute de sa Parole. Le document destiné à la personne accompagnée sera remis lors de cette première rencontre.
www.aelf.org pour trouver les textes de la Bible et de la liturgie de chaque jour. www.bible-service.net pour trouver des commentaires des textes bibliques. www.liturgiecatholique.fr pour mettre en œuvre les étapes liturgiques du catéchuménat.
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Rencontre 6 Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires : je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin […]. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables, c’est un unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Ainsi, il n’est plus question d’un “commandement” qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour, donnée de l’intérieur, un amour qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé avec d’autres. L’amour grandit par l’amour. »
Halte spirituelle avant l’étape de l’entrée en catéchuménat « Il me conduit par le juste chemin. » Ps 22, 3
Benoît XVI, Lettre encyclique, Deus caritas est (Dieu est Amour).
Vivre une expérience spirituelle Comment envisager un « commandement d’aimer » ? Comment peut-on ordonner d’aimer ? L’amour est le plus spontané des mouvements de l’âme, le plus intérieur, le plus intime, le plus libre qui soit.
Cette fiche sera proposée au moment où cela semble opportun dans le cheminement du candidat. Voir aussi les points d’attention à la fin de la fiche.
Nous avons été choisis et nous sommes envoyés pour aimer ! Tout simplement parce que nous sommes aimés… Nous ne discernons cela que peu à peu, à mesure que nous devenons véritablement chrétiens. Nous découvrons la présence de Dieu pas après pas, avec d’autres, sur notre chemin de foi et au fur et à mesure de notre propre « illumination ».
Faire une pause pour relire, éclairé par l’Esprit, le chemin parcouru dans l’amour du Père révélé en Jésus. Maintenant se pose la question de devenir chrétien.
C’est le moment !
Prier Ap 21, 1-5a : « Alors j’ai vu un ciel nouveau »
Pour relire la rencontre • Qu’avons-nous entendu à travers l’échange avec le candidat ? • Qu’est-ce que cela nous dit de sa relation à Jésus et aux autres ?
Voilà déjà plusieurs mois que le voyage avec, et à la suite de Jésus est commencé. C’est le moment pour le candidat de faire une pause afin de relire le chemin parcouru dans l’amour du Père révélé en Jésus par la puissance de l’Esprit, et de se poser la question de devenir chrétien.
Mise en œuvre Pour cette rencontre, il n’y a ni accompagnateur ni accompagné, mais des croyants qui cheminent ensemble ; qui s’essaient à vivre ensemble et personnellement un chemin de confiance, en vérité ; qui s’interrogent et se laissent interroger par la Parole, la parole d’un autre, d’un Autre. Il convient d’être dans un lieu beau, confortable, chaleureux. Ce peut aussi bien être une salle, qu’une chapelle. On aura besoin de musique, d’un texte, d’une photo sur écran ou papier, d’une Bible ouverte à la page du psaume 22, ainsi que d’une bougie.
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Rencontre 7
Genèse 1-3
Il est l’espérance de toute la création et de toute l’humanité car par lui se réalise la libération définitive du péché et de la mort. L’universalité du salut a été rendue possible par la venue du Fils de Dieu ayant pris la condition humaine et se faisant ainsi solidaire de tous les hommes.
Puis la convoitise conçoit et enfante le péché, et le péché arrivé à son terme engendre la mort. »
Si le Christ sauve tous les hommes cela signifie que tous sont incapables d’aller par eux-mêmes à Dieu, même portés à refuser l’alliance qu’il leur offre. C’est en ce sens que tous sont « pécheurs ». Cela ne veut pas dire qu’ils sont automatiquement coupables (ce qui serait aberrant pour les bébés !) mais liés par une solidarité qui est celle de la condition humaine. Et, de fait, nous sommes en quelque sorte contaminés par une dynamique de refus de faire confiance à Dieu, dynamique qui nous atteint, que nous le voulions ou non, de multiples manières. Chacun peut dire comme saint Paul (Rm 7, 20) : « Je ne fais pas le bien que je voudrais mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » Pour exprimer que tous sont pécheurs, Paul utilise la figure symbolique d’Adam pour représenter l’humanité sous l’angle de sa faiblesse et de son péché, mais en fait, c’est le Christ seul, « nouvel Adam », qui révèle l’unité solidaire du genre humain et cela, en donnant à tous la liberté et la vie par la puissance de l’amour gratuit de Dieu.
La doctrine du péché originel révèle ainsi la face sombre, et même tragique, de la condition humaine de tous les temps, mais elle le fait sur le fond lumineux de la victoire finale de l’amour. « Si Dieu est pour nous qui sera contre nous ? […] rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Rm 8, 31-39b.) Telle est notre espérance !
Comprendre la liturgie de l’initiation chrétienne Pourquoi lit-on Gn 1, 1-2 pendant la veillée pascale ? Le récit de la Création révèle le grand projet de Dieu : partager sa vie avec les humains qu’il ne cesse de créer par amour. La lumière apparaît comme ce qui « fait être » les choses. Elle est liée à la vie. « Dieu est lumière, et de ténèbres, il n’y a pas de trace en lui. » (1 Jn 1, 5.) Au commencement de la veillée pascale, le cierge pascal est allumé au feu nouveau. Il est béni, encensé, et symbolise le Christ ressuscité, lumière du monde.
