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L'économie congolaise est restée « globalement stable » sur le change comme sur les prix

Àl'échelle mondiale, l’environnement économique demeure caractérisé par la poursuite du cycle de resserrement de la politique monétaire par les principales banques centrales. Cela est de nature à exercer des tensions sur les marchés des changes dans les économies de l’Afrique sub-saharienne.

Depuis janvier 2022, la dépréciation moyenne de la région est d’environ 8%. Toutefois, l’ampleur de la dépréciation a varié d’un pays à l’autre atteignant notamment 45% dans certains pays. Cet affaiblissement des monnaies de la région a alimenté les pressions inflationnistes, dans un contexte de flambée des prix des biens à l’importation et du ralentissement de la croissance.

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Au plan intérieur congolais, il est observé, d’une semaine à l’autre, une relative stabilité sur les deux principaux marchés. En effet, sur le marché des biens et services, le rythme de progression de l’inflation s’est maintenu au cours de la semaine sous examen comparé à celui de la semaine précédente. L’inflation hebdomadaire s’est établie à 0,204 % cette semaine contre 0,201 % la semaine précédente. Pour ce qui est du marché des changes, le taux de change sur les deux segments a connu des très légères variations. La conjoncture économique mondiale reste marquée par le cycle de resserrement de la politique monétaire dans les pays avancés, notam- ment aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans la zone Euro. L’objectif visé par les banques centrales de ces économies est de juguler les pressions inflationnistes observées à la suite des contrecoups de la guerre en Ukraine. Cependant, il y a lieu de relever que ces resserrements moné- taires ne sont pas sans conséquence aussi bien à l’échelle mondiale que régionale et nationale. C’est le cas notamment dans les économies de l’Afrique sub-saharienne où les relèvements des taux d’intérêt directeurs aux États-Unis alimentent les tensions sur les marchés des changes. En effet, les monnaies nationales dans la région se sont affaiblies par rapport au dollar américain, exerçant ainsi des pressions sur les prix à la consommation dans un contexte de flambée des prix à l’importation et de ralentissement de la croissance. D’après le Fonds Monétaire International, FMI, cette situation est de nature à obliger les autorités à procéder à un arbitrage entre la maîtrise de l’inflation et la poursuite du redressement de l’économie. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales, les services du FMI indiquent que la dépréciation moyenne dans la région est d’environ 8% depuis janvier 2022. Toutefois, l’ampleur de la dépréciation monétaire a varié d’un pays à un autre tel qu’au Ghana et en Sierra-Leone, où la monnaie de ces deux pays s’est dépréciée d’environ 45%. Ce résultat est consécutif à la sortie des capitaux dans la région, attestant la préférence des investisseurs pour les obligations du Trésor américain qui sont à fa fois sûres et rentables. À côté de ce facteur s’ajoute également la baisse des recettes en devises dans les pays de l’Afrique sub-saharienne, expliquée par le recul de la demande des exportations de la région, avec le ralentissement de la croissance dans les pays avancés. Ainsi, les déficits substantiels enregistrés par ces économies ont eu pour effet d’accroître la demande de devises et d’aggraver la dépréciation monétaire. Dans cet environnement, plusieurs banques centrales sont intervenues en fournissant les devises aux importateurs à partir de leurs avoirs en devises. Face à l’amenuisement des réserves, les marges de manœuvre ont été limitées pour poursuivre avec les interventions sur les marchés. Le rapport a relevé également l’adoption des mesures administratives pour limiter la dépréciation, telle que te rationnement des devises ou l’interdiction des transactions en devises.

PLUS DE DEUX MOIS D'IMPORTATIONS. Pour le FMI, ces mesures de rationnement pourraient amener des distorsions importantes et ouvrir la voie à la corruption. À cet effet, face au maintien des taux d’intérêt à des niveaux élevés, le FMI exhorte les pays, particulièrement ceux dont les taux de change ne sont pas arrimés à une monnaie étrangère, à laisser le taux de change s’ajuster et à procéder au resserrement de la politique monétaire pour juguler l’inflation.

