LES BLOGS 30/10/2018 18:21 CET | Actualisé 30/10/2018 18:25 CET
Nous ne quittons pas le PS, c’est le socialisme qui l’a quitté depuis longtemps Nos électeurs l'ont compris avant nous. Ce qui lui reste de dirigeants ne cesse de se revendiquer explicitement d'une autre étiquette. • • •
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Par Emmanuel Maurel Marie-Noëlle Lienemann Gaëtan Gorce
AFP "Le dernier quinquennat nous a montré que la grande et belle idée qui sert de patronyme au PS n'inspirait plus sa politique." Voilà trop longtemps que le Parti socialiste ne l'est malheureusement plus que de nom. Nos électeurs l'ont d'ailleurs compris avant nous, délaissant un pavillon qui ne couvrait plus que des marchandises incertaines dont ils n'étaient plus la destination. Non seulement le dernier quinquennat nous a montré que la grande et belle idée qui lui sert de patronyme n'inspirait plus sa politique, mais comment ne pas voir que ce qui lui reste de dirigeants ne cesse de se revendiquer explicitement d'une autre étiquette, comme gênés par celle que l'histoire leur a confiée: ils furent brièvement progressistes, renoncèrent même durant quelques mois à l'Assemblée au titre même de socialiste, avant de se découvrir sociaux-démocrates désormais. Pareille évolution sémantique peut se comprendre: le socialisme est depuis toujours une exigence! Lourde à satisfaire. Celle de travailler au service des plus modestes, des laissés-pour-compte, hier de la révolution industrielle, aujourd'hui de la mondialisation financière, demain de la crise climatique qui vient! Elle suppose donc une éthique, qui éloigne des facilités du moment, du courage, et implique des ruptures. Ce à quoi ne sont plus prêts celles et ceux qui se réfugient derrière ce qu'il faut bien appeler un anachronisme, qu'un rapide détour par notre histoire nous aidera à définir. Se référer aujourd'hui à la social-démocratie, qui plus est en France où elle n'a jamais pris racine, ne relève-t-il pas d'abord de la paresse intellectuelle et en tout cas d'une erreur de syntaxe et de concordance des temps?