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Isabelle de Maegt : Quel avenir pour le transport routier de marchandises ?
Isabelle de Maegt
Quel avenir pour le transport routier de marchandises ?
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La crise du Covid n’a fait que souligner l’importance du secteur du transport routier de marchandises. Mais celui-ci se trouve actuellement confronté à de nombreux défis. Comment peut-il y faire face ?
Pour le grand public, le camion est un mal nécessaire. Tout doit être livré en heure et en temps, mais on préfère ne pas avoir de poids lourds sur nos routes. C’est là méconnaître l’utilité du transport routier pour notre économie. Sans camions, il n’y a tout simplement pas d’économie. Certains ne jurent que par le transfert modal et espèrent que le rail et les voies navigables remplaceront la route. Il est vrai que ces trois modes de transport sont complémentaires, mais on aura toujours besoin du camion pour le pré ou post acheminement des marchandises.
Le transport routier restera donc une valeur sûre dans les années à venir. Il y a néanmoins quelques nuages à l’horizon. Le plus gros concerne le manque de chauffeurs. Il n’y a pas moins de 5.000 emplois vacants de chauffeur poids lourds en Belgique. Ce manque de chauffeurs ne se fait d’ailleurs pas uniquement ressentir dans notre pays mais également dans le reste de l’Europe et du monde. A titre d’exemple, il manque 150.000 chauffeurs en Pologne et en tête de liste se trouve la Chine qui est à la recherche de 1.800.000 chauffeurs. Cette pénurie ne fera d’ailleurs que s’accroître car en Belgique 42% des chauffeurs ont plus de cinquante ans et endéans les 10 ans, 4 chauffeurs sur 10 partiront à la retraite. Le métier de chauffeur poids lourds est donc sans conteste un métier d’avenir. Quant à la verdurisation de la flotte, les camions électriques commencent à faire leur apparition. De par leur rayon d’action limité, ils sont pour l’instant surtout utilisés dans la distribution. Pour les longues distances, l’hydrogène semble une technique prometteuse. Vu les enjeux climatiques, il est clair que le camion du futur sera un camion zéro émissions, mais pour l’instant, le prix beaucoup plus élevé de ces véhicules et les incertitudes quant au fait de savoir si notre réseau électrique pourra faire face à un grand nombre de véhicules électriques font que le secteur reste essentiellement dépendant du gazole. La vitesse de réduction de l’empreinte carbone du transport routier dépendra largement de la volonté des chargeurs et des consommateurs de payer plus pour le transport.
La crise en Ukraine a également un impact non négligeable sur le transport routier. Les hausses constantes du prix du diesel et des matières premières ont fait exploser les coûts du transport en 2022. Par rapport à décembre 2021, le prix de revient du transport national a augmenté de 13,11% au 1er juillet 2022. À titre de comparaison, sur toute l’année 2021 la hausse se limitait à 5,29%. Et cette hausse, les transporteurs n’ont d’autre choix que de la répercuter sur le client.
Mais malgré ces nuages, la résilience du secteur lui permettra de faire face à tous ces défis.
Par Isabelle de Maegt
Porte Parole de la Fédération royale belge des Transporteurs et des Prestataires de services logistiques (FEBETRA)




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Recherche de chauffeurs routiers compétents : « Nous boostons l’image de la profession et nous localisons les candidats idéaux »
Tout comme pour le personnel soignant et les enseignants, le secteur du transport routier connaît une pénurie. Un problème majeur pour un pays très actif dans la distribution comme la Belgique. Le Fonds social Transport et Logistique ne pouvait donc rester inactif. En collaboration avec toutes les parties prenantes (syndicats et employeurs), nous travaillons d’arrachepied à une grande campagne pour booster l’image de la profession et attirer des candidats.
Le Fonds social Transport et Logistique (FSTL) est un fonds destiné à garantir l’existence des entreprises du secteur du transport routier et de la logistique travaillant pour le compte de tiers. Le FSTL a trois missions principales. Tout d’abord, le paiement d’avantages sociaux complémentaires aux travailleurs. La formation (permanente) et l’accompagnement des ouvriers du secteur forment la deuxième mission, tandis que la troisième mission consiste à s’efforcer de résoudre les problèmes rencontrés par le secteur. Le principal problème aujourd’hui est la pénurie de chauffeurs routiers.