Il ne faut pas voir en Adam et Ève des personnages historiques. Gn 2-3 est un récit mythique qui révèle la vocation de l’homme et de la femme, créés par Dieu pour être ses partenaires. Il dévoile du même coup l’origine du péché. « Vous serez comme des dieux », insinue le serpent en jetant le soupçon sur la bonté de Dieu. Le péché apparaît ainsi comme refus de la condition humaine et de ses limites, volonté d’autonomie absolue. Il est fondamentalement refus de faire confiance à ce Dieu qui, seul, donne la vie, la croissance et l’être. Il rompt la relation. Les conséquences sont tragiques. Toute l’existence humaine en est affectée : rapport à la nature, travail, conjugalité, maternité, jusqu’au meurtre du frère par le frère. Caïn tuant Abel, c’est le prototype de toute violence. Directement ou non, le péché est meurtrier. Comme l’écrit saint Paul (Rm 6, 23) : « Le salaire du péché, c’est la mort. »
Chacun des baptisés présents allume son cierge à la lumière du cierge pascal, signe que la lumière du Christ est pour tous et se transmet de croyant à croyant à partir du Christ lui-même. La procession se met en marche derrière le cierge pascal, au chant de l’acclamation « Lumière du Christ ».
Ce récit biblique est donc une mise en garde contre la « convoitise », c’est-à-dire la perversion du désir d’absolu qui nous habite et qui nous ouvre à Dieu. La convoitise, désir perverti parce que désir de tout nous approprier par nous-mêmes, s’insinue en nous telle un serpent. La lettre de Jacques (Jc 1, 1315) l’affirme : « Dieu ne tente personne. Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit.
La terre où il viendrait au jour. »
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Pendant les cinquante jours du temps pascal, le cierge sera allumé à chaque célébration liturgique pour indiquer la présence du Ressuscité au milieu des siens. Parce que le Christ est l’Emmanuel, Dieu-avec-nous, il accompagnera la vie de l’homme, du baptême aux funérailles. « Voici la nuit, l’immense nuit des origines, Et rien n’existe hormis l’amour, hormis l’amour qui se dessine : En séparant le sable et l’eau, Dieu préparait comme un berceau, Didier Rimaud, Hymne liturgique, dimanche II.
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Rencontre 13
Rencontre 14
S’approprier l’œuvre d’art
Relèvement
Arcabas, Naissance à Bethléem (détail), polyptyque de l’Enfance du Christ, Palais archiépiscopal de Bruxelles-Malines, Belgique, 1998.
« Je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »
Le nouveau-né est blotti contre sa mère. Tous deux sont couchés sur la paille, enveloppés dans une couverture bleue. Le bleu, couleur céleste, symbole du monde éternel, montre le chemin de la foi et exprime l’envol vers Dieu. Marie, étonnamment paisible et entourant de toute sa tendresse ce petit enfant, accomplit son œuvre d’espoir et de promesse. Ses longues mains en croix forment protection et bénédiction au-dessus du bébé endormi.
Pour relire la rencontre Marie prend acte de ce qui se passe et intériorise l’événement. De leur côté, les bergers retournent à leurs moutons, un peu différents puisqu’ils glorifient et louent Dieu. Non seulement ils seront des veilleurs, mais ils seront aussi des priants. Et ils font circuler la Bonne Nouvelle.
• À l’image des bergers, comment accueillons-nous cette Bonne Nouvelle et comment l’annonçons nous ?
Mc 2, 11
Le Fils libère. Découvrir comment sa Parole trace un chemin dans la vie de celui qui l’entend et comment elle le relève. Le catéchumène a commencé son itinéraire avec la rencontre entre Jésus et Bartimée. Il sera bon de se rappeler ce récit avant de découvrir la séquence d’aujourd’hui. Les deux récits pourront être mis en parallèle pour s’éclairer l’un l’autre. Il peut être proposé de compléter ces récits par la parabole du bon Samaritain (Lc 10, 25-37) : le catéchumène y découvrira comment le Seigneur nous demande de participer à la venue de son Règne.
Au temps de Jésus, chacun scrute les signes du Royaume à venir, l’annonce du salut et la venue d’un messie. Chacun connaît la prophétie d’Isaïe et sait que, lorsque viendra ce Sauveur, « alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ; car l’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride » (Is 35, 5-6). Or voici que Jésus accomplit ces signes.
Pour préparer la rencontre Écouter et comprendre la Parole de Dieu Mc 2, 1-12 Contexte Cette guérison a lieu au début de la vie publique de Jésus de Nazareth. Mais déjà « sa renommée se répandit […] partout, dans toute la région de la Galilée » (Mc 1, 28) grâce à la proclamation de la Bonne Nouvelle et aux nombreuses guérisons accomplies.
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Rencontre 14
Marc 2, 1-12 • Sommes-nous, malgré toute notre bonne volonté, de ceux qui bloquent la porte ou
Au fil du texte v. 1-2 La scène se déroule à Capharnaüm, sans doute dans la maison de Pierre et André. Conséquence de la renommée naissante de Jésus, la maison est bondée, la foule obstrue la porte. v. 3-4 Quatre amis du paralysé vont faire preuve d’une audace hors du commun. Ils doivent contourner l’obstacle de la foule. Ce qui les motive, c’est leur amitié pour le paralytique et leur confiance en Jésus.
bien de ceux qui cherchent à dépasser les obstacles ? La foi amène à être audacieux, à ne jamais nous résigner à la paralysie de nos frères, ni à les voir loin du Christ, et à ne jamais nous résigner non plus à nos propres paralysies. Acceptons que d’autres saisissent notre brancard, car en le faisant, c’est leur espérance qu’ils nous disent ! Nous avons tous besoin, d’une certaine manière, d’être guéris, d’être remis debout.
