#6 | votre magazine mensuel gratuit | février 2016
4 ÉLUS
EAU GUILLOT PERRUT EZ WAUQUI B COLLOM
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1 QUESTIO
BEAUJOLAIS? QUEL AVENIR POUR LE
SIGNALÉTIQUE BANDEROLES MARQUAGE VÉHICULES ENSEIGNES LUMINEUSES PA N N E A U X P U B L I C I TA I R E S F LY E R S - C A R T E S D E V I S I T E I M P R E S S I O N G R A N D S F O R M AT S FLOCAGE TEXTILE
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ÉDITO 2040, ODYSSÉE DU BEAUJOLAIS Le visage du Beaujolais en 2040 ? De la pure fiction ? Pas totalement. Le Syndicat Mixte du Pays Beaujolais (SMPB) s’est penché sur le futur du territoire. Cette antichambre de l’aménagement territorial connaît son job. Ses travaux servent de base aux futurs documents d’urbanisme. Le SMPB dessine ainsi quatre scenarii pour le Beaujolais en 2040 : un Beaujolais insulaire qui pourrait notamment trouver son autonomie économique dans la transition énergétique ; un Beaujolais ouvert, au coeur des réseaux institutionnels et entrepreneuriaux, qui tire parti de sa position géographique et de son attractivité touristique ; un Beaujolais plus métropolitain, qui s’inscrit dans le sillage économique de la Métropole de Lyon mais qui s’urbanise plus densément ; un Beaujolais « privatisé », à court de financements publics, qui donne les clés aux entreprises pour continuer son développement…. Vaste programme, comme dirait l’autre, où la clairvoyance et la collaboration entre élus, institutionnels, consulaires, entreprises, est le préalable nécessaire. Dans une lettre à son ami Renan, en date du 9 juillet 1866, Claude Bernard dépeignait le Beaujolais comme « un pays où l’on défriche même les buissons pour planter de la vigne. » 150 ans plus tard, quel avenir pour le Beaujolais ?
Directeur de la publication : Benjamin Solly Rédacteur en Chef : Benjamin Solly Journalistes : Benjamin Solly, Virginie Hofman Photographe : Michel Goiffon Commercialisation : Delphine Roybet (06 06 59 81 76), Aurélia Calzatti (07 70 67 01 57), Fabrice Rondepierre (07 82 87 20 25) Photographe ayant collaboré à ce numéro : Saby Maviel, JJ Gutin Création graphique : Direct & Création - 04 74 09 10 59 - Villefranche S/S Photo couverture : © Michel Goiffon Impression Lamazière Ne pas jeter sur la voie publique. La reproduction des textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro sont la propriété exclusive du magazine le Nouveau, une marque de la SAS le Nouveau au capital de 3.000 euros. RCS Mâcon 809.411.788. Elle se réserve tout droit de reproduction dans le monde entier. En cours d’immatriculation ISSN.
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D’abord le plaisir des yeux, la longue façade traditionnelle fait belle figure. A l’intérieur, un cadre chaleureux et joyeux rythmé par la cuisine sincère et authentique de Bernard Chemarin.
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SOMMAIRE
février 2016
INFOS Calade ........................................................................... 6
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Beaujolais ....................................................................... 8 Antoine Maillon
Éco................................................................................. 10 Culture / Loisirs .............................................................. 12
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DOSSIER Interview Wauquiez ................................................... .1 6 à 18 Interview Collomb ..................................................... .20 à 21 Interview Perrut ........................................................ .22 à 24 Quel avenir pour le Beaujolais ?
Interview Guilloteau ................................................... .26 à 29
DECOUVERTE/PORTRAIT Les Cuisines Bernollin invitent .......................................... 30
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Château de Bagnols
Château de Bagnols......................................................... 32 Fleuriste de Liergues ....................................................... 34
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en calade
FRANÇOIS MITTERRAND
Bientôt à la rue en Calade ? A l’occasion du centenaire de la naissance de François Mitterrand (26 octobre 1916), la section PS de Villefranche-Belleville propose de baptiser une rue de Villefranche du nom du 21e président de la République française. Pour ou contre ?
I
l y a loin de la coupe aux lèvres. Ou de la plaque émaillée au mur, c’est au choix. Mais la demande a bien été formulée par la section PS de Villefranche-Belleville, le 18 janvier dernier. « Les Socialistes demandent au Maire et au Conseil municipal de Villefranche de donner le nom de François Mitterrand, durant cette année du centenaire de sa naissance, à une voie publique ou plus largement à un lieu public choisi en fonction de l’ampleur de la personnalité qu’il convient d’honorer. » L’idée du siècle ? Du siècle dernier plutôt…
« L’abolition de la peine de mort et des tribunaux d’exception, l’instauration du pluralisme à la radio et à la télévision, la décentralisation démocratique, mais aussi les premières mesures contre le cumul des mandats, l’encadrement du financement de la vie
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©VINTAGE PRINT-1980
Car à débuter l’année en regardant si loin dans le rétro, on aurait tendance à oublier que l’avenir se dessine plutôt dans le pare-brise. Devant, pas derrière. D’autant que les enjeux territoriaux sont légion en Calade et en Beaujolais. Mais ne soyons pas si indécrottablement terre à terre. Prenons de la hauteur ! François Mitterrand aura laissé un puissant héritage à la République. C’est un fait indéniable. L’inventaire à la Prévert, partiel et partial, noircit d’ailleurs la majeure partie du communiqué du PS local qui, pour piqûre de rappel, cite pêlemêle :
André Poutissou, maire socialiste de Villefranche (1977-1989), aux côtés de François Mitterrand.
politique, l’égalité de salaires hommes-femmes, la réduction du temps de travail, ou encore la lutte contre le tabagisme, celle contre le racisme, les nouveaux statuts de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie, la dépénalisation de l’homosexualité… ».
L’ancien édile caladois, décédé en 2014, avait reçu l’hommage de la Ville de Villefranche en juin 2015 avec le dévoilement d’une plaque à son nom. La place André Poutissou est située au cœur de l’espace Barmondière.
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en calade
Un « bon président » pour 56% des Français
Concédons à François Mitterrand une amitié réelle et profonde pour le capitaine d’industrie Jean Riboud, qu’il visitait fréquemment en son Château de La Carrelle à Ouroux, dans le Haut-Beaujolais. Le monarque républicain avait également son rond de serviette au Château de Cormatin (71) dont les actuels propriétaires, Pierre-Albert Almendros et Marc Simonet-Lenglart, ont acquis depuis les murs de Fléchères (01). En 1973, c’est son fils Gilbert qui se déniaisait politiquement en Beaujolais en prenant la suppléance d’André Soulier, alors maire de VilliéMorgon et candidat aux législatives dans la 10e circonscription du Rhône. Pour le reste, difficile de trouver d’autres passerelles qui le relient au territoire. Tout s’est joué quelques kilomètres plus au nord, où François Mitterrand contribua à écrire plus encore sa propre légende, avec l’ascension annuelle et processionnelle de la Roche de Solutré pour la Pentecôte. Cet attachement à la
©DECLIC – ATELIER PHOTO - BDA SCIENCES PO BORDEAUX
Une empreinte profonde pour ses thuriféraires et des pourfendeurs qui tendent à s’adoucir. En effet, selon un sondage Ipsos publié début janvier, 56% des Français(es) sondé(e)s estiment que François Mitterrand aura été un « bon président. » Il ne s’agit pas ici de se substituer à l’Histoire pour juger de la trace qu’aura laissée le plus florentin des résidents de l’Élysée. Il s’agit plutôt de peser les éléments qui pourraient légitimer la demande du PS local. Le premier des présidents socialistes doit-il avoir pignon sur rue en Calade ? Était-il à ce point attaché à la capitale du Beaujolais et ses alentours ?
Danielle Mitterrand
Bourgogne, du mâconnais au clunisois, plutôt qu’au Beaujolais s’explique. Elle est le berceau des Gouze, dont Mitterrand épousa la fille cadette Danielle à Paris en 1944.
Le beau-père plutôt que le gendre ? Danielle Mitterrand née Gouze a, elle, bien connu Villefranche. Elle fut élève en Calade jusqu’à l’âge de 16 ans. En effet, son père Antoine Gouze a été nommé principal du collège Claude Bernard en 1937. « Chacun rêvait parce qu’elle était jolie
Au Petit Moulin Fati et Norbert Longefay vous accueillent dans un endroit chaleureux, à leur image. Laissez-vous emporter par des mets cuisinés avec raffinement et passion. Le chef vous invite à découvrir sa région natale au travers d’une cuisine Dombiste toute en finesse. En été, vous apprécierez tout particulièrement la terrasse fleurie, spacieuse et ombragée. Un couple, une histoire culinaire mais aussi une expérience, font de ce lieu, une étape incontournable de la gastronomie régionale.
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et que c’était la fille du principal », se souvient le journaliste Michel Aulas, évoquant dans les colonnes du Progrès « le passage ou le sourire » de la future Première dame de France. Au-delà des souvenirs fripons de l’auteur de L’Anthologie du Beaujolais, la trajectoire caladoise des Gouze, certes courte, restera liée à la grande Histoire. En effet, militant SFIO et laïc, Antoine Gouze fut révoqué par le régime de Vichy le 21 mars 1941 pour avoir refusé de livrer les noms des enfants et enseignants juifs de son établissement. A tout hommage caladois qu’il serait convenable de rendre, Antoine Gouze est à inscrire en haut de la liste. Devant son gendre. Pour ne pas être totalement à côté de la plaque.
RESTAURANT OUVERT
De novembre à mars : le midi, du jeudi midi au dimanche midi Le soir : vendredi soir et samedi soir
D’avril à octobre le midi, du mardi midi au dimanche midi Le soir : le vendredi soir et samedi soir
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beaujolais
SAINT-AMOUR Le road trip Beaujolais de Depardieu et Poelvoorde Saint-Amour ou l’histoire d’un père incarné par Gérard Depardieu qui entraine son fils (Benoit Poelvoorde) pour la première fois sur la route des vins afin de se rapprocher de lui. Un voyage initiatique dans les salles de cinéma à partir du 2 mars.
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’est à la fin du mois de mai 2015 que les deux trublions du cinéma ont débarqué en Beaujolais. Une semaine de tournage prévue entre Saint-Amour, Juliénas et Belleville où la bande d’épicuriens n’a pas dérogé à sa solide réputation. De L’Auberge du Paradis* (Saint-Amour) à La Terrasse du Beaujolais (Chiroubles). N’est pas Valérie et Cyril Laugier (photo 3) et Marc Rongeat (photo 4) ? « Nous sommes allés partout où il y a du vin. Tout ça en un mois, dans un taxi. C’était fatiguant,
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mais nous avons vu des endroits merveilleux, se souvient aujourd’hui Benoit Poelvoorde (photo 1), en pleine promo du film. Je n’ai jamais bu autant de vin, je n’ai jamais bu autant de pastis, c’est paradoxal. Enfin on a bu tout ce qui se buvait, j’avais une bouche qui allait sur tout. Et on a mangé comme je n’ai jamais mangé de ma vie. Et on a ri, on a ri, on a ri... Gérard est certainement l’homme le plus drôle que je connaisse. » Sous les traits du paternel, Gérard Depardieu évolue dans un rôle et un
univers cousus main pour l’acteur. Le chauffeur de taxi -élément majeur du film- qui balade sur les routes de France le binôme est incarné par Vincent Lacoste. Derrière la caméra, on retrouve le duo grolandais Gustave de Kervern et Benoit Délépine (photo 2) pour une fable poétique et initiatique à ne pas manquer. Le film, qui sortira dans les salles obscures le 2 mars, est projeté en avant première le 14 février au Cinémarivaux de Mâcon.
ELECTRO DREAM EN BEAUJOLAIS
Les têtes d’affiche de l’édition 2016 dévoilées Pour sa 4° Edition, l’Electro Dream en Beaujolais, qui se tiendra le 7 mai 2016 au Cuvage de Compagnons du Beaujolais à Lacenas, se met à l’heure internationale.
