Etat et terrorisme

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L’Etat italien face au terrorisme et à la criminalité actes du colloque Etat et terrorisme du 12 janvier 2002 Démocraties Fabrice Rizzoli Doctorant en science politique à l'université Paris I

INTRODUCTION Au cours des années 70, le terrorisme des grands idéaux est, en l’Italie, un dés plus meurtrier. Depuis la fin des « années de plombs », en dépit d’actes sporadiques ou d’une relative gravité, l’état italien semblait épargné. Puis, de 1992 à 1993, moins d’une dizaine d’attentats, ravivent les vieux démons, tant par leur violence que l’absence de fil conducteur. En 1992, la Sicile subie les attentats de Capaci et de Palerme - rue d’Amelio -, fatales aux juges Falcone et Borsellino. Si en l’occurrence, les victimes, deux symboles de l’Antimafia, désignent leurs meurtriers, l’année suivante, les cibles sont moins explicites : - Le 14 mai 1993, à Rome, un bombe blesse vingt et une personnes mais n’atteint pas le journaliste visé, Maurizio Costanzo, - Le 27 mai 1993, une explosion fait 5 morts, une dizaine de blessés et des dégâts irréversibles dans la Galerie des Office de Florence, - Le 27 juillet 1993, à Milan, les explosifs tuent 5 personnes, en blessent une dizaine d’autres et détériore un musée, - Le même jour, à Rome, deux bombes blessent de nombreuses personnes et endommagent deux des plus prestigieuses églises de la capitale. Le titre précité recouvre, de prime abord, un vaste sujet mais de l’autre côté des Alpes, le « terrorisme » est associé à la « criminalité ». Le champs d’étude se limite, donc, à un terrorisme atypique, celui d’une mafia, dont ma définition1 est souvent occultée. Parmi les 4 mafias opposées à l’état de droit, à ce jour, seule Cosa Nostra fut capable, d’une politique terroriste, mais avec la complicité des autres mafias. Si celles-ci ont toujours utilisé la violence et l’explosif, les cibles impersonnelles, impliquant des « innocents » et hors de la Sicile, sont une relative nouveauté. Pourquoi Cosa Nostra, qui bénéficie d’appuies politiques, recourt-elle à des méthodes aussi radicales ? Un tel renversement ne s’explique pas, sans considérer la mafia, comme un sujet politique. Assommée par la sentence définitive du « maxi-procès », la mafia est au coeur d’un bouleversement géopolitique. En outre, le terrorisme n’est pas une stratégie irréfléchie. Cosa Nostra qui a réformé sa structure, possède une alternative à la classe politique défaillante.

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