Photo Solution Août/Septembre 2016 - Aperçu

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BANC D’ESSAI LE SAC PHOTO EVERYDAY MESSENGER

LE M A G A Z I N E QU É B É C O I S D E L A P H OTOGRAPHIE VOLUME 9 NUMÉRO 5 AOÛT/SEPTEMBRE 2016 PHOTOSOLUTION.CA

STYLE &

RÉCITS - - - -

ENTRETIEN AVEC

LOUIE PALU « Ne laissez jamais quelqu’un vous dire qu’il n’y a qu’une façon de prendre des photos. »

TENIR UN PROPOS TROUVER SA PROPRE VOIX RACONTER À L’AIDE D’UNE SÉRIE RALENTIR POUR MIEUX ÉCOUTER

ÊTRE PUBLIÉ FRANC-PARLER ET CONSEILS PRATIQUES

SHAYNE LAVERDIÈRE

PLUS QU’UNE ETOILE MONTANTE DERRIÈRE L’IMAGE

DAVINA + DANIEL

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ASTUCES FACILES POUR DES IMAGES ANIMALIERES MEMORABLES

IMPRIMÉ AU CANADA ENVOI DE PUBLICATION NO DE CONVENTION: 40010196 - 171, RUE ST-PAUL, BUREAU 102, QUÉBEC, QC CANADA G1K 3W2

FAQ DE LA COULEUR AU NOIR ET BLANC Photo_solution_16-09.indd 1

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SOMMAIRE

PHOTO DE LA PAGE COUVERTURE Davina + Daniel davinaplusdaniel.com

© MICHAEL ERNEST SWEET

PHOTO SOLUTION AOÛT/SEPTEMBRE 2016 VOLUME 9, NUMÉRO 5

TRIBUNE 4 ÉDITORIAL 6 BRIC-À-BRAC 12 COMMUNAUTÉ 50 LA VOUTE IMAGES ET IDÉES DERRIÈRE L’IMAGE 14 DAVINA + DANIEL

INSTANT DE SAGESSE 16 LOUIE PALU

18 SHAYNE LAVERDIÈRE: PLUS QU’UNE ÉTOILE MONTANTE

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ÊTRE PUBLIÉ : FRANC-PARLER ET CONSEILS PRATIQUES

© PATRICK LA ROQUE

Il n’y a pas de secret pour être publié. Il y a par contre un certain nombre de choses que vous pouvez faire, et d’autres que vous ne devriez pas, qui vont augmenter vos chances.

PAR LAURENCE BUTET-ROCH

EXPO 24 MONDE MACRO

SANS CADRE 26 PARLONS DE CES MILLE MOTS

PAR DAVID DUCHEMIN

MODE D’EMPLOI 28 ÊTRE PUBLIÉ

PAR MICHAEL ERNEST SWEET

34 LE RÉCIT À L’AIDE D’IMAGES

PAR PATRICK LA ROQUE

FAQ 40 CONVERSION NOIR ET BLANC

PAR JEAN-FRANÇOIS LANDRY

42 LES FILTRES GRADUELS

PAR DANIEL DUPONT

44 FAUNE: 5 DÉTAILS

QUI FONT LA DIFFÉRENCE

34 L’ESSAI PHOTO : LE RÉCIT À L’AIDE D’IMAGES

L’essai photo devrait être une pièce importante de notre boîte à outils : non seulement cela fait de nous de meilleurs observateurs, mais cela nous libère aussi de la ­pression de cette photo parfaite que nous devons trouver à tout prix.

PAR NICK TREHEARNE

BANC D’ESSAI 46 LE SAC PEAK DESIGN EVERYDAY MESSENGER

PAR JENNY ET GUY

48 GADGETOMANIE

PAR JEAN-FRANÇOIS LANDRY

COLLABORATEURS ET ÉQUIPE ÉDITORIALE

Après être tombée en amour avec le journalisme à travers Scoop, télésérie sur une salle de presse, LAURENCE BUTET-ROCH, membre du collectif Boreal, est d ­ evenue Photographe, écrivain et aventurier, DAVID DuCHEMIN se spécialise dans la photographie ­journaliste, photographe et éditrice photo indépendante. lbrphoto.ca DANIEL DUPONT est le spécialiste de la ­humanitaire. Ses livres sont traduits dans une douzaine de langues et vendus à travers le monde. davidduchemin.com MICHAEL ERNEST SWEET est un écrivain et photographe ­canadien. ­photographie aviaire du Québec. Il anime des ateliers au Québec et à l’étranger. danieldupont.ca GABRIELLE GERMAIN est Son travail est paru dans plusieurs publications. Suivez-le sur Instagram (MichaelSweetPhotos) ou sur MichaelSweetPhotography.com passionnée par les mots et les images. Son ­cheminement inclut des études en littérature, une maîtrise en cinéma et de l’expérience professionnelle en tant que journaliste. Photographe Fujifilm X, PATRICK LA ROQUE est un conférencier, écrivain et photographe professionnel de Montréal. Il est aussi le fondateur de KAGE COLLECTIVE, un JEAN-FRANÇOIS LANDRY conseille les acheteurs de produits photo de Québec groupe international se spécialisant dans le reportage documentaire. laroquephoto.com GUY LANGEVIN est designer graphique, mais on ne collabore pas avec les meilleurs photographes sans depuis 1989. Il anime également des cours et ateliers techniques. JENNY MONTGOMERY ­apprendre quelques trucs. Au fil des ans, il a donc développé sa propre vision photographique et utilise celle-ci pour stimuler sa créativité. est metteure en scène, dramaturge et rédactrice. La photographie fait partie de sa vie familiale depuis toujours et elle a fait ses premières expériences argentiques en chambre NICK TREHEARNE est photographe professionnel et rédacteur originaire de Prince George en Colombie-Britannique. Avec une passion pour les animaux noire en 1998. sauvages (plus particulièrement les gros mammifères) et le grand air, Nick voyage à travers l’Amérique du Nord, appareil photo à la main. nicktrehearne.com

