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Le pape François regarde un partisan de l’ancien président et candidat présidentiel du Brésil alors qu’il assiste à une réunion lors de sa visite à Assise, en Italie, le 24 septembre 2022.
(REUTERS)
Si on pose une question concernant la compagnie de transport la plus lucrative en Afrique, à des opérateurs dans ce secteur, les réponses vont osciller entre compagnies aériennes et maritimes, les plus célèbres. Néanmoins, en termes de rapports, d’une part, entre investissements consentis, et d’autre part, les bénéfices engendrés, la vérité saute aux yeux : Les patrons des vieux rafiots qui s’adonnent au transport des prétendants à l’immigration clandestine, représentent l’investissement le plus rentable.
Sur une embarcation dont le prix ne dépasse guère quelques milliers d’euros, ces«patrons» peuvent embarquer plus d’une cinquantaine de «clients», qui doivent payer chacun, l’équivalent de deux mille dollars, au moins. En résumé : une recette de cent mille dollars, pour une embarcation de fortune.
Peut-on imaginer un avion de ligne, rapporter, en un seul voyage, vingt fois son prix ?
!Une «chaine» bien rodée
Un business aussi lucratif ne peut rester sans une structuration bien huilée, mais surtout occulte, où payer ne peut, en rien, garantir le service proposé…
Du moment, où le virus du voyage ait touché le prétendant à l’immigration clandestine, et le coût du voyage est disponible, une structure se met en place, avec une «armée» de «fournisseurs de services»…
Aussi, et surtout, ces services à l’immigration clandestine, ne peuvent être occupés par quiconque… Le libéralisme laisse la place à la loi de la jungle. Chacun des «fournisseurs des services», est à la fois en quête de défendre son espace devant tous les prétendants, mais aussi toujours pris par l’envie d’élargir ses activités, aussi bien horizontalement, à savoir dans le même secteur, mais aussi verticalement, en embrassant d’autres spécialités, aussi bien en amont qu’en aval.
Pour ceux qui la pratiquent, la criminalité a deux attraits : Elle rapporte beaucoup d’argent et elle procure une vie épique et aventureuse. Pour ceux qui la subissent, elle déstabilise les sociétés et elle accroît sans cesse la violence subite par les groupes. Le phénomène migratoire massif que l’Europe connaît depuis 2012 entre dans cette catégorie. Les migrants qui partent du MoyenOrient ou d’Afrique pour venir en Europe passent par des réseaux très structurés, tenus par les mafias, et qui leur apportent beaucoup d’argent. Certes, le trafic d’être humain est moins lucratif que le trafic de drogue et la contrefaçon, mais il est moins dangereux. La géopolitique des migrations se mêle à celle des mafias pour dessiner la face sombre de la mondialisation, celle du crime et des délits.
L’ONG Global Financial Integrity estime ainsi tous les ans le chiffre d’affaires mondial de la criminalité. Pour 2015, elle considère que le travail forcé et trafic des êtres humains pèse pour 150 milliards de dollars, derrière le trafic de stupéfiants, avec 320 milliards de dollars, et la
contrefaçon, avec 250 milliards de dollars. Ces chiffres sont des approximations, sûrement inférieures à la réalité, les criminels ne déclarant pas, bien évidemment, les rapports de leurs crimes. Ils mettent toutefois en troisième position le trafic d’être humain, qui est extrêmement lucratif. Pour l’Europe, les mafias sont présentes en Afrique et au Moyen-Orient où elles encouragent les départs, sachant qu’elles qui assurent la logistique du transport et qu’elles se font payer pour cela. La mafia albanaise est le groupe le plus présent dans
Un business aussi lucratif ne peut rester sans une structuration bien huilée, mais surtout occulte, où payer ne peut, en rien, garantir le service proposé…La mafia de l’immigration clandestine
le trafic de migrants, et aussi le plus cruel. Forgées dans cet État déliquescent et mafieux qu’est l’Albanie, elles ont profité du chaos du Kosovo pour se créer une base arrière où faire transiter leurs fonds, entrainer leurs hommes et forger leurs équipes. Ayant passé des accords avec les mafias italiennes, elles contrôlent fortement les vagues migratoires.
Selon Europol, le crime organisé contrôle 90% du trafic de migrants clandestins vers l’Union européenne, pour un chiffre d’affaires annuel compris entre 3 et 6 milliards d’euros. L’ensemble des réseaux approche 40.000 individus. Une
L’ONG Global Financial Integrity estime ainsi tous les ans le chiffre d’affaires mondial de la criminalité. Pour ٢٠١٥, elle considère que le travail forcé et trafic des êtres humains pèse pour ١٥٠ milliards de dollars.
centaine de bateaux fonctionne en permanence pour assurer le transit en Méditerranée. De plus, les mafias ont corrompu des milliers de fonctionnaires qui ainsi ferment les yeux sur la qualité des faux papiers, voire contribuent à en délivrer. La mafia albanaise est présente sur les côtes libyennes et en Afrique, pour capter la marchandise migratoire ainsi que dans les camps de transit. Depuis la fin de l’année 2015, elle est très présente en France le long des côtes de la mer du Nord, pour assurer la réception des migrants et organiser leur passage vers l’Angleterre. Cela n’est pas sans causer de graves troubles à l’ordre public ni engendrer une croissance de la criminalité à l’égard des personnes qui vivent dans ces régions. Toujours selon Europol, 250 centres de transit clandestins ont été repérés par la police dans l’UE et des dizaines existent en dehors de l’UE. Le passage d’un migrant, de Lesbos en Allemagne coûte, début 2016, environ 2 500 €. Un faux visa Schengen de bonne qualité donnant accès à toute l’UE coûte 4 500 €. Un faux passeport plus un faux visa Schengen coûte 8 000 €. (Source : Sécurité globale, n°7, automne 2016.)
Le rêve idyllique se convertit en pires cauchemarsDans son rapport 2014 sur la «traite des personnes», l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) assure que «les flux transfrontaliers sont la plupart du temps liés à la criminalité organisée. Lorsqu’ils deviennent complexes, les flux peuvent être plus facilement soutenus par de grands groupes criminels bien organisés».
Si le transport de clandestins à travers l’Afrique ou le Moyen-Orient, puis la Méditerranée, a longtemps été l’œuvre de pêcheurs recyclés, de familles de contrebandiers ou de tribus qui traversent le désert, les sommes en jeu ont récemment attiré de plus gros poissons. «Jusqu’en 2013, les migrants nous disaient qu’ils faisaient leur voyage par étapes, et qu’à chaque étape, ils changeaient de passeurs et payaient un nouveau prix», explique Arezo Malakooti, de l’agence de conseil Altai qui travaille notamment pour l’Office international des migrations (OIM).
«Depuis 2014, nous voyons de plus en plus des migrants payer pour la totalité du voyage,
depuis chez eux jusqu’à destination. J’ai parlé à des Palestiniens qui m’ont dit avoir réglé leur voyage comme ils auraient acheté un package dans une agence de voyage. Cela prouve que des réseaux existent et gèrent toute la filière, ou au moins qu’il y a un fort degré de coopération entre différents réseaux». «L’histoire des migrations, en particulier
L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) assure que «les flux transfrontaliers sont la plupart du temps liés à la criminalité organisée. Lorsqu’ils deviennent complexes, les flux peuvent être plus facilement soutenus par de grands groupes criminels bien organisés».
Entre les espérances et la réalité, une mer de souffrance Les réseaux sociaux mis à contributionà travers la Méditerranée, est celle d’une professionnalisation progressive des passeurs», ajoute le rapport. «Désormais l’action des passeurs vont d’activités «artisanales» à des opérations très professionnelles, et souvent une combinaison des deux».
Pour Joel Milman, porte-parole de l’OIM à Genève, ces réseaux «ont manifestement des liens entre eux, parce que nous voyons par exemple des femmes passer par la Libye, que nous retrouvons ensuite employées dans la prostitution, sur les trottoirs de villes européennes».
Le démantèlement récent, surtout en Italie, de réseaux de passeurs et l’arrestation de certains d’entre eux, qui tentaient de se fondre dans la masse
des migrants et d’entrer en Europe, a permis de mieux comprendre qui étaient les acteurs de cette criminalité organisée.
Un effort incertain
Un vaste réseau de mafieux incitant des jeunes à l’immigration à Daloa, en Côte d’Ivoire, a été mis aux arrêts la police. L’information a été rendue public par le directeur général des Ivoiriens de l’étranger, Issiaka Konaté. À la salle de conférence du ministère des affaires étrangères au cours d’une campagne de sensibilisation des jeunes contre l’immigration clandestine, organisée par la jeune chambre international Abidjan Élite.
«Je viens de Daloa dans le cadre d’une campagne contre ce fléau et dans cette ville, qui enregistre un grand nombre de candidats à l’immigration clandestine, un réseau de mafieux a été mis aux arrêts. D’ailleurs, plusieurs jeunes de Daloa sont emprisonnés en Libye», a-t-il révélé devant près de 300 jeunes de la commune d’Abidjan mobilisés à cet effet.
11 01/10/22 Tout en rappelant que des efforts sont faits dans plusieurs villes dans le cadre de la sensibilisation contre ce phénomène, il soutient que d’autre solutions doivent être mises en œuvre. «Il faut
La triste réalitéassurer une formation professionnelle à ceux qui n’ont pas pu avoir accès à l’université, promouvoir l’entrepreneuriat jeune et créer des comités locaux de sensibilisation contre l’immigration clandestine». Au-delà de la Sensibilisation, il préconise la prise de sanction pour les récidivistes notoires.
La question des mafias qui agissent d’une manière presque flagrante dans les secteurs migratoires, ne peut être ni prise ou encore traitée en dehors de son contexte politico-socio-économique. Certes, il est du devoir de chaque État de combattre ce fléau, et même de l’anéantir. Mais ces efforts, bien que louables, restent plus que nécessaires, mais malheureusement insuffisants pour stopper cette forme de criminalité, ou du moins la contenir. Une approche globale, nécessite de poser la question suivante : Pour quelle(s) raison(s), des millions de jeunes, et de moins jeunes, et surtout des mineurs, pour ne pas dire des enfants, bravent des difficultés, qu’ils savent mortelles souvent ?
Pourquoi aussi, et surtout, mettent-ils leurs destins entre les mains de mafieux, qui souvent n’accomplissent jamais le service promis, et même osent exploiter leurs «clients» de manière inhumaine ?
Convaincre, ou du moins essayer, sur la base de visions sereines, et surtout réalistes, ces millions de «rêveurs» de l’Eldorado occidental, que la réalité «là-bas» au Nord, n’est nullement aussi paradisiaque que leurs fantasmes en rêvent…
Une sacrosainte règle capitaliste : Absence de la demande, entraine une absence du service…
La reine Élizabeth est décédée le jeudi 8 septembre à 96 ans à Balmoral, sa résidence préférée, et son fils Charles est devenu le nouveau souverain britannique à l’âge de 73 ans. Après plus de 70 ans de règne, comment le roi Charles tiendra les rênes du pays et quel roi serait-t-il ?
Plusieurs facteurs nous poussent à considérer le nouveau règne difficile pour le roi Charles III; premièrement, il remplacera une reine unique de son genre. Elle avait une person nalité exceptionnelle et elle était raisonnable sur beaucoup de domaines. Deuxièmement, il sera succédé par un couple jeune qui at tire l’attention du public. Troisièmement, le pays gouverné par le roi Charles est bien plus diversifié que celui dont sa mère a hé rité, et le nouveau roi servira une GrandeBretagne multiculturelle et multi religieuse. La monarchie sous Charles devra s’adapter aux bouleversements sociaux, politiques et générationnels en Grande-Bretagne même. Le Royaume-Uni est composé de près de 70 millions d’habitants dans quatre nations pro fondément divisées. Elles sont divisées par classe, génération, géographie et économie. Charles devra faire de nouveaux choix sur ce que signifie être un monarque moderne,
tout comme sa mère s’est adaptée aux cir constances en évolution rapide dans les an nées qui ont suivi la Seconde Guerre mondi ale. Son mandat sur le trône sera défini par la manière dont il répondra aux nouvelles ten sions dans les relations entre le souverain, les nations et les peuples.
En succédant la reine Elizabeth, le roi Charles III est devenu aussi le président du Commonwealth. Vers la fin du règne d’Elizabeth, certains pays commençaient à réévaluer leur relation avec la monarchie bri tannique notamment les pays des Caraïbes. A la fin de l’année 2021, la Barbade a retiré à la reine Elizabeth son titre de chef d’Etat et est devenue une république. Au début de l’année 2022, des manifestants antiroyalistes ont protesté aux Caraïbes contre la visite du prince William et de son épouse Kate, ap pelant à des réparations du Royaume-Uni pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves. La mort d’Elizabeth pourrait être l’occasion pour d’autres nations de ré examiner leur relation avec la monarchie britannique et de suivre l’exemple de la Bar bade, une fois la période de deuil terminée. Les yeux du monde habituellement se tour nent vers l’Australie et le Canada concernant
Charles III et ses frères et soeur veillent auprès du cercueil d›Elizabeth II à Londres
un tel sujet. Pour l’Australie, il n’y aura pas probablement une transition vers une répub lique avant l’année 2025 étant donné que le premier ministre australien a déclaré que la réticence à faire pression pour une république en ce moment n’est pas seulement une ques tion de respect pour l’ancienne monarque. Le dirigeant travailliste a fait une promesse préélectorale d’organiser un référendum pour reconnaître les peuples des Premières Nations d’Australie dans la constitution au cours de son premier mandat de trois ans, s’il était élu.
Interrogé à ce sujet lundi, Anthony Alba nese a déclaré : «J’ai dit à l’époque que je ne pouvais pas imaginer une circonstance où nous avons changé notre chef d’État en chef d’État australien, mais nous n’avons toujo urs pas reconnu les peuples des Premières Nations dans notre constitution. C’est donc notre priorité ce trimestre».
Concernant la Nouvelle-Zélande, comme son homologue australien, la Première ministre JacindaArdern soutient la transition de son
pays vers une république, mais elle a déclaré suite à la mort de la reine qu’elle ne pousse rait pas à ce changement à aucun moment au cours de son propre gouvernement.
Pour le Canada, en vertu de son Loi constitu tionnelle de 1982, pour rompre les liens avec la monarchie, il aurait besoin de l’approbation
Vers la fin du règne de la reine Elizabeth, certains pays commençaient à réévaluer leur relation avec la monarchie britannique notamment les pays des Caraïbes.
de la Chambre des communes et du Sénat, ainsi que du consentement unanime des 10 provinces. Mais ce serait presque impossible, car les provinces craindraient que des modi fications à la constitution signifient la cession de pouvoirs au gouvernement fédéral.
La reine Elizabeth II était appréciée par des générations de Canadiens, mais son décès et
l’ascension de son fils Charles ont ravivé un débat de longue date dans le pays, où le sout ien à la monarchie est en déclin constant. Mais contrairement à d’autres États qui ont rompu le lien avec la couronne britannique ou envisagent de le faire, le Canada restera probablement attaché à la monarchie sans meilleure raison que les règles compliquées qui régissent sa constitution.
Est-ce que le roi sera politiquement neutre ?