• Qui pourrait nous aider à rencontrer le Christ ? Qui allons-nous aider à rencontrer v. 5-7 C’est grâce à cette confiance et à cette foi que Jésus accueille celui qu’on lui amène ainsi. Il l’accueille d’abord comme pécheur, pécheur au sens premier du mot : celui qui est tombé alors qu’il était sur le chemin de l’amour, le chemin qui mène à Dieu. Quel était son péché ? Nous n’avons pas à le savoir, mais le premier geste de Jésus est de le remettre debout sur ce chemin d’amour. Jésus répond à l’audace des porteurs par son audace de « Fils de l’homme ». La foule espère un messie, un libérateur puissant, mais Jésus montre la priorité de Dieu : le pardon des péchés. La guérison physique n’arrive que dans un deuxième temps. Elle est signe extérieur, visible, qui sert à montrer l’efficacité du pardon, ce signe invisible du royaume de Dieu, déjà là en Jésus. Or, qui peut pardonner les péchés si ce n’est Dieu ? v. 8-11 L’homme est totalement remis debout. Pardonné, guéri, il découvre qu’il est en vérité l’« enfant » bien-aimé de Dieu. Entré par le trou du toit, il sort par la grande porte. Descendu couché, déposé à terre, il peut sortir debout. C’est sans doute pour cela qu’on l’avait emmené. Mais il ne repart pas physiquement debout sans avoir d’abord été remis debout intérieurement par le pardon de Dieu. v. 12 Malgré la condamnation des scribes, beaucoup rendent gloire à Dieu. La réception du pardon et la guérison sont aussi pour la foule, pour le monde. Pour que nous nous réjouissions et croyions.
Vivre une expérience spirituelle • Comment l’attitude de la foule et celle des quatre hommes nous interroge-t-elle aujourd’hui sur nos attitudes ?
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le Christ ?
Comprendre la liturgie de l’initiation chrétienne « Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : […] guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » (Mt 10, 5-8.) Les exorcismes sont des rites de l’Église destinés à libérer de tout ce qui entrave, détruit intérieurement la personne, ou de toute complicité avec le mal, c’est-à-dire du péché. Ces rites n’ont rien de magique. Par la prière et l’imposition des mains, les exorcismes donnent la force du Christ aux futurs baptisés, « purifient les cœurs et les intelligences, fortifient contre les tentations » et préparent les cœurs à recevoir le don de Dieu. C’est à ce titre-là que ces rites (associés aux scrutins) ont toute leur place dans l’itinéraire catéchuménal. Ils seront célébrés par le prêtre ou le diacre (cf. Rica, nos 148 à 153).
Voix d’Église En disant « Prends ton grabat », le Seigneur me semble donc avoir dit « Aime ton prochain ». « […] Il est nécessaire d’expliquer pourquoi c’est l’amour du prochain qui est recommandé dans l’ordre de prendre son grabat ; peut-être même sommes-nous choqués d’entendre que le prochain soit représenté par le grabat, une chose stupide et insensible.
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Rencontre 14
Marc 2, 1-12
Qu’y a-t-il donc à remarquer dans le grabat, je t’en prie, qu’y a-t-il si ce n’est que cet homme, quand il était malade, était porté par le grabat et qu’une fois guéri il porte le grabat. Que dit l’apôtre ? Portez les fardeaux les uns des autres et vous accomplirez ainsi la loi du Christ (Ga 6, 3). La loi du Christ est donc la charité, et la charité n’est accomplie que si nous portons mutuellement nos fardeaux : nous supportant, est-il dit, les uns les autres, attentifs à garder l’unité de l’esprit dans le lien de la paix (Ep 4, 2-3). Quand tu étais malade, ton prochain te portait ; tu es guéri, porte ton prochain. Portez les fardeaux les uns des autres et vous accomplirez la loi du Christ. C’est ainsi, ô homme, que tu accompliras ce qui te manquait. Par conséquent, porte ton grabat.
Pour relire la rencontre
Mais quand tu l’auras pris, ne reste pas en place, marche. En aimant ton prochain, en prenant soin de ton prochain, tu fais du chemin. Où diriges-tu tes pas sinon vers le Seigneur ton Dieu, vers celui que nous devons aimer de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit (Mt 22, 37) ? Nous ne sommes pas encore parvenus jusqu’au Seigneur, mais nous avons le prochain avec nous.
• Que peut dire le catéchumène de cet appel à ne pas subir la vie à terre, paralysé par
Le salut offert par Dieu concerne l’homme tout entier, l’âme et le corps.
• Avons-nous personnellement fait l’expérience du Christ qui guérit, qui libère avec force ?
• Par l’intermédiaire de qui ou de quoi ? Jésus appelle à vivre « debout ». le poids du péché ou du regard des autres ?
• À quelles audaces cela l’appelle-t-il ?
