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Durabilité À la recherche de l'or urbain
Réutiliser, c'est un état d'esprit
L'extraction urbaine fait partie de notre politique générale en matière de durabilité et d'innovation. Nous intégrons déjà un maximum de matériaux circulaires dans nos projets de construction.
À la recherche de l'or urbain
Rien qu'en Flandre, le secteur de la construction produit 15 millions de tonnes de déchets de construction et de démolition par an.
Un chi re considérable, surtout quand on sait qu'il équivaut à environ 40 Empire State Buildings. Or cette gigantesque montagne de déchets recèle une mine d'or potentielle de matières premières et de matériaux réutilisables. Il n'est donc pas étonnant que de plus en plus d'architectes, d'ingénieurs, d'entrepreneurs et de promoteurs immobiliers s'intéressent à cette mine urbaine. L'extraction minière urbaine consiste à exploiter les matières premières et les matériaux des déchets de construction et de démolition urbains pour les réutiliser dans des projets neufs. Il peut s'agir de di érents types de matériaux : électronique, bois, métal, mais aussi la terre déblayée pour les projets de nouvelle construction. Rien qu'à Bruxelles, on excave 2 millions de tonnes de terre par an. Cette terre peut être transformée en plâtre argileux pour enduire les murs ou comprimée pour faire des sols et des parois intérieures non porteuses. Ces techniques ne sont pas nouvelles, mais nous les avions perdues de vue. Pourtant, elles sont très utiles : comme la terre est comprimée et non cuite, sa transformation ne requiert pas de combustibles fossiles. Doublement durable, donc !
— Coût Si beaucoup d'entreprises n'ont pas encore pleinement adopté cette démarche durable,
Du côté de ION
Nous avons travaillé avec l'asbl Atelier Circuler pour notre projet Burenberg à Louvain. Cette association louvaniste récupère les matériaux réutilisables dans les bâtiments de la ville dans le cadre de son projet « Urban Mining ». Elle démonte et extrait ces matériaux avant la démolition ou la rénovation des bâtiments. Les matériaux récupérés sont ensuite mis en vente sur Materialenbank Leuven, la banque de matériaux de Louvain ou sont réutilisés dans d'autres projets.
Le recyclage, cela s'apprend
Nous voyons les vieux bâtiments comme une source de nouvelles matières premières. La tâche n'est pas facile, mais c'est un défi que nous relevons de plus en plus souvent.
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c'est en partie à cause des prix. Comme les matériaux neufs sont produits à grande échelle, ils sont moins chers. Mais les choses commencent petit à petit à changer. Les matières premières nécessaires à la fabrication de ces matériaux deviennent en e et de plus en plus chères, ce qui redonne de l'intérêt aux matériaux de récupération. L'évolution est donc positive ! Il est particulièrement intéressant pour notre économie de récupérer et de revaloriser les matériaux locaux. Les matériaux sont en e et souvent importés de pays lointains comme la Chine ou l'Inde, ce qui profite très peu à notre économie. Cela génère des transports inutiles, sans parler des déchets qui, s'ils ne sont pas réutilisés, doivent aussi être évacués quelque part.
— Écueil Fabriquer un matériau de haute qualité à partir d'un produit résiduel reste un défi. Il y a déjà des entreprises qui étudient comment produire un béton de qualité à partir de gravats de béton. Mais pour cela, il faut des certificats. Et ces certificats ne sont pas faciles à obtenir pour les matériaux recyclés, parce que l'origine de ceux-ci n'est pas toujours claire. Par ailleurs, le volume réutilisé ne correspond souvent pas aux quantités nécessaires pour réaliser une nouvelle construction. Ce travail à petite échelle est encore un obstacle à l'heure actuelle, mais cela changera sûrement à l'avenir. De plus en plus de gens se forment à la problématique et, petit à petit, les entreprises s'aligneront sur la même politique, ce qui aboutira à des collaborations prometteuses.
— Cadre législatif Le rôle des pouvoirs publics est non négligeable. En e et, les marchés publics constituent pas moins de 15 % du marché. Ce pourcentage considérable leur permet
d'exercer une certaine influence sur le secteur de l'immobilier et de le pousser dans la bonne direction. Heureusement, di érents acteurs ont déjà lancé des initiatives. La Région de Bruxelles-Capitale, par exemple, joue un rôle de locomotive. Elle a beaucoup évolué et, après une prise de conscience, s'est lancée dans l'expérimentation pour arriver petit à petit à un cadre législatif ne permettant plus de démolir sans bonne raison. La ville de Bruges, de son côté, interdit désormais certains matériaux di ciles à recycler ou à réutiliser. La transition est donc en marche à l'échelle locale, ce qui est un bon début. Les entrepreneurs ont tout intérêt à prendre dès maintenant le train en marche, à réfléchir aux prochaines étapes et à travailler sur des projets durables à plus petite échelle.
— À la rencontre du futur Nous envisageons l'avenir avec optimisme et espérons que les 10 prochaines années verront l'arrivée d'une série de mesures destinées à faciliter le processus d'extraction urbaine, et ce tant pour l'exploitation des matières premières que pour le réemploi des matériaux dans les projets neufs. L'empreinte carbone actuelle du secteur de la construction nous oblige à nous tourner vers la mine urbaine, qui devrait nous aider à atteindre nos objectifs climatiques. Ce qui est encore une exception aujourd'hui pourrait bien devenir la norme dans 10 ans.
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