L
es organisateurs commencent à dévoiler le nom des artistes présents dans quelques mois sur la scène du Cuvage. La couleur est annoncée : des stars seront présentes dont la Djette Russe Olga Ryazanova et le DJ Anglais Danny’O. Originaire de Moscou, Olga Ryazanova est à l’heure actuelle l’artiste la plus dynamique de la scène électro. Elle se produit sur les 5 continents avec des sets endiablés et pleins de charme. Cette beauté russe saura comblée le public connaisseur de ce festival. Tous les étés, il fait chavirer Ibiza dans la folie de la fête. Danny’O est le résident du très célèbre Café Mambo où il partage l’affiche chaque année avec les David Guetta, Axwell et consorts. C’est une deep-house pleine de tendresse et d’émotion qu’il jouera dans le Beaujolais. Places en vente à partir de 31 mars 2016 dans les points de location habituels. Pour plus d’informations, consultez la page Facebook de Festiv Lacenas.
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beaujolais
© LE NOUVEAU
CHANU PLATRERIE PEINTURE
115 ans de chantiers en Beaujolais !
Trop rares sont les maisons qui savent perpétuer leur savoir-faire de génération en génération. Spécialisée dans le second œuvre, l’entreprise Chanu a pignon sur rue en Beaujolais depuis 1901. 115 ans d’expertise et quatre générations plus tard, la qualité est toujours au rendez-vous. « Nous avons toujours été là et nous sommes très attachés au Beaujolais. » Originaire de Marchampt, ses années lycée passées à Beaujeu, Sylvestre Montanteme est un entrepreneur militant. « Je crois qu’il est encore possible de faire beaucoup de choses en France, encore faut-il le vouloir et s’en donner les moyens. » Sa formule pourrait figurer au fronton de l’entreprise Chanu, tant elle illustre son état d’esprit volontaire et perfectionniste. Quand il reprend ce fleuron de l’artisanat local en 2004, c’est un autre défi que cet ardent défenseur du Beaujolais relève. Celui de pérenniser une entité centenaire, patrimoniale, sise dans la famille de son épouse Catherine depuis 1901. « Je venais du transport et j’ai appris le métier auprès de mon
beau-père. » Logisticien de formation, formé par les Compagnons du Devoir, Sylvestre Montanteme retrouve cet esprit de corps qui lui est si cher dans ses nouvelles activités. Forte de onze collaborateurs lors de sa reprise, l’entreprise Chanu compte aujourd’hui 19 professionnels salariés et 6 apprentis. « Transmettre notre savoir-faire aux jeunes apprentis, c’est aussi le cœur de notre métier », rappelle le gérant.
Interlocuteur unique et délais de livraison tenus Le savoir-faire ? « Le second œuvre. Plâtrerie, isolation, peintures intérieures et extérieures, faux plafonds et sols souples. » Qualifié Qualibat et RGE, en pointe sur les matériaux et l’expertise technique, l’entreprise Chanu se distingue également par son approche logistique. « J’ai travaillé longtemps sur les chantiers. J’adore ces ambiances. Sur un chantier, il faut d’abord apporter de la cohérence dans la maitrise d’ouvrage
entre les différents corps de métiers. C’est mon rôle. » Du « brief » matinal réalisé avec ses équipes au suivi journalier des chantiers, Sylvestre Montanteme connaît la valeur du terrain. Il l’arpente quotidiennement. Fort d’une clientèle fidèle (collectivités locales, entreprises ou particuliers), le spécialiste se démarque par la qualité du service proposé. La méthode Chanu ? Un interlocuteur unique, du devis initial à la livraison du chantier. « Au final, le client gagne en confort et en simplicité. » Sylvestre Montanteme fonctionne avec ses équipes comme avec sa clientèle. Sans intermédiaires. Ce rapport de proximité, de confiance, fait le succès de l’entreprise Chanu depuis maintenant 115 ans.
Infos pratiques Entreprise Chanu Plâtrerie – Peinture – Faux-Plafonds Sols souples – Isolation – Décoration 361, route de Champanard 69220 Saint Jean d’Ardières 04 74 66 15 16 - www.ets-chanu.com
De Claude Chanu à Sylvestre Montanteme (ci-dessus), les techniques ont évolué mais la qualité demeure.
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éco
Georges Blanc et Antoine Maillon
© ANTOINE MAILLON
ANTOINE MAILLON
De but en Blanc C’est à Vonnas (01), fief gastronomique de la famille Blanc depuis 1872, qu’Antoine Maillon a reçu l’équipe du Nouveau. Rencontre avec le Directeur Général du Groupe Georges Blanc et co-fondateur du réseau social LinkHospi.
S
on bureau n’est pas tape à l’oeil. Oubliées la moquette moelleuse et les fanfreluches ostentatoires. Non, le décorum est décidément modeste. Presque frustre pour un dirigeant. « Et s’il en était autrement, serais-je plus efficace dans mon travail », questionne habilement notre hôte dans un sourire désarmant. Ici, ce sont d’autres détails qui sautent aux yeux. Des photos sur papier glacé, encadrées au mur, où il figure aux côtés des Chirac, Clinton… Témoins glorieux d’une trajectoire professionnelle ascendante. « Ce ne sont pas des trophées mais ce sont assurément de bons souvenirs. » explique Antoine Maillon. C’est aussi une tradition chez Georges Blanc. Le vestibule du restaurant triplement étoilé est tapissé des portraits de plus d’une centaine de personnalités venues s’y restaurer. Lyonnais d’origine, formé au management à l’école hôtelière de Lausanne, Antoine Maillon a démarré son parcours professionnel sur les rives de Seine. Au ministère des Finances, dans le vaisseau de « Bercy », il est alors assistant à l’intendance d’un ministre du budget nommé Nicolas Sarkozy. Il apprend l’exigence sous l’égide d’Eric Vernon, qu’il suivra jusqu’à l’Elysée. Nous sommes en 1994 et le menu s’enchaine très vite. Club Med en gestion puis le groupe Paul Bocuse avant le plat de résistance. Antoine rejoint, en qualité de contrôleur de gestion, le Groupe Georges Blanc en 1999. L’un des fleurons de la gastronomie et de l’art de vivre à la Française avec ses 3 étoiles au Guide Michelin depuis plus de 35 ans et son Hôtel***** Relais & Châteaux ouvert en 1872. Il devient directeur financier, puis directeur opérationnel du groupe. Avant d’en prendre la direction générale en 2012. Il a 41 ans.
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LinkHospi, le « Facebook » des dirigeants de l’hôtellerie de luxe En 15 ans le Groupe Blanc a doublé en taille, CA et rentabilité, grâce notamment à cette paire gagnante. Ils renforcent leur maillage. Le Splendid à Lyon en 2001, puis 10 ans plus tard L’Embarcadère ouvre ses portes à Jassans-Riottier, sur les bords de Saône, en 2011. En 2012, Le Centre ouvre à Lyon. En 2013, ils reprennent l’ancien hôtel-restaurant Les Maritonnes de Romanèche-Thorins qui ouvre sous l’enseigne Rouge & Blanc (Bib gourmand 2015). En parallèle de cette aventure passionnante Antoine nourrit depuis 2013 un autre projet… « L’idée de LinkHospi m’est venue en lisant un entrefilet sur Air France dans un hebdomadaire. La compagnie s’intéressait au réseau social d’entreprise Yammer, à l’usage de ses pilotes, pour échanger des informations entre professionnels en restant dans un cercle
confiné. » L’homme confie la mise en œuvre du support digital à la société Acti. « Nous avions besoin d’un outil plus restrictif et moins généraliste que les réseaux sociaux professionnels classiques. » Le club numérique est ouvert exclusivement aux dirigeants hôteliers à la tête d’établissement de luxe arborant 4 étoiles minimum. Chaque inscription est gratuite et fait l’objet d’une modération humaine et personnelle avant acceptation, ceci afin d’avoir un réseau qui « colle » à la réalité du terrain. « Nous pouvons ainsi maintenir un haut niveau d’exigence. » Les références sont vérifiées et les parcours passés au crible. En quelques mois, LinkHospi s’impose rapidement comme l’outil incontournable de la profession avec plus de 2500 membres actifs. « Cela permet non seulement de mettre en réseau uniquement des dirigeants, mais aussi d’échanger sur nos propres problématiques », confie Christophe Chauvin, co-fondateur de Linkhospi et directeur général du Byblos de Saint-Tropez. La plateforme numérique permet également l’échange d’informations clés ou confidentielles, du profil des clients aux opportunités de poste pour les dirigeants au 4 coins du globe, en passant par des fournisseurs de qualité à se recommander. Cet extranet mondial du segment le plus haut de gamme de l’hôtellerie, a déjà donné d’autres idées à son créateur. En effet, LinkHospi pourrait ouvrir un moteur de réservation à l’image d’un « booking », les frais de commissions en moins à payer pour les hôtels mais en contrepartie un accueil VIP à l’arrivée pour les clients. La nouvelle plateforme pourrait être baptisée Gmbooking. A suivre.
X’TREME COLOR
Du nouveau dans la carrosserie
200 000. Ou le nombre de kilomètres qu’affichait le compteur de leur premier véhicule d’intervention. « Un vieux Vito d’occasion, on l’a gardé deux mois et demi », se marre encore Jerry Large. Nous sommes en 2007 et le carrossier-peintre s’embarque avec Christophe Goutay dans le projet X’Treme Color. De la retouche automobile en service mobile via un réseau de camionnettesateliers, outillées pour ce type d’interventions. « Les particuliers, les professionnels, les concessionnaires… Le carnet de commandes a commencé à se remplir rapidement. » Une flotte de Caddy Volkswagen estampillée X’treme Color remplace fissa les vieux utilitaires des débuts. Elle sillonne aujourd’hui toutes les routes de France. Car la petite affaire caladoise est devenu un réseau de franchises nationales. Jerry et Christophe n’ont rien laissé au hasard. En 2009, lorsqu’ils rachètent leurs locaux actuels à la CCI du Beaujolais, ils installent une offre d’atelier plus large. Ce qui ne peut pas être pris en charge par l’offre mobile
est réalisé sur place. Carrosserie, peinture, jantes, pare-chocs, rétros, baguette, poignées, vitres teintées… Le champ de compétence s’élargit, l’équipe aussi. Aujourd’hui, 14 professionnels pour le site de Villefranche dont 4 en offre mobile. « Nos maitres mots : qualité, rapidité, exigence. » Mais comment exporter le savoir-faire ? Quand la question du développement de la société se pose, ils font l’essai d’une antenne à Annemasse. Mais pour une affaire dont la force est justement la mobilité, la multiplication des structures est une fausse bonne idée. « Nous avons décidé de créer un réseau pour un développement plus rapide de notre marque, sans masse salariale trop lourde ni gestion de salariés, et bien sûr pour la rentabilité. Notre objectif était d’avoir entre 5 à 7 implantations annuelles et de couvrir le plan national. » Le lancement de la 20e franchise dans les Côtes d’Armor (22) est imminent. « Nous apportons une formation initiale de sept semaines en atelier pour une ou deux personnes maximum. Quand le concessionnaire est prêt, nous l’accompagnons pendant la première semaine dans son secteur pour l’assister dans ses
© MICHEL GOIFFON
Jerry Large et Christophe Goutay, les cofondateurs de X’treme Color, ne pensaient certainement pas que leur concept pour diviser par trois les coûts des travaux de carrosserie sur les véhicules ferait des petits dans toute la France. Retour sur une success story entrepreneuriale caladoise bien carrossée ! • Née en 2007
LA SOCIÉTÉ X’TREME COLOR EN CHIFFRES
• 2 cofondateurs : Jerry Large et Christophe Goutay • Capital de départ : 10 000 E • 14 salariés • 20 franchisés • 500 000 E investis depuis le début de l’activité (murs, matériels…) • CA 2014 : 946 300 E • CA 2015 (prévisionnel) 1,4 ME
démarches commerciales, les démonstrations. » A côté de leur atelier caladois de 700m2, c’est une nouvelle cellule de 350m2 que souhaite désormais acquérir X’Treme Color pour y implanter son pôle de formation à destination de ses futurs franchisés.
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culture
BENJAMIN BIOLAY
Le tropisme argentin
« L’élixir de la vieille Europe que l’on fantasme tous »
La sortie du 10e album du caladois Benjamin Biolay est prévue pour avril prochain. Une livrée intitulée Palermo Hollywood, enregistrée entre Buenos Aires et Paris, qui confirme l’attirance de GEOFFROY DE BOISMENU
l’artiste pour l’Argentine.