Porte donc celui avec qui tu marches afin de parvenir jusqu’à celui avec qui tu désires demeurer. Donc, prends ton grabat et marche ! » Saint Augustin, Homélies, Tr XVII, 9.
Prier Ps 39, 2-18 : « D’un grand espoir, j’espérais le Seigneur. »
S’approprier l’œuvre d’art Macha Chmakoff, Le Paralytique descendu par le toit. Le bleu du ciel et de la terre abrite la maison qu’ont escaladée les quatre porteurs. La foule, compacte, homogène, faite de silhouettes longilignes et terreuses, regarde l’homme et Jésus. Elle ne s’approche pas. Eux se tendent la main, et Jésus invite à se mettre debout. Sa lumière resplendit sur celui qui entame sa remontée. Rappelez-vous l’enluminure représentant la guérison de Bartimée. Que remarquez-vous ?
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Marc 4, 26-41
Silence
v. 30-32 Le sénevé, c’est la moutarde sauvage. Cette minuscule graine donne une plante qui peut atteindre trois ou quatre mètres de haut. Le Royaume est comme cette graine : c’est une force qui grandit en nous si nous ouvrons notre cœur. La foi commence petitement.
« Qui est-il donc, celui-ci ? […] » Mc 4, 41
Par des signes forts Jésus rend présent le royaume de Dieu où l’Esprit est à l’œuvre : la vie du Père circule en nous. Choisir de l’accueillir, de la semer en notre « terre », de la laisser germer et grandir, c’est accepter que le don de Dieu, par la grâce de l’Esprit, transforme notre vie et le monde. Au temps de Jésus, des Juifs attendaient la venue du règne de Dieu. En remettant des hommes debout, Jésus rend présent le royaume de Dieu. Pour parler de Dieu et de son Règne, Jésus raconte des histoires imagées appelées « paraboles » et pose des gestes de salut : le projet de Dieu est la victoire de la vie sur la mort.
Pour préparer la rencontre Écouter et comprendre la Parole de Dieu Mc 4, 26-41 Contexte Pour expliquer la Bonne Nouvelle qu’il est venu annoncer, rappelons-nous la deuxième rencontre ! Jésus parle du règne de Dieu, de son Royaume : « Les temps sont accomplis : Le règne de Dieu est tout proche, convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » (Mc 1, 15.) Il s’adresse à la foule par une série de paraboles, puis, dans un geste de puissance, il permet à ses disciples d’entrer dans la connaissance de son mystère.
Au fil du texte v. 26-29 Beaucoup de gens attendaient un messie qui redonnerait à Israël son indépendance et sa vocation de « lumière des nations » (Is 60 ; Lc 2, 32). Jésus, lui, parle du règne de Dieu : il n’est ni daté ni lié à un lieu, c’est une puissance de vie, comme la semence jetée en terre qui grandit et se développe en silence.
v. 33-39 La foule est attentive aux histoires que Jésus raconte. Elle est touchée, mais dans quelle mesure les comprend-elle ? À elle de les interpréter pour mettre en pratique les paroles de Jésus. Aux disciples, en particulier, Jésus prend le temps d’en expliquer le sens profond (v. 34) puis de manifester son identité par un geste d’autorité sur les éléments naturels (v. 39). Que signifie ce geste ? Dans quel but Jésus fait-il cela ? v. 40 Jésus reproche à ses disciples leur manque de foi : l’épreuve de la tempête avait pour but de leur ouvrir les yeux. La question de Jésus « Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ? » va les obliger à y réfléchir. Ce miracle leur fait découvrir qui est Jésus qui les a sauvés, et qu’ils croient en lui. v. 41 Les disciples ne semblent pas réagir aux reproches de Jésus. Ils sont « saisis d’une grande crainte » devant la manifestation de puissance divine de Jésus qui a autorité sur les éléments, sur la Création. La « crainte » est ici un mouvement intérieur, un sentiment qui allie fascination, attirance, et en même temps un profond respect mêlé d’humilité qui permet à chacun de reconnaître la présence de Dieu et de se situer devant lui. Les disciples ne peuvent pas encore confesser Jésus « Seigneur ». Ils ne font qu’entamer leur chemin de foi. Il leur faudra vivre une tempête bien plus grande encore pour confesser leur Seigneur. La foi-confiance ne grandira que si progresse aussi la découverte de la personne de Jésus, qui se révèle par ses paroles et par ses gestes de guérison et de salut.
Vivre une expérience spirituelle • Quelles images, aujourd’hui, utiliserais-je pour parler du royaume de Dieu ? • Quels signes du Royaume en devenir puis-je repérer en moi, autour de moi ou dans le monde ? Nos vies sont parfois prises dans la tourmente, nous pouvons avoir l’impression que « Jésus dort ».