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TRIBUNE

EDITORIAL

PHOTO SOLUTION AOÛT/SEPTEMBRE 2016 Volume 9, Numéro 5 171, rue St-Paul, bureau 102 Québec, QC Canada G1K 3W2 Tél. : 418 692-2110 Fax : 418 692-3392 facebook.com/photosolution

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ABONNEMENTS Sans frais : 1 866 807-5520 Courriel : abonnement@photosolution.ca Web : photosolution.ca

RACONTE-MOI

UNE HISTOIRE Quelle est la différence entre un bon photographe et un excellent? Pourquoi certains semblent s’élever si facilement au-dessus du lot? Rarement répondrons-nous que c’est grâce à « ses aptitudes techniques ». On parlera plutôt de sa capacité à nous faire vibrer, à nous raconter une histoire.

J

usqu’à un certain stade, on peut tous devenir un virtuose du reflex ou faire chanter notre objectif, mais qu’en est-il de transmettre un sentiment, une idée? C’est une autre paire de manches. Il faut « apprendre à voir ». Entraîner notre cerveau à développer une compréhension intuitive du spectacle qui se déroule devant nos yeux. Ce faisant, on bonifiera notre langage photographique. Ceux qui maîtrisent ce procédé possèdent un énorme pouvoir de communication. Ils savent transformer l’insignifiant en quelque chose d’éloquent. Ils créent de l’impact. La scène la plus banale deviendra, devant leur objectif, une fenêtre sur leur perception du monde. Ils ont de l’initiative et de l’innovation. Ils prennent leur destin photographique en main et, par la bande, nous font redécouvrir des lieux/ gens/objets sous un œil nouveau. Ce numéro est rempli de collaborateurs qui ont le talent de nous faire voyager par leurs images; leur propre manière de voir se transmet dans chacune d’elles. De plus, ils ont la générosité de partager leurs acquis avec nous. ­Profitons-en! Prenons ce qui nous sied, balayons ce qui ne nous convient pas. Acceptons, ou du moins considérons, des manières de faire différentes. Il ne s’agit pas de se transformer en clones de nos mentors, mais de s’en inspirer. Nul besoin d’un ­David ­duChemin ­version 2.0 ou d’un Patrick La Roque Junior. Mais peut-être qu’un soupçon de ­celui-ci, combiné à une pincée de celui-là, agrémenté d’un peu de celle-ci nous aidera à développer notre propre style et à déployer nos ailes.

REGARDS SUR NOTRE MONDE Notre grand concours photo annuel, Regards sur notre monde, bat son plein. J’ai hâte de voir ce festival d’images qui se déroulera devant nos yeux, mais j’ai surtout hâte « d’observer » les histoires qui se cachent derrière celles-ci.

RÉDACTION Rédacteur en chef Guy Langevin......................glangevin@photosolution.ca Rédactrice adjointe Jenny Montgomery Adjointe à la rédaction et à l’administration Gabrielle Germain...............redaction@photosolution.ca Directeur artistique Guy Langevin......................glangevin@photosolution.ca ADMINISTRATION Éditeur et directeur des ventes publicitaires Guy J. Poirier......................gpoirier@photosolution.ca 418 692-2110 / 1 800 905-7468 poste 101 Comptabilité et diffusion Emmanuelle Champagne.....comptabilite@photosolution.ca Consultante Valérie Racine PRIX RÉGULIERS Abonnement : 1 an : 35,70 $ 2 ans : 71,40 $ 3 ans : 107,10 $ Toutes taxes applicables canadiennes en sus. Les résidants des É.-U. payent en $US + 10 $US par année en frais de poste. Les résidants des autres pays payent en $US + 90 $US par année en frais de poste. Prix unitaire : 5,95 $CAN/$US. DIRECTIVES DE SOUMISSIONS Photo Solution invite ses lecteurs à soumettre leurs port­folios et articles pour publication. Les articles doivent être en lien avec le domaine de la photographie et doivent être accompagnés d’images appuyant le texte soumis. Toute soumission doit respecter les directives de soumission émises par l’éditeur. Ces dernières sont disponibles à photosolution.ca et sur demande au 418 692-2110 ou à redaction@photosolution.ca. Le magazine Photo Solution (ISSN 1916-100X) est publié six fois par année ­(décembre/janvier, février/mars, avril/mai, juin/juillet, août/septembre, octobre/ novembre) par les Éditions Apex inc. Tous droits de reproduction, de t­raduction et d’adaptation réservés. Photo Solution est distribué en kiosque par Coast to Coast Newsstand Services.

Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.

