Introduction
La grâce est la part de Dieu dans nos vies
L
e thème de la grâce offre un vaste champ à la réflexion théo logique. Il se prête à une grande variété d’angles de vision et d’ordres de considération. D’aucuns, par exemple, semblent se plaire à mettre en relief la fonction miraculeuse de la grâce. Ils la conçoivent comme un substitut, un succédané. Ils la regardent comme un moyen de redressement et de développement de la nature. Ils lui assignent un rôle que celle-ci, pourvu qu’elle soit aidée de l’éducation et de l’effort personnel, peut à la rigueur remplir. Bref, ils font de son action un miracle permanent. Le moins que nous puissions dire, c’est qu’il nous paraît étrange qu’on puisse la considérer comme un pur ersatz. Elle ne jouait certainement pas ce rôle chez le premier homme, dont la nature était parfaite. Elle ne le jouait pas non plus en l’humanité du Christ ni en celle de la Vierge Marie, en lesquelles elle jouissait pourtant de la plénitude de sa vigueur. Après le désordre du péché, elle accomplit incontestablement en l’homme œuvre 1