L’Islande, c’est avant tout un certain goût de l’absolu – quelque chose du bout du monde qui ne fait rien à demi-mots. C’est cette langue millénaire et solide comme la roche, qui est à la Scandinavie ce que le latin est à l’Europe. Ce sont ces hommes aux yeux flottants de vieux pêcheurs, le visage rongé par les matins trop froids. Ce sont nos rêves de vide et de silence accrochés aux paysages de lave et de pierres volcaniques, au cœur des sources chaudes et des plages basaltiques. C’est enfin, au-delà de la puissance des images qu’elle suscite, et peut-être grâce à cet incroyable potentiel romanesque, la place inouïe que l’Islande accorde à la littérature.