Charles a présenté dans le passé un en gagement politique dans plusieurs sujets d’actualité comme les questions migra toires et écologiques en plus des sujets re liés à l’architecture, l’agriculture, la santé et l’environnement.
Si le nouveau roi sera moins discret que sa mère concernant les questions politiques, il risque de compromettre son rôle constitution nel de monarque qui règne mais ne gouverne pas. Sous Elizabeth, la monarchie était flex ible et fluide qui devient ou semblant deve nir ce que les politiciens britanniques et les élites traditionnelles voulaient qu’elle soit.
Le roi Charles III à la fin de la cérémonie funèbreLe cercueil de la reine Elizabeth II le 19 sep tembre 2022 (BFMTV).
Si Charles essaie d’être plus proactif que sa mère dans la sphère politique, il aliénera probablement le public.
En fait, le roi a annoncé durant sa première allocution à la nation : « Il ne me sera plus possible de consacrer autant de temps et d’énergie aux œuvres caritatives auxquelles je tiens si profondément».
Le roi est connu par son engagement pour la cause environnementale, mais il doit réserv er sa neutralité politique comme nous avons déjà mentionné. Il s’apprête à affronter un gouvernement dont les positions sont loin de ses intérêts.
La Première ministre britannique nouvelle ment élue, Liz Truss, a annoncé sa volonté de suspendre l’interdiction de la fractura tion hydraulique pour l’extraction du gaz de schiste et souhaite revérifier l’objectif de neutralité carbone pour 2050. Charles III ne peut pas changer la situation, il peut seule ment présenter son point de vue durant les réunions confidentielles qu’ils auront chaque
semaine avec la cheffe du gouvernement, mais elle est libre de faire ce qu’elle veut. Des divergences entre le roi et la première ministre
ministre
Bien que le roi Charles III montre un intérêt notable envers l’écologie, Truss n’est cer tainement pas une première ministre con cernée par le climat. Quoiqu’elle ait été min istre de l’Environnement de 2014 à 2016, Truss montre peu d’attention aux problèmes écologiques.
Truss et Charles peuvent également s’affronter sur des questions de nationalisme et d’immigration.
De plus, l’avenir de l’union de l’Angleterre, de l’Écosse, du Pays de Galles et de l’Irlande du Nord continuera d’être cher au cœur du nouveau roi. Tout comme le maintien de bonnes relations avec les voisins interna tionaux. Truss, cependant, est déterminée à négocier avec l’UE sur le protocole d’Irlande du Nord, une approche qui pourrait mettre en danger la paix sur l’île d’Irlande. Son ap proche incisive pro-Brexit pourrait également renforcer le soutien à l’indépendance écoss aise.
Le roi Charles et Truss pourront ne pas être en accord sur le sujet relié à la pauvreté et à la cherté de vie. En fait, Charles a exprimé
ses inquiétudes face à l’augmentation du coût de la vie même pendant la période de deuil national. Cette affaire ne le mettra pas en désaccord avec Truss, car son gouvernement annoncera cette semaine des mesures pour réduire les factures d’énergie. Cependant, la
Charles III ne peut pas changer la situation, il peut seulement présenter son point de vue durant les réunions confidentielles qu’ils auront chaque semaine avec la cheffe du gouvernement, mais elle est libre de faire ce qu’elle veut.La reine a été inhumée à Windsor (BFMTV).
première ministre trouve que l’État ne doit pas s’intervenir dans la vie des gens (notam ment au niveau de l’éducation et de la san té), alors que l’organisation du roi nommée « The Prince’s Trust » est interventionniste et aide les jeunes âgés de 11 à 30 ans chômeurs et ceux en difficulté scolaire et en risque d’exclusion. De nombreux jeunes aidés par The Trust sont confrontés à des problèmes tels que l’itinérance ou des problèmes de santé mentale, ou ont eu des démêlés avec la justice.
Il est clair que le roi Charles III sera con fronté à de nombreux défis au cours de son règne, liés à de nombreux problèmes nation aux et internationaux, de sorte que le monde attendra de savoir comment le nouveau monarque les gérera tout en comparant ses pas à sa défunte mère. Cependant, cette neu tralité politique imposée à chaque monarque constituera sans aucun doute une aide pen dant les périodes complexes.
Un nouveau rapport des Nations Unies, publié il y a quelques jours, a averti du retour des conflits armés en Syrie. Le Président de la Commission d’enquête, Paulo Sergio Pinheiro, a annoncé que les Syriens «font face aujourd’hui à des difficultés croissantes insupportables, et vivent dans les ruines de ce long conflit. » Il a souligné que la Syrie «ne peut pas supporter le retour à un large combat, mais elle est peut-être sur le point de le faire». Il a aussi déclaré : «Nous avons cru à un moment donné que la guerre était complètement terminée en Syrie, mais les violations documentées prouvent le contraire».
Najat Rochdi, Envoyée spéciale adjointe pour la Syrie, a aussi considéré que le processus politique souhaité conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité ne progressera pas de manière réelle ou durable si la violence ne diminue pas. Le rapport et l’avertissement du retour de violence en Syrie peut être surprenant pour les non-syriens. Cependant, les Syriens ont parfaitement conscience que la violence n’a jamais cessé dans leur pays même si ses méthodes sont différentes. Alors que la Commission des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies avertissait du retour de la violence, un journal de l’opposition syrienne révélait un nouveau crime commis à la prison centrale d’Alep
et cette fois contre des détenus. Le journal Zaman Al-Wasl a publié des images des victimes du massacre commis par le régime syrien contre les civils non armés à la prison centrale d’Alep.
En plus des images atroces, le journal a publié deux témoignages, le premier pour un officier (qui a resté anonyme) et qui avait servi dans la prison tout au long de son siège avec le camp de l’opposition. Il était chargé de photographier et documenter les corps avant sa dissidence. Le deuxième pour un ancien prisonnier qui a témoigné ces massacres.
Il a aussi cité l’officier mentionnant qu’il a documenté environ 800 prisonniers tués soit par torture ou par balle en plus d’environ 400 détenus morts à cause de la faim et de la maladie.
Des nouvelles photos qui ont rappelé les célèbres photos de César. Même si le monde les avait oubliées, les Syriens s’en souviennent toujours. Voici de nouvelles familles qui cherchent le sort de leurs enfants détenus parmi les photos des cadavres, comme elles l’ont fait il y a des semaines lorsque les vidéos du massacre du quartier Al-Tadamon sont apparues à Damas.
À son tour, le journal français Le Monde a cité un rapport de Human Rights Watch selon lequel «environ 19 % des Syriens âgés
de 2 à 17 ans souffrent d’un handicap physique ou mental, principalement à cause de la guerre en Syrie, et le rapport indique que la plupart des personnes incluses par ce rapport sont nées après le début de 2011 (année du début de la révolution syrienne) ou peu avant, et elles n’ont pas vécu une phase sans conflit ni déplacement».
Bien que le rapport des Nations Unies parle de détentions arbitraires, de torture, de confiscation de biens, de disparitions forcées et d’insécurité parmi d’autres crimes que le régime d’Assad n’a jamais cessé de commettre, le rapport parle également de violations commises par des factions et des forces d’opposition, de Hay’at Tahrir al- Sham (Organisation de libération du Levant) (anciennement al-Nosra), à l’organisme appelé «Armée nationale syrienne», dont le rapport documente qu’il a commis des crimes similaires à l’arrestation arbitraire, au viol, au meurtre sous la torture et à la saisie de biens par le régime, en plus de cibler des militants des droits des femmes.
Le rapport n’a pas non plus négligé les violations commises par les Forces démocratiques syriennes, y compris les arrestations arbitraires, même contre des enfants, ou l’implication des enfants dans les combats, en plus des restrictions aux libertés et des atrocités pratiquées dans le camp d’al-Hol.
A titre d’exemple, quelques heures après la publication du rapport de l’ONU, les sites de médias sociaux se sont remplis d’informations sur le meurtre d’un enfant irakien qui avait cherché refuge avec sa mère en Syrie. Cette fois-ci, les histoires étaient contradictoires quant à savoir si le tueur était membre de «l’armée nationale» ou si celui qui l’héberge est un chef de faction de l’armée nationale après
avoir été détenu par les FDS et libéré récemment. Mais il est certain qu’il a kidnappé l’enfant, l’a violé, puis l’a tué et a jeté son corps.
De quelle violence parlent-ils ? Et de quel retour de violence ont-ils peur ?La violence est répandue en Syrie, peu importe comment les instigateurs tentent de renvoyer les Syriens qui se sont échappés de l’enfer vers l’enfer. Ne reste-t-il plus aux Syriens que le risque de s’échapper à nouveau, soit d’arriver sains et saufs à destination, soit de mourir noyés dans les mers ou de faim et de soif dans les forêts ?
Comment une révolution qui jadis triomphait moralement du régime avant toute autre victoire, quand elle avait élevé la voix de la justice, de la liberté et de l’égalité face au meurtre, à l’oppression et au confessionnalisme, peut-elle être représentée aujourd’hui par une poignée non moins corrompue et criminelle que le régime d’Assad? Comment peut-elle gagner aujourd’hui?
En effet, ce qui se passe en Syrie est peut-être l’atrocité la plus brutale que l’humanité ait connue depuis l’Holocauste nazi. Les Syriens ont été témoins de tout au cours de la dernière décennie et ont tout vécu. D’une grande révolution qui a redonné au mot «liberté» son vrai sens dont ils ont été privés pendant un demisiècle, à un conflit régional, international, interne, transcendant tous les principes humanitaires et juridiques, à un massacre absurde contre tout, la confession, l’opinion et la position politique, pourtant certains Syriens rêvent encore de regagner un jour leur patrie, mais ce jour ne viendra qu’après s’être débarrassés de Bachar alAssad et de ses semblables dans toutes les régions syriennes.
Comment une révolution qui jadis triomphait moralement du régime avant toute autre victoire, quand elle élevait la voix de la justice, de la liberté et de l’égalité face au meurtre, à l’oppression et au sectarisme, peutelle être représentée aujourd’hui par une poignée non moins corrompue et criminelle que le régime d’Assad? Comment peut-elle gagner aujourd’hui
La reine Elizabeth II a servi de 1952 à 2022 en tant que monarque régnant du Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles, Écosse et Irlande du Nord) et de nombreux autres royaumes et territoires, ainsi que cheffe du Commonwealth, le groupe de 53 nations souveraines qui comprend de nombreux anciens territoires britanniques. Extrêmement populaire pendant presque tout son long règne, la reine était connue pour son intérêt sérieux aux affaires gouvernementales et politiques, en dehors de ses fonctions cérémonielles. Elle a su, également, moderniser la monarchie.
En septembre 2015, Elizabeth a dépassé le record de 63 ans et 216 jours sur le trône établi par la reine Victoria (son arrière-arrière-grand-mère)
pour devenir le monarque britannique ayant eu le règne le plus long d’Europe. En février 2022, Elizabeth a célébré son jubilé de platine, marquant sept décennies de son service au Commonwealth.
Lorsque Elizabeth Alexandra Mary, la fille aînée du prince Albert, duc d’York, et son épouse, Lady Elizabeth Bowes-Lyon, est née le 21 avril 1926, elle avait apparemment peu de chances d’accéder au trône, car son père était le fils le plus jeune du roi George V.
Mais fin 1936, son oncle, le roi Édouard VIII, abdique pour épouser une divorcée américaine, Wallis Simpson. En conséquence, son père est devenu le roi George VI et «Lilibet» (comme on l’appelait dans la famille) âgée de 10 ans est devenue l’héritière présomptive du trône.
Bien qu’elle ait passé une grande partie de son enfance avec des nounous, la princesse Elizabeth a été grandement influencée par sa mère, qui lui
a inculqué une foi chrétienne pieuse ainsi qu’une compréhension approfondie des exigences de la vie royale. Sa grand-mère, la reine Mary, épouse du roi George V, a également enseigné à Elizabeth et à sa jeune sœur Margaret les subtilités de l’étiquette royale.
Éduquée par des tuteurs privés, la princesse a également étudié la musique, le droit et l’histoire britanniques, et appris à parler couramment le français. Elle a suivi une formation de guide (l’équivalent britannique des éclaireuses) et a développé une passion pour les chevaux.
En tant que reine, elle a gardé de nombreux chevaux de course pur-sang et a fréquemment assisté à des événements de course et d’élevage.
Le célèbre attachement d’Elizabeth aux corgis gallois de Pembroke a également commencé dès l’enfance et elle a possédé plus de 30 corgis au cours de son règne.
Elizabeth et Margaret ont passé une grande partie de la Seconde Guerre mondiale à vivre séparées de leurs parents dans la loge royale du château de Windsor, une forteresse médiévale à l’extérieur de Londres. En 1942, le roi nomma Elizabeth colonel honoraire dans les 500 Grenadier Guards, un régiment de l’armée royale.
Deux ans plus tard, il la nomma membre du Conseil privé et du Conseil d’État, lui permettant d’agir en son nom lorsqu’il était à l’étranger.
En 1947, peu de temps après le retour de la famille royale d’une visite officielle en Afrique du Sud et en Rhodésie, ils ont annoncé les fiançailles d’Elizabeth avec le prince Philip de Grèce, son troisième cousin (tous deux étaient arrière-arrièrepetits-enfants de la reine Victoria et du prince
La princesse Elizabeth et le prince Philip ont annoncé leurs fiançailles le 9 juillet 1947, ne leur donnant que quatre mois pour planifier leur mariage. Ils se sont rencontrés pour la première fois lors d’un autre mariage royal, de la princesse Marina de Grèce et du Danemark avec le prince George, duc de Kent, en 1934. C. Getty Images
Albert) et lieutenant dans la Royal Navy. Elle avait jeté son dévolu sur lui alors qu’elle n’avait que 13 ans, et leur relation s’est développée au fil des visites et de la correspondance pendant la guerre.
Bien que beaucoup dans le cercle royal considéraient Philip comme un partenaire imprudent en raison de son manque d’argent et de son sang étranger (allemand), Elizabeth était déterminée et très amoureuse. Ils se sont mariés le 20 novembre 1947, à l’abbaye de Westminster.
Leur premier fils, Charles (prince de Galles, puis roi Charles III) est né en 1948 ; leur fille, Anne (princesse royale) est arrivée deux ans plus tard.
Le troisième enfant et deuxième fils de la reine Elizabeth et du prince Philip, le prince Andrew, est né en 1960 et le plus jeune enfant du couple, le prince Edward, est né en 1964.
Elizabeth et Phillip étaient mariés pendant 73 ans, jusqu’à la mort du prince, en avril 2021, à l’âge de 99 ans.
Couronnement de la reine Elizabeth
Alors que l’état de santé de son père s’est dégradé en 1951, Elizabeth le remplaça dans diverses fonctions d’État. Après avoir passé ce Noël avec
la famille royale, Elizabeth et Philip sont partis en tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande, faisant une escale au Kenya en cours de route.
Ils étaient au Kenya le 6 février 1952, lorsque le roi George VI succomba à un cancer du poumon à l’âge de 56 ans, et sa fille de 25 ans devint la sixième femme de l’histoire à monter sur le trône britannique. Son couronnement officiel en tant que reine Elizabeth II a eu lieu le 2 juin 1953, à l’abbaye de Westminster.
