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UNE PLAIE TROP SOUVENT OUVERTE
Pour certains jeunes, aller à l’école est un véritable calvaire. Ils sont les souffredouleurs, victimes de harcèlement, car ils sont trop grands ou trop gros, trop maigres, trop bons élèves ou trop stylés. Certaines victimes ont beaucoup de mal à faire face à leurs souffrances. Comment éviter d’en arriver à de la violence ? Quels sont les moyens mis en place pour aider les victimes et leurs parents à affronter cette souffrance ?
Eléments de réponse.
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C.H.
ON LES POUSSE DANS LA COUR, ON LES FAIT TOMBER, LE PIRE C’EST QU’ILS SONT FILMÉS ET ENSUITE MIS EN LIGNE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX !
Daniel Amouny Pr Sident Fcpe R Union
■ “ On a du mal à se rendre compte que ça ne va pas à l’école, les enfants parlent difficilement de leurs problèmes, ils ont peur que les choses s’aggravent ”, déclare Daniel Amouny, Président de la FCPE Réunion.
Un Ph Nom Ne De Groupe

“ Nous intervenons pour les parents auprès des directeurs d’établissement afin que des mesures soient prises pour que le harcèlement s’arrête et assurer la sécurité des enfants.
Et nous intervenons aussi auprès des mairies pour sécuriser les abords des établissements scolaires.

Il faut savoir que la plupart du temps, ce sont des jeunes qui sont dans des jeux, ils ne pensent pas aux conséquences de leurs actes.
Et puis, il y aussi le phénomène de groupe, les jeunes se laissent facilement entraîner, c’est pour cela que les parents doivent être vigilants ”.
NATHALIE* MÈRE DE RACHEL*, 15 ANS
■ Rachel a 15 ans, elle est en 1re année au lycée. La jeune fille a toujours été bonne élève. Si les premiers jours, les choses se passaient bien, rapidement la jeune fille s’est retrouvée être la cible de railleries, et une élève de sa classe en a fait son souffre-douleur. “ Elle n’allait plus en cours, traînait sur le parking en attendant l’heure pour entrer à la maison ; je n’en savais rien jusqu’à ce que l’école me prévienne.
Et puis, le 18 septembre, l’infirmière du lycée a téléphoné. Je devais venir chercher ma fille, j’ai appris qu’elle avait essayé de se suicider et qu’on avait retrouvé une lettre dans laquelle elle expliquait son geste ”. Ce jour-là, Nathalie découvre que depuis plusieurs semaines, sa fille est victime d’une élève de sa classe. Rachel est harcelée, se fait insulter, menacer et son nom est écrit sur les murs avec dessous l’inscription, “ p., s. ”
Les Comm Rages
VONT VITE
Avec les réseaux sociaux, les commérages vont vite. Rachel s’est retrouvée constamment montrée du doigt et à être traitée de tous les noms. Elle a tout enduré, jusqu’au jour où elle a voulu en finir. Nathalie a rencontré la CPE, puis l’infir- mière et enfin le proviseur. “ On m’a conseillé de voir un psychologue, on a sous-entendu que le problème de Rachel venait sûrement de quelque chose arrivé à la maison. C’est comme si on me disait que le problème de ma fille au lycée était de ma faute. Je ne me suis pas laissé faire. A force de me battre, la jeune fille en cause a fini par être renvoyée et Rachel a pu reprendre les cours, mais reste la peur que le cauchemar ne recommence ”. Aujourd’hui, Nathalie a l’impression de n’avoir pas été entendue. De statut de victime, sa fille Rachel a été désignée coupable.
SOPHIE* MAMAN DE FRANCIS*, 11 ANS