Perspectives économiques de l'OCDE juin 2020, Note Pays - Nouvelle-Zélande

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Nouvelle-Zélande Une riposte prompte et décisive a permis d’enrayer l’épidémie de COVID-19, contribuant à sauver des vies et à faire redémarrer l’économie plus rapidement. Toutefois, le confinement a entraîné un arrêt brutal de l’activité dans plusieurs secteurs au second trimestre. La reprise bénéficiera d’une stimulation budgétaire et monétaire substantielle, mais sera lente car le chômage élevé et le manque de confiance des entreprises freinent la demande intérieure ; en outre, la progression des exportations est gênée par l’effondrement du tourisme international. En supposant qu’il n’y ait pas de résurgence de la maladie (scénario du choc unique), le PIB baisserait de près de 9 % en 2020 et retrouverait seulement son niveau d’avant la crise à la fin de 2021. En cas de second épisode mondial de contamination au quatrième trimestre de 2020 (scénario de deux chocs successifs), le PIB se contracterait de 10 % en 2020 et resterait à la fin de 2021 inférieur de 3.5 % à son niveau antérieur à la crise. Lorsque l’économie commencera à se redresser, beaucoup de travailleurs auront perdu leur emploi et de nombreuses entreprises se retrouveront au bord de l’insolvabilité. Il faudra maintenir les mesures budgétaires destinées à préserver les emplois et à prévenir les faillites d’entreprises viables jusqu’à ce que la reprise soit fermement assurée ; en outre, les politiques budgétaire et monétaire devront continuer à soutenir la demande globale. Le renforcement de la capacité du système de santé à lutter contre l’épidémie permettrait de réduire la nécessité d’un confinement en cas de nouvelle épidémie. Nouvelle-Zélande Une nouvelle vague de contaminations affaiblirait la reprise

Le confinement a été particulièrement rigoureux en Nouvelle-Zélande

PIB réel

Déplacements vers les magasins et espaces de loisirs¹

Indice T4 2019 = 100, c.v.s. 110

0

Scénario du choc unique

105

-10

Scénario de deux chocs successifs

-20 -30

100

-40 -50

95

-60 -70

90

-80 -90 0 80

2020

2021

0

NZL ITA FRA LUX IRL BEL GBR CHE SVN PRT GRC AUT TUR SVK CHL MEX POL DEU EST CAN FIN HUN NLD AUS USA NOR DNK JPN SWE KOR

85

-100

1. Baisse des déplacements de personnes entre le 1er et le 11 avril par rapport à la période du 3 janvier au 5 février 2020 (avant l'apparition du virus). Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 107 ; et données Google de suivi des déplacements. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934139784

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Nouvelle-Zélande : Demande, production et prix (scénario de deux chocs successifs)

2016

Nouvelle-Zélande: scénario de deux chocs successifs PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1

Prix courants milliards de NZD

265.9 153.1 48.6 60.6 262.4 0.7 263.1 71.1 68.2 2.9

Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1 Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation IPC sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

_ _ _ _ _ _ _

2017

2018

2019

2020

2021

Pourcentage de variation, en volume ( prix de 2009/2010)

3.8 5.1 2.9 5.1 4.7 0.3 5.0 2.3 6.9 -1.2

3.2 3.2 3.7 5.2 3.7 0.3 4.1 2.6 5.8 -0.8

2.2 2.7 4.3 2.7 3.0 -1.0 2.0 2.4 1.5 0.2

-10.0 -9.8 5.8 -12.0 -7.4 0.1 -7.2 -17.2 -7.4 -2.7

3.6 4.5 2.8 2.4 3.6 0.0 3.6 4.5 4.5 -0.1

3.3 1.9 1.4 4.7 1.7 35.7 -2.7

1.2 1.6 1.2 4.3 1.2 34.1 -3.8

2.3 1.6 1.8 4.1 -3.6 36.5 -3.0

2.2 1.5 1.4 8.1 -10.6 51.6 -5.5

1.2 0.5 0.5 8.9 -12.1 58.4 -5.6

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 107.

StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934138435

Des mesures rapides et strictes ont permis d’enrayer la propagation du virus En Nouvelle-Zélande, le premier cas de maladie à COVID-19 a été recensé fin février et les contaminations se sont multipliées rapidement au cours des semaines suivantes ; toutefois, la propagation du virus était enrayée fin avril. Le système de santé est facilement accessible et la qualité des soins est élevée. Néanmoins, il n’existe que peu d’unités de soins intensifs équipées de ventilateurs, ce qui rend d’autant plus importante une intervention précoce pour stopper la propagation du virus. Des mesures strictes de contrôle aux frontières et de distanciation sociale ont été rapidement mises en œuvre. À partir du 20 mars, le gouvernement a interdit l’entrée sur le territoire aux citoyens étrangers et aux résidents non permanents. Le confinement a atteint son niveau le plus rigoureux à partir du 25 mars ; la décision a alors été prise d’obliger la population à rester à domicile, de fermer les écoles, les universités et les entreprises non essentielles et de restreindre considérablement les déplacements. Il a été assoupli à partir du 28 avril, le nombre de malades étant presque tombé à zéro, ce qui a permis la réouverture des entreprises où les contacts de proximité ne sont pas nécessaires. Après un nouvel assouplissement le 14 mai, la plupart des autres entreprises, notamment les restaurants et les cafés, ont pu reprendre leur activité, sous réserve du respect des obligations de distanciation sociale. La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) estime qu’à ce niveau de restriction, l’activité économique ne diminue que de 9 % contre 37 % au moment où les mesures étaient le plus rigoureuses.

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Nouvelle-Zélande : Demande, production et prix (scénario du choc unique) 2016

Nouvelle-Zélande: scénario du choc unique

Prix courants milliards de NZD

PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1 Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation IPC sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

265.9 153.1 48.6 60.6 262.4 0.7 263.1 71.1 68.2 2.9 _ _ _ _ _ _ _

2017

2018

2019

2020

2021

Pourcentage de variation, en volume ( prix de 2009/2010)

3.8 5.1 2.9 5.1 4.7 0.3 5.0 2.3 6.9 -1.2

3.2 3.2 3.7 5.2 3.7 0.3 4.1 2.6 5.8 -0.8

2.2 2.7 4.3 2.7 3.0 -1.0 2.0 2.4 1.5 0.2

-8.9 -9.0 5.8 -11.5 -6.8 0.1 -6.6 -14.7 -7.0 -2.1

6.6 8.1 2.3 4.0 5.9 0.0 5.9 8.5 6.0 0.5

3.3 1.9 1.4 4.7 1.7 35.7 -2.7

1.2 1.6 1.2 4.3 1.2 34.1 -3.8

2.3 1.6 1.8 4.1 -3.6 36.5 -3.0

2.2 1.5 1.4 7.9 -10.0 48.7 -4.8

1.1 0.8 0.8 7.2 -8.9 53.0 -4.4

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 107.

StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934138454

L’économie a été gravement touchée Les mesures strictes de confinement ont provoqué un arrêt soudain de l’activité dans plusieurs secteurs de l’économie. Durant les deux premières semaines d’avril, les Néo-zélandais ont davantage réduit leurs achats dans les commerces de détail et pour leurs loisirs que les consommateurs de tout autre pays de l’OCDE où ces données sont disponibles. Le secteur du tourisme, qui représentait quelque 10 % du PIB et 20 % des exportations en 2019, a été particulièrement touché en raison de l’effondrement de la demande mondiale et nationale. Les exportations et les importations ont fortement baissé. Fin avril, les employeurs ont reçu des subventions destinées à 1.7 million de salariés (soit les deux tiers de l’emploi dans le secteur privé) afin de préserver leurs emplois. La confiance des entreprises a chuté à des niveaux inédits, mais a commencé à se redresser en mai.

Des mesures budgétaires et monétaires de grande envergure ont été mises en place La riposte des pouvoirs publics à la crise du COVID-19 a été substantielle, bien coordonnée et mise en œuvre en temps utile. Au plan budgétaire de 12.1 milliards NZD (4 % du PIB), dévoilé le 17 mars, s’est ajouté un fonds de 50 milliards NZD annoncé dans le budget de mai 2020, dont environ 30 milliards NZD ont déjà été affectés. On peut citer comme principales mesures de soutien : un important dispositif de subventions salariales (prolongé de juin à septembre sous une forme plus ciblée) ; un mécanisme de garantie de prêts destiné aux PME en vertu duquel l’État assume 80 % du risque de crédit ; des reports et allégements d’impôts ; une hausse des prestations sociales ainsi qu’un soutien accru au système de santé PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2020, NUMÉRO°1 © OCDE 2020