Au cours de la première décennie de son règne, Elizabeth s’est installée dans son rôle de reine, développant un lien étroit avec le Premier ministre Winston Churchill (le premier des 15 premiers ministres avec lesquels elle travaillera pendant son règne), résistant à une catastrophe des affaires étrangères lors de la crise de Suez de 1956 et effectuant de nombreux voyages officiels à l’étranger.
En réponse aux critiques acerbes de la presse, la reine a pris des mesures pour moderniser sa propre image et celle de la monarchie, notamment en télévisant son émission annuelle de Noël pour la première fois en 1957.
Elizabeth et Philip ont eu deux autres enfants,
La canicule en Europe.
Andrew (né en 1960) et Edward (né en 1964). En 1968, Charles a été officiellement investi en tant que prince de Galles.
Le jubilé d’argent de la reine Elizabeth en 1977, marquant ses 25 ans sur le trône, s’est avéré un point positif à une époque de luttes économiques.
Toujours une voyageuse vigoureuse, elle a marqué l’occasion en parcourant quelque 56 000 milles à travers le Commonwealth, y compris les nations insulaires Fidji et Tonga, la Nouvelle-Zélande,
l’Australie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Antilles britanniques et le Canada.
En 1981, tous les regards étaient à nouveau tournés vers la famille royale alors que le prince Charles épousait Lady Diana Spencer à la cathédrale SaintPaul de Londres. Bien que le couple ait bientôt accueilli deux fils, William et Harry, leur mariage a rapidement implosé, provoquant un embarras public considérable pour la reine et toute la famille royale.
En 1992, la 40e année d’Elizabeth sur le trône et ‘’Annus Horribilis’ «»sa famille (selon un discours qu’elle a prononcé en novembre), Charles et Diana et le prince Andrew et sa femme, Sarah Ferguson, se sont séparés, tandis que la princesse Anne et son mari, Mark Philippe, ont divorcé.
Un incendie s’est également déclaré au château de Windsor la même année, et au milieu du tollé général suscité par l’utilisation des fonds publics pour restaurer la résidence royale, la reine Elizabeth
Apparition surprise de la reine Elizabeth au balcon du palais de Buckingham, au dernier jour de son jubilé de pla tine le 5 juin 2022, AFP/ HANNAH MCKAY
a accepté de payer des impôts sur ses revenus privés. Cela n’était pas requis par la loi britannique, bien que certains monarques antérieurs l’aient également fait.
À l’époque, sa fortune personnelle était estimée à 11,7 milliards de dollars. Dans une autre mesure de modernisation, elle a également accepté d’ouvrir les salles d’apparat du palais de Buckingham au public moyennant un droit d’entrée lorsqu’elle n’était pas en résidence.
Après le divorce de Charles et Diana en 1996, Diana est restée incroyablement populaire auprès du public britannique (et international). Sa mort tragique l’année suivante a déclenché une énorme vague de choc et de chagrin, ainsi que l’indignation de la famille royale accusée d’avoir maltraité la «princesse du peuple».
Bien que la reine Elizabeth ait initialement gardé la famille (y compris les princes William et Harry) hors de la vue du public à Balmoral, la réponse publique sans précédent à la mort de Diana l’a convaincue de retourner à Londres, de faire un discours télévisé sur Diana, de saluer les personnes en deuil et de permettre à l’Union Jack de voler en berne au-dessus de Buckingham
Palace.
Une monarchie moderne
La popularité de la reine et de toute la famille royale a rebondi au cours de la première décennie du 21e siècle. Bien que 2002 ait marqué le jubilé d’or de la reine Elizabeth - 50 ans sur le trônela mort de sa mère (la reine maman bien-aimée) et de sa sœur au début de cette année a jeté un
voile sur les célébrations. En 2005, la reine a bénéficié du soutien du public lorsqu’elle a donné son assentiment au mariage autrefois impensable du prince Charles avec son amour de longue date, Camilla Parker Bowles.
Au cours de sa septième décennie sur le trône, la reine Elizabeth a béni un autre mariage royal à l’abbaye de Westminster, celui du prince William à Catherine Middleton en avril 2011. Le duc et la duchesse de Cambridge ont eu trois enfants, le prince George (né en 2013), la princesse Charlotte (née en 2015) et le prince Louis (né en 2018).
En mai 2018, le prince Harry a épousé l’actrice américaine Meghan Markle, une divorcée biraciale dont l’étreinte par la famille royale a indiqué à quel point elle était devenue moderne pendant le long règne d’Elizabeth. Le couple a eu un fils, Archie Mountbatten-Windsor, en 2019, et une fille, Lilibet Diana Mountbatten-Windsor, en 2021.
Des rumeurs ont circulé à plusieurs reprises selon lesquelles la reine Elizabeth se retirerait et laisserait le prince Charles prendre le trône. En 2017, elle lui a délégué certaines de ses obligations royales, comme la cérémonie officielle du jour du Souvenir,
alimentant les spéculations selon lesquelles elle s’apprêtait à léguer le trône à son fils aîné. Au lieu de cela, elle est restée une présence constante et stable à la tête de la famille régnante britannique jusqu’à sa mort paisible en septembre 2022 dans sa résidence de campagne, le château de Balmoral. Au cours des dernières années de son règne, elle a poursuivi ses fonctions officielles, ses apparitions publiques et a passé beaucoup de temps à l’extérieur avec ses chiens et chevaux. Deux jours avant sa mort, elle a officiellement nommé Liz Truss, nouvelle Première ministre.
Les mêmes questions se posent, et même s’impo sent au sujet de l’Afrique, aussi bien concernant le continent en soi, que chaque État dans sa dimension canonique.
Certes, l’élite africaine, en a donné à plus d’une oc casion des réponses, qui se cordonnent parfois, mais se contredisent aussi.
«Majalla » a rencontré dans ce but l’académicien tu nisien, installé au Koweït, Chokri Sefi, coordinate ur du Bureau académique du Centre Européen Des Études sur le Moyen-Orient (ECMES). Cet historien de formation puise sa vision du fond du passé, mais par sa culture, embrasse une vision «globaliste» :
En Afrique, le terme «démocratie» fait miroiter une image plus portée vers les élections, et pas du tout vers les droits économiques et sociaux. Situation qui a engendré des «démocraties» stériles sur les plans économiques et sociaux. Comment expliquez-vous la chose ?
Le continent africain connait une multitude de crises structurelles, pour des causes aussi bien internes et qu’externes. En premier, celle de la démocratie, que beaucoup sur le continent noir réduisent au fait élec
toral. Cette vision ne peut, en rien, inclure le proces sus démocratique, qui est, à la fois, complexe et glo bal, que nous devons enraciner, ainsi que la bonne gouvernance, sans oublier une gestion équitable des affaires courantes. Un autre point qu’il convient de mentionner, à savoir l’extrême difficulté, à admettre un modèle politique, économique et social unique,
L’enjeu démocratique ou le mécanisme formel ou même réel de la démocratie n’est pas suffisant pour réaliser les aspirations et les rêves des Africains qui voient les richesses de leurs pays spoliées, par les gouvernants, avec une complicité étrangère, à la fois flagrante et déterminante.
Aucune idéologie importée ne peut sauver l’Afrique
pour toute l’Afrique. La réalité socioéconomique diffère, et quelques fois d’une manière totale, d’un pays à un autre, et même entre deux régions du même pays. Cette multitude, au-lieu de se convertir en dynamique, qui engendre la richesse, s’est sou vent transformée en catalyseur de crises, dont une grande partie, causée par l’intervention étrangère. Situation qui a conduit à l’échec du processus de développement local, et l’abandon de toutes les voies de la coexistence pour diverses raisons. Les aspects économiques et sociaux sont au premier plan, et les modèles rwandais et centrafricains en constituent les deux exemples les plus marquants. Le choix démocratique en Afrique souffre encore de deux handicaps : Celle des élites dans la plu part des pays africains, ainsi que la pérennité du «système colonial» sous diverses formes, notam ment l’ingérence dans les affaires intérieures de ces pays. N’oublions pas le sort du jeune leader révolutionnaire burkinabé, Thomas Sankara, qui a été assassiné par ses compagnons, après avoir tenté d’offrir une alternative à son pays, à savoir tracer, rompre les liens ancestraux avec l’ancien colonisa teur français. Avant lui, Patrice Lumumba, a été vi ctime de ses prises de position radicales concernant l’exploitation coloniale oppressive qu’a longtemps connu, son pays, le Zaïre (actuelle République Dé
mocratique du Congo).
À travers ces modèles, l’enjeu démocratique ou le mécanisme formel ou même réel de la démocratie n’est pas suffisant pour réaliser les aspirations et les rêves des Africains qui voient les richesses de leurs pays spoliées, par les gouvernants, avec une complicité étrangère, à la fois flagrante et détermi nante. Cela a conduit au désespoir, ou du moins au
Outre ce point, il semble que le sort du champ africain est resté vulnérable aux attaques des ex-colons avides de ses richesses. Situation qui perdure depuis des siècles. Même si les acteurs et les outils ont changé, l’objectif d’exploitation demeure.
pessimisme des Africains, quant à la possibilité de réaliser leurs droits légitimes au travail, à la san té et à une vie décente. Ce paradoxe entre la perte des droits et la démocratisation formelle de la scè ne politique, est devenu un syndrome africain par excellence. Avec toutes ces dernières décennies d’«indépendance» et de construction du nouvel État, la plupart des pays africains sont encore otages de mauvaises conditions sociales et économiques. La plus grande preuve de leur détérioration, est pe ut-être ce désir croissant des Africains de migrer vers le nord, à savoir l’Europe à travers une longue et route ardue semblable aux anciennes routes de la traite des esclaves…. Une option, qu’ils préfèrent, malgré les risques de mort et d’exploitation. Meilleure à leurs yeux que rester captifs de leur amère réalité. Outre ce point, il semble que le sort du champ af ricain est resté vulnérable aux attaques des ex-co lons avides de ses richesses. Situation qui perdure depuis des siècles. Même si les acteurs et les ou tils ont changé, l’objectif d’exploitation demeure. Les Américains, les Russes et les Chinois sont au jourd’hui des acteurs importants, voire décisifs, sur le continent noir.
L’État post-colonial africain a pris sa légitimité, dans sa promesse de prospérité, partage des riches ses, et respect des droits de l’individu. Comment évaluez-vous la situation ?
Une question importante et profonde, parce que la réponse constitue la clé pour comprendre les raisons qui ont entravé l’édification d’un État national à la fois solide et démocratique. Si l’on remonte à l’ère des indépendances du continent, qui s’étendait de la fin des années cinquante aux années soixante du siècle dernier, tout d’abord, ce qui était imposé aux anciens empires coloniaux n’était pas une option co loniale. Les équilibres de la Seconde Guerre mondi ale ont conduit à l’imposition d’une nouvelle réalité, qui s’est répercutée positivement sur les mouvements de libération. Le Mouvement patriotique, surtout de puis le milieu des années cinquante du siècle dernier, a pu franchir des étapes tangibles vers l’accession à l’indépendance : La bataille de Dien Bien Phu, et le déclenchement de la guerre de libération en Algérie en 1954 ont été des preuves et des effets profonds qui ont conduit à la rupture de l’hégémonie impérialiste française sur l’Afrique.
Ainsi, la plupart des pays africains ont pu accéder à leur indépendance au cours des années soixante du siècle dernier, mais le grand paradoxe est lié à l’incapacité des nouvelles élites, en grande partie révolutionnaires, à comprendre les mécanismes de la lutte contre le colonialisme et ses outils. De plus, cette hégémonie coloniale a planté ses outils d’avan ce, et a rendu impossible pour les Africains l’accès à leur indépendance, et a tout fait pour rester cet acteur principal, et partenaire incontournable, sans qui, le jeune État africain, ne peut aspirer à rien. Logique qui explique les interventions militaires, qu’on constate encore.
Il faut dire que l’époque qui a vu l’indépendance des pays africains n’était pas marquée par «ce vent de li berté», même en Europe : À commencer par la Vème République en France, et le pouvoir quasi-dictatorial, qu’a exercé le Général Charles de Gaulle, en passant par la tyrannie franquiste en Espagne, et conclure par le régime des Colonels en Grèce…. Tout com me le conflit bipolaire qui dominait le monde, et le conflit arabo-israélien qui dominait le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Avec tous les prolongements dans le continent noir. Il reste à noter que deux
modèles africains ont réussi, relativement, à respec ter les aspects économiques et sociaux : La Tunisie et le Sénégal.
Que le modèle soit libéral ou socialiste, les États africains n’ont pu engendrer le développement. Sommes-nous devant une mauvaise application du choix (libéral ou socialiste), ou devant un mauvais choix, tout court ?
Les pays africains ont importé de nombreux modè les de développement, et ont mis en application une multitude de théories. Par contre, sans donner une grande importance aux capacités locales, et surtout sans essayer de développer l’exploitation des richesses locales. Au contraire même, hormis quelques rares expériences, le schéma est resté le même : Exportation des richesses brutes ou une transformation que dicte le coût du transport, tout en laissant aux pays importateurs le privilège d’en tirer la valeur ajoutée la plus importante. Ceci limite la disposition de convertir ces richesses en levier réel pour l’économie du pays.
Le libéralisme économique partiel ou formel, d’une part, et les applications socialistes stériles et tex tuelles des modèles de développement, n’ont pas tenu leurs promesses. À titre d’exemple, dans un continent converti en champ d’expérience, tous les pays partagent la tyrannie, sous toutes ses formes. Aussi bien, le culte de la personne, ou la vénération d’un groupe, essentiellement suite aux putschs mi
litaires, sous des slogans qui vénèrent la réforme, la révolution, et la démocratie. Dans tout cas, divers facteurs économiques, sociaux, politiques et cultu rels concourent à contrecarrer les voies qui auraient pu conduire ces soi-disant États nationaux à un me illeur destin pour leurs peuples. Reste que le choix des tenants du pouvoir, s’est limité à une mainmise exclusive du pouvoir, avec tous les abus qui vont avec. Sans oublier l’enrichissement, le clientélisme outrageux et la limitation des intérêts à une classe dirigeante aux titres multiples comme la famille et le militarisme…
Les investissements et les échanges commerciaux des pays africains, se font pour plus de 75% avec des partenaires non-africains. Comment exp liquez-vous ce phénomène ? Surtout en remédier.
Ce sont les plus importants dilemmes, que ren contrent les pays africains : Celui de la dépendance économique à l’extérieur, aussi bien à travers des échanges inégaux, qu’un déséquilibre de la balance commerciale. Les pays africains sont, à grande ma jorité, déficitaire face à l’Europe, les États-Unis, la Chine, l’Inde et un grand nombre d’autres pays. Ce déficit a vite étranglé les rares expériences écono miques, qui ont visé l’instauration d’une industrie indépendante, et même concurrente des produits importés de ces pays riches. Situation qui n’a fait que hausser le nombre des chômeurs et des préten dants à l’immigration.
L’Afrique porte l’image des «aides», malgré une ri chesse plus que conséquente. Comment convertir les richesses en développement ?
