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Smartlist : Des métiers qui ont du sens

Les possibilités de faire carrière dans les soins de santé sont nombreuses

Depuis bientôt trois ans, la vie a bien changé au sein des hôpitaux, des maisons de repos et de tous les centres de soins du pays. Le Covid-19 est passé par là, imposant de nouvelles règles sanitaires, mais aussi de nouveaux défis pour le secteur, entre revalorisation nécessaire des métiers de la santé et modernisation galopante. Et s’il faut faire preuve d’énergie et de courage pour faire carrière dans les soins de santé, les possibilités ne manquent pas, quel que soit le niveau d’études.

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Des emplois sûrs, avec des perspectives sur le long terme

Quand on évoque le secteur des soins de santé, le mot qui revient le plus souvent est “pénurie de personnel”. Il suffit de se connecter sur le site de n’importe quel hôpital du pays pour découvrir que des postes sont vacants à tous les niveaux. Idem pour les centres de soins comme les maisons de repos, par exemple. Et si les raisons de ce désintérêt pour les métiers de la santé sont nombreuses (travail lourd, rémunération trop faible, pression,…), ceux qui sont prêts à prendre leur courage à deux mains peuvent profiter de contrats sûrs et de perspectives sur le long terme. Il est ainsi rare de voir des plans de restructuration dans les hôpitaux, même s’ils sont sous-financés.

Un secteur, 1000 métiers

Les soins de santé : un terme qui englobe bien des métiers et bien des réalités. On parle aussi bien d’infirmiers, d’aide-soignants ou encore de médecins. Mais des dizaines d’autres métiers viennent se greffer à ceux qui sont en contact direct avec les patients. On pense à tous les métiers administratifs, aux soins à domicile, aux métiers techniques, etc. Cela veut dire aussi qu’il est possible de réorienter sa carrière à plusieurs reprises en travaillant dans un même établissement de soins. Et puisque la pénurie de main-d’œuvre se fait ressentir partout, cela représente également une possibilité de faire valoir ses compétences au moment de négocier un nouveau contrat.

De la formation en continu

La médecine évolue tous les jours, à mesure que la recherche évolue elle aussi. De nouvelles techniques sont mises au point, des découvertes scientifiques offrent de nouvelles possibilités et la manière de soigner les patients progresse sans cesse. Et pour assurer des soins à la hauteur, il faut continuer à former son personnel. Travailler dans les soins de santé, c’est participer à cette évolution et découvrir ces avancées en première ligne, avec la possibilité de suivre régulièrement des formations, le plus souvent durant ses heures de travail, mais il existe aussi des formations facultatives qui permettent d’obtenir de nouveaux diplômes.

Des journées longues, difficiles, mais valorisantes

On ne va pas se mentir, le job d’infirmier.e est très fatigant. Les horaires souvent décalés et les gardes de nuit s’ajoutent à la charge physique mais aussi psychologique du travail. Il y a donc de quoi avoir peur de se lancer, mais il ne faut pas oublier non plus la valeur morale et symbolique de son travail. C’est ce qui aide certaines personnes à tenir le coup toute une carrière, tout en gardant la passion intacte. Et pour certains, un travail qui a du sens est essentiel à l’épanouissement, ne l’oublions pas.

Il n’y a pas que dans les hôpitaux qu’on cherche des talents

Résumer le secteur des soins de santé aux hôpitaux serait une grosse erreur. On a déjà évoqué également toutes les structures de soins comme les maisons de repos ou les centres de revalidation qui recherchent constamment du personnel pour renforcer leurs équipes. Mais il existe aussi des entreprises spécialisées dans les soins à domicile. C’est l’occasion de profiter d’un métier qui bouge et de ne pas être cloisonné dans un grand bâtiment. Et pour les personnes qui veulent être totalement libres dans leur travail, il est tout à fait possible de se lancer comme indépendant.

Il n’y a donc plus qu’à se lancer

Chez les jeunes, les études à orientation médicale ont toujours la cote. On pense aux études de médecine qui peuvent déboucher sur une foule de spécialités différentes, mais aussi aux études d’infirmier ou de sage-femme. Même si ces derniers métiers sont parfois dévalorisés, à tort d’ailleurs. Il faut savoir que les études ont été rallongées d’une année récemment, et que l’apprentissage y est poussé, avec des stages bien sûr, mais aussi une formation scientifique étendue. Des possibilités de masters ou de spécialisations existent également, aussi bien à la fin du premier cursus universitaire que pendant la carrière, via des cours du soir.

« Plus qu’un métier, un impact direct sur la vie des résidents »

Recruter est un des plus grands défis actuels pour les organisations actives dans les soins de santé. Il est donc primordial de prendre soin de son personnel, et d’inventer de nouvelles manières de travailler pour répondre à toutes les attentes.

