Avec La Ménagerie parisienne, Doré campe la société parisienne des années 1850 dans un redoutable bestiaire. On peut même parler de « faune », puisqu’il assimile chaque type social à une race animale, sans pour autant que le dessin perde de son humanité. Pour désigner les aristocrates du Faubourg Saint Germain, il reprend un terme usité en Angleterre depuis le XVIIIe siècle : les lions et les lionnes. Des lions aux rats d’égout, le crayon de Doré n’a ménagé aucune des classes de la société urbaine : l’artiste pose un regard tour à tour acerbe et amusé sur ses contemporains, qui sous ses traits se regroupent en meutes et troupeaux, proies et prédateurs.