Il nous arrive de rendre notre liste des abonnés disponible à des entreprises offrant des produits ou ­services susceptibles de vous intéresser. Si vous ne désirez pas recevoir ces offres, informez-nous soit par ­téléphone, par ­télécopieur ou par courrier. Membre de la CITA et de la TIPA

COPYRIGHT © 2016 LES ÉDITIONS APEX INC. Aucune ­reproduction, par quelque procédé que ce soit, sans ­l’autorisation écrite de ­l’éditeur. Malgré le soin apporté, Les Éditions Apex inc. ne peut garantir que les ­informations contenues dans ce magazine sont complètes et exactes. Par conséquent, Les Éditions Apex inc. se décharge de toutes responsabilités relatives au contenu du ­magazine ou à quelque erreur ou omission que ce soit. IMPRIMÉ AU CANADA

Guy Langevin

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TRIBUNE

BRIC-À-BRAC

WORLD PRESS PHOTO 2016 la guerre et y voir l’exposition! Puis, du 31 août au 2 octobre, c’est à la Salle de la Commune de l’édifice du Marché ­Bonsecours de ­Montréal que le tout aura lieu. Pour finir, c’est du 3 au 27 ­novembre que Chicoutimi recevra l’exposition à La Pulperie de Chicoutimi/Musée régional.

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VOYEZ la première canadienne de Robert Mapplethorpe présentée au Musée des beaux-arts de Montréal. Du 10 septembre au 22 janvier, ­découvrez les œuvres de ce photographe américain qui a fait scandale, et ce, à travers l’exposition Mapplethorpe qui couvre l’entièreté de la carrière de l’artiste jusqu’à sa mort en 1989. L’exposition présente plus de 250 pièces (majoritairement des images en noir et blanc) organisées par thèmes (style de vie, le corps sculptural, etc.) en plus d’objets, dessins et documents tirés des archives du photographe.

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s­ upporte une pression de 100 kg. C’est le compagnon idéal pour vos ­aventures estivales. Prix ­suggéré: 480 $

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PATTI SMITH, 1978, ÉPREUVE À LA GÉLATINE ARGENTIQUE © ROBERT MAPPLETHORPE FOUNDATION. UTILISÉE AVEC AUTORISATION.

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CETTE ­nouvelle ­caméra ­d’action ­d’Olympus est étanche à la ­poussière et à l’eau, ­résiste au froid, est antichoc et

LA MAISON du développement ­durable présentera deux expositions. Du 10 au 30 août, voyez le photoreportage de ­Thomas Marcel Hurtut ­Revenir chez soi? Portraits d’évacués de Naraha. Elle présente des ­images des ­habitants de cette ville qui fut évacuée après la ­catastrophe de Fukushima. Le ­vernissage aura lieu le 10 août à 11 h 30. Du 8 au 29 ­septembre, vous pourrez ­observer les œuvres de Valérian Mazataud lors de son exposition Liwa ­Mairin qui documente la vie des Miskitos. Cette nation autochtone de la jungle du Honduras survit grâce à la pêche sous-marine, mais le ­matériel désuet et le manque de formation rendent la pratique de cette activité économique ­extrêmement ­dangereuse. Le vernissage aura lieu le 8 ­septembre vers midi.

© VALÉRIAN MAZATAUD

L’EXPOSITION du World Press Photo 2016 se déplace ­présentement au Canada et vous pourrez y admirer les photos ­gagnantes de cette onzième édition. Si vous êtes dans les ­environs d’Ottawa, vous avez jusqu’au 17 août pour vous rendre au Musée canadien de

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BRIC-À-BRAC

TRIBUNE

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PRESENTENT LEUR

22E CONCOURS PHOTO ANNUEL

REGARDS SUR NOTRE MONDE PLUS DE

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© VALÉRIAN MAZATAUD

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TRIBUNE

COMMUNAUTÉ

travers le nord-ouest des États-Unis et l’ouest du Canada.

LE REGARD NUANCÉ DE TIM SMITH SUR LA COLONIE HUTTÉRITE DE DEERBOINE

PAR LAURENCE BUTET-ROCH

À deux pas de chez lui, au Manitoba, Tim Smith documente une communauté différente de la sienne. Un projet qui ­demande un travail d’équilibriste afin de mettre en lumière les us et ­coutumes des huttérites sans toutefois en être réducteur.

Les huttérites, mouvement ­anabaptiste au même titre que les amish et les mennonites, valorisent la vie communautaire où tous les biens et les tâches sont partagés entre les ­membres

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du groupe. Majoritairement autosuffisantes, les colonies survivent grâce à ­l’agriculture, à l’élevage, et dans certains cas, grâce aux ­manufactures. ­Arrivées en Amérique du Nord dans les années 1800 après avoir été persécutées en Russie, elles s’installent d’abord aux États-Unis dans le Dakota du Nord et du Sud. Pacifistes inébranlables refusant la conscription lors de la Première Guerre mondiale, les huttérites ont migré vers les Prairies ­canadiennes. Ils sont désormais dispersés dans plusieurs colonies à

Parce qu’ils ont l’air et ­vivent ­différemment de nous, il est facile de montrer une vue simplifiée de leur mode de vie. Chantel Hofer aime ajouter un peu de style et ­d’individualité à sa tenue ­traditionnelle, que ce soit à l’aide ­d’espadrilles aux ­couleurs vives ou de lunettes ­colorées. Bien que la ­conformité soit un idéal dans les colonies huttérites, les individus, surtout les jeunes hommes et femmes, ­cherchent des ­moyens ­d’exprimer leur ­individualité.