Gérer une organisation active dans les soins de santé n’est pas de tout repos, et c’est d’autant plus vrai depuis que le Covid-19 est passé par là. Chez Korian, groupe actif dans la gestion de maisons de repos, la réalité est la même que pour tout le monde : la difficulté est de recruter de nouveaux talents et de conserver des équipes suffisamment étoffées. « Nous sommes aujourd’hui confrontés à un climat où il y a toujours une partie du personnel qui n’a pas repris le travail ou qui n’a pas récupéré de la crise sanitaire, confie Sophia Peeters, COO de Korian. On remarque aussi que nos plus grands concurrents ne sont plus les autres métiers de la santé, mais les emplois à horaires fixes ou avec des avantages comme des voitures de sociétés, un téléphone portable, etc. » Il faut donc se réinventer et trouver de nouveaux arguments pour convaincre le personnel et les candidats potentiels. « Cet environnement est très complexe et nous essayons d’offrir des conditions de travail adéquates où l’on joue sur le bienêtre du personnel avant tout. Le but est de construire des moments récurrents durant lesquels on a de petites attentions pour notre personnel, par exemple, présente-t-elle. Plus concrètement, nous avons aussi signé une nouvelle convention collective de travail avec les partenaires sociaux, avec plus de jours de congé, des chèques-repas et d’autres avantages qui n’existaient pas avant. »

Mais les métiers de la santé ont toujours la même philosophie, finalement. « Plus qu’un métier, nous avons un impact direct sur la vie des résidents. La qualité de vie de nos résidents reste notre préoccupation principale et c’est en réussissant cela qu’on se sent accompli, assure Sophia Peeters. Nos centres doivent être des lieux de vie, avant d’être des lieux de travail. »

L’innovation technologique est aussi une clé. « L’idée générale est de venir soutenir le job du soignant pour rendre son travail plus agréable et efficace. Dans les maisons de repos, je pense par exemple à du matériel de détection des chutes, mais aussi à toutes les thérapies non médicamenteuses qui permettent d’avoir un regard et une analyse différents sur son métier. C’est très stimulant de voir les choses évoluer. »

Nos centres doivent être des lieux de vie avant d’être des lieux de travail.

Sophia Peeters

COO

Korian Belgique est depuis 2005 actif dans le domaine des soins résidentiels pour les personnes âgées et fragiles, ainsi que dans les soins à domicile, les soins infirmiers à domicile et les magasins de soins à domicile. Chaque jour, plus de 10 000 collaborateurs s’occupent de plus de 11 000 résidents dans 120 établissements répartis dans toute la Belgique. En plus, 700 employés et 220 infirmières autonomes travaillent dans les soins à domicile.

Soins de santé : un marché du travail sous pression

La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer un double phénomène qui perturbe le secteur des soins de santé depuis plusieurs années : la pénurie de personnel et la guerre des talents. Les moyens étant limités, les hôpitaux doivent aujourd’hui se montrer inventifs et persuasifs pour compléter leurs équipes et recruter les perles rares.

Le temps où nous applaudissions le personnel soignant depuis nos balcons, au printemps 2020, semble révolu. Les héros d’hier sont devenus les oubliés d’aujourd’hui, et les métiers de la santé ne font plus rêver les jeunes. Dans un secteur qui manque cruellement de bras, ceux qui s’accrochent à leur rêve n’hésitent plus à choisir la meilleure offre. Face à un marché bouleversé, les services des ressources humaines des hôpitaux sont devenus de véritables atouts, comme l’explique Laura Limberopoulos, Cheffe du Service Recrutement & Sélection/Image de marque Employeur au CHU UCL Namur. « Depuis le retour à la normale au niveau sanitaire, on voit apparaître un marché du travail très tendu, avec nettement moins de profils qui postulent sur les offres d’emploi que l’on publie, entame-t-elle. Il n’est pas rare de voir des postes avec peu ou pas de candidats. Je pense aussi au phénomène de « job ghosting », ces gens qui postulent, passent des étapes de sélections, des entretiens et puis disparaissent à n’importe quel moment du processus, parfois sans raison apparente. Un autre élément auquel nous n’étions pas habitués, ce sont les contre-offres de la part des autres employeurs. »

Aujourd’hui, il est donc essentiel de se réinventer pour conserver des équipes dynamiques et de qualité au sein des services. « Aujourd’hui, la pénurie de talents se ressent dans tous les métiers de l’hôpital, des infirmiers et infirmières aux services techniques et logistiques. Les raisons sont multiples, je pense. La crise énergétique joue aussi un rôle de plus en plus important, avec des personnes qui veulent travailler au plus près de chez elles. Le marché est aussi très concurrentiel, et tout se joue à un chèque-repas plus élevé, à une place en crèche pour un enfant, etc. »

Sauf que les budgets ne sont pas extensibles, même s’ils ont été revalorisés par le ministre de la Santé. « Nous avons effectivement reçu des enveloppes budgétaires pour engager. Mais trouver du personnel reste difficile, regrettet-elle. Nous avons pu allouer une partie de ces budgets pour alléger la charge de travail au quotidien, par exemple en engageant des aides-soignants qui viennent en support du personnel infirmier. Nous avons aussi créé des ateliers bien-être. Ils permettent parfois de prendre 20 ou 30 minutes durant les heures de travail pour souffler, se confier et/ou régler l’un ou l’autre problème. En plus de cela, nous continuons à proposer des formations en continu. »

Enfin, une des clés est aussi la communication. « En collaboration avec le Département Communication, un important travail a été mené sur notre stratégie de communication pour se démarquer des autres hôpitaux », conclut-elle.

Laura Limberopoulos

Cheffe du Service Recrutement & Sélection/Image de marque Employeur

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