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2.1 Les landes des Gascogne : le triangle vert
Les Landes de Gascogne sont situées en Aquitaine, le long du littoral Atlantique, à l’interface de l’Europe du Nord et de la péninsule Ibérique. Bordé au nord par la métropole bordelaise et au sud par l’aire urbaine de Bayonne, ce territoire se compose d’une cinquantaine de cantons et d’environ 386 communes réparties sur trois départements : la Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne.
Pour comprendre d’où vient ce nom de « Landes de Gascogne », il faut revenir quelques siècles en arrière. À l’époque ce vaste territoire s’appelait « Landes de Bordeaux », ce n’est seulement qu’au XIX e siècle que cette vaste région naturelle a revêtu le nom qu’on lui connaît aujourd’hui. Ce découpage correspond au périmètre d’intervention défini en 1945 par une ordonnance relative à « la mise en valeur de la région des Landes de Gascogne ». Il s’agit à ce jour de la seule définition administrative d’un territoire usuellement conçu comme un vaste triangle délimité au Midi par l’embouchure de l’Adour, à l’ouest par l’océan Atlantique, au nord par la vallée de la Garonne et la frange viticole du Médoc (Sargos, 1949) et à l’Est par les contreforts du Gers.
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Ce « Triangle des Landes » (Manciet, 1981), s’étend sur 200 km du Nord au Sud et 130 km d’Ouest en Est pour une superficie totale d’environ 1,5 millions d’hectares. Les Landes de Gascogne sont caractérisées par la prédominance d’une couverture forestière avec le massif forestier du même nom, d'environ 1 million d’hectares.
Du pays au territoire
Il faut bien comprendre que c’est la région géographique qui a donné son nom à l’entité forestière qu’est le massif. Les Landes n’ont jamais constitué un pays au sens politique du terme, mais bien une vaste région naturelle. Au Moyen Âge, ces terres étaient la partie la plus pauvre du royaume de France et par la même occasion de l’ancien Duché de Gascogne, rattaché au Duché d’Aquitaine. Sous la royauté, ce territoire relevait du « Gouvernement de Guyenne et Gascogne ». La Guyenne désignait alors les contrées dans l’orbite de Bordeaux, et la Gascogne les terres situées au sud.
Les Landes telles qu’on les désigne communément, portent avec elles une idée reçue et parfois des malentendus. Ce terme désigne soit un département, soit un vaste territoire, en fonction de son écriture. Les Landes de Gascogne ou la lande qui a laissé place à un vaste massif forestier s’étalant sur trois départements constitue une entité originale de par son histoire et sa culture.
Depuis bien longtemps déjà, ce vaste triangle constituant le territoire des Landes de Gascogne, est morcelé en plusieurs « Pays ». Ces 10 pays sont tous unis par des liens historiques et géographiques, mais aussi géologiques car ils appartiennent tous à la plaine sableuse des Landes, écologiquement par l’intermédiaire de la Forêt des Landes, linguistiquement par la langue vernaculaire; le Gascon et culturellement car appartenant tous à la Gascogne. Au moment de la création du département, en 1790, les Landes de Gascogne sont divisées en trois départements, la Gironde, Les Landes et Le Lot-et-Garonne. Ce nouveau découpage regroupe des ensembles hétérogènes qui n’avaient aucun lien commun, comme par exemple le sud de la forêt landaise et la Chalosse dans le département des Landes, ou le nord de la forêt landaise et l’Entre-deux-Mers en Gironde. Il n’en demeure pas moins vrai que les pays des Landes de Gascogne sont unis sur le plan de l’héritage culturel.
Cette région naturelle a connu de nombreuses transformations au cours des derniers siècles. Elle a été façonnée, dans son histoire et ses paysages, par de puissants déterminismes physiques dont l’Homme a su tirer profit après en avoir subi la rude loi.
