Compte rendu sommaire
Organisé chaque année par le Centre européen de santé humanitaire (CESH), la Journée provençale de la santé humanitaire vise à rassembler des acteurs de la solidarité locale et internationale, de tous les points de vue et de toutes les disciplines, dans l'optique de dresser des passerelles entre humanitaires, universitaires, militaires, administratifs et citoyens... Le fil rouge de cette 2e édition, « Santé, précarité et solidarité en Méditerranée », abordait notamment les migrations, à la fois cause et conséquence de la précarité. Conflits armés, pauvreté, catastrophes naturelles, état de santé déficient, autant de causes de migrations qui mènent ses victimes sur la route d'une nouvelle précarité et d’errances, au Maghreb (migrants sub-sahariens), en Palestine, au Liban, en ex-Yougoslavie, en France ou ailleurs... En ces moments troubles de l'humanitaire, avec le scandale de l'Arche de Zoé, cette journée a également permis aux acteurs de la solidarité de se questionner sur la qualité et la légitimité de leurs actions. Conférences le matin par des experts réputés, débats et rencontres l’après-midi, les quelque 300 visiteurs, qui ont fait fi des grèves ferroviaires et de la neige qui est tombée sur Marseille, ont aussi pu se documenter auprès des stands ouverts toute la journée. Les Rencontres de l'enthousiasme et de l'expérience ont enfin permis à trois étudiantes d'éprouver un projet de solidarité auprès d'un panel d'experts en direct! Une soixantaine de structures d’urgence, de développement et de prise en charge sanitaire et sociale, tous étaient réunis dans leurs différences et leur complémentarité pour débattre et réfléchir à la lumière de nouveaux points de vue !
Partager les expériences pour mieux collaborer Comme le mentionnait le Dr Pierre MICHELETTI, président de Médecins du monde, dans son discours introductif, « l'espérance de vie d'un SDF en France est égale à celle de l’individu moyen en Haïti ». Loin de minimiser la souffrance de l’un par rapport à l’autre, cette mise en perspectives des actions de solidarité en France et dans d’autres pays a permis aux uns et aux autres non seulement de comparer des situations, mais surtout d’échanger des pratiques, notamment lorsqu’on travaille au sein de populations migrantes en France. C’est ce que le Dr Djamel BOURICHE, pédopsychiatre dans les quartiers difficiles de Marseille, nous a fait comprendre… « Les approches classiques d’entretiens cliniques ne sont pas du tout adaptées pour donner une lecture des symptômes qui tiennent compte
des spécificités socioculturelles comme l’individualisation du soin, la langue parlée, les représentations de l’enfant dans la famille et dans l’ethnie concernée, la représentation de la folie ou désordre que présente l’enfant. »
« Comment travailler avec un Kurde sans considérer le problème du Kurdistan ? Comment travailler avec des Rroms de Serbie sans considérer le problème des Balkans ? » a demandé Bertrand GUERY, Psychothérapeute au Centre Osiris, lors de la première table-ronde qui portait sur la prise en charge sanitaire des personnes migrantes en France… Car c’est justement cette compréhension profonde de l’autre, de son monde, qui est au cœur de l’action de solidarité, et qui fait parfois cruellement défaut à nos humanitaires. Plus loin encore que le partage des expériences de chacun, l’organisation des collaborations sur le terrain, entre acteurs aux objectifs, aux valeurs et aux missions parfois contradictoires à première vue – ONG, Etat, Armées - a aussi été abordée lors de la seconde table-ronde. Pour Antoine PEIGNEY, directeur des opérations internationales de la Croix-rouge, « se fédérer ne signifie pas se mélanger dans le désordre. C’est additionner des valeurs ajoutées qui facilitent la coordination. Pour cela, il faut que les Etats connaissent bien les différents acteurs et que les acteurs connaissent bien leur mandat respectif, et cela avant la situation d’urgence ». Enfin, les nombreux enseignements des intervenants de la Journée ont beaucoup apporté aux trois étudiantes qui ont présenté un projet de santé et solidarité à réaliser dans l’année, qui plus est grâce au soutien des experts qui les ont orientées... « (…) Je repense aux centres sociaux qui, en France, ont été créés dans l’après-guerre, dans les milieux populaires et par ses habitants. Je me dis que, pour éviter le côté colonisateur que peuvent revêtir certaines actions humanitaires, il serait bon de s’en inspirer, car toute action pérenne ne peut se faire qu’à travers une démarche participative, avec la population, en partant de ses besoins tels qu’elle les perçoit ! » a témoigné Antoine Bruno, éducateur et directeur deTremplin santé jeunes. L’an prochain, c’est le thème de l’enfance précaire que le Centre européen de la santé humanitaire compte aborder, le 20 novembre 2008, pour la 3e édition de la Journée provençale de la santé humanitaire. Témoignages de participants Cette année encore vous avez réussi à réunir dans une ambiance conviviale et amicale des personnalités très diverses, aux expériences très dissemblables. Pour chacun d'entre nous cette journée a permis de retrouver des amis et de nous enrichir de nos différences. Bernard Granjon, ex-président de Médecins du Monde Pour nous, vous symbolisez LE RESEAU HUMANITAIRE INTERACTIF et FEDERATEUR. Vous avez réussi le pari de faire tomber les clivages et les "égos" et que tous fonctionnent et échangent HUMAINEMENT. Public, Etudiants, Professeurs, Professionnels, petites et grosses ONG, institutions, Etat ! SURPRENANT et EXCEPTIONNEL (pour la France). En outre votre journée et vos documents sont un outil pratique et pragmatique indispensable pour les humanitaires. Rendez-vous à ne surtout pas manquer. Merci pour votre organisation extrêmement professionnelle. Encore Bravo. Sophie Juramy, Pitchoun Of the World
Merci ! Le Centre européen de santé humanitaire remercie chaleureusement tous les conférenciers, panélistes et facilitateurs qui ont participé à cette Journée, ainsi que le public, qui s’est déplacé en nombre pour entendre les débats. Cet événement a été rendu possible grâce à l'apport financier du Conseil général des Bouches-du-Rhône et de la Ville de Marseille, et à la participation de l’Université de la Méditerranée (Facultés de pharmacie et de médecine) et à l’Assistance publique hôpitaux de Marseille (APHM). Nous les en remercions.
Téléchargez les actes complets de la Journée, les « Power Point » des présentations, le profil de chaque intervenant et les coordonnées et descriptions des structures participantes sur : www.cesh.org ou demandez le Dossier de la Journée. A l’an prochain ! Julie Bégin Comité organisateur de la Journée provençale de la santé humanitaire Julie.begin@cesh.org - 06.89.39.19.74
Centre européen de santé humanitaire (CESH) : www.cesh.org info@cesh.org Marseille : 06.89.39.19.74 Lyon : 04.37.28.74.57 Montpellier : 04.67.15.85.98