I
l adore cette folie créatrice. Cette effervescence. Ce bouillonnement qui baigne les rues de la bien nommée « Paris de l’Amérique latine. » Benjamin Biolay n’en est pas à son coup d’essai avec l’Argentine. Buenos Aires en particulier. L’artiste avait consacré à la capitale argentine une chanson éponyme dans son album La Superbe. C’est un des quartiers de la cité latine qui donne aujourd’hui le titre de son prochain opus, baptisé Palermo Hollywood. Les influences ? « Ennio Morricone, ballade française, néo cumbia, lyrisme et grand orchestre, percussions latines, rock “nacional ” et bandonéon électrique », détaille Barclay, sa maison de disque. L’aboutissement
12 | février 2016 |
d’une trajectoire qui a pris des accents hispanophones depuis plusieurs années. On le sait peu, mais Benjamin Biolay est une véritable star en Espagne et en Amérique du Sud. « Je me souviens de son concert à la Sala Heineken de Madrid en mai 2010, glisse Guillaume, un caladois alors expatrié dans la capitale espagnole. Autant les Français ont parfois mauvaise presse là-bas, du fait d’une certaine arrogance, autant Biolay est adoré. Ce qui passe chez nous pour de la nonchalance est ressenti là-bas comme de la simplicité, de l’authenticité. Vous auriez entendu la salle lors de son arrivée sur scène. La folie. Et les spectateurs ont fini la soirée à boire des coups avec Benjamin Biolay dans un bar voisin. Quel artiste fait ça aujourd’hui ? »
Lors de cette tournée 2010, clôturée par un concert à Villefranche, le chanteur avait déjà inclus dans sa feuille de route -en plus de Madrid- Mexico et Buenos Aires. Interrogé par Lyon Mag, le caladois confiait alors sa surprise et son bonheur devant l’accueil reçu. « Quand j’y suis allé la première fois, je pensais vraiment jouer devant cent expats français ou des gens de l’ambassade. Quand j’ai vu les 4 000 spectateurs, je me suis dit qu’il s’était passé un truc que je n’ai même pas pu supputer, et qui est impossible à imaginer quand on chante en français (...) C’est très étonnant. Mais ce sont de gros malades de culture française. Charles Aznavour fait 30 000 entrées là-bas. » Un enchantement puissant qui fait la magie de Buenos Aires. « Cette ébullition, ce dionysiaque perpétuel... Un peu de Rome, de Paris, de Madrid, beaucoup d’intellectuels. Il y a encore des existentialistes à Buenos Aires, dans les cafés. J’ai vu au festival de Bafici des films d’Alain Guiraudie présentés devant 4 000 spectateurs. C’est un peu l’élixir de la vieille Europe que l’on fantasme tous. » La toile de fond du 10e album de Benjamin Biolay est dressée. Une balade urbaine en 16 titres originaux, entre Paris et Buenos Aires, dans les bacs le 22 avril prochain.
Le Beaujolais, « un des plus beaux décors de la terre » Avant Buenos Aires, le chanteur avait chanté Villefranche dans son album Négatif. « J’ai figé le jour de mon départ. Je me suis barré à 14 ans, en me disant « je pars à Lyon, la musique, c’est là-bas. » C’est une chanson assez naïve, assez candide. Elle est vue à travers le prisme d’un enfant de 14 ans. » Sa terre natale, Benjamin Biolay l’adore. « Tu fais trois kilomètres à pied, et tu es parmi un des plus beaux décors de la terre. Le Beaujolais, c’est un truc de fou. Moi j’aime quand les gens me parlent comme ça de ma région. Quand ils y sont allés, se sont émerveillés de sa beauté. C’est indissociable de moi. »
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culture / loisirs
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sollicitées. La visite de paysages exceptionnels comme Porto, les calanques de Piana et une excursion en bateau ne devraient pas les laisser indifférents… Nous recherchons des partenaires afin de mener à terme cette merveilleuse aventure :
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ix jeunes de l’ITEP (Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique) Arc-enciel de Trévoux, accompagnés de 3 éducateurs, se sont lancés comme défi de partir en Corse aux vacances de printemps. Mais qui sont ces jeunes ? Tous âgés de 11 à 15 ans, ils présentent des difficultés psychologiques dont l’expression, notamment les troubles du comportement, perturbent la socialisation et l’accès aux apprentissages. L’établissement Arc-en-ciel a inscrit dans son projet institutionnel l’importance de ces camps de vacances. Ils viennent renforcer le travail de l’année et contribuent à apprendre ou ré-apprendre le vivre ensemble, le goût de l’effort, la gestion de la frustration et le rapport au cadre.
Voici donc cinq mois que ces jeunes travaillent à ce projet au travers de différentes actions. Ils ont organisé une tombola, participé à une vente de gâteaux et au marché de Noël développant ainsi leur créativité. Au-delà de l’objectif financier qui est de rassembler les fonds nécessaires, bien d’autres objectifs sont poursuivis. Il s’agit, en amont, de développer la capacité d’anticipation par opposition à l’immédiateté qui est une des caractéristiques du mode de fonctionnement de ces jeunes. Sur place, l’activité principale étant la randonnée (environ 20 kms/jour) chacun sera invité à se dépasser et à expérimenter l’entraide. Par ailleurs, leur curiosité et leur capacité d’émerveillement seront elles aussi
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• Partenaires Financiers : dons financiers, subventions… Vous pourrez alors bénéficier d’un avantage fiscal, de défiscalisation, ou d’une réduction d’impôts de 66% du montant de votre don qui vous sera accordée pour votre mécènat envers notre association (article 39.1 7° du CGI). • Partenaires Matériels : dons de matériels de randonnée, de chaussures • Promouvoir l’événement auprès de votre réseau professionnel Comment aider l’ITEP Arc-en-Ciel de Trévoux ? En envoyant vos dons ou en nous contactant à l’adresse ITEP Arc-en-ciel -projet corse445 allée du roquet, 01600 Trévoux
e futur du motocross s’écrira-t-il avec Dylan Chavagnat ? Vu le niveau du garçon, c’est fort probable ! Dylan a commencé le motocross il y a plusieurs années et gravit les échelons année après année. Âgé de 19 ans, il habite à Toussieu (01). Après de nombreuses victoires au niveau régional, il est monté sur la 3ème marche du championnat de France MX2 National en 2014 et sur la 2nd en 2015.Il aborde la saison 2016 comme un tremplin pour sa jeune carrière. Il visera avec son équipe TMX Compétition le titre dans le championnat National mais sera également engagé au championnat Elite et Europe. Il met en ce moment tout en oeuvre pour être à la hauteur de ses objectifs et alterne
Chantaloisir et sa troupe Coup d’Choeur vous présentent leur nouvelle Comédie Musicale baptisée Secrets de Gargouilles. Une fresque musicale ponctuée de chansons puissantes dans un décor somptueux... 90 chanteurs, danseurs et acteurs, tous costumés. Avec entre autres, des chansons de Laurent Voulzy, Céline Dion, Fréro Delavéga, Emmanuel Moire, Catherine Lara, Madonna, Florent Pagny, Michel Sardou ...
Secrets de Gargouilles Du 4 au 6 mars 2016 Salle Ansolia - Anse Réservations sur www.chantaloisir-coupdechoeur.com www.facebook.com/chantaloisir www.fnac.com / www.carrefour.fr www.francebillet.com ou au 0892 68 36 22 (0,34E/min)
entrainements physiques et roulage moto sous les conseils avisés de son coach Thibaut Mugnier. Pour continuer son parcours sportif prometteur, Dylan recherche des soutiens financiciers et logistique. Une enveloppe de 15 000 euros tout compris. Plusieurs actions ont été mises en place avec notamment une tombola, plutôt destinée aux particuliers, sur l’interface Leetchi.
Pour plus d’informations, contactez Jean-Dominique Bréchon - Sports et Loisirs à Moteur SARL - via l’adresse mail suivante : slmoteur@gmail.com | février 2016 | 13
N | DOSSIER n
quel avenir pour le beaujolais ?
L
14 | février 2016 |
a dernière étude de l’Insee
taux de chômage augmente et les navettes
publiée en septembre 2015
domicile-travail prennent de l’ampleur.
laisse clairement transparaître
Le Beaujolais se transforme ainsi d’un
un fort potentiel pour le
territoire rural et industriel en un espace
Beaujolais. « Situé au nord-ouest de Lyon,
périurbain, résidentiel et tertiaire. »
le Beaujolais est un territoire rural à la
Au cœur de la réforme territoriale,
population dense. L’urbanisation y progresse
ce territoire de 211 000 habitants
fortement sous l’influence de la métropole
(137 hab/km2) est à la croisée des chemins.
lyonnaise.
démographique
Faut-il prendre le sillage économique
rajeunit avec un solde naturel positif. La
de la puissante Métropole de Lyon, ou
population se renouvelle avec l’arrivée de
continuer d’affirmer une singularité
cadres et de professions intermédiaires. Les
locale ? Faut-il attendre sans réagir que
niveaux de revenus sont satisfaisants et le
l’Etat, avec ses projets de contournement
taux d’activité en croissance. L’appareil
autoroutier de Lyon et de doublement
productif repose principalement sur les
de la ligne TGV Paris-Lyon, défigure
services, alors que l’économie locale subit
le Beaujolais des Pierres Dorées ? Nous
d’importantes restructurations industrielles,
avons interrogé les principaux acteurs
notamment dans le secteur du textile.
politiques en prise avec ces questions.
La viticulture, activité emblématique
Pour le Nouveau, Laurent Wauquiez
du Beaujolais, reste prépondérante dans
(Région), Gérard Collomb (Métropole),
l’agriculture. Les créations d’emploi ne
Bernard
sont pas assez nombreuses pour absorber
Villefranche) et Christophe Guilloteau
l’augmentation du nombre d’actifs : le
(Nouveau Rhône) se mouillent !
Son
profil
Perrut
(député-maire
de
QUEL AVENIR POUR LE
BEAUJOLAIS ? Propos recueillis par Benjamin Solly / Photos : Michel Goiffon et DR
| fĂŠvrier 2016 | 15
N | DOSSIER n
quel avenir pour le beaujolais ?
LAURENT WAUQUIEZ
« Le Beaujolais est une fierté pour notre région » Confortablement élu président d’Auvergne Rhône-Alpes en décembre dernier, Laurent Wauquiez a pris les rênes d’une institution qui
annuel. Jackpot pour le Beaujolais ? Éléments de réponse.
Interview 16 | février 2016 |
Le Nouveau : Deux mois après votre élection à la tête de la Région, quels seront les premiers chantiers mis en place par votre nouvelle majorité ?
Laurent Wauquiez : La première priorité, c’est de remettre l’argent de la Région au service des projets concrets, utiles à nos territoires et retrouver de l’exemplarité dans notre gestion. Cela commence par un plan d’économies de 300 millions d’euros sur lequel nous travaillons avec les services, mais aussi par une baisse du train de vie des élus. Lors des deux premières séances, nous avons décidé plus de 27 millions d’euros d’économies, rien que sur le train de vie de la collectivité et des élus. J’ai notamment demandé aux élus de diminuer de 10% leurs indemnités. Parmi mes autres priorités, il y a la mise en place d’un programme « zéro charge » pour le premier emploi
“
Le Beaujolais peut devenir une vraie pépite en RhôneAlpes-Auvergne, une vraie locomotive… A condition qu’on y mette les moyens !
“
d’euros de budget
©DR
pèse trois milliards
crée, l’application de la préférence régionale dans nos marchés publics, le rétablissement des bourses au mérite pour les étudiants issus de milieux modestes et qui se donnent du mal, et enfin le renforcement de la sécurité dans nos lycées et dans les transports qui dépendent de la Région.
Vous avez fait le plein de voix dans les territoires ruraux. Les agriculteurs et viticulteurs attendent des résultats désormais… Moi-même élu d’un territoire rural, la Haute-Loire, je connais les attentes du monde agricole. Il s’est senti parfois abandonné par le précédent Conseil régional. La Région investissait ces dernières années de moins en moins pour soutenir notre agriculture alors que, paradoxalement, les besoins sont immenses en la matière. Je veux
Encore faut-il connaître avec précision les enjeux du Beaujolais pour s’y atteler… C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité être entouré de conseillers régionaux issus du monde agricole et notamment du Beaujolais. Avec le maire de Claveisolles Dominique Despras, que j’ai nommé Conseiller régional délégué, et le maire de Jullié Jérémy Thien, qui est Vice-président de la commission agriculture chargé de la viticulture. Le monde agricole du Beaujolais sera très bien représenté à la Région ! Je compte sur eux, et sur ma Vice-présidente à l’agriculture, à la forêt, à la ruralité, à la viticulture et aux produits du terroir, Emilie
Bonnivard, pour répondre aux attentes fortes d’un monde agricole qui mérite beaucoup plus d’attention et de respect que ce que lui a donné la Région depuis 10 ans.