Pénurie sévère
« En Belgique, nous avons actuellement plus de 5 000 emplois vacants de chauffeurs routiers », explique Geert Heylen, directeur Formation au FSTL. « La demande de chauffeurs compétents augmente chaque année, car le pourcentage des départs à la pension est supérieur à celui des nouveaux arrivants. Cette pénurie est en grande partie due à la mauvaise image de la profession. » Les chauffeurs routiers font souvent l’objet de clichés. Pour balayer ces stéréotypes, le FSTL s’est associé à l’agence de communication deBottomLine. Ainsi, une campagne radio percutante, des publicités en ligne et des panneaux d’affichage chocs ont déjà été déployés.
Beaucoup de personnes ont des préjugés sur les chauffeurs routiers. Le FSTL mise donc non pas sur le mot, mais surtout sur le style de vie. « Dans notre campagne “En route vers l’aventure”, nous mettons l’accent sur la liberté et l’imprévisibilité qui caractérisent la route », explique Steven Van Dingenen.
Aventure
Auparavant, les campagnes étaient basées sur de simples slogans. Oser regarder les choses différemment, comme le fait le FSTL, est plus original et attrayant. « Dans notre campagne, nous mettons l’accent sur les avantages du chauffeur routier au quotidien. Vous commencez par un chargement et une destination à atteindre. Ce qui vous attend en chemin est une surprise. C’est un métier qui procure de l’adrénaline : vous devez pouvoir affronter les obstacles par vous-même. Les candidats idéaux sont ceux qui peuvent résoudre des problèmes et qui aiment vivre de façon indépendante », affirme Geert Heylen.
Le groupe cible adéquat
La campagne du FSTL se distingue par le fait qu’elle présente le chauffeur routier sous un autre angle. Ce qui marque, c’est non seulement la façon dont les mots ont été choisis, mais surtout la manière dont le public cible est défini. « Avec les bons slogans, nous attirons des candidats, sans préjugés. Une fois leur attention attirée, nous leur présentons de façon systématique les avantages du métier et de la vie de chauffeur routier. Sur le site web, les personnes intéressées peuvent passer un test afin de savoir quel type d’emploi de chauffeur leur convient. Le site permet également de poser des questions à des conseillers du FSTL via différents canaux (chat, e-mail ou WhatsApp). Les données des personnes qui utilisent activement le site sont collectées afin de les tenir informées des offres d’emploi dans le secteur. De sorte que plus le site attire des visiteurs, plus nous disposons d’un bon aperçu du public cible », explique Geert Heylen.
Le FSTL a également lancé un projet pilote pour booster la profession. « Le projet “Future Drivers” permet aux candidats motivés de suivre gratuitement des cours afin d’obtenir un permis C/CE. Une excellente initiative, car nombreux sont ceux que le métier intéresse, mais qui n’ont pas le budget pour réaliser leur rêve », souligne Geert Heylen.
Le FSTL veille sur le secteur. La pénurie aiguë de chauffeurs a ainsi été identifiée et des solutions originales ont pu être trouvées pour lutter contre les préjugés et identifier les chauffeurs routiers de demain. Durant les prochaines années, le FSTL continuera à soutenir le secteur via des campagnes si nécessaire.
BIENVENUE À BORD DE BRUXELLES

Regardez autour de vous. Vous voyez Bruxelles changer ? Oui, la capitale met le cap vers une économie plus durable et circulaire. Avec son habitat moins énergivore, une mobilité plus douce et de l’emploi pour tous. Au cœur de ce projet, il y a le port de Bruxelles, ses entreprises de construction, son terminal à conteneurs et ses bateaux. Le transport le moins polluant. Oui, c’est ici que cette nouvelle économie prend sa source. Cela fait partie de notre masterplan. Alors startups, créateurs, visionnaires… soyez les bienvenus au cœur de la transformation bruxelloise.