Syndicats #1 // 2022

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Syndicats #1 JANVIER 2022

MÉTIERS EN PÉNURIE

Les entreprises exigent beaucoup et offrent peu Face aux difficultés d’embauche dans certains métiers, la droite et le patronat ne cessent de stigmatiser les demandeuses et demandeurs d’emploi : pas assez volontaires, pas assez motivés, pas bien formés… Leur solution : davantage de contrôles et de sanctions.

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ourtant, à y regarder de plus près, ce ne sont pas les sans emploi qui manquent de motivation… Mais bien les entreprises ! La Cellule de lutte contre les discriminations (CLCD) de la FGTB wallonne et du CEPAG vient en effet de dévoiler les résultats de son étude, portant sur 2.639 offres d’emploi concernant 14 fonctions critiques ou en pénurie. Et ces résultats sont… déroutants ! On en parle avec Angela Sciacchitano, coordinatrice de la CLCD. Pourquoi cette étude ? Dans les médias, on entend de plus en plus parler de « métiers en pénurie ». Ces métiers pour lesquels on ne trouverait personne. Du coup, la droite et le patronat veulent accentuer les sanctions contre les demandeuses et demandeurs d’emploi. Regardez en Flandre : on en est même arrivé à l’instauration du travail obligatoire (dit « service communautaire »). En 15 ans, 550.000 sanctions et exclusions ont été prononcées dans le cadre des contrôles de disponibilité (dont 300.000 en Wallonie) et la limitation dans le temps des allocations d’insertion a entraîné 55.000 exclusions (dont près de 35.000 en Wallonie et une majorité de femmes). Pourtant, le nombre d’emplois non pourvus reste constant. C’est donc clair que la politique du bâton ne fonctionne pas ! On a donc voulu vérifier si le problème ne venait pas d’ailleurs…

Comment avez-vous procédé ? On a réitéré l’exercice qu’on avait déjà réalisé en 2017 : passer au crible des offres d’emploi pour des fonctions critiques ou en pénurie. Cette fois-ci, on a analysé pas moins de 2.639 annonces publiées sur le site du Forem durant le mois d’octobre. Elles portaient sur 14 fonctions critiques ou métiers en pénurie. Il faut remercier et saluer le travail de l’équipe de 18 volontaires — essentiellement des accompagnatrices et accompagnateurs sociaux* issus des cellules de reconversion — qui s’est attelée à décortiquer chacune de ces offres sur base d’un questionnaire identique. On a donc relevé les exigences des employeurs : expérience, formation, permis de conduire, obligation de postuler par mail… Ainsi que les conditions de travail proposées : durée et type de contrat, salaire, horaires…

Le constat est assez simple : il y a un profond déséquilibre entre les exigences des employeurs et les conditions de travail proposées

Quels enseignements en avez-vous tiré ? Le constat est assez simple : il y a un profond déséquilibre entre les exigences des employeurs, parfois démesurées et injustifiées, et les conditions de travail proposées. Si vous recherchez désespérément quelqu’un, logiquement, vous devriez être prêt à proposer des conditions attrayantes. Et ce n’est clairement pas le cas. 80 % des offres d’emploi en boulangerie exigent par exemple de l’expérience, ce qui exclut d’office les jeunes ainsi


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