F.J. Ossang_ZONES DE CHOC [fr]

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F.J. Ossang debordements.fr/F-J-Ossang Víctor Paz Morandeira

Rencontré lors du Festival de Cinéma Européen de Séville où il présentait son nouveau film, 9 doigts, F.J. Ossang évoque dans cet entretien son rapport à l’écriture, au cinéma muet ou encore aux genres cinématographiques.

Débordements : Je voudrais commencer par décrire le style de votre œuvre. On dit souvent que vous faites des films crépusculaires, presque apocalyptiques. F.J. Ossang : Oui, dans la mesure où il y a toujours un double aspect dans l’Apocalypse. C’est aussi le moment où un mystère se révèle. Disons qu’il y a à la fois une précipitation des éléments et une libération catastrophale. D. : Est-ce qu’il existe également une libération du récit ? Avec 9 doigts, vous essayez de créer une atmosphère plutôt que de raconter une histoire très claire. F.J. O. : Il est vrai que je me situe plutôt du coté du cinéma de poésie que du cinéma de roman. Je pars d’un argument assez simple, puis il y a des étagements qui permettent ensuite d’avoir plusieurs lectures du film. J’ai été très marqué par le cinéma muet. C’est une période passionnante, où les films étaient à la fois populaires et d’avant-garde. Il y avait une ambition démiurgique extraordinaire. Quand on regarde Métropolis, par exemple, qui est un film après tout « grand-public », c’est démentiel. Ma théorie est que le cinéma a mis en crise le récit dominant, générant toutes les mutations de la littérature au XXème siècle. Dès qu’il apparaît, il réintroduit un récit par réseaux, par « émissions », alors que le récit dominant en littérature ou en théâtre est à cette époque-là séquentiel. L’arrivée du

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