© TIM SMITH

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im Smith c­ onduisait le long des routes de ­campagne du Manitoba quand il est tombé sur la ­colonie ­huttérite de ­Deerboine. Un groupe de femmes s’occupait du ­jardin; une image parfaite pour le Brandon Sun, journal local pour lequel il ­travaillait. Alors qu’il réalise quelques clichés, l’une d’elles le prend en photo avec son ­téléphone portable. « ­Comme beaucoup de gens, j’avais des idées préconçues sur cette ­communauté, car j’avais rarement été en contact avec eux ­pendant mon enfance à ­Winnipeg. Je les voyais à ­l’occasion, ­lorsqu’ils ­passaient à une de nos ventes-débarras. Puisque je croyais qu’ils étaient contre la technologie, j’ai été surpris qu’une jeune fille sorte un cellulaire de sa poche. Ce fut la preuve immédiate que je ne savais rien d’eux et ça a piqué ma curiosité », se souvient le ­photographe canadien.

« Parce qu’ils ont l’air et vivent différemment de nous, il est facile de montrer une vue simplifiée de leur mode de vie. Une telle approche est paresseuse, voire discriminatoire. Les êtres humains ont tendance à vouloir simplifier le monde autour d’eux, à mettre les choses dans des cases séparées les unes des autres. Cela entraîne une panoplie de problèmes de tolérance et de ­compréhension de l’autre. Il est important ­d’apporter des nuances afin de lutter contre ce phénomène. Même après avoir passé beaucoup de temps à ­connaître les huttérites, je ­réalise que je n’y connais rien. C’est ­pourquoi je veux montrer les ­complexités de cette société », ajoute Tim Smith. Prenez les adolescents par exemple. Certes, ils s’habillent différemment et sont moins exubérants; mais ils agissent comme tous les jeunes de leur âge. Ils essaient de se démarquer et d’exprimer leur individualité dans les limites accordées. Cela peut se ­manifester par une paire de chaussures rose néon, par des lunettes de soleil vert pastel autant que dans leurs activités ­quotidiennes. La preuve : les

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r à l r n d

T l n m u T t l c c c l q l d d q a d r d ê m d


IMAGES ET IDÉES

INSTANT DE SAGESSE

EXTRAITS DE NOTRE ENTREVUE AVEC

LOUIE PALU

enfants il préfère. Par contre, ce que je peux dire, c’est que ma photo préférée est une photo ­personnelle de ma mère et moi.

Photographe documentaire canadien, Louie Palu est c ­ onnu pour son intérêt sociopolitique. Au cours des 25 dernières ­années, il a voyagé à travers le monde, couvrant guerres et ­questions des droits de la personne. L’an dernier, il a lancé ­Kandahar Journals, documentaire qui décrit son expérience de photojournaliste en temps de guerre à Kandahar de 2006 à 2010. Palu a gentiment pris du temps pour répondre à nos questions!

Je voulais devenir biologiste marin et étudier les requins. Puis, je me suis intéressé aux réacteurs nucléaires pendant un temps. La photographie est arrivée vers l’âge de 13 ou 14 ans.

EXPÉRIENCE MARQUANTE? Travailler en construction avec mon père et apprendre ce que ça veut dire de travailler fort et me faire enseigner de ne jamais abandonner lorsque vous tentez quelque chose.

LE PHOTOGRAPHE QUE VOUS ADMIREZ LE PLUS? Il y a tellement de grands ­photographes, c’est une ­question difficile. Mais je dirais David Douglas Duncan qui vient tout juste d’avoir cent ans et qui a couvert plusieurs guerres. Il a de l’intégrité, ce qui est la chose la plus importante à avoir en tant que photojournaliste.

COMBINAISON APPAREIL PHOTO/OBJECTIF? Ces temps-ci, j’expérimente la photographie sans objectif sous forme de photogrammes. Sinon, les choses restent ­simples : un

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Être dans une tente avec ­l’ancien dictateur libyen Mouammar ­Kadhafi et le Premier ­ministre ­canadien Paul Martin après avoir pilé dans des déjections de ­chameau.

UNE JOURNÉE NORMALE POUR VOUS?

35 mm ou un 50 mm pour mes appareils 35 mm, et un 50 mm pour mon appareil moyen ­format 6 x 6.

Un agréable chaos; t­oujours ­travailler dans un état de ­développement créatif pour mes projets, essayer d’avoir accès à des endroits difficiles pour le ­travail et essayer d’y intégrer un huit ­kilomètres de courses plusieurs fois. J’aime beaucoup courir.

MEILLEUR CONSEIL? Il y a mille façons de faire les choses; ne laissez jamais quelqu’un vous dire qu’il n’y a qu’une façon de prendre des ­photos. Aimez ce que vous faites et assurez-vous de faire ce qui vous rend heureux.

BALANCE ENTRE VIE PERSONNELLE ET TRAVAIL? Je ne suis pas certain d’avoir de balance, je dirais que je ­jongle.

CHOSE LA PLUS I­NOPINÉE DANS VOTRE SAC? Rien dans mon sac photo n’est aléatoire. Mais je traîne quelques items non photographiques ­comme un parapluie, un sac ­Ziplock pour la pluie, un ­adaptateur ­électrique européen ainsi qu’un linge ­nettoyant spécial afin d’enlever le poivre de Cayenne de mon visage lors d’émeutes.

OISEAU DE NUIT OU MATINAL? Je suis les deux, un oiseau de nuit et un lève-tôt; je prends les photos dont j’ai besoin, peu importe l’horaire.

