[Paris. Lettre de René Maran à Charles Barrailley]

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Paris,

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Nos 3316(33) 1

Mon vieux Barrailley Il y a longtemps que j’aurais du te répondre. Il faut t’en prendre à mon cafard d’ abord, à la grippe ensuite, si tu veux engueuler mon silence. Je me sens vide et désemparé. Il y a en moi quelque chose de brisé, quelque chose d’irréparable. Une fin d’amour, ce n’est rien, en soi. Le désir est pareil à la marée. Il a son flux et son reflux. Que n’en est-il de même de l’illusion ! Je tenais à cette illusion d’amour comme je tiens à mes amis. J’avais part des projets d’avenir, moi, le sceptique, habitué à vivre au jour le jour. Et puis, tout-à-coup, on ne sait pourquoi, des insultes ! Je ne peux pas oublier. Je n’oublierai pas.

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