Malheureusement, l’image de l’Afrique se rapporte à l’aide sous toutes ses formes, alimentaire, médi cale, sanitaire et économique. L’ironie en la matière est que l’Afrique est convoitée par toutes les forces économiques, passées et présentes. Elle est la terre de diverses matières premières, et c’est un champ naturel fertile qui peut devenir l’une des principales
économique partiel ou formel, d’une part, et
socialistes stériles et
des modèles de
n’ont pas tenu leurs
sources de nourriture pour la planète, et une issue pour sa crise climatique.
Difficile d’avoir des certitudes concernant la ques tion de l’articulation entre richesses naturelles et développement, car il faut des étapes intermédiaires pour transformer ces énergies en facteurs de puis sance économique pour le continent.
Le problème réside dans les aspects structurels et non-circonstanciels de la crise. Pour la régler, il faut en rechercher les racines. Je ne vois pas dans ce domaine une alternative aux réformes simultanées et profondes qui incluent les infrastructures, l’édu cation, la formation et la santé. Aussi œuvrer à l’au tosuffisance en soutenant le secteur agricole et en réformant le secteur industriel au lieu de se con centrer sur le tiers secteur des services, plus fragile et touché par les crises internationales.
Le monde entier est entré en état d’alerte à cause du Coronavirus, sans trop accorder l’importance qu’il faut, à Ébola ou au paludisme, entre autres. Comment expliquez-vous la chose?
La propagation des épidémies ne constitue pas un nouveau phénomène. De tous les temps, l’humani té en a souffert. L’exemple de la Covid-19, montre
comment les pays du tiers-monde, y compris l’Af rique, ne sont pas émetteurs, mais plutôt victimes.
À savoir, une pandémie qui a traversé les frontières.
Il est vrai que les pays riches, ont accordé, de loin, plus d’importance, qu’au virus qui touchent les «périphéries du monde». Ébola, le Sida, le paludis me, et d’autres maladies sévissent encore dans ces régions, y compris en Afrique, et tuent bon nombre de ses habitants en l’absence de politiques de san té claires, d’une vie décente et d’une alimentation adéquate.
De ce point de vue, la position de l’Afrique et de l’Asie périphériques par rapport aux positions des pays développés situés au centre du monde, n’est pas géographique, mais développementale, écono mique, politique et militaire. Ainsi, nous sommes confrontés à des mondes différents pour des raisons différentes, qui sont sous l’influence des centres fi nanciers, des lobbies politiques et économiques, des armes, du pétrole et du gaz. Il n’y a de salut pour ces pays, que ce soit en Afrique, en Asie ou en Amé rique du Sud, que par l’autosuffisance, en changeant le mode de développement, en accordant une im portance appropriée à tous les secteurs vitaux, et en acquérant des papiers de pression pour négocier le sort et l’avenir de ces peuples.
Par : La Majalla
Le parcours historique du Tchad, depuis l’autonomie en 1958, et l’indépendance, en 1960, de la France, se distingue par une insta bilité chronique. À savoir, niveau de vie entre très bas, tant le pays est parmi les «lanternes rouges», concernant le développement, la santé, et l’éducation. De même, une succession de pris es, mais aussi de reprises du pouvoir par la force. Dans cette république, le facteur tribal et eth nique reste déterminant, aussi bien pour disposer du sol, que pour diriger le pays.
Un cocktail déjà assez dangereux : La misère mariée à une coexistence assez difficile entre plus de 200 groupes ethniques différents.
Des frontières plus que «brûlantes»…
Avec une Armée qui a toujours pesé, et même très lourd, sur l’échiquier politique, avec plus ieurs putschs, la force constitue l’unique moyen, aussi bien pour maintenir le régime en place que le déloger… Sans oublier la fatale «interaction» avec les conflits, qui sévissent toujours dans les pays voisins, les Tchadiens, comprendre les forces politico-militaires ont toujours été tentées d’y prendre part. Constamment par crainte de subir les conséquences, que l’envie de rentabi liser cette présence.
En Libye, pays en proie à une «guerre civile » qui ne dit pas son nom, les Tchadiens sont accusés d’y prendre part, aussi bien en «mercenaires » que des mouvements bien structurés.
L’est du Soudan instable, avec une frontière qui n’existe que sur les manuels scolaires, l’interaction est très forte. Surtout avec le Dar four, qui vit un massacre après l’autre.
Le pays est régulièrement le théâtre de troubles géopolitiques majeurs. À partir de 2003, le Tch ad ne parvient pas à faire face aux centaines de milliers de réfugiés soudanais qui vivent dans l’est du pays, à cause de la guerre du Darfour. Entre 2005 et 2010, le pays est en proie à une troisième guerre civile liée à des dissensions internes. Enfin, il subit les conséquences de la deuxième guerre civile libyenne (2014-2020).
De la République centrafricaine au sud, du Ni ger à l’ouest, du Nigeria à l’ouest-sud-ouest et du Cameroun au sud-sud-ouest, la situation n’est
guère meilleure. Sans oublier la situation des «trois frontières» (frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso), est à l’image d’un volcan, qui se réveille par moments, avec un gronde ment étourdissant, mais dont on attend toujours la «grande explosion»…
Aussi bien à travers les médias, que sur le ter rain, il est presque impossible de décerner à chaque fois, qui est qui, et qui fait quoi. Dans tout le Sahel, les «terroristes » s’adonnent à la contrebande, aussi bien pour garnir leur trésor de guerre, que surtout mettre la main sur la seule et l’unique «industrie lourde » de la région, et de ce fait s’assurer une mainmise sur tous les acteurs. Les contrebandiers, quant à eux, ils sont aussi bien armés que les «terroristes » et n’hésitent guère de cribler de balles, celui ou ceux, qui veu lent entraver leurs activités. Ils se croisent bien avec les terroristes, sur un point au moins : Les frontières ne sont que des traçages opérés par les «mécréants» pour diviser les populations… Cha cun des deux en trouve son compte. Reste l’Armée tchadienne, même si elle jouit d’un «prestige militaire» assez honorable dans tout le Sahel, reste toujours une armée malpayée, sous équipée. Et surtout plus obéissante au chef direct, qu’au service de la «République du Tchad», surtout si ce chef direct est de la même ethnie.
Avec une Armée qui a toujours pesé, et même très lourd, sur l’échiquier politique, avec plusieurs putschs, la force constitue l’unique
aussi bien pour
le
en
que
La misère sous le soleil
L’économie du Tchad est très dépendante de la production de matières premières, minérales et agricoles. Renforçant considérablement les res sources financières de l’État, le pays est devenu exportateur de pétrole à partir de 2003, alors que son économie reposait jusqu’alors principale ment sur la production de coton, d’arachide, de gomme arabique et de bœuf. Le produit intérieur brut (PIB) du Tchad est de 12,345 milliards de dollars en 2021.
Dans son rapport annuel de 2021, le Programme des Nations unies pour le développement classe le Tchad comme le deuxième pays le moins développé au monde (après le Soudan du Sud), malgré une augmentation de son IDH depuis 2000 en passant de 0,291 à 0,394. Le Tchad reste (d’après ce rapport et bien d’autres) l’un des pays les plus pauvres et les plus corrompus du monde ; la plupart de ses habitants vivent dans la pauvreté en tant qu’éleveurs et agriculteurs de subsistance.
Si un choix devrait être fait concernant la classe politico-militaire tchadienne, post-coloniale, Idriss Déby Itno, dispose de toutes les chances
d’être en tête, car il a défié la chronique, bien avant de diriger le Tchad, en étant à sa tête aussi, mais surtout après sa mort, ou plus précisément avec sa mort. Ce fils d’un berger pauvre du clan bideyat faisant partie du groupe ethnique zagha wa que l’on trouve des deux côtés de la frontière tchado-soudanaise.
En entrant à l’école d’officiers de N’Djaména puis avec une licence de pilote professionnel en France (spécialité transport des troupes) à l’Institut aéronautique Amaury de la Grange, en
Dans tout le Sahel, les «terroristes » s’adonnent à la contrebande, aussi bien pour garnir leur trésor de guerre, que surtout mettre la main sur la seule et l’unique «industrie lourde » de la région, et de ce fait s’assurer une mainmise sur tous les acteurs.
Le Maréchal du deux ième pays le plus pauvre au monde.Des armes pour se défen dre, et pour attaquer….
1976, Idriss Déby Itno se place sur l’échiquier politico-militaire, aux côtés du président Félix Malloum jusqu’à sa chute en 1979.
Ses forces s’emparent de N’Djaména, le 1er décembre 1990. Déby est alors porté à la prési dence du Conseil d’État, puis désigné président
de la République par son mouvement, alors transformé en parti politique.
Lors de son investiture, il promet la tenue d’une conférence nationale ayant pour tâche principale l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Il fait adopter dès février 1991 une Charte nationale qui pose les principes directeurs de l’État tcha dien et les bases d’une réforme institutionnelle.
La charte servira de loi fondamentale jusqu’à la promulgation de la Constitution le 14 avril 1996. Il est parallèlement promu général de corps d’armée en 1995.
Après cinq mandats, et une présidence assez tumultueuse, il est mortellement blessé sur le front, entre le 17 et le 19 avril 2021.
Un conseil militaire de transition dirigé par un de ses fils, Mahamat Idriss Déby, commandant de la garde présidentielle, est chargé de le rem placer.
Belote… Rebelote…
Le jeune et nouveau président, a hérité une charge plus que lourde : Colmater les brèches ouvertes par la mort de son père au combat, as surer une présence qui peut à la fois convaincre
Lors de son investiture, Idriss Déby Itno promet la tenue d’une conférence nationale ayant pour tâche principale l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Il fait adopter dès février 1991 une Charte nationale qui pose les principes directeurs de l’État tchadien et les bases d’une réforme institutionnelle.
ses sympathisants, qu’il est le «digne fils de son père», et à la fois, remettre de l’ordre dans la vie économique, d’un peuple qui vit une misère sans mesure.
Idriss Déby ItnoEn donnant ce samedi 20 août 2022, le coup d’envoi du dialogue national inclusif, le nouvel homme fort, et chef de la junte au pouvoir du Tchad, annonce avoir pour objectif de «tourner la page » de la transition et permettre d’organiser des «élections libres et démocratiques». Toute fois, certains groupes armés, et de la société civ ile, n’ont pas voulu y assister.
Il est plus que certain que ce «Dialogue national inclusif» est mal au point. Des initiateurs veulent garder l’espoir, tout en cherchant à minimiser les dégâts, car personne ne considère pas possible un ralliement «inclusif» de toutes les forces politicomilitaires.
De la grandeur de sa dimension stratégique an noncée, et certainement supposée, le pouvoir en place à N’Djaména, s’est résigné qu’il peut en tirer de ce dialogue que des gains d’ordre tac tique, ou même temporaire.
Deux choses entravent ce dialogue :
Le poids du passé : La violence, a toujours ryth mé l’action politico-militaire. Mais rares dans cette classe, ceux qui tiennent parole. D’alliances qui se disent indéfectibles, comme celles entre Idriss Déby Itno, et Hissène Habré, mais finissent constamment dans le sang.
L’insoutenable légèreté de la démocratie : Dans un pays, où l’arrivée au pouvoir se faisait dans la violence, personne ne peut (réellement) im aginer autre(s) outil(s) pour, en premier, sélec tion l’élite qui servira le pays, pendant un man dat, et en second, diriger sans se référer à aucune référence tribale et/ou familiale, sans oublier le clientélisme.
Quel avenir pour ces enfants, entre misère et guerres civiles ?
Dans un pays, où l’arrivée au pouvoir se faisait dans la violence, personne ne peut (réellement) imaginer autre(s) outil(s) pour, en premier, sélection l’élite qui servira le pays, pendant un mandat, et en second, diriger sans se référer à aucune référence tribale et/ou familiale, sans oublier le clientélisme.
La loi du hasard joue un rôle majeur dans la vie des peuples, comme l’ascension de Nasser Salah al-Din au trône d’Égypte après la mort de son oncle, Asad al-Din Shirkuh, et l’investiture du sultan Fouad I, en tant que Sultan d’Égypte, ainsi que la succession d’al-Nahhas Pacha au leader Saad Zagloul. Sans oublier Anwar Sadat, qui a gouverné l’Égypte après Abdel Nasser. La reine Elizabeth II a bien bénéficié de cette loi du hasard. Son père, le roi George VI, est monté sur le trône, suite à l’abdication de son frère Edward VIII qui voulait épouser l’américaine Lady Sampson, déjà divorcée deux fois, et ce, moins d’un an après son investiture pour succéder à leur père.
Parce que le roi d’Angleterre est à la fois le chef de l’Église évangélique, il ne peut avoir pour épouse, qui prendra le titre de reine, déjà mariée, qu’elle soit divorcée ou veuve. Suite au refus de l’Église de lui donner l’accord d’épouser sa maîtresse, Lady Sampson, il n’a pas hésité d’abdiquer, s’exiler volontairement en France, et filer le parfait amour avec sa femme. Ainsi, est monté au trône George VI, père d’Elizabeth II. Il faut noter que ce dernier n’était nullement pressenti pour accéder pour jouer ce rôle. Son frère Edward VIII était jeune encore, et devait engendrer une progéniture, digne de porter la couronne. De ce fait, le père de la reine Elizabeth, ne disposait
d’aucune chose pour devenir roi. Sans compter sur le hasard, qui a fait passer la couronne d’Edouard VIII à son frère George VI, décédé au début de la cinquantaine. La couronne est passée, de la sorte, à la princesse Elizabeth à l’âge de 26 ans, qui a épousé le prince Philip. Ce dernier a changé sa doctrine grecque orthodoxe en évangélique afin d’épouser cette princesse, qui portait le nom d’Elizabeth II.
Parce que l’amour est le plus fort, Philip a renoncé aussi, à ses titres grecs et danois en signe d’amour pour la princesse. Il n’a pas invité ses trois sœurs, mariées à des dignitaires allemands. Sa décision vient en respect au sentiment général d’hostilité chez les Britanniques envers les Allemands.
