maximino matus ruiz
La fragmentation des frontières nationales et l’assemblage des paysages alimentaires Des aliments mexicains aux États-Unis à la nourriture internationale au Mexique
introduction Il n’est pas rare, aux États-Unis, dans les quartiers où plusieurs communautés
Maximino Matus Ruiz, docteur en sociologie, spécialisé en anthropologie sociale, est chercheur au centre INFOTEC, CONACYT, Mexico.
d’immigrés latino-américains se sont regroupées, de voir que l’on commercialise des produits liés à leurs pays d’origine. En effet, la vente d’aliments crus ou cuisinés, de façon itinérante, chez l’habitant ou dans des restaurants formellement établis, est une pratique courante, et les principaux consommateurs sont ces mêmes migrants. Ils incorporent aussi dans leur propre régime alimentaire de la nourriture de la société d’accueil et des différentes ethnies avec lesquelles ils cohabitent. À titre d’exemple, certains restaurants mayas-yucatèques de San Francisco proposent des aliments asiatiques et italiens dans leurs menus. On observe un phénomène similaire dans la ville de Mexico, où des établissements et restaurants vendent des produits colombiens. Ces espaces sont fréquentés par des immigrés d’Amérique
page précédente Restaurant américain, Oxcutzcab, Yucatán, Mexique, 2011.
du Sud mais aussi par des latino-américains de passage, qui à l’étranger s’identifient à ce paysage alimentaire et contribuent à sa traduction en encourageant la commercialisation de leurs gastronomies nationales. Le métissage des pratiques alimentaires des migrants dans leurs lieux de destination affecte aussi les membres des communautés d’origine : les aliments et leur
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