• Comment ma foi en lui peut-elle grandir malgré le doute ou les épreuves ? 84
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Voix d’Église Après la sanctification du nom de Dieu, « Que ton Règne vienne » est la deuxième demande de la prière reçue de Jésus Christ : le Notre Père. Mais de quel règne s’agit-il ? « Le règne de Dieu annoncé par les prophètes (cf. par exemple Is 52, 7 ; So 3, 15 ; etc.) se présente comme l’instauration d’“un monde nouveau”, parfaitement réconcilié, qui serait pénétré de l’amour et de la présence de Dieu, et où les hommes vivraient en frères. Ce monde nouveau se trouve d’abord donné en germe. Ce don est une réalité effective et de portée définitive, même si sa manifestation plénière est encore attendue. Le règne de Dieu est proche, parce que déjà mystérieusement présent du fait que Jésus est là, qu’il le proclame et le fait advenir. L’appel à accueillir le règne de Dieu s’adresse à tous. »
Pour relire la rencontre Le règne de Dieu est un don. Il agit gratuitement dans le cœur ; il produit du fruit telle la semence déposée en terre. La foi du catéchumène grandit mystérieusement.
• Pouvez-vous repérer des signes de cette croissance ? Lesquels ? • Quand l’épreuve est là, le catéchumène a-t-il fait l’expérience du doute ou de la révolte ?
• A-t-il pris conscience de la place de sa foi dans cette traversée ?
Catéchisme pour adultes des évêques de France, n° 165, 1991.
Comprendre la liturgie de l’initiation chrétienne La tradition de l’Oraison dominicale (Rica, nos182-186) Le terme « tradition » vient du verbe latin « tradere » qui signifie « transmettre ». Les traditions consistent donc à remettre aux catéchumènes les trésors de notre foi. « Les traditions visent à l’illumination des futurs baptisés. L’Église, depuis toujours, leur transmet avec amour les trésors qu’elle regarde depuis l’Antiquité comme l’essentiel de sa foi et de sa prière […]. En recevant l’Oraison dominicale Notre Père, ils prennent plus profondément conscience du nouvel esprit filial qui leur fera donner à Dieu le nom de Père, particulièrement au sein de l’assemblée eucharistique. » Rica, n° 175.
Prier « Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la Bonne Nouvelle, qui annonce le salut, et vient dire à Sion : “Il règne, ton Dieu !” » Is 52, 7.
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Joie « Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux. »
Matthieu 5, 1-12 Au fil du texte v. 1-2 Tout, dans l’attitude de Jésus, permet de penser qu’il va transmettre un message très important : il se met l’écart de la foule, attire ses disciples sur la montagne, le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu. Il s’assoit et il enseigne.
Mt 5, 3
Se mettre à l’écoute du texte des Béatitudes, de sa musique, de sa poésie. Découvrir qu’elles sont visage du Christ qui nous apprend à aimer, et qu’elles nous conduisent sur un chemin de bonheur et de libération : un chemin de salut ! Jésus nous a dévoilé, par sa parole et ses actes, qu’il rend présent le règne de Dieu. Maintenant il nous montre le chemin à faire pour entrer dans le Royaume. Ce chemin, c’est celui des Béatitudes.
Nous avons choisi de commenter la première et la dernière béatitudes : la première, d’une certaine façon, résume toutes les autres. La dernière est très différente par la forme. Elle interpelle directement les disciples. v. 3
Qui est, pour Jésus, le pauvre de cœur ?
Les pauvres tiennent une place importante dans la Bible. Sans ressource ou handicapés, ils sont nombreux à Jérusalem où ils se tiennent aux portes de la ville. Ils sont conscients de leur misère personnelle et savent demander à Dieu qu’il les délivre. Exclus et méprisés, humbles et pauvres, ils sont aussi peu « respectés » à cette époque, que des enfants. À eux aussi le royaume de Dieu appartient.
Pour préparer la rencontre
L’expression « pauvre de cœur » induit une autre dimension, celle de la pauvreté intérieure. Cette attitude spirituelle refuse de posséder toujours plus des biens et des personnes, refuse la volonté de puissance pour s’ouvrir à l’autre et à l’Autre.
Écouter et comprendre la Parole de Dieu
« Pauvres » et « doux » ont un sens très proche dans l’Évangile. Être doux, c’est faire le choix de la douceur dans sa relation à l’autre.
Mt 5, 1-12 Il est recommandé que l’accompagnateur lise le texte à haute voix au début de la rencontre avec le catéchumène.
Contexte Dans le chapitre précédent, Jésus inaugure le royaume de Dieu. Après avoir appelé Simon, André, Jacques et Jean, il se met en route et traverse la Galilée. Il s’arrête dans les synagogues pour proclamer la Bonne Nouvelle, et guérit malades, infirmes et autres possédés. Une foule considérable le suit désormais. Prenant de la hauteur et se mettant à l’écart de la foule, Jésus délivre aux disciples le premier des cinq discours que Matthieu attribue à Jésus. Il commence par les Béatitudes, et la suite en est le développement.
Cette pauvreté spirituelle et matérielle est un chemin privilégié pour accueillir le don de Dieu et son Royaume. C’est la seule béatitude au présent. C’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. 3-10 Les huit premières béatitudes sont à séparer de la neuvième et dernière. Elles sont en effet toutes à la troisième personne et encadrées par l’expression « Royaume des cieux ». Les quatre premières béatitudes (v. 3-6) rappellent que ceux qui s’ouvrent à Dieu avec humilité, confiance et refus de la violence, entreront dans le royaume de Dieu. Ce bonheur leur est promis ! Les quatre béatitudes suivantes (v. 7-10) portent plus sur l’agir et le comportement de l’homme. Celui qui pratique la charité est d’une droiture sans faille, travaille pour la paix et la justice. Le Royaume des cieux lui est promis ! Ainsi, chaque béatitude peut résonner pour celui qui se sent plus concerné par l’une ou l’autre.