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1800
FIXATION DES DUNES
Ce n’est que sous le règne de Louis XVI, que la fixation des dunes intéressa le gouvernement. Dans cette optique, des essais furent menés à La Teste de Buch à partir de 1787 par Nicolas Brémontier, ingénieur des Ponts et Chaussées. En 1800, la fixation des dunes de Gascogne fit l’objet d’un décret du Consulat. Le chantier dura plus d’un demi-siècle, mené par les Ponts et Chaussées. À la fin du XIX e siècle, une forêt de 88 000 hectares avait métamorphosé la côte landaise. Afin de la protéger, une dune artificielle, un piège à vent, fut édifié à l’initiative de l’ingénieur Goury. Ce sont les dunes littorales formant ce long cordon qui longe les plages girondines et landaises. Ce nouveau paysage, faisant face à l’Océan d’où provenaient les sables qui avaient façonné les Landes, était l’œuvre de l’Homme.
1857
AMÉNAGEMENT DES LANDES DE GASCOGNE La physionomie de l’espace landais change radicalement suite à la loi du 19 juin 1857 relative à l’assainissement et la mise en culture des landes communales. La loi contraint en effet les communes qui n’ont pas les moyens nécessaires à la mise en culture des communaux, à vendre ou à affermer ces terrains. Cette modification majeure de l’occupation du sol s’accompagne de transformations sociales tout aussi importantes. Le boisement et le développement de l’économie de la résine provoquent la disparition de l’économie pastorale traditionnelle et l’apparition de 30 000 à 40 000 métayers-gemmeurs. Ces changements ne se font toutefois pas sans heurts. On assiste à la multiplication d'incendies, en grande partie volontaires, allumés pour protester contre la privatisation des communaux et tenter de résister à la mise en culture des parcours et landes.
1920
44 L’ÉCONOMIE DE LA GEMME Cette spectaculaire vitesse de boisement s’accompagne d’une croissance de la production de résine faisant du Sud-ouest, la deuxième région productrice au monde après les EtatsUnis. L’extension du pignada* à partir de 1857, et la pénurie mondiale de résine consécutive à la Guerre de Sécession, donnèrent un nouvel élan à cette activité. De 40 millions de litres de gemme* en 1857, la production passa à 100 millions de litres en 1900, pour culminer à 178 millions en 1920. La crise des années 30 et la baisse mondiale de la demande amorça le déclin de cette activité. Malgré les efforts de restauration du massif dans les années 50, l’économie de la résine affectée par la guerre et les incendies, subit un déclin inéluctable lié à la montée en puissance des dérivés pétroliers qui se substituent progressivement à l’essence de térébenthine. Elle s’éteint définitivement au début des années 1970.
1939-1949
LES INCENDIES DES ANNÉES 50 Fléau redouté de tous, les incendies se multiplièrent dés 1937, profitant de la sécheresse et de la désorganisation du pays durant la guerre, peu entretenu par l’abandon du débroussaillage. Ces incendies concernent la majeure partie des Landes de Gascogne, en particulier le cœur du plateau landais et le Médoc. Jamais, le feu n’avait commis autant de dégâts. « De 1939 à 1945, l’incendie, parachevant le travail des déboisements, a détruit plus de 330 000 hectares de pins et creusé des vides immenses » (Taillefer 1947). Les sinistres persistèrent jusqu’à l’après-guerre. Cette période de crise culmine en août 1949, avec plus de 130 000 hectares brûlés et 82 victimes aux portes de Bordeaux. Un mémorial fut dressé en leur mémoire. Ce fut un véritable cataclysme pour les populations locales, cet incendie est resté dans la mémoire collective. 450 000 hectares de forêts se sont embrasés durant ces « années rouges », soit la moitié du massif landais.
1950
45 LA MUTATION DE LA SYLVE Les grands incendies marquent un tournant pour le massif landais. Deux ordonnances majeures vont impacter le massif dans sa « reconstruction ». Par l’Ordonnance du 28 avril 1945, est dressé un plan général de sauvegarde du massif landais. De nombreux travaux pour la lutte contre les incendies vont être entrepris (création de pistes, parefeu, points d’eau…) et la DFCI va voir le jour, qui sera en charge des travaux de prévention, de cloisonnement et d’aménagement de la forêt. L’ordonnance de 1945 introduit, dans son article 4, la possibilité d’une mise en valeur du territoire autre que forestière, une mise en valeur agricole. Pas moins de 250 000 hectares voués à l’exploitation agricole furent concernés. C'est le début de l'agriculture intensive avec les immenses champs de maïs.