310  et au transport aérien. Les banques ont également prévu un report de six mois du paiement des intérêts et du remboursement du capital à l’intention des emprunteurs ayant des difficultés à assurer le service de leur dette. Une loi prévoyant des aides en cas d’insolvabilité en faveur des entreprises et d’autres entités a été adoptée. Ces mesures contribuent à préserver l’emploi et à éviter la faillite d’entreprises viables. Parallèlement, la RBNZ a abaissé son taux d’intérêt directeur de 75 points de base, à 0.25 %, reporté l’application de hausses programmées des fonds propres obligatoires des banques et lancé un programme d’achat à grande échelle d’obligations des administrations centrales et des collectivités locales, représentant jusqu’à 60 milliards NZD (soit 20 % du PIB annuel), afin de réduire les taux d’intérêt à long terme.

La reprise sera progressive et vulnérable aux conséquences de nouvelles vagues d’infection L’économie a commencé à se redresser, mais, même sans résurgence du virus (scénario du choc unique), elle ne retrouvera pas son niveau antérieur à la crise avant la fin de 2021 en raison de l’activité réduite dans les secteurs qui tentent de se remettre des strictes obligations de distanciation sociale. L’’envolée du chômage provoquée par la chute de l’activité et la fin des subventions salariales, conjuguée à la forte réduction de l’immigration nette et à la baisse des prix de l’immobilier, freinera la consommation privée. L’investissement des entreprises restera faible du fait du déficit de confiance et de l’utilisation réduite des capacités. Les exportations de biens augmenteront sous l’effet de la forte demande mondiale de produits alimentaires, mais les exportations touristiques ne repartiront que lentement, car l’interdiction d’entrée sur le territoire de visiteurs étrangers sera probablement maintenue au moins jusqu’au début de 2021. En cas de deuxième épisode mondial de contamination (scénario de deux chocs successifs), l’économie se contracterait de nouveau et le chômage atteindrait 10 % à la fin de 2020. La frontière resterait fermée plus longtemps, retardant davantage la reprise des exportations touristiques et de l’immigration. Dans ces conditions, le gouvernement devrait augmenter les mesures de stimulation budgétaire à hauteur de 2.5 % du PIB. Dans les deux scénarios, une reprise plus lente de l’économie mondiale, en particulier en Chine, plus grand marché d’exportation de la Nouvelle-Zélande, retarderait encore le redressement de l’activité. En revanche, le tourisme bénéficierait beaucoup d’une autorisation de déplacement entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande avant une ouverture plus généralisée des frontières.

De nouvelles mesures sont nécessaires pour renforcer la résilience et stimuler la reprise économique Le gouvernement devrait renforcer le dépistage, le traçage et la mise en isolement des personnes contaminées jusqu’à ce qu’elles ne risquent plus de transmettre le virus, ce qui permettrait de contenir l’épidémie sans devoir mettre en place des mesures de distanciation sociale coûteuses, en particulier un nouveau confinement. Il conviendrait de compléter ces mesures en rendant le port du masque obligatoire dans les lieux très fréquentés et en investissant dans le système de santé afin d’être mieux préparé en cas de nouvelle vague de contaminations. Si le gouvernement doit rétablir le dispositif de subventions salariales, il faudra veiller à ce qu’elles ne soient versées que si les salariés continuent à être rémunérés et augmenter aussi progressivement la part des coûts assumée par les employeurs pour réduire le risque que les travailleurs ne soient « piégés » dans des emplois qui ne sont plus viables. Les politiques budgétaire et monétaire devront rester expansionnistes afin de soutenir la reprise, surtout dans un

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 311 scénario de deux chocs successifs. La mise en œuvre rapide de la hausse des investissements en infrastructures annoncée en janvier renforcerait la demande et créerait des emplois ; de plus, mettre davantage l’accent sur des projets d’investissements verts, tels que la construction d’un réseau de rechargement des véhicules électriques, aurait une incidence environnementale bénéfique. La relance du dispositif de subventions en vue d’améliorer l’isolation des habitations, qui a contribué dans le passé à de meilleurs résultats en matière de santé, serait également un moyen efficace de stimuler la demande et la progression de l’emploi.

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