113
Bulgarie La croissance économique a été vigoureuse mais devrait fléchir quelque peu en 2020 et en 2021. Les exportations ont été touchées par le ralentissement de la demande chez les principaux partenaires commerciaux. Une croissance de la consommation privée et de l’investissement, supérieure à celle des exportations, est attendue à l’avenir. La consommation privée – premier moteur de la croissance – devrait continuer à se développer grâce à la progression des salaires réels. Le système de caisse d’émission mis en place avec l’euro s’est traduit par des taux d’intérêt historiquement bas, ce qui alimente la progression du crédit à la consommation, du crédit hypothécaire et des prêts aux entreprises. L’inflation restera supérieure à 2 % compte tenu de la forte croissance des salaires, qui s’explique par un marché du travail sous tension. En raison de dépenses ponctuelles, l’investissement public devrait augmenter et soutiendra la croissance en 2020. La croissance économique reste solide L’activité économique devrait se développer à un taux de 3.4 % en 2019 et le chômage s’est replié à son niveau le plus bas d’après-crise. La croissance a été portée par une forte augmentation de la demande intérieure, la consommation privée progressant de 6 points en 2019, à la faveur d’une progression sensible des salaires réels compte tenu d’un marché du travail sous tension et d’une revalorisation d’ampleur assez considérable des traitements dans le secteur public. L’expansion du crédit à la consommation et des prêts hypothécaires a été soutenue, favorisée par un accroissement de la demande sous l’effet des fortes revalorisations salariales et de taux d’intérêt historiquement bas. Touchées par le ralentissement de l’activité chez les principaux partenaires commerciaux du pays, les exportations se sont contractées. L’inflation est restée à un niveau élevé durant le premier semestre de l’année, mais a amorcé ensuite un fléchissement, en raison d’un ralentissement des prix des denrées alimentaires et de hausses plus légères des tarifs réglementés de l’énergie.
Bulgarie Les tensions sur le marché du travail ont induit une hausse des salaires % de la population active 24
La consommation privée est devenue le principal contributeur à la croissance
Indice T1 2016 = 100 142
← Taux de chômage Taux de salaire réel →
20
Investissement total réel
130
16
118
12
106
8
94
4
82
Indice 2015 = 100 140
Consommation privée réelle Exportations réelles de biens et services
130
120
110
0
2010
2012
2014
2016
2018
2020
70
100
0
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
90
Source : Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 106. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934045088
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114
Bulgarie : Demande, production et prix 2016 Prix courants milliards de BGN
Bulgarie PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1 Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation IPC sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
2017
2018
2019
2020
2021
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)
95.1 57.4 14.9 17.6 89.9 0.5 90.4 60.9 56.2 4.7
3.5 3.8 4.3 3.2 3.8 0.6 4.4 5.8 7.4 -0.7
3.1 4.4 5.3 5.4 4.7 1.1 5.8 1.7 5.7 -2.4
3.4 6.0 3.4 1.9 4.7 -1.2 3.4 -1.1 0.2 -0.9
2.8 3.9 4.5 3.9 4.0 0.1 4.0 2.3 4.1 -0.9
2.8 3.8 3.3 3.8 3.7 0.0 3.7 2.3 3.7 -0.7
_ _ _ _
3.9 2.1 -0.5 6.2
4.0 2.8 2.1 5.2
6.0 3.0 2.1 4.7
3.1 2.5 2.5 4.7
3.4 2.3 2.3 4.6
_
-0.8
1.2
0.4
-0.7
-1.9
_ _
1.1 35.6
1.8 31.8
-0.1 31.7
0.0 31.6
0.0 31.4
_
25.3
22.3
22.2
22.0
21.9
_
3.5
5.4
5.2
4.1
3.3
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 106.
StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934046190
Des dépenses publiques plus efficaces et des réformes structurelles rehausseraient la productivité Les conditions monétaires sont expansionnistes en raison d’une monnaie nationale fermement arrimée à l’euro, et l’on estime que l’augmentation des investissements publics a insufflé une dynamique positive à la croissance en 2019, à la faveur de dépenses ponctuelles dans le réseau d’infrastructures et l’équipement militaire. Les volants de réserve budgétaires devraient être suffisants pour faire face à un ralentissement plus marqué que prévu, sachant que la dette publique est faible et que le gouvernement prévoit un budget proche de l’équilibre en 2020-21. Il sera important de ne pas sous-utiliser les crédits budgétaires, s’agissant des dépenses d’investissement, et d’augmenter l’investissement public plus que prévu actuellement si la croissance n’était pas aussi vigoureuse qu’attendu. Une plus grande efficacité des dépenses publiques, notamment dans l’éducation, la santé et les retraites, sera primordiale pour amplifier la croissance potentielle, surtout au vu du vieillissement rapide de la population. La forte émigration et le vieillissement de la population résidente ont provoqué une contraction de la population active, ce qui a aggravé les pénuries de main-d’œuvre et l’inadéquation entre l’offre et la demande des compétences et contribué à une hausse rapide des salaires réels. Si la récente progression des salaires est allée de pair avec une population active en hausse, on estime que la population en âge de travailler continuera à diminuer au rythme de 1 % par an environ. Il est donc urgent, pour les pouvoirs publics, de mettre en œuvre des réformes du marché du travail et des mesures sociales pour favoriser
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115 une meilleure insertion dans l’emploi des catégories laissées pour compte : les femmes, les seniors, les jeunes et les minorités. Il sera en outre indispensable d’infléchir le ralentissement observé dans la croissance de la productivité du travail pour compenser les évolutions démographiques. Cette inflexion supposera de vastes réformes structurelles, allant de l’amélioration des compétences au renforcement du cadre de l’investissement, de la concurrence et de l’innovation.
La croissance devrait se modérer La croissance devrait se modérer légèrement pour s’établir à un peu moins de 3 % en 2020 et en 2021. La poursuite de l’expansion économique dépendra d’une progression de la consommation privée et de l’investissement, à la faveur d’une revalorisation des salaires, du crédit bon marché et d’une hausse de l’investissement public. Les exportations devraient se développer sans atteindre, toutefois, les niveaux élevés observés avant 2018. Les risques extérieurs sont prédominants, mais des risques intérieurs, liés à la compétitivité en particulier, existent. Le principal risque intérieur tient à une revalorisation par trop forte des salaires, qui pourrait provoquer une remontée de l’inflation et éroder la compétitivité. Des investissements publics plus faibles que prévu constitueraient un autre facteur de fragilisation de la croissance. L’expansion du crédit au secteur privé devrait se poursuivre après une période de croissance plutôt atone depuis la dernière crise économique. Toutefois, cette expansion pourrait être plus lente que prévu en cas de durcissement des conditions financières à l’échelle mondiale, malgré l’amélioration de la rentabilité et de la qualité des actifs sur le marché bancaire national.
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