ECHO FGTB
La lettre d’information des services d’études de la FGTB et des Interrégionales ne paraît pas en juillet et août
E.R: Jean-Marie De Baene • Rue Haute 42, 1000 Bruxelles Bureau dépôt: Bruxelles X
sommaire Numéro 09, novembre 2016
■ Economie Les syndicats belges transmettent leur propre analyse à la Commission européenne La FGTB ne soutient pas l’avis sur l’étude Elia du CCGE
■ Entreprises Les comités d’entreprise européens : le point après 20 ans d’application de la directive
■ Politique sociale Co-housing (habitat collectif) ne signifie pas nécessairement cohabitation
■ Ombuds social Le pouvoir disciplinaire exclut la qualification de la relation de travail comme contrat d’entreprise
■ Echo région Bruxelles Vers une politique de santé publique intégrée
■ Echo région Wallonie Analyse du budget initial 2017 de la Région wallone
■ Echo région Flandre Réforme du Fonds des navetteurs
■ Europe & Relations Internationales CETA Le rôle du dialogue social dans la coopération. L’exemple de l’action FGTB auprès de la BEI
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Budget 2017 : à nouveau une facture salée pour les travailleurs Le gouvernement Michel a communiqué ses plans budgétaires pour l’an prochain, avec plusieurs mesures structurelles en rapport avec les salaires et l’organisation du travail. Ci-après, nous reprenons les principales d’entre elles :
1. Les salaires seront bloqués de façon structurelle. Après des années de modération
salariale et un saut d’index, le gouvernement souhaite maintenant adapter la loi sur la formation des salaires (la « loi de 96 »). Le gouvernement souhaite ainsi cadenasser davantage encore nos salaires. Selon les premières simulations réalisées, il se pourrait bien qu’il ne soit plus question, dans les prochaines années, de négociations sur des augmentations salariales (hors index). Le gouvernement n’a pas non plus épargné les jeunes : le salaire minimum sera à nouveau plus dégressif (plus vous êtes jeune, plus il sera bas). Ce faisant, le gouvernement balaie du revers de la main les accords entre partenaires sociaux.
2. Moins de pension pour les travailleurs qui auront eu des moments difficiles pendant leur
carrière. Une nouvelle intervention lourde, après le relèvement de l’âge de la pension à 67 ans et le démantèlement du droit à la pension anticipée, aux RCC et emplois de fin de carrière. Concrètement : le travailleur qui, sur sa carrière, a été au chômage ou en prépension pendant plus d’un an, se constituera moins de pension pour les périodes en question (le calcul sera désormais basé sur le salaire minimum). Ceci vaut également pour tous les travailleurs qui sont déjà au chômage ou en RCC.
3. Nous devrons désormais non seulement travailler plus longtemps, mais aussi travailler de façon plus flexible. Les travailleurs pourront prester jusqu’à 100 heures supplémentaires en plus sur base ‘volontaire’, ils devront régulièrement travailler plus longtemps (avec l’étalement du temps de travail sur une année) et prester davantage de travail de nuit s’ils sont actifs dans le secteur de l’e-commerce.
4. Les soins de santé, à nouveau plus chers. D’importantes coupes sont réalisées dans
les moyens pour les soins de santé, ce qui aura sans aucun doute des conséquences sur la facture des patients et sur l’emploi. Pour les médicaments, les patients paieront en tout cas au moins 9% de plus de leur poche. Par ailleurs, vous devrez désormais avoir travaillé au moins un an (au lieu de 6 mois) pour avoir droit à une allocation d’incapacité de travail.
5. Une fiscalité juste : un concept qui n’est pas prêt de se réaliser ! Beaucoup de vent,
mais rien de très concret. La taxe sur les plus-values ne se réalisera pas (directement). Si elle devient un fait, c’est surtout pour combler le trou qui risque d’apparaître avec l’abaissement de l’ISOC. Toutes les institutions le reconnaissent (que ce soit la Banque Nationale ou la Commission européenne par exemple) : le tax shift n’est pas suffisamment financé. Le gouvernement n’en dit mot, mais il réduira certainement les déficits par une économie dans la sécurité sociale et sur le dos des services publics.
La parole est maintenant au Parlement. La majorité de droite devrait approuver les mesures dans les prochaines semaines. Les partenaires sociaux aussi auront encore un rôle à jouer: leur avis a été demandé sur l’avant-projet de loi sur la formation des salaires (‘loi de 96’) au CCE et sur la flexibilité du travail (travail faisable et maniable) au CNT. Comme ces lois sont surtout écrites à la mesure des employeurs, on peut déjà deviner le résultat. De même, les négociations pour un nouvel AIP s’annoncent particulièrement difficiles, avec une marge salariale qui, selon la loi salariale en devenir, sera quasiment nulle. Il ne nous reste donc plus qu’à mettre le gouvernement, le Parlement et les (fédérations d’) employeurs sous pression. Premier rendez-vous, le 24 novembre pour une manifestation du non-marchand. Deuxième rendez-vous le 28 novembre pour une mobilisation pour les pensions.