La famille royale a changé son nom de Hanovre, qu’a porté la reine Victoria, jusqu’à la Première Guerre mondiale, lorsque l’Allemagne a dirigé les pays de l’Axe. Il n’était plus approprié de conserver un nom allemand dans la famille royale britannique, alors le roi George V, grand-père de feu la reine Elizabeth II, a émis une ordonnance pour changer le nom de famille en Windsor. Ainsi, les rois de GrandeBretagne ont manifesté du respect, en réponse au sentiment populaire. Ceci, dans le but de préserver la stabilité de la Grande-Bretagne, sur laquelle le soleil ne se couchait jamais. De
la sorte, ont été établies de grandes traditions qui se sont enracinées dans la conscience des Anglais depuis l’invasion normande, par Guillaume le Conquérant. Ces traditions ont assuré la sécurité, la sûreté et la prospérité aux Britanniques. Ils ont quitté leur île pour gouverner le monde au nom d’un roi ou d’une reine. Rien d’étonnant que ce royaume ait connu son apogée du temps de la reine Victoria, qui est restée sur le trône pendant soixantetrois ans. Dépassée par la reine Elizabeth II, qui a gouverné la GrandeBretagne durant soixante-dix ans, pleins de changements énormes qui ont affecté le monde et les Anglais. La plupart des pays qui constituaient autrefois l’Empire britannique sont devenus indépendants, bien qu’ils soient restés dans une association ténue par la Grande-Bretagne, appelée le Commonwealth. Je pense que ceci constitue le désir de la reine Elizabeth II de démanteler l’empire progressivement, surtout depuis la fin de l’ère coloniale. De même, les vents du changement ont soufflé sur le monde, avec un recul britannique et l’avènement de l’ère américaine. De ce fait, la défunte reine a décidé d’accompagner les changements, même graduellement, en particulier, la révolution des communications, le génie génétique, la révolution de l’information, la disparition de l’Union soviétique, et enfin les répercussions
de la Covid-19, et le confinement qui a catalysé la vie des gens. Cependant, la reine n’était pas loin du sentiment populaire, car elle avait été formée au sein d’une ancestrale famille royale, et avait hérité de l’amour de la patrie. La reine Elizabeth a appris de son père l’attachement à la terre et au peuple, a donc refusé que la famille royale quitte Londres pendant la Seconde Guerre mondiale. Tout le contraire, les membres de cette famille se sont portés volontaires dans les hôpitaux pour soigner les blessés et consoler ceux dont les maisons ont été démolies. Les princesses, sous l’égide de la reine-mère, effectuaient des visites aux zones sinistrées. Elles récoltaient des dons pour consolider l’effort de guerre. Ceci a permis à la future reine d’acquérir une riche expérience, qui lui a parmi de faire face à des «grosses pointures» de la politique de son pays. En premier, Winston Churchill, qui fut le Premier ministre nommé par la reine Elizabeth II. Pendant soixante-dix ans, elle fit preuve de sagesse et fut attachée aux traditions royales dans la mesure où elle exerça ses fonctions jusqu’à son dernier souffle. Elle nomma la dernière Première ministre deux jours avant sa mort, ce qui prouve le souci de la famille royale de travailler jusqu’au dernier moment, pour constituer la dernière légende britannique. Adieu, reine de la sérendipité.
La reine n’était pas loin du sentiment populaire, car elle avait été formée au sein d’une ancestrale famille royale, et avait hérité de l’amour de la patrie. La reine Elizabeth a appris de son père l’attachement à la terre et au peuple
Les manifestations antigouvernementales en Iran suite à la mort d’une jeune femme âgée de 22 ans en garde à vue s’intensifient. Selon des groupes de défense des droits de l’homme, les protestations qui ont balayé tout le pays ont coûté la vie à 41 personnes. Il s’agit de l’une des plus grandes manifestations de défi au pouvoir de la République islamique depuis des années et surviennent alors que le président Ebrahim Raisi est à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies. Elles ont éclaté le week-end dernier, suite à la mort de Mahsa Amini, détenue par la police des mœurs de Téhéran, après l’avoir accusée d’avoir enfreint la loi sur les foulards.
Depuis le début des manifestations, plus de 700 personnes ont été arrêtées dans une seule province du nord et selon le bilan officiel iranien non détaillé incluant manifestants et forces de l’ordre, 41 personnes ont été tuées en neuf jours de protestations. Mais le bilan pourrait être plus lourd, l’ONG Iran Human Rights basée à Oslo faisant état d’au moins 54 manifestants tués.
Les manifestations antigouvernementales en Iran suite à la mort d’une jeune femme âgée de 22 ans en garde à vue s’intensifient.
Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) basé aux États-Unis, 17 journalistes ont été arrêtés en Iran depuis le début des protestations. Certains manifestants iraniens ont riposté aux forces de l’ordre, les pourchassant dans la rue avec des pierres. À Ispahan et à Téhéran, des manifestants ont incendié des voitures et des motos de police et à Kerman, ils ont encerclé un policier et l’ont battu. Des Iraniennes ont également brûlé des hijabs pour protester contre les restrictions religieuses et sociales ainsi que la loi, qui oblige toutes les femmes ayant dépassé l’âge de la puberté à porter un couvre-chef et des vêtements amples.
Le gouvernement de M. Raisi a déclenché un déploiement massif des forces de sécurité, y compris des policiers anti-émeute et la milice Basij en civil, pour réprimer les manifestants.
Le service Internet et cellulaire a été interrompu
Des manifestantes, le 20 septembre, dans les rues d’Istanbul, en Turquie, dénoncent la mort de l’Iranienne Masha Amini, 22 ans, arrêtée par la police des mœurs à Téhéran, le 13 septembre, et décédée quelques jours plus tard. © Ozan Kose, AFP
dans les quartiers où il y a eu des manifestations. L’accès à Instagram, largement utilisé par les manifestants, a également été restreint. «Pour des raisons de sécurité, les autorités compétentes peuvent imposer certaines restrictions sur la vitesse d’Internet», a déclaré le ministre iranien des technologies de l’information et des communications, Issa Zarepour, dans un communiqué. Des déclarations qui n’ont pas plu au chef de la diplomatie européenne Josep Borrell qui a condamné «la décision des autorités iraniennes de restreindre drastiquement l’accès à internet et de bloquer les plateformes de messagerie instantanée qui constitue une violation flagrante de la liberté d’expression». La mort de Mahsa Amini, le 16 septembre, arrêtée le 13 septembre, à Téhéran, pour «port inapproprié des vêtements» dans la République islamique, a attiré l’attention internationale et a fait d’elle un symbole du traitement restrictif et violent des femmes en Iran. À l’étranger, des manifestations soutenant les mouvements de protestation en Iran ont eu lieu dans plusieurs pays, à l’instar du Canada, des États-Unis, le Chili, la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Irak.
«La colère dans les rues est palpable», a déclaré Jasmin Ramsey, directrice adjointe du Centre pour les droits de l’homme en Iran, une organisation à but non lucratif basée à New York, ajoutant que les manifestations étaient un «point culminant des cinq dernières années où toutes les composantes de la société – ouvriers, enseignants, retraités, étudiants et gens ordinaires du monde entier – ont tenté d’appeler à la fin de l’oppression en Iran malgré la violente répression de l’État». Dans la ville de Kerman, dans le sud-est, une vidéo montrait une femme se coupant les cheveux devant une foule rugissante. Dans le sud, dans la ville de Shiraz, une autre vidéo a montré une femme âgée qui criait s’adressant à un sécuritaire
À l’étranger, des manifestations soutenant les mouvements de protestation en Iran ont eu lieu dans plusieurs pays.
«Si vous pensez que vous êtes un homme, venez me tuer. Les étudiants universitaires se sont rassemblés au niveau des campus de Téhéran en scandant «» Meurtres après meurtres, au diable la police des mœurs!»
«Ce sont tous des actes punissables par la loi», a réagi Mme Ramsey lors d’un entretien téléphonique, faisant référence aux vidéos. De son côté, la haute-commissaire par intérim des Nations unies aux droits de l’homme, Nada
Al-Nashif, a condamné la «réponse violente» «des forces de sécurité aux manifestations et a appelé à une enquête indépendante. «Les autorités doivent cesser de cibler, de harceler et de détenir les femmes qui ne respectent pas les règles du hijab», a martelé Al-Nashif, dans un communiqué. Cependant, les autorités iraniennes affirment que la jeune femme est décédée d’une crise cardiaque et ont démenti les accusations selon lesquelles elle aurait reçu des coups à la tête dans un centre de détention. Sa famille a déclaré aux médias qu’elle était en bonne santé au moment de son arrestation. Les protestations n’ont pas été abordées par le chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, qui a prononcé un discours, mercredi 21 septembre 2022, lors d’un événement commémorant les anciens combattants de la guerre Iran-Irak. Dans un effort pour freiner le contrecoup, un représentant du guide suprême s’est rendu au domicile familial de Mme Amini, selon les médias officiels. «Votre fille est comme ma propre fille, et j’ai le sentiment que cet incident est arrivé à l’un de mes proches», a-t-il déclaré.
Les autorités iraniennes affirment que la jeune femme est décédée d’une crise cardiaque et ont démenti les accusations selon lesquelles elle aurait reçu des coups à la tête dans un centre de détention.
Il est rare qu’une œuvre cinématographique puisse marquer son créateur, autant qu’a pu le faire le film «Ashes» pour Mehdi Ajroudi. Il faut le préciser, remporter quatre prix à la cérémonie annuelle des Independent Shorts Awards (ISA) 2022, organisée, dimanche 18 septembre, à Hollywood (Los Angeles), ne court pas les salles du cinéma. Dans la catégorie «Best Drama», Ashes a gagné le prix du meilleur film dramatique, le prix du meilleur acteur dans un second rôle (Marc Andreoni), le prix de la meilleure pho tographie (Sofian El Fani) et le prix de la meilleure musique originale (Léo Vincent).
Une liste de 68 prix a été attribuée aux films en compétit ion qui compte treize catégories. Tous les films finalistes des prix annuels des Independent Shorts Awards ont été projetés sur deux jours, les 17 et 18 septembre aux Raleigh studios Hollywood.
Les films nominés ont été sélectionnés parmi les finalistes des 12 cycles mensuels, entre mai 2021 et avril 2022. Les œuvres finalistes ont été choisies parmi un total de 4 349
films de 86 pays.
Projeté dimanche, le film tunisien gagnant (Ashes) a fait sa première à Los Angeles.
Ashes et Korrinty, ont fait leur première tunisienne aux Journées cinématographiques de Carthage (JCC) 2021 dans la section Regard sur le cinéma tunisien.
Les deux jeunes cinéastes tunisiens finalistes des ISA sont à leurs premiers films. Mehdi Ajroudi, franco-tunisien, est un enfant du cinéma américain qui a fait ses études supérieures aux Etats-Unis. Aziz Chennaoui est formé dans les Ecoles de cinéma tunisiennes, canadiennes et belges.
Le duo de cinéastes partage la même passion pour un ci néma indépendant. Les deux se croisent dans leur style de narration d’un genre où seule la créativité et la maîtrise des outils cinématographiques priment.
L’Acteur et le réalisateur Mehdi AjroudiLe court-métrage de
«Ashes» de
quatre prix à
cérémonie annuelle des Independent Shorts Awards (ISA) 2022 organisée à Hollywood - Los Angeles
Une œuvre 100% tunisienne
Mehdy Ajroudi fait partie de cette jeune génération de réalisateurs qui pourront injecter du sang neuf dans le ci néma tunisien, d’autant plus que, de par sa formation aux États-Unis, il pourrait enrichir le paysage avec une écriture somme toute fraîche et qu’il sait s’adapter à notre cultu re. Ce court-métrage le prouve… Acteur, scénariste, il est aussi coréalisateur (avec Lewis Martin Soucy) de «Cend res» tourné à la fin de l’an 2020 dans le Sud tunisien avec une équipe technique tunisienne à 100%, notamment avec Sofiane El Fani à l’image et Moncef Taleb au son. Ce jeune artiste précise qu’«il a écrit l’œuvre avec la comp licité de Moez Belhassen. L’histoire d’«un ancien soldat français hanté par sa mémoire qui décide un jour de prend
re ses affaires et d’aller en Tunisie pour visiter Ksar Ghi lane (Sud tunisien).
Une écriture qui choisit la clarté dans le schéma narratif, déchargé de toutes les tares qui pourraient alourdir cette histoire qui se passe entre l’époque coloniale tunisienne et l’époque actuelle. Une écriture qui donne sa place au visu el, à l’action et au suspense qui ne tombe pas dans le côté aguicheur et commercial en gardant au centre le noyau de l’histoire grâce à l’interprétation irréprochable des deux principaux acteurs, Mehdy Ajroudi et Marc Andréoni. On ne tarde pas à être «très vite dedans !», et c’est peut-être l’un de ces défis de ce court-métrage qui, dans à peine une vingtaine de minutes, saisit les spectateurs.
Un film sur l’impossible rédemption, mais aussi sur le sens du pardon face aux atrocités commises par les militaires dans le passé sur notre terre. Dans une interview accordée aux médias tunisiens, lors du tournage, Mehdy Ajroudi a déclaré : «L’idée de base était d’écrire un film sur l’Histoi re tunisienne et de mettre en avant notre pays. J’ai voulu prendre à contresens le thème d’actualité repris par tout le monde, celui des jeunes qui partent clandestinement en Europe. J’ai choisi les gens qui se sont battus pour que notre pays soit notre territoire».
Mais à aucun moment, le film ne politise pas l’affaire pour en faire un discours, et c’est certainement là où se trouve toute la magie du cinéma, et ce qui le distingue de tous les autres écrans… C’est simplement l’histoire d’un homme à la recherche de la rédemption, écrite par un jeune homme passionné par l’écriture et le cinéma.
Depuis 2021, le film a été sélectionné dans 30 festivals et a remporté 17 prix internationaux. Sa première participa tion était à Singapore où il a remporté le prix du meilleur nouveau réalisateur.
Investir dans l’excellence, à la manière de Hollywood… Bien avant que ce film ne soit prêt à la diffusion, et es sentiellement en phase de tournage, le producteur de cette œuvre, Mohamed Ayachi Ajroudi, disposait déjà d’une foi inébranlable, bien avant le tour des festivals, et les succès obtenus, principalement l’Independent Shorts Awards. Il a tenu à préciser devant les médias tunisiens, déjà en 2021, dans une forme de voyance, dans un ton d’une cer titude inébranlable : «Nous voulons faire un film à l’amé ricaine, donc, nous n’avons pas hésité à mettre les moyens
nécessaires», avant d’ajouter que le tournage «a fait bouger la vie à Tozeur (Sud-ouest de la Tunisie) et Matmata (Sudest). Une semaine, très chargée qui nous a permis de lancer la machine pour d’autres films. Je pense que le cinéma en Tunisie peut devenir une industrie majeure, pour cela, il faut travailler et mettre tous les moyens financiers et ad ministratifs».
Les Independant Shorts Awards (ISA) de l’IMDb sont un festival international du film avec des projections mensu elles et des projections annuelles. La cérémonie officielle est également organisée, à Hollywood, pour la remise des prix aux films gagnants.
L’IMDb (Internet MovieDatabase), propriété du géant du e-commerce Amazon, est une base de données en ligne qui offre des informations sur le cinéma dans le monde aussi bien que la télévision et les jeux vidéo. Chaque saison, les films candidats sont jugés par un comité de sélection com posé d’experts académiques et de l’industrie du film, selon des normes d’évaluation assez élevés.
Les gagnants mensuels sont automatiquement qualifiés pour la compétition et les projections organisées lors de la cérémonie annuelle. Certains d’entre eux sont invités aux cérémonies mensuelles et les gagnants sont également invités à joindre la chaine de télé des Indépendant Shorts Awards.
Pendant le tournage du film - Ashes
Il ne fait aucun doute que l’équipe nationale marocaine se prépare bien pour la Coupe du monde 2022, tant elle avait auparavant réussi à réserver sa place, après avoir réalisé une belle performance qui a conduit à sa victoire sur la Répub lique démocratique du Congo, en avril dernier, sur le score cumulé de 5 à 2, lors du match retour, du tour décisif des qualificatifs africains pour la prochaine Coupe du monde. Ainsi, les «Lions de l’Atlas» ont pu surmonter tous les ob stacles et problèmes qu’ils ont rencontrés sur le chemin pour atteindre la Coupe du monde, pour enregistrer leur sixième présence. L’équipe nationale marocaine a déjà enregistré des résultats différents lors de ses cinq participations pré cédentes, mais dans certaines, elle a réussi à s’imposer. Il est prévu que l’équipe nationale marocaine disputera la Coupe du monde 2022 dans le groupe F, aux côtés de la Belgique, de la Croatie et du Canada.