Dans les pays dont les taux de change sont fixes, les banques centrales devraient ajuster leur politique monétaire dans le sens du pays d’ancrage. Par ailleurs, le FMI recommande un rééquilibrage des finances publiques, afin de limiter les déséquilibres externes et de juguler la croissance de la dette liée à la dépréciation de la monnaie, ainsi que d’engager les réformes structurelles pour stimuler la croissance. D’une semaine à l’autre, l’économie congolaise est demeurée globalement stable tant sur le marché des changes que sur celui des biens et services. Au niveau du marché des biens et services, l’inflation s’est établie à 0,204% au cours de la troisième semaine du mois de mai contre 0,201% la semaine précédente, portant le cumul annuel à

7,4%. Pour rappel, les dernières prévisions situent l’inflation à 11,5% à fin décembre 2023 contre une réalisation de 13,1% en 2022. Sur le marché des changes, la relative stabilité se poursuit, attestée par de faibles variations du taux sur les deux segments. En effet, le Franc congolais CDF s’est dépréciée de 1,24% sur le marché officiel, alors que sur le marché parallèle, le taux de s’est globalement maintenu à son niveau de la semaine précédente, soit 2.352,13 CDF le $US. Les réserves se sont établies à 4,1 milliards de $US au 18 mai 2023, représentant une couverture d’importations des biens et services sur ressources propres de 2,26 mois. Concernant ta gestion des Finances publiques, elle est caractérisée par les efforts de rationalisation de dépenses et d’une amélioration des ressources intérieures. Au 19 mai courant, l’exécution du plan de trésorerie de l’État s’est clôturée par un excédent de 332,6 milliards de CDF contre celui programmé de 14,5 milliards. Cette marge de trésorerie devrait conforter la position financière de l’État.

S’agissant du secteur monétaire, il convient de rappeler que la Banque Centrale du Congo a relevé de 75 points de base son taux directeur depuis le 22 mars 2023. Ce dernier est passé de 8,25% à 9,00% l’an, contribuant ainsi à l’attractivité des bons de la Banque Centrale du Congo.

Au regard de la confiance des chefs d’entreprises quant aux perspectives à court terme, l’économie congolaise devrait demeurer résiliente au plan de la croissance, en dépit d’un environnement international difficile. Par ailleurs, l’inflation a ralenti, en rythme hebdomadaire, depuis le début du mois de mai courant. Les dernières estimations indiquent que la croissance du PIB réel devrait s’établir à 6,8% contre 8, 9% l’année précédente. Ce niveau de croissance demeure néanmoins nettement supérieur à celui projeté pour l’Afrique sub-saharienne, soit 3,6%. Cette évolution procède essentiellement de l’accroissement de l’activité des industries extractives (notamment le secteur minier), dont la valeur ajoutée devrait croître de 11,7% en 2023 contre 22,6% en 2022. En revanche, les activités hors mines progresseraient de 4,4% contre 3, 1% l’année précédente. En outre, l’activité du secteur non minier serait soutenue par la poursuite de la réalisation de grands travaux d’infrastructures avec l’exécution du programme de développement local de 145 territoires (PDL-145), d’une part, et de la relance du secteur agricole, d’autre part. Au mois d’avril 2023, les résultats de l’enquête du baromètre de conjoncture renseignent une légère amélioration de l’optimisme affiché par les chefs d’entreprises. En effet, le solde global brut des opinions pour la période sous revue s’est établi à +32,9%, venant de +32,1% le mois d’avant. Le maintien de cet optimisme tient de la bonne tenue de l’activité dans certaines branches retenues dans l’échantillon de cette enquête, notamment «l’industrie extractive», «l’électricité et eau» et «la construction».