1980
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L’INDUSTRIE DU BOIS L’économie régionale encaisse toutefois cette crise grâce aux changements d’affectation d’environ 100 000 hectares au profit du développement de grandes cultures de maïs irriguéés, dans les années 1960 et surtout, grâce au développement de l’industrie du bois d’œuvre* et d’industrie*. De sous-produit de la résine, le bois devient l’objet principal de l’exploitation forestière. La sylviculture va peu à peu s’orienter vers une intensification et une standardisation culturale dues notamment aux progrès techniques avec la mécanisation des travaux forestiers et des avancées scientifiques, dans la recherche, en particulier la sélection génétique qui permet d’avoir des sujets de plus en plus droit. On assiste à la mise en place d’une sylviculture intensive basée sur des peuplements mono-spécifiques de pins maritimes.
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Le territoire des Landes de Gascogne subit un fort développement économique et démographique depuis une dizaine d’années. Du fait de son caractère particulièrement attractif, il a vu sa démographie augmentée fortement avec une hausse de 60 % en 40 ans, puisque 839 207 habitants y résidaient en 2006 contre 534 446 en 1968 (Bergouignan et al, 2011). Les effets conjugués de la périurbanisation et de la littoralisation des Landes de Gascogne transforment la trame rurale du territoire. Cette reconfiguration territoriale amène une reconfiguration économique avec notamment l’essor de l’économie résidentielle, la polarisation des activités dans les aires métropolitaines et la mondialisation des industries du bois et de l’agro-alimentaire (Mora et al., 2012). Urbanisation
Le déséquilibre entre littoral et arrière pays est mis en exergue par l’organisation des réseaux de transport à l’échelle territoriale, avec un manque de liaisons transversales et l’absence d’un maillage performant du territoire intérieur. Cependant, avec la présence de plateformes multimodales situées à ses extrémités Sud (le port de Bayonne, l’aéroport de Biarritz) et Nord (Aéroport de Bordeaux-Mérignac et le port du Verdon) fait des Landes de Gascogne, un territoire bien connecté aux espaces extérieurs. Transport
En ce qui concerne l’agriculture, le territoire des Landes de Gascogne est dominé par la production de maïs et volailles de qualité. Le nombre de petites exploitations diminue fortement. Aujourd’hui, au sein du territoire landais, c'est près de 221 650 hectares de surface agricole utile (SAU) qui sont mises en valeur par l’agriculture au sein de 5 656 exploitations (représentant 15 % de la SAU régionale et 13 % des exploitations de l’Aquitaine) (Mora et al., 2012). La tendance est à la diversification des productions par des agricultures de firme, avec par exemple la bulbiculture qui a connu un fort développement ces dernières années. La tendance est donc au maintien de l’emploi agro-alimentaire et à la diminution de l’emploi agricole. Agriculture
La filière Forêt-bois est particulièrement développée et performante. C’est le deuxième secteur employant le plus grand nombre de personnes après l’agro-alimentaire. Au-delà de sa contribution à l’emploi régional, cette filière se caractérise par un couplage fort entre l’industrie et la sylviculture, ainsi qu’une complémentarité entre les industries du bois d’œuvre et bois d’industrie, fondée sur un partage de la ressource en pin maritime. Filière Forêt-Bois
Entre décentralisation et désengagement de l’État concernant certaines compétences, l’affirmation de la Région et le développement des intercommunalités, l’organisation territoriale et les modes de gouvernance des Landes de Gascogne évoluent. On assiste à un renforcement des pouvoirs locaux et à une influence croissante des deux principaux pôles urbains, la métropole bordelaise et l’agglomération bayonnaise. Gouvernance
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Chiffres clés de l’occupation du sol (Mora et al, 2012)
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C’est donc la géologie même qui implique la définition des Landes, ce vaste triangle vert. C’est, il y a environ 15 000 à 10 000 ans avant nos jours, au quartenaire, que remonte l’uniformité de cette plaine sablonneuse. Cependant, cela n’a pas toujours été une plaine puisque les soubassements du sol révèlent un relief fortement accidenté avec ses montagnes et vallées tel un « ancien Jura fossilisé ». Progressivement, dés l’ère tertiaire, des dépôts de sables, graviers, argiles calcaires et alluvions vinrent recouvrir ce relief. Ces masses de sables et de graviers furent charriées par les eaux au gré des périodes de glaciation et déglaciation influençant le niveau des océans durant le Pléistocène. Le climat sec et froid, combiné à de forts vents d’ouest, transportèrent les sédiments vers l’intérieur des terres qui s’étalèrent en une nappe homogène et mince, de deux à cinq mètres d’épaisseur. Contexte géologique et pédologique
Cette uniformité géologique, constituée essentiellement de limons et de sables fins issus du Pléistocène, fait la particularité de ce territoire landais. Cette vaste plaine se singularise par la présence d’une nappe phréatique affleurante et de sols sableux podzoliques, où sous la fine couche d’humus n’apparaît la plupart du temps qu’une masse blanche cendreuse de silice presque pure, le podzol landais, et une couche plus ou moins indurée d’alios* , auquel l’eau des ruisseaux doit sa teinte rouille. C’est sur ces conditions hydrogéologiques et pédologiques particulières que s’est construite l’histoire de la forêt landaise, devenue le plus grand massif forestier cultivé d’Europe.