Cette participation intervient en pleine attente des fans de football au Maroc, de l’identité du nouvel entraîneur qui dirigera l’équipe nationale marocaine lors des prochaines manifestations, notamment la Coupe du monde 2022, après le limogeage de l’entraîneur franco-bosniaque Vahid Halil hodzic. La décision de se passer de ce dernier, est interve nue à environ 3 mois de la date de ce rendez-vous interna tional du football, une décision qui a soulevé de nombreuses questions et inquiétudes parmi ceux qui suivent le football au Maroc, craignant que ses effets ne se répercutent sur les préparatifs des «Lions de l’Atlas» pour cette compétition mondiale.
Pour en savoir plus sur le développement de ce sport au Maroc et sur les chances des «Lions de l’Atlas» d’atteindre des positions avancées lors de la Coupe du monde 2022, La «Majalla» a interviewé l’entraîneur marocain Abderrazak Hamdouchi.
Comment évaluez-vous la situation du football au Maroc et dans le Monde Arabe ?
Le football au Maroc est dans un état de prospérité, puisque le président de la Fédération Royale Marocaine de Football,
Faouzi Lakjaa, a travaillé au développement de ce sport, de sorte qu’il a connu des progrès dans tous les domaines, de la réhabilitation des stades et des infrastructures, à la créa tion du plus grand centre d’entraînement en Afrique…. La meilleure preuve de cette évolution est les résultats obtenus par toutes les catégories de l’équipe marocaine, ainsi que la domination des équipes marocaines dans les coupes, afric aine et arabe. L’équipe marocaine a retrouvé son prestige en tant que premier pays africain et arabe à pouvoir passer le premier tour de la Coupe du monde. Même le champi onnat national est devenu pleinement professionnel, et l’on note un engouement des équipes européennes et arabes, qui s’activent pour s’arracher les talents de la Ligue marocaine. Aussi, le joueur arabe a prouvé sa présence dans toutes les ligues européennes, et c’est la preuve du développement de ce football. On remarque aisément la présence d’un brillant talant arabe, au moins, dans chaque club européen.
L’entraîneur ma rocain Abderrazak HamdouchiQuelles sont les principales difficultés, qui entravent le développement de ce sport au Maroc ?
Le football marocain, comme je l’ai mentionné, connais un grand développement, et malgré ce que le président de la Fédération royale marocaine de football, Faouzi Lekjaa fournit toutes les conditions logistiques, infrastructurelles, financières et autres, le problème réside dans la fragilité de la plupart des bureaux des équipes au niveau, des idées, des problèmes matériels ou autres. La meilleure preuve en est l’existence de nombreux conflits entre joueurs, en traîneurs et équipes.
Récemment, de nombreuses équipes ont commencé à re courir au recrutement des joueurs, engager des entraîneurs, étrangers, dans le but d’éviter ces problèmes. Ceci, en dépit de la disponibilité d’excellents talents, qui évoluent dans la Ligue marocaine au niveau des joueurs ainsi qu’au niveau des entraîneurs. Je dois noter le grand rôle joué par M. Lekjaa dans la formation des entraîneurs. Une première en Afrique, un stage est organisé pour l’obtention d’un bre vet de haute formation A pro/CAF qui confie à l’entraîneur d’entraîner les équipes nationales, et durant cette année 100 entraîneurs avec un professionnel A/ Licence CAF ont été diplômés.
Cela signifie que la Fédération Royale Marocaine de Foot ball avance très vite. Reste que la plupart des administra tions des équipes marocaines avancent très lentement.
Quelle est la différence entre être joueur et être entraîneur ? Et où vous êtes-vous le plus retrouvé?
En tant que joueur, votre intérêt se porte sur la forme phy sique et fournir ce qu’il y a de mieux, et tout faire pour que
l’entraîneur ainsi que le reste de l’équipe gardent de vous une excellente image… En tant qu’entraîneur, vous allez tout faire pour exploiter au mieux votre savoir-faire.
L’équipe nationale marocaine participera pour la sixième fois de son histoire à la Coupe du monde 2022. Quelles sont les forces et les faiblesses de l’équipe marocaine ? Et quelles sont ses chances ?
L’équipe marocaine comprend des éléments qui évoluent dans les ligues européennes les plus importantes, sont des éléments jeunes et expérimentés, et lors des éliminatoires, nous avons enregistré une seule défaite, ce qui augure bien que l’équipe marocaine puisse obtenir de bons résultats. La politique du président de la Fédération royale maro caine de football, sous la direction de M. Faouzi Lekjaa, est d’essayer d’atteindre le poste le plus éloigné et pas seulement de participer à la Coupe du monde. En tant qu’entraîneur et ancien joueur, je vois que le football se joue jusqu’à la dernière minute et la position de l’équipe nationale marocaine ne peut pas être prédite.
Le tirage au sort de la Coupe du monde 2022 a placé l’équipe nationale marocaine dans un groupe, compre nant la Belgique, le Canada et la Croatie. Comment évalu eriez-vous ce groupe ?
Ce groupe comprend de grands joueurs, y compris ceux qui ont atteint la finale de la Coupe du monde les années précédentes, et si Dieu le veut, l’équipe marocaine présen tera une belle performance lors de ces rencontres, sachant qu’elle a déjà obtenu des résultats importants lors des pr estations précédentes.
L’image des «services de santé», et même de la mé decine en général en Afrique, est représentée par des enfants chétifs, entre les mains d’un médecin d’une ONG, ou celle de femmes enceintes dans des hôpitaux insalubres.
Ces images, certes, ne peuvent représenter une réalité disparate, entre pays riches, où existent des structures de santé publique, face à des pays qui n’ont jamais dépassé le stade d’une médecine de débrouille. Mais reste à trancher concernant une réalité irréfutable : Aussi bien le simple citoyen que le personnel de santé, sur le continent noir, personne n’est satisfait des ser vices qu’offrent le secteur public.
Chaque Africain est certes capable de raconter sa pro pre expérience, ou celle d’un proche parent, ou même
une histoire reliée par les réseaux sociaux, au sujet d’une mésaventure vécue dans un hôpital public. Cette image est bien réelle du secteur hospitalier afric ain, surtout public, où le personnel médical et paramé dical, est en manque à la fois, d’effectif, de matériel, mais surtout n’est plus une priorité pour des pouvoirs,
Chaque Africain est certes capable de raconter sa propre expérience, ou celle d’un proche parent, ou même une histoire reliée par les réseaux sociaux, au sujet d’une mésaventure vécue dans un hôpital public.
qui cherchent encore et toujours, à baisser les charges, aussi fort que possible, des «secteurs non-rentables», comprendre ceux qui engouffrent des sommes plus que considérables, en subventions et autres aides, de diverses formes.
Les statistiques présentées par les ministères de Santé, omettent, ou disons négligent souvent de distinguer à travers les chiffres présentés, entre hôpitaux publics, et cliniques privées, et ne se gênent pas pour présenter un taux «global» des «lits créés» dans les structures de santé, comme si les cliniques privées, peuvent être considérées comme un «acquis national».
L’Afrique a besoin d’au moins 550 000 lits supplé mentaires d’ici à dix ans. Un marché porteur financé par des bailleurs ou sur les fonds propres des États.
Le marché est porteur : selon la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale), l’Afrique aurait besoin de créer, d’ici à dix ans, entre 550.000 et 650.000 nouveaux lits d’hôpitaux. «Chaque année, il n’y a pas plus d’un gros appel d’offres inter national portant sur l’équipement ou la construction d’un grand hôpital. Les projets de taille plus modeste sont plus nombreux», explique un acteur du secteur. Mégastructures ou petites unités ?
Il est, en effet, admis que les «grands hôpitaux» ne ré pondent pas aux priorités des pays d’Afrique, dont les politiques de santé doivent avoir pour axe stratégique majeurla promotion dessoins de santé primaires. Pour les économistes de la santé, ces hôpitaux sont peu ef ficients en terme d’amélioration de l’état de santé des populations et constituent des gouffres financiers qui absorbent l’essentiel des ressources mobilisables et
limitent ainsi la conduite des programmes de santé pri oritaires.
Cette vision est confortée par de nombreuses initia tives qui ont été prises en matière de développement hospitalier et qui ont souvent conduit à la création «d’éléphants blancs», c’est-à-dire d’établissements disposant d’uneinfrastructure moderne et bien équi pée, mais incapables defonctionner correctement et d’assurer leur pérennité parmanque de ressources. Les conséquences de cette vision ont contribué à placer la plupart des hôpitaux publics d’Afrique francophone dans une véritable impasse. Marginalisés, voire exclus des plans de développement sanitaire, ils évoluent pour leur propre compte. Cette tendance est accentuée par le corps médical hospitalier, qui tend à amplifier cet isolement et à faire des hôpitaux où il travaille de vé ritables «tours d’Ivoire».
On assiste ainsi à une évolution parallèle entre deux mondes séparés par une cloison étanche :
- D’un côté, le monde hospitalier qui est censé con stituer la référence scientifique. Il représente le modèle professionnel des étudiants en médecine, constitue le pôle normatif des conduites des professions médicales extrahospitalières et influence le monde politique, particulièrement sensible aux avis des professeurs d’université ;
- De l’autre côté, le monde de la santé publique qui détermine les choix stratégiques, dominants en matière de santé. Il bénéficie du soutien politique et financier des organisations internationales, de la majorité des coopérations bi et multilatérales et d’un grand nombre d’organisations non-gouvernementales.
Par ailleurs, la plupart de ces hôpitaux vivent depuis plusieurs décennies dans une situation de crise per manente qui ne cesse de s’aggraver au fil du temps : ne parvenant à assurer ni la motivation de leur per sonnel soignant ni l’équilibre de leurs comptes, ils ne sont pas en mesure d’offrir les services attendus. Les
conséquences de cette situation remettent en cause non seulement l’efficacité des politiques desanté actuelles, mais aussi la survie à long terme des systèmesde soins en cours d’édification.
Un secteur privé qui ne s’en prive guère D’Abidjan au Caire, de Tunis à Johannesburg, et même de Dakar à Lagos, ont fleuri des cliniques privées, où les services égalisent avec ceux dispensés dans les cli niques des pays occidentaux. Avec même un bonus : des patients européens, en quête de services médicaux moins coûteux que les tarifs pratiqués dans leurs pays, ne se gênent en rien, pour se déplacer au Maroc ou en Tunisie, pour s’offrir une opération de chirurgie es thétique, ou même de soins dentaires, tout en profitant d’une remise, variant entre 35% et 40%, et le dépayse ment en prime…
Et «les autochtones», selon la terminologie anthro pologique occidentale ?
Ces cliniques en quête de bénéfices, ne s’intéressent nullement à l’origine du patient. Seule sa bourse pèse, dans des pays, où les sociétés sont en train d’éclater, à des niveaux différents, entre une minorité qui peut sans difficultés se permettre les services de ces cliniques, et une majorité grandissante, où le passage dans ces «usines à argent», varie entre rêve inaccessible, ou syn onyme d’un sacrifice financier inoubliable…
Tout le secteur médical public est en recul en Afrique, sans aucune exception. Les experts peuvent discuter et dégager les différences entre divers modes de re cul. Cette vérité irréfutable, a nettement encouragé les structures privées, ou même a poussé certains à se dé
placer vers d’autres pays africains, et même en Europe, pour se faire opérer, ou pour bénéficier d’autres soins… Une «médecine populaire» pour les couches populaires Les réseaux sociaux ont véhiculé, dès le début de la pan démie du Covid-19, des vidéos, ou des «soigneurs» exhiba ient des breuvages, capables de porter «un coup mortel» à ce fléau. Les gens ne sont pas faits prier pour acquérir ce «médicament miracle», avec toute la certitude du monde, qu’il est plus qu’efficace.
Certes, le terme «médecine traditionnelle» est un mot-valise, qui englobe toute forme de médecine ancestrale «non-mod erne» au sens occidentale.
La première stratégie régionale de la médecine tradition nelle a été adoptée par les pays en 2000, et elle a été mise en œuvre entre 2001 et 2012. Cela a contribué à sensibiliser le public et à améliorer la perception de la médecine tra ditionnelle. Les statistiques disponibles au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique montrent qu’en 2012, quarante pays au total avaient élaboré des politiques nationales de médecine traditionnelles, contre huit pays en 2000 ; 24 pays avaient mis en place des programmes nationaux de méde cine traditionnelle contre 10 pays en 2000.
La stratégie met l’accent sur certaines actions importantes que les pays doivent mener. Il s’agit notamment d’accélérer la mise en œuvre des politiques nationales de médecine tra ditionnelle, de veiller à ce que les produits de la médecine traditionnelle soient sans danger, abordables et accessibles, tout en protégeant les droits de propriété intellectuelle en vue de préserver les connaissances et les ressources de la médecine traditionnelle.
Par ailleurs, la mise en œuvre de la stratégie initiale au cours de la dernière décennie a permis à 39 pays de créer des services nationaux de la médecine traditionnelle, contre 15 en 2000. De même, vingt-cinq pays ont créé des comités
nationaux d’experts pour le développement de la médecine traditionnelle, et beaucoup ont adopté des mesures visant à mettre en place et à renforcer leurs capacités institution nelles.
L’Afrique en proie aux maladies endémiques Malgré une croissance très encourageante, le continent af ricain doit toujours faire face à la santé fragile de l’ensemble de la population. Pour pallier l’insuffisance des systèmes sanitaires, de plus en plus d’initiatives numériques visant à lutter contre les infections récurrentes apparaissent peu à peu. L’e-santé permettra-t-il de faire évoluer positivement la situation actuelle ?
En effet, depuis des décennies, l’Afrique est confrontée à de nombreuses maladies endémiques : fièvre jaune, palud isme, trypanosomiase. Celles-ci affectent considérablement et durablement la santé de plusieurs millions d’Africains. En moindre mesure, des pathologies telles que la lèpre, le choléra et la tuberculose sont toujours présentes en Afrique. De nouveaux virus ont également fait leur apparition : Ébola et le Sida. Au début de l’année 2017, plus de 26 millions de personnes, dont 2,3 millions d’enfants, souffrent du VIH. L’Afrique subsaharienne constitue la zone la plus touchée par cette maladie. La fièvre Ébola, quant à elle, a récemment provoqué la mort de plus de 10.000 personnes en Afrique de l’Ouest.
L’invasion russe de l’Ukraine, qui a débuté en février dernier, s’est répercutée sur les secteurs économique, financier, bancaire, alimentaire, et du carburant, notam ment celui du gaz, à travers le monde.