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Rencontre 16 v. 11 La dernière béatitude tranche par l’utilisation de la deuxième personne. Elle s’adresse aux disciples et à nous de façon très directe ! Cette béatitude sonne comme une annonce de ce que va vivre le Christ : « Si on vous insulte », « Si on vous persécute », « Si on dit du mal contre vous à cause de moi… ». Le mot « heureux » qui précède résonne comme une provocation, en opposition à ce qui suit ! De quelle joie parle Jésus ? Jésus entrevoit-il déjà les difficultés de sa mission ? Perçoit-il que les disciples qui vont le suivre vont traverser eux aussi des épreuves difficiles en son nom ? v. 12a Quel contraste avec ce qui précède ! « Réjouissez-vous », « Soyez dans l’allégresse », « Votre récompense sera grande dans les cieux » : nous sommes clairement dans l’espérance et la joie de Dieu ! v. 12b Cette dernière partie peut être entendue comme une mise en garde. Ceux qui ont fait le choix de porter la Parole de Dieu aux hommes, les prophètes, l’ont déjà payé de leur vie.
Vivre une expérience spirituelle • Qu’est-ce qui me marque immédiatement dans le texte et me fait réagir ? • Ce chemin vers le bonheur paraît bien difficile… Quelles images spontanées me viennent pour évoquer le bonheur ?
Comprendre la liturgie Chaque année, la liturgie fait entendre les Béatitudes le 1er novembre, fête de la Toussaint. La Toussaint est la fête de tous les saints. L’Église honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui ont été de vivants et lumineux témoins du Christ. Cette fête rappelle à chacun qu’il est personnellement appelé à la sainteté. Le chemin pour s’en approcher est le chemin des Béatitudes.
Matthieu 5, 1-12 Voix d’Église Faire entendre l’appel à aimer. « Quand la pédagogie d’initiation conduit à la Parole de Dieu, elle fait rencontrer la figure du Père qui appelle à vivre selon la loi d’amour. Que ce soit au Sinaï dans le don du Décalogue, ou avec Jésus sur le mont des Béatitudes, Dieu se manifeste aux hommes en leur apprenant à aimer et en leur donnant la promesse d’y parvenir. En même temps qu’elle introduit les personnes à une vie de partage fraternel, qu’elle les aide à s’interroger sur leurs choix et décisions, sur la valeur des moyens qu’ils engagent et les conséquences qu’ils peuvent avoir, la pédagogie d’initiation doit enraciner la vie chrétienne dans la promesse qui donne à une vie chrétienne sa force et son dynamisme. » Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France, Bayard, Cerf, Fleurus-Mame, 2006, p. 56.
Prier « Écoutez intérieurement les Béatitudes, et vous les répétez dans la prière ; vous vous les récitez. Peu à peu, vous verrez que l’une d’elles va venir se poser sur vous. Vous ne l’aurez pas cherché, ce sera vraiment comme un cadeau de Dieu. […] Mais essayez d’avoir assez de patience et de silence pour comprendre quel cadeau vous avez reçu, et comment vous pouvez le partager aux autres. Un jour, vous vous direz : “Voilà, ma Béatitude ! Il y a beaucoup de choses que je n’ai pas, j’en suis triste parfois. D’autres vivent des passages de l’Évangile plus fidèlement que moi… Tant mieux pour eux ! Mais il y a une grâce, une parole de Jésus pour moi. C’est son cadeau !” […] Écoutez chacune des Béatitudes et demandez à Dieu qu’il vous montre votre grâce. N’ayez pas d’idées toutes faites, pas d’a priori ! La grâce désigne quelque chose de gratuit qui nous vient de Dieu. On n’a rien demandé, et tout à coup, comme un cadeau qui survient de manière inattendue, Jésus vous dira : “Regarde, tu vois bien que cette Béatitude est la tienne ; toute ta vie tourne autour d’elle.” Mais attention ! Un cadeau de Jésus, c’est aussi une responsabilité : c’est lui qui vous le dévoilera dans sa Parole. Et comme tout l’Évangile est contenu dans les Béatitudes, regardez-les de près. Et au jour qu’il voudra, sans vous avoir prévenus, Jésus vous dira : “Voici la pépite d’or d’Évangile que j’ai déposée dans ta vie !”. Catéchèse du cardinal Philippe Barbarin sur l’Évangile des Béatitudes, le 24 juillet 2009.
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Rencontre 16
Rencontre 17
Fra Angelico, Le Sermon sur la montagne, couvent San Marco à Florence (Italie), 1437.
Surabondance
S’approprier l’œuvre d’art
« Tous mangèrent à leur faim. »
Deux éléments frappent le regard dans ce tableau : les couleurs des vêtements et la lumière.