VOTRE PHOTO FAVORITE (PARMI VOS PHOTOS)? C’est comme demander à un parent de vous dire lequel de ses

13 août 2009 Le soldat canadien, le caporal Xavier Gonin, 22 ans, revient d’une patrouille lors d’une chaleur extrême dans le district instable de Panjway, situé à l’ouest de la ville de Kandahar en ­Afghanistan. C’était le premier déploiement du Canada en zone de guerre depuis la guerre de Corée. Le Canada a souffert d’un des plus hauts taux de victimes pendant la guerre en Afghanistan.

NIKON D2X, 50 MM, F/2,8, 1/250 S, 200 ISO. © LOUIE PALU

QUE VOULIEZ-VOUS ­DEVENIR LORSQUE VOUS ÉTIEZ ENFANT?

EXPÉRIENCE PHOTO LA PLUS ÉTRANGE?

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BRIC-À-BRAC

CANON EOS-1D X, 85 MM, F/1,6, 1/1250 S, 100 ISO. © SHAYNE LAVERDIÈRE

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CANON EOS-1D X, 85 MM, F/1,6, 1/1250 S, 100 ISO. © SHAYNE LAVERDIÈRE

IMAGES ET IDÉES

PLUS QU’UNE

ETOILE PAR LAURENCE BUTET-ROCH

MONTANTE SHAYNE LAVERDIÈRE NE RECULE DEVANT AUCUN DÉFI

Dans la dernière année, le photographe québécois ­Shayne Laverdière a immortalisé des célébrités internationales ­telles qu’Adèle, Tilda Swinton, Dakota Johnson, Xavier Dolan et le sculpteur Armand Vaillancourt. Le ­photographe, ­originaire de la ville de Québec où il a grandi, a été ­reconnu comme une étoile montante. Mais l’expression, si souvent ­utilisée, peut être à la fois banale et trompeuse. Cela suggère beaucoup de tapage – un point dans le temps où les ­artistes ­deviennent soudainement si populaires que tous veulent ­travailler avec eux –, mais cela en dit très peu sur la route qui les a menés jusque-là ou encore l’effort requis afin de constamment produire des œuvres remarquables. Conscient de cela, Shayne Laverdière est loin de s’asseoir sur ses lauriers. En fait, il travaille plus fort que jamais.

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Vous photographiez à New York, assistez au Festival de Cannes, votre travail est ­apparu dans le Vanity Fair et dans L’Uomo Vogue. Comment vous sentez-vous? Je sais que je suis dans une ­situation privilégiée. Je suis ­tellement reconnaissant des ­opportunités que l’on m’a offertes et fier des risques que j’ai pris. En 2011, l’acteur émergeant Niels Schneider – qui a joué dans J’ai tué ma mère, film qui a révélé Xavier Dolan au monde – m’a ­demandé de me joindre à lui pour le Festival de Cannes. Il ne pouvait acheter mon billet, mais m’a promis de me donner des ­accès. Cette année-là, il a gagné le trophée de la Révélation ­masculine et j’ai pu photographier Ron Wood des Rolling Stones. J’étais dans une salle d’attente lorsque j’ai entendu l’éditeur du magazine Gala dire qu’ils n’avaient pas de photographe. Je me suis immédiatement porté volontaire et lui ai montré mon portfolio. Il a aimé ce qu’il a vu et m’a donné le contrat. Avec l’attention internationale qui vous est portée, comment conciliez-vous le fait d’habiter à Montréal et de travailler à l’étranger? Je fais encore une bonne partie de mon revenu avec des contrats à la maison. En même temps, j’ai toujours beaucoup voyagé pour le travail. Je n’ai jamais voulu déménager dans une ville et m’y construire une réputation strictement là. Je crois que c’est mieux de diversifier. Et Montréal est une ville dangereuse en ce qui a trait au confort qu’elle offre. Il y a un bon mode de vie ici.

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IMAGES ET IDÉES

EXPO - MONDE MACRO

GAGNANT Francis Senécal, Montréal

Christian Beaudoin, Lévis

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Jean-François Beaudry, Blainville

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PRATIQUE

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M. Mme.____________________________________________________________________________________________________________ Adresse : ________________________________________________________________________ Ville : ________________________________ Province/État : _______________ Code postal : _____________ Téléphone : ________________ Courriel : ________________________________ PAIEMENT

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MASTERCARD

Carte de crédit # : ______________________________________Expiration : ________________________ Signature : _______________________________________________Date : ________________________ AOÛT/SEPTEMBRE PHOTOSOLUTION.CA ** TARIFS VALIDES AU CANADA 2016 (PLUS TAXES APPLICABLES).

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* Tarifs valides au Canada (plus taxes applicables). Les résidants des É.-U. payent en $US + 10 $US par année en frais de poste. Les résidants des autres pays payent en $US + 90 $US par année en frais de poste. Veuillez cocher cette case si vous ne voulez pas que nous partagions vos coordonnées avec des tierces parties offrant des produits et services susceptibles de vous intéresser.

39 Les copies sont les bienvenues.

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MODE D’EMPLOI

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MODE D’EMPLOI

ÊTRE PUBLIÉ FRANC-PARLER ET CONSEILS PRATIQUES

PAR MICHAEL ERNEST SWEET

« Comment as-tu fait pour que ta photo soit publiée? » est une question que l’on me pose souvent. Malheureusement, je dois avouer qu’il n’y a aucun secret. Il y a par contre un certain nombre de choses que vous pouvez faire, et ­certaines choses que vous ne devriez pas, qui vont augmenter vos chances.