La guerre en Ukraine, qui est entrée dans son septième mois, a incité l’Organisation mondiale du commerce à réduire ses prévisions pour la croissance de l’année en cours d’environ la moitié, de 4,7% à 2,5%, en raison de l’impact de la guerre et des politiques connexes. Les attentes de la Banque mondiale, émises en juin dernier, ont indiqué une réduction significative des per spectives des économies dans le monde, car la crois sance mondiale devrait ralentir à 2,9% en 2022, contre 5,7% en 2021.
Cette réduction notable est due à la forte augmen tation des prix de l’énergie et des produits alimen taires, en plus de l’agitation des valeurs et des chaînes d’approvisionnement, et du flux international du com merce, à la suite de la guerre et des sanctions infligées à la Russie, ainsi que des mesures qui sont actuellement mises en œuvre par les banques centrales du monde en tier, dans le but de freiner l’inflation.
Les experts comparent les conditions économiques ac
tuelles à celles qui ont prévalu au cours des années soix ante-dix du siècle dernier, qui ont connu une récession inflationniste. Selon la Banque mondiale, la reprise de la récession inflationniste a nécessité, au cours de cette période, une forte augmentation des taux d’intérêt dans les principales économies avancées. Décision qui a joué un rôle de premier plan dans le déclenchement d’une série de crises financières sur les marchés émergents et les économies en développement. Plus précisément, la situation actuelle est similaire aux années soixante-dix du siècle dernier dans trois aspects principaux : Premièrement, les perturbations en cours du côté de l’offre, alimentent l’inflation et ont été précédées d’une longue période de politique monétaire très facilitante dans les principales économies avancées. Deuxième ment, les possibilités de fléchissement de la croissance. Troisièmement, les points faibles des marchés émer gents et les économies en développement, au niveau du resserrement de la politique monétaire qui sera néces saire pour limiter l’inflation. Quelles sont les procédures nécessaires pour atténuer les effets inflationnistes de l’économie mondiale qui ne se sont pas encore remis des effets de la pandémie du Corona qui a paralysé les secteurs productifs au niveau mondial ?
La «Majalla» a soulevé ces questions auprès d’experts économiques et bancaires, et a eu les réponses suiv
antes :
La région du Moyen-Orient subira de lourds effets L’ancien président de l’Union des banques arabes et président de l’Association bancaire du Bahreïn, le Dr Adnan Youssef, a commencé son discours en disant : «Si nous regardons au-delà de la souffrance et de la crise humanitaire résultant de l’invasion russe de l’Ukraine, nous constaterons que l’ensemble de l’économie mon diale ressentira les effets du ralentissement de la crois sance et de l’augmentation de la vitesse de l’inflation, puis du Fonds monétaire international qui annonce que ces effets passeront à travers trois canaux principaux. Premièrement, les prix élevés des produits essentiels tels que les produits alimentaires et l’énergie. Situa tion qui augmente l’inflation, et entraîne l’érosion de la valeur d’entrée et la chute de la demande. Deuxième ment, les économies voisines en particulier auront du mal suite aux interruptions de commerce, de chaînes d’approvisionnement et de transferts de travailleurs à l’étranger, ainsi que d’un boom historique des flux de réfugiés. Troisièmement, le recul de la confiance du monde des affaires, ainsi que l’incertitude des inves tisseurs, entraîneront une chute des prix des actifs, le resserrement des conditions financières, et peut-être une fuite des capitaux des marchés émergents».
«Étant donné que la Russie et l’Ukraine figurent parmi les plus grands pays producteurs des matières primaires, les interruptions des chaînes d’approvisionnement ont entraîné une forte augmentation des prix mondiaux, en particulier ceux du pétrole et du gaz naturel. Les coûts alimentaires ont connu une hausse, à la lumi ère du niveau historique atteint par le prix du blé, car l’Ukraine et la Russie contribuent à 30% des exporta tions de blé internationales». «Si nous regardons au-delà des répercussions mondiales, nous constaterons que les pays qui ressentiront plus de pression sont ceux qui ont des relations commerciales et touristiques et des échanges financiers directs. Quant aux économies qui dépendent des importations de pé trole, elles enregistreront des taux de déficit plus élevés dans les finances publiques et le commerce et assister ont à une plus grande pression inflationniste, bien que les prix élevés puissent profiter à certains pays exporta teurs de pétrole tels que les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique. L’augmentation des prix élevés des produits alimentaires et du carburant augmentera d’une manière sensible les risques de troubles dans certaines régions, de l’Afrique subsaharienne et de l’Amérique latine, du Caucase et en Asie centrale. Aussi, l’insécurité alimen taire est susceptible d’augmenter dans certaines parties
de l’Afrique et du Moyen-Orient.
Bien qu’il soit difficile de mesurer la fréquence de ces échos, Youssef annonce : «Nous voyons déjà qu’il existe des possibilités de réduction de nos prévisions de croissance le mois prochain lorsque nous présen tons une image plus claire de notre rapport sur «les perspectives économiques mondiales» et dans notre région évaluation. À plus long terme, la guerre peut en
traîner une métamorphose totale du système économ ique et géographique mondial, en cas de chambarde ment du secteur de l’énergie, de refonte des chaînes d’approvisionnement, subdivision des réseaux de paie ments, sans omettre une réévaluation de la part des pays de leurs réserves monétaires. Quant à l’augmentation de la gravité des tensions géographiques, elle menace de plus de fragmentations économiques, en particulier au niveau du commerce et de la technologie.
Quant à son impact sur l’Europe, particulièrement, il précise que «l’énergie représente le principal canal de transmission des répercussions en Europe, où la Russie constitue une source majeure des importations de gaz naturel. Cela peut également entraîner des perturbations plus importantes dans les chaînes d’approvisionnement. Ces effets se traduiront par une inflation plus élevée et une reprise plus lente après la crise. L’Europe de l’Est verra une augmentation des coûts de financement et une augmentation des flux de réfugiés, absorbant la plupart des 3 millions de réfugiés qui ont récemment fui l’Ukraine, selon les données de l’ONU. Les gou vernements européens pourraient par ailleurs faire face à des pressions budgétaires dues à l’augmentation des dépenses consacrées à la sécurité énergétique et aux budgets de la défense.
L’économiste et expert financier Dr Bilal AlamaConcernant le Moyen-Orient, Youssef estime que «la région est susceptible de faire face à de graves effets successifs de la hausse des prix des denrées alimen taires et de l’énergie et des conditions financières mon diales difficiles. En Égypte, par exemple, 80 % de ses importations de blé proviennent de Russie et d’Ukraine, et c’est une destination touristique populaire pour les deux pays, et elle connaîtra également une contraction des dépenses de ses visiteurs.
Alors que les expositions externes aux actifs russes en déclin sont limitées par les normes mondiales, l’ancien chef de l’Union des banques arabes et président de l’Association des banques du Bahreïn, le Dr Adnan Youssef, considère que «les pressions sur les marchés émergents pourraient augmenter si les investisseurs re cherchent des refuges plus sûrs. De même, les exposi tions directes à la Russie par la plupart des banques européennes seront limitées et gérables.
Il a ajouté que «les politiques visant à contenir l’inflation, comme l’augmentation des subventions gouvernemen tales, exerceraient une pression sur les comptes bud gétaires, déjà faibles. En outre, la détérioration des conditions financières extérieures peut stimuler le flux de capitaux vers l’étranger, et aggraver les effets né gatifs sur la croissance dans les pays ayant des niveaux d’endettement élevés et d’importants besoins en fi nancement. La hausse des prix peut accroître les ten sions sociales dans certains pays, comme ceux qui ont des filets de sécurité sociale faibles, peu d’opportunités d’emploi et une marge de manœuvre budgétaire limitée.
La crise est générale À son tour, l’expert économique et financier, le Dr Bilal Alama, a souligné qu’après plus de six mois de son déclenchement, la crise russo-ukrainienne, semble
n’avoir aucun horizon clair, et il est impossible de con clure quant à ses résultats. Reste une seule et unique certitude : Elle a affecté l’économie mondiale dans sa totalité, et celle de l’Europe en particulier. Alama poursuit : «Les effets de cette guerre ont touché de nombreux pays, et on s’attend à ce que leurs pertes économiques soient dévastatrices dans certaines parties du monde d’ici à la fin de 2022. En plus de la crise du blé, du pétrole et du gaz causée par cette guerre, la crise majeure se situe au niveau de la hausse des prix mon diaux des matières premières en plus de l’inflation, qui a commencé à frapper les économies d’un pays après l’autre, en particulier les pays européens. Avant de préciser, que «le prix de l’euro a été direct ement affecté par le développement géostratégique représenté par la diminution des approvisionnements en gaz des pays de l’Union européenne, menés par l’Allemagne, le géant industriel, qui va connaitre un déclin historique».
Au sujet du dollar américain, l’euro est retombé sous la barre des 0,99, pour la première fois en 20 ans. Cette baisse est survenue après que la Russie a an noncé qu’elle fermerait pour une période indétermi née le principal gazoduc d’approvisionnement en gaz de l’Europe, et après que le groupe russe «Gazprom» a annoncé qu’il arrêterait pour une période indétermi née, l’approvisionnement en gaz via le gazoduc Nord Stream.
Il poursuit : « La livre sterling aussi, a également chuté face au dollar, dans la crainte que les sources alterna tives d’approvisionnement énergétique ne soient pas
sécurisées. Cette baisse des principales monnaies eu ropéennes a entraîné une vague de fluctuations finan cières et économiques, qui toucheront l’ensemble du continent européen».
L’Europe est entrée dans une phase d’incertitude poli tique et d’instabilité économique en raison de la guerre d’Ukraine, parallèlement à ce que l’Union européenne a dépensé (environ 5 billions de dollars) pour absorber les conséquences de la pandémie de Corona sur le sect eur domestique et commercial. L’intérêt directeur pour l’Union européenne, qui est toujours de 0,6, alors qu’il a triplé aux États-Unis d’Amérique, ce qui favorise le flux de capitaux et d’investissements vers la zone dollar et l’économie américaine.
Quant au continent européen, l’économiste et expert fi nancier Dr Bilal Alama déclare : «Ce continent, qui con tient 500 millions d’habitants, et dans lequel se trou vent «des industries géantes», y compris des entreprises qui fabriquent des avions, des voitures et des trains, semble avoir commencé à payer le prix de l’adoption de régimes démocratiques dans tous ses pays.
L’Europe, qui formait l’axe du monde et a traversé des circonstances inhabituelles à partir de la première et seconde, Guerres mondiales, puis suite aux transfor mations qui se sont produites après, a continué à lut ter jusqu’à la création de l’Union européenne en l’an 2000», avant d’ajouter que : «l’usage de l’euro en tant que monnaie unifiée est venue refléter la force de ce continent et sa position économique. Un continent qui a commencé à faire apparaître des signes de vieillesse, sous l’effet des calamités qui l’ont frappé, à commencer par le Coronavirus, le Brexit, et la guerre russo-ukraini enne. Sans oublier la crise migratoire, et le fardeau que représente cette charge, et le coup d’absorption de cette masse humaine».
«La guerre russo-ukrainienne, n’est simplement que le reflet d’un conflit entre des régimes ou des axes en Eu rope. L’État, ukrainien, qui veut adopter la démocratie et le libéralisme, et l’État russe, qui vit encore sous une économie dirigée. Situation que l’Europe paie, suite à sa dépendance du gaz russe».
Il estime que «l’émergence de nombreux concurrents de l’Europe, de l’Amérique à la Chine, l’Inde et le Paki stan, et leur entrée dans le domaine des industries gé antes et de la technologie de pointe, ont commencé à la
Les répercussions économiques seront dévastatrices en cas de prolongement de la guerre
concurrencer de manière significative, et cette question a affecté la force et la durabilité de sa monnaie, et la confusion a commencé à apparaître». Il poursuit : «L’Europe ne dispose pas d’assez de ré serves de pétrole et de gaz. Même elle paie lourdement pour subvenir à ses besoins. Surtout qu’elle ait conclu des traités pour préserver l’environnement, et en faveur de l’énergie durable. Sans pour autant arriver à se sou straire aux énergies fossiles en faveur d’énergies pro pres».
Les économistes s’attendent à ce que l’Union europée nne, après la réunion de la Banque centrale européenne cette semaine, relève le taux de dépôt de 0 à 0,75 %, sur fond d’inquiétudes quant à la capacité de l’Europe à répondre à ses besoins énergétiques cet hiver. Si cela se produit, il indiquera des risques inflationnistes clairs en Europe. Ces pays essayaient d’éviter cette possibil ité de peur qu’elle ne ralentisse la croissance économ ique, en particulier dans une région où l’incertitude et l’instabilité se propagent, et que cette mesure cause des problèmes aux pays très endettés de l’Union europée nne tels que l’Italie, l’Espagne et les pays qui avaient échappé de justesse à des crises économiques et finan cières comme a été le cas de la Grèce et de Chypre.
Alama estime que malgré cela, «les principaux pays eu
ropéens tentent aujourd’hui, par des mesures rapides, de faire face aux risques à venir, et tenter d’éviter de mauvais résultats. Dans ce sens, la Grande-Bretagne a lancé un plan de relance basé sur le soutien d’une partie des familles qui seront touchées par la hausse des prix. Sans oublier une baisse au niveau des impôts».
Et il poursuit : «Quant à la France, par exemple, elle ten tera de redémarrer une cinquantaine de réacteurs nuclé aires pour produire de l’énergie à travers un plan rapide qui débute en septembre de cette année et jusqu’en février prochain. L’Allemagne par contre redémarrera ses centrales au charbon, malgré ses dommages envi ronnementaux. Situation qui indique que «l’Europe re vient à des alternatives énergétiques qui coûtent plus cher, et rendra le coût opérationnel élevé. Avec des répercussions certaines sur les prix, et éventuellement sur l’inflation».
Alama estime qu’il est difficile, à la lumière de ce qui se passe dans le monde aujourd’hui, et à la lumière de l’incertitude, d’annoncer un pronostic quant au sort de la guerre russo-ukrainienne. Difficile aussi de voir l’Europe réémerger sur la scène mondiale avec des développements positifs. Tout au plus, elle va essayer de maintenir sa position économique actuelle.
Implication allemande dans le conflit Pour sa part, l’économiste émirati, le Dr Abdul Salam Al Janahi, estime qu’«à la lumière des circonstances qui nous entourent en tant que monde entier, et dès que le monde a commencé à se remettre de la pandémie de Co rona, et en un tournemain, nous sommes trouvés face à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Sachant que ce dé clenchement se répercute déjà sur l’économie mondiale. Chose intéressante dans cette guerre, est l’implication croissante de l’Allemagne dans le conflit, en conjonc tion avec l’économie allemande qui souffre beaucoup de l’instabilité des approvisionnements énergétiques russes. L’économie allemande traverse actuellement l’une des pires périodes de son histoire, et il est clair que le pays est au bord de la récession économique. Les effets se ront de longue durée. La situation s’aggrave encore lor sque des entreprises de ce pays pensent sérieusement à la délocalisation vers d’autres régions, plus sûres. Tout en prenant en compte que l’économie allemande est la plus importante du continent, mais aussi qu’elle joue le rôle de jonction en matière de gaz avec le reste du Vieux Continent. En conclusion, elle assume un rôle majeur dans l’escalade de cette crise, mais aussi dans la hausse de l’inflation.