Vous vous engagiez en septembre dernier, dans nos colonnes, à mettre en place un « plan de sauvegarde du Beaujolais en espèces sonnantes et trébuchantes avant juin 2016. » Où en est-on ? Je m’y suis engagé. Nous veillerons sur le Beaujolais. Le Beaujolais peut devenir une vraie pépite en RhôneAlpes-Auvergne, une vraie locomotive. A condition qu’on y mette les moyens, à condition qu’on mette sur la table des financements, à condition qu’on travaille sur des actions très
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Ce ne sont plus les agriculteurs qui décident mais des associations qui ne représentent qu’elles-mêmes et qui ne cessent de dicter leur volonté au monde agricole. Cela a trop duré !
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Par ailleurs, lors des séances de discussion à la préfecture ou des commissions, ce ne sont plus les agriculteurs qui décident mais des associations qui ne représentent qu’elles-mêmes et qui ne cessent de dicter leur volonté au monde agricole. Cela a trop duré. Il faut rendre la décision sur l’avenir de l’agriculture et de nos territoires ruraux aux agriculteurs et en particulier, dans le Beaujolais, à nos viticulteurs.
Source ministère de l’Intérieur
être clair : cela va changer. Toutes les aides de l’agriculture, et notamment celles du second pilier de la PAC, iront désormais bien à l’agriculture et qu’elles serviront à accompagner les agriculteurs dans des investissements qui permettent d’améliorer la productivité mais aussi le confort de travail.
UN BUDGET DE 3 MILLARDS D’EUROS
©DR
Le budget 2016 de la Région Auvergne-Rhône-Alpes devra être adopté au plus tard le 31 mai 2016. Pour donner un ordre de grandeur du futur budget, on peut rappeler les budgets qui avaient été programmés par les Régions RhôneAlpes et Auvergne pour l’année 2015. Le budget 2016 d’Auvergne-Rhône-Alpes, hors gestion des Fonds européens, devrait ainsi avoisiner les 3 milliards d’euros. En Rhône-Alpes, le budget 2015 s’équilibrait à 2,486 milliards d’euros. Parmi les principaux postes de dépenses, 632 M€ étaient consacrés aux transports, 594 M€ aux lycées et universités, 489 M€ à la formation professionnelle et à l’apprentissage, 181 M€ à l’économie et l’emploi, et 116 M€ à l’aménagement du territoire. En Auvergne, le budget 2015 s’équilibrait à 671 millions d’euros. Les grands postes de dépenses : 138 M€ pour les transports, 115 M€ pour la formation professionnelle et l’apprentissage, 97 M€ pour l’enseignement et les lycées, 55 M€ pour l’emploi et l’action économique, et 47 M€ pour l’aménagement du territoire.
| février 2016 | 17
N | DOSSIER n
quel avenir pour le beaujolais ? Le député Patrice Verchère et Laurent Wauquiez
Il faut absolument arrêter les absurdités avec lesquelles on est en train d’étouffer toute l’agriculture de notre pays, et notamment nos viticulteurs : on peut citer des exemples innombrables de normes en tous sens. On n’en peut plus ! Il faut retrouver un peu de bon sens et faciliter la vie et les démarches administratives de nos viticulteurs et de nos agriculteurs. Je sais pouvoir compter sur les agriculteurs et viticulteurs élus à mes côtés, pour être vigilants en la matière.
A l’ombre de la Métropole Lyonnaise, le Beaujolais peine à trouver sa place dans cette reconfiguration territoriale. Il est à lui seul un symbole de ces territoires interstitiels, passés de l’industrie au tertiaire avec une forte emprise agricole. Le Métropole ou mourir, c’est ça l’avenir du Beaujolais ? Bien sûr que non ! Le Beaujolais est une fierté pour notre région. D’ailleurs, Lyon peut-il rêver d’un meilleur écrin en plein cœur du nouveau territoire régional ? Le Beaujolais dispose de talents incroyables qui ne demandent qu’à s’exprimer, pour peu qu’on les accompagne. Lors de mes très nombreuses visites sur ce territoire, j’ai pu mesurer et apprécier les valeurs du Beaujolais et de ses habitants. Ce mélange de convivialité, de sens
18 | février 2016 |
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Le Beaujolais peut devenir une vraie pépite en Rhône-AlpesAuvergne
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Est-ce le début d’une simplification attendue des démarches administratives viticulteur/Région ?
©DR
concrètes, notamment en matière d’implantation des jeunes viticulteurs, de valorisation de l’oenotourisme et d’actions de communication. Je veux que nous puissions aussi travailler sur un certain nombre de problématiques techniques afin de faire avancer la profession. Je pense en particulier à la question des coûts de production, au palissage, au recalibrage des parcelles, à la promotion internationale, à l’évolution de la qualité ou encore à l’accompagnement vers la biodynamie. Les acteurs du Beaujolais ne doivent pas douter de la qualité de leurs produits. Je suis convaincu qu’ils correspondent de plus en plus à l’évolution du marché du vin.
du travail et de l’effort, de solidarité ou encore d’engagement – c’est une véritable richesse pour notre région. Avoir confié l’une des vice-présidences les plus importantes de la Région – les lycées – à une élue caladoise Béatrice Berthoux est un symbole fort. Le Beaujolais est donc bien représenté à la Région, et sa voix sera entendue
Laurent Wauquiez, à la fin de votre mandat, qu’aurez-vous changé pour le Beaujolais ?
traité par la Région dans le passé. Je compte bien rompre avec cette attitude et redonner au Beaujolais toute la confiance qu’il doit avoir en ses atouts. Mon vœu, c’est qu’à la fin du mandat, on puisse regarder le Beaujolais et se dire : « voilà un territoire qui, avec le soutien de la Région, a trouvé sa dynamique, son modèle, voilà un territoire qui a su avancer tout en restant fidèle à ses valeurs, à ses traditions. » n
Mon objectif, c’est qu’à la fin du mandat, en me jugeant sur mes actes, les habitants du Beaujolais se disent : oui, les choses ont vraiment changé. Le Beaujolais n’a pas toujours été bien
LE CALENDRIER DE LA RÉGION AUVERGNE RHÔNE-ALPES 31 MARS A cette date, la nouvelle assemblée régionale devra avoir établi son règlement intérieur. 31 MAI C’est la date limite d’adoption du budget pour les sept nouvelles Régions. Leur budget sera basé sur l’héritage budgétaire des anciennes régions.
1er JUILLET Le gouvernement a fixé à Lyon le siège provisoire de la nouvelle Région. Les conseillers régionaux devront adopter, avant le 1er juillet, une résolution relative à l’implantation du chef-lieu définitif de la Région et à l’emplacement de l’hôtel de la Région. Cette même résolution proposera le nom définitif de la Région.
1er OCTOBRE Le nom et le chef-lieu définitifs des sept nouvelles Régions seront fixés par décret en Conseil d’État avant le 1eer octobre 2016.
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quel avenir pour le beaujolais ?
GÉRARD COLLOMB
« Il n’est pas de forteresse beaujolaise »
Interview 20 | février 2016 |
Le Nouveau : Gérard Collomb, l’Agglo de Villefranche a intégré au 1er janvier dernier le Pôle Métropolitain que vous présidez. Est-ce le début d’une dynamique prospective entre la Métropole et le nord du Rhône, le Beaujolais en particulier ? Gérard Collomb : Les échanges entre la Métropole et le nord du Rhône existent déjà dans les faits. Il est ainsi beaucoup d’habitants du nord du Rhône à venir travailler à Lyon, et à faire vivre, par leurs dépenses quotidiennes, l’économie de ce
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Il y a des collaborations possibles avec le Beaujolais, il ne tient qu’à nous de les développer
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La Métropole de Lyon est souvent présentée comme un ogre territorial qui avale tous les capitaux sur son passage. Pourtant, l’Agglo de Villefranche a rejoint son antichambre, le Pôle Métropolitain, au 1er janvier 2016. Le début d’une marche forcée vers une métropolisation du Beaujolais ? Pour le président Gérard Collomb, c’est tout le contraire.
© BS
Gérard Collomb, Addicted to Beaujolais ?
territoire. Il est aussi des Lyonnais qui se rendent le week-end dans cet espace. Quant aux touristes qui viennent visiter Lyon, ils sont de plus en plus nombreux à faire une escale dans le Beaujolais. L’entrée de l’agglomération de Villefranche dans le pôle métropolitain est de nature à enrichir cette dynamique. Ensemble, nous allons pouvoir développer des actions dans les domaines du développement économique, des transports, de l’aménagement du territoire et de la culture. C’est une bonne chose pour nos deux territoires et surtout pour leurs habitants.
Il n’est pas de forteresse beaujolaise. Une étude que nous avons commandée à Laurent Davezies, grand spécialiste de l’économie géographique, montre même que 25% des actifs habitant Villefranche sur Saône travaillent à Lyon ! Les échanges sont donc riches et quotidiens. Pour le reste, nous avons d’ores et déjà un certain nombre d’actions communes. Je pense au jumelage des crus du Beaujolais avec les arrondissements de la ville de Lyon. Je pense aux campagnes de promotion touristique que nous effectuons à l’international : elles intègrent la proximité du vignoble du Beaujolais qui, dans des pays comme la Chine, bénéficie d’une réputation importante. Il y a donc bien des coopérations possibles, et il ne tient qu’à nous de les développer.
Vous évoquez des collaborations promotionnelles et la mécanique naturelle de mouvements de populations entre ces deux territoires. Mais le départ du siège social caladois de Blédina pour Limonest la métropolitaine montre que la concurrence est féroce en termes d’attractivité économique… Si la Métropole siphonne les gros porteurs entrepreneuriaux voisins, que restera-til donc à ces territoires interstitiels ? Le cas que vous citez n’est pas représentatif de la dynamique à l’œuvre. Quand l’on regarde au niveau global, on observe plutôt en effet un phénomène de « desserrement » de l’activité économique sur les pourtours de la Métropole. Notre agence de développement économique, l’Aderly*, propose d’ailleurs aux entreprises qui veulent s’installer une offre qui dépasse largement le seul territoire du Grand Lyon. Il n’y a donc aucune volonté de freiner le développement des autres territoires, bien au contraire.
Une viticulture qui souffre sur une réserve foncière convoitée, l’avenir du Beaujolais est-il de devenir à terme le futur dortoir de Lyon ? Comment voyez-vous le futur de ce territoire, en particulier s’il n’arrive pas à prendre le sillage de la dynamique métropolitaine ? Une des compétences du Pôle métropolitain, c’est l’aménagement du territoire. Et un des
© LYON PEOPLE
On a pourtant l’impression que les deux territoires, distants seulement de quelques kilomètres, se regardent en chiens de faïence. Quels sont les projets qui peuvent être portés à deux voix pour enfin sortir du phénomène de « forteresse » Beaujolaise ?
principes que nous avons de manière générale, c’est de préserver les espaces naturels et agricoles en évitant le mitage pavillonnaire. Quelle est la force d’une Métropole comme celle de Lyon par rapport à bien des autres métropoles en Europe ? Le fait qu’à 30 minutes de la place Bellecour, vous soyez en pleine campagne, le fait qu’autour de la ville il y ait des produits locaux de grande qualité. Cela, nous voulons le préserver et même le valoriser. L’avenir du Beaujolais dans la dynamique métropolitaine c’est précisément de cultiver ses atouts, qui, par contraste avec le cœur de ville, font qu’on aime tant cette région.
