aide à l’action
Les chemins pour piétons dans le paysage genevois Aménager la ville pour les piétons améliore le cadre de vie et favorise l’activité physique. En Suisse, Genève et d’autres communes ont mis en place un « plan directeur des chemins pour piétons ». Elles ont diagnostiqué les obstacles, puis constitué un maillage de chemins garantissant la sécurité des piétons. Obligatoire à Genève, ce plan tarde toutefois à être mis en œuvre sur l’ensemble des communes. Grands randonneurs devant l’Éternel, les Suisses aiment la marche ! Au point que le 1er janvier 1987, la Confédération helvétique s’est dotée d’une base légale pour la planification, la réalisation et l’entretien des chemins pour piétons et des chemins de randonnée pédestre. Onze ans après, le canton de Genève adoptait une loi d’application imposant aux quarantecinq communes genevoises de concevoir et d’appliquer un « plan directeur des chemins pour piétons ». L’expérience du bureau Urbaplan porte sur de nombreux plans élaborés pour de petites et de grandes communes, notamment la ville de Genève. Cet instrument d’urbanisme d’apparence modeste offre de puissants leviers d’action pour favoriser et faciliter la marche à pied. Dans certains cas, il permet même aux communes d’exiger la réalisation et l’entretien de chemins par des personnes privées, voire d’engager des procédures d’expropriation pour la réalisation d’un cheminement. C’est ainsi, par exemple, que nous avons pu négocier un passage public à travers un jardin privé pour permettre à des enfants d’accéder à leur école sans devoir traverser une route à grand trafic.
Planifier des réseaux piétonniers Pour l’urbaniste, la planification d’un réseau piétonnier relève du paradoxe, de l’évidence et de la nécessité. Du paradoxe, parce que la liberté est la qualité première de la marche à pied. Le piéton est multiple, ses motivations sont diverses, il utilise tous les espaces à disposition pour se déplacer selon ses besoins : raccourcis périlleux ou détours 6
bucoliques. À la différence des autres modes de transport, plus ou moins canalisés et contraints, la marche laisse un libre choix du parcours : improvisé, détourné ou réfléchi. De l’évidence, puisque, sur le terrain, il n’est pas nécessaire de faire de longues analyses pour constater la multiplication de barrières de toute nature : clôtures, routes à grand trafic, dénivellations, jardins privés, etc., sont autant d’éléments susceptibles de rendre le territoire de plus en plus imperméable à la déambulation. De la nécessité, car la sécurité et la santé de la population sont en jeu : d’une part, les piétons sont particulièrement vulnérables dans le trafic ; d’autre part, la marche à pied favorise la forme physique des personnes et respecte l’environnement. De ce triple constat découlent quatre options fondamentales qui fondent la conception et la mise en œuvre des plans directeurs des chemins pour piétons.
La sécurité La sécurité des piétons nécessite des aménagements adaptés (visibilité aux traversées piétonnes) et des règles d’usage de l’espace public (empêcher le stationnement sauvage sur les trottoirs, abaisser la vitesse, etc.). Au départ d’un plan directeur des chemins pour piétons, un diagnostic identifie les facteurs pouvant constituer un risque et une entrave aux déplacements à pied. La sécurité dépend fortement des mesures de circulation. Elle est parti-
LA SANTÉ DE L’HOMME - N° 402 - JUILLET-AOÛT 2009
culièrement nécessaire à proximité des écoles et des résidences pour personnes âgées, de même que sur les axes et carrefours principaux, où se trouvent les arrêts de transports publics et où les piétons sont trop souvent pénalisés. Le plan directeur des chemins pour piétons permet de fixer des mesures de modération des vitesses. L’éclairage est un aspect à traiter : des parcours appropriés pendant la journée ne doivent pas provoquer un sentiment d’insécurité la nuit (passages souterrains, par exemple). Les personnes âgées ont besoin d’installations particulières qui ajoutent au confort des autres piétons : mains courantes, bancs de repos à intervalles réguliers, parcours formant de courtes boucles de promenade, largeur des trottoirs adaptée aux personnes accompagnées, avec canne ou chaise roulante, etc. Les mêmes réflexions s’appliquent aux personnes à mobilité réduite.
La continuité Qui dit réseau, dit continuité : chaque plan directeur des chemins pour piétons vise à améliorer l’interconnexion des cheminements afin de former un maillage aussi fin que possible, irriguant l’ensemble du territoire communal. Sentiers, trottoirs, places de jeux, jardins, cours d’école, passages piétons, etc., sont autant de maillons de parcours utilitaires, quotidiens, sportifs ou de promenade. Un bon réseau piéton doit être assez dense pour permettre d’atteindre les principales destinations sans détours inutiles et offrir une liberté de choix des parcours.