Lc 9, 17
Les couleurs des vêtements Fra Angelico a beaucoup utilisé de couleurs symboliques pour le Christ. Sa tunique rouge, couleur du sang, dit son humanité ; la couleur bleue de son manteau évoque sa divinité, ce bleu qui s’accorde lui-même à la couleur bleue du ciel. Tous les disciples sont marqués d’une auréole brillante, sauf un, porteur d’un halo noir représentant le diable ! C’est Judas, celui qui trahira Jésus. La lumière Le tableau est divisé en deux. La partie haute est sombre tandis que le rocher où sont assis Jésus et les disciples est lumineux. Notre œil glisse de haut en bas sur le tableau en passant par le centre géométrique, au niveau des genoux de Jésus. Jésus est en position de maître. Deux références à la Loi de la première Alliance sont représentées : la montagne, lieu où Dieu se dit, lieu du don de la Loi à Moïse, et le rouleau que Jésus tient dans la main. De la partie sombre du tableau se détache la main de Jésus, pointée vers le haut. Il enseigne à ses disciples le chemin du vrai bonheur.
Pour relire la rencontre Les Béatitudes sont à écouter, à recevoir, à méditer, à mettre en œuvre…
• Comment le catéchumène a-t-il reçu les Béatitudes ? • Qu’a-t-il découvert du bonheur à travers les Béatitudes ? • Sur quel chemin de rencontre de l’autre nous conduisent-elles ?
À travers le récit de la multiplication des pains, Jésus nourrit les foules. Par lui, avec lui et en lui, cinq pains et deux poissons deviennent nourriture pour tous. Comprendre que pour le Christ, il est vital d’être nourri de sa Parole et du pain partagé. Le thème de cette rencontre est à aborder en lien avec le don de la manne dans le livre de l’Exode : Dieu a nourri son peuple au désert après l’avoir libéré. Le pain donné traverse chaque fois l’histoire de notre relation avec Dieu. Le catéchumène entendra bientôt comment, lors de la dernière Cène, le pain rompu préfigure le pain eucharistique qui lui sera donné à la fin de son initiation. Le récit de la multiplication des pains est déjà une préparation à l’eucharistie, mais l’objectif n’est pas ici d’ « expliquer » le sacrement de l’eucharistie.
Pour vivre dans la durée le chemin des Béatitudes, il faut être nourri : cette nourriture, c’est Dieu seul qui nous la donne, et il nous la donne en abondance à partir du peu que nous lui apportons.
Pour préparer la rencontre Écouter et comprendre la Parole de Dieu Lc 9, 10-17 Cet épisode est raconté par tous les évangélistes (Mt 14, 13-21 ; Mt 15, 32-38 ; Mc 6, 30-44 ; Mc 8, 1-9 ; Lc 9, 10-17 ; Jn 6, 1-13).
Contexte Après avoir avoir prononcé son discours sur les Béatitudes, Jésus guérit et délivre du mal. Puis il envoie les Douze proclamer eux-mêmes le règne de Dieu et faire des guérisons.
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Rencontre 17
Luc 9, 10-17
Au fil du texte
v. 17
v. 10 Les Douze sont appelés apôtres en tant qu’envoyés de Jésus. Ils viennent de faire l’apprentissage de leur mission future et en rendent compte au Maître.
Douze paniers, comme douze apôtres ou douze tribus d’Israël. Rien ne doit se perdre. Les dons de Dieu ne se gaspillent pas. Surtout si d’autres ne mangent pas à leur faim…
v. 11
La présence de restes témoigne que le don de Dieu ne se limite pas à la scène décrite. Cela anticipe le don eucharistique et le partage d’une Parole qui, l’un et l’autre, ne s’épuisent jamais.
Jésus accueille, enseigne et guérit.
v. 12 Selon les apôtres, il faut renvoyer tout le monde, quitter ce lieu désert : il n’y a rien ici pour subvenir aux besoins des hommes.
Jésus a donné de la nourriture à tous. Son don est don gratuit et surabondant.
C’est la leçon que les disciples devaient apprendre. Jésus voulait leur dire : « Je m’en vais à la Croix. Vous qui me faites confiance, vous donnerez vous-mêmes à boire et à manger à ceux qui ont soif du salut. »
v. 13a Réponse surprenante ! Jésus sait très bien qu’ils n’ont ni provisions ni argent. Il veut les préparer intérieurement au miracle et les inviter à se mettre au service des autres.
Comprendre la liturgie
C’est donc maintenant qu’il faut agir : au renvoi voulu par les apôtres, Jésus oppose l’impératif du don.
Le déroulement de la messe comprend quatre grandes parties, qu’on appelle aussi des « liturgies » : la liturgie de l’Accueil, de la Parole, de l’Eucharistie et de l’Envoi.
v. 13b
Dans la célébration de l’eucharistie, le temps de l’offrande où l’on apporte un peu de pain et de vin signifie la participation des fidèles à l’offrande du Christ. La quête qui intervient à ce moment-là manifeste le souci du partage.
Contestation des disciples
Ils sont partis sur les routes crier la conversion, mais ils n’ont pas changé et restent incapables de donner. Jésus fait tout de même appel à eux pour l’aider à accomplir sa tâche. Il aurait pu le faire tout seul mais il ne l’a pas voulu et a choisi d’employer les disciples pour nourrir la foule affamée. Ainsi, les disciples doivent attendrir leur cœur et imiter Jésus dans sa compassion. Car c’est par l’amour du Christ passant dans les disciples que sa puissance pourra accomplir son œuvre parmi les hommes. La contribution humaine est nécessaire à l’œuvre de Dieu. v. 14-15 On ne partage pas un repas sans s’y préparer. On s’assied avec les autres pour partager le manque, devenant ainsi tous égaux, pauvres de la même manière et fortement unis. C’est en cela qu’on devient peuple de Dieu. Jésus fait de cette foule un peuple mis en ordre. v. 16 On notera le parallèle avec le récit de l’Eucharistie : Jésus prend ce qui lui est donné et prononce la bénédiction, partageant ainsi la vie qu’il reçoit du Père. Puis il rompt le pain et le donne.