© MICHAEL ERNEST SWEET

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remièrement, et c’est très important, ­avez-vous un projet photo prêt à être publié? Cela peut paraître ­évident comme question, mais vous ne croiriez pas le ­nombre de projets soi-disant prêts qui m’ont été présentés et qui sont,

en fait, à l’état ­embryonnaire en tant que corpus de travail. Très tôt en carrière, j’ai moi-même ­souffert de cet ­empressement à être ­publié. Conséquemment, j’ai ­perdu temps et énergie en ­présentant un peu partout un ­travail ­prématuré et, pire encore,

Cette photo a gagné un concours et a été publiée dans le magazine ­Popular Photography. Plus tard, le magazine l’a de nouveau utilisée dans son guide The Complete Portrait Manual.

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MODE D’EMPLOI

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RACONTER UN RÉCIT À L’AIDE D’IMAGES PAR PATRICK LA ROQUE

Une image peut être une chose puissante. Elle peut résumer un problème ­complexe ou devenir le symbole d’un événement historique. Et pourtant, elle ne reflète pas ­comment nous percevons réellement les choses. Nous ne restons pas là les yeux fixés, ne c ­ ontemplant qu’un seul point dans l’espace. Nous expérimentons et ­comprenons plutôt la vie à travers des regards furtifs et nerveux : gauche, droite, haut, bas… plus éloigné et ­ensuite plus près de nous. Nos yeux bougent constamment sans que nous le réalisions. Notre cerveau ­travaille très fort afin de produire un ensemble cohérent, créant ainsi l’illusion d’une seule image facile à comprendre : la rue en avant, la plage, les gens, les ­montagnes. Au final, c’est toujours un composite. 34

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MODE D’EMPLOI

© PATRICK LA ROQUE

CHERCHER PLUS Quand Henry Luce a repris en main le magazine Life en 1936, sa première publication présentait le travail de Margaret BourkeWhite. Elle avait été envoyée au barrage de Fort Peck pour un mandat purement ­architectural – et c’est ce qu’elle a fait. Mais elle a aussi ­photographié quelque chose d’entièrement différent. Luce a ­expliqué : « Les éditeurs ­attendaient des images ­comme seule Bourke-White en est ­capable. Ce qu’ils ont eu a été un documentaire sur la vie frontalière américaine qui était, pour eux du moins, une révélation. »

Margaret Bourke-White avait en fait assemblé une histoire qui ­deviendrait le prototype de l’extraordinaire trajectoire de Life. Ce n’était plus une jolie image en page couverture : elle était revenue avec un véritable récit, un essai photo élargissant les paramètres de son mandat en documentant la vie de villages frontaliers à l’ère de la Grande ­Dépression. Et les éditeurs de Life ont immédiatement vu le ­potentiel : c’était une nouvelle forme ­d’expression entièrement basée sur une immédiateté visuelle que seule la photographie pouvait fournir. Depuis, l’essai photo est devenu un genre à part entière

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Histoires sur la route. De l’essai Passage frontalier.

Margaret Bourke-White avait en fait assemblé une histoire qui ­deviendrait le prototype de l’extraordinaire trajectoire de Life.

avec des photographes tels que W. Eugene Smith et un nombre incalculable d’autres repoussant ses frontières à tout moment. Ces histoires sont devenues les yeux et la conscience du 20e siècle. Mais pouvons-nous appliquer cela à nos réalités beaucoup plus modestes? Devrions-nous? ­Absolument.

UN HORIZON PLUS VASTE La quête de l’image parfaite peut être paralysante. Bien sûr, cela peut nous pousser plus loin, mais aussi nous empêcher de voir les détails moins apparents autour

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MODE D’EMPLOI

FAQ

POST-PRODUCTION

DE LA COULEUR AU NOIR ET BLANC PAR JEAN-FRANÇOIS LANDRY

60 MM (ÉQUIVALENT 35MM: 90 MM), F/2,4, 1/950 S, 400 ISO, © JEAN-FRANÇOIS LANDRY

Le noir & blanc connaît une recrudescence; il étend ­tranquillement ses tentacules vers toutes les sphères de la ­photographie : architecture, paysage, portrait, ­macrophotographie... et pour cause! Il permet de fournir des images puissantes à qui sait en tirer profit : ombres, hautes lumières, échelle de gris, textures, formes, tout est dans le jeu des contrastes et de la subtilité des tons. Et la ­question m’est posée fréquement : « Doit-on mettre l’appareil en mode “noir & blanc” ou est-il préférable de photographier en ­couleur et de transformer l’image par la suite? » RAW ET JPEG Lorsque l’on travaille en format Raw, l’interrogation est caduque : le réglage N&B ne s’applique pas sur le fichier (tout comme une foule d’autres réglages tels que : la balance des blancs ou le style d’image). C’est en post-­traitement que l’on transformera l’image par le biais de Lightroom 6 ou CC ­(Adobe), de Photoshop CC (Adobe, via le module ACR), de Silver Efex Pro (Google), de Perfect B&W (ON1), d’Exposure X (Alien Skin) et

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le plus triste de l’histoire de l’humanité, il suffit de ­désaturer l’image. Naviguez vers [Réglages] > [Régler la couleur] > [Teinte/­ Saturation...]. Mais ne vous ­surprenez pas si votre cercle d’amis se réduit considérablement.

[CONVERTIR EN NOIR ET BLANC...]

autres logiciels de ce monde. Il en va autrement pour ceux qui optent pour le JPEG, fichier compressé, certes, mais qui a l’avantage d’être utilisable dès le téléversement effectué. Et dans ce cas, plusieurs choix de ­transformation s’offrent à vous. Si vous me le permettez, je m’attarderai seulement à Photoshop Elements (PSE).