La singularité de ce territoire transparaît dans la forte expression de « Sahara landais » utilisée dans la littérature au XIXe siècle. Le paradoxe landais, qui voit de vastes marécages installés sur des sables en apparence perméables, s’explique par une accumulation de facteurs défavorables à la circulation des eaux.
- la faible pente d’ensemble de la plaine landaise d’est en ouest (moins d’un mètre de pente par kilomètre) ne favorisant guère l’écoulement des eaux
- l’existence de multiples vallées alluviales et de dépressions (appelées lagunes*) - l’effet de barrière du puissant cordon dunaire littoral formé de plusieurs générations de systèmes éoliens, en arrière duquel un véritable chapelet d’étangs s’est installé (Biscarosse, Hourtin, Cazaux, Aureilhan, Léon…) ne communiquant avec l’océan que par de rares émissaires, appelés localement « courants »
L’ensemble de ces facteurs favorise un engorgement des terres en hiver et une forte aridité des sols en période estivale. De plus, ils jouent un rôle très important dans l’implantation humaine (souvent à proximité des cours d’eau, lieux les mieux drainés du territoire).
Landes à Molinie, Plateau landais
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Diversité des sols forestiers
Malgré une apparente homogénéité, les sols landais sont relativement diversifiés. Ce degré de diversité varie et leur distribution géographique n’a rien d’aléatoire. La répartition des différents types de sols est liée à deux principaux facteurs évoqués précédemment, que sont la topographie et la présence d’une nappe phréatique superficielle apparaissant à profondeur variable.
On distingue traditionnellement trois types de Landes en fonction de la situation topographique, de la profondeur d’apparition de la nappe phréatique et de son amplitude de battement : - la lande humide, - la lande mésophile, - la lande sèche. La couverture pédologique du massif des Landes de Gascogne est donc formée de la juxtaposition de trois terroirs principaux, lande sèche, humide et mésophile, présentant des caractéristiques propres. Les landes sèches sont localisées sur les anciennes dunes intérieures, à proximité des vallées alluviales et cours d’eau, les landes humides occupent le haut du plateau landais, au sein des vastes interfluves et les landes mésophiles une position intermédiaire entre les deux précédentes (carte ci-contre).
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Les landes humides et mésophiles totalisent environ 80 % du massif forestier et pour les landes sèches environ 15 % (IFN, 1991). Ces trois principaux types de landes sont définis par une végétation caractéristique bio-indicatrice. Sur la coupe ci-dessous, on peut observer la sucession de ces différentes landes.
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Landes humides Dunes littorales Limite du massif Limites départementales Principales villes
La lande humide (ou hygrophile) occupe ces vastes étendues planes, mal drainées, où la nappe phréatique superficielle est omniprésente. Sur ces landes, le niveau de la nappe évolue lentement et affleure la surface lors des périodes de fortes pluies au printemps et à l’automne, rendant ces zones inaccessibles. La végétation est essentiellement composée de Molinie (Molinia coerulea) et d’Ajonc nain (Ulex nanus).
La lande sèche (ou xérophile) est située sur les bordures méridionales et occidentales du massif, sur les zones les mieux drainées. La présence d’axes de drainage tels que des crastes* provoque un rabattement important de la nappe phréatique, asséchant naturellement les landes. La Callune (Calluna vulgaris), la Bruyère cendrée (Erica cinerea) et l’Hélianthème (Hélianthemum allyssoides) sont caractéristiques des landes sèches.
