OBJECTIF
GETTY IMAGES PAR YOZAYO
MODERNISER LA FISCALITÉ MUNICIPALE La croissance de l’économie numérique et les changements démographiques ébranlent la fiscalité municipale. C’est le constat d’une étude sur l’impôt foncier publiée récemment par l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Un important chantier s’amorce : la réforme du cadre fiscal et financier des municipalités. État des lieux.
L
es municipalités québécoises tirent près de 70 % de leurs revenus de l’impôt foncier, comparativement à 40 % en Ontario. Alors que l’économie se transforme vers le numérique, il importe de revoir le modèle actuel de fiscalité municipale puisque la richesse est de moins en moins créée par le parc immobilier. « Nous avons un système fiscal d’un autre siècle, soutient Alexandre Cusson, président de l’UMQ et maire de Drummondville. Il nous faut trouver de nouveaux leviers financiers pour que les municipalités puissent offrir les services aux citoyens. » Plus de ventes par Internet, cela veut dire moins de magasins qui ont pignon sur rue. Selon l’étude menée par Aviseo Conseil pour le compte de l’UMQ, les achats en ligne ont occasionné la perte de 2 000 commerces en 2016 au Québec, soit 3 G$ de valeur foncière. Cela représente des pertes fiscales de l’ordre de 65 M$ soit l’équivalent de 350 magasins Walmart. Dans une économie plus virtuelle, la part du fabricant décline au profit des services. Des entreprises qui s’automatisent et se robotisent, ce sont aussi des usines de moindre superficie avec des employés en moins. Par ailleurs, le vieillissement de la population aura un impact sur les mises
UMQ
ALEXANDRE CUSSON Président Union des municipalités du Québec Maire de Drummondville MONTRÉAL ÉCONOMIQUE : : ÉDITION 2019
41