La troisième semaine du mois de mai 2023 est caractérisée par une relative stabilité du niveau général des prix sur le marché des biens et services. En effet, le taux d’inflation hebdomadaire s’est établi à 0,204% contre 0,201% réalisé précédemment. Cette évolution est consécutive au comportement des indices des fonctions de consommation, notamment les « produits alimentaires et boissons non alcoolisées », « boissons alcoolisées et tabac » et «articles d’habillement et chaussures». Pour ce qui est de la contribution de différents postes à la formation des prix, celle des «produits alimentaires et boissons non alcoolisées», «logement, eau, électricités, gaz, et autres combustibles» et « biens et services divers» ont représenté respectivement 48, 7%, 12,5% et 11,0% en rythme hebdomadaire. En cumul et en glissement annuel, l’inflation a atteint, respectivement 7,440% et 16,774%. À fin décembre 2023, il est attendu un taux d’inflation de 11,5% contre une réalisation de 13,1% en 2022. Le plan de trésorerie prévisionnel, pour le mois de mai courant, table sur la réalisation d’un excédent de trésorerie de 14,6 milliards de CDF, résultant de l’encaissement des ressources au titre du premier acompte provisionnel de l’impôt sur le bénéfice et profit. Les recettes attendues se chiffrent à 2. 169, 8 milliards de CDF et les dépenses devraient se situer autour de 2.155, 3 milliards. Au 19 mai 2023, l’exécution du plan de trésorerie de l’État s’est clôturée par un excédent de 332,6 milliards de CDF contre celui programmé de 14,5 milliards. Cette marge de trésorerie devrait conforter la position financière de l’État. Concernant les recettes, les régies financières ont mobilisé 1.163,6 milliards de CDF, dégageant ainsi un taux de réalisation de 53,6%.

L’analyse par poste révèle que les recettes tirées des impôts directs et indirects ont atteint 801,2 milliards de CDF contre des prévisions mensuelles de 1.473, 1 milliards, en cette période d’échéance fiscale. Les recettes douanières collectées par la Direction Générale des Douanes et Accises, DGDA en sigle, se sont chiffrées à 247, 9 milliards de CDF contre un montant prévisionnel de 402,4 milliards. Celles mobilisées par la Direction Générale des Recettes Administratives et Domaniales ont atteint 112,6 milliards de CDF contre une programmation mensuelle de 240,0 milliards.

S’agissant des dépenses, elles ont été exécutées à hauteur de 38,6% de leur programmation mensuelle, se chiffrant à 831,0 milliards de CDF. Au cours de la période sous-revue, les décaissements effectués ont concerné pour l’essentiel les rubriques suivantes: «frais de fonctionnement des institutions et ministères», «subventions» et «dépenses en capital». Concernant particulièrement la rémunération des agents et fonctionnaires de l’État, il y a lieu de relever que sur un montant programmé de 568,3 milliards de CDF, les décaissements enregistrés ont atteint 57,6 milliards.

En cumul annuel, au 19 mai 2023, la balance des opérationsfinancières de l’État affiche un déficit de trésorerie annuel de 168,8 milliards de CDF contre un excédent programmé de 618,4 milliards. Les recettes se sont établies à 6.400,4 milliards et les dépenses à 6.569,2 milliards. Au deuxième trimestre de l’exercice en cours, le calendrier d’émission des titres publics prévoit un montant total de 660,0 milliards de CDF à lever sur le marché intérieur.

Les résultats de l’adjudication du 16 mai 2023 renseignent que, sur un montant annoncé de 60,0 milliards de CDF, le Trésor a levé 58,0 milliards au titre des Bons du Trésor Indexés de 6 mois de maturité, avec un taux moyen pondéré de 11,46%. Le taux de couverture a été de 96,7%, avec un seul soumissionnaire.

Concernant les remboursements, le Trésor a remboursé, pour le mois de mai courant, un montant de 51,3 milliards de CDF des titres échus. Le marché des changes reste carac-

(suite en page 13).

EXÉCUTION DES OPÉRATIONS FINANCIÈRES DE L’ETAT EN MAI 2023 ET 2022 (EN MI LIIARDS DE CDF)

BAROMÈTRE DE CONJONCTURE DE L’ÉCONOMIE CONGOLAISE : SOLDE D’OPINIONS PONDÉRÉES (EN %)

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