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La préparation des dons, prière sur les offrandes
À l’offertoire, le célébrant dit : « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes, nous te le présentons : il deviendra le pain de la vie. » L’assemblée répond : « Béni soit Dieu maintenant et toujours ! »
Voix d’Église « […] Ainsi l’eucharistie, le “sacrement de l’autel” se dilate dans le “sacrement du frère”. La célébration liturgique de la présence du Christ au milieu de son peuple est inséparable du service du frère. Nul ne peut recevoir dans l’eucharistie le pain de vie sans partager son propre pain. Nul ne peut partager le banquet eucharistique sans être un homme de partage. Dans les premiers siècles, des fidèles apportaient au rassemblement eucharistique non seulement le pain et le vin nécessaires à la célébration, mais les richesses qu’ils voulaient partager, ainsi que nous l’apprend saint Justin : “Ceux qui sont dans l’abondance, et qui veulent donner, donnent librement chacun ce qu’il veut, et ce qui est recueilli est remis à celui qui préside, et il assiste les orphelins, les veuves, les malades, les indigents, les prisonniers, les hôtes étrangers, en un mot, il secourt tous ceux qui sont dans le besoin.” Ce “sacrement du frère” est donc un geste qui révèle que ce que nous faisons, c’est au Christ que nous le faisons ; un geste qui révèle que le Christ est présent dans l’autre, dans
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Rencontre 19
Jean 13, 1-15 1 Corinthiens 11, 23-26
S’approprier l’œuvre d’art Maître du Livre de Raison de Wolfegg, Retable de Spire, vers 1475-1480. Le Maître du Livre de Raison est un graveur allemand anonyme de la fin du xve siècle. Dans ces deux panneaux (« Le Lavement des pieds » et « La Cène ») on retrouve treize personnages : Jésus et les douze apôtres.
Bien que le décor soit celui d’une pièce de la maison, il ressemble étrangement à une chapelle.
Ici, le décor symbolise une église avec ses trois arcades aux trois colonnes, signifiant la Trinité. Le crépuscule apparait car nous sommes au soir de la veille de la Passion. On appelle « Cène » le repas du soir. À la gauche de Jésus, un apôtre aux mains jointes lui ressemble. Est-ce Thomas, qui signifie « jumeau » en araméen, ou Jacques, qui fut avec Pierre et Jean le témoin privilégié de la transfiguration du Christ ?
À droite de Jésus, Pierre, le regard fixé sur lui, a les mains croisées sur la poitrine, en signe d’obéissance.
Les disciples sont en prière devant le mystère qu’ils devinent. Ils sont pieds nus, attendant leur tour.
Au fond, deux disciples semblent échanger quelques remarques, et l’un montre la scène.
Pierre réagit au geste de Jésus en lui mettant une main sur le bras. Pour le retenir ?
Judas est le dernier assis sur le banc. Il n’a pas d’auréole et il n’est pas en prière. Il est vêtu de jaune selon la couleur habituelle attribuée au traître.
Au centre, Jésus est ceint d’un linge et à genoux devant Pierre. Il tend une main vers le pied de celui-ci, et de l’autre désigne le ciel. En Jésus, Dieu le Père vient s’agenouiller devant l’être humain et se met à son service.
Selon une iconographie très répandue, Jean enfouit son visage contre Jésus.
Deux apôtres se parlent, d’autres font silence.
La table est carrée, recouverte d’une nappe blanche. Les éléments du repas pascal y sont posés : du pain, des gobelets remplis de vin, une coupe en forme de calice à trois pieds, et enfin l’agneau nu. Celui-ci commémore chez les juifs le sacrifice d’un agneau dont le sang sera répandu sur les portes des maisons lors de l’exode. Pour les chrétiens, il symbolise le Christ sacrifié pour sauver les hommes du péché.
Les convives sont assis en cercle, sur des bancs, serrés les uns contre les autres. Leurs mains sont jointes dans la prière, ou délicatement posées sur le pain. Le cercle est brisé par Judas, assis sur une chaise.
Tous les disciples portent une auréole sauf Judas qui est séparé des autres. Il évite le regard de ses compagnons et ignore son voisin. Le corps tourné vers l’extérieur, il semble être sur le point de quitter le groupe. Son regard est concentré sur son long couteau et sa bourse remplie des pièces, signe de sa trahison.
Au premier plan, placée hors de l’estrade, une corbeille fermée. Que peut-elle bien contenir ?
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Jésus, vêtu de noir, porte une auréole crucifère avec trois fleurs de lys qui symbolisent sa royauté. Il est plus grand que les autres, le regard penché vers l’agneau. Sa main gauche (celle du cœur) est posée sur l’épaule de Jean, le disciple préféré, tandis que sa main droite touche l’animal.
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Notes personnelles
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Notes personnelles
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Achevé d’imprimer en mai 2016 par la Sepec (France). N° d’édition : 16148 Dépôt légal : juin 2016
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