La Métropole se développe par le nord (Lissieu, Quincieux…). La suite logique, c’est Anse, Villefranche puis le Beaujolais… Etes-vous favorable à l’intégration de ces villes et territoires à la Métropole de Lyon ? La création de la Métropole qui, je le rappelle, correspond à la fusion de la Communauté urbaine et du Conseil général, constitue déjà un immense chantier qui va bien nous occuper dans les années à venir. Pour le moment, aucune extension n’est donc envisagée. Je crois en revanche que la formule du Pôle métropolitain, qui est légère, peut nous permettre de développer des actions très concrètes à moindre coût sans qu’aucun territoire ne perde son âme. C’est donc cette voie là que je souhaite privilégier. n
LE PÔLE MÉTROPOLITAIN, KÉZAKO ? Ne confondez pas la Métropole et le Pôle Métropolitain ! La Métropole est née le 1er janvier 2015. Elle est issue de la fusion du Grand Lyon et du département du Rhône, dont elle a repris les compétences, et s’étend sur tout le territoire du Grand Lyon qui regroupe 59 communes. Son budget 2015 avoisinait les 3,3 milliards d’euros. Outil coopératif, le Pôle Métropolitain est né à l’été 2012. Il regroupe alors le Grand Lyon ainsi que les trois communautés d’agglomération de Saint-Étienne-Métropole, du pays Viennois et du nord-Isère (CAPI). Cet espace de projets n’a pas de réel budget d’investissement et couvre uniquement ses frais de fonctionnement par la participation de ses membres. Le Pôle Métropolitain vise à engager une réflexion commune élargie sur le développement économique, la promotion de l’innovation, la recherche, l’enseignement supérieur et la culture et l’aménagement de l’espace. L’Agglo de Villefranche a rejoint le Pôle Métropolitain au 1er janvier 2016.
* L’Agence pour le développement économique de la région lyonnaise (Aderly) a été lancée en 1974 parle Grand Lyon, la CCI de Lyon, le Conseil général du Rhône et le MEDEF Lyon-Rhône. Le territoire d’intervention de l’Agence s’est depuis enrichi et élargi. Il inclut désormais la Métropole de Lyon, l’ensemble des territoires du département du Rhône, mais aussi le Parc Industriel de la Plaine de l’Ain, ainsi que la Communauté d’Agglomération des Portes de l’Isère, ViennAgglo et, depuis 2015, Saint-Etienne Métropole.
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N | DOSSIER n
quel avenir pour le beaujolais ?
BERNARD PERRUT
Interview 22 | février 2016 |
Le Nouveau : Un Beaujolais à la croisée des chemins, un voisin hégémonique nommé Métropole de Lyon... Comment réinventer le Beaujolais dans cette grande reconfiguration territoriale ?
Bernard Perrut : Chaque jour, tout est à réinventer pour imposer notre territoire dans cette nouvelle recomposition territoriale distinguant Métropole et Nouveau Rhône, au cœur de la grande Région Auvergne Rhône-Alpes. Villefranche est l’une des communes dynamiques du
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Je suis de ceux qui se battent pour que le Rhône soit un département avec sa propre CCI
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Alors que la reconfiguration territoriale bat son plein, Bernard Perrut demande plus de visibilité à ses partenaires, notamment le Nouveau Rhône. Au delà des escarmouches, le député-maire de Villefranche veut bâtir une relation « gagnant gagnant » avec Lyon et appelle à la mise en place d’un « pacte territorial pour la croissance, l’innovation et l’emploi » entre la Région, la Métropole, le Nouveau Rhône, les collectivités locales, les chambres consulaires et les organisations professionnelles.
© BERNARDPERRUT.COM
« Villefranche n’est pas une ville dortoir ! »
réseau des villes moyennes où elle tient toute sa place. Avec le territoire du Beaujolais - Val de Saône, elle est porteuse d’avenir en termes d’accueil de nouvelles populations et d’implantations d’activités, bénéficiant d’une situation géographique privilégiée sur un axe de communication Nord-Sud parmi les plus fréquentés d’Europe et à deux pas de Lyon. Nous mettons tout en œuvre pour que notre territoire soit connu et reconnu pour son rayonnement et ses atouts !
Perrut et Juppé, la rencontre “canon” du Beaujolais et du Bordelais
© MICHEL GOIFFON-LE NOUVEAU
fusionner avec un homologue voisin pour continuer à exister. Derrière cette réalité, c’est la future dynamique économique du territoire qui se dessine.
Concernant Blédina, nous avons obtenu du directeur général de Danone « l’engagement fort de Blédina aux côtés des habitants de Villefranche », avec un plan de transformation du site industriel et un investissement de plus de 12 millions e pour « un renouveau de l’usine » qui exportera dans plus de 20 pays les céréales infantiles dont les volumes supplémentaires conduiront à la création de nouveaux emplois. Ainsi l’entreprise, dont on craignait la fermeture il y a quelque temps, est confortée. On pourra continuer à travailler ici, au cœur de notre ville ! En revanche, le transfert du siège à Limonest est incompris, surprenant, inadmissible ! Le directeur de Blédina avoue s’être mobilisé pour qu’il ne rejoigne pas les autres sièges dans la région parisienne, mais que le cahier des charges ne lui a pas permis de rester sur l’agglomération car « la proximité géographique avec des
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Soyons forts et actifs, et nous serons respectés !
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Plus largement, les institutions politiques, économiques e t consulaires du territoire donnent l’impression de ne pas travailler de concert. Le départ de Villefranche du siège social de Blédina pour la Métropole (Limonest) en est l’avatar le plus marquant. Comment éviter demain ce type de déconvenues ?
entreprises innovantes, des start-up, des pôles d’enseignement supérieurs sont des éléments majeurs du cadre stratégique du projet de nouveau siège de Blédina ». Autant dire que les projets alternatifs locaux étudiés ne répondaient pas aux critères retenus par ce groupe international. Il s’agissait pour eux de se « rapprocher de l’attractivité de l’agglomération lyonnaise » à la demande de l’entreprise et des salariés. A l’avenir, il faudra qu’une stratégie de développement économique soit définie à une échelle plus large afin de jouer davantage sur les complémentarités de nos territoires, et je propose que soit établi un « pacte territorial pour la croissance, l’innovation et l’emploi » entre la Région, la Métropole, le nouveau Rhône, les collectivités locales, les chambres consulaires et les organisations professionnelles.
La question du maintien d’une CCI de plein exercice à Villefranche cristallise aujourd’hui cet enjeu. Il faudra, pour ce faire, augmenter la jauge de ses ressortissants avec a minima 10 000 entités immatriculées au Registre du Commerce et des sociétés (décret du 8 août 2015 – NDLR). La CCI Beaujolais en compte aujourd’hui 7 500 et devra
La réforme mise en place par l’Etat et les CCI a pour but d’avoir des organisations plus performantes, avec un nombre de ressortissants plus importants. Mais je suis de ceux qui se battent pour que le Rhône soit un département avec sa propre CCI et qu’il fasse entendre sa voix dans ce domaine important pour notre développement. Sans cela, le Conseil départemental pourrait disparaître ! Et en demeurant installé à Lyon, il ne facilite pas la lisibilité dont nous avons besoin pour affirmer le Nouveau Rhône !
Selon vous, faut-il regarder du côté de l’Ain ou de la Métropole de Lyon pour trouver les dynamiques économiques ? J’ai répondu clairement : il faut déjà une lisibilité du Nouveau Rhône ! Etre avec l’Ain relève d’une autre démarche géographique Est-Ouest, qui peut trouver aussi une logique par le développement économique de part et d’autre de la Saône qui ne doit pas être une frontière. Nous devons renforcer nos liens avec les communes de la côtière. Et notre CCI du Rhône pourrait justement s’étendre à une partie de l’Ain. L’économie et l’emploi n’ont que faire des limites administratives et ce qui compte, c’est l’efficacité ! Je fais confiance aux acteurs économiques pour trouver la meilleure solution.
La Métropole de Lyon est devenue le gros porteur économique du territoire et tend à faire le vide autour d’elle. Existe-t-il d’autres choix pour Villefranche -et plus largement pour le Beaujolais- que de la rejoindre à terme ? Il n’est pas question de rejoindre la Métropole. Quel en serait l’intérêt ? Villefranche n’est pas une ville dortoir, bien au contraire, et les nouveaux arrivants apprécient une cité dynamique par ses services à la population, de la petite enfance aux personnes âgées, pour le sport et la culture, de nombreuses associations et des événements ! Notre ville est bien gérée, n’augmente pas ses | février 2016 | 23
quel avenir pour le beaujolais ?
taux d’imposition, et demeure à taille humaine. La proximité et l’efficacité dans la gestion sont pour moi des priorités. Villefranche et le Beaujolais ne veulent pas perdre leur âme dans une grande entité ! Invité à m’exprimer lors du Congrès des Villes de France, j’évoquais pour ma ville l’ambition qui doit être la sienne à quelques pas de la métropole. Et pour cela, elle doit exister et s’affirmer. Lyon est pour nous un atout et nous devons nous développer dans le cadre d’une relation gagnantgagnant ! Dans le même temps, Villefranche doit véritablement jouer son rôle de ville-centre au cœur de la nouvelle agglomération, regroupant 21 communes, car ce nouveau territoire ne peut exister que grâce à ses complémentarités. Et nous travaillons à un projet de territoire qui permettra de nous fédérer autour de grands enjeux, tels le développement économique et les déplacements, le cadre et la qualité de vie.
Le loup et l’agneau relèvent de la fable. Et faut-il vouloir être mangé ! Le repli sur soi n’est jamais bon, et ce n’est pas en Beaujolais dont les vins ont su conquérir le monde qu’on dira le contraire ! Seuls les faibles ont peur de l’avenir, et il nous faut de l’ambition pour notre territoire. Soyons forts et actifs, et nous serons respectés !
Au-delà des atouts de ce territoire Beaujolais, on sent une défiance, parfois dogmatique, à l’égard du voisin lyonnais. L’histoire l’explique, mais l’économie n’impose-t-elle pas de revoir cette position de la « forteresse beaujolaise » ? L’ h i s t o i r e explique des comportements qu’il faut faire évoluer car, encore une fois, les frontières administratives n’ont pas
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Villefranche et le Beaujolais ne veulent pas perdre leur âme dans une grande entité
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N | DOSSIER n
contraintes et les atouts, mais aussi les opportunités, les menaces et les points de vigilance pour l’avenir. Vastes sujets qui nécessitent d’identifier tous les potentiels, de définir des stratégies de développement et d’envisager des scénarii qui nécessitent des études approfondies avant toute décision.
Pour continuer à dessiner le futur du Beaujolais, aurez-vous plus de poids politique si vous gardez la Ville de Villefranche ou la circonscription du Beaujolais en 2017 ? Avez-vous déjà tranché cette question ? Je mesure combien la complémentarité des deux mandats est naturelle et essentielle car elle permet de bien connaître les besoins, de développer des projets et de se battre au niveau national pour obtenir des soutiens et des aides
Le Pôle métropolitain, ce n’est pas la Métropole ! C’est un mode de coopération sur des sujets qui concernent un large territoire, et non un abandon de compétences ou de souveraineté territoriale. C’est un outil dont nous ferons ce que nous en voulons en matière de développement économique, d’enseignement supérieur, de transport, de tourisme, de culture ! On ne peut ignorer ses voisins et encore moins refuser de bénéficier de leur attractivité et de leur dynamisme, et nous avons de nombreux atouts à faire valoir. N’oublions pas les vins et terroirs de notre belle région beaujolaise !
Certains estiment qu’avec ce choix, on fait rentrer le loup lyonnais dans la bergerie beaujolaise. C’est ce que sous-entendait le président du nouveau Rhône Christophe Guilloteau dans les propos qu’il nous a tenus. Quel est votre sentiment ? 24 | février 2016 |
© MICHEL GOIFFON-LE NOUVEAU
Présidée par Daniel Faurite, L’Agglo de Villefranche, en charge du développement économique des 21 villes qui la composent, a d’ores et déjà rejoint depuis le 1er juillet le Pôle Métropolitain (voir encadré p.21). Le mouvement est inéluctable ?
de sens quand on parle économie, emploi, culture, équipements... Nous devons développer des relations constructives avec la Métropole de Lyon. Ne pas se faire absorber, se faire respecter et collaborer dans l’intérêt de notre territoire, tels sont mes objectifs ! Une réflexion prospective sur l’aménagement du territoire a été organisée par le Syndicat mixte du beaujolais qui ressemble cinq intercommunalités du pays Beaujolais. Le but est justement de pouvoir connaître les dynamiques, les
financières. Vous me permettrez de prendre comme exemple les moyens obtenus pour avoir un hôpital efficace et en pleine évolution, ou bien encore mes interventions dans les débats à l’Assemblée pour défendre notre région et encore récemment le Beaujolais. Sept jours sur sept, sans relâche, je me consacre à ma mission, soucieux d’être à l’écoute de tous, réactif et mobilisé pour défendre ma région avec énergie et confiance en son avenir ! n
CCI DU BEAUJOLAIS
Vouée aux gémonies si elle ne dépasse pas la barre des 10.000 ressortissants, sans visibilité départementale depuis la mise en place du nouveau Rhône, la chambre consulaire de Villefranche est une victime collatérale de la réforme territoriale. Quel avenir pour la CCI du Beaujolais ? La parole est donnée au président de la CCI de Villefranche et du Beaujolais, Noël Comte.
