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1.3 La forêt, un atout face aux changements climatiques
Le rôle de la forêt dans la lutte contre les changements climatiques
Malgré une apparente passivité, les écosystèmes forestiers ont un rôle majeur dans la lutte contre les changements climatiques. Il s’agit de compenser les émissions anthropiques de CO2. 1,28 milliard de tonnes de carbone sont stockées en forêt à l’échelle métropolitaine. Dans cette optique, la filière Forêt-bois française contribue à l’atténuation du changement climatique via différents leviers :
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- La Séquestration de carbone dans la biomasse forestière - La Séquestration de carbone dans les sols forestiers - Le Stockage de carbone dans les produits bois issus de forêts gérées durablement - La Substitution à des matériaux énergivores (aluminium, acier, béton, PVC, ...) dans la construction - La Substitution aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz, ...)
Promouvoir chacune de ces formes d’atténuation et veiller au maintien d’un certain équilibre entre elles permet une meilleure lutte. En effet, privilégier la séquestration entraînerait par exemple une surcapitalisation du bois en forêt, ce qui les rendrait plus sensibles aux risques (sécheresses, incendies, ravageurs, tempêtes…). À l’inverse, privilégier la substitution entraînerait une surexploitation des bois et donc une diminution de la séquestration de carbone en forêt.
La prise en compte intégrée de ces 5 composantes (les 5 « S ») est primordiale pour évaluer l’atténuation du changement climatique par la forêt. Des effets biophysiques (évapotranspiration, aldebo...) du couvert forestier jouent également un rôle sur le climat local que des projets de recherche en cours visent à mieux quantifier. Les forêts sont par conséquent des acteurs majeurs pour lutter contre le changement climatique afin de maîtriser les émissions de gaz à effet de serre et atteindre notamment la neutralité carbone de la France à l’horizon 2050 voulu par la Stratégie Nationale Bas Carbone. Elles sont à maintenir et à préserver par une gestion durable et proche de la nature qui prend en compte l’ensemble des écosystèmes et des activités liées à ce milieu. A l’échelle nationale, la filière Forêt-bois compense environ 20% des émissions de CO2 grâce aux différents leviers cités précédemment.
Effets d’atténuation de la forêt française (Chiffres de l’étude INRA-IGN, 2017) ... 01 LE CHANGEMENT CLIMATIQUE , clé d’entrée d’une démarche paysagère
La forêt de plantation
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La célèbre réforme de Colbert protégeait nos forêts depuis 1669, mais la Révolution française a mis fin à ces édits royaux et a laissé le bénéfice à tout citoyen de pouvoir exploiter la ressource sans limite. Sous le Second Empire, la surface forestière n’a jamais été aussi faible avec seulement 7 à 8 millions d’hectares soit environ 10% du territoire de l’époque. Cela s’explique par l’essor des besoins de l’ère préindustrielle mais aussi car le bois était la ressource principale en terme de chauffage et de construction. D’autres facteurs tels que l’expansion des surfaces agricoles ou encore le pâturage en forêt entrent en ligne de compte. En réponse à ce déclin, l’État va prendre des mesures visant à cesser les défrichements et le pâturage des troupeaux, protéger la ressource forestière et mener des campagnes de reboisement. Ces actions de plantation se manifestent notamment dans le Sud-Ouest de la France, dans Les Landes de Gascogne et en Sologne dans le but d’assécher les marais mais aussi en zones montagneuses afin de limiter les risques naturels tels que les glissements de terrains.
Qu’est ce qu’une forêt plantée ?
D’après l’Inventaire National Géographique (IGN), « une plantation se caractérise par un boisement ou reboisement d’arbres monospécifiques ou pluri-spécifiques sans limite d’âge du peuplement, observé sur la placette de description de 20 ares. La plantation est effective si elle est toujours présente au moment du levé. » L’IGN distingue deux types de forêts plantées. - les plantations régulières - les autres plantations. Par plantation régulière, il entend « une plantation selon un maillage régulier non interrompu par des îlots ou des bandes boisées, par convention, une plantation régulière en plein a une surface d’un seul tenant supérieure à 5 ares et une largeur supérieure à 20 mètres. ». Quant aux autres plantations, elles concernent toute autre situation.
Représentant 13 % de la surface totale de la forêt de production avec ses 2,1 millions d’hectares, les forêts plantées se répartissent essentiellement dans les Landes de Gascogne, le Haut-Languedoc, le Massif central et ses contreforts Est, et s’étirent dans la partie orientale, le Jura et les Vosges, formant un axe sud-ouest nord-est. Les forêts plantées se situent pour 10 % en forêt domaniale, 14 % dans les autres forêts publiques et 76 % se situent dans les forêts privées. 80% des forêts plantées sont résineuses. Avec un total de 1,7 million d’hectares, elles se concentrent au niveau du Massif central et du SudOuest océanique. En termes d’essences, le pin maritime est le plus usité devant le Douglas et l’Épicéa. (Données IGN).
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