Il poursuit : «L’Allemagne possède le secteur industriel le plus vaste et le plus avancé d’Europe, mais son ex
périence manufacturière repose sur trois principaux mo teurs : La liberté du commerce mondial, la disponibilité de forces de travail qualifiées et, troisièmement, l’énergie russe bon marché. Au début de l’épidémie de Corona, il y a eu une escalade des mesures sanitaires par certains pays. En d’autres termes, cette crise a touché le deuxième mo teur de l’économie allemande, à savoir la main-d’œuvre qualifiée, qui atteindra son apogée en 2023, puis amorcera un déclin, jusqu’à atteindre 5 millions de travailleurs en 2030. Ces chiffres constituent un grand désastre pour une économie basée sur l’industrie.
Et il poursuit : «Quant au troisième et plus important moteur, qui est l’énergie russe bon marché, il affecte l’Allemagne et la plupart des pays européens. Avec l’implication et l’intervention de l’Allemagne dans cette guerre et sa déclaration d’assister la partie ukrainienne contre la Russie, Bern a décidé, en guise de punition, de stopper les importations en provenance de Russie, mais sans pour autant interdire l’importation de gaz russe parce qu’elle n’a pas d’alternative. La partie russe, comprenant la faiblesse du côté européen, a joué sur les exportations de cette matière. Situation qui a mis les pays européens dans l’embarras devant leurs peuples, car ces réserves ne sont pas pleines, pour confronter le froid hivernal.
Concernant la persistance de cette situation et l’intransigeance de toutes les parties, Al-Janahi déclare
L’économie allemande est l’une des plus fortes d’Europe: «La situation va se détériorer au fil du temps, et la BCE reste les bras croisés et ne prend aucune décision déterminante jusqu’à présent, et plus de six mois après la guerre, laisse un gros point d’interrogation qu’on ne peut interpréter. D’autre part, alors que les Européens sont encore sous le choc de la guerre et ne sont pas par venus à un accord clair entre eux pour faire face à ses conséquences, la Réserve fédérale américaine profite de la situation en sa faveur pour faire face à l’inflation et es sayer de la contrôler, en augmentant le taux d’intérêt de 25 points de base en mars 2022 et par la suite Lors de la réunion du conseil d’administration en mai 2022, le taux d’intérêt a été relevé de 50 points de base, et un mois plus tard, le taux d’intérêt a été relevé de 75 points de base points, ce qui signifie que le taux d’intérêt a atteint 1,5 % aux États-Unis alors qu’il n’a pas dépassé 1 % il y a peu de temps. Même si la Réserve fédérale américaine a encore trois réunions en 2022, elle devrait augmenter les taux d’intérêt d’ici à la fin de l’année à 2% ou plus, ce qui conduit à un flux des investisseurs d’Europe vers les États-Unis, et cela provoquera un véritable désastre in flationniste de l’euro. Nous attendons des décisions de la Banque centrale européenne pour faire face à l’inflation, mais après 6 mois passés sans réagir face à la crise, peutelle affronter le problème et le résoudre, surtout après ce qui s’est passé du côté américain ? Parce que si le taux d’intérêt de l’euro est relevé de 25 points de base lors de
leur prochaine réunion, le dollar aura été relevé de 225 points de base, et c’est une énorme disparité qui détruira l’euro
Et il poursuit : «Alors que la guerre sur le terrain en tre la Russie et l’Ukraine continue, le continent eu ropéen est directement touché, mais aussi le monde entier. Nous sommes face au plus grand continent, sur le plan économique, mais aussi face à une Amérique opportuniste, qui veut, tout en combat tant l’inflation sur son territoire, accentuer encore plus son hégémonie sur les marchés internationaux. Dans ce sens, tout pays cherche à se protéger, et à protéger sa population des effets de l’inflation. Liz Truss a annoncé un vaste programme d’aide aux familles et aux entreprises pour faire face à l’inflation élevée et aux prix de l’énergie, et une politique ambitieuse d’exploration du pétrole et du gaz, tout en stimulant l’extraction du combustible de schiste, et tout en révisant la neutralité carbone», avant de conclure par une citation de la Première ministre britannique : «C’est une période qui nous oblige à être audacieux. Nous sommes confrontés à une crise énergétique, et ces interventions auront un prix».
-Né à Bambali, dans une communauté rurale du sud du Sénégal, Sadio Mané devient rapidement fan de football.
- Il voue une grande admiration au footballeur brésil ien Ronaldinho et pour l’international Sénégalais ElHadji Diouf, qu’il considère comme ses modèles.
- Son père, imam du village, ne voit pas d’un bon œil sa passion et veut l’en dissuader.
- À l’âge de 15 ans, le jeune Mané passe outre l’avis familial et fugue pour tenter de vivre de sa passion.
- Il se souvient «J’ai fui le village pour aller à Dakar, sans que personne ne le sache. Et une semaine après, alors qu’ils me cherchaient partout, ils ont su que j’étais à la capitale et m’ont alors ramené au village».
- Mais, à force de persuasion, Mané convainc les siens de le laisser quitter le village pour rencontrer des formateurs en ville. Il se rend à M’bour, la plus grande ville de football au Sénégal, avec son équipe ment précaire (un short et des chaussures abîmées).
- De Bambali, son village natal, près de Sédhiou, au poste d’ailier et d’avant-centre au Bayern Munich, ce joueur a parcouru tant de stades, et joué tant de matchs.
- Il est considéré actuellement comme l’un des meilleurs joueurs au monde et sans doute le meil leur joueur de l’histoire de l’Équipe du Sénégal de football.
Sadio Mané est né le 10 avril 1992. Il est réputé pour ses dribbles, sa vitesse, sa technique et sa vi sion du jeu.
- En 2009, il intégrait l’AS Génération Foot où il fut rapidement repéré par le club partenaire du FC Metz.
- Il signe son premier contrat professionnel avec le club français au début de l’année 2012.
- La même année, son équipe est reléguée et Mané part pour le Red Bull Salzbourg.
- En Autriche, le Sénégalais se révèle totalement et marque plus d’un but tous les deux matchs.
- Il remporte deux championnats en autant de sai sons, signant même le doublé avec la Coupe nation ale en 2014.
- Le Southampton FC l’engage et Sadio confirme son talent en Premier League continuant à marquer plus de dix buts par an.
- En 2016, le Liverpool FC fait de lui le joueur Séné galais le plus cher de l’histoire. Il s’impose rapide ment et complète son tableau des trophées.
- Mané remporte ses premières compétitions ma jeures avec le championnat d’Autriche en 2013 à Salzbourg et le doublé coupe-championnat l’année suivante.
- Avec Liverpool, après être parvenu en finale en 2018, il remporte la Ligue des champions en 2019.
- En 2009, à M’bour à 80 km au sud-est de la capi tale, un détecteur de talents local repère Mané, mon té de sa région agricole et forestière de l’extrême sud du pays pour jouer les «navétanes», des champion nats de football de quartier.
- Il est aiguillé vers l’AS Génération Foot, l’un des multiples clubs de Dakar observé par des clubs euro péens à la recherche de jeunes joueurs prometteurs.
Il y passe des tests concluants.
Un recruteur se souvient «Quand j’ai vu son toucher de balle, je me suis dit, vraiment ça c’est un bon joueur. J’ai dit à Jules Boucher (l’entraîneur) : celuilà, on le prend direct».
- Il termine co-meilleur buteur du Championnat d’Angleterre en 2019 (22 buts), remporte la Super coupe de l’UEFA 2019 et la Coupe du monde des clubs de la FIFA 2019, ce qui lui vaut d’être sacré joueur africain de l’année 2019.
- En 2020, il gagne le Championnat d’Angleterre. Il remporte de nouveau le titre de joueur africain de l’année en 2022.
- Sur le plan international, Mané débute avec
l’équipe du Sénégal en 2012. Il prend ensuite part aux Jeux olympiques de 2012.
- Après plusieurs échecs dans les compétitions, les Sénégalais sont finalistes de la CAN 2019 et vain queurs en 2022.
- Le joueur sénégalais atteint la 4e place du classe ment du ballon d’or 2019 derrière Ronaldo, son coéquipier du Liverpool FC Van Dijk et Messi.
- Le 28 juin 2016, Mané signe cinq ans au Liverpool Football Club pour 36 millions d’euros.
- Il devient le troisième Sénégalais à rejoindre le club après El Hadji Diouf et Salif Diao et le deux ième joueur le plus cher de l’histoire du club derrière Andy Carroll.
- Mané devient, par la même occasion, le joueur af ricain le plus cher de l’histoire du football.
- Proposant son classement pour le Ballon d’or 2018, Bleacher Report désigne Mané comme étant le cinquième meilleur joueur du monde juste après Roberto Firmino, Lionel Messi, Mohamed Salah et Cristiano Ronaldo.
-Fort d’une saison 2017-2018 puis d’une Coupe du monde satisfaisante, Mané se classe 22e au classe ment du Ballon d’or.
- S’il s’agit de son meilleur classement dans la dis tinction individuelle, le résultat est jugé décevant par rapport aux positions occupées par des joueurs aux statistiques moindres.
- Le 17 juin 2022, le directeur sportif du Bayern Munich, Hasan Salihamidžić, annonce l’arrivée de Sadio Mané au Bayern Munich.
- Sadio Mané réalise son premier match sur ses nou velles couleurs lors de la Supercoupe d’Allemagne 2022, le 30 juillet 2022.
- Opposé au RB Leipzig, le Bayern remporte la ren contre sur le score de cinq buts à trois. Il inscrit son premier but pour le club à la 30e minute, sur une passe décisive de Jamal Musiala, deux autres buts lui sont refusés pour hors-jeu.
Les meilleurs livres d’Agatha Christie (1890-1976) regorgent de dialogues nets et d’intrigues à grande vitesse. Les mauvais ont une qualité Mad Libs: une prose faible parsemée de points vides. Dans une étude réalisée en 1971 sur la fiction policière anglaise, Colin Watson a ricané en disant que Christie «semble avoir été bien consciente que l’intelligence et le potentiel du lectorat ne sont pas liés».
Peu de lecteurs se tournent vers les romans policiers pour des récompenses cérébrales complexes. Les ro mans policiers sont des jeux, et nécessitent une mé thode d’évaluation (et de construction) différente de celle des ouvrages littéraires classiques. Christie l’a compris. Comme pour tout joueur, un auteur peut être accusé de ne pas jouer franc jeu, et les meilleurs romans de Christie, comme Le meurtre de Roger Ackroyd, s’approchent de la ligne de tricherie sur la pointe des pieds sans la franchir. Pourquoi Lucy Worsley a-t-elle décidé d’écrire sur Agatha Christie ?
«Je suis un peu obsédée par la fiction policière, et je m’intéresse aussi beaucoup aux écrivaines, alors j’ai pensé qu’il serait fascinant de voir la vie d’Agatha Christie à travers les yeux d’une historienne. Et ce fut une si longue vie : elle est née en 1890 et décédée en 1976. Pour moi, ses livres ne sont pas seulement des divertissements, ils sont un témoignage de l’histoire sociale du XXe siècle. C’est donc un génie, c’est une artiste, c’est une créatrice, mais c’est aussi une femme représentative de son temps. Beaucoup de choses qui sont arrivées à d’autres femmes au XXe siècle lui sont arrivées», a expliqué Lucy Worsley, dans une inter view récente. Avons-nous vraiment besoin d’un autre livre sur la reine du crime ? La biographie révisionniste de l’historienne britannique Lucy Worsley répertorie plus de 90 sources imprimées. Celles-ci incluent des
Agatha Christie : une femme insaisissable, dernier livre de l’historienne britannique Lucy Worsley, publié le 06 septembre 2022.
œuvres phares comme Agatha Christie: A Biogra phy (1984) de Janet Morgan et Agatha Christie: An English Mystery (2007) de Laura Thompson, ainsi que l’indispensable Agatha Christie A to Z (1996) de Dawn B Sova avec l’introduction du petit-fils de Christie, Mathew Prichard qui a permis à Worsley de citer des lettres et des poèmes non publiés de sa grandmère. Nous pouvons dire qu’il a donné sa bénédiction à ce travail affectueux de dévotion éveillée.
Une biographie cartographiée…
Dans Agatha Christie : une femme insaisissable, Lucy Worsley revisite l’étrange histoire de l’une des au teures les plus populaires du XXe siècle. Dans sa dernière biographie, Lucy Worsley, les lec teurs admireront l’identification de personnes, de lieux et de phrases réels que Christie a recyclés dans sa fiction. Ils seront ravis de voir des photographies de l’auteur surfant à Hawaï, ou d’apprendre que sa boisson préférée était un verre de crème fraîche. Cependant, le livre contient également beaucoup de rembourrage – peut-être parce que le terrain a été si soigneusement cartographié auparavant.
Worsley retrace l’enfance de Christie à un rythme soutenu. Naissance : 1890. Emplacement : Sud-ouest de l’Angleterre. Mère : créative, énigmatique. Père : béni avec un héritage décent mais maudit avec une dépendance au shopping. Frères et sœurs : deux. Rési dence : villa tentaculaire avec vue sur la mer. Éduca tion : inégale. La vie familiale de Christie est devenue compliquée à mesure que sa carrière d’écrivaine pro gresse.
«En 1914, Christie épouse un beau pilote nommé Ar chibald Christie et écrit tout en élevant sa fille. Son premier livre, La Mystérieuse Affaire de Styles, met
en vedette un réfugié belge, Hercule Poirot. Wors ley montre également comment Christie a pris soin de créer des récits qui mettent «la vie des femmes au centre de la scène» et comment ses expériences per sonnelles ont éclairé son travail: «Tout ce qu’Agatha a vécu est devenu une copie». Par exemple, elle a tra vaillé dans une pharmacie d’hôpital et a découvert les poisons, qu’elle a utilisés à bon escient dans ses livres. Auteure intelligente et avisée, elle a écrit dans divers genres pour savoir lequel se vendrait le mieux. «Elle a su démocratiser le gothique, le rendant attrayant pour le marché de masse», estime Worsley. Tout en construisant un public dévoué, elle innovait également. Selon l’historienne, Le meurtre de Roger Ackroyd, est «l’un des plus grands romans policiers de tous les temps». Après 1926, lorsqu’elle a disparu pendant des jours après avoir découvert l’infidélité de son mari, ses romans ‘’abordaient fermement de sentiments sombres. En vacances en Irak après son divorce, elle rencontre le jeune archéologue Max Mallowan et l’épouse. Worsley soutient de manière convaincante que les années 1930 ont été les années les plus productives de Christie. Pendant ce temps, elle a présenté de nouveaux personnages, dont Miss Marple, et a écrit des pièces de théâtre. En 1946, elle a contribué à une nouvelle pièce, Three Blind Mice (plus tard retravaillée sous le nom de The Mousetrap), pour le 80e anniversaire de la reine Mary. Malgré sa popularité massive, Agatha Christie est restée une «célébrité exceptionnellement timide en matière de publicité» alors même que ses histoires, qui sont souvent devenues des films, ont commencé à toucher de nouveaux publics.
Avec beaucoup d’affection, Worsley se fraye magistralement un chemin à travers la vie et l’œuvre prolifique de Christie.