N
otre CCI de proximité dispose d’une offre de service qui va bien au-delà des seules attentes de la ville-centre qu’est Villefranche et son Agglomération, au-delà même des attentes du seul territoire du Beaujolais. Elle est notamment propriétaire et gestionnaire de l’aérodrome VillefrancheTarare à Frontenas, propriétaire exploitante de ParcExpo, gestionnaire du Port de Villefranche, propriétaire – aménageur de zones d’activités à la demande des communes ou des communautés de communes soucieuses de régénérer leur offre d’accueil d’entreprises ; propriétaire et gestionnaire du Centre de Formation continue, sans oublier le Centre de Formation par l’Apprentissage qu’elle copilote avec la CMAR. Les recettes issues des activités énoncées représentent les deux-tiers de son budget 2016. Alors, pourquoi vouloir la faire disparaître par la seule application d’une disposition aveugle prise « hors sol » sans considération aucune de la réalité ? Parce qu’à défaut de savoir mesurer la performance intrinsèque, les services centraux de l’Etat depuis Paris
©CCIDUBEAUJOLAIS
La mise au point de Noël Comte
ont placé le couperet à 10000 entreprises ressortissantes, tandis que nous en comptons 7770 à fin décembre 2015 en croissance régulière. C’est probablement un non-sens au 21ème siècle, à l’heure du libre exercice des talents sans frontière, à l’heure aussi où l’argent public manque cruellement, de voir que l’on fait encore grossir des structures omnipotentes au lieu de faire grandir des initiatives productives. Une affaire de lobbying, peut-être ! Il est inconvenant de vouloir construire des CCI « face » à leur territoire et leur gouvernance, Métropole ou Pays, mais bien « au service », donc dans le format d’un juste équilibre bien compris, certes parfois difficile à construire mais ô combien passionnant à faire vivre. Alors, pour la CCI du Beaujolais. Oui au conventionnement avec la CCI de Lyon sur l’Innovation parce que les laboratoires ont leur place au cœur d’une métropole et les unités industrielles qui mettront ces innovations en œuvre trouvent naturellement la leur au sein d’espaces de moindre densification urbaine. Oui au conventionnement à l’International avec la CCI de Lyon, tête de pont sur les marchés lointains, avec l’équipement aéroportuaire de Saint-Exupéry notamment. Oui au conventionnement avec la CCI de l’Ain, parce que les écosystèmes de ces deux
territoires maintenant interconnectés ont des similitudes évidentes, avec des villes-centres – Villefranche et Bourg-en-Bresse – qui sont d’une taille comparable, avec un espace rural affiché et assumé. Oui à l’évidence du marché de proximité puisque le Port de Villefranche que gère la CCI du Beaujolais génère les deux-tiers de ses flux avec des industriels implantés dans l’Ain. Non à l’amalgame métropolitain sans distinction, parce qu’il gomme les différences qui font justement la richesse de notre belle et grande région ; parce qu’il uniformise jusqu’à l’appauvrissement des territoires les plus excentrés ; alors que nous devons nous attacher chaque fois que possible à recréer des polarités, qui participent à renforcer l’attractivité locale. S’il est une anomalie, voire une hérésie, complètement incomprise de la population, des entrepreneurs, et de nos partenaires extérieurs, c’est la définition ou pire la « nondéfinition » du département du Rhône. Si le « nouveau » Rhône est réellement un département de plein exercice, il doit être doté des équipements et des services dont sont dotés les autres départements…N’at-on pas pris en haut lieu les dispositions utiles pour doter ainsi Mayotte, le dernier département inscrit dans le paysage français ! Mais peut-être, la partition Nouveau Rhône / Métropole est-elle écrite comme une symphonie inachevée qui passera elle aussi les siècles. La CCI du Beaujolais sous une forme ou une autre, demain comme hier, sera animée par la volonté d’entrepreneurs soucieux de préserver les atouts de leur territoire et d’inciter les collectivités à préparer l’écrin qui accueillera les pépites entrepreneuriales qui candidateront à l’implantation en territoire Beaujolais Val de Saône, qui n’a nul besoin d’étaler des subventions pour attirer, mais seulement de tenir le cap sur le niveau de ses infrastructures et de ses équipements pour le bien-être de ceux qui choisissent de venir y créer la richesse pour tous. Noël COMTE, Président de la CCI de Villefranche et du Beaujolais Le 3 février 2016
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quel avenir pour le beaujolais ?
CHRISTOPHE GUILLOTEAU
Interview 26 | février 2016 |
Le Nouveau : Christophe Guilloteau, vous présidez depuis près d’un an le département du Nouveau Rhône qui présente une incongruité : son siège, hors-sol, a été maintenu à Lyon. Un bien mauvais signal pour nos territoires, Villefranche en particulier ? Christophe Guilloteau : Nous sommes restés à l’Hôtel du Département de Lyon pour plusieurs raisons. Le Département est déjà propriétaire des murs qu’il occupe. Ensuite, lors de la mise en place de la réforme territoriale entre la Métropole et le nouveau Rhône, le personnel a fait le choix de rester sur place. C’était une exigence des syndicats. Déplacer le siège du Nouveau Rhône
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Cela n’aurait peut être pas fait plaisir à Michel Mercier que Villefranche prenne une si grande place dans cette nouvelle reconfiguration territoriale
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Il a commencé sa carrière politique comme conseiller municipal de Belleville en 1983. Le Beaujolais, il le connaît par cœur. Élu président du nouveau Rhône en mars 2014, Christophe Guilloteau est aujourd’hui aux manettes d’une collectivité qui a vu son champ de compétences s’amoindrir, son budget fondre et sa géographie se restreindre. Alors pas de miracles en vue - « Je ne suis pas l’évêque de Lourdes » - mais un bon sermon. Amen ?
© DÉPARTEMENT DU RHÔNE JJ.GUTIN
« Il faut arrêter les guerres picrocholines en Beaujolais »
aujourd’hui, c’est une fausse bonne idée. Un nouveau siège, c’est 80 millions d’euros minimum et je ne les ai pas dans ma musette !
Et pourtant le député-maire caladois Bernard Perrut nous glissait qu’en « demeurant installé à Lyon, le Conseil départemental ne facilite pas la lisibilité dont nous avons besoin pour affirmer le nouveau Rhône. » Vous êtes d’accord ? Dans ce cas, il fallait agir en amont en l’incluant dans la loi. Il aurait fallu mettre dans le texte que le lieu d’implantation du Conseil départemental était Villefranche. Cela n’a pas été le cas.
Je vous rappelle que nous sommes dans l’opposition. Ce sont Michel Mercier et Gérard Collomb qui ont fait ce texte. Et celui qui avait la main au ministère de l’Intérieur s’appelait Manuel Valls.
Michel Mercier était lui aussi dans l’opposition et vous concédez pourtant qu’il a eu une grande influence sur ce texte… (Il coupe) Cela n’aurait peut être pas fait plaisir à Michel Mercier que Villefranche prenne une si grande place dans cette nouvelle reconfiguration territoriale.
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Pourquoi ne pas imaginer implanter une agence de la Poste dans une Maison du Rhône pour remailler les territoires en services publics ?
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Vous êtes tous deux députés, pourquoi ne pas avoir au moins tenté d’amender le texte de loi pour contraindre cette implantation caladoise ?
Vous connaissez bien ce territoire du Beaujolais pour y avoir débuté votre carrière politique comme conseiller municipal de Belleville, quel est votre diagnostic du territoire ?
Pouvez-vous étayer votre métaphore ? La méthode de la forteresse beaujolaise a fait son temps. Il faut créer des passerelles, des relations entre le nord du département et le mastodonte métropolitain. Être dans une défiance perpétuelle avec Lyon, c’est totalement contre-productif.
Pourtant, vu du Beaujolais, Lyon, c’est l’ogre territorial… Je comprends ce ressenti. Gérard Collomb a une chance extraordinaire. Il a l’Aderly, la Ville de Lyon, une CCI qui lui picore dans la main, la Métropole… Et il a été suffisamment malin pour créer le Pôle Métropolitain que certains élus du Beaujolais ont rejoint (L’Agglo de Villefranche a rejoint le Pôle Métropolitain au 1er janvier 2016 – NDLR)…
Je ne suis pas dogmatique. Mais je ne veux pas non plus qu’on vienne chercher sur le Nouveau Rhône le beurre, l’argent du beurre et les cuisses de la crémière…
Vous évoquez ici, à mots couverts, des situations comme le départ de Blédina de Villefranche pour la Métropole (Limonest) ? (Il coupe) Parce que certains n’ont rien fait. Ce n’est pas le tout de vouloir garder ses entreprises, il faut aussi leur proposer les outils pour rester. Il y avait du foncier disponible à proximité
de l’A6. Il vaut de l’or ! Que cela n’ait même pas été mis en avant, je vous avoue que ça m’interpelle. Blédina n’a pas découvert le site de Limonest en passant devant par hasard. Derrière, il y a la main active de la Métropole et de l’Aderly.
L’Aderly que vous financez pourtant à hauteur de 300 000 euros pour la période 2015-2017… C’est totalement schizophrène, non ? Certes, nous avons un contrat, renouvelé par la précédente majorité lors de sa dernière séance en février 2015. Ce contrat n’ira pas à son terme. Je souhaite que le Nouveau Rhône sorte du budget de l’Aderly. Je n’en ai pas pour mon argent. Je n’en ai pas pour 300 000 euros. On vient me piquer des entreprises pour les réimplanter dans la Métropole ? Mais ça veut dire quoi cette façon d’agir ? J’ai convoqué le directeur de l’Aderly pour lui dire ma façon de penser et de voir les choses. Quand je leur demande leurs résultats sur le territoire du Nouveau Rhône, on m’envoie trois prospects… Il faut arrêter les blagues.
Pourquoi ne pas renforcer les acteurs économiques territoriaux, comme la CCI du Beaujolais ? Cette CCI du Beaujolais, de plein exercice, il faut la défendre coûte que coûte. Doit-elle privilégier une alliance avec Bourg-en-Bresse ? La dynamique économique est-elle à chercher du côté de l’Ain ou de la Métropole ? Il faut nous poser les bonnes questions. Mais, vous savez, j’ai commencé ma carrière politique dans le Beaujolais. Mon père a même
© DÉPARTEMENT DU RHÔNE JJ.GUTIN
Il faut arrêter les guerres picrocholines en Beaujolais. Le Beaujolais est à un tournant de son existence. Pendant la campagne des Départementales, j’ai découvert sur ce territoire une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui ne demande qu’à émerger. Renouvelons ! La IIIe République, c’est fini…
Vous dites qu’il faut parler avec Lyon mais vous ironisez sur le choix de l’Agglo de rejoindre le Pôle Métropolitain. C’est paradoxal ?
LE NOUVEAU RHÔNE DOIT FAIRE MIEUX AVEC (BEAUCOUP) MOINS En transférant ses compétences à la Métropole de Lyon dans le cadre de la loi MAPTAM, le nouveau Rhône a perdu la main sur les territoires métropolitains et les recettes de fonctionnement afférentes. Quand le budget du département avoisinait les 1,7 milliard d’euros l’année dernière, il sera seulement de 701 millions d’euros cette année. L’audit mené en début de mandat a un peu plus plombé l’ambiance. 50 millions d’euros d’économies à trouver d’urgence. Ajoutez à cela 77 millions d’euros d’emprunts dits structurés – ou prêts toxiques*- à négocier bec et ongles avec les banques… L’addition est sévère. Pas du genre à mettre la poussière sous le tapis, Christophe Guilloteau veut clore le dossier des prêts structurés « avant l’été. » Dans cette configuration hyper serrée, 130 millions d’euros sont programmés au budget 2017 pour le développement des territoires. * Produits financiers dont les taux d’intérêts, indexés sur des formules ultra-complexes liées aux cours des monnaies étrangères et autres indices financiers, s’envolent à la moindre perturbation sur le marché des changes.