La lande mésophile (semi-humide) se caractérise par un battement de la nappe phréatique important (jusqu’à 2 mètres), associé aux microreliefs liés aux lagunes. Elle constitue, de fait, un niveau topographique transitoire entre lande sèche et humide, et représente la partie la plus propice à l’établissement de la forêt et des cultures. La végétation caractéristique est représentée par la Fougère aigle (Pteridium aquilinum) et l’Ajonc d’Europe (Ulex europaeus).
Lande humide, Landes Lande mésophile, Gironde Lande sèche, Gironde
Le Pin, l’arbre d’or des Landes... «
»La formule est d’Alexandre Léon, entrepreneur bordelais qui bâtit sa richesse sur l’exportation de poteaux de pins bruts en direction de l’Angleterre vers 1860.
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Le pin, l’arbre d’or des Landes
Icône de ce vaste territoire, le pin maritime (Pinus pinaster) a été un allié de taille pour les humains dans la valorisation de ce vaste désert. Cette essence de lumière, adaptée à des sols secs et nus, colonise les terres sablonneuses où il se répand rapidement grâce à la dissémination aérienne de ses graines (pignon) munies d’ailettes. Grâce à un système racinaire puissant et développé, il est capable d’absorber d’énormes quantités d’eau nécessaires à son développement. Il peut vivre jusqu’à 150 ans. Cette espèce autochtone, est présente depuis des milliers d’années, et se développait sur les versants bien drainés des vallées tracées par les rivières et sur les hauteurs des anciennes dunes (appelées montagnes).
Le massif des Landes de Gascogne est également connu sous les dénominations de Forêt des Landes de Gascogne, Forêt landaise, Massif gascon ou encore Massif landais. Il représente, dans le Sud-ouest de la France, une unité remarquable par son étendue, la netteté générale de ses contours, sa grande homogénéité avec l’omniprésence du pin maritime, et enfin, par le rôle majeur qu’il joue dans la filière-bois régionale et l’économie de l’Aquitaine. Ce massif forestier comprend quatre régions forestières* dont l’ensemble occupe une surface totale de 1 329 340 hectares et contient une surface boisée proche de 1 million d’hectares, soit un taux de boisement de plus de 74 %. Les quatre régions forestières sont : - Les Dunes littorales : 96 100 ha - Le Plateau landais : 1 143 040 ha - Le Bazadais : 53 380 ha - Le Marensin : 36 820 ha
Les régions forestières de l’IFN correspondent à une division territoriale où règnent des conditions similaires du point de vue de la production forestière. Elles sont devenues une référence et aident à l’élaboration des documents de gestion et d’aménagement forestier que ce soit dans le domaine public (Directives et Schémas régionaux d’aménagement de l’Office national des forêts), ou privé (Schémas régionaux de gestion sylvicole des Centres régionaux de la propriété forestière). Le massif landais comprend essentiellement une forêt cultivée de Pin maritime, traitée pour sa majorité en futaie régulière. C’est une région à la fonctionnalité écologique particulière. Son intérêt réside à la fois dans son étendue, dans la présence de milieux d’intérêt particulier et dans l’existence d’une mosaïque de peuplements de classes d’âge variées. L’exploitation forestière du pin maritime est régie par la rotation des parcelles et leur exploitation en fonction des débouchés souhaités. Les feuillus, le plus souvent des chênes pédoncules et tauzins, mais aussi chênes lièges au Sud Ouest (Marensin) et verts au Nord Ouest (Bazadais), se retrouvent isolés, en lisières ou en bouquets, ou encore en bordure de crastes, de cours d’eau ou ceinturant d’anciens champs. Ils peuvent constituer des zones de forte diversité biologique notamment dans le cas des forêt-galeries le long de l’Eyre ou ses affluents.
La forêt littorale, par ses caractéristiques physiques, les milieux qu’elle renferme et sa multifonctionnalité affirmée, s’inscrit en franche opposition avec la forêt du plateau landais. Cette opposition est aussi visible de part les fonctions qu’elles remplissent. La forêt littorale est une forêt de protection (événements tempétueux...) contrairement au plateau landais avec sa forêt de production.
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