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10 - 17 février 2016
ACCORD DU 6 FÉVRIER POUR TROUVER UNE SOLUTION À LA CRISE
Haïti sous la menace d’un coup d’État parlementaire La Cour de cassation écartée… Une épée de Damoclès judiciaire sur sa tête, Privert se bat pour la présidence provisoire…
L'ex-président haiẗ ien René Préval (à gauche), le bienfaiteur de Jocelerme Privert, Cholzer Chancy, président de la Chambre des députés (au centre) et Jocelerme Privert, son successeur constitutionnelle- la veille de quitter définitivement Par Léo Joseph ment élu, Michel Martelly laisse la le Palais national, avec les deux nation à la dérive. Car loin de trou- présidents du Parlement, à toutes Ayant été acculé à laisser le pou- ver la formule idéale pour assurer les chances de déclencher un tsuvoir, le 7 février, sans passer la bonne gouvernance et la stabili- nami politique. Car, non seulel’écharpe présidentielle autour de té politique, l’accord qu’il a signé, ment les forces de la rue sont écar-
DANS LE CADRE DE L’AFFAIRE DU BATEAU D’ACRA
Le dossier Marc Antoine Acra remis à un juge d’instruction
D’autres personnes prévenues subissent des interrogatoires Par Léo Joseph
L’affaire désormais identifiée sous le vocable « le bateau d’Acra » impliquant le vaisseau battant pavillon panaméen ayant débarqué des dizaines des centaines de tonnes de cocaïne au Terminal Varreux, se trouve en phase d’instruction. Au moins deux des individus, dont les noms ont été liés à cette importante cargaison de drogue, ont des séances d’interrogation pour leur rôle présumé dans cette opération, qui allait rapporter des centaines de millions de dollars de profits. L’instruction se poursuit et il faut reconnaître que, plusieurs mois après l’arrivée du Manzanares au port, la justice haïtienne a mobilisé ses ressources pour déterminer les responsabilités des hommes d’affaires à l’origine de l’importation d’une si grande quantité de ces marchandes interdites, et dont l’ultime destination était les États-Unis et le Canada. Haïti-Observateur a appris,
d’une source proche du système judiciaire haïtien, que le juge Berge O. Surpris a été désigné
Marc Antoine Acra. pour assurer l’instruction du cas de Marc Antoine Acra, celui qui avait été identifié comme l’importateur des 660 tonnes de sucre que
transportait le Mansanares. Ces informateurs ont précisé que le prévenu aurait eu déjà plusieurs séances d’interrogatoire, après qu’il eut tenté, par personnes interposées, d’éloigner le magistrat instructeur des responsabilités qui lui ont été confiées dans ce dossier. Selon des témoignages émanés de sources crédibles, des «offres indécentes » auraient été faites au juge dont on n’a pu évaluer la capacité de résistance. On laisse croire que des rappels à l’ordre auraient été dirigés en direction du magistrat qui se serait trouvé très mal pris face aux pressions dont il était l’objet. On pense que les hésitations qu’auraient affichées Me Surpris, dans le cadre des dossiers d’hommes d’affaires impliqués dans l’affaire du bateau d’Acra, ont été dissipées, non seulement par des supérieurs dans la hiérarchie du système judiciaire, mais aussi par des Suite en page 2
tées du processus d’élection du chef de l’exécutif et de l’infrastructure administrative du pays, Jocelerme Privert, appuyé par de gros intérêts financiers, se bat du bec et des ongles pour se faire installer au Palais national. Surtout qu’après avoir tenté de se faire «consacrer » président d’Haïti par le président sortant, il redouble d’effort pour que se concrétisent ses ambitions.
Privert voulait se faire donner l’investiture présidentielle par Martelly En effet, dans l’optique des signataires de l’accord du 6 février, il
s’agit d’un blanc seing donné aux leaders du Parlement, dont la légitimité n’est toujours pas décidée, afin de se partager les attributions du pouvoir exécutif, en commençant par la présidence. Puisque dès les premiers moments des négociations qui devaient aboutir à cette entente, Jocelerme président, récemment élu président du Sénat, voulait se faire passer autour l’écharpe présidentiel par le président sortant. Dans sa jugeote, un tel geste l’aurait mis en position de revendiquer la présidence; ou bien de mener un combat à cette fin qui Suite en page 3
GRAND BANDITISME ET INSÉCURITÉ EN HAÏTI Un chef de gang proche d’Aristide, Amaral Duclona, rejugé en France
L'ex-président haiẗ ien Jean-Bertrand Aristide et Amaral Duclona au tribunal, en République dominicaine, en 2013. Un chef de gang de Cité Soleil du chef d’entreprise Claude Berproche de l’ex-président Jean- nard Lauture, en 2004, à Port-auBertrand Aristide, qui avait été Prince, après que la victime eut jugé et condamnée à 25 ans de été enlevée, puis séquestrée contre réclusion, pour enlèvement, sé- rançon. M. Lauture était assassiné questration et meurtre d’un entre- avant que la rançon demandée, preneur français d’origine haïtien- soit USD 100 mille $, ait été verne, est rejugé en appel, à partir de sée. Suite à son procès, en mai lundi (8 février). Son second pro2014, Duclona, que l’avocat gécès doit durer une semaine. Amaral Duclona, alias Ber- néral avait qualifié de « chef de thone Jolicœur, a été jugé l’année Suite en page 15 dernière, à Paris, pour le meurtre