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quel avenir pour le beaujolais ?
© LE NOUVEAU
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Clairement, qui doit prendre le leadership sur la question de l’attractivité économique du Beaujolais ? Avec la loi NOTRe, le Département a cédé la compétence économique à la Région. Mais je voudrais jeter, avec le président Laurent Wauquiez, les bases d’un projet d’agence régionale pour renforcer l’attractivité de l’ensemble du territoire régional. Les départements doivent prendre toute leur place dans ce projet. Les intercommunalités aussi. Il faut garder nos entreprises sur le territoire et aller en chercher de nouvelles. Si la Région pouvait créer un outil aussi performant qu’ERAI a été mauvais… Laurent Wauquiez s’est donné 100 jours pour tracer sa feuille de route, je l’invite à faire de ce nouvel outil une priorité.
Le redécoupage territorial permettra-t-il d’être plus efficace ? Aujourd’hui le Rhône compte 14 intercommunalités que le préfet souhaite réduire à cinq ou six entités à l’horizon 2020. L’intercommunalité 28 | février 2016 |
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Il faut garder nos entreprises sur le territoire et aller en chercher de nouvelles. Si la Région pouvait créer un outil aussi performant qu’ERAI a été mauvais…
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été élu à la CCI et, vingt ans après, je retrouve les mêmes noms. Il faudrait une vision plus en correspondance avec 2016. Mais je me battrai toujours pour que Villefranche garde ses spécificités. Et notamment sa chambre de commerce.
doit gérer l’aménagement du territoire mais pour ce faire, il lui faut des moyens. L’échelle de certaines intercommunalités n’est donc plus pertinente. Regardez ce qu’a réalisé Michel Mercier sur son territoire. Une nouvelle commune forte avec Thizyles-Bourgs et une intercommunalité puissante et élargie. Mais il faut débloquer la posture de certains qui ne veulent pas lâcher leur écharpe.
Vo u s l ’ a v e z p r é c i s é , c e redécoupage n’est pas prévu avant 2020… Mais il se met en place dès aujourd’hui !
Vous faites donc un lobbying actif auprès du préfet du Rhône, Michel Delpuech ? (Sourire) C’est un grand mot… J’ai 30 ans de vie publique, c’est la première fois que je vois une relation aussi…(il réfléchit)… particulière entre un Élu et un Préfet. Mais il est entouré d’une très belle équipe qui fonctionne très bien.
Réduire le nombre de vos interlocuteurs certes, mais vos projets de mandat pour dynamiser le territoire, quels sont-ils ? Il faut déjà optimiser nos outils sur le Nouveau Rhône. Le Département a 21 sites extériorisés. Ils ne sont
pas tous aux bons endroits et à la bonne dimension. Je dois réfléchir à un redéploiement plus équitable et pertinent pour les territoires.
En réduisant, par exemple, le nombre de Maisons du Rhône ? Le Département du Rhône a toujours eu cette vision d’être présent sur les territoires. Les Maisons du Rhône sont à cette enseigne une singularité. Pourquoi ne pas mutualiser certains services dans ces Maisons du Rhône ? Pourquoi ne pas imaginer implanter une agence de la Poste dans une Maison du Rhône pour remailler les territoires en services publics ? J’ai rencontré le directeur de la Poste. Le projet l’intéresse.
On compte aussi des quasidoublons dans le maillage des Maisons du Rhône. Une à Villefranche, une autre à Belleville… En ces temps de vaches maigres des budgets publics, est-ce encore tenable ? C’est un doublon et ce n’est pas le seul. A titre d’exemple, vous avez à Belleville une entreprise publique locale, la SAEMIB, qui se télescope avec l’OPAC du Rhône sur l’offre de logements sociaux… Est-ce réellement utile ? Et je constate également que j’ai une Maison du Rhône à Belleville, à Villefranche et à Gleizé… Nous devons être mieux répartis sur les territoires.
Vous étiez simple conseiller général quand Michel Mercier a tenté de soumettre aux élus le projet d’une autoroute traversant le Beaujolais en 2011. Ce projet a été repris par l’Etat dans une réflexion plus globale sur le contournement autoroutier de Lyon, qui doit voir le jour entre 2030 et 2050. Pour ou contre ? Ce que nous appelions hier le COL (Contournement Ouest de Lyon) est aujourd’hui un souhait de l’Etat. C’est un des dossiers d’infrastructures de transport qui pose problème, comme l’A45 entre Saint-Etienne et Lyon. Globalement, le COL est un projet qui consiste à déployer une autoroute entre Villefranche et Vienne. L’État n’a pas le premier euro pour le faire. C’est un projet aussi funeste que l’A45. Je milite contre depuis des années. Comptez sur ma détermination pour qu’ils n’aboutissent pas.
D’autres projets sont plutôt porteurs pour le territoire du Beaujolais. Celui de labellisation Géopark par l’Unesco est une bonne chose selon vous ? Si jamais demain, l’Unesco décide de labelliser Géopark une partie du Nouveau Rhône, le Beaujolais en particulier, c’est un projet fabuleux. Le seul problème c’est que personne n’est venu nous solliciter pour nous intégrer à cette démarche. Il y a même eu une visite organisée pour les inspecteurs de l’Unesco, notamment sur des sites appartenant au Département, sans que nous soyons invités ou même prévenus. C’est dommage, car le Nouveau Rhône pourrait peser utilement dans ce projet.
Finalement, Villefranche a beau être chef-lieu du département, elle ne semble pas dans les petits papiers de votre plan de mandat ? C’est faux. Je réfléchis à cette spécificité caladoise. Je veux marquer cette implication du Département sur Villefranche. Ce ne sera pas le siège, comme je vous l’expliquais, mais j’ai déjà plusieurs pistes. On peut imaginer décentraliser un service complet. Mais cela passerait par des négociations avec les personnels. J’ai aussi à repositionner la Bibliothèque Départementale de Prêt du Rhône, qui est aujourd’hui basée à Bron et qui a des antennes à Limas et Thizy. Nous souhaitons réimplanter le siège de
cet outil sur le territoire du Nouveau Rhône. Ce pourrait être à Villefranche ou Tarare. C’est un projet à mettre en route à l’horizon 2017.
Christophe Guilloteau, votre style tranche avec celui de votre prédécesseur Michel Mercier… La différence, c’est que Michel Mercier est sénateur et que je suis député (rires). Mais je m’inspire également de mon prédécesseur ! La preuve, j’ai prévu d’aller faire le tour des territoires pour expliquer nos projets, notre gouvernance et répondre aux interrogations des habitants. Michel Mercier l’avait fait pour expliquer la réforme territoriale. On me verra donc beaucoup en Beaujolais en mars et avril prochains. n
LES CHIFFRES DE L’ADERLY SUR LE NOUVEAU RHÔNE L’agence pour le développement économique de la région lyonnaise (Aderly) est dans le viseur de Christophe Guilloteau qui lui reproche son manque d’implication et de résultats sur le territoire du Nouveau Rhône. Qu’en est-il côté chiffres ? Sur l’année 2015, l’Aderly a implanté 6 entreprises sur les territoires du département du Rhône (Vourles, Pusignan, Thizy les Bourgs, Brignais et Saint-Genis l’Argentière), représentant la création de 83 nouveaux emplois sur 3 ans. Par ailleurs, début 2016, 23 projets intéressant potentiellement le département du Rhône, sont suivis par l’Aderly. Début 2015, afin de tenir compte de la réorganisation territoriale l’Aderly a renforcé son équipe en positionnant deux conseillères entièrement dédiées à ce territoire (l’une basée à Tarare et l’autre à Villefranche) en complément des moyens par ailleurs mobilisés par l’Agence pour l’ensemble de ses territoires.
Le Rhône un département à votre service 13
440 000
cantons
rhodaniens
226
26
2 715
conseillers départementaux
km2
2 800
1 300 clubs sportifs
4 500
établissements accueillant les enfants de la naissance à 6 ans
élèves
51
25 300 3 000 associations 154 bibliothèques
1
musée gallo-romain
© Département du Rhône – Conception / Réalisation : Service communication – Février 2016
1
aéroport lyon/saint exupéry
km de routes départementales
500
assistantes maternelles collèges
communes
17
foyerslogements
3 430 km de chemins balisés pour la randonnée
81
établissements d’accueil pour personnes âgées dépendantes
www.rhone.fr
LES COMPÉTENCES DU NOUVEAU RHÔNE Après la loi NOTRe, le Département conserve toutes ses attributions dans ses principaux domaines d’intervention habituels : la solidarité, les collèges, l’aménagement du territoire, la sécurité incendie, la culture et le tourisme. C’est un trompe l’oeil car le Département perd aussi beaucoup. Dans le domaine économique, le Département n’a plus la possibilité d’intervenir en faveur du développement économique, sauf dans des cas bien précis et à des conditions strictement définies. Dans le domaine des transports, l’organisation des services de transports non urbains, réguliers ou à la demande, ainsi que de transport collectif de personnes, n’est plus une compétence du Département. Dans le Rhône, la compétence transport routier non urbain de personnes a été transférée au Sytral. Dans le domaine du Développement durable, le Département perd sa capacité à intervenir au profit des particuliers en matière de développement durable. | février 2016 | 29
gastronomie
© CREDIT PHOTOS : MANDRAK STUDIO - SABY MAVIEL’
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Sébastien Gutty (Château Gaillard), Arlette Hugon (Chez Hugon), Arnaud Bernollin, Eric Hugon (La Hugonnière) et Jean Burdy (Pernod Mumm)
LES CUISINES BERNOLLIN invitent Eric Hugon
La transmission du patrimoine familial ? C’est d’abord celui des savoir-faire ! Arnaud Bernollin, Eric Hugon et Sébastien Gutty en sont les dignes héritiers. Mon premier représente la 5e génération d’un artisanat haut de gamme, spécialisé dans la cuisine sur-mesure et implanté depuis 1884 en Beaujolais. Mon second a été biberonné aux saveurs canailles de la cuisine lyonnaise sous la haute autorité gourmande de ses restaurateurs de parents, Arlette et Henri Hugon. Mon troisième bichonne ses crus (Morgon, Fleurie, Moulin à Vent) au Domaine de Château Gaillard à Villié-Morgon, perpétuant une tradition viticole familiale pour la 7e génération consécutive. Accompagnée par l’inénarrable Michel Gutty et le pétillant Jean Burdy (Pernod Mumm), la fine équipe aura placé ce déjeuner Bernollin sous le signe de la camaraderie et du goût. Oreilles chastes et végétariens s’abstenir ! Une ambiance au diapason des plats réalisés par Eric et des vins servis par Sébastien… Fraternelle et beaujolaise.
Cuisines Bernollin - 198, allée Viadorée - Anse - Tél. 04 74 67 04 08 Cuisines Bernollin - 5, place Puvis de Chavannes - Lyon 6 - Tél. 04 78 93 00 61 Les nappes à carreaux rouges, le crépitement du beurre en cuisine qui s’entend jusqu’en salle, des babines qu’on pourlèche à pleine langue et des assiettes qu’on sauce… Bienvenue Chez Hugon, monument de la cuisine lyonnaise ! Aux fourneaux, Arlette Hugon régale sa clientèle fidèle depuis 1985. Au comptoir, son mari Henri se chargeait de l’ambiance en pots de 46 cl. Le patron nous a quittés en 2013, mais il a pris soin de transmettre cet état d’esprit à son fils. La maman, elle, s’est chargée du savoir-faire culinaire. Bon sang ne saurait mentir ! Chef du restaurant La Hugonnière, Eric Hugon a repris le flambeau de cette cuisine de bouchon, savoureuse et généreuse. Ses œufs meurettes façon beaujolaise, son poulet aux écrevisses et sa tarte aux pralines en témoignent. Très attaché au Beaujolais, Eric a même acquis une parcelle de vignoble au cœur du Château Gaillard à Villié-Morgon. Là où furent dispersées les cendres de son père Henri un matin de juin 2015. Un symbole fort.
