FICHE ENSEIGNANT UN FILM POUR TOUS 2010/11 - Cycle 3
JIBURO Un film de Lee Jung-hyang - Corée du sud / 2002 / 1h27 / VF
L’histoire Pendant que sa mère cherche du travail, Sangwoo, un petit garçon de Séoul, doit passer ses vacances chez sa grand-mère qu’il ne connaît pas. Mordu de jeux vidéo et habitué au fast-food, il doit s’adapter à la vie en pleine nature et à cette dame muette comme une carpe et aussi lente qu’une tortue ! Celle-ci accueille son petit-fils avec tout son cœur et ses maigres moyens tandis que celui-ci, hostile et capricieux, lui joue des mauvais tours. Durant ces vacances loin de Séoul, Sang-woo va petit à petit changer d’attitude. Au contact de l’amour de sa grand-mère, de la douceur de la lumière et du temps, de nouveaux jeux et de nouveaux amis, Sang–woo va grandir et une relation empreinte de tendresse va naître entre lui et sa grand-mère. Avec une grande simplicité de mise en scène, Jiburo filme les petites choses comme si elles étaient très précieuses et en révèle la grandeur. Alors que Sang-woo n’est que solitude égoïste, un petit urbain habitué au confort de la ville, il va découvrir un nouveau rapport à la nature, au temps, à l’autre. La vie communautaire, le partage, les jeux de corps vont remplacer son mutisme boudeur. La mise en scène accompagne le parcours de son petit personnage et sa découverte des choses élémentaires en rappelant fortement que le cinéma sait très bien parler sans parole et sans effet avec ce qui fait son vrai langage : le geste, la lumière et sa capacité à capter le mouvement du monde et des cœurs.
LA CONFRONTATION DE DEUX MONDES : le lièvre et la tortue Entre l’enfant pressé et vindicatif et la grand-mère qui prend son temps, se joue un peu la fable du lièvre et de la tortue. Leur âge, leur corps, leur rythme, leur rapport au quotidien tel que manger, se déplacer, s’habiller, acheter, tout oppose Sang-woo et sa grand-mère. ■ Deux corps, deux langages, deux rapports au temps Le corps de la grand-mère est fourbu, cassé, façonné par le travail. Comme la tortue de la fable de La Fontaine qui « se hâte avec lenteur », c’est un corps lent mais toujours en mouvement. Il gravit des montagnes, affronte la pluie, porte de lourdes charges. Son corps est à l’image de son mode de vie, il se déplace au rythme la nature nourricière qui est sa source de revenus.