[DÉSATURATION] Si vous désirez créer le noir et blanc le plus fade, le plus vide,

PSE possède un module de ­transformation en échelle de gris, module spécialisé conçu pour ­réaliser ce genre de mutation : [Réglages] > [Convertir en noir et blanc...] Le concept de base est ­simple : on commence par choisir un « style » correspondant au type de rendu recherché : « ­Paysages panoramiques », « ­Paysages ­saisissants », « Urbanisme/­ Instantanés » (les descriptions sont on ne peut plus poétiques). C’est ensuite que ça se corse : il faut ajuster l’intensité, mais non pas avec des glissières « Luminosité », « Contraste », « Hautes et basses lumières » ou « Blancs et noirs » (ce qui aurait une certaine logique),

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MODE D’EMPLOI

24-105 MM F/4 @ 35 MM, 1/25 S, F/16, 50 ISO, FILTRE POLARISANT, FILTRE NEUTRE LEE 0,6H, TRÉPIED, TÉLÉCOMMANDE ET NIVEAU. © DANIEL DUPONT

LES FILTRES

GRADUELS PAR DANIEL DUPONT

Si vous pratiquez la photo de paysage sur une base régulière, vous avez assurément été ­confrontés à la difficulté d’équilibrer la luminosité du ciel et du sol sur plusieurs de vos images.

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a norme en ­photographie numérique étant ­d’exposer pour les blancs, la ­majorité des photographes ajuste ­l’exposition pour le ciel. ­Malgré la grande plage ­dynamique des ­capteurs de nouvelle ­génération, le sol demeure ­souvent ­sous-exposé. Si, à l’opposé, ils ­exposent pour les parties sombres, c’est le ciel qui sera ­surexposé, ce qui est ­extrêmement difficile, voire ­impossible à récupérer en post-traitement.

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La solution que je préconise est donc l’utilisation d’un filtre ­graduel. Celui-ci peut ­grandement simplifier une prise de vue en contre-jour et équilibrer ­l’exposition entre le ciel lumineux et le sol plus sombre.

LE PRINCIPE C’est simple : une ­portion du ­filtre est ombragée et l’autre transparente. En ­disposant la partie ombragée devant ­l’objectif afin de couvrir la zone ­surexposée, la ­quantité

Cette photo i­llustre bien les défis ­auxquels se ­confrontent les ­photographes ­paysagistes. Une ­partie de la photo est à l’ombre, une partie est éclairée par les rayons du soleil et une averse tombe sur la partie droite. En regardant la scène, je devinais son ­potentiel, mais aussi les difficultés ­techniques pour bien la rendre. J’ai ajusté ­l’exposition pour la partie ­lumineuse et j’ai par la suite ­disposé un filtre graduel 0,6H afin d’équilibrer la ­luminosité du ciel. J’ai confirmé ­l’exposition par la lecture de ­l’histogramme.

de ­lumière qui parviendra au ­capteur sera réduite, ­tandis que la partie transparente laissera passer la ­lumière sans ­modification. La photo qui en résulte aura un meilleur équilibre entre les zones.

LE FINI HARD OU SOFT Ces filtres sont généralement disponibles en deux types de transition : Hard (H) et Soft (S). La transition des filtres Hard est brusque et sera utile lorsque la ligne de démarcation des zones sera nette et définie, par ­exemple au-dessus de la mer. Celle des ­filtres Soft est plus graduelle et sera efficace pour les zones de démarcation qui ne sont pas rectilignes et franches telle qu’une ligne d’horizon au-dessus d’une forêt.

L’UTILISATION Après avoir fait la préparation de la prise de vue (ajustement du trépied, cadrage, mise au point,

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MODE D’EMPLOI

CES PETITS

DÉTAILS QUI FONT LA DIFFÉRENCE PAR NICK TREHEARNE

Avec la faune, capturer des images mémorables se ­résume aux détails. Les maîtriser demande de la pratique, surtout lorsque vous faites quartier serré avec un ­animal. Que vous préfériez photographier des mammifères, des oiseaux ou même des amphibiens, porter attention à ces cinq points aidera vos images à raconter une histoire et à se ­distinguer des autres.

1. BAISSEZ-VOUS Il y aura toujours des exceptions, mais lorsque je fais de la photo animalière, la première chose dont je m’assure est que mon appareil et moi soyons plus bas que l’animal. Non seulement cet angle le rendra plus impressionnant, mais cela vous permettra aussi de capturer une ­perspective intéressante de l’avant-plan et de dévoiler d’autant plus l’arrière-plan. Cela peut vraiment rendre la scène plus cohérente.

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250 MM, F/4, 1/8000 S, 640 ISO © NICK TREHEARNE

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MODE D’EMPLOI

BANC D’ESSAI

LE SAC PEAK DESIGN

EVERYDAY MESSENGER PAR JENNY & GUY

Quand votre sac amasse près de cinq ­millions de dollars en financement participatif, il est clair que les gens sont excités par ce que vous faites. Nous avons beaucoup entendu parler du ­Everyday Messenger et nous avons décidé de voir ce qu’il en est. Nous avons essayé les deux modèles disponibles soit le 15 po et le 13 po. LES FAITS Nous avons tous deux convenu que ces sacs sont élégants et ­fabriqués avec soin. Ils ont une ­allure urbaine et nous aimons qu’ils ne ressemblent pas tant à un sac photo. Les coutures sont ­solides, le tissu est durable et ­résiste aux intempéries; ces sacs sont conçus pour durer. Guy a adoré les ­séparateurs ­amovibles FlexFold du ­compartiment principal. « Être capable de configurer les ­cloisons est génial. C’est une façon ­inspirée d’organiser son sac. » Le ­réajustement est facile puisque la quantité de Velcro n’est pas abusive. Le rangement principal a également un accès à fermeture éclair aisé et rapide sur le dessus. Le petit compartiment avant est bien, mais il est préférable de n’y insérer que des objets plats au risque d’épaissir le sac à ­outrance. Le ­Everyday ­Messenger possède aussi une ­pochette ­arrière afin de ­transporter un ­ordinateur.

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Le sac de 15 po est gros. Plein, il sera très lourd et vous serez ­probablement courbaturé après l’avoir porté toute la journée. Guy a préféré le modèle de 13 po, mais Jenny a trouvé que même celui-ci était ­volumineux pour sa grandeur.

Les séparateurs inspirés de l’origami maximisent l’espace. Le sac de 15 po en a trois alors que le 13 po en a deux.

de petits ­objets (clés, etc.). ­Malheureusement, il n’y en a qu’un. Pour le prix, on aurait espéré en avoir au moins deux: un de chaque côté du sac, surtout pour les gauchers. La courroie, quant à elle, est conçue comme une ceinture de sécurité. Elle est donc très robuste. Mais voilà : elle glisse. Lorsque vous portez le sac en bandoulière, la courroie se relâche avec le temps et vous devez la réajuster. Jenny l’a comparé à une paire de bas de nylon qui descend constamment et que vous devez sans cesse remonter pendant la journée. Par contre, lorsqu’il est stabilisé au dos, cela n’arrive pas. C’est la méthode que privilégie Guy et celle que Jenny aurait aussi favorisée, mais la sangle de maintien passant directement sur son buste de façon gênante écarte

Leur compatibilité avec les autres accessoires Peak Design est un bon avantage. Vous ­pouvez ­installer le clip de fixation Capture Pro (non inclus) au sac afin de garder votre appareil ­accessible. Le système ­d’ancrage Anchor Link est pratique ­puisqu’il permet d’y ­attacher ­rapidement

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LE « BOL BEAUTÉ » OCF DE PROFOTO De l’intensité transportable Les portraits immortalisés à l’aide d’un Beauty Dish sont désormais légion; la ­lumière ­particulièrement englobante et légèrement contrastée générée par ce type ­d’accessoire apporte de la douceur tout en soulignant le caractère. ­Généralement faits d’une large surface d’aluminium de 55 cm (22 po), les Beauty Dishs ont aussi su fournir à la photographie une nouvelle définition du mot « ­encombrant ». C’est ici que Profoto intervient : conçu un peu à la façon d’une boîte de ­diffusion (appelée Softbox, chez les initiés), le « bol beauté » OCF se démonte afin ­d’occuper le moins d’espace possible dans votre sac fourre-tout. Il ne pèse que 0,48 kg (1,1 lb), et ceci incluant le déflecteur central — inclus — et la monture de flash (nommée Speedring par les pros) — vendue séparément. Il est disponible en deux versions, l’une blanche, l’autre argentée (étonnamment, la version « métallisée » pèse 50 grammes de plus). Par contre, cet accessoire génial ne peut être monté que sur les têtes de flash B1 et B2 de la ligne de Profoto, seules possédant des DEL comme lampes pilotes (Shakespeare aurait plutôt dit as modeling light). 250 $, plus les taxes ­inhérentes, qu’importe si la version achetée est neige ou vif-argent. profoto.com

GADGETOMANIE PAR JEAN-FRANÇOIS LANDRY

Sont « gadgetophiles » ceux qui les trouvent sympathiques, « ­gadgetolâtres » ceux qui les adulent, « gadgetophobes » ceux qui s’en méfient, « gadgetogènes » ceux qui en produisent, « ­gadgetoscopes » ceux qui les observent de loin et « gadgetophages » ceux qui comme moi en ­consomment. Matin, midi et soir. LA BANDOULIÈRE « STAR WARS CHEWBACCA » DE THINKGEEK La toute dernière tendance sur Kashyyyk Vous désirez arborer le style « wookiee » cet automne? Cette courroie pourrait bien être votre solution. Se portant en bandoulière, cette sangle de 3,8 cm (1 ½ po) est ajustable en longueur entre 83 et 127 cm (entre 32,5 et 50 po). Particulièrement solide (elle est faite de nylon tressé, le même matériau que les ceintures de sécurité d’automobile), elle vous permettra de parader, votre arme de prédilection à la hanche prête à être dégainée au premier mouvement. 15 USD, poils de poitrine non inclus. thinkgeek.com

LE CARDBOARD DE GOOGLE La réalité virtuelle abordable à l’extrême Vous possédez un téléphone intelligent (Android 4.1 ou mieux, ou iOS 8.0 ou mieux, et un maximum de 6 pouces d’écran)? Alors, la virtualité vous ouvre ses portes. Il suffit d’y installer l’application Cardboard de Google, de l’insérer dans les visionneuses Cardboard, et vous devenez apte à quitter ce monde quelques fois trop tangible. Lors de l’utilisation, il vous importera peu que les gens vous ­invectivent ou vous lancent des regards narquois; ils n’auront plus d’existence dans ce monde immersif! Clef de l’évasion : 15 USD l’unité, 25 USD pour deux. google.com/get/cardboard/

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