Arlette Hugon, Arnaud Bernollin et Eric Hugon
Œufs meurettes façon beaujolaise
30 | février 2016 |
Chez Hugon – 12, rue Pizay – 69001 Lyon – 04 78 28 10 94 La Hugonnière – 13, rue Neuve – 69001 Lyon – 04 78 28 58 79
Poulet aux écrevisses
Tarte aux pralines
Source Médiamétrie - Médialocales, Rhône-Alpes - Vague Intermédiaire Sept-Dec 2015 - LV - 13+ - 5H-24H
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château de bagnols
JEAN-ALEXANDRE OUARATTA La bonne étoile du Château de Bagnols Prenez un jeune espoir de la cuisine française, Jean-Alexandre Ouaratta. Installez-le entre les murs séculaires du Château de Bagnols. Confiez lui les cuivres et les brûleurs. Laissez mijoter puis dressez. Vous obtiendrez une étoile au Guide Michelin 2016 pour « Le 1217* », nouveau spot gastronomique au pays des Pierres Dorées.
« On aimerait avoir une étoile Michelin. » Jean-Claude Lavorel a réussi son pari. Ces propos, le propriétaire du Château de Bagnols les tenait en 2013 dans les colonnes du magazine Lyon Capitale. En moins de trois ans, la belle endormie des Pierres Dorées s’est réveillée, les narines chatouillées par le fumet délicieux s’échappant de ses cuisines. L’entrepreneur lyonnais, qui a acquis le vaisseau médiéval du Beaujolais en 2012, a du nez. Après une 5e étoile obtenue par l’hôtel en 2013, les ambitions se font gastronomiques. En installant Jean-Alexandre Ouaratta derrière les fourneaux castraux, Jean-Claude Lavorel a visé juste. Premier chez Paul Bocuse, compagnon de route de Marcel Ravin au Monte-Carlo Bay (1 étoile Michelin), de Yannick Alleno au Meurice (3 étoiles Michelin), au Cheval Blanc Courchevel (2 étoiles Michelin) puis au Royal Mansour de Marrakech, Jean Alexandre Ouaratta affiche la simplicité du vrai talent, affiné au fil d’états de services irréprochables. « Lorsque j’ai visité le château, j’ai eu un coup de cœur pour ce lieu emprunt d’histoire, si bien restauré et moderne », assurait-il au Progrès au moment de sa prise de poste il y a deux ans.
artiste accompli. Goutez plutôt ses artichauts poivrade. Son sandre aux épices d’Orient. Merveilles ! La cuisine de Jean Alexandre Ouaratta joue l’épure et la couleur, l’amour du produit et le terroir revisité avec une vivacité de saison qui transcende la gastronomie telle que nous la connaissons. Un pur plaisir des sens magnifié par le décor médiéval de la majestueuse Salle des Gardes et la vue qu’offre la terrasse panoramique qui domine le pays des Pierres Dorées. C’est ici la magie du Château de Bagnols, dont les pierres témoignent du glorieux passé depuis 1217. De la première pierre au premier macaron, le futur du Château de Bagnols s’écrit aussi dans les cuisines du restaurant qui porte le nom des origines, Le 1217*. Un joli clin d’œil à l’histoire.
Le cadre du Château de Bagnols, son terroir, son jardin aromatique sont un terrain de jeu idéal pour ce chef venu de La Réunion. Il réveille la cuisine, traque la vérité du produit avec la finesse et la légèreté apparente d’un
JEAN-CLAUDE LAVOREL
En juin 2012, suite à sa mise en vente, le Château de Bagnols est repris par un entrepreneur lyonnais, JeanClaude Lavorel, président de Lavorel Groupe. Le Château intègre alors Lavorel Hotels, filiale hôtelière du groupe Lavorel, qui investit 3 millions d’euros pour les travaux. De grands changements s’opèrent à l’initiative du nouveau châtelain, qui fit construire une majestueuse verrière au-dessus de la cour intérieure. Ouvertures d’un spa haut de gamme, d’un fitness aux équipements à la pointe de la technologie et d’un espace « beauty farm »… Enfin, 6 nouvelles suites contemporaines ont vu le jour grâce aux travaux de réaménagement dans l’ancien cuvage. Désormais, les vingt-sept suites arborent les noms de personnages illustres qui ont fait le glorieux passé du Château : Suite Guichard d’Oingt, Suite Honoré de Balzac, Suite Madame de Sévigné, pour n’en citer que quelques-unes. Le Château de Bagnols affiche aujourd’hui 5 étoiles.
32 | février 2016 |
© CHATEAU DE BAGNOLS
Celui par qui le succès est arrivé
L’HOTEL*****
Le temps ne peut rien contre le Château de Bagnols, il semble même que le privilège d’une nuit dans son domaine rempli d’histoire soit une expérience chaque jour plus riche et intense. Suites majestueuses au cœur du château médiéval, suites jardin en prise directe avec le paysage naturel du pays des Pierres Dorées, suites chai à l’architecture résolument contemporaine, choisissez votre point de vue sur l’une des plus belles raisons d’aimer la France. Quintessence de l’esprit Bagnols, une étonnante collection d’appartements originaux, aménagés dans le bâtiment principal du château, où chacun offre à vivre une part de l’histoire. Murs richement décorés de fresques du XIIe au XVIIIe, lits à baldaquin, mobilier de style, cheminées décoratives et salles de bain en marbre, l’immersion est totale et l’expérience, unique.
GASTRONOMIE
Dans les cuisines du Château de Bagnols flotte un parfum tout droit sorti des cuivres de Jean-Alexandre Ouaratta, dont le talent s’est frotté aux plus grandes maisons avant de trouver sa consécration dans ce lieu d’histoire. Aussi sûr que le cadre est solide, aussi créatif que l’atmosphère est inspirante, le chef passe, avec la maîtrise d’un artisan accompli, d’une partition gastronomique à l’exercice bistronomique, faisant du restaurant 1217* ou du Café du Château un nouveau patrimoine vivant.
EVENEMENTS
Derrière les murs séculaires du Château de Bagnols flotte un parfum bien d’aujourd’hui, tout droit sorti des Séminaires, incentives, lancements de produit, réunions au sommet, événements d’entreprise, vous êtes en quête d’un lieu d’exception, un cadre exceptionnel capable d’apporter à votre organisation un véritable supplément d’âme. Sachez donc que, depuis 8 siècles, le Château de Bagnols a su acquérir un authentique savoir-faire dans l’art d’accueillir les têtes du monde entier, même les plus couronnées. Se réunir dans l’enceinte du Château de Bagnols est une perspective stimulante. Ce n’est pas tous les jours, en effet,que l’on peut tenir conférence dans le Grand Salon que fréquenta autrefois Madame de Sévigné ou dresser table de cérémonie dans la Salle des Tonneaux où résonnent encore les rumeurs des vignerons de retour de vendanges dans les vignes du Beaujolais.
BIEN-ETRE
450 m2, 4 cabines, une salle de relaxation, une piscine intérieure chauffée, une piscine extérieure et 3 hectares de jardins. L’atmosphère apaisante qui émane des paysages alentours, le calme intérieur du Château, propice à l’introspection, l’équilibre harmonieux d’un lieu séculaire dont l’histoire continue de s’écrire au quotidien font du Château de Bagnols une destination idéale pour une heure, une journée, un séjour de sérénité. Spa des mains, des pieds, soin des ongles, pose experte de vernis Shellac ou Vinylux, une escale relaxante juqu’au bout des doigts. Et tonifiante ! Dans un espace dédié à la forme, le dernier-cri de la technologie sportive signée Technogym, le Château de Bagnols est un lieu de culture qui s’avère aussi physique. A moins que vous ne préfériez le jogging matinal dans les vignes.
Château de Bagnols - 69620 Bagnols, France Tel. +33 (0) 4 74 71 40 00 - Fax +33 (0) 4 74 71 40 49 info@chateaudebagnols.fr - www.chateaudebagnols.com
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céline bonzon
© MICHEL GOIFFON
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L’ATTRAPE FLEURS
Une success story locale atypique
Il y a tout juste un an, à la veille de la Saint Valentin, Céline Bonzon ouvrait sa boutique de fleurs à Liergues. En peu de temps, cette ancienne factrice a su se faire apprécier de sa clientèle et développer sa boutique, installée en plein centre du village beaujolais.
L
a nouvelle fleuriste de Liergues, est une touche-à-tout. Toute petite, Céline Bonzon se découvre une véritable passion pour les fleurs, dans le jardin de sa maman, pour laquelle elle cueille des bouquets, tous plus jolis les uns que les autres. En grandissant, elle envisage une formation de paysagiste. Mais à l’époque, comme cette formation comprenait aussi des compétences en maçonnerie, les femmes étaient rarement choisies. Alors enceinte de sa première fille - elle en a trois, de 10, 11 et 19 ans, elle reprend avec un ami la gérance d’une auberge à Rivolet. Lui en cuisine et elle au service en salle. Ses tentations florales reviennent alors. Elle compose ainsi tous les jours des bouquets pour les tables de ses clients. Après trois ans dans la restauration, elle intègre la Poste, en temps que factrice. C’est d’ailleurs durant sa tournée qu’elle découvre le village de Liergues. Sa passion la titillant toujours, via le Fongecif elle intègre une formation spécialisée dans le métier de fleuriste, basée à Eyzin-Pinet (38). À l’issue de cinq mois de formation, elle décroche son certificat et son CAP, tout en effectuant un stage chez une fleuriste de Montmerle, qui la conforte dans son envie de poursuivre dans cette voie. Quand elle apprend la fermeture de la boutique de fleurs de Liergues, l’opportunité est trop belle. Céline y cherche
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alors un local et l’une de ses connaissances l’informe du départ de la couturière, laissant ainsi un espace disponible de 51m2. En six mois, Céline Bonzon s’installe à Liergues et profite même de la cour intérieure de sa boutique pour s’étendre et exposer ses plantes, ses compositions, mais aussi sa petite décoration, qui va du soliflore aux coeurs en bois flotté ou en tissu, en passant par les pendules. L’an dernier, elle a même réalisé la décoration florale d’un mariage, qui a participé à l’émission de TF1 « 4 mariages pour une lune de miel ».
Le langage des roses en amour Aimée des poètes, la rose est devenue la messagère de l’amour. En effet, la reine des fleurs sait exprimer à elle seule toutes les nuances des sentiments. La rose rouge est bien entendu la fleur de l’amour passionnel. Pour exprimer des sentiments amicaux, on choisira plutôt des roses blanches ou des roses jaunes, qui pourront également être offertes à un amoureux à qui l’on veut avouer une faute. Et pour éviter tout malentendu, n’hésitez pas à joindre un petit mot explicatif à votre bouquet. La rose orange exprime le désir charnel, idéale pour signifier à quelqu’un qu’on le désire. Pour exprimer l’affection, la douceur ou la fidélité, on optera pour des roses de couleur rose. Enfin, s’il convient d’offrir des roses en nombre impair pour les bouquets de moins de dix roses, certaines quantités expriment un message particulier : coup de foudre : 1 rose, demander pardon : 2 roses, 12 roses pour remercier l’amoureux ; 24 roses dénotent d’une extrême galanterie, 36 roses pour avouer son amour ou encore 101 roses pour exprimer un amour fou.
Des services de proximité
Pour répondre encore plus aux besoins de sa clientèle, Céline Bonzon mise sur la proximité. Elle, qui se fournit chez un grossiste local installé à Arnas, propose aussi un service de livraison, dans une zone de chalandise n’excédant pas 15 km et un système de transmission florale, permettant les livraisons plus lointaines. A ses clients, Céline présente un catalogue réunissant différentes fleurs, plantes et compositions. L’Agitateur Floral, 1er réseau de livraison solidaire, trouve alors le fleuriste le plus proche du lieu de livraison. Pour l’avenir, elle compte bien poursuivre son rêve, avec toute la gaîté, la gentillesse et l’envie qui la caractérisent et avec peut-être le recrutement d’un apprenti. n VIRGINIE HOFMAN
Infos pratiques L’Attrape Fleurs 430 montée de Saint-Eloi - 69400 Liergues 09 83 33 37 80 - www.lattrapefleurs.fr Du mercredi au samedi : de 9h à 19h. Le dimanche et jours fériés : de 9h à 13h. Livraison gratuite sur Liergues
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