Haiti-Observateur: Journal du 23 avril au 7 mai 2014

Page 1

Journal du 23 avril - 7 mai 2014 :hO 4/23/14 4:50 aM Page 1

ENglish PagEs :

3, 11

Kreyòl : Paj 6

haiti observateur

Fondé à New York, cet hebdomadaire est édité par la société Haïti-Observateur Group, Inc.

Lè manke gid, pèp la gaye !

VoL. XXXXIV, no. 18 New York : Tel : (718) 812-2820; •

www.haiti-observateur.net Haïti-Observateur P.O. Box 356237 Briarwood, NY 11435-6235 Tél. (718) 812-2820

haiti_observateur@yahoo.com

Montréal (514) 321-6434; • Port-au-Prince: (011 509) 223-0785 • Paris (33-1)43-63-28-10

New York: $1,00 Partout ailleurs : 1,50 $ Haïti: 20 gourdes Tél. (718) 812-2820 23 avril - 7 mai 2014

L’ÉTAT DES FINANCES D’HAÏTI JUGÉ EXTRÊMEMENT GRAVE

Le régime Martelly-Lamothe incapable de payer ses dettes courantes Par Léo Joseph Le cri d’alarme lancé par le président Martelly, l’autre semaine, aux Cayes, lors d’une tournée dans le sud avec un général américain, ne dit pas toute la vérité. Et la déclaration subséquente de chef du gouvernement, Laurent Salvador

Lamothe, faisant état de la disponibilité des fonds nécessaires au financement des projets arrêtés par son administration est également loin d’expliquer la vraie situation du pays. En réalité, l’État haïtien se trouve dans une impasse économique qui rappelle, selon des observateurs, les jours sombres de

Papa Doc. En effet, des économistes, tant haïtiens qu’étrangers, pensent que l’état des finances de la République devrait préoccuper davantage les autorités du pays, qui semblent banaliser la révélation faite aux Cayes par le président Martelly, révélation selon laquelle « les caisse

Visite de Michel Martelly à Taiwan

RECHERCHE DE NOUVEAUX SUBSIDES POUR CALMER LA CRISE FINANCIÈRE OU ÉVASION TEMPORAIRE ?

de l’État sont vides ». Plusieurs économistes qui suivent de près l’évolution de l’économie du pays estiment que les dirigeants ont pour obligation de dire « toute la vérité » au peuple haïtien. L’un d’eux, qui tient à garder l’anonymat, pense que l’ « économie du pays est totalement disloquée». Selon lui l’état de décomposition des finances d’Haïti est si avancée qu’il faudrait une infusion massive de capital, « pas moins de demi-million de dollars américains » pour éponger les dettes courantes a-t-il avance. Un chiffre additionnel d’un milliard serait nécessaire pour éviter que le pays ne soit revisité par cette même catastrophe dans les six mois qui suivent. La majorité des observateurs économiques croit que, vu le rythme des dépenses de l’équi-

pe au pouvoir avec une assiette fiscale qui ne tient pas la route, c’est l’unique moyen d’arrêter l’hémorragie qui affaiblit dangereusement un pays déjà connu pour ses maigres ressources. Des chèques émis sans provisions Pour se faire une idée plus ou moins objective de l’état du pays, il suffit de savoir que des fonctionnaires ont reçu des chèques pour s’entendre avertir de ne pas les présenter à la banque pour paiement, puisqu’« il n’y a pas de provisions». Selon des sources proches du Palais national et de la primature, les fournisseurs de l’État sont aux abois, car ne parveSuite en page 7

UNE LUTTE SANS QUARTIERS POUR ELIMINER L’ONA DE LA MICRO FINANCE

Bernard Degraff en butte à des secteurs financiers obscurs

Le president taiwanais Ma Ying-jeouen décorant son homologue d'Haiti Michel Martelly. Le président haïtien a laissé le pays dimanche, à destination de Taïpei, capitale de la République de Chine (Taïwan), dans le cadre d’une visite visant à renforcer les liens diplomatiques entre les deux pays. Effectué dans un contexte économique désastreux, ce déplacement est qualifié par plus d’un

d’évasion du chef de l’État, en butte à des critiques de toutes sortes ainsi qu’à des manifestations quasi permanentes. D’autres y voient une initiative de M. Martelly visant à mettre à l’épreuve la générosité des Taïwanais. Faute d’une aide urgente recherchée auprès des bailleurs de fonds tra-

ditionnels d’Haïti, et qui tardent à se manifester dans le sens souhaité par un Michel Martelly réduit à la mendicité, tout geste du gouvernement taïwanais serait le bienvenu. En effet, selon une note de presse diffusée par la présidence, à Suite en page 2

Bernard Degraff lors de sa convocation par le Parlement, le 4 avril 2013. microcrédit en Haïti. Le directeur de cette institution, Bernard (Collaboration Degraff, est soumis à une théraspéciale) pie de cheval par des interveLa crise sans précédent qui frap- nants aux bras longs qui veulent pe l’Office national d’assu- contrôler ce secteur lucratif par rances-vieillesse (ONA), depuis des moyens peu orthodoxes. tantôt quatre semaines, vire pra- Loin de s’entendre pour jouer le tiquement en lutte sans quartiers Suite en page 3 pour accaparer le secteur du


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Issuu converts static files into: digital portfolios, online yearbooks, online catalogs, digital photo